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Olympisme: grand oral pour les sept candidats à la présidence du CIO

Un grand oral pour marquer sa différence et convaincre: les sept candidats à la présidence du Comité international olympique ont passé jeudi matin un test crucial face aux membres de l’instance suprême du sport mondial, pour succéder en mars à l’Allemand Thomas Bach.À huis clos, devant la centaine de membres de l’organisation, puis face à la presse à partir de 11H30 (GMT+1), l’heure n’était pas à détailler les programmes mais à démontrer son envergure pour ce poste si particulier, aux confins de la diplomatie et de la direction d’entreprise.Traité partout comme un chef d’État, le patron de l’olympisme ne supervise pas seulement l’organisation des JO mais représente “le sport dans son ensemble, donc la façon dont il s’exprime est assez essentielle”, décrypte auprès de l’AFP Jean-Christophe Rolland, élu au CIO depuis 2017 et patron de la Fédération internationale d’aviron.Or les sept prétendants à la succession de Thomas Bach, qui dirige le CIO depuis 2013, doivent séduire une assemblée hétéroclite mêlant anciens champions, têtes couronnées et personnalités de l’industrie et de l’administration sportive, aux sensibilités culturelles variées.”Il me semble que c’est avant tout une question de leadership: par la vision, l’unité qu’on est capable d’amener, le dialogue, le respect de la diversité, de l’autonomie du mouvement sportif et aussi par sa neutralité politique, qui est absolument fondamentale”, a plaidé face aux journalistes le Français David Lappartient.- Samaranch mise sur “l’expérience” -Le patron de l’Union cycliste internationale et du comité olympique français (CNOSF) s’est jeté avec ses six rivaux dans la bataille la plus ouverte de l’histoire de l’olympisme, qui sera tranchée le 20 mars à Costa Navarino, en Grèce, par la 144e session.Si les candidats se rejoignent tous sur les enjeux – sécuriser les revenus olympiques face à l’offre foisonnante de divertissements, intégrer l’impact du réchauffement climatique et de l’intelligence artificielle… -, ils présentent des stratégies bien distinctes.L’ex-nageuse zimbabwéenne Kirsty Coventry, septuple médaillée olympique, s’est délibérément gardée de toute proposition concrète et expliquait lundi lors d’une table ronde vouloir “marquer une pause” et convier les membres “à une sorte de retraite” pour élaborer une feuille de route collective.À l’inverse, le Japonais Morinari Watanabe pousse crânement l’idée la plus radicale, celle d’éclater les Jeux d’été dans cinq villes situées sur chaque continent, avec une diffusion continue en streaming, pour multiplier les retombées locales.L’Espagnol Juan Antonio Samaranch Jr, fils de l’emblématique président du CIO de 1980 à 2001, met lui en avant ses 25 ans au sein de l’organisation olympique, affichant une “expérience” sans égale de son fonctionnement complexe et des défis économiques qui la guettent. Frère du roi de Jordanie Abdallah II, le Prince Feisal Al-Hussein insiste pour sa part sur “le pouvoir unificateur du sport au service de la paix” ainsi que sur les questions de genre et de protection contre les abus, dans lesquelles il s’est spécialisé. – Lappartient veut des JO en Afrique -David Lappartient, membre du CIO depuis 2022 seulement, se montre d’une prudence digne de Thomas Bach en embrassant tous les sujets tout en esquivant les positions tranchées. Il juge notamment “prématuré” de décider d’une participation des athlètes russes aux JO-2026 de Milan-Cortina, tout en estimant qu’aucun pays “n’a vocation à être indéfiniment suspendu”.Le dirigeant de 51 ans pousse en revanche nettement pour des Jeux olympiques en Afrique, qui “les mérite” et ne les a jamais accueillis, à l’image des premiers Mondiaux de cyclisme accordés par l’UCI au Rwanda en septembre prochain.Respectivement patrons de “World Athletics” et de la Fédération internationale de ski, le Britannique Sebastian Coe et le Suédo-Britannique Johan Eliasch ont eux maintenu une exclusion pure et simple des athlètes russes par leurs instances, même sous bannière neutre.Avec son aura de double champion olympique du 1.500 m mais un âge (68 ans) qui ne lui permettrait pas a priori d’aller au bout d’un mandat, Coe se fixe plutôt comme objectif géopolitique “d’atteindre des marchés inexploités à fort potentiel, en particulier en Afrique et en Asie”.Un signal important alors que la prochaine grande décision de l’instance sera d’attribuer les JO d’été de 2036, pour lesquels l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Indonésie sont candidates, avec le Qatar et l’Arabie Saoudite en embuscade.

Dans la bande de Gaza, mise en scène et chaos pour la libération de huit otages

Les premiers en vert, à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. Les seconds en noir, à Khan Younès, dans le sud. Hamas et Jihad islamique ont libéré huit otages jeudi dans deux cérémonies distinctes, l’une soigneusement mise en scène et l’autre qui a tourné au chaos.Les deux mouvements palestiniens alliés, en guerre …

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Dans la bande de Gaza, mise en scène et chaos pour la libération de huit otages

Les premiers en vert, à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. Les seconds en noir, à Khan Younès, dans le sud. Hamas et Jihad islamique ont libéré huit otages jeudi dans deux cérémonies distinctes, l’une soigneusement mise en scène et l’autre qui a tourné au chaos.Les deux mouvements palestiniens alliés, en guerre contre Israël depuis le 7 octobre 2023, ont organisé la troisième série de libérations d’otages, dans le cadre de l’accord de trêve dans la bande de Gaza, rivalisant de symboles.Dans le camp de réfugiés de Jabalia, les combattants portent le bandeau vert du Hamas et de sa branche armée, les Brigades Ezzedine Al-Qassam. Le paysage est totalement dévasté.A Khan Younès, les hommes armés et cagoulés sont vêtus de noir de la tête au pied: des combattants des Brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad islamique. Entre les bâtiments éventrés ont été tendus des ribambelles de drapeaux palestiniens. Atmosphère de fête sur un champs de ruines. Sur les deux sites, les SUV du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), chargés de transférer les otages de leurs ravisseurs à l’arme israélienne, sont garés les uns à côté des autres. – Le salut forcé –   La première libération se passe au nord. Un podium a été installé par le Hamas, comme samedi dernier. Les délégués du CICR signent un formulaire de libération puis la soldate israélienne Agam Berger, en tenue kaki, émerge des décombres, escortée de combattants du mouvement islamiste.La chorégraphie millimétrée se veut preuve de triomphe. N’en déplaise au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le Hamas n’est pas mort. Visage fermé, la jeune femme de 20 ans semble concentrée, comme si tout pouvait encore capoter à la dernière minute. Une esquisse de sourire pointe, contenu. Elle porte le désormais traditionnel sac en papier, cadeau “souvenir” des ravisseurs, aperçu à chaque libération d’otages.Sur le podium, elle est filmée en gros plan par un combattant du Hamas, caméra de professionnel à l’épaule. Il lui intime l’ordre de saluer la foule avec la main, elle s’exécute sans enthousiasme. Elle monte enfin dans un des quatre SUV de la Croix-Rouge, alors que des hommes se précipitent pour immortaliser l’instant sur leur téléphone. En direct, à Tel-Aviv, la foule hurle de joie. A peine vingt minutes après, l’armée envoie un communiqué annonçant qu’elle l’a prise en charge.  “Dieu merci, c’est un accord honorable et je regrette que Sinouar ne soit pas là pour voir cette joie”, dit à l’AFP Umm Muhammad Ahmad, du camp de Jabalia, en référence à Yahia Sinouar, ex-chef du Hamas à Gaza.- “Scènes choquantes” -L’attention se porte vers le sud, à Khan Younès, devant ce qui reste de la maison où a grandi Yahia Sinouar. Considéré comme l’architecte de l’attaque du 7 octobre 2023, il a été tué par des soldats israéliens un an plus tard.Une file de voitures blanches fend très lentement une foule compacte. Des badauds se sont hissés sur des murs branlants pour mieux voir la scène, une vingtaine se pressent sur un plaque de béton qui penche dangereusement.Mais cette fois, le scénario se grippe: le convoi s’est arrêté, et une attente interminable commence, sans nouvelles de Gadi Moses, Israélo-Allemand de 80 ans, et Arbel Yehud, également Israélo-Allemande, 29 ans. Elle finit par apparaître en larmes, escortée par ses ravisseurs, flanqués d’hommes du Hamas, au milieu d’une foule compacte et survoltée. Son premier contact avec le monde extérieur depuis octobre 2023. Son visage, émacié, est tendu, effrayé. Sur la “place des otages” de Tel-Aviv, où la scène est suivie en direct, la foule est sidérée, beaucoup pleurent. La retransmission est coupée.En début de matinée, le mouvement a pourtant diffusé une vidéo montrant les deux captifs se prenant dans les bras, avec cette fois des sourires sincères. L’octogénaire finit par apparaître, lui aussi escorté par des combattants dans la bousculade et des mouvements de foule, selon des images de l’AFPTV. Et peu avant 13h30 locales (11h30 GMT), un communiqué des autorités israéliennes confirme que les deux Israéliens, et cinq ressortissants thaïlandais également captifs à Gaza depuis le 7-Octobre “ont été transférés et sont en route” vers Israël. Mais l’angoisse d’Arbel Yehud suscite une vive colère. Benjamin Netanyahu dénonce des “scènes choquantes”, et dans la foulée, la radio militaire israélienne annonce la suspension “jusqu’à nouvel ordre” de la sortie de prison de 110 détenus palestiniens, prévue en échange de ces libérations. 

Inondations dans l’Ouest: Redon attend une crue record, trois départements en rouge

“Le pic de crue ne sera pas atteint aujourd’hui”: la ville de Redon retient son souffle avant une crue potentiellement historique dans les prochains jours de la Vilaine, maintenue jeudi en vigilance rouge.”Sur la Seiche et la Vilaine, les niveaux vont rester exceptionnellement hauts dans les prochains jours”, avertit l’organisme de prévision Vigicrues dans son bulletin de 10H00, qui maintient en rouge l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et le Morbihan.”Sur la Vilaine aval à Redon, la tendance reste à la hausse dans les jours qui viennent”, insiste Vigicrues.Si le fleuve s’était stabilisé jeudi matin à un niveau légèrement inférieur aux crues historiques de 1995 et 1936, “la décrue sera lente, ça fait un peu peur”, lâche Isabelle Rousselet, 66 ans, en contemplant “ces flots impressionnants”.”Il y a eu 1995, 2000, 2001 et 2025 à présent. On ne s’y habitue jamais à ces crues”, renchérit Christelle Bernard, 65 ans, qui prend des photos le long de la berge.”J’ai une amie qui est à Saint-Nicolas-de-Redon. Elle habite à côté de la digue et connaît sa quatrième inondation. Elle tente de vendre sa maison mais c’est impossible”, dit-elle.Très vulnérables car entourés de rivières, de marais et d’un canal, plusieurs quartiers de Redon, en Ille-et-Vilaine, et de Saint-Nicolas-de-Redon, côté Loire-Atlantique, ont les pieds dans l’eau depuis la veille.La mairie de Redon estimait à 750 (sur près de 10.000) le nombre d’habitants “susceptibles d’être impactés”. Aucune nouvelle évacuation n’a été nécessaire durant la nuit et 27 sinistrés étaient accueillis jeudi dans un gymnase.A Saint-Nicolas-de-Redon, de l’autre côté du pont inondé dont l’accès est bloqué par des gendarmes, 300 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de Loire-Atlantique.Les crues n’ont pas fait de victime mais au total, quelque 1.600 personnes vivant dans deux zones inondées sur les deux départements limitrophes ont dû quitter leur logement.- “Solidarité” d’Emmanuel Macron -“Solidarité avec les habitants de l’Ouest qui font face à des inondations”, a écrit le président Emmanuel Macron sur X jeudi matin. “Pensées pour les maires. Je sais leur mobilisation et leur situation. Merci à eux du travail engagé avec leurs équipes et les services de l’État dont je salue l’engagement”, a-t-il ajouté.”L’état de catastrophe naturelle sera déclaré dans les prochains jours”, a affirmé sur franceinfo la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Le pic de la crue de la Vilaine, encore alimenté par les pluies qui se sont abattues mercredi sur la Bretagne, n’est pas encore défini avec certitude. “Il ne sera pas atteint aujourd’hui. Certainement demain”, selon les dernières informations de la mairie de Redon.Selon l’établissement public Eaux & Vilaine, qui gère notamment des barrages sur ce fleuve, ce sont entre 15 et 25 mm de pluie supplémentaires qui sont tombés sur le bassin de la Vilaine mercredi, avant le retour du beau temps.L’impact est resté modéré en amont, notamment à Rennes où certains secteurs ont été inondés le week-end dernier, mais sur la Vilaine aval “nous sommes toujours en configuration d’évacuation maximale” et le pic est “toujours attendu pour la fin de la semaine” sur cette portion, indique Eaux & Vilaine dans son dernier point de situation.- Impact sur l’agriculture -La circulation des trains entre Rennes et Nantes, qui passe par Redon, est totalement interrompue au moins jusqu’à lundi, et Redon n’est plus accessible que par un seul grand axe de circulation routière, venant de Rennes. Ces crues ont aussi de nombreuses conséquences sur l’agriculture.”Cette situation n’est pas sans conséquence sur les exploitations agricoles” d’Ille-et-Vilaine, relève dans un communiqué le syndicat agricole FDSEA. “Certaines d’entre elles ont vu leurs stabulations inondées, jusqu’à un mètre d’eau a été constaté, et des bâtiments ont souffert des fortes rafales de vent. Les céréales semées à l’automne sont noyées et subissent elles aussi cette forte pluviométrie.”La Seine-Maritime, l’Oise et l’Eure se sont ajoutés jeudi aux départements de la Somme et de la Sarthe, placés en vigilance orange pour crues par Météo-France.Les Alpes-Maritimes et le Var sont en vigilance orange pour pluie-inondations.

Mayotte: face à la détresse d’élèves, Borne promet de rétablir l’école “le plus vite possible”

Face à la détresse d’élèves qui ont tout perdu après le cyclone Chido, la ministre de l’Education Elisabeth Borne a promis jeudi à Mayotte de rétablir l’école “le plus vite possible” pour y accueillir les enfants toute la journée.”Il faut qu’on puisse accueillir les enfants toute la journée, on va travailler pour remettre le plus vite possible l’école”, a assuré la ministre, en visite de deux jours dans ce territoire français de l’océan Indien avec le ministre des Outre-mer, Manuel Valls.Lundi, 115.000 élèves ont commencé à reprendre le chemin de l’école dans ce  département ravagé le 14 décembre par le cyclone tropical Chido, qui a causé la mort d’au moins 39 personnes et des dégâts colossaux. Trois jours après cette rentrée dans des conditions dégradées, la ministre a notamment visité une école primaire à Labattoir. Là, le directeur de l’établissement, Michel Roche, a souligné la grande difficulté des élèves.- “Tout perdu” -Une enseignante a expliqué à la ministre avoir passé un mois sans électricité, un autre a décrit combien les élèves sont sans matériel, sans vêtement, qu’ils ont soif, que certains “ont tout perdu”, et qu’une enfant a vu son père mourir pendant le cyclone. “L’école est indispensable partout, mais ici, c’est un havre de paix, où il y a la collation”, a déclaré Mme Borne, soulignant le rôle crucial des établissements scolaires pour des enfants qui manquent de nourriture et d’eau.”Il est important qu’on puisse aller à l’école toute la journée”, a reconnu la ministre, interpellée par une élève qui lui demandait quand ils pourront revenir à l’école sans rotation.La ministre, soulignant les difficultés antérieures à Chido, assure que “le matériel de base” sera “redonné” aux élèves de Mayotte, département le plus jeune de France, où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans.Un membre du rectorat lui a présenté la logistique de distribution de kits solaires. Quelque 130 palettes de matériel scolaire ont été reçues par fret aérien. Des kits (crayon, colle, stylo, cahier) vont être dispatchés sur trois pôles en Grande-Terre, l’île principale, où les écoles pourront venir les récupérer. En Petite-Terre, des kits ont déjà été distribués.- Démarrage prudent -Avant Chido, le système scolaire de Mayotte, département le plus pauvre de France où la moitié des habitants a moins de 18 ans et ne parle pas français, était déjà défaillant.Selon les plannings diffusés par le rectorat, les collégiens et lycéens sont accueillis un à deux jours en cette semaine de la rentrée. “Les solutions sont différentes, mais on accueille près de 75% des élèves dans le second degré, on est à 50-55% dans le premier degré. On a fait le choix de démarrer prudemment, y compris pour que les professeurs puissent être attentifs à la situation des élèves, puissent repérer (…) les élèves qui pourraient avoir été choqués psychologiquement”, a expliqué jeudi la ministre lors d’un point presse.”Il y a pour chaque élèves des cahiers, des crayons, des stylos (…), les fournitures arrivent et elles sont là”, a-t-elle ajouté. Elle évoque un nouvel approvisionnement “d’ici quelques semaines” par voie maritime. Répondant sur les effectifs et les rumeurs de départs de professeurs, la ministre a affirmé que “les professeurs sont à 95% présents dans le second degré”.La rentrée a par ailleurs été marquée lundi par un mouvement de grève à l’appel du syndicat FSU-SNUipp Mayotte.En 2022, un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) décrivait des établissements “saturés” et un bâti “dégradé requérant des travaux de rénovation importants”.

Huit otages à Gaza de retour en Israël, la libération de Palestiniens retardée

Trois otages israéliens et cinq Thaïlandais ont été libérés jeudi après bientôt 16 mois de captivité à Gaza, mais les scènes de chaos qui ont accompagné ces libérations ont poussé Israël à différer celle de prisonniers palestiniens prévue par l’accord de trêve.Orchestrée par le Hamas et par son allié du Jihad islamique, la libération de deux des otages israéliens à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, s’est déroulée au milieu d’une foule bruyante et survoltée, sous un important déploiement de combattants en armes des deux mouvements islamistes palestiniens. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dénoncé des “scènes choquantes” et ordonné de “retarder” la libération des 110 détenus palestiniens prévue lors de ce troisième échange, aux termes du fragile accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier.Soigneusement mise en scène, la première libération, celle d’Agam Berger, une soldate de 20 ans capturée le 7 octobre 2023 lors de l’attaque du Hamas contre Israël, alors qu’elle faisait son service militaire près de la bande de Gaza, s’est déroulée beaucoup plus calmement.Après 482 jours de captivité, la jeune femme a été libérée par le Hamas à Jabalia, dans le nord du territoire, et remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avant de regagner Israël.Trois heures plus tard, Arbel Yehud, une civile de 29 ans, et un agriculteur de 80 ans, Gadi Moses, tous deux Germano-Israéliens pris en otage au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël, ont à leur tour été libérés à Khan Younès par des hommes armés et cagoulés du Jihad islamique et du Hamas.Cinq otages thaïlandais ont également été libérés, hors du cadre de l’accord de trêve.A Khan Younès, une ville dévastée par des mois de combats, des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour assister à ces libérations organisées à proximité de la maison détruite de Yahya Sinouar, l’ex-chef du Hamas tué par l’armée israélienne.Un photographe de l’AFP a capté le regard effrayé d’Arbel Yehud, escortée pendant de longues minutes dans la foule par une escouade de combattants masqués.- Mise en scène -Les trois otages israéliens devaient être échangés dans la foulée contre 110 Palestiniens. Mais Benjamin Netanyahu “a ordonné de retarder la libération des terroristes prévue pour aujourd’hui, jusqu’à ce que la libération de nos otages soit garantie en toute sécurité lors des prochaines étapes”, a indiqué son bureau.”Je vois avec effroi les scènes choquantes de la libération de nos otages. C’est une preuve supplémentaire de la cruauté inimaginable de l’organisation terroriste Hamas”, a déclaré le Premier ministre, qui avait promis d’anéantir le mouvement, au pouvoir à Gaza depuis 2007, après l’attaque du 7 octobre 2023.Dans les ruines du camp de réfugiés de Jabalia, les combattants en armes du Hamas, bandeau vert autour du crâne, avaient auparavant mis en scène la libération d’Agam Berger.Exhibée sur un podium, le visage fermé, la jeune femme a été contrainte de saluer la foule, après avoir reçu un “cadeau” de ses geôliers et un cadre doré portant le “certificat” de sa libération.Un drapeau palestinien long de plusieurs mètres était déroulé sur le squelette d’un immeuble de cinq étages dont il ne reste rien de la façade.Au même moment, à Tel-Aviv, des manifestants portant des portraits des trois otages étaient rassemblés sur la “Place des otages” pour célébrer ces libérations, hurlant, pleurant et s’embrassant.La famille d’Agam Berger, comme celle de Gadi Moses, a remercié jeudi “le peuple d’Israël” pour son soutien.Israël avait annoncé mercredi que de nouvelles libérations d’otages, celles de trois hommes, tous en vie, étaient prévues samedi.- “Nous reconstruirons” -Sept Israéliennes avaient déjà été libérées, contre 290 Palestiniens, les 19 et 25 janvier.L’accord de cessez-le-feu prévoit, durant une première phase de six semaines, la libération de 33 otages en échange d’environ 1.900 Palestiniens, mais les autorités israéliennes ont prévenu que ce premier groupe comprenait huit otages morts.Le cessez-le-feu a permis un afflux de l’aide internationale dans le territoire en ruines, assiégé par Israël.Alors que la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants du territoire ont été déplacés par la guerre, des centaines de milliers d’entre eux sont rentrés depuis lundi dans le nord.Dans le camp de Jabalia, une Palestinienne, Oumm Mouhammad Ahmad, se réjouissait de voir “la résistance” toujours présente et saluait un “accord honorable”. “Malgré les destructions, nous reconstruirons (…) et grâce à la résistance nous libèrerons tous ceux qui restent en prison”.Durant cette première phase de la trêve doivent être discutées les modalités de la deuxième phase, visant à la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre. La dernière étape portera sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages morts.La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.Sur 251 personnes enlevées, 79 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont au moins 34 sont mortes selon l’armée israélienne.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait au moins 47.317 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Huit otages à Gaza de retour en Israël, la libération de Palestiniens retardée

Trois otages israéliens et cinq Thaïlandais ont été libérés jeudi après bientôt 16 mois de captivité à Gaza, mais les scènes de chaos qui ont accompagné ces libérations ont poussé Israël à différer celle de prisonniers palestiniens prévue par l’accord de trêve.Orchestrée par le Hamas et par son allié du Jihad islamique, la libération de deux des otages israéliens à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, s’est déroulée au milieu d’une foule bruyante et survoltée, sous un important déploiement de combattants en armes des deux mouvements islamistes palestiniens. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dénoncé des “scènes choquantes” et ordonné de “retarder” la libération des 110 détenus palestiniens prévue lors de ce troisième échange, aux termes du fragile accord de trêve entré en vigueur le 19 janvier.Soigneusement mise en scène, la première libération, celle d’Agam Berger, une soldate de 20 ans capturée le 7 octobre 2023 lors de l’attaque du Hamas contre Israël, alors qu’elle faisait son service militaire près de la bande de Gaza, s’est déroulée beaucoup plus calmement.Après 482 jours de captivité, la jeune femme a été libérée par le Hamas à Jabalia, dans le nord du territoire, et remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avant de regagner Israël.Trois heures plus tard, Arbel Yehud, une civile de 29 ans, et un agriculteur de 80 ans, Gadi Moses, tous deux Germano-Israéliens pris en otage au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël, ont à leur tour été libérés à Khan Younès par des hommes armés et cagoulés du Jihad islamique et du Hamas.Cinq otages thaïlandais ont également été libérés, hors du cadre de l’accord de trêve.A Khan Younès, une ville dévastée par des mois de combats, des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour assister à ces libérations organisées à proximité de la maison détruite de Yahya Sinouar, l’ex-chef du Hamas tué par l’armée israélienne.Un photographe de l’AFP a capté le regard effrayé d’Arbel Yehud, escortée pendant de longues minutes dans la foule par une escouade de combattants masqués.- Mise en scène -Les trois otages israéliens devaient être échangés dans la foulée contre 110 Palestiniens. Mais Benjamin Netanyahu “a ordonné de retarder la libération des terroristes prévue pour aujourd’hui, jusqu’à ce que la libération de nos otages soit garantie en toute sécurité lors des prochaines étapes”, a indiqué son bureau.”Je vois avec effroi les scènes choquantes de la libération de nos otages. C’est une preuve supplémentaire de la cruauté inimaginable de l’organisation terroriste Hamas”, a déclaré le Premier ministre, qui avait promis d’anéantir le mouvement, au pouvoir à Gaza depuis 2007, après l’attaque du 7 octobre 2023.Dans les ruines du camp de réfugiés de Jabalia, les combattants en armes du Hamas, bandeau vert autour du crâne, avaient auparavant mis en scène la libération d’Agam Berger.Exhibée sur un podium, le visage fermé, la jeune femme a été contrainte de saluer la foule, après avoir reçu un “cadeau” de ses geôliers et un cadre doré portant le “certificat” de sa libération.Un drapeau palestinien long de plusieurs mètres était déroulé sur le squelette d’un immeuble de cinq étages dont il ne reste rien de la façade.Au même moment, à Tel-Aviv, des manifestants portant des portraits des trois otages étaient rassemblés sur la “Place des otages” pour célébrer ces libérations, hurlant, pleurant et s’embrassant.La famille d’Agam Berger, comme celle de Gadi Moses, a remercié jeudi “le peuple d’Israël” pour son soutien.Israël avait annoncé mercredi que de nouvelles libérations d’otages, celles de trois hommes, tous en vie, étaient prévues samedi.- “Nous reconstruirons” -Sept Israéliennes avaient déjà été libérées, contre 290 Palestiniens, les 19 et 25 janvier.L’accord de cessez-le-feu prévoit, durant une première phase de six semaines, la libération de 33 otages en échange d’environ 1.900 Palestiniens, mais les autorités israéliennes ont prévenu que ce premier groupe comprenait huit otages morts.Le cessez-le-feu a permis un afflux de l’aide internationale dans le territoire en ruines, assiégé par Israël.Alors que la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants du territoire ont été déplacés par la guerre, des centaines de milliers d’entre eux sont rentrés depuis lundi dans le nord.Dans le camp de Jabalia, une Palestinienne, Oumm Mouhammad Ahmad, se réjouissait de voir “la résistance” toujours présente et saluait un “accord honorable”. “Malgré les destructions, nous reconstruirons (…) et grâce à la résistance nous libèrerons tous ceux qui restent en prison”.Durant cette première phase de la trêve doivent être discutées les modalités de la deuxième phase, visant à la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre. La dernière étape portera sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages morts.La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.Sur 251 personnes enlevées, 79 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont au moins 34 sont mortes selon l’armée israélienne.L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait au moins 47.317 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU. 

Huit otages à Gaza de retour en Israël, la libération de Palestiniens retardée

Trois otages israéliens et cinq Thaïlandais ont été libérés jeudi après bientôt 16 mois de captivité à Gaza, mais les scènes de chaos qui ont accompagné ces libérations ont poussé Israël à différer celle de prisonniers palestiniens prévue par l’accord de trêve.Orchestrée par le Hamas et par son allié du Jihad islamique, la libération de …

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