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Décès de la chanteuse britannique Marianne Faithfull, voix singulière du rock

La chanteuse et actrice britannique Marianne Faithfull, icône folk-rock à la voix singulière et à la vie mouvementée, est décédée jeudi à l’âge de 78 ans, une disparition qui a aussitôt suscité l’hommage des Rolling Stones.Mick Jagger et Keith Richards ont exprimé leur tristesse sur les réseaux sociaux. “Elle était une merveilleuse amie, une magnifique chanteuse et une grande actrice”, a écrit Jagger, qui a partagé sa vie. “Elle va me manquer”, a aussi réagi Richards.Un peu plus tôt, un porte parole de la chanteuse avait annoncé son décès. “Elle s’est éteinte paisiblement à Londres aujourd’hui, en compagnie de sa famille”, indique un communiqué transmis à l’AFP.La chanteuse Carla Bruni-Sarkozy a dit “au-devoir à sa très chère amie Marianne”. “Repose en paix, Marianne”, a écrit l’autrice J.K. Rowling.A l’époque du “Swinging London” dans les années 1960, la chanteuse blonde est repérée lors d’une soirée par le manager des Stones, Andy Oldham. Mick Jagger et Keith Richards lui proposent de chanter leur titre “As Tears Go By” (1964), avec lequel elle entre dans le Top 10 britannique à seulement 17 ans.Viennent ensuite d’autres succès: “Come and Stay With Me”, “This Little Bird” et “Summer Nights”.Marquée par des hauts et des bas liés à des problèmes de toxicomanie, sa carrière l’a aussi menée au théâtre et au cinéma.Marianne Faithfull est née le 29 décembre 1946 à Londres d’un père officier, espion de Sa Majesté, et d’une aristocrate autrichienne.Mariée à 18 ans avec le galeriste John Dunbar, elle le quitte bientôt pour Mick Jagger, dont elle sera la compagne et la muse entre 1966 et 1970.En 1968, elle joue le rôle d’une motarde nue sous sa combinaison en cuir dans “La motocyclette” de Jack Cardiff, avec Alain Delon. C’est l’époque où elle est entraînée dans ce qu’elle appellera le “cirque permanent” des Rolling Stones, et devient progressivement accro à l’héroïne.- Renaissance musicale -Sa relation avec Mick Jagger et leurs frasques, qui font la Une des tabloïds britanniques, auraient inspiré les tubes “Wild Horses” et “You Can’t Always Get What You Want”.S’ensuivent une tentative de suicide, la fin de leur relation, la perte de la garde de son fils né de sa précédente union, et une descente aux enfers dans les squats et les rues de Soho, à Londres. Elle survit de justesse à une overdose, mais les drogues dures et la nicotine ont marqué sa voix, devenue rocailleuse.Elle confiait à l’AFP en 2014: “honnêtement, certains de mes souvenirs des années 60 sont merveilleux et d’autres sont horribles”.Elle traverse ensuite une période punk, pendant laquelle elle chante des textes mordants et désabusés comme “Why D’Ya Do It?” ou “Working Class Hero” de John Lennon. L’album “Broken English” (1979), qui signe son retour, est considéré comme un classique.Elle prend ensuite un tournant plus jazz et blues, avec son album “Strange Weather”. Dans les années 1990, une cure de désintoxication lui permet de remonter la pente. Au cinéma, elle apparaît dans “Intimité” de Patrice Chéreau ou Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola, où elle interprète Marie-Thérèse d’Autriche.Ces dernières années, la chanteuse avait souffert de multiples problèmes de santé, dont un cancer du sein et une maladie pulmonaire causée par des années de tabagisme.Elle avait collaboré avec des artistes comme PJ Harvey et Nick Cave, qui l’ont décrite comme une de leurs sources d’inspiration.En 2020, elle avait été sévèrement affectée par le Covid-19 et hospitalisée, au point où les médecins ont cru qu’elle n’y survirait pas. Mais la chanteuse était allée au bout de son 21e et dernier album, “She Walks in Beauty”.”Cette pandémie m’a salement touchée, j’ai failli mourir”, avait-elle confié à l’AFP en 2021, craignant “ne plus pouvoir chanter un jour”.Marianne Faithfull, qui a vécu à Paris, était rentrée à Londres depuis quelques années pour se rapprocher de son fils et de ses petits-enfants.

Inondations dans l’Ouest: l’eau monte moins que prévu, trois départements en vigilance rouge

Le pic de crue pourrait être moindre que redouté jusqu’alors à Redon, en Ille-et-Vilaine, département qui reste toutefois en vigilance rouge pour crues jusqu’à vendredi, tout comme le Morbihan et la Loire-Atlantique.”Nous nous trouvons actuellement sur un plateau de montée de crue. Le pic est à venir et devrait vraisemblablement être atteint demain (…) en fin de journée”, a fait savoir la mairie de Redon jeudi soir.”Nous étions ce (jeudi) matin à 5,11 m, avec une relative différence par rapport à ce qui était prévu, en l’occurrence 5,65 m. Donc on voit que les choses se tassent, se stabilisent”, a souligné le préfet d’Ille-et-Vilaine, Amaury de Saint-Quentin, en visite dans cette ville habituée des inondations, lors d’une visite jeudi après-midi. A 19H00, l’eau stagnait à 5,10 m.”On est quand même sur une crue comparable à celle de 1995-2001, ça se jouera à quelques centimètres”, a complété Jean-François Mary, président de l’agglomération de Redon, soit 5,35-5,36 mètres, loin de la crue historique de 1936 avec 5,56 m.”Il y a eu 1995, 2000, 2001 et 2025 à présent. On ne s’y habitue jamais à ces crues”, constatait Christelle Bernard, 65 ans, en prenant des photos le long de la berge.”La décrue sera lente, ça fait un peu peur”, lâchait Isabelle Rousselet, 66 ans, en contemplant “ces flots impressionnants”.Très vulnérables car entourés de rivières, de marais et d’un canal, plusieurs quartiers de Redon, en Ille-et-Vilaine, et de Saint-Nicolas-de-Redon, côté Loire-Atlantique, ont les pieds dans l’eau depuis la veille.La mairie de Redon estimait à 750 (sur près de 10.000) le nombre d’habitants “susceptibles d’être impactés”. Aucune nouvelle évacuation n’a été nécessaire jeudi.A l’échelle du département, 1.106 personnes ont été évacuées depuis dimanche, un chiffre stable, selon la préfecture.A Saint-Nicolas-de-Redon, de l’autre côté du pont inondé dont l’accès était bloqué par des gendarmes, 300 personnes ont été évacuées, selon la préfecture de Loire-Atlantique.- Nettoyage -Les crues n’ont pas fait de victime mais au total, quelque 1.600 personnes vivant dans deux zones inondées sur les deux départements limitrophes ont quitté leur logement.”Solidarité avec les habitants de l’Ouest qui font face à des inondations”, a écrit jeudi matin le président Emmanuel Macron sur X. “L’état de catastrophe naturelle sera déclaré dans les prochains jours”, a affirmé sur franceinfo la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.A Rennes, traversée par deux rivières, “la fin de l’épisode de précipitations et l’amorce de la décrue permettent d’envisager une amélioration progressive de la situation”, a fait savoir la mairie en fin d’après-midi.Sur l’Ille, “la décrue devrait s’amorcer dans la nuit et demain matin”, tandis que pour la Vilaine, “les niveaux d’eau restent en dessous de ceux observés lundi” et le pic de crue est attendu jeudi dans la soirée.La ville se préparait déjà à la suite, en organisant les opérations de nettoyage “qui ont débuté”.Au sud de Rennes, le Pont-Réan sur la départementale 577, qui pourrait avoir été fragilisé par la montée de l’eau, comme d’autres ouvrages d’art, a été provisoirement fermé à la circulation, a fait savoir le département.La circulation des trains entre Rennes et Nantes, qui passe par Redon, est totalement interrompue au moins jusqu’à lundi, et Redon n’est plus accessible que par un seul grand axe de circulation routière, venant de Rennes. Ces crues ont aussi de nombreuses conséquences sur l’agriculture.”Cette situation n’est pas sans conséquence sur les exploitations agricoles” d’Ille-et-Vilaine, relève dans un communiqué le syndicat agricole FDSEA. “Certaines d’entre elles ont vu leurs stabulations inondées, jusqu’à un mètre d’eau a été constaté, et des bâtiments ont souffert des fortes rafales de vent. Les céréales semées à l’automne sont noyées et subissent elles aussi cette forte pluviométrie.”Par ailleurs, cinq départements sont en vigilance orange pour crues (Eure, Oise, Sarthe, Seine-Maritime, Somme). En revanche, la vigilance orange pour pluie-inondation a été levée dans les Alpes-Maritimes et le Var.

Liesse à Ramallah à l’arrivée des prisonniers palestiniens libérés

Agitant des drapeaux et tirant des coups de feu en l’air, des milliers de Palestiniens en liesse ont accueilli les prisonniers libérés par Israël à Ramallah en Cisjordanie occupée. Pour ce troisième échange d’otages israéliens à Gaza contre des prisonniers palestiniens dans le cadre de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas, l’Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas a organisé l’accueil et seuls les drapeaux jaunes du parti Fatah de M. Abbas étaient visibles au départ. Mais à l’arrivée des deux bus transportant les prisonniers libérés, les policiers palestiniens ont eu du mal à retenir la foule, selon un correspondant de l’AFP sur place.Des coups de feu ont été tirés en guise de célébration. Plusieurs Palestiniens ont scandé des slogans pro-Hamas et d’autres ont agité le drapeau vert du mouvement islamiste palestinien qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.Au total, 110 Palestiniens ont été libérés jeudi, selon les autorités israéliennes et palestiniennes.Selon Amin Shuman, chef du comité chargé des affaires des prisonniers palestiniens à Ramallah, 66 sont arrivés en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, 21 ont été expulsés, 14 ont été transféré à Jérusalem-Est et neuf à Gaza. Ils ont tous été libérés en échange de trois Israéliens enlevés lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et retenus depuis à Gaza.Après plusieurs heures d’attente, la foule a fait exploser sa joie à la vue des bus affrétés par la Croix-Rouge internationale.- “Où est papa?” -“Où est papa?” En larmes, Raghda Nasser, 21 ans, s’est faufilée dans la foule pour atteindre son père, Hussein Nasser, qu’elle serrait dans ses bras pour la première fois.Hussein Nasser avait été emprisonné alors que sa femme était enceinte il y a 22 ans, pour des motifs que Raghda n’a pas révélés. Elle et sa sœur Hedaya, 22 ans, ont enlacé leur père qui pleurait avec elles.Quelques heures avant sa libération, Raghda Nasser a raconté à l’AFP qu’elle venait de lui rendre visite en prison “derrière la vitre”.Elle et sa soeur avaient quitté tôt le matin leur village près de Naplouse (nord) pour venir à Ramallah. Pour l’occasion, elles ont porté des robes noires traditionnelles palestiniennes avec des motifs rouges finement cousus.Etudiante en littérature anglaise, Raghda Nasser a dit avoir de la chance car son père serait présent pour sa remise de diplôme dans quelques mois.- Porté en triomphe -Parmi les prisonniers libérés jeudi, figurent Mohammad Abou Warda qui purgeait 48 peines de prison à vie et Zakaria al-Zoubeidi, responsable d’attentats anti-israéliens et ex-leader local de la branche armée du Fatah.Drapeau palestinien autour du cou, souriant et faisant le V de la victoire, Zakaria al-Zoubeidi a été porté en triomphe par la foule à sa descente du bus l’ayant emmené de la prison militaire israélienne d’Ofer en Cisjordanie.L’ex-détenu qui portait toujours son survêtement gris de prisonnier, a embrassé des bébés et serré la main des gens.Plus d’une heure après l’arrivée des bus, la foule a commencé à se disperser dans la nuit alors que les familles ramenaient leurs proches libérés à la maison, au milieu d’une parade de scooters klaxonnant joyeusement.

Liesse à Ramallah à l’arrivée des prisonniers palestiniens libérés

Agitant des drapeaux et tirant des coups de feu en l’air, des milliers de Palestiniens en liesse ont accueilli les prisonniers libérés par Israël à Ramallah en Cisjordanie occupée. Pour ce troisième échange d’otages israéliens à Gaza contre des prisonniers palestiniens dans le cadre de l’accord de trêve entre Israël et le Hamas, l’Autorité palestinienne dirigée …

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Syrie: le président intérimaire promet un dialogue national et la “paix civile”

Le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh a promis jeudi de tenir une “conférence de dialogue national” et dit vouloir préserver “la paix civile” dans un pays ravagé par 13 ans de guerre, lors de son premier discours à la nation.Nommé mercredi président intérimaire pour une durée indéterminée, M. Chareh a dirigé la coalition de factions rebelles islamistes qui a renversé le 8 décembre le président Bachar al-Assad mettant fin à des décennies de pouvoir du clan Assad.Il a prononcé son discours après avoir accueilli à Damas l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, qui a effectué la première visite d’un chef d’Etat en Syrie depuis la fuite du président déchu à Moscou et l’installation des nouvelles autorités dans la capitale syrienne.”Nous annoncerons dans les prochains jours un comité chargé de préparer la conférence de dialogue national, pour écouter les différents points de vue sur notre programme politique à venir”, a dit M. Chareh dans une brève allocution préenregistrée diffusée sur plusieurs télévisions.Il a assuré que parmi ses priorités figuraient le maintien de “la paix civile” et la préservation de l’unité territoriale sous “une seule autorité”, dans un pays morcelé par la guerre.Il faudra aussi “poursuivre les criminels ayant versé le sang syrien et commis massacres et crimes” qu’ils soient présents dans le pays ou à l’étranger, a-t-il dit, s’engageant à établir une “véritable justice transitionnelle”.- “Déclaration constitutionnelle” -A l’occasion de sa nomination président par intérim, M. Chareh a été chargé de former un “conseil législatif intérimaire” après la dissolution du Parlement et le gel de la Constitution.Le nouveau pouvoir a aussi annoncé la dissolution de l’armée de M. Assad et de son parti Baas, ainsi que celle de toutes les factions armées, dont celle dirigée par M. Chareh, Hayat Tahrir al-Sham (HTS).Un autre comité doit être mis en place pour former “un conseil législatif restreint”, remplaçant le Parlement dissous, a ajouté M. Chareh. Après ces étapes, une “déclaration constitutionnelle” servira de “référence légale” pendant la “période de transition”.Les nouvelles autorités s’efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités, inquiétées par des arrestations arbitraires et des exécutions sommaires selon des ONG et des militants.Le nord-est du pays, une région riche en pétrole,  est sous le contrôle des forces kurdes syriennes. Des soldats de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington y sont également stationnés.Lors de son entretien avec M. Chareh, l’émir du Qatar a appelé à la formation d’urgence d’un gouvernement “représentant toutes les composantes” de la société syrienne afin de “consolider la stabilité et avancer dans les projets de reconstruction et de développement”.- Reconstruction -Les autorités syriennes comptent sur les riches pays du Golfe pour financer la reconstruction et aider au redressement de l’économie en Syrie, asphyxiée par les sanctions internationales.”Nous avons discuté d’un cadre global pour l’engagement bilatéral en matière de reconstruction”, a indiqué le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, lors d’un point presse avec le ministre d’Etat qatari, Mohammed Al-Khulaifi.Ce dernier a assuré que son pays “continuerait à fournir le soutien nécessaire à tous les niveaux” à la Syrie, dont “les infrastructures et l’électricité”.Le Premier ministre du Qatar Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani s’est rendu à Damas mi-janvier et a annoncé que son pays fournirait à la Syrie 200 mégawatts d’électricité.Riche émirat du Golfe, le Qatar a été le deuxième pays, après la Turquie, à rouvrir son ambassade à Damas, au lendemain de la fuite de Bachar al-Assad à Moscou, et a plaidé pour une levée des sanctions internationales imposées à la Syrie.Poids lourd du monde arabe, l’Arabie saoudite a félicité jeudi Ahmad al-Chareh pour sa nomination comme président par intérim de la Syrie et souhaité “succès et réussite” au dirigeant syrien.Depuis décembre, des responsables arabes et occidentaux se succèdent pour rencontrer le nouvel homme fort de Syrie.

Syrie: le président intérimaire promet un dialogue national et la “paix civile”

Le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh a promis jeudi de tenir une “conférence de dialogue national” et dit vouloir préserver “la paix civile” dans un pays ravagé par 13 ans de guerre, lors de son premier discours à la nation.Nommé mercredi président intérimaire pour une durée indéterminée, M. Chareh a dirigé la coalition de …

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Un conclave de parlementaires proche d’aboutir à un compromis sur le budget de l’État

Les parlementaires réunis en commission mixte paritaire sont bien partis pour aboutir à une version commune du budget de l’État vendredi, avec à la manœuvre un camp gouvernemental soudé et imperturbable face aux menaces de censure et aux demandes des socialistes, qui revendiquent néanmoins des “victoires”.Les sept sénateurs et sept députés de la commission (CMP) ont avancé sans encombre jeudi et poursuivront leurs travaux vendredi à partir de 8h30, avec plusieurs points chauds comme le budget de l’aide médicale d’État (AME) dédiée aux soins des étrangers en situation irrégulière.Dominé par les soutiens du Premier ministre François Bayrou, avec huit parlementaires issus des rangs de la coalition gouvernementale, ce conclave dispose d’une majorité pour s’accorder sans tenir compte des votes des élus de gauche et du Rassemblement national.A l’issue de cette première journée, le président LFI de la commission des Finances Éric Coquerel a dénoncé des “aggravations importantes” des coupes budgétaires déjà prévues par le gouvernement Barnier, censuré en décembre.Les socialistes, eux, revendiquent au contraire des “victoires” sur le Fonds vert, l’agence bio, les transports du quotidien et surtout le rétablissement de 4.000 postes d’enseignants, confirmé par la commission…Mais ils refusent à ce stade de se prononcer sur ce qu’ils feront si une motion de censure est déposée lundi, à la suite d’un probable 49.3 activé par le gouvernement pour faire adopter sans vote les conclusions de cette commission mixte paritaire.”Nous dirons à nouveau (au gouvernement) ce qui nous paraît manquer dans ce budget et les efforts supplémentaires qu’il aura à accomplir”, a simplement déclaré le chef de file des députés socialistes Boris Vallaud, ni triomphant ni résigné, alors que le PS semblait davantage enclin à voter la censure depuis les propos de François Bayrou sur la “submersion” migratoire.- Peu de concessions nouvelles -En réalité, les concessions nouvelles du bloc central à l’égard du parti ne sont pas légion. “Je ne vois pas de quoi (les socialistes) peuvent se satisfaire. Aucune de leurs propositions n’a été acceptée”, a noté Eric Coquerel. L’élu communiste du Sénat Pascal Savoldelli, ulcéré par cette marge de manœuvre “extrêmement réduite”, a même claqué la porte avant la fin.Arrivés avec une liasse d’amendements, les élus PS repartent ainsi quasiment bredouilles, que ce soit sur la taxe Gafam, la “flat tax”, l'”exit tax”, l’augmentation de la taxe sur les transactions financières ou la taxation des rachats d’action… La partie “recettes” du budget, qui doit permettre de contenir le déficit à 5,4% du PIB en 2025 au prix d’un effort budgétaire de 50 milliards d’euros, a été adoptée en fin d’après-midi, sans surprise.Les parlementaires ont notamment approuvé la limitation à un seul exercice (au lieu de deux) de la contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises, objet des critiques du PDG de LVMH Bernard Arnault.Autre mesure adoptée, la contribution différentielle demandée aux plus hauts revenus en 2025, censée rapporter environ deux milliards. La gauche espérait la voir étendue, voire pérennisée, mais sans succès.- Le RN menace -Un sujet épineux pourrait envenimer les choses, celui de l’aide médicale d’État (AME), réservée aux étrangers en situation irrégulière.Selon des sources parlementaires, la CMP devrait acter la diminution des crédits alloués à l’AME, de 200 millions d’euros sur 1,3 milliard.”Cela fait partie des conditions absolument +sine qua none+”, a martelé Boris Vallaud, appelant le bloc central à ne pas “céd(er) aux plus vils fantasmes de l’extrême droite”. Les débats ont aussi été marqués par la prise de parole du député RN Jean-Philippe Tanguy, qui, selon des participants, a affirmé que le RN censurerait le gouvernement s’il ne supprimait pas l’article 4 du projet de loi, qui pose un nouveau cadre de régulation des revenus d’EDF issus du nucléaire et pourrait, selon le parti à la flamme, causer une hausse des prix.”Ils veulent revenir dans le jeu ou cherchent un prétexte pour la censure”, a décrypté un député LFI. “Du chantage”, renchérit un responsable LR.Sur l’AME comme sur l’article 4, des arbitrages sont toujours possibles jusqu’à lundi pour le gouvernement.