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Nouvel échange prévu samedi de trois otages israéliens contre 183 détenus palestiniens

Trois otages israéliens retenus à Gaza, dont le père des deux derniers enfants captifs, doivent être libérés samedi contre 183 détenus palestiniens, dans le cadre du quatrième échange depuis le début de la trêve entre Israël et le Hamas.Ofer Kalderon, un Franco-Israélien, Keith Siegel, un Israélo-Américain, ainsi que l’Israélien Yarden Bibas, dont l’épouse et les deux enfants, au sort très incertain, sont encore à Gaza, figurent sur la liste des otages devant être libérés fournie par le Forum des familles d’otages. Le Club des prisonniers palestiniens a lui indiqué en soirée qu’Israël libérerait en échange 183 détenus, soit plus du double que le chiffre de 90 que cette ONG avait auparavant fourni. Quinze otages -dix Israéliens et cinq Thaïlandais- et 400 prisonniers palestiniens ont déjà retrouvé la liberté depuis l’entrée en vigueur le 19 janvier de l’accord de trêve entre le Hamas et Israël, après plus de 15 mois d’une guerre ayant dévasté la bande de Gaza.Les otages avaient été enlevés le 7 octobre 2023 lors de l’attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël et qui a déclenché la guerre.Durant les six semaines que compte la première phase de la trêve, 33 otages israéliens au total, dont huit décédés, doivent être remis à Israël en échange d’environ 1.900 prisonniers palestiniens.Un doute terrible pèse sur le sort de Shiri Bibas, épouse de Yarden Bibas, et de leurs fils, Kfir, 2 ans, et Ariel, 5 ans, seuls enfants encore captifs. Le Hamas avait annoncé leur mort en 2023, ce qu’Israël n’a jamais confirmé. – “Où sont les bébés Bibas?” -“Notre Yarden est censé revenir demain (…) mais Shiri et les enfants ne sont toujours pas rentrés”, a déclaré leur famille sur Instagram, faisant part d'”émotions tellement mélangées” face “à des jours extrêmement complexes”. “Hamas, où sont les bébés Bibas?”, ont interpellé les Affaires étrangères israéliennes. Le précédent échange, jeudi à Gaza, s’est tenu dans des conditions qui ont provoqué la colère en Israël, éclaboussant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Deux jeunes Israéliennes et un octogénaire, ainsi que cinq Thaïlandais, sont rentrés en Israël après deux libérations distinctes organisées par le Hamas à Jabalia (nord) et par le Jihad islamique à Khan Younès (sud).Celle de Khan Younès a tourné au chaos, les otages ayant dû affronter un long passage au coeur d’une foule survoltée et vociférante, sous la protection de combattants cagoulés et armés.Des images ont montré le visage terrifié d’Arbel Yehud, 29 ans, pour ce premier contact avec le monde extérieur après 482 jours de détention.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé des “scènes choquantes” et retardé de plusieurs heures la libération des détenus palestiniens, le temps de recevoir la “garantie” que les prochaines libérations se feraient “en toute sécurité”.- Réouverture du passage de Rafah -Le CICR a réclamé “une amélioration” de la sécurité et de la dignité des otages lors des libérations.L’organisation a facilité le transfert de tous les otages de cette trêve, comme ceux de la première observée fin novembre 2023.Samedi, après l’échange, le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Egypte, doit aussi rouvrir, permettant l’évacuation de malades et blessés, selon une source du Hamas et une autre proche des négociations.L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’attend à ce qu’une cinquantaine de patients soient évacués samedi par ce passage, dont Israël avait pris le contrôle en mai 2024.L’Union européenne a annoncé y avoir déployé sa mission d’assistance, qui “soutiendra le personnel frontalier palestinien et permettra le transfert de personnes hors de Gaza”.La trêve a par ailleurs permis un afflux de l’aide internationale dans la bande de Gaza, assiégée par Israël et en proie à une catastrophe humanitaire.Les livraisons humanitaires pourraient toutefois y être compliquées par la rupture par Israël de tout lien avec l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). Et ce alors que les besoins sont “immenses”, selon l’OMS.Israël accuse l’Unrwa d’être “infestée” par le Hamas, des accusations démenties par l’ONU.- Prochaines négociations? -L’accord de trêve prévoit la reprise des négociations au 16e jour de son entrée en vigueur, soit le lundi 3 février, pour discuter des modalités de la deuxième phase.Celle-ci vise à la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, à laquelle certains membres du gouvernement israélien s’opposent.La dernière étape est censée porter sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages décédés.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages annoncés comme morts.Sur 251 personnes enlevées, 79 sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 34 sont mortes selon l’armée.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 47.460 morts à Gaza en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.burs-dla-cab/tp/mj/liu

Accident de car scolaire à Châteaudun: le chauffeur mis en examen pour homicide involontaire

Le chauffeur du car scolaire qui a provoqué jeudi à Châteaudun (Eure-et-Loir) un accident dans lequel une lycéenne de 15 ans est morte et vingt élèves ont été blessés a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé vendredi le parquet de Chartres.Ce jeune homme de 26 ans, dont les analyses sanguines ont confirmé qu’il avait consommé du cannabis, est mis en examen pour homicide involontaire aggravé car il conduisait “après usage de produit stupéfiant”, précise dans un communiqué le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier.Le chauffeur est aussi mis en examen pour blessures involontaires aggravées pour la même raison.La peine encourue maximale pour ces infractions est de sept ans de prison.Le parquet avait requis le placement en détention du jeune homme mais le magistrat instructeur a estimé “qu’une mesure de contrôle judiciaire lui paraissait suffisante”, ajoute M. Chevallier, qui “se réserve le droit d’interjeter appel de cette décision.”Le contrôle judiciaire du mis en cause lui interdit notamment de conduire un quelconque véhicule et de paraître dans le département d’Eure-et-Loir.Selon le parquet, les analyses sanguines ont confirmé un premier test salivaire: le chauffeur du car scolaire avait consommé du cannabis avant l’accident mortel.La présence de ce produit, avec un seuil supérieur à 0,5 nanogramme, ne peut correspondre à une consommation dite passive comme l’affirme le chauffeur, a précisé M. Chevallier dans un précédent communiqué.Le mis en cause a affirmé en garde à vue “qu’il s’agit non pas d’une consommation de produits stupéfiants, mais d’une contamination passive qui expliquerait la présence ainsi détectée, n’ayant pas consommé de produits stupéfiants depuis le mois de décembre dernier”. Il a expliqué que c’était sa compagne, qui consomme régulièrement, “qui pourrait être à l’origine de ce résultat. Il précise qu’il lui arrive d’allumer les +joints+ qu’elle fume”, selon M. Chevallier.Le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui s’était rendu sur place jeudi, avait annoncé sur RTL un renforcement des contrôles des chauffeurs, notamment “au niveau des stupéfiants”.- Un autre véhicule ? -Le chauffeur de bus maintient par ailleurs sa version des faits, “celle de la présence d’un véhicule tiers dont la manoeuvre l’aurait obligé à dévier sa trajectoire, lui faisant perdre le contrôle de son bus”, vers 07H40 jeudi matin.Selon des éléments recueillis par l’AFP, il exerçait depuis plusieurs années, au moins depuis le début de l’année sur cette ligne 32B, qui dessert six établissements. La route où a lieu l’accident, la D927, a été décrite comme “dangereuse” par la municipalité.Les auditions de l’ensemble des témoins se poursuivent.”Parmi eux, le conducteur d’un véhicule qui circulait derrière le bus disposait d’une caméra dans son véhicule qui permettra peut-être d’apprécier les conditions de l’accident”, a détaillé le procureur.Mais selon les premières investigations, “le croisement du bus avec un véhicule tiers, au moment de l’accident, ne serait pas confirmé par l’analyse de cette caméra”.Le ministre des Transports avait dit avoir saisi le Bureau d’enquêtes accidents (BEA) des transports terrestres pour déterminer les circonstances exactes de cet accident.Un contrôle technique du bus avait été réalisé en fin d’année dernière.- Morte d’un traumatisme crânien -Le corps de Johanna, adolescente de 15 ans scolarisée au lycée Emile-Zola de la commune et décédée lors de l’accident, a été examiné par l’Institut médico-légal de Garches.Cet examen a permis “de connaître la cause de la mort, consécutive à un traumatisme crânien. Il ne sera donc pas pratiqué d’autopsie”, souligne Frédéric Chevallier.Le corps sera mis à disposition de la famille dès samedi matin “afin de permettre à cette dernière de préparer les obsèques dans un délai respectable et dans des conditions dignes”, ajoute le procureur.Vingt autres élèves avaient été blessés en urgence relative et quatorze transportés vers l’hôpital de la ville.Plus aucun d’eux n’était hospitalisé vendredi et l’interruption totale de travail la plus élevée a été fixée à 21 jours.Des cellules d’accompagnement psychologiques ont été activées, au moins jusqu’aux prochaines vacances scolaires, tandis que la ministre de l’Education, Elisabeth Borne, se rendra lundi dans l’établissement de la victime. 

RDC: le M23 progresse dans l’est, “soutien indéfectible” de la SADC à Kinshasa

Après avoir conquis Goma dans l’est de la RDC, le groupe armé antigouvernemental M23 et l’armée rwandaise progressent dans la province voisine du Sud-Kivu, alors que les dirigeants des pays d’Afrique australe (SADC), réunis vendredi en sommet, ont exprimé leur “soutien indéfectible” à Kinshasa.Dans ce conflit qui dure depuis plus de trois ans, la République démocratique du Congo (RDC) accuse le Rwanda de vouloir piller ses nombreuses richesses naturelles dans la région. Le Rwanda affirme, lui, vouloir éradiquer des groupes armés, notamment créés par d’ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon lui sa sécurité. De manière plus générale, l’est de la RDC est déchiré depuis des décennies par les violences de multiples groupes armés, exacerbées après le génocide au Rwanda.A l’issue d’un sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Harare, au Zimbabwbe, les dirigeants des États membres ont affirmé leur “engagement indéfectible à continuer de soutenir la RDC dans sa quête de sauvegarde de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale”.La SADC, qui a réclamé un sommet conjoint avec la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) pour régler la situation sécuritaire, a une force de maintien de la paix déployée dans l’est de la RDC (SAMIDRC), tout comme l’ONU (Monusco).- Armée ougandaise -Goma, capitale de la province du Nord-Kivu coincée entre le lac Kivu et la frontière rwandaise, est tombée ces derniers jours au terme d’une offensive éclair, lancée après l’échec mi-décembre d’une tentative angolaise de médiation entre la RDC et le Rwanda.Selon l’ONU, au moins 700 personnes ont été tuées et 2.800 blessées lors des combats pour le contrôle de la ville entre dimanche et jeudi.Vendredi, quelques dizaines d’habitants de Goma, sous la garde étroite de combattants armés du M23 qui avaient invité la presse, ont brandi dans les rues des banderoles affirmant “Nous sommes fatigués avec Tshisekedi”, en référence au président congolais Félix Tshisekedi.Depuis la chute de la grande cité, le M23 et les troupes rwandaises ont progressé dans la province voisine du Sud-Kivu vers Kavumu. Cette localité abrite un aéroport militaire stratégique et l’armée congolaise y a établi sa principale ligne de défense, à 40 km au nord de la ville de Bukavu et son million d’habitants, selon des sources locales.Parallèlement, sur fond de craintes d’un embrasement régional, l’armée ougandaise a annoncé vendredi qu’elle allait “renforcer ses défenses” dans l’est de la RDC, où elle aussi est présente. Objectif: “dissuader” et “empêcher les nombreux autres groupes armés” opérant dans la région “d’exploiter la situation, et protéger et sécuriser les intérêts de l’Ouganda”.- “Prêt à mourir” -Répondant à l’appel pressant des autorités congolaises, plusieurs centaines de volontaires prêts à aller combattre au côté de l’armée congolaise sont venus s’enregistrer vendredi dans le stade de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, a constaté un journaliste de l’AFP.”Je suis prêt à mourir pour mon pays”, a assuré l’un deux, Juvenal Bahati Muhigirwa Ndagano, avant de rejoindre un bataillon désordonné de futurs miliciens en tenues dépenaillées.Dans la capitale, Kinshasa, des dizaines de personnes ont fait don de leur sang à l’appel du ministère de la Santé, pour les militaires et civils blessés dans la région de Goma, où des combats sporadiques se poursuivent dans la périphérie nord.L’ONU a exprimé son inquiétude face aux violences généralisées perpétrées par chaque camp, citant des exécutions sommaires et des cas de violences sexuelles.Les combats ont par ailleurs aggravé une crise humanitaire chronique dans une région où, selon l’ONU, plus de 500.000 personnes ont été déplacées depuis début janvier.L’offensive sur Goma a suscité de nombreux appels internationaux à la fin des combats et au retrait des troupes rwandaises. Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu avec ses homologues angolais, ougandais et burundais pour tenter d’arrêter les hostilités, a dit la présidence française vendredi.La Belgique a demandé à l’Union européenne d’envisager des sanctions contre le Rwanda.M. Tshisekedi a, lui, condamné “le silence” et “l’inaction” de la communauté internationale face à “la barbarie du régime de Kigali”, mettant en garde contre “une escalade aux conséquences imprévisibles” dans la région des Grands Lacs.burx-cld-blb/mba

RDC: le M23 progresse dans l’est, “soutien indéfectible” de la SADC à Kinshasa

Après avoir conquis Goma dans l’est de la RDC, le groupe armé antigouvernemental M23 et l’armée rwandaise progressent dans la province voisine du Sud-Kivu, alors que les dirigeants des pays d’Afrique australe (SADC), réunis vendredi en sommet, ont exprimé leur “soutien indéfectible” à Kinshasa.Dans ce conflit qui dure depuis plus de trois ans, la République …

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RDC: le M23 progresse dans l’est, “soutien indéfectible” de la SADC à Kinshasa

Après avoir conquis Goma dans l’est de la RDC, le groupe armé antigouvernemental M23 et l’armée rwandaise progressent dans la province voisine du Sud-Kivu, alors que les dirigeants des pays d’Afrique australe (SADC), réunis vendredi en sommet, ont exprimé leur “soutien indéfectible” à Kinshasa.Dans ce conflit qui dure depuis plus de trois ans, la République démocratique du Congo (RDC) accuse le Rwanda de vouloir piller ses nombreuses richesses naturelles dans la région. Le Rwanda affirme, lui, vouloir éradiquer des groupes armés, notamment créés par d’ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon lui sa sécurité. De manière plus générale, l’est de la RDC est déchiré depuis des décennies par les violences de multiples groupes armés, exacerbées après le génocide au Rwanda.A l’issue d’un sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à Harare, au Zimbabwbe, les dirigeants des États membres ont affirmé leur “engagement indéfectible à continuer de soutenir la RDC dans sa quête de sauvegarde de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale”.La SADC, qui a réclamé un sommet conjoint avec la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) pour régler la situation sécuritaire, a une force de maintien de la paix déployée dans l’est de la RDC (SAMIDRC), tout comme l’ONU (Monusco).- Armée ougandaise -Goma, capitale de la province du Nord-Kivu coincée entre le lac Kivu et la frontière rwandaise, est tombée ces derniers jours au terme d’une offensive éclair, lancée après l’échec mi-décembre d’une tentative angolaise de médiation entre la RDC et le Rwanda.Selon l’ONU, au moins 700 personnes ont été tuées et 2.800 blessées lors des combats pour le contrôle de la ville entre dimanche et jeudi.Vendredi, quelques dizaines d’habitants de Goma, sous la garde étroite de combattants armés du M23 qui avaient invité la presse, ont brandi dans les rues des banderoles affirmant “Nous sommes fatigués avec Tshisekedi”, en référence au président congolais Félix Tshisekedi.Depuis la chute de la grande cité, le M23 et les troupes rwandaises ont progressé dans la province voisine du Sud-Kivu vers Kavumu. Cette localité abrite un aéroport militaire stratégique et l’armée congolaise y a établi sa principale ligne de défense, à 40 km au nord de la ville de Bukavu et son million d’habitants, selon des sources locales.Parallèlement, sur fond de craintes d’un embrasement régional, l’armée ougandaise a annoncé vendredi qu’elle allait “renforcer ses défenses” dans l’est de la RDC, où elle aussi est présente. Objectif: “dissuader” et “empêcher les nombreux autres groupes armés” opérant dans la région “d’exploiter la situation, et protéger et sécuriser les intérêts de l’Ouganda”.- “Prêt à mourir” -Répondant à l’appel pressant des autorités congolaises, plusieurs centaines de volontaires prêts à aller combattre au côté de l’armée congolaise sont venus s’enregistrer vendredi dans le stade de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, a constaté un journaliste de l’AFP.”Je suis prêt à mourir pour mon pays”, a assuré l’un deux, Juvenal Bahati Muhigirwa Ndagano, avant de rejoindre un bataillon désordonné de futurs miliciens en tenues dépenaillées.Dans la capitale, Kinshasa, des dizaines de personnes ont fait don de leur sang à l’appel du ministère de la Santé, pour les militaires et civils blessés dans la région de Goma, où des combats sporadiques se poursuivent dans la périphérie nord.L’ONU a exprimé son inquiétude face aux violences généralisées perpétrées par chaque camp, citant des exécutions sommaires et des cas de violences sexuelles.Les combats ont par ailleurs aggravé une crise humanitaire chronique dans une région où, selon l’ONU, plus de 500.000 personnes ont été déplacées depuis début janvier.L’offensive sur Goma a suscité de nombreux appels internationaux à la fin des combats et au retrait des troupes rwandaises. Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu avec ses homologues angolais, ougandais et burundais pour tenter d’arrêter les hostilités, a dit la présidence française vendredi.La Belgique a demandé à l’Union européenne d’envisager des sanctions contre le Rwanda.M. Tshisekedi a, lui, condamné “le silence” et “l’inaction” de la communauté internationale face à “la barbarie du régime de Kigali”, mettant en garde contre “une escalade aux conséquences imprévisibles” dans la région des Grands Lacs.burx-cld-blb/mba

Catastrophe aérienne de Washington: l’enquête se poursuit dans un climat politique délétère

Les enquêteurs tentent de comprendre vendredi comment 67 personnes ont péri dans la collision entre un avion de ligne et un hélicoptère à Washington, un drame que Donald Trump politise en mettant en cause les mesures de diversité à l’embauche.Les sauveteurs ont pour l’instant retrouvé 41 corps dans les eaux glacées du fleuve Potomac où les deux appareils ont plongé. Les autorités n’attendent aucun survivant de ce télescopage en plein air entre l’avion de ligne qui transportait 64 personnes et l’hélicoptère de l’armée où se trouvaient trois militaires, pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis 2001.Les deux boîtes noires du Bombardier ont été retrouvées jeudi soir, et leur exploitation va être scrutée de près pour comprendre les causes de cet accident.Elles sont analysées par l’Agence américaine de sécurité des transports (NTSB), qui a dit espérer publier un rapport préliminaire “dans les 30 jours”.”L’enquête complète prendra probablement un an”, a expliqué sur CNN un membre du NTSB, Todd Inman.Son agence ne va “pas publier quelque chose rapidement juste pour mettre fin à certaines spéculations”, a-t-il ajouté, face au climat délétère qui entoure déjà le drame.Après une conférence de presse où la querelle politique a immédiatement éclipsé le temps du deuil jeudi, Donald Trump a enfoncé le clou vendredi matin. Le président a une nouvelle fois blâmé les politiques de diversité défendues par la gauche américaine, qui empêcheraient d’embaucher des personnels “compétents” et seraient selon lui à l’origine de cet accident.- “Nous ne savons pas” -“Ce n’est qu’une des raisons pour lesquelles notre pays ALLAIT en enfer!!!”, a-t-il martelé sur son réseau Truth Social, en mettant en exergue un message d’Elon Musk qui dénonce “les pratiques d’embauche absolument insensées” sous l’administration de son prédécesseur Joe Biden.M. Trump a ensuite assuré savoir comment s’est produit l’accident.”L’hélicoptère Blackhawk volait beaucoup trop haut”, a-t-il asséné. “Ce n’est pas très compliqué à comprendre, non?”Son nouveau ministre de la Défense, Pete Hegseth, a lui temporisé.”Le Black Hawk était-il trop haut? Était-il sur la bonne trajectoire? Pour l’instant, nous ne savons pas vraiment”, a-t-il souligné sur Fox News.L’altitude de l’hélicoptère militaire, et ce que son équipage voyait à travers ses lunettes de vision nocturne, comptent parmi les nombreuses questions de l’enquête.D’autres interrogations entourent la tour de contrôle de l’aéroport Ronald-Reagan, qui était en sous-effectifs mercredi soir. Selon les médias américains, un seul contrôleur, au lieu de deux, assurait le trafic aérien.D’après le New York Times, la congestion autour de cet aéroport, régulièrement survolé par des hélicoptères et des avions à basse altitude, avait déjà engendré ces dernières années des mises en garde de la part de pilotes de ligne.Vingt-quatre heures à peine avant ce drame, un autre avion a dû effectuer une seconde approche pour atterrir, après l’apparition d’un hélicoptère à proximité de sa trajectoire de vol, selon un enregistrement audio révélé par CNN.Vendredi, le directeur de l’aéroport, Terry Liercke, n’a pas voulu révéler si ces problèmes avaient déjà été rapportés à la FAA, régulateur américain de l’aviation.”L’espace aérien des États-Unis est le plus sûr au monde”, s’est-il contenté d’assurer lors d’une conférence de presse.- “Dégouté” -Donald Trump a particulièrement ciblé la FAA, accusée d’avoir appliqué les politiques de ses prédécesseurs démocrates Joe Biden et Barack Obama, au détriment selon lui de la sécurité aérienne.Une polémique qualifiée d'”abjecte” jeudi par Pete Buttigieg, l’ex-ministre des Transports sous la présidence de Joe Biden.Le pilote américain Chesley Sullenberger, célèbre aux Etats-Unis pour avoir fait atterrir en catastrophe un avion endommagé sur le fleuve Hudson à New York en 2009, s’est dit vendredi “dégoûté” mais “pas surpris” par cette controverse.L’association américaine des pilotes de ligne (ALPA) a elle appelé à “laisser l’enquête suivre son cours”.Parmi les victimes de la catastrophe, on compte plusieurs membres de la communauté de patinage artistique, dont le couple russe Evgenia Shishkova et Vadim Naumov, champions du monde en 1994. L’avion venait de Wichita, au Kansas, dans le centre du pays, où se déroulaient des championnats nationaux.Deux ressortissants chinois se trouvaient aussi à bord, de même qu’un policier philippin.”Nous espérons récupérer tous les corps”, a expliqué vendredi John Donnelly, le chef des pompiers et des secouristes de Washington.Selon lui, la prochaine étape est de repêcher les décombres de l’avion d’American Airlines, toujours au fond du Potomac. Une opération qui devrait débuter “au maximum demain après-midi.”

Câble endommagé dans la Baltique: un navire à l’équipage russe brièvement arraisonné en Norvège

La Norvège a autorisé vendredi à reprendre la mer un navire à l’équipage russe arraisonné la veille car soupçonné d’avoir été impliqué dans les dégradations d’un câble dans la mer Baltique, aucun élément suspect n’ayant été trouvé à bord.Sur fond de vigilance accrue face aux menaces de “guerre hybride”, la police norvégienne avait annoncé plus tôt dans la journée que le “Silver Dania”, cargo sous pavillon norvégien avec un équipage intégralement russe, avait été dérouté jeudi soir à la demande des autorités lettones.Il était soupçonné d’avoir été impliqué dans la dégradation d’un câble sous-marin de fibre optique dimanche entre la Lettonie et la Suède.Intercepté alors qu’il reliait les ports russes de Saint-Pétersbourg et Mourmansk, le Silver Dania a été escorté par un navire des garde-côtes norvégiens vers le port de Tromsø (nord) où la police a effectué une perquisition et interrogé l’équipage.”L’enquête va se poursuivre, mais nous ne voyons aucune raison pour que le navire doive rester plus longtemps à Tromsø”, a déclaré le procureur norvégien, Ronny Jørgensen, vendredi soir dans un communiqué. “Aucun élément n’a été trouvé reliant le navire à l’affaire”, a-t-il dit.Tôt dimanche matin, un câble de fibre optique appartenant au centre national de radio et de télévision de Lettonie (LVRTC) reliant l’île suédoise de Gotland à la ville lettone de Ventspils, avait été abîmé.LVRTC avait estimé que les évaluations préliminaires suggéraient “des facteurs externes”.Plus tôt vendredi, M. Jørgensen a indiqué lors d’une conférence de presse que le “Silver Dania” était “suspecté d’avoir quelqu’un à bord qui a joué un rôle dans cette affaire de câble dans la Baltique”.Après l’annonce de cet arraisonnement, le propriétaire norvégien du cargo avait assuré qu’il n’était pas impliqué dans cette affaire.”Nous n’avons rien fait de mal”, a dit à l’AFP Tormod Fossmark, patron et fondateur de l’armateur Silver Sea.”Nous avons navigué près de Gotland à ce moment-là à une vitesse de 13 noeuds mais nous n’y avons pas jeté l’ancre. Les autorités norvégiennes nous ont amenés au port pour écarter notre implication”, a-t-il ajouté.La police a précisé que l’équipage composé de 11 Russes était coopératif, ayant accepté de détourner le cargo vers Tromsø de son plein gré.- Vigilance accrue -Cet épisode s’inscrit dans le cadre de vives tensions entre la Russie et les pays occidentaux depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.  Plusieurs dégradations ciblant les infrastructures énergétiques et de communication sont survenues en mer Baltique ces derniers mois, après l’adhésion de la Finlande et de la Suède, deux pays riverains, à l’Otan. Elles s’inscrivent, selon des experts et responsables politiques, dans le contexte d’une “guerre hybride” menée par la Russie contre les pays occidentaux.Face au caractère répété de ces événements, l’Otan a annoncé en janvier lancer une mission de patrouille visant à protéger ces infrastructures sous-marines. Avions, bateaux et drones sont désormais dépêchés de façon plus massive et régulière en mer Baltique dans le cadre d’une nouvelle opération baptisée “Sentinelle de la Baltique”. Dès dimanche, la Suède avait arraisonné un navire bulgare, le “Vezhen”, dans le cadre d’une enquête pour “sabotage aggravé” après la dégradation du câble de LVRTC.Le PDG de la compagnie opératrice Navigation Maritime Bulgare (NaviBulgar) avait lui aussi écarté “tout acte malveillant”.Le procureur suédois chargé de l’affaire Mats Ljungqvist a déclaré qu’il était convaincu que le navire bulgare était à l’origine de la dégradation du câble, sans se prononcer sur le caractère volontaire ou non de l’acte. “Je pense pouvoir affirmer avec de solides arguments que c’est ce navire qui a endommagé le câble”, a-t-il dit vendredi à TT.”Le travail se poursuit, nous travaillons à plein régime, le bateau est toujours saisi et diverses mesures d’enquête sont prises, y compris techniques”, a-t-il ajouté.