Crise au Louvre: le président du château de Versailles remplace Laurence des Cars
Le Louvre change de tĂŞte: au lendemain de la dĂ©mission de Laurence des Cars, Christophe Leribault, prĂ©sident du château de Versailles, a pris mercredi la tĂŞte du musĂ©e le plus visitĂ© au monde, dans la tourmente depuis le cambriolage du 19 octobre.PrĂ©sident du château de Versailles depuis mars 2024, ce conservateur gĂ©nĂ©ral du patrimoine de 62 ans a Ă©tĂ© nommĂ© Ă la prĂ©sidence du Louvre en Conseil des ministres.Cet ancien prĂ©sident du Petit Palais et du musĂ©e d’Orsay “aura Ă conduire des chantiers majeurs pour l’avenir de l’institution” comme  “la sĂ©curisation et la modernisation”, a dĂ©clarĂ© la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Il devra Ă©galement “restaurer un climat de confiance”, a ajoutĂ© le ministère de la Culture, son autoritĂ© de tutelle. Christophe Leribault arrive au Louvre dans un climat très lourd. Sa prĂ©sidente depuis fin 2021, Laurence des Cars, a dĂ©missionnĂ© mardi, emportĂ©e par les dysfonctionnements mis au jour par le vol de joyaux de la Couronne et la grève perlĂ©e des personnels qui grippe le musĂ©e parisien depuis mi-dĂ©cembre.”Tenir la barre ne suffit pas. Il faut aussi pouvoir avancer. Et les conditions pour avancer ne sont plus rĂ©unies”, a dĂ©clarĂ© mardi dans le Figaro Mme des Cars, Ă qui M. Leribault avait dĂ©jĂ succĂ©dĂ© Ă la tĂŞte d’Orsay fin 2021.La pression Ă©tait devenue trop forte pour la dirigeante, mise en très grande difficultĂ© par une sĂ©rie de rapports ayant pointĂ© la “sous-estimation chronique” des risques de vol au Louvre, l’obsolescence des dispositifs de sĂ»retĂ© et la priorisation donnĂ©e Ă des “opĂ©rations visibles et attractives” au dĂ©triment de la sĂ©curitĂ©. Laurence des Cars avait Ă©galement dĂ» admettre n’avoir dĂ©couvert qu’après le cambriolage l’existence d’un audit alarmant sur la vulnĂ©rabilitĂ© de la galerie Apollon, dans laquelle les cambrioleurs se sont introduits en plein jour le 19 octobre pour s’emparer de huit bijoux d’une valeur de 88 millions d’euros.La dirigeante semblait aussi avoir Ă©tĂ© lâchĂ©e par sa ministre de tutelle, Rachida Dati, elle-mĂŞme en partance du gouvernement pour briguer la mairie de Paris.- “Nouveau chapitre” -Dans son communiquĂ©, le ministère de la Culture se dit convaincu que le nouveau patron du Louvre “saura s’appuyer sur l’ensemble des forces vives du musĂ©e, et de leurs savoir-faire, pour Ă©crire collectivement une nouvelle page de l’histoire” de l’Ă©tablissement. MinĂ© par la surfrĂ©quentation (quelque neuf millions de visiteurs par an) et des Ă©quipements vieillissants, le musĂ©e est par ailleurs confrontĂ© depuis la mi-dĂ©cembre au plus long conflit social de son histoire. DĂ©nonçant leurs conditions de travail et l’absence de dialogue social, les personnels mènent une grève perlĂ©e qui a contraint le musĂ©e Ă rester fermĂ© Ă quatre reprises, occasionnant quelque deux millions d’euros de pertes de recettes.”On a besoin d’un apaisement social”, a dĂ©clarĂ© Ă l’AFP la dĂ©lĂ©guĂ©e CFDT au Louvre ValĂ©rie Baud, assurant que les discussions avec l’ancienne direction Ă©taient dans “l’impasse”.Son homologue de la CGT Gary Guillaud est dans l’expectative mais dit Ă l’AFP espĂ©rer que M. Leribault maintiendra au Louvre “la qualitĂ© du dialogue social” instaurĂ©e au château de Versailles. InterrogĂ© par l’AFP, le maire de Versailles a louĂ© les qualitĂ©s “humaines et professionnelles” de M. Leribault, qu’il voit partir du château “avec regrets”. “Il arrive dans une situation difficile mais il a les qualitĂ©s pour faire face”, a dĂ©clarĂ© François de Mazières (DvD).Le nouveau patron du Louvre devra notamment s’attaquer Ă la gouvernance du Louvre, devenu un “Etat dans l’Etat” selon le dĂ©putĂ© Alexandre Portier, qui prĂ©side une commission d’enquĂŞte sur la sĂ©curitĂ© des musĂ©es. AuditionnĂ©e lundi Ă huis clos Ă l’AssemblĂ©e, Rachida Dati a Ă©voquĂ© “17 mesures” de rĂ©forme, mais leur dĂ©tail n’est pas connu Ă ce jour.L’exĂ©cutif continue de dĂ©fendre “Louvre Nouvelle Renaissance”, colossal projet annoncĂ© par Emmanuel Macron dĂ©but janvier 2025, mais ce chantier Ă plus d’un milliard d’euros suscite les rĂ©serves des syndicats et des doutes de la Cour des comptes sur son financement.








