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Paris, îlot de chaleur dans les rudes montagnes du Kirghizstan

Pour arriver à Paris et voir la tour Eiffel, Nourjiguit Abdrakhman a franchi un col à plus de 3.200 mètres d’altitude, échappé à une avalanche et zigzagué sur des routes enneigées avant, enfin, d’apercevoir à travers le brouillard ce village du Kirghizstan.”Je me suis arrêté à Paris car les routes sont fermées, il y a trop de neige. Le temps qu’ils salent la route, je vais manger et me reposer”, raconte-t-il à l’AFP au chaud dans la cabine de son camion.A l’extérieur, la visibilité est quasi-nulle et les cristaux emportés par le blizzard fouettent le visage. Dans la vallée de Soussamyr, l’un des endroits les plus froids du Kirghizstan, la température est glaciale, avec un record à -47 °C à l’hiver 2023.Pour Nourjiguit Abdrakhman, ce hameau au nom officieux de Paris est l’une des rares sources de chaleur et de civilisation sur l’unique route reliant le nord et le sud du Kirghizstan, un pays d’Asie centrale parmi les plus montagneux au monde.”Ici, il y a un petit service de réparation mécanique, on peut changer un pneu”, dit le camionneur de 22 ans, qui doit relier la capitale Bichkek à la grande ville du sud, Och, 700 kilomètres et une quinzaine d’heures plus loin.- Route stratégique -Ce tracé comptant le plus d’accidents mortels au Kirghizstan est stratégique pour ce pays enclavé qui commerce avec la Russie, l’allié historique, et la Chine voisine, partenaire incontournable.Pour faire transiter un flux croissant de marchandises — entre 5.000 et 18.000 véhicules quotidiennement — le gouvernement kirghiz inaugurera au printemps une route alternative contournant Paris, plus rapide mais semblant aussi risquée.Paris reste pour le moment un passage obligatoire et a assis sa réputation en trois décennies d’indépendance de l’URSS. “Avant, il n’y avait rien, puis des conteneurs sont apparus, un village s’est formé”, explique Tamara Katchkynbaïeva, tenancière d’un café dans le hameau où vivent une centaine de Parisiens résistant aux “conditions difficiles”.Selon les locaux, Paris a été nommé en référence à la ville lumière par les camionneurs en raison des guirlandes des cafés brillant la nuit.”Nous avons commencé à nourrir et réchauffer les conducteurs entre deux cols. Il y a même une infirmerie pour les premiers soins”, indique Mme Katchkynbaïeva, qui propose les classiques de la cuisine centrasiatique à base de viande. L’été dernier, le village a eu son heure de gloire –à l’échelle locale– grâce à Nourjan Koubatbekov, le Gustave Eiffel kirghiz. Il a payé environ 14.000 dollars pour y faire construire une réplique de la Tour Eiffel.”Notre village s’appelle Paris et à Paris il y a bien une tour Eiffel”, dit à l’AFP M. Koubatbekov. Certes, sa tour ne fait que quinze mètres, vingt fois moins que l’originale, mais elle s’illumine aussi la nuit, comme celle sur le Champ-de-Mars.- Pas d’existence officielle -La comparaison avec la capitale française s’arrête là. Pas de Notre-Dame, mais une mosquée neuve. Pas de rats ou pigeons, mais des vaches et chevaux dans les étables.D’autant qu’officiellement, le Paris kirghiz n’existe pas, selon les autorités interrogées par l’AFP : il s’agit simplement du kilomètre 152 de la route Bichkek-Och avec quelques terres louées pour le commerce.”La population demande de légaliser la situation et d’officialiser le nom de Paris”, déclare la gérante du café, Mme Katchkynbaïeva.”Personne n’a de documents pour ces terres. Le village appartient en réalité à deux districts différents”, abonde le fermier Ourmat Noussoubaliev, l’un des pionniers à s’y être installé il y a 27 ans.”On attend la réponse au printemps, soit ils légalisent, soit ils rasent”, assure-t-il.En quittant Paris, les camionneurs et automobilistes doivent franchir plusieurs passages dépassant les 3.000 mètres d’altitude, dont le dangereux col du chameau, où sont peints partout sur la roche des numéros de dépanneurs.Les véhicules en panne peuvent se retrouver partiellement ensevelis sous des coulées de neige. Ce jour-là, Eldiar Doulatov fait partie des malchanceux.”Je n’ai pas de réseau, j’ai sept personnes dans la voiture, un tuyau a éclaté et le carburant fuit”, s’impatiente le conducteur.

Les vaccins anti-Covid sont sûrs, réaffirme l’agence du médicament, après 152 millions d’injections en France

Les quatre vaccins anti-Covid utilisés en France sont sûrs, réaffirme mardi l’agence du médicament dans son dernier bilan des effets indésirables, précisant notamment qu’aucun lien avec la maladie de Charcot n’a été établi après un cas rapporté post-vaccination.Les nouveaux résultats des enquêtes de pharmacovigilance de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), sur les données allant de janvier 2023 à février 2024, “montrent à nouveau que les vaccins contre le Covid-19 sont sûrs”, résume-t-elle dans un communiqué.Ces enquêtes -dont l’une dédiée aux femmes enceintes et qui allaitent- analysent les déclarations d’effets indésirables rapportés pour les quatre vaccins contre le Covid-19 – le Comirnaty de Pfizer/BioNTech, Spikevax (Moderna), Nuvaxovid (Novavax, remplacé depuis par le Nuvaxovid XBB) et Vidprevtyn Beta (Sanofi/GSK)- disponibles en France.Aucun nouveau signal de risque chez “les femmes enceintes et allaitantes” n’est apparu concernant les vaccins Nuvaxovid -très peu utilisés en France- et Vidprevtyn Beta -dont l’autorisation de mise sur le marché a été abrogée ensuite, en mars 2024.A ce jour, “plus de 152 millions de doses” de vaccins anti-Covid “ont été administrées” en France, – et 13 milliards de doses au niveau mondial – et quelque “163.000 signalements de suspicions d’effets indésirables potentiels ont été enregistrés” en France, dit à l’AFP Mehdi Benkebil, directeur de la surveillance de l’ANSM.”Tous ces cas ont fait l’objet d’analyses au niveau régional et national. À titre de comparaison, annuellement nous recevons de l’ordre de 40.000 cas pour tous les médicaments !”, précise-t-il, soulignant le “travail colossal d’analyse” que représente la “surveillance renforcée” des vaccins anti-Covid.Si le bénéfice/risque des vaccins Covid est très positif, certains effets secondaires ou indésirables ont été mis en évidence, le plus fréquemment bénins, ou rares lorsqu’ils sont plus impressionnants.- Désinformation -En dehors des effets indésirables les plus fréquents liés à la réaction immédiate du corps à l’injection, de rares cas de paralysie faciale périphérique (perte partielle du fonctionnement d’une partie des muscles du visage), de myocardite/péricardite (inflammation du muscle cardiaque), de saignements menstruels importants, et d’érythème polymorphe (éruption de tâches cutanées) ont ainsi été identifiés.Dans son bilan des nouveaux effets signalés et jusqu’alors non répertoriés, l’ANSM note que de “très rares cas” de “douleurs à type de brûlure, principalement au niveau des pieds et des membres inférieurs (neuropathies à petites fibres), sont apparus” avec le vaccin Pfizer, et d’autres cas, “très rares” également, de fatigue chronique, avec le vaccin Spikevax.Ils “font l’objet d’investigations complémentaires” qui pourraient déboucher sur “des mesures adaptées à la nature et au niveau du risque, en lien avec l’Agence européenne des médicaments (EMA)”, indique l’agence.”Rapporté récemment après une vaccination avec le vaccin” Pfizer, un cas de maladie de Charcot (SLA), a été analysé et “les données disponibles à ce jour” ne “permettent pas de retenir un lien” entre la survenue de la maladie et le vaccin, écrit l’ANSM, après un “examen collégial avec les centres régionaux de pharmacovigilance”.Ce cas est celui d’une trentenaire de l’Allier, dont la famille et une association de victimes ont largement communiqué sur les réseaux sociaux et dans la presse régionale autour d’une supposée “reconnaissance officielle” d’un lien de causalité entre sa maladie et cette vaccination. Le centre de pharmacovigilance régional a envoyé un courrier indiquant que le signalement du cas a été “enregistré, générant un dossier” en vue d’un “travail d’expertise”, mais “aucun lien de causalité n’y était fait” entre la maladie et le vaccin, dit à l’AFP le Pr Joëlle Micallef, pharmacologue, à la tête de l’un des 10 centres régionaux (Paca-Corse) à expertiser des cas sur la France entière.Déjà en 2022, l’ANSM avait examiné une quinzaine de signalements de SLA post-vaccination, rapporte cette experte. “Si ces patients étaient bien atteints de SLA”, la cause vaccinale avait été écartée notamment “parce que médicalement et physiopathologiquement, la maladie de Charcot ne peut pas être déclenchée dans un délai aussi court”, précise-t-elle.”Avec ce (dernier) cas également, il n’y a pas de données actuellement, d’arguments, pour évoquer le rôle direct ou indirect du vaccin dans la survenue de cette maladie”, conclut-elle.Depuis le début de la vaccination, les effets indésirables des vaccins Covid ont été largement mis en avant par leurs opposants, qui ont parfois relayé des messages de désinformation.

Le défi de reconstruire les milliers de maisons incendiées à Los Angeles

Plus de 10.000 habitations détruites par les flammes en trois semaines près de Los Angeles, sans compter commerces, restaurants et autres bâtiments publics: le défi est désormais de reconstruire rapidement dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre, d’inflation et de codes d’urbanisme stricts.”Le processus de reconstruction va être très difficile”, relève Jim Tobin, patron de l’Association nationale des constructeurs de maisons (NAHB). “Et cela va prendre du temps car un incendie est très unique: c’est une perte totale” des bâtiments contrairement à une inondation ou un ouragan.Selon lui, même des éléments ayant survécu comme fondations, cheminées ou structures en pierres ou béton vont devoir être évacués car “le feu détériore grandement ces matériaux”, sans parler des importantes quantités d’eau et de retardateurs de flamme déversés.Avant d’engager toute construction, les sols doivent être dépollués par des entreprises spécialisées dans les déchets toxiques, explique Mary Comerio, professeur d’architecture à l’université de Berkeley, experte dans la reconstruction urbaine après une catastrophe.A Paradise, où 18.000 structures dont 11.000 maisons ont été détruites par un incendie en novembre 2018, cette étape de déblaiement et dépollution a pris neuf mois, selon Colette Curtis, directrice de la reconstruction de cette ville californienne.Seulement 10% des maisons et environ 500 bâtiments (commerces, entreprises), dont la mairie, ont survécu. Le premier permis de construire date de mars 2019, la première maison a été achevée en juillet cette année-là et, actuellement, 400 maisons sont en construction.”Il faudra probablement encore dix ans pour une reconstruction totale”, souligne-t-elle.A Los Angeles, ce pourrait être plus rapide étant donnée l’aisance financière des habitants de Pacific Palisades et Malibu, leur permettant de ne pas attendre l’indemnisation de leur assureur, d’éventuelles aides fédérales ou de négocier un nouvel emprunt immobilier.- Trois à cinq ans -Mais la simple obtention d’un permis de construire peut prendre neuf à douze mois, relèvent les spécialistes, estimant le processus classique pour retrouver une maison habitable entre trois à cinq ans.Les pouvoirs publics doivent aussi nettoyer et refaire les réseaux routiers, sanitaires, énergétiques, reconstruire les infrastructures publiques (écoles, hôpitaux, bibliothèques).En général, l’Etat fédéral prend en charge 75% du coût mais, souligne Mary Comerio, le président Joe Biden a décidé une prise en charge à 100% pour ces incendies. Mais la nouvelle administration Trump suivra-t-elle?La réglementation a beaucoup évolué au fil des décennies, avec des normes de sécurité et environnementales plus strictes et, souvent, plus coûteuses.Le gouverneur de Californie Gavin Newsom a rapidement pris des mesures pour hâter le processus, en allégeant certaines restrictions du code de l’urbanisme, et pour limiter les hausses abusives des prix.Car cette catastrophe intervient pendant une pénurie de main-d’oeuvre dans le bâtiment mais aussi de matériaux de construction, susceptible d’empirer avec les droits de douanes infligés samedi par Donald Trump à la Chine et au Canada.L’Association des ouvriers de la construction (ABC) estime le déficit net actuel à près de 430.000 dans la construction, et anticipe 500.000 en 2026.- Nouvelle réglementation intransigeante -“Comme dans tout désastre urbain d’envergure, il va y avoir une importante migration interne d’ouvriers”, prédit Mary Comerio, mentionnant les salaires confortables du secteur.”C’est assez classique (…) et cela entraîne un très bon boom économique local à court terme” car ces travailleurs doivent se loger, se nourrir, consommer, ajoute-t-elle.Les grandes chaînes de magasins de bricolage Home Depot et Lowe’s, qui fournissent particuliers et professionnels et n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP, risquent d’avoir du mal à faire face à la demande “très élevée sur une période réduite”, note Neil Saunders, directeur chez GlobalData.D’après lui, les magasins d’électroménagers, d’ameublements ou encore de décoration devraient également connaître une forte demande “car les gens doivent reconstituer toute leur maison”.Mais pas n’importe comment, prévient Colette Curtis.A Paradise, où 85 personnes sont mortes, la nouvelle réglementation locale est intransigeante: murs, toitures et fenêtres doivent être résistants au feu, rien d’inflammable à 1,50 mètre autour de l’habitation, végétation sélective. Les lignes électriques sont enterrées.”Ne perdez pas espoir. Cela paraît insurmontable maintenant mais allez de l’avant, les choses s’amélioreront”, lance-t-elle à l’adresse des victimes de Los Angeles.

Condamné à mort en Indonésie, Serge Atlaoui a quitté sa prison avant d’être rapatrié en France

Serge Atlaoui, un Français de 61 ans condamné à mort en Indonésie en 2007 pour trafic de drogue, a quitté sa prison de Jakarta mardi avant de s’envoler dans la soirée pour Paris après un accord conclu fin janvier, et espère recouvrer la liberté après 19 ans de prison.Un fourgon noir dans lequel M. Atlaoui …

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Condamné à mort en Indonésie, Serge Atlaoui a quitté sa prison avant d’être rapatrié en France

Serge Atlaoui, un Français de 61 ans condamné à mort en Indonésie en 2007 pour trafic de drogue, a quitté sa prison de Jakarta mardi avant de s’envoler dans la soirée pour Paris après un accord conclu fin janvier, et espère recouvrer la liberté après 19 ans de prison.Un fourgon noir dans lequel M. Atlaoui avait pris place, selon des responsables pénitentiaires, a quitté la prison de Salemba peu après 15H00 locales (08H00 GMT), a constaté un journaliste de l’AFP.Le Français va être conduit à l’aéroport de Jakarta d’où il décollera dans la soirée pour Paris sur un vol commercial, escorté par trois policiers français. Il doit atterrir à Paris mercredi matin.Une dernière obligation l’attend avant d’embarquer: une conférence de presse prévue à 17H30 locales (14H30 GMT), à laquelle doivent également participer un responsable ministériel indonésien et l’ambassadeur de France, Fabien Penone.Depuis le 11 novembre 2005, jour de son interpellation près de Jakarta, le Français rêve de cette journée, “sans avoir jamais perdu l’espoir”, selon une source proche. A son arrivée en France, “il sera ensuite conduit à Bobigny (région parisienne, ndlr) et présenté au parquet puis probablement placé en détention dans l’attente de la décision sur son adaptation”, a indiqué à l’AFP son avocat Richard Sédillot. L’avocat français interviendra ensuite, “dans un délai de quelques semaines ou quelques mois” devant le tribunal compétent “pour demander qu’une adaptation de sa peine permette sa mise en liberté”.”Serge est heureux et serein”, a confié Me Sédillot, “mais il va avoir besoin d’un petit peu de temps pour se réorganiser”.Demandé officiellement le 4 novembre par la France dans une lettre du ministre de la Justice, son retour a été rendu possible par la signature d’un accord le 24 janvier entre les ministres français Gérald Darmanin et indonésien Yusril Ihza Mahendra.Dans cet accord, Jakarta explique avoir décidé de “ne pas exécuter” le prisonnier et d’autoriser son retour pour “raisons humanitaires” car “il est malade”. M. Atlaoui a en effet suivi chaque semaine un traitement, ces derniers temps, dans un hôpital proche de sa prison.Jakarta laisse également la liberté au gouvernement français d’accorder “sa clémence, une amnistie ou une réduction de peine” au seul Français actuellement condamné à mort dans l’archipel.- Peine de mort en appel -M. Atlaoui avait été arrêté en 2005 dans une usine où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts, en banlieue de Jakarta, et les autorités l’avaient accusé d’être un “chimiste”.Venu de Metz, dans le nord-est de la France, cet artisan soudeur, père de quatre enfants, s’est toujours défendu d’être un trafiquant de drogue, affirmant qu’il n’avait fait qu’installer des machines industrielles dans ce qu’il croyait être une usine d’acrylique. Initialement condamné à la prison à vie, il avait vu la Cour suprême alourdir la sentence et le condamner à la peine capitale en appel.Il devait être exécuté aux côtés de huit autres condamnés en 2015, mais a obtenu un sursis après que Paris a intensifié la pression, les autorités indonésiennes ayant accepté de laisser un appel en suspens suivre son cours.L’affaire avait fait grand bruit en Indonésie, où la législation antidrogue est l’une des plus sévères du monde. Mais aussi en France où de nombreuses personnalités, dont la chanteuse franco-indonésienne Anggun, s’étaient mobilisées pour le soutenir. L’Indonésie qui n’a plus procédé à d’exécution depuis 2016, compte actuellement au moins 530 condamnés dans le couloir de la mort, selon l’association de défense des droits Kontras, citant des données officielles.Parmi eux, plus de 90 étrangers, dont au moins une femme, selon le ministère de l’Immigration et des services correctionnels.Une Philippine de 39 ans, Mary Jane Veloso, arrêtée en 2010 et également condamnée à la peine capitale pour trafic de drogue, a été transférée aux Philippines à la mi-décembre, après un accord entre les deux pays.Selon l’ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM), outre M. Atlaoui, au moins quatre Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde: deux hommes au Maroc, un en Chine ainsi qu’une femme en Algérie.

Condamné à mort en Indonésie, Serge Atlaoui a quitté sa prison avant d’être rapatrié en France

Serge Atlaoui, un Français de 61 ans condamné à mort en Indonésie en 2007 pour trafic de drogue, a quitté sa prison de Jakarta mardi avant de s’envoler dans la soirée pour Paris après un accord conclu fin janvier, et espère recouvrer la liberté après 19 ans de prison.Un fourgon noir dans lequel M. Atlaoui avait pris place, selon des responsables pénitentiaires, a quitté la prison de Salemba peu après 15H00 locales (08H00 GMT), a constaté un journaliste de l’AFP.Le Français va être conduit à l’aéroport de Jakarta d’où il décollera dans la soirée pour Paris sur un vol commercial, escorté par trois policiers français. Il doit atterrir à Paris mercredi matin.Une dernière obligation l’attend avant d’embarquer: une conférence de presse prévue à 17H30 locales (14H30 GMT), à laquelle doivent également participer un responsable ministériel indonésien et l’ambassadeur de France, Fabien Penone.Depuis le 11 novembre 2005, jour de son interpellation près de Jakarta, le Français rêve de cette journée, “sans avoir jamais perdu l’espoir”, selon une source proche. A son arrivée en France, “il sera ensuite conduit à Bobigny (région parisienne, ndlr) et présenté au parquet puis probablement placé en détention dans l’attente de la décision sur son adaptation”, a indiqué à l’AFP son avocat Richard Sédillot. L’avocat français interviendra ensuite, “dans un délai de quelques semaines ou quelques mois” devant le tribunal compétent “pour demander qu’une adaptation de sa peine permette sa mise en liberté”.”Serge est heureux et serein”, a confié Me Sédillot, “mais il va avoir besoin d’un petit peu de temps pour se réorganiser”.Demandé officiellement le 4 novembre par la France dans une lettre du ministre de la Justice, son retour a été rendu possible par la signature d’un accord le 24 janvier entre les ministres français Gérald Darmanin et indonésien Yusril Ihza Mahendra.Dans cet accord, Jakarta explique avoir décidé de “ne pas exécuter” le prisonnier et d’autoriser son retour pour “raisons humanitaires” car “il est malade”. M. Atlaoui a en effet suivi chaque semaine un traitement, ces derniers temps, dans un hôpital proche de sa prison.Jakarta laisse également la liberté au gouvernement français d’accorder “sa clémence, une amnistie ou une réduction de peine” au seul Français actuellement condamné à mort dans l’archipel.- Peine de mort en appel -M. Atlaoui avait été arrêté en 2005 dans une usine où des dizaines de kilos de drogue avaient été découverts, en banlieue de Jakarta, et les autorités l’avaient accusé d’être un “chimiste”.Venu de Metz, dans le nord-est de la France, cet artisan soudeur, père de quatre enfants, s’est toujours défendu d’être un trafiquant de drogue, affirmant qu’il n’avait fait qu’installer des machines industrielles dans ce qu’il croyait être une usine d’acrylique. Initialement condamné à la prison à vie, il avait vu la Cour suprême alourdir la sentence et le condamner à la peine capitale en appel.Il devait être exécuté aux côtés de huit autres condamnés en 2015, mais a obtenu un sursis après que Paris a intensifié la pression, les autorités indonésiennes ayant accepté de laisser un appel en suspens suivre son cours.L’affaire avait fait grand bruit en Indonésie, où la législation antidrogue est l’une des plus sévères du monde. Mais aussi en France où de nombreuses personnalités, dont la chanteuse franco-indonésienne Anggun, s’étaient mobilisées pour le soutenir. L’Indonésie qui n’a plus procédé à d’exécution depuis 2016, compte actuellement au moins 530 condamnés dans le couloir de la mort, selon l’association de défense des droits Kontras, citant des données officielles.Parmi eux, plus de 90 étrangers, dont au moins une femme, selon le ministère de l’Immigration et des services correctionnels.Une Philippine de 39 ans, Mary Jane Veloso, arrêtée en 2010 et également condamnée à la peine capitale pour trafic de drogue, a été transférée aux Philippines à la mi-décembre, après un accord entre les deux pays.Selon l’ONG française Ensemble contre la peine de mort (ECPM), outre M. Atlaoui, au moins quatre Français sont actuellement condamnés à mort dans le monde: deux hommes au Maroc, un en Chine ainsi qu’une femme en Algérie.

Guerre commerciale: la Chine réplique après l’entrée en vigueur des taxes américaines

Pékin va taxer les importations d’hydrocarbures, de charbon et de certains véhicules en provenance des Etats-Unis, en réplique à l’entrée en vigueur mardi de droits de douane américains renforcés ciblant les produits chinois, une escalade dans le bras de fer commercial engagé par Donald Trump.La Chine imposera à partir du 10 février des droits de …

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Guerre commerciale: la Chine réplique après l’entrée en vigueur des taxes américaines

Pékin va taxer les importations d’hydrocarbures, de charbon et de certains véhicules en provenance des Etats-Unis, en réplique à l’entrée en vigueur mardi de droits de douane américains renforcés ciblant les produits chinois, une escalade dans le bras de fer commercial engagé par Donald Trump.La Chine imposera à partir du 10 février des droits de douane de 15% sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains, a annoncé le ministère chinois des Finances.Des taxes douanières de 10% seront par ailleurs appliquées aux importations de pétrole américain et à d’autres catégories de biens venant des Etats-Unis: machines agricoles, véhicules de sport de grosse cylindrée et camionnettes.Ces mesures ont été annoncées quelques minutes après l’entrée en vigueur d’une augmentation de 10% des droits de douane américains sur l’ensemble des produits importés de Chine.Ces taxes promulguées par Donald Trump “ne font rien pour résoudre les problèmes propres (aux Etats-Unis) et perturbent la coopération économique et commerciale” entre les deux pays, a justifié le ministère chinois des Finances.Pékin a également annoncé mardi avoir déposé plainte contre Washington auprès de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), dénonçant les intentions “malveillantes” de Washington.Parallèlement, Pékin a annoncé mardi ouvrir une enquête contre le géant technologique américain Google, qu’elle dit soupçonner d’avoir enfreint sa réglementation anti-monopole.Le groupe de prêt-à-porter américain PVH Corp., qui possède Tommy Hilfiger et Calvin Klein, et le géant de la biotechnologie Illumina ont également été ajoutés à une liste d'”entités peu fiables”.La Chine a également annoncé une nouvelle salve de restrictions sur les exportations de plusieurs métaux et métalloïdes utilisés dans l’industrie et la haute technologie – dont le tungstène, tellure, bismuth et molybdène.”La riposte chinoise n’est pas agressive, car la Chine ne cible que certains produits alors que les droits de douane américains visent l’ensemble des exportations chinoises”, tempère Zhiwei Zhang, économiste pour Pinpoint Asset Management.”Il ne s’agit probablement que du début d’un long processus de négociation entre les deux pays”, ajoute l’expert.La riposte chinoise intervient en effet à l’approche d’une possible discussion imminente entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, annoncée lundi “probablement” dans “les 24 heures” par la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- Accords avec le Mexique et le Canada- Le président américain a officialisé samedi une hausse drastique des droits de douane sur les produits provenant du Canada et du Mexique, ainsi que des droits supplémentaires ciblant les produits chinois.Donald Trump affirme vouloir forcer ces trois pays à agir pour diminuer le trafic de fentanyl, un opioïde responsable d’une grave crise sanitaire aux Etats-Unis, et résoudre une balance commerciale américaine lourdement déficitaire avec ces pays.Pékin nie toute passivité sur le dossier du fentanyl, et affirme ne pas “chercher” sciemment un excédent commercial.Washington a finalement suspendu pour un mois son projet d’imposition de droits de douane au Canada et au Mexique après que les deux pays se sont entendus avec Donald Trump pour renforcer leurs contrôles aux frontières.Le Mexique s’est notamment engagé à envoyer 10.000 soldats supplémentaires à la frontière avec les Etats-Unis afin de lutter contre la migration illégale.Le Canada a lui promis de nommer un responsable entièrement dédié à la lutte contre le trafic de fentanyl, de lancer une force d’intervention conjointe avec les Etats-Unis contre le crime organisé et d’inscrire les cartels mexicains sur sa liste des organisations terroristes.Les marchés asiatiques ont en réaction fortement rebondi mardi en début d’échanges asiatiques, avant de limiter leurs gains après l’annonce de représailles chinoises.- “Calmer les esprits” -Donald Trump, qui a déclaré à de nombreuses reprises que “tariff” (droit de douane) était l’un des plus beaux mots du dictionnaire, y a recours comme une arme de négociation pour obtenir des concessions politiques.La tension était particulièrement vive au Canada, que M. Trump aimerait voir devenir le 51e Etat américain. M. Trudeau avait encouragé les Canadiens à acheter des produits locaux et à passer leurs vacances sur le sol national, et des listes de produits américains à boycotter circulent largement.Le compromis annoncé a convaincu la province de l’Ontario, poumon économique du Canada, à renoncer lundi soir à bannir les entreprises américaines des contrats publics.Le Mexique, le Canada et la Chine sont les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis et représentent au total plus de 40% des importations du pays.Lundi, le conseiller économique de la Maison Blanche Kevin Hassett a indiqué sur CNBC que la question n’est pas celle d’une guerre commerciale mais d’une “guerre contre la drogue”.La production de précurseurs chimiques du fentanyl en Chine, ensuite utilisés par les cartels mexicains pour fabriquer cet opioïde de synthèse meurtrier, est un phénomène bien documenté.En revanche, le rôle du Canada dans ce trafic est extrêmement limité. Selon les chiffres officiels des services frontaliers américains, moins de 1% du fentanyl saisi aux Etats-Unis l’année dernière est arrivé du Canada.burs-oho/je/fox/jug/aas/spi