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En Syrie, peur de la minorité alaouite victime d’attaques

Au pied des oliviers du jardin, les trois tombes sont recouvertes de branches séchées: la Syrienne Nisrine Ezzedine pleure son mari, un fils et un neveu, tués le mois dernier par des jihadistes, au coeur de la montagne alaouite.Si les nouvelles autorités, pilotées par d’ex-rebelles islamistes sunnites, cherchent à rassurer les minorités, la communauté alaouite dont est issu le clan des Assad est depuis deux mois la cible d’attaques et a peur.Cherchant à éviter l’embrasement, le nouveau pouvoir qui a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre dénonce des actes “criminels” et “illégaux” –promettant de poursuivre les responsables.Mais Nisrine Ezzedine attend toujours justice.Début janvier, son mari Ammar, son fils Moussa et un neveu, Mohamed, se rendent dans l’oliveraie familiale près d’Aïn al-Sharkia, pittoresque village de l’ouest de la Syrie. Face à leur terrain des jihadistes tiennent une position.Ces combattants “radicaux, des étrangers masqués, les criblent de balles”, raconte en larmes Mme Ezzedine, 48 ans, silhouette frêle enserrée dans un manteau noir.Ammar était fonctionnaire, Moussa et Mohamed avaient 17 ans. “Ils passaient le bac cette année”, lâche Mme Ezzedine d’une voix inaudible.Si la famille compte aussi des militaires, les victimes étaient des civils, assure-t-on dans le petit salon où ses membres s’entassent.Si on insiste sur ce point, c’est parce que le clan Assad a puisé pendant un demi-siècle dans sa communauté –9% de la population soit 1,7 million de personnes– pour recruter pour l’armée et la fonction publique.”On nous a promis que les assaillants seraient poursuivis mais jusqu’à maintenant on n’a rien vu”, regrette Ali Ismaïl, un parent.- Stigmatisation -Ingénieur électricien installé depuis dix ans à Alep, métropole du Nord, il s’est rapidement replié sur sa région après le 8 décembre.Comme nombre de ses coreligionnaires, il craignait des représailles après la chute du régime auquel ils étaient associés –souvent bien malgré eux.”Partout, la communauté est attaquée, il y a des accusations: +Tu es alaouite, donc tu es avec l’ancien régime, tu as commis des crimes et combattu avec Bachar+”.Face aux exactions, difficile de ne pas penser que le nouveau pouvoir est dépassé par ses franges les plus radicales. La coalition partie à l’offensive contre Assad englobait aussi des jihadistes –considérant comme hérétiques les alaouites, branche de l’islam chiite.Mais dans l’ouest de la Syrie, les autorités disent aussi lutter contre des “loyalistes à l’ancien régime” et annoncent régulièrement des arrestations. Les deux plus hauts gradés de l’ancien pouvoir ont notamment été interpellés près de Tartous et Lattaquié.A Jablé, sur la Méditerranée, des agents des forces de sécurité tenaient fin janvier un barrage à l’entrée de la ville majoritairement alaouite quand deux hommes ont tiré sur eux et jeté deux grenades dans un dortoir des policiers. Bilan: deux morts et trois blessés.Les assaillants “étaient dans les rangs du régime ou faisaient partie de ses milices”, affirme Ahmed Abdel Rahmane, chef de la sécurité locale. “Ils savent que s’ils sont arrêtés ils seront jugés pour leurs crimes. Ils veulent semer le chaos”.- “Vivre-ensemble”? -Depuis le 8 décembre, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a recensé plus de 240 exécutions et “actes de vengeance” visant en majorité des alaouites, notamment d’anciens membres de l’appareil sécuritaire, essentiellement dans les provinces centrales de Homs et Hama.Dans une localité de Hama, quelques dizaines d’hommes sirotent leur café aux funérailles des morts d’Al-Anz.Ali al-Chahhoud est un survivant. Dans ce hameau, des hommes armés, “des Syriens parlant le dialecte local” ont fait le tour des maisons alaouites, le raflant avec une quinzaine de personnes.”Ils nous ont tiré dessus (…) devant les femmes et les enfants”, se souvient le quadragénaire. Bilan de l’opération: cinq morts et cinq blessés.M. Chahhoud a perdu son fils adolescent de 15 ans, son père de 75 ans, son oncle de 80 ans. Lui-même a été blessé. Ses voisins, sunnites, l’ont transporté à l’hôpital.Les assaillants ont emporté des téléphones portables et des bêtes “pour dissimuler l’aspect confessionnel” de l’attaque, estime Rajab al-Mohamed.Il nie tout lien avec l’armée du régime. “Nous n’avons pas d’armes”.”Homs et Hama sont des provinces multi-confessionnelles. Tous ces problèmes sont provoqués pour en finir avec le vivre-ensemble”, déplore Ali al-Mohamed, ancien responsable municipal.Il est déplacé, comme les habitants de sa localité alaouite d’Al-Zoghba, et ceux d’une dizaine de villages voisins dans l’est de Hama. Dans le chaos généré par l’offensive contre Bachar al-Assad, les villageois ont fui –et avec le contexte actuel, ils ne peuvent pas rentrer.

En Syrie, peur de la minorité alaouite victime d’attaques

Au pied des oliviers du jardin, les trois tombes sont recouvertes de branches séchées: la Syrienne Nisrine Ezzedine pleure son mari, un fils et un neveu, tués le mois dernier par des jihadistes, au coeur de la montagne alaouite.Si les nouvelles autorités, pilotées par d’ex-rebelles islamistes sunnites, cherchent à rassurer les minorités, la communauté alaouite …

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Le Hamas dénonce les propos “racistes” de Trump sur Gaza

Le Hamas a dénoncé mercredi les propos “racistes” de Donald Trump, qui a dit vouloir prendre “le contrôle” de Gaza et déplacer les habitants du territoire palestinien, au moment où doivent reprendre les délicates négociations sur la poursuite de la trêve avec Israël.Le président américain a fait cette annonce mardi après avoir reçu à la …

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Le Hamas dénonce les propos “racistes” de Trump sur Gaza

Le Hamas a dénoncé mercredi les propos “racistes” de Donald Trump, qui a dit vouloir prendre “le contrôle” de Gaza et déplacer les habitants du territoire palestinien, au moment où doivent reprendre les délicates négociations sur la poursuite de la trêve avec Israël.Le président américain a fait cette annonce mardi après avoir reçu à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon qui cette proposition pourrait “changer l’Histoire”.Le Hamas, comme plusieurs dirigeants palestiniens, a condamné ces propos.”La position raciste américaine s’aligne avec celle de l’extrême droite israélienne dans le déplacement de notre peuple et l’élimination de notre cause”, a déclaré Abdel Latif al-Qanou, un porte-parole du mouvement islamiste palestinien.Donald Trump a répété que les habitants de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l’opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes.”Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza”, a-t-il dit au côté de M. Netanyahu, parlant du territoire palestinien comme d’un “chantier de démolition”.”Nous en prendrons possession et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n’ont pas explosé et de toutes les armes”, a-t-il ajouté, en soulignant que les Etats-Unis allaient “aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits”, afin de développer économiquement le territoire.Il a parlé d’un projet “à long terme” et dit avoir parlé à d’autres pays dans la région qui ont “adoré” l’idée, répétant son voeu de faire de Gaza la “Côte d’Azur du Moyen-Orient”.- “Recette pour créer le chaos” -M. Netanyahu a salué en Donald Trump “le meilleur ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche”, et affirmé qu’un accord de normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël allait “se faire”.Ryad a démenti, affirmant tôt mercredi que “l’Arabie saoudite poursuivra sans répit ses efforts pour l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale et n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela”.Le président américain a suscité récemment l’indignation internationale en proposant de faire “tout simplement le ménage” dans la bande de Gaza et de transférer ses habitants dans des lieux “plus sûrs” comme l’Egypte ou la Jordanie.Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie Abdallah II et s’est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.Un dirigeant du Hamas, Sami Abou Zouhri, a estimé que les déclarations de Donald Trump étaient une “recette pour créer le chaos” au Proche-Orient.L’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a lui appelé les dirigeants du monde à “respecter les souhaits du peuple palestinien” de vivre à Gaza tandis que l’OLP a rejeté “tous les plans visant à déplacer les Palestiniens hors de leur patrie”.- “Enraciné dans sa terre” -La rencontre à la Maison Blanche a coïncidé avec l’annonce d’une reprise des négociations sur la poursuite du cessez-le-feu à Gaza, dont une première phase de six semaines a débuté le 19 janvier.Le Hamas a annoncé mardi que ces négociations avaient “commencé”.Israël avait indiqué plus tôt qu’il enverrait “en fin de semaine” une délégation au Qatar, l’un des trois pays médiateurs avec les Etats-Unis et l’Egypte, pour discuter de la poursuite de la trêve.Dans la bande de Gaza, de nombreux Palestiniens déplacés par la guerre ont profité de la trêve pour retrouver leur terre, déterminés à reconstruire. Plus d’un demi-million d’entre eux ont déjà regagné le nord du territoire.”Trump et Netanyahu doivent comprendre la réalité du peuple palestinien. C’est un peuple profondément enraciné dans sa terre, nous ne la quitterons pas”, a affirmé Hatem Azzam, un habitant de Rafah, dans le sud de Gaza. La première phase de la trêve a permis jusqu’à présent la libération de 18 otages retenus à Gaza et d’environ 600 Palestiniens détenus par Israël, ainsi qu’un afflux de l’aide humanitaire dans le territoire assiégé.La deuxième phase doit permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La dernière étape est censée porter sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages décédés.Au total, 251 personnes avaient été enlevées lors de l’attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.L’offensive israélienne menée en représailles dans la bande de Gaza a fait au moins 47.487 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Le Hamas dénonce les propos “racistes” de Trump sur Gaza

Le Hamas a dénoncé mercredi les propos “racistes” de Donald Trump, qui a dit vouloir prendre “le contrôle” de Gaza et déplacer les habitants du territoire palestinien, au moment où doivent reprendre les délicates négociations sur la poursuite de la trêve avec Israël.Le président américain a fait cette annonce mardi après avoir reçu à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon qui cette proposition pourrait “changer l’Histoire”.Le Hamas, comme plusieurs dirigeants palestiniens, a condamné ces propos.”La position raciste américaine s’aligne avec celle de l’extrême droite israélienne dans le déplacement de notre peuple et l’élimination de notre cause”, a déclaré Abdel Latif al-Qanou, un porte-parole du mouvement islamiste palestinien.Donald Trump a répété que les habitants de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l’opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes.”Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza”, a-t-il dit au côté de M. Netanyahu, parlant du territoire palestinien comme d’un “chantier de démolition”.”Nous en prendrons possession et serons responsables du démantèlement de toutes les bombes dangereuses qui n’ont pas explosé et de toutes les armes”, a-t-il ajouté, en soulignant que les Etats-Unis allaient “aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits”, afin de développer économiquement le territoire.Il a parlé d’un projet “à long terme” et dit avoir parlé à d’autres pays dans la région qui ont “adoré” l’idée, répétant son voeu de faire de Gaza la “Côte d’Azur du Moyen-Orient”.- “Recette pour créer le chaos” -M. Netanyahu a salué en Donald Trump “le meilleur ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche”, et affirmé qu’un accord de normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël allait “se faire”.Ryad a démenti, affirmant tôt mercredi que “l’Arabie saoudite poursuivra sans répit ses efforts pour l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale et n’établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela”.Le président américain a suscité récemment l’indignation internationale en proposant de faire “tout simplement le ménage” dans la bande de Gaza et de transférer ses habitants dans des lieux “plus sûrs” comme l’Egypte ou la Jordanie.Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie Abdallah II et s’est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.Un dirigeant du Hamas, Sami Abou Zouhri, a estimé que les déclarations de Donald Trump étaient une “recette pour créer le chaos” au Proche-Orient.L’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a lui appelé les dirigeants du monde à “respecter les souhaits du peuple palestinien” de vivre à Gaza tandis que l’OLP a rejeté “tous les plans visant à déplacer les Palestiniens hors de leur patrie”.- “Enraciné dans sa terre” -La rencontre à la Maison Blanche a coïncidé avec l’annonce d’une reprise des négociations sur la poursuite du cessez-le-feu à Gaza, dont une première phase de six semaines a débuté le 19 janvier.Le Hamas a annoncé mardi que ces négociations avaient “commencé”.Israël avait indiqué plus tôt qu’il enverrait “en fin de semaine” une délégation au Qatar, l’un des trois pays médiateurs avec les Etats-Unis et l’Egypte, pour discuter de la poursuite de la trêve.Dans la bande de Gaza, de nombreux Palestiniens déplacés par la guerre ont profité de la trêve pour retrouver leur terre, déterminés à reconstruire. Plus d’un demi-million d’entre eux ont déjà regagné le nord du territoire.”Trump et Netanyahu doivent comprendre la réalité du peuple palestinien. C’est un peuple profondément enraciné dans sa terre, nous ne la quitterons pas”, a affirmé Hatem Azzam, un habitant de Rafah, dans le sud de Gaza. La première phase de la trêve a permis jusqu’à présent la libération de 18 otages retenus à Gaza et d’environ 600 Palestiniens détenus par Israël, ainsi qu’un afflux de l’aide humanitaire dans le territoire assiégé.La deuxième phase doit permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La dernière étape est censée porter sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages décédés.Au total, 251 personnes avaient été enlevées lors de l’attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.L’offensive israélienne menée en représailles dans la bande de Gaza a fait au moins 47.487 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Bayrou affronte deux motions de censure, vouées à l’échec

Après son recours à l’article 49.3 sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale, François Bayrou affronte mercredi deux nouvelles motions de censure, destinées à échouer faute des voix des socialistes et du Rassemblement national.A partir de 15H30, l’Assemblée nationale examinera une première motion de La France insoumise, contre le 49.3 de François Bayrou pour faire adopter sans vote le projet de budget de l’État pour 2025.L’objectif affiché par l’exécutif est de ramener, avec ce texte, le déficit public à 5,4% du PIB. Avec pour cela de nouvelles recettes grâce notamment à des contributions exceptionnelles sur les ménages les plus aisés et les bénéfices des grandes entreprises, mais aussi des coupes dans les dépenses de plusieurs ministères.Face au Premier ministre, qui défendra la nécessité pour la France d’envoyer “un signal de responsabilité”, Aurélie Trouvé (LFI) dénoncera un budget “catastrophe pour l’économie”, appelant à censurer.L’essentiel des écologistes et communistes devraient abonder, mais la censure sera impossible en l’absence des voix du PS, qui négocie depuis des semaines avec le gouvernement pour revoir les budgets.S’il considère que la copie n’est pas bonne, le groupe socialiste a acté qu’il ne censurerait pas au nom de “l’intérêt général” d’avoir un budget. Quelques députés pourraient toutefois braver la consigne, anticipent des sources internes au groupe.- “divergence stratégique” -Le président du groupe socialiste à l’Assemblée Boris Vallaud a assumé “une divergence stratégique” avec LFI. “Pour eux, c’est tout ou rien. Et finalement, ils préfèrent que ce soit rien pour les Français”, a-t-il argumenté sur franceinfo, mettant en avant les concessions obtenues sur la non-suppression des 4.000 postes dans l’Education nationale ou le milliard supplémentaire pour l’hôpital.Mais pour le président Insoumis de la commission des Finances Eric Coquerel, en décidant de ne pas censurer, les socialistes “sont en soutien” au gouvernement. Une position que ne partagent pas les cadres écologistes.De leur côté, s’ils fustigent le texte, le Rassemblement national et ses alliés ciottistes ne devraient également pas s’associer à une motion aux “conséquences plus lourdes pour l’économie” que celle qui a entraîné la chute du gouvernement de Michel Barnier, selon Jordan Bardella.Le vice-président du RN Sébastien Chenu a aussi justifié sur BFMTV/RMC le choix de son parti par le fait “qu’il n’y a plus d’enjeux” après la décision du PS.Le rejet attendu de la motion de censure vaudra adoption à l’Assemblée nationale du budget, avant un dernier vote sans suspense au Sénat le lendemain.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a promis sur France inter de suivre rigoureusement “l’exécution budgétaire” au fil de l’année 2025 pour que “nous soyons en capacité de tenir cette cible de 5,4%” et tirer “les leçons de ce qui s’est passé l’année dernière” lorsque l’exécutif avait laissé déraper le déficit.- Tunnel de motions -Mercredi, en fin d’après-midi, les députés examineront une deuxième motion de censure, contre le 49.3 déclenché cette fois sur le budget de la Sécurité sociale. Mais là encore les voix socialistes et du RN, devraient manquer pour atteindre les 289 suffrages nécessaires.Et dans cette journée chargée, François Bayrou devrait ensuite déclencher un autre 49.3, puis encore un autre en fin de semaine ou en début de semaine prochaine, toujours sur le budget de la Sécurité sociale, qui avait coûté son poste à Michel Barnier. Avec donc au total, quatre censures à esquiver, voire cinq.Car après celles de LFI sur les budgets, les socialistes entendent en déposer une sur “les valeurs républicaines” et contre la “trumpisation du débat public”, en réaction notamment aux propos de François Bayrou sur le “sentiment de submersion” migratoire. Une nouvelle motion qui questionne un député MoDem, qui se demande ce qu’en fera le Rassemblement national: “il faut toujours être prudent”. Une “balle à blanc” pour LFI, qui n’imagine pas le RN la voter quand celui-ci exige du gouvernement de nouvelles mesures sur l’immigration. Ce qu’a laissé entendre Sébastien Chenu: il ne voit pas l’intérêt de faire tomber le gouvernement “jusqu’à ce qu’il y ait la possibilité de déclencher de nouvelles élections”, c’est-à-dire jusqu’à une éventuelle dissolution de l’Assemblée impossible avant l’été prochain.En revanche, “dès qu’on peut retourner devant les électeurs, il faut retourner devant les électeurs”, a-t-il insisté.Cela pourrait donc laisser quelques mois à François Bayrou qui souhaite s’attaquer à “la réforme de l’État dès le lendemain de l’adoption” de “l’Himalaya” du budget. Reconnaissant qu’avant cela il y a encore “des crevasses” à franchir.sac-parl-far-brk/sde/pta

En Afrique du Sud, la coalition du lion et de l’agneau tangue mais ne rompt pas

Sept mois après sa formation, le gouvernement d’union nationale sud-africain continue de tanguer au rythme de ses désaccords bruyants mais ne rompt pas, avec à la manoeuvre le président Cyril Ramaphosa, qui doit prononcer jeudi son discours sur l’Etat de la nation.Fin janvier, c’est à la sortie de l’avion qui le ramenait du Forum économique mondial de Davos que John Steenhuisen, patron de l’Alliance démocratique (DA), a appris via les réseaux sociaux que le chef de l’Etat avait promulgué une loi d’expropriation dont la DA demandait l’amendement.La DA est le principal associé de l’ANC de M. Ramaphosa au sein du gouvernement de coalition issu des élections de mai dernier, singulier attelage ou elle est à la fois la partenaire et l’opposante du parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, dans les années 1990.”Si nos idées ne sont pas écoutées et prises en compte, il n’y a vraiment aucun intérêt” à ce que la DA reste dans la coalition, a averti M. Steenhuisen, dépité.”Ils pensent qu’on est à couteaux tirés mais non”, badine quatre jours plus tard devant la presse le président Ramaphosa. “Si vous voulez tout savoir, John Steenhuisen et moi, on va déjeuner, là. Vous nous mettez en retard”.La loi d’expropriation, dénoncée par le président américain Donald Trump qui a menacé Pretoria de représailles, n’est qu’un énième sujet de discorde entre les deux partis, après les langues d’enseignement à l’école ou les mots tendres de Cyril Ramaphosa envers la Russie.Ces passes d’armes à fleurets mouchetés, qui nourrissent la fébrilité et pèsent sur le cours du rand, devraient se poursuivre à propos de l’assurance nationale de santé (NHI).- Pas faiseuse de rois -Ce projet de couverture santé universelle, dans un pays parmi les plus inégalitaires au monde, apparaît comme un nouveau gage donné par le madré Cyril Ramaphosa à la faction la plus radicale de l’ANC.”Cela fait partie de son arsenal pour montrer à ses électeurs et à une faction importante de l’ANC qu’il ne mange pas dans la main de la DA”, explique à l’AFP la politologue Susan Booysen.Si l’ANC a conservé son leadership aux élections de mai dernier (40% des voix) devant la DA (22%), elle y a perdu pour la première fois sa majorité absolue au parlement, et a rassemblé pour pouvoir continuer à gouverner une coalition avec son dauphin et huit autres partis plutôt confidentiels.Une alliance a priori contre nature entre l’ANC, parti historique de la lutte anti apartheid et la DA (libéral de centre-droit), où la seconde a un problème de taille: elle n’est pas faiseuse de rois.La DA a par ailleurs tellement clamé craindre la “coalition de l’apocalypse” que l’ANC pourrait nouer avec la gauche radicale de l’EFF et le populiste MK Party, fondé par l’ex-président Jacob Zuma, qu’il dispose de peu de leviers.”Ils auraient pu être beaucoup plus forts s’ils avaient mieux négocié”, estime encore Susan Booysen, qui s’interroge: “Ont-ils été naïfs, ou s’agit-il d’une décision consciente et calculée de se dire +allons-y et on verra les lacunes de cette coalition plus tard+ ?”Résultat, la DA multiplie les avertissements sur son avenir au sein de la coalition, sans se risquer à claquer la porte, comme un agneau un peu tendre pris au piège par l’ANC, lion vieillissant mais encore roi du marigot politique sud-africain.- “Coalition schizophrène” -“La sortie du GNU ne sera pas une décision prise à la légère, de façon hasardeuse”, a reconnu John Steenhuisen la semaine passée en pleine turbulences.Pour le politologue Sandile Swana, “la DA ne quittera pas le gouvernement d’union nationale (GNU) car elle est le parti politique des grandes entreprises”, qui ont “demandé la création du GNU”, notamment via les principales organisations patronales BBC, Busa et BLSA.La coalition pourrait ainsi survivre au-delà des élections locales prévues fin 2026 ou début 2027, même si ses partis se déchirent autour de ces scrutins, assure Susan Booysen.Preuve de cette “coalition schizophrène”, selon l’expression de Mme Booysen, le maire DA de la métropole de Tshwane, qui gère notamment la capitale Pretoria, et celui de la ville de Swellendam (sud-ouest) sont tombés ces derniers mois après des motions de censure poussées par l’ANC, sans que le GNU se fissure pour autant.Même si Cyril Ramaphosa, comme tous ses prédécesseurs, n’allait pas au bout de son mandat après l’élection interne à l’ANC de 2027, son probable successeur et actuel vice-président Paul Mashatile poursuivra dans la même voie avec la DA, estime Sandile Swana, qui voit le GNU durer “cinq ans”.

Karim Aga Khan, le prince des chevaux

Le prince Karim Al-Hussaini, dit Karim Aga Khan IV, chef spirituel des ismaéliens nizârites décédé mardi à 88 ans, devait sa célébrité, outre à sa fortune, à la passion qu’il nourrissait pour les pur-sang de course qu’il élevait, perpétuant une tradition familiale. L’histoire des Aga Khan avec les chevaux remonte au XIXe siècle, quand l’Aga Khan …

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La Suède sous le choc après la pire tuerie de masse de son histoire

La Suède est sous le choc mercredi au lendemain de la pire tuerie de son histoire, qui a fait dix morts dans un centre d’enseignement pour adultes à Örebro (centre) et laisse de nombreuses questions en suspens.L’homme armé a tué dix personnes et il est mort, selon un bilan communiqué par la police d’Örebro à l’AFP mercredi matin, les médias suédois assurant qu’il a retourné son arme contre lui.”Le motif de la fusillade n’est pas encore connu, mais tout porte à croire que l’auteur a agi seul, sans motif idéologique”, a ajouté la police.La police n’a pas communiqué sur le nombre de blessés mais la région d’Örebro avait indiqué que six personnes étaient prises en charge mardi soir à l’hôpital pour des blessures par balles.L’auteur n’est pas connu de la police et n’a aucun lien avec un gang, selon la police. La Suède est secouée depuis plusieurs années par les violences entre bandes criminelles pour le contrôle du trafic de drogue.”Le cauchemar est devenu réalité”, écrit mercredi matin le quotidien Dagens Nyheter, dans un pays où les établissements scolaires, dont les portes sont le plus souvent toujours grandes ouvertes, étaient jusque-là relativement épargnés par les violences en Suède.Il s’agit de “la pire tuerie de masse” de l’histoire du pays, a déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson lors d’une conférence de presse mardi soir.”Beaucoup de questions restent sans réponse”, a-t-il ajouté.Les autorités n’ont donné aucun élément sur le profil ou les motivations du tueur et les circonstances du massacre restent floues.Selon la chaîne de télévision TV4, il était âgé de 35 ans et son domicile à Örebro a été perquisitionné en fin de journée. Il avait un permis de port d’arme et un casier judiciaire vierge, ajoute la chaîne.L’homme vivait reclus, n’avait pas d’emploi et s’était éloigné de sa famille et de ses amis, assure le tabloïd Aftonbladet en citant des proches.- “beaucoup de coups de feu” -“Je me tenais” en face du centre de formation “quand j’ai vu quelques corps allongés sur le sol. Je ne savais pas s’ils étaient morts ou blessés”, a raconté mardi soir à l’AFP Linn M., 16 ans, scolarisée dans une école à proximité du lieu de la tuerie.”Il y avait du sang partout, des gens paniquaient et pleuraient, des parents étaient inquiets (…) c’était le chaos”, a-t-elle dit, la voix tremblante. Le drame s’est déroulé en milieu de journée au centre d’enseignement Campus Risbergska, réservé aux adultes préparant l’équivalent du bac.Deux enseignants de l’établissement, Miriam Jarlevall et Patrik Soderman, ont raconté au journal Dagens Nyheter avoir entendu des coups de feu dans un couloir. “Des étudiants sont venus nous dire que quelqu’un tirait. Puis nous avons entendu d’autres coups de feu dans le couloir. Nous ne sommes pas sortis, nous nous sommes cachés dans nos bureaux”.”Il y a eu beaucoup de coups de feu au début, puis le calme s’est installé pendant une demi-heure, avant que cela ne recommence. Nous étions couchés sous nos bureaux, recroquevillés”, ont-ils témoigné.Les élèves du centre d’enseignement et des écoles voisines sont restés confinés pendant plusieurs heures avant d’être progressivement évacués.- “Jour très douloureux” -Le roi de Suède Carl XVI Gustaf a déclaré mardi soir qu’il avait appris la nouvelle de la fusillade avec “tristesse et consternation”.Plus tôt, le Premier ministre avait déploré “un jour très douloureux pour toute la Suède”. “Mes pensées vont également à tous ceux dont la journée scolaire normale a été remplacée par l’horreur. Être enfermé dans une salle de classe, craignant pour sa vie, est un cauchemar que personne ne devrait avoir à vivre”, avait-il dit sur X.Quelques incidents graves ont déjà eu lieu ces dernières années dans des écoles en Suède. En mars 2022, un élève de 18 ans a poignardé à mort deux enseignants dans un lycée de la ville de Malmö, dans le sud du pays. Deux mois plus tôt, un jeune de 16 ans a été arrêté après avoir blessé un autre élève et un enseignant avec un couteau dans une école de la petite ville de Kristianstad.En octobre 2015, trois personnes ont été tuées lors d’une attaque à caractère raciste dans une école de la ville de Trollhättan, dans l’ouest du pays, par un assaillant armé d’un sabre, qui a ensuite été tué par la police.La Suède connaît ces dernières années des fusillades et des explosions d’engins artisanaux liées aux rivalités entre gangs et qui tuent des dizaines de personnes chaque année.