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Droit du sol, identité française: Bayrou prêt à entrer dans un large débat

Après Mayotte, la France entière ? Au lendemain d’un vote pour restreindre le droit du sol dans l’archipel, François Bayrou souhaite rouvrir ce dossier explosif dans le cadre d’un débat “plus large” sur l’identité française, réclamé par la droite mais déjà dénoncé dans son propre gouvernement.”On peut entrer dans un débat (…) on ne va pas tout repousser”: interrogé sur RMC, le Premier ministre a ouvert la porte à une discussion qui comprendrait la question très sensible du droit du sol, proposée notamment par son ministre de la Justice Gérald Darmanin.Mais pour M. Bayrou, “il faut un débat public approfondi et beaucoup plus large que ça”, incluant d’autres sujets “qui fermentent depuis des années” autour des notions d’identité et de citoyenneté.”Qu’est-ce que c’est qu’être français? Qu’est-ce que ça donne comme droits? Qu’est-ce que ça impose comme devoirs? Qu’est-ce que ça procure comme avantages? Et en quoi ça vous engage à être membre d’une communauté nationale? A quoi croit-on quand on est Français?”, a ainsi développé le chef du gouvernement.Dix jours après sa phrase polémique sur le “sentiment de submersion” migratoire, ces nouveaux propos font aussi écho au vote, la veille, d’une proposition de loi portée par Les Républicains (LR) et soutenue par le gouvernement pour restreindre drastiquement le droit du sol à Mayotte.Quand “il y a des milliers et des milliers de personnes qui arrivent avec l’idée que s’ils mettent au monde des enfants là, ils seront Français, tout ça évidemment mérite d’être reconsidéré”, a justifié M. Bayrou, mettant sur le même plan la situation en Guyane.- LR jubile, Borne se rebiffe -L’ouverture d’un tel débat ne peut que ravir la droite, qui entend pousser son avantage sur la thématique de l’immigration. Mayotte est “la première étape”, a déjà prévenu le chef des députés LR, Laurent Wauquiez, dont l’objectif affiché est “d’étendre ces restrictions sur le reste du territoire français”.”Dans la situation migratoire que nous vivons, le droit du sol n’est pas tenable”, a insisté vendredi l’eurodéputé et vice-président des Républicains François-Xavier Bellamy, s’appuyant sur les chiffres officiels publiés cette semaine: plus de 336.700 titres de séjours délivrés en 2024, en hausse de 1,8% par rapport à 2023.Point de vue partagé par Bruno Retailleau, lui aussi membre de LR et “parfaitement d’accord” avec la réflexion du Premier ministre. En déplacement à Lognes (Seine-et-Marne), le ministre de l’Intérieur a insisté sur la nécessité – dans le cas d’une naturalisation – “d’assimiler des valeurs” comme la “liberté de conscience” ou “l’égalité entre les hommes et les femmes”.Actuellement, le droit du sol permet d’attribuer la nationalité française dès l’âge de 13 ans à un enfant né en France de parents étrangers, à condition d’avoir résidé dans le pays depuis au moins cinq ans.La remise en cause de ce principe divise au sein du gouvernement, dont la numéro deux Elisabeth Borne a clairement fait savoir vendredi sur RTL qu’elle n’était “pas favorable” au débat proposé par Gérald Darmanin.Le ministre de la Justice a enfoncé le clou dans le Parisien: “Etre français, ça ne peut pas être le hasard de la naissance”, a-t-il lancé.- LFI remet la pression -Le débat souhaité par le Premier ministre relance aussi la querelle à gauche, où les Insoumis reprochent d’autant plus aux socialistes leur choix de ne pas censurer le gouvernement Bayrou pour laisser passer le budget.”Tous nos partenaires de gauche savent maintenant ce qui va se passer si ce gouvernement ne tombe pas: la suite, c’est M. Retailleau, c’est la remise en question du droit du sol”, a mis en garde sur France 2 le député LFI Eric Coquerel.Une nouvelle occasion se présentera lundi, avec une motion de censure sur le budget de la Sécurité sociale – la troisième en moins d’une semaine. Ne pas la voter “serait une lourde faute morale contre l’exigence républicaine”, a prévenu La France insoumise dans un communiqué.Le Parti socialiste s’est pour l’heure contenté de réaffirmer son “attachement” au droit du sol, promettant sur X de “défendre ce principe fondateur de notre République”. Mais dans la foulée, son premier secrétaire Olivier Faure a estimé sur le même réseau social que “le débat sur l’identité nationale n’est pas tabou” car “tout dépend ensuite de que l’on en attend”.”Le PS a largué les amarres avec la non-censure. Ils sont prêts à tout accepter pour coller à Bayrou”, a déploré le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, mettant de nouveau en lumière les déchirements entre partenaires de gauche.

Amputée près de deux siècles, la basilique des rois de France va retrouver sa flèche

Les cliquetis des tailleurs de pierre résonnent déjà au chevet de la basilique alors que l’échafaudage monte en façade: la nécropole des rois de France à Saint-Denis va retrouver sa flèche, nouveau chantier hors normes après celui de Notre-Dame de Paris.”On ne remonte pas des flèches gothiques tous les quatre matins”, sourit Mathilde Bretz, massette et ciseau en mains. A 30 ans, la tailleuse de pierre se réjouit de participer à ce projet d’exception, tant pour son importance historique que pour les techniques traditionnelles choisies pour cette restauration. “D’habitude, on a des disqueuses, on a des tronçonneuses”, énumère la jeune “pierreuse” au côté d’un large bloc de calcaire. A Saint-Denis, pas de “pétards” pour casser la pierre et “refaire la flèche de A à Z”. L’artisane l’assure: “A cet atelier, on fait tout à la main”.Depuis le XIIe siècle, la tour occidentale de la basilique s’élançait jusqu’à 90 mètres de haut mais la foudre puis une tornade ont eu raison de la célèbre nécropole de quasiment tous les rois et reines de France depuis les Mérovingiens. En 1846, face à sa dangereuse fragilité, choix est fait de la démonter pierre par pierre. Depuis, le projet du remontage de la flèche a hanté “les mémoires et, un peu comme un serpent de mer, il remonte régulièrement à la surface”, témoigne Christophe Bottineau, architecte en chef des Monuments historiques.En 2013, la municipalité de Saint-Denis, à l’époque dirigée par Didier Paillard (PCF), relance l’initiative qui, après douze ans d’études de faisabilité et de commissions budgétaires, se concrétise: la pose de la première pierre va avoir lieu le 14 mars. – “Blockchain” du médiéval -Avant d’entamer ce remontage du chef-d’œuvre gothique, il a fallu consolider le monument médiéval pour s’assurer qu’il puisse soutenir les 2.400 tonnes de pierre. Pour susciter l’intérêt du public vis à vis de ce chantier qui va durer cinq ou six ans, un musée temporaire, qui ouvrira en septembre dans le jardin de la basilique, permettra de suivre les coulisses du travail des artisans.Pour Julien de Saint-Jores, directeur de l’association Suivez la Flèche, ce nouveau parcours de visite se veut dans “l’esprit des chantiers médiévaux, avec cette collaboration entre les tailleurs de pierre et les taillandiers au pied du monument, sous les yeux du public.”A l’ancienne mais inscrit dans son temps: l’association, maître d’œuvre du chantier, a conçu ce musée éphémère en y incluant casques de réalité virtuelle et “cube immersif” dans lequel sera projeté un film à 360 degrés, pour plonger dans l’histoire de la basilique.Un mécénat participatif a également été lancé en avril pour recueillir entre 3,5 et 5 millions d’euros via le parrainage d’une pierre précise, choisie sur la modélisation numérique en 3D de l’édifice.  De l’extraction dans la carrière à sa pose sur le monument, “vous allez suivre un peu une sorte de blockchain (chaîne de blocs, ndlr) de l’histoire de votre pierre,” vante Julien de Saint-Jores.De 15 à 4.000 euros, les 15.000 pierres que compte la tour sont virtuellement en vente en sachant que pour les éléments “les plus remarquables”, comme les chimères ou le coq qui trône au sommet, les prix “pourront être supérieurs,” précise-t-il.L’appel aux âmes charitables est lancé mais le chantier au budget de 37 millions d’euros est par ailleurs financé par le fonds de solidarité interdépartemental pour l’investissement (22 millions), la région Île-de-France (cinq millions) et la Métropole du Grand Paris (quatre millions).Loin de concurrencer sa petite sœur Notre-Dame de Paris qui a déjà accueilli 860.000 personnes pour le premier mois de sa réouverture, la basilique de Saint-Denis espère que sa flèche va attirer plus que les 150.000 visiteurs annuels actuellement.Serge Santos, administrateur de la basilique pour le Centre des monuments nationaux, estime que “c’est l’aspect banlieue, sans doute, qui fait que c’est un petit peu plus compliqué” d’avoir du monde. Lui qui ne tarit pas d’anecdotes sur les gisants dans l’église veut croire que le village d’artisans et la visite virtuelle de la basilique vont permettre “une nouvelle appropriation du monument, une nouvelle manière de le découvrir.”

L’intelligence artificielle à la rescousse des agriculteurs indiens

Dès le réveil, R Murali, un agriculteur indien, vérifie d’un simple coup d’oeil sur une application de son téléphone si ses grenadiers ont besoin d’être arrosés, fertilisés ou si des parasites les menacent. “C’est devenu une routine”, un peu comme “prier tous les jours”, explique à l’AFP le cultivateur de 51 ans, dans sa ferme de l’Etat de Karnataka, dans le sud de l’Inde. Une grande partie de la vaste économie agricole de l’Inde, qui demeure très traditionnelle, est affectée par des conditions météorologiques extrêmes dues au changement climatique. M. Murali fait partie des fermiers de plus en plus nombreux à recourir aux outils d’intelligence artificielle (IA) pour cultiver “plus efficacement”. “L’application est la première chose que je vérifie au réveil”, souligne le cultivateur, dont l’exploitation est équipée de capteurs qui fournissent des mises à jour constantes sur le taux d’humidité du sol, les niveaux de nutriments et les prévisions météorologiques à l’échelle de la ferme. Selon lui, le système d’IA mis au point par la startup indienne Fasal, qui indique les quantités exactes d’eau, d’engrais et de pesticides nécessaires – et le moment où il faut les utiliser – lui a permis de réduire ses coûts de 20% sans diminuer les rendements. “Ce que nous avons construit, c’est une technologie qui permet aux cultures de parler à leurs agriculteurs”, explique Ananda Verma, fondateur de Fasal, qui fournit ses services à quelque 12.000 fermiers. – “Prendre de meilleures décisions” -C’est en voulant comprendre l’humidité du sol, que M. Verma, 35 ans, a commencé en 2017 à “bricoler” ce système pour la ferme de son père, dans l’objectif d’aider les agriculteurs à “prendre de meilleures décisions”. Installer les produits proposés par cette société coûte de 55 à 276 euros, un prix relativement élevé dans un pays où le revenu mensuel moyen des agriculteurs est de 112 euros et où plus de 85% des exploitations agricoles ont une superficie inférieure à deux hectares, selon les chiffres du gouvernement.Le gouvernement affiche sa volonté de soutenir le développement d’une IA locale et peu coûteuse. La Premier ministre indien Narendra Modi co-présidera le sommet pour l’action sur l’Intelligence artificielle lundi à Paris. L’agriculture, qui représente environ 15% de l’économie indienne, est un secteur prêt à bénéficier de la technologie de l’IA, les exploitations agricoles ayant besoin d’investissements et de modernisation au plus vite. Les pénuries d’eau, les inondations et les conditions météorologiques de plus en plus irrégulières, ainsi que l’endettement, ont fait payer un lourd tribut à l’agriculture qui emploie environ deux tiers des 1,4 milliard d’habitants du pays le plus peuplé de la planète. L’Inde compte déjà plus de 450 startups dans le domaine de l’agritech qui pèsent 23 milliards d’euros, selon un rapport du groupe de réflexion gouvernemental NITI Aayog pour l’année 2023. Cette étude pointe cependant un manque de culture numérique, qui se traduit souvent par une faible adoption des solutions agritech. – Un lent déploiement -Parmi ces sociétés, Niqo Robotics, a mis au point un système utilisant des caméras d’intelligence artificielle attachées à des machines de pulvérisation de produits chimiques ciblés. Montés sur des tracteurs, des pulvérisateurs évaluent chaque plante pour leur fournir la quantité idéale de produits chimiques, ce qui permet de réduire les coûts d’intrants et de limiter les dommages environnementaux, selon l’entreprise. Niqo affirme que ses utilisateurs dans les Etats du Maharashtra (ouest) et de l’Andhra Pradesh (est) ont réduit leurs dépenses en produits chimiques de 90%.Une autre startup, BeePrecise, a mis au point une surveillance IA mesurant la santé des ruches, notamment le taux d’humidité, la température et même le son des abeilles – pour suivre les activités de la reine des abeilles. Selon Rishina Kuruvilla, salariée de cette société, cet outil permet aux apiculteurs de récolter un miel “un peu plus biologique et meilleur pour la consommation”.Si les technologies de l’IA sont en plein essor, les leur déploiement est lent, beaucoup d’agriculteurs n’ayant pas les moyens de les acheter. L’économiste spécialisé dans le domaine de l’agriculture RS Deshpande, professeur invité à l’Institut pour les changements sociaux et économique de Bangalore, estime que le gouvernement doit prendre en charge les coûts de modernisation. De nombreux agriculteurs “survivent” uniquement parce qu’ils mangent ce qu’ils cultivent, souligne-t-il, mais “si le gouvernement est prêt, l’Inde est prête”. 

L’intelligence artificielle à la rescousse des agriculteurs indiens

Dès le réveil, R Murali, un agriculteur indien, vérifie d’un simple coup d’oeil sur une application de son téléphone si ses grenadiers ont besoin d’être arrosés, fertilisés ou si des parasites les menacent. “C’est devenu une routine”, un peu comme “prier tous les jours”, explique à l’AFP le cultivateur de 51 ans, dans sa ferme de …

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Après la tuerie, la Suède veut limiter l’accès aux carabines semi-automatiques

L’accès à certaines armes semi-automatiques, tel que le AR-15, va être limité en Suède, a annoncé vendredi le gouvernement en réaction à la pire tuerie de masse de l’histoire du pays nordique.La fusillade d’Örebro (centre) a fait 10 morts, dont plusieurs personnes d’origine étrangère, mardi dans un centre d’enseignement pour adultes. Selon la police, l’auteur des tirs, identifié par la presse suédoise comme Rickard Andersson, 35 ans, a vraisemblablement agi seul et s’est suicidé après son geste. “Il existe certains types d’armes si dangereuses qu’elles ne devraient être autorisées à des fins civiles qu’à titre exceptionnel”, a déclaré dans un communiqué le gouvernement de centre-droit, soutenu par le parti d’extrême droite Démocrates de Suède.- “Lourds dégâts en peu de temps” -“L’AR-15 en est un exemple, car elle est compatible avec de grands chargeurs de type militaire et peut causer de lourds dégâts en peu de temps”, a-t-il ajouté.Trois “armes longues, c’est-à-dire des fusils”, ont été retrouvées aux côtés du tueur, a indiqué la police, sans plus de précisions. Les enquêteurs ont révélé que l’assaillant détenait un permis pour quatre armes de chasse. “La terrible attaque à Örebro remet sur la table plusieurs questions centrales sur la législation sur les armes”, écrit le gouvernement sur son site.Les règles d’évaluation de l’aptitude d’une personne à détenir ce type de carabines automatiques vont par conséquent être clarifiées.Dans la réglementation actuelle, “plusieurs des critères” (d’aptitude) pris en compte lors de cet examen “ne sont pas suffisamment explicites”, estime le ministère de la Justice.La coalition gouvernementale a également chargé la police et les services sociaux de renforcer leur coopération pour signaler les personnes médicalement inaptes à posséder une arme à feu.En août 2023, l’Agence pour la protection de l’environnement avait modifié sa réglementation afin d’autoriser l’usage de certaines armes semi-automatiques, comme l’AR-15 ou l’AR-10, pour la chasse. – Permis de chasse -Le projet de loi souhaite revenir sur ce changement et rétablir les restrictions en vigueur pour ce type de carabines avant août 2023.”Il ne peut être exclu” que des individus violents “abusent de la possibilité de passer l’examen (du permis) de chasse, dans le but d’obtenir légalement et relativement facilement des fusils semi-automatiques” équipés de grands chargeurs, relève la commission d’enquête dans ses conclusions de mai 2024.Les sociaux-démocrates (S), qui sont dans l’opposition, veulent aller plus loin. Le nombre d’armes actuellement en circulation doit impérativement diminuer, a souligné lors d’une conférence de presse Teresa Carvalho, porte-parole du parti en matière de politique judiciaire.Les sociaux-démocrates souhaitent en outre passer au peigne fin tous les permis d’armes à feu déjà octroyés. Les motivations du tueur restent inconnues à ce stade mais les enquêteurs parlent d’un homme “motivé”, “inconnu” de leurs services, et très violent.”Les techniciens ont trouvé dix chargeurs vides à l’intérieur. Ils ont récupéré énormément de douilles”, a dit à la presse jeudi Anna Bergqvist, policière chargée de l’enquête. “Il y a eu un nombre incroyable de tirs à l’intérieur, et il lui restait même des munitions qui n’ont pas été utilisées”.Sur une vidéo filmée par un étudiant qui se cachait dans les toilettes – et diffusée par la chaîne TV4 -, on  entend des coups de feu à l’extérieur, et une personne crier “Vous allez quitter l’Europe!”. Les victimes sont de “plusieurs nationalités, différents sexes et âges”, a précisé à l’AFP Anna Bergvist.L’ambassade de Syrie à Stockholm a indiqué avoir exprimé ses “condoléances” à deux familles syriennes, sans plus de détails.Une ressortissante de Bosnie-Herzégovine a aussi été tuée et un ressortissant de ce pays des Balkans a été blessé, selon le ministère bosnien des Affaires étrangères, qui dit s’appuyer sur des informations données par les familles vivant à Örebro.

Après la tuerie, la Suède veut limiter l’accès aux carabines semi-automatiques

L’accès à certaines armes semi-automatiques, tel que le AR-15, va être limité en Suède, a annoncé vendredi le gouvernement en réaction à la pire tuerie de masse de l’histoire du pays nordique.La fusillade d’Örebro (centre) a fait 10 morts, dont plusieurs personnes d’origine étrangère, mardi dans un centre d’enseignement pour adultes. Selon la police, l’auteur des tirs, identifié par la presse suédoise comme Rickard Andersson, 35 ans, a vraisemblablement agi seul et s’est suicidé après son geste. “Il existe certains types d’armes si dangereuses qu’elles ne devraient être autorisées à des fins civiles qu’à titre exceptionnel”, a déclaré dans un communiqué le gouvernement de centre-droit, soutenu par le parti d’extrême droite Démocrates de Suède.- “Lourds dégâts en peu de temps” -“L’AR-15 en est un exemple, car elle est compatible avec de grands chargeurs de type militaire et peut causer de lourds dégâts en peu de temps”, a-t-il ajouté.Trois “armes longues, c’est-à-dire des fusils”, ont été retrouvées aux côtés du tueur, a indiqué la police, sans plus de précisions. Les enquêteurs ont révélé que l’assaillant détenait un permis pour quatre armes de chasse. “La terrible attaque à Örebro remet sur la table plusieurs questions centrales sur la législation sur les armes”, écrit le gouvernement sur son site.Les règles d’évaluation de l’aptitude d’une personne à détenir ce type de carabines automatiques vont par conséquent être clarifiées.Dans la réglementation actuelle, “plusieurs des critères” (d’aptitude) pris en compte lors de cet examen “ne sont pas suffisamment explicites”, estime le ministère de la Justice.La coalition gouvernementale a également chargé la police et les services sociaux de renforcer leur coopération pour signaler les personnes médicalement inaptes à posséder une arme à feu.En août 2023, l’Agence pour la protection de l’environnement avait modifié sa réglementation afin d’autoriser l’usage de certaines armes semi-automatiques, comme l’AR-15 ou l’AR-10, pour la chasse. – Permis de chasse -Le projet de loi souhaite revenir sur ce changement et rétablir les restrictions en vigueur pour ce type de carabines avant août 2023.”Il ne peut être exclu” que des individus violents “abusent de la possibilité de passer l’examen (du permis) de chasse, dans le but d’obtenir légalement et relativement facilement des fusils semi-automatiques” équipés de grands chargeurs, relève la commission d’enquête dans ses conclusions de mai 2024.Les sociaux-démocrates (S), qui sont dans l’opposition, veulent aller plus loin. Le nombre d’armes actuellement en circulation doit impérativement diminuer, a souligné lors d’une conférence de presse Teresa Carvalho, porte-parole du parti en matière de politique judiciaire.Les sociaux-démocrates souhaitent en outre passer au peigne fin tous les permis d’armes à feu déjà octroyés. Les motivations du tueur restent inconnues à ce stade mais les enquêteurs parlent d’un homme “motivé”, “inconnu” de leurs services, et très violent.”Les techniciens ont trouvé dix chargeurs vides à l’intérieur. Ils ont récupéré énormément de douilles”, a dit à la presse jeudi Anna Bergqvist, policière chargée de l’enquête. “Il y a eu un nombre incroyable de tirs à l’intérieur, et il lui restait même des munitions qui n’ont pas été utilisées”.Sur une vidéo filmée par un étudiant qui se cachait dans les toilettes – et diffusée par la chaîne TV4 -, on  entend des coups de feu à l’extérieur, et une personne crier “Vous allez quitter l’Europe!”. Les victimes sont de “plusieurs nationalités, différents sexes et âges”, a précisé à l’AFP Anna Bergvist.L’ambassade de Syrie à Stockholm a indiqué avoir exprimé ses “condoléances” à deux familles syriennes, sans plus de détails.Une ressortissante de Bosnie-Herzégovine a aussi été tuée et un ressortissant de ce pays des Balkans a été blessé, selon le ministère bosnien des Affaires étrangères, qui dit s’appuyer sur des informations données par les familles vivant à Örebro.

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