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Trump reçoit le Premier ministre japonais, qui espère être mieux traité que d’autes alliés

Donald Trump reçoit vendredi le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, qui espère dissuader le président américain de rudoyer le Japon comme il le fait avec d’autres alliés traditionnels des Etats-Unis, tout en évoquant de délicats dossiers de sécurité.Tokyo ne veut surtout pas être la cible d’attaques commerciales telles que celles lancées par le républicain de …

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Trump reçoit le Premier ministre japonais, qui espère être mieux traité que d’autes alliés

Donald Trump reçoit vendredi le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, qui espère dissuader le président américain de rudoyer le Japon comme il le fait avec d’autres alliés traditionnels des Etats-Unis, tout en évoquant de délicats dossiers de sécurité.Tokyo ne veut surtout pas être la cible d’attaques commerciales telles que celles lancées par le républicain de 78 ans contre le Canada, le Mexique, et sans doute bientôt l’Union européenne – autant de pays ou régions avec lesquels la première puissance mondiale accuse un déficit commercial. C’est aussi le cas du Japon: les Etats-Unis affichaient en 2023 un déficit de 72 milliards de dollars dans les échanges de biens avec leur partenaire asiatique, selon un pointage réalisé pour le Congrès.”Il serait merveilleux si nous pouvions affirmer que nous travaillerons ensemble pour le développement de cette région et du monde et pour la paix”, a déclaré Shigeru Ishiba aux journalistes à Tokyo avant son départ.Le Japon doit “continuer à s’assurer de l’engagement des États-Unis dans la région, afin d’éviter tout vide de pouvoir qui mènerait à une instabilité régionale”, avait-il déclaré devant le Parlement nippon le 24 janvier.Lors de ce premier sommet entre les deux dirigeants, Shigeru Ishiba pourrait proposer d’augmenter les importations de gaz naturel américain, selon les médias nippons.Cela renforcerait la sécurité énergétique d’un Japon pauvre en ressources, tout en permettant à Donald Trump, qui conçoit tout échange diplomatique comme une négociation d’affaires, de vanter une victoire économique.- Sécurité internationale -Le Premier ministre japonais pourra aussi faire valoir que son pays investit abondamment aux Etats-Unis. Le Japon était en effet en 2023 la première source d’investissements directs étrangers sur le sol américain.Encore récemment, le géant japonais des investissements technologiques SoftBank Group, dont l’exubérant patron Masayoshi Son affiche sa proximité avec Donald Trump, s’est associé à un grand projet d’investissement dans l’intelligence artificielle aux Etats-Unis.Tous les investissements japonais ne sont toutefois pas aussi bien reçus: l’ancien président Joe Biden avait ainsi bloqué le projet de rachat amical du géant de l’acier US Steel par Nippon Steel. Donald Trump, qui avait également jugé pendant la campagne qu’US Steel devait rester sous pavillon américain, a rencontré le patron de l’entreprise jeudi à la Maison Blanche, selon un responsable américain.Mais le commerce ne sera pas le seul sujet à l’ordre du jour, face à de graves dossiers de sécurité internationale dans la région, qu’il s’agisse des visées de la Chine concernant Taïwan, ou de la Corée du Nord.Le Japon, qui accueille environ 54.000 militaires américains, principalement dans la région d’Okinawa, à l’est de Taïwan, s’inquiète des ambitions territoriales agressives de Pékin.Les accrocs se sont d’ailleurs multipliés ces derniers mois entre Pékin et Tokyo.Donald Trump n’a pas jusqu’ici adopté le même langage de fermeté face à la Chine que son prédécesseur démocrate Joe Biden, même s’il a engagé un bras de fer commercial avec la deuxième puissance mondiale.Le président américain a pour l’instant épargné le Japon dans ses fréquentes diatribes contre les alliés qui selon lui “profitent” à bon compte des Etats-Unis.Rien ne dit toutefois qu’il recréera avec Shigeru Ishiba la complicité qu’il affichait avec l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022.Les deux hommes partageaient une passion pour le golf, et le président américain a récemment reçu la veuve de Shinzo Abe à dîner dans sa résidence de Floride.

Trump reçoit le Premier ministre japonais, qui espère être mieux traité que d’autes alliés

Donald Trump reçoit vendredi le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, qui espère dissuader le président américain de rudoyer le Japon comme il le fait avec d’autres alliés traditionnels des Etats-Unis, tout en évoquant de délicats dossiers de sécurité.Tokyo ne veut surtout pas être la cible d’attaques commerciales telles que celles lancées par le républicain de 78 ans contre le Canada, le Mexique, et sans doute bientôt l’Union européenne – autant de pays ou régions avec lesquels la première puissance mondiale accuse un déficit commercial. C’est aussi le cas du Japon: les Etats-Unis affichaient en 2023 un déficit de 72 milliards de dollars dans les échanges de biens avec leur partenaire asiatique, selon un pointage réalisé pour le Congrès.”Il serait merveilleux si nous pouvions affirmer que nous travaillerons ensemble pour le développement de cette région et du monde et pour la paix”, a déclaré Shigeru Ishiba aux journalistes à Tokyo avant son départ.Le Japon doit “continuer à s’assurer de l’engagement des États-Unis dans la région, afin d’éviter tout vide de pouvoir qui mènerait à une instabilité régionale”, avait-il déclaré devant le Parlement nippon le 24 janvier.Lors de ce premier sommet entre les deux dirigeants, Shigeru Ishiba pourrait proposer d’augmenter les importations de gaz naturel américain, selon les médias nippons.Cela renforcerait la sécurité énergétique d’un Japon pauvre en ressources, tout en permettant à Donald Trump, qui conçoit tout échange diplomatique comme une négociation d’affaires, de vanter une victoire économique.- Sécurité internationale -Le Premier ministre japonais pourra aussi faire valoir que son pays investit abondamment aux Etats-Unis. Le Japon était en effet en 2023 la première source d’investissements directs étrangers sur le sol américain.Encore récemment, le géant japonais des investissements technologiques SoftBank Group, dont l’exubérant patron Masayoshi Son affiche sa proximité avec Donald Trump, s’est associé à un grand projet d’investissement dans l’intelligence artificielle aux Etats-Unis.Tous les investissements japonais ne sont toutefois pas aussi bien reçus: l’ancien président Joe Biden avait ainsi bloqué le projet de rachat amical du géant de l’acier US Steel par Nippon Steel. Donald Trump, qui avait également jugé pendant la campagne qu’US Steel devait rester sous pavillon américain, a rencontré le patron de l’entreprise jeudi à la Maison Blanche, selon un responsable américain.Mais le commerce ne sera pas le seul sujet à l’ordre du jour, face à de graves dossiers de sécurité internationale dans la région, qu’il s’agisse des visées de la Chine concernant Taïwan, ou de la Corée du Nord.Le Japon, qui accueille environ 54.000 militaires américains, principalement dans la région d’Okinawa, à l’est de Taïwan, s’inquiète des ambitions territoriales agressives de Pékin.Les accrocs se sont d’ailleurs multipliés ces derniers mois entre Pékin et Tokyo.Donald Trump n’a pas jusqu’ici adopté le même langage de fermeté face à la Chine que son prédécesseur démocrate Joe Biden, même s’il a engagé un bras de fer commercial avec la deuxième puissance mondiale.Le président américain a pour l’instant épargné le Japon dans ses fréquentes diatribes contre les alliés qui selon lui “profitent” à bon compte des Etats-Unis.Rien ne dit toutefois qu’il recréera avec Shigeru Ishiba la complicité qu’il affichait avec l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022.Les deux hommes partageaient une passion pour le golf, et le président américain a récemment reçu la veuve de Shinzo Abe à dîner dans sa résidence de Floride.

Grèce: à Santorin, Mitsotakis exclut un scénario catastrophe malgré les séismes

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, en déplacement vendredi à Santorin, a exclu un scénario catastrophe pour cette île touristique en proie à une intense activité sismique, un phénomène inédit qui n’a fait ni victime ni dégât jusqu’ici.”Nous ne croyons pas qu’il arrivera quelque chose de catastrophique”, a-t-il assuré, ajoutant: “Non à des scénarios catastrophiques”, …

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Grèce: à Santorin, Mitsotakis exclut un scénario catastrophe malgré les séismes

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, en déplacement vendredi à Santorin, a exclu un scénario catastrophe pour cette île touristique en proie à une intense activité sismique, un phénomène inédit qui n’a fait ni victime ni dégât jusqu’ici.”Nous ne croyons pas qu’il arrivera quelque chose de catastrophique”, a-t-il assuré, ajoutant: “Non à des scénarios catastrophiques”, selon une déclaration retransmise à la télévision publique ERT, à l’issue d’une réunion avec le ministre de la Protection civile Vassilis Kikilias et des autorités locales et scientifiques.L’île volcanique mondialement connue a été placée en état d’urgence jeudi par la Protection civile jusqu’au 3 mars afin de “faire face aux besoins extraordinaires et de gérer les conséquences de l’activité sismique”.Le Premier ministre a assuré que “l’ensemble du dispositif de l’Etat était mobilisé” et que le gouvernement et les scientifiques continuaient “à surveiller ce phénomène géologique actif”.Incitant à nouveau les habitants à “rester calme”, M. Mitsotakis a affirmé que des mesures de prévention et de contrôle des bâtiments étaient en cours par des équipes d’ingénieurs.Depuis le 26 janvier, plus de 7.700 séismes ont secoué la région de Santorin dont le plus fort a atteint 5,2 de magnitude, selon le laboratoire de sismologie de l’Université d’Athènes (EKPA). Et ces douze dernières heures, on en a compté plus de 50, dont le plus fort, de magnitude 4,8, a été enregistré à 07h16 GMT, en mer à 2km de profondeur, selon la même source.Plus de 11.000 habitants et travailleurs saisonniers ont quitté Santorin depuis dimanche par voies maritime et aérienne.En 2023, l’île, qui abrite des sites archéologiques antiques, a accueilli 3,4 millions de touristes.Le ministère de la Culture a d’ailleurs fait savoir que “toutes les mesures préventives nécessaires pour protéger le patrimoine culturel de l’île” avaient été prises.Dans les musées préhistorique et archéologique, des matériaux de protection ont été placés sur certains objets exposés dans des vitrines en verre, les grandes amphores et les sculptures, selon un communiqué du ministère.Kostas Papazachos, professeur de sismologie, a prévenu que “les secousses telluriques allaient se poursuivre pendant deux ou trois semaines”.”Les choses ne changent pas d’un jour à l’autre”, a-t-il souligné dans un entretien vendredi au quotidien grec Kathimerini.”Il y aura une séquence de répliques qui s’estompera lentement”, a-t-il ajouté, soulignant que l’épicentre s’était déplacé vers l’île proche et également touristique d’Amorgos.Située sur une zone de forte tension sismique, entre les plaques tectoniques eurasienne et africaine, Santorin et ses îlots proches sont régulièrement frappés par des séismes, de faible magnitude le plus souvent. La dernière secousse meurtrière avait eu lieu en 1956 et fait 48 morts et 200 blessés.Interrogé sur l’éventualité d’une éruption du volcan sur lequel repose l’île, Kostas Papazachos a indiqué qu’il n’y avait “aucune donnée scientifique ou historique indiquant qu’un tremblement de terre peut provoquer l’éruption du volcan”.La dernière éruption du volcan avait eu lieu en 1950 sur l’îlot proche et non habité de Nea Kameni. 

La CPI condamne les sanctions de Trump, l’ONU et l’UE aussi

La Cour pénale internationale (CPI) a vivement condamné vendredi les sanctions prises à son encontre par le président américain Donald Trump, qui ont déclenché les protestations de l’ONU comme de l’Europe.Seul Israël s’est félicité de la décision prise contre la CPI, qui n’a “aucune légitimité”, selon son chef de la diplomatie.Le président américain, qui reproche …

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La CPI condamne les sanctions de Trump, l’ONU et l’UE aussi

La Cour pénale internationale (CPI) a vivement condamné vendredi les sanctions prises à son encontre par le président américain Donald Trump, qui ont déclenché les protestations de l’ONU comme de l’Europe.Seul Israël s’est félicité de la décision prise contre la CPI, qui n’a “aucune légitimité”, selon son chef de la diplomatie.Le président américain, qui reproche à la CPI d’avoir mené des “actions illégales”, a signé jeudi un décret interdisant notamment l’entrée aux Etats-Unis à ses dirigeants, employés et agents et qui prévoit de geler tous leurs avoirs détenus dans ce pays.Selon le texte diffusé par la Maison Blanche, la Cour a “engagé des actions illégales et sans fondement contre l’Amérique et notre proche allié Israël”, des références aux enquêtes de la CPI sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan et de militaires israéliens dans la bande de Gaza.Dans un communiqué, la CPI, basée à La Haye, “condamne” ce décret, qui vise “à imposer des sanctions à ses fonctionnaires et à nuire à son travail judiciaire indépendant et impartial”.”La Cour soutient fermement son personnel et s’engage à continuer de rendre justice et de redonner espoir à des millions de victimes innocentes d’atrocités à travers le monde”, ajoute la CPI.- “Menace” pour “l’indépendance” -La CPI est une juridiction permanente chargée de poursuivre et juger des individus accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. Fondée en 2002, la Cour compte aujourd’hui 125 Etats membres et n’a prononcé qu’une poignée de condamnations.L’ONU et l’Europe ont vivement protesté vendredi contre la décision américaine.”Nous regrettons profondément les sanctions individuelles annoncées hier contre le personnel de la Cour et nous demandons” aux Etats-Unis “de revenir sur cette mesure”, a affirmé à l’AFP une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani.”Nous soutenons pleinement le travail indépendant de la Cour”, un “élément essentiel de l’infrastructure des droits de l’homme”, a-t-elle estimé.La décision de M. Trump de sanctionner la CPI “menace” son “indépendance”, a averti vendredi de son côté Antonio Costa, président du Conseil européen.”Sanctionner la CPI menace l’indépendance de la Cour et mine l’ensemble du système de justice internationale”, a déclaré M. Costa, qui préside l’instance représentant les dirigeants des 27.L’Union européenne a pour sa part “regretté la décision américaine, se réservant la possibilité de prendre des mesures de son côté”, a affirmé un porte-parole de l’UE, sans donner de détails.La CPI “joue un rôle primordial dans le maintien de la justice pénale internationale et la lutte contre l’impunité”, y compris en Ukraine, selon lui.- “Regrets” des Pays-Bas -Les Pays-Bas, qui abritent la CPI, ont fait part de leurs “regrets” après l’annonce du décret.”Le travail de la Cour est essentiel pour le combat contre l’impunité”, a soutenu le ministre néerlandais des Affaires étrangères Caspar Veldkamp sur le réseau social X.Mais dans un communiqué sur X, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a assuré pour sa part que la CPI poursuivait “de façon agressive les dirigeants élus d’Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient”. Selon lui, la Cour n’a aucune légitimité dans la mesure où Israël et les Etats-Unis ne sont “pas membres de la CPI”. Les républicains américains et de nombreux démocrates s’étaient indignés de l’émission d’un mandat d’arrêt de la CPI contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu mardi dernier par le président américain, ainsi que contre l’ancien ministre de la Défense israélien Yoav Gallant.Ses juges ont estimé qu’il y avait des “motifs raisonnables” de soupçonner les deux hommes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour la guerre à Gaza, qui a suivi l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien.M. Netanyahu avait qualifié la décision d’antisémite, tandis que l’ancien président américain, le démocrate Joe Biden, avait jugé “scandaleux” les mandats d’arrêt contre les Israéliens.Selon des experts consultés par l’AFP, les sanctions américaines pourraient avoir un impact opérationnel paralysant.L’interdiction de voyager aux États-Unis pour le personnel de la CPI peut compliquer son travail et des institutions financières peuvent refuser de travailler avec la cour, craignant des représailles américaines.Les sanctions pourraient également affecter les opérations techniques et informatiques de la juridiction, y compris la collecte de preuves. Certains craignent même que des victimes d’atrocités présumées hésitent à se manifester.”Des entreprises et organisations pourraient simplement arrêter de faire affaire avec la CPI parce que c’est trop risqué”, note auprès de l’AFP James Patrick Sexton, chercheur à l’Institut TMC Asser et à l’Université d’Amsterdam.”De gros fournisseurs comme Microsoft pourraient simplement se retirer de manière proactive”, ajoute-t-il.

La CPI condamne les sanctions de Trump, l’ONU et l’UE aussi

La Cour pénale internationale (CPI) a vivement condamné vendredi les sanctions prises à son encontre par le président américain Donald Trump, qui ont déclenché les protestations de l’ONU comme de l’Europe.Seul Israël s’est félicité de la décision prise contre la CPI, qui n’a “aucune légitimité”, selon son chef de la diplomatie.Le président américain, qui reproche à la CPI d’avoir mené des “actions illégales”, a signé jeudi un décret interdisant notamment l’entrée aux Etats-Unis à ses dirigeants, employés et agents et qui prévoit de geler tous leurs avoirs détenus dans ce pays.Selon le texte diffusé par la Maison Blanche, la Cour a “engagé des actions illégales et sans fondement contre l’Amérique et notre proche allié Israël”, des références aux enquêtes de la CPI sur des crimes de guerre présumés de soldats américains en Afghanistan et de militaires israéliens dans la bande de Gaza.Dans un communiqué, la CPI, basée à La Haye, “condamne” ce décret, qui vise “à imposer des sanctions à ses fonctionnaires et à nuire à son travail judiciaire indépendant et impartial”.”La Cour soutient fermement son personnel et s’engage à continuer de rendre justice et de redonner espoir à des millions de victimes innocentes d’atrocités à travers le monde”, ajoute la CPI.- “Menace” pour “l’indépendance” -La CPI est une juridiction permanente chargée de poursuivre et juger des individus accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. Fondée en 2002, la Cour compte aujourd’hui 125 Etats membres et n’a prononcé qu’une poignée de condamnations.L’ONU et l’Europe ont vivement protesté vendredi contre la décision américaine.”Nous regrettons profondément les sanctions individuelles annoncées hier contre le personnel de la Cour et nous demandons” aux Etats-Unis “de revenir sur cette mesure”, a affirmé à l’AFP une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani.”Nous soutenons pleinement le travail indépendant de la Cour”, un “élément essentiel de l’infrastructure des droits de l’homme”, a-t-elle estimé.La décision de M. Trump de sanctionner la CPI “menace” son “indépendance”, a averti vendredi de son côté Antonio Costa, président du Conseil européen.”Sanctionner la CPI menace l’indépendance de la Cour et mine l’ensemble du système de justice internationale”, a déclaré M. Costa, qui préside l’instance représentant les dirigeants des 27.L’Union européenne a pour sa part “regretté la décision américaine, se réservant la possibilité de prendre des mesures de son côté”, a affirmé un porte-parole de l’UE, sans donner de détails.La CPI “joue un rôle primordial dans le maintien de la justice pénale internationale et la lutte contre l’impunité”, y compris en Ukraine, selon lui.- “Regrets” des Pays-Bas -Les Pays-Bas, qui abritent la CPI, ont fait part de leurs “regrets” après l’annonce du décret.”Le travail de la Cour est essentiel pour le combat contre l’impunité”, a soutenu le ministre néerlandais des Affaires étrangères Caspar Veldkamp sur le réseau social X.Mais dans un communiqué sur X, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a assuré pour sa part que la CPI poursuivait “de façon agressive les dirigeants élus d’Israël, la seule démocratie au Moyen-Orient”. Selon lui, la Cour n’a aucune légitimité dans la mesure où Israël et les Etats-Unis ne sont “pas membres de la CPI”. Les républicains américains et de nombreux démocrates s’étaient indignés de l’émission d’un mandat d’arrêt de la CPI contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, reçu mardi dernier par le président américain, ainsi que contre l’ancien ministre de la Défense israélien Yoav Gallant.Ses juges ont estimé qu’il y avait des “motifs raisonnables” de soupçonner les deux hommes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour la guerre à Gaza, qui a suivi l’attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien.M. Netanyahu avait qualifié la décision d’antisémite, tandis que l’ancien président américain, le démocrate Joe Biden, avait jugé “scandaleux” les mandats d’arrêt contre les Israéliens.Selon des experts consultés par l’AFP, les sanctions américaines pourraient avoir un impact opérationnel paralysant.L’interdiction de voyager aux États-Unis pour le personnel de la CPI peut compliquer son travail et des institutions financières peuvent refuser de travailler avec la cour, craignant des représailles américaines.Les sanctions pourraient également affecter les opérations techniques et informatiques de la juridiction, y compris la collecte de preuves. Certains craignent même que des victimes d’atrocités présumées hésitent à se manifester.”Des entreprises et organisations pourraient simplement arrêter de faire affaire avec la CPI parce que c’est trop risqué”, note auprès de l’AFP James Patrick Sexton, chercheur à l’Institut TMC Asser et à l’Université d’Amsterdam.”De gros fournisseurs comme Microsoft pourraient simplement se retirer de manière proactive”, ajoute-t-il.