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Au Chili, l’observation d’un des ciels les plus étoilés du monde menacée
La nuit tombe sur le désert d’Atacama et quatre puissants télescopes commencent à scruter l’un des ciels les plus purs et les plus étoilés du monde. Pourtant, l’Observatoire de Paranal, dans le nord du Chili, pourrait être menacé par la pollution lumineuse d’un mégaprojet énergétique. Situé à 2.635 mètres d’altitude, le site permet d'”observer la Voie lactée avec une clarté inégalée (…), il s’agit des ciels les plus dégagés, les plus sombres”, explique à l’AFP Itziar de Gregorio, une astronome espagnole de l’Observatoire Européen Austral (ESO), qui exploite les lieux.A quelques kilomètres de ce “sanctuaire astronomique mondial” est pourtant prévue la construction d’une usine consacrée aux énergies propres, dans le cadre de l’ambitieux programme chilien de remplacement des énergies fossiles d’ici à 2050. Les scientifiques s’inquiètent de la pollution lumineuse que pourrait générer le projet : l’excès de lumière artificielle limite en effet la visibilité de certains phénomènes, comme les éclipses et les pluies de météorites, préviennent-ils. Ce phénomène, généralement lié à une augmentation de l’éclairage public et à la présence de panneaux publicitaires lumineux, affecte aussi les cycles de sommeil chez les humains et désoriente les oiseaux migrateurs. Pourtant, il passe souvent inaperçu.”Quand on voit un robinet ouvert, on réalise que l’on perd de l’eau. Mais si on voit un endroit très éclairé la nuit, on ne pense pas que c’est une pollution”, note Daniela Gonzalez, de la Fondation Cielos de Chile, qui lutte contre le fléau.A Paranal, c’est quand le soleil se couche que débute la phase la plus intense du travail. Dans la journée, astronomes et ingénieurs traitent les données. La nuit, ils sondent l’infini.Ici, “les recherches portent sur presque tous les phénomènes de l’espace”, comme les planètes et les comètes proches de la Terre, les trous noirs et la vie hors du système solaire, s’enthousiasme Steffen Mieske, le chef des opérations scientifiques du site.- Zone d'”exclusion lumineuse” -Dans le désert d’Atacama, le plus aride et le plus sec du monde, les nuages sont rares, offrant des conditions idéales pour l’observation du cosmos. En outre, la pollution lumineuse y est faible. L’Observatoire de Paranal se trouve ainsi à plus de 100 km d’Antofagasta, la ville la plus proche.Mais cela pourrait changer avec la construction de la nouvelle usine. Dans une lettre ouverte, une quarantaine d’astronomes, scientifiques et même poètes ont récemment exprimé leur préoccupation. Le projet, financé à hauteur de 10 milliards de dollars par AES Andes, la filiale chilienne de la compagnie américaine AES Corporation, s’étendrait sur 3.000 hectares. Il prévoit, selon l’entreprise, “la production d’hydrogène et d’ammoniac vert, ainsi que le développement du solaire, de l’éolien et du stockage des batteries”.Cependant, la question de la distance entre l’Observatoire de Paranal et la future usine divise. Tandis que l’entreprise l’évalue à 20 ou 30 km, les chercheurs estiment qu’elle ne dépasse pas 11 km. Sans s’opposer au projet, ces derniers réclament la création d’une zone d'”exclusion lumineuse” afin de préserver l’intégrité du site.AES Andes, dans un court communiqué de presse, assure que son projet respecte “les normes les plus élevées en termes d’éclairage” et répond à celle édictée par le gouvernement sur le sujet. Mise en place en octobre, cette dernière vise notamment à protéger les principaux lieux d’observation astronomique.- “Fenêtre sur l’univers” -Le projet, actuellement en cours d’évaluation environnementale, ne devrait pas recevoir sa licence d’exploitation avant deux à trois ans.Dans les montagnes du Cerro Armazones, à une vingtaine de kilomètres de l’Observatoire, la construction du Télescope Géant Européen (ELT) progresse. Il s’agit de l’instrument optique le plus grand du monde avec 39 mètres de diamètre. Pour les scientifiques, le risque est aussi que le mégaprojet énergétique interfère avec le fonctionnement de ce dispositif dont le lancement est prévu en 2028. Inestimable pour la recherche astronomique, la “fenêtre sur l’univers” que représente le Chili pourrait se fermer, avertit Itziar de Gregorio. Une augmentation de la pollution lumineuse dans ce site unique pourrait retarder “la réponse à laquelle nous aspirons tant (…), savoir si nous sommes seuls ou non dans l’univers”, alerte l’astronome.
L’agriculture, victime et solution face aux inondations
Des hectares de terre inondés, des animaux déplacés: les inondations dans l’Ouest vont laisser des traces pendant encore plusieurs semaines chez certains agriculteurs, en première ligne face aux aléas climatiques, et mettent en lumière l’importance du bocage et des zones humides.”On a des fermes où les bâtiments ont été inondés, l’outil de travail mis à mal, le fourrage détruit”, énumère Sébastien Vétil, du syndicat agricole Confédération paysanne. “La solidarité s’est organisée directement de la part du monde paysan”, souligne l’éleveur de vaches laitières à Guipry-Messac, mais “ça va être des jours et des semaines de nettoyage, de remplacement de matériel, etc.”La succession de trois tempêtes hivernales et leur lot de pluie sur des sols déjà saturés a entraîné des crues exceptionnelles depuis plus de 40 ans sur les rivières Vilaine et Seiche, en Ille-et-Vilaine. Le mois de janvier à Rennes a été le plus pluvieux depuis 1945, tous mois confondus, selon Météo-France.En Bretagne, première région agricole de France, l’eau a inondé des villes, mais aussi des exploitations agricoles. L’éleveur Emmanuel Foulon, à Bruz près de Rennes, a vu ses génisses sauvées des eaux par l’armée dans sa ferme rendue inaccessible aux tracteurs par la crue trop rapide.”Si les céréales restent plusieurs jours dans l’eau, au printemps, tout sera à jeter”, redoute Cédric Henry, agriculteur à Paimpont et président du syndicat agricole FDSEA 35 (Ille-et-Vilaine), avec un impact sur le fourrage.Jean-Paul Riault, producteur de lait à Guipry-Messac, a vu l’eau monter “à quelques mètres” de sa maison. “Le terrain est impraticable (…) Il y a des parties de mon exploitation que je préfère ne pas aller voir, parce que ça va me faire mal de voir ça”, lâche-t-il. Environ 7.000 hectares sont touchés dans le département, dont environ deux-tiers de prairies et 20% de maïs, selon les premières données de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. “On nous dit beaucoup que c’est du jamais vu”, avec des “sols gorgés d’eau depuis le mois de décembre”, explique Pascale Gelin, directrice adjointe de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine.- ‘Respect de l’environnement’ -L’état de catastrophe naturelle promis par le gouvernement “peut aider pour les bâtiments agricoles inondés” mais seules “environ 10% des cultures sont assurées en Bretagne”, estime Cédric Henry.”A la Confédération paysanne, on alerte depuis des années sur le dérèglement climatique. On voit bien qu’on est en plein dedans, qu’on va devoir changer nos pratiques”, constate Sébastien Vétil. “Cela passe obligatoirement par le respect de l’environnement.””La destruction des bocages, le drainage des zones humides, a été encouragé avec l’intensification de l’agriculture, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale”, rappelle Christophe Cudennec, professeur d’hydrologie à l’Institut Agro Rennes-Angers.”Dans certains coins de Bretagne, vous voyez des immenses étendues, sans aucune végétation”, abonde Gérard Gruau, directeur de recherche au CNRS. “Ces surfaces ne sont pas aussi imperméables qu’un parking de grande surface, mais pas loin”, poursuit-il.Si des programmes publics encouragent à replanter des haies, “il faut trouver des raisons économiques et de faisabilité technique pour que les agriculteurs s’engagent d’avantage, parce que c’est plus de travail”, décrypte Pascale Gelin.”Il existe des réflexions “autour de taille de parcelles qui permettent de travailler dans de bonnes conditions et d’implanter du bocage”, mais pas question de revenir “à des petites parcelles d’avant les remembrements” qui n’offraient pas de bonnes conditions de travail ni de rendement, ajoute-t-elle.Ces aménagements paysagers “vont ralentir, renforcer l’infiltration” de l’eau, estime Christophe Cudennec. Mais en cas d’événement climatique extrême comme celui de janvier, ils atteignent leurs limites.”Il ne faut pas demander à l’amont et en particulier à l’agriculture, de rattraper tous les excès de l’urbanisation vulnérable dans les zones où il ne faudrait pas construire”, avertit l’hydrologue.
Inde: des bateaux ancestraux pour les bains sacrés de la Kumbh Mela
C’est à bord d’une étroite barge en bois que quelques fidèles hindous se rendent à la confluence des cours d’eau sacrés pour effectuer leur bain rituel lors du méga pèlerinage hindou de la Kumbh Mela, dans le nord de l’Inde.Depuis des siècles, ces bateliers appartenant à la communauté Nishad rament pour permettre aux pèlerins “de se baigner avec amour et bonheur avant de revenir en toute sécurité”, explique Chhote Lal Nishad, 52 ans.Il s’est levé bien avant le soleil pour emmener six hindous s’immerger dans les eaux sacrées aux premières heures du jour.Tout en ramant, les bateliers narrent la signification du bain rituel que leurs passagers, des fidèles hindous, s’apprêtent à accomplir dans le cadre de l’immense rassemblement religieux de la Kumbh Mela.Tous les 12 ans, à Prayagraj (nord), des dizaines de millions de fidèles venus de tout le pays et de l’étranger viennent se baigner dans le Sangam, à la confluence du Gange, du Yamuna et du Saraswati, pour se laver de leurs péchés et interrompre le cycle de la réincarnation.Quelque 400 millions de personnes sont attendues à ce rassemblement religieux qui dure six semaines et se terminera le 26 février.- “Espoir brisé” -Si ces bateliers travaillent tout au long de l’année, les affaires sont traditionnellement plus florissantes pendant ce festival. “Le cours d’eau est le seul moyen de subsistance de la communauté Nishad”, explique Chhote Lal Nishad, qui rame depuis l’enfance.Viraj Nishad, 23 ans, de la même communauté que Chhote Lal Nishad mais sans lien de parenté avec lui, ne cache pas sa fierté de perpétuer l’héritage de son père.”C’est grâce à nous que les pèlerins peuvent visiter le site sacré et se baigner” dans ses eaux. Leur expertise de la navigation leur permet souvent de sauver des fidèles de la noyade.Cette édition, présentée comme le plus grand rassemblement religieux de tous les temps, s’annonçait prometteuse pour cette profession ancestrale.Mais ils ont vu leurs espoirs s’envoler quand les autorités leur ont interdit l’accès aux zones les plus fréquentées par mesure de sécurité, invoquant l’ampleur sans précédent de cet événement.Les accidents sont récurrents lors des rassemblements religieux de masse organisés dans le pays le plus peuplé de la planète.La semaine dernière, au moins 30 personnes sont mortes et de nombreuses autres ont été blessées après qu’au milieu de la nuit, une importante foule a soudainement déferlé, débordant un cordon de police et piétinant des fidèles.Les bateliers doivent donc se contenter d’emmener les pèlerins se baigner sur des sites quelque peu éloignés du lieu de la confluence, complètement bondé. “J’avais d’immenses espoirs, je pensais gagner un peu d’argent pour les enfants”, raconte amer Chhote Lal Nishad. “Cet espoir s’est brisé.”Mais les bateliers ont tout de même de quoi s’occuper, beaucoup de pèlerins préférant les bateaux traditionnels aux embarcations plus grandes et plus modernes.”La barque en bois avance lentement et la manière de se mouvoir du batelier est une expérience différente, que l’on n’éprouve pas avec les bateaux modernes”, remarque Ajeet Kaur Prajapati, 60 ans, venu de New Delhi, la capitale de l’Inde. “Le plaisir de manger de la nourriture cuisinée par votre mère est le même plaisir que celui de voyager dans une barque en bois qui avance avec les coups de rame du batelier.”
RDC: le Kenya appelle à une “cessez-le-feu immédiat” dans le conflit avec le M23 et ses alliés rwandais
Le président kényan William Ruto a appelé samedi à un “cessez-le-feu immédiat” dans l’est de la RDC où les forces congolaises sont aux prises avec le groupe armé M23 et ses alliés rwandais qui ne cessent de s’emparer de nouveaux territoires.Il s’exprimait à l’occasion d’un sommet des dirigeants d’Afrique australe et de l’Est organisé en Tanzanie pour tenter de trouver une issue au conflit qui déchire l’est de la République démocratique du Congo depuis plus de trois ans et s’est accéléré ces dernières semaines.Ce sommet conjoint des huit pays membres de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (EAC) et des 16 pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a été convoqué après la prise éclair de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, par le groupe armé antigouvernemental M23 (“Mouvement du 23 mars”) et les troupes rwandaises.Il se déroule à Dar es Salaam en présence du président rwandais Paul Kagame tandis que son homologue congolais Félix Tshisekedi y assiste par vidéoconférence. Les présidents du Kenya, de Somalie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe étaient présents à l’ouverture des discussions.”Un cessez-le-feu immédiat est le seul moyen de créer les conditions nécessaires à un dialogue constructif et à la mise en œuvre d’un accord de paix global”, a déclaré le président kényan William Ruto.”Nous appelons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu, et plus particulièrement le M23 à cesser toute progression et les forces armées de la RDC à cesser toute mesure de représailles”, a ajouté M. Ruto, qui préside actuellement la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est.Depuis la chute de Goma la semaine dernière, au prix d’affrontements meurtriers et d’une dégradation d’une situation humanitaire déjà catastrophique, le conflit s’est installé dans la province voisine du Sud-Kivu.La peur et la panique se sont déjà emparées du chef-lieu, Bukavu. Des combats ont eu lieu vendredi à moins de 70 km, selon des sources sécuritaires et locales. Des banques et des écoles ont été fermées. De nombreux habitants ont déjà quitté la ville.- Crainte d’embrasement -Plusieurs pays voisins de la République démocratique du Congo redoutent un embrasement régional, faute de solution diplomatique rapide.Depuis le début du conflit en 2021, une demi-douzaine de trêves et cessez-le-feu ont été signés, avant d’être systématiquement rompus.Les tentatives de médiation, notamment de l’Angola et du Kenya, ont jusqu’ici échoué. Kinshasa réclame auprès de la communauté internationale des sanctions contre le Rwanda, mais aucune décision n’a été prise à ce stade.Une réunion ministérielle s’est tenue vendredi en amont du sommet dans la capitale économique tanzanienne. Le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, y a appelé à une fusion des processus de paix initiés d’une part par le Kenya et d’autre part par l’Angola. Excepté un appel au “cessez-le-feu”, les positions de la SADC et de l’EAC paraissent toutefois éloignées.La semaine dernière, les dirigeants de la SADC, dont fait partie la RDC, ont “réaffirmé” leur “engagement indéfectible à continuer de soutenir Kinshasa dans sa quête de sauvegarde de son indépendance, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale”.L’EAC, à laquelle appartiennent la RDC et le Rwanda, a pour sa part “fermement exhorté le gouvernement de Kinshasa à engager le dialogue avec tous les acteurs, dont le M23”. Ce que la RDC a jusqu’ici refusé.Le président rwandais Paul Kagame réclame le retrait de la mission de la SADC (SAMIDRC), déployée depuis 2023 dans l’est de la RDC, estimant qu’elle n’est “pas une force de maintien de la paix” et n’a “pas sa place dans cette situation”.L’est de la RDC est riche en ressources naturelles (notamment le tantale et l’étain, massivement utilisés dans les batteries et les équipements électroniques, et l’or) et Kinshasa accuse Kigali de vouloir les piller.Le Rwanda nie et affirme vouloir éradiquer de la région des groupes armés, notamment créés par d’ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon lui sa sécurité.burs-blb/emd
Trump accentue encore sa guerre contre les médias traditionnels
Lors de son premier mandat, il les désignait comme “ennemis du peuple”. En reprenant les rênes des Etats-Unis, Donald Trump a encore amplifié ses attaques contre les grands médias américains en les visant notamment au portefeuille.Actions en justice demandant des millions de dollars de dommages et intérêts, enquête sur les diffuseurs publics, désabonnement, et même retrait de bureaux: le camp du républicain utilise tout un arsenal pour s’en prendre à la presse traditionnelle.Dernier exemple en date: la tempête médiatique subie cette semaine par le journal Politico, connu pour raconter les coulisses de Washington.Sur X, des soutiens de Donald Trump ont écrit que l’USAID, l’agence américaine pour le développement internationale — quasi-démantelée par l’exécutif dans le même temps –, subventionnait le média à coup de millions de dollars.Un mensonge dénoncé haut et fort par sa directrice générale Goli Sheikholeslami. “Nous n’avons jamais reçu de subventions de l’Etat fédéral”, a-t-elle assuré, mais simplement l’argent correspondant à des abonnements.Ce qui n’a pas empêché Donald Trump d’affirmer jeudi que de l’argent de l’USAID et d’autres fonds fédéraux “est allé, tels des pots-de-vin, aux médias mensongers pour qu’ils écrivent des articles avantageux pour les démocrates”.La Maison Blanche a annoncé annuler ses abonnements à Politico.- Sièges au Pentagone -Avec ce genre d’épisode, les soutiens de Donald Trump auront “quelque chose de nouveau à utiliser pour s’expliquer toute couverture négative” de leur champion, estime Matt Gertz, chercheur au sein de l’ONG Media Matters, marquée à gauche.S’en prendre aux médias peut passer, pour le gouvernement Trump, par d’autres moyens.Brendan Carr, nouveau patron de la puissante agence fédérale des communications, la FCC, a annoncé ouvrir une enquête sur la radio publique NPR et la chaîne de télévision publique PBS, ce qui pourrait à terme menacer leurs financements.”Le nouveau patron de la FCC agit de façon agressive, et il semble que ce ne soit que le début”, estime de son côté Roy Gutterman, professeur de journalisme à l’Université de Syracuse.La nouvelle administration vise aussi les emplacements physiques des médias traditionnels.Dans le bâtiment du Pentagone, siège du ministère américain de la Défense, nombre de journalistes disposent de bureaux dédiés. Huit places attribuées à des grands médias, dont le New York Times, CNN, ou le Washington Post, ont été réattribuées d’office par les nouvelles autorités à des publications plus marquées à droite, comme le tabloïd New York Post.Dans ces attaques en règle, une exception: Fox News, chaîne d’info la plus regardée du pays, étendard des conservateurs et vivier de recrutement pour le nouveau pouvoir. La chaîne de la famille Murdoch a même embauché cette semaine Lara Trump, la belle-fille du président.- Millions de dollars -La chaîne de télévision ABC a elle accepté en décembre de payer quinze millions de dollars de dédommagements pour mettre fin aux poursuites pour diffamation lancées par Donald Trump après des propos tenus à l’antenne par un présentateur vedette.Cet accord financier hors tribunal a été vu comme une concession d’un grand média au milliardaire, dont nombre d’efforts visant à poursuivre des journalistes avaient jusqu’à présent échoués.CBS News, autre géant de l’information aux Etats-Unis, est également poursuivi par Donald Trump. Le président l’accuse d’avoir manipulé pendant la campagne une interview de Kamala Harris de manière à faire paraître la vice-présidente, et candidate démocrate malheureuse, sous un meilleur jour.Cédant aux pressions, la chaîne a récemment diffusé les images de l’entretien dans leur intégralité, et Paramount Global, sa maison-mère, envisage de payer des sommes importantes dans ce dossier.”Certains des plus grands médias semblent avoir conclu qu’il n’est simplement pas dans leur intérêt financier de mécontenter le président”, a résumé le professeur à l’université de Columbia Jameel Jaffer dans une tribune au New York Times.
Le Hamas libère trois otages israéliens après 16 mois de captivité à Gaza
Le Hamas a libéré samedi trois otages israéliens après 16 mois de captivité dans la bande de Gaza, cinquième libération d’otages depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.Transportés dans des pick-up, les trois hommes — Or Levy, 34 ans, Eli Sharabi, 52 ans, et l’Israélo-Allemand Ohad Ben Ami, 56 …
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Israël et le Hamas se préparent à un échange d’otages et de prisonniers
Le Hamas s’apprête à libérer samedi trois otages israéliens contre 183 prisonniers palestiniens, le cinquième échange depuis l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu entre le mouvement islamiste et Israël après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza.Israël et le Forum des familles ont annoncé que trois hommes — Or Levy, 34 ans, Eli Sharabi, 52 ans, et l’Israélo-Allemand Ohad Ben Ami, 56 ans –, devaient être libérés après 16 mois de captivité dans la bande de Gaza.Des dizaines de combattants armés du Hamas, masqués et le front ceint de bandeaux verts, se sont déployés tôt le matin à Deir el-Balah dans le centre du territoire palestinien, avant le début de l’opération. Ils ont formé un cordon autour d’une zone où le mouvement a installé une estrade avec des photos de véhicules blindés israéliens détruits, des drapeaux verts du mouvement et des photos de commandants tués.Des pick-up blancs du Hamas étaient garés à proximité. A Tel-Aviv, sur la “Place des otages”, des centaines de personnes étaient attendues pour assister à la retransmission en direct de la libération des otages. Là était installé un écran géant comptant les jours, les heures, les minutes et les secondes depuis l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, lors de laquelle les otages ont été enlevés et emmenés à Gaza.Des doutes, finalement dissipés vendredi soir, avaient plané sur le tenue de l’opération au vu de l’onde de choc provoquée par la proposition du président américain, Donald Trump, d’une prise de contrôle américaine de Gaza. Selon Amani Sarahneh, porte-parole du Club des prisonniers palestiniens, Israël va libérer “18 prisonniers condamnés à perpétuité, 54 condamnés à de lourdes peines et 111 arrêtés à Gaza” après l’attaque du 7 octobre, qui a déclenché la guerre.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, suivra le processus des Etats-Unis, où il est en visite.- Cinquième échange -Il s’agira du cinquième échange d’otages et de prisonniers depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 19 janvier.L’épouse d’Eli Sharabi et leurs deux filles adolescentes ont été tuées dans leur maison du kibboutz Beeri dans le sud d’Israël, lors de l’attaque du 7-Octobre. Yossi Sharabi, le frère aîné d’Eli Sharabi, pris en otage séparément, est présumé mort.L’épouse de Or Levy, Einav, a elle été tuée lors de l’assaut des commandos du Hamas contre le festival de musique Nova, où le couple était venu faire la fête. Et celle de Ohad Ben Ami, enlevée avec lui au kibboutz Beeri, a été libérée lors de la première trêve d’une semaine à Gaza en novembre 2023.Depuis le 19 janvier, 18 otages et 582 prisonniers palestiniens, plus un égyptien, ont été libérés.La première phase de l’accord, de six semaines, prévoit au total la remise à Israël de 33 otages, dont huit au moins décédés, contre 1.900 Palestiniens.Le sort parmi ces captifs de Shiri Bibas et de ses deux fils, Ariel et Kfir, qui seraient aujourd’hui âgés de cinq et deux ans soit les plus jeunes des otages, nourrit l’inquiétude en Israël. Alors que Israël n’a pas confirmé leur mort, annoncée par le Hamas, leur époux et père, Yarden Bibas, libéré de Gaza le 1er février, a exhorté vendredi M. Netanyahu à les ramener en Israël.- “Pas pressé” -Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du 7-Octobre, 76 sont toujours retenues par le Hamas, dont au moins 34 sont mortes selon l’armée israélienne.La deuxième phase de l’accord, encore soumise à négociations, est censée aboutir à la libération de tous les otages et à la fin définitive de la guerre à Gaza, avant une étape finale dédiée à la reconstruction du territoire palestinien.Mais la suite du processus reste incertaine, après l’annonce choc par Donald Trump d’un projet de prise de contrôle par les Etats-Unis de la bande de Gaza et d’un déplacement de sa population, notamment en Egypte ou Jordanie, pour pouvoir la reconstruire.Après avoir insisté jeudi sur ce projet, le président américain a affirmé vendredi qu’il n’était “absolument pas pressé”.Plusieurs pays occidentaux et arabes, notamment l’Egypte et la Jordanie, ont rejeté son idée, qui a suscité un tollé international, l’ONU notamment mettant en garde contre tout “nettoyage ethnique”. Elle a été vertement condamnée par le Hamas et l’Autorité palestinienne.Malgré cette levée de boucliers, Israël a dit jeudi préparer un plan pour un départ “volontaire” des Gazaouis du territoire assiégé par l’armée israélienne. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 47.583 morts à Gaza en majorité des civils et provoqué un désastre humanitaire, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
Israël et le Hamas se préparent à un échange d’otages et de prisonniers
Le Hamas s’apprête à libérer samedi trois otages israéliens contre 183 prisonniers palestiniens, le cinquième échange depuis l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu entre le mouvement islamiste et Israël après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza.Israël et le Forum des familles ont annoncé que trois hommes — Or Levy, 34 ans, Eli Sharabi, 52 ans, et l’Israélo-Allemand Ohad Ben Ami, 56 ans –, devaient être libérés après 16 mois de captivité dans la bande de Gaza.Des dizaines de combattants armés du Hamas, masqués et le front ceint de bandeaux verts, se sont déployés tôt le matin à Deir el-Balah dans le centre du territoire palestinien, avant le début de l’opération. Ils ont formé un cordon autour d’une zone où le mouvement a installé une estrade avec des photos de véhicules blindés israéliens détruits, des drapeaux verts du mouvement et des photos de commandants tués.Des pick-up blancs du Hamas étaient garés à proximité. A Tel-Aviv, sur la “Place des otages”, des centaines de personnes étaient attendues pour assister à la retransmission en direct de la libération des otages. Là était installé un écran géant comptant les jours, les heures, les minutes et les secondes depuis l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, lors de laquelle les otages ont été enlevés et emmenés à Gaza.Des doutes, finalement dissipés vendredi soir, avaient plané sur le tenue de l’opération au vu de l’onde de choc provoquée par la proposition du président américain, Donald Trump, d’une prise de contrôle américaine de Gaza. Selon Amani Sarahneh, porte-parole du Club des prisonniers palestiniens, Israël va libérer “18 prisonniers condamnés à perpétuité, 54 condamnés à de lourdes peines et 111 arrêtés à Gaza” après l’attaque du 7 octobre, qui a déclenché la guerre.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, suivra le processus des Etats-Unis, où il est en visite.- Cinquième échange -Il s’agira du cinquième échange d’otages et de prisonniers depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 19 janvier.L’épouse d’Eli Sharabi et leurs deux filles adolescentes ont été tuées dans leur maison du kibboutz Beeri dans le sud d’Israël, lors de l’attaque du 7-Octobre. Yossi Sharabi, le frère aîné d’Eli Sharabi, pris en otage séparément, est présumé mort.L’épouse de Or Levy, Einav, a elle été tuée lors de l’assaut des commandos du Hamas contre le festival de musique Nova, où le couple était venu faire la fête. Et celle de Ohad Ben Ami, enlevée avec lui au kibboutz Beeri, a été libérée lors de la première trêve d’une semaine à Gaza en novembre 2023.Depuis le 19 janvier, 18 otages et 582 prisonniers palestiniens, plus un égyptien, ont été libérés.La première phase de l’accord, de six semaines, prévoit au total la remise à Israël de 33 otages, dont huit au moins décédés, contre 1.900 Palestiniens.Le sort parmi ces captifs de Shiri Bibas et de ses deux fils, Ariel et Kfir, qui seraient aujourd’hui âgés de cinq et deux ans soit les plus jeunes des otages, nourrit l’inquiétude en Israël. Alors que Israël n’a pas confirmé leur mort, annoncée par le Hamas, leur époux et père, Yarden Bibas, libéré de Gaza le 1er février, a exhorté vendredi M. Netanyahu à les ramener en Israël.- “Pas pressé” -Sur les 251 personnes enlevées durant l’attaque du 7-Octobre, 76 sont toujours retenues par le Hamas, dont au moins 34 sont mortes selon l’armée israélienne.La deuxième phase de l’accord, encore soumise à négociations, est censée aboutir à la libération de tous les otages et à la fin définitive de la guerre à Gaza, avant une étape finale dédiée à la reconstruction du territoire palestinien.Mais la suite du processus reste incertaine, après l’annonce choc par Donald Trump d’un projet de prise de contrôle par les Etats-Unis de la bande de Gaza et d’un déplacement de sa population, notamment en Egypte ou Jordanie, pour pouvoir la reconstruire.Après avoir insisté jeudi sur ce projet, le président américain a affirmé vendredi qu’il n’était “absolument pas pressé”.Plusieurs pays occidentaux et arabes, notamment l’Egypte et la Jordanie, ont rejeté son idée, qui a suscité un tollé international, l’ONU notamment mettant en garde contre tout “nettoyage ethnique”. Elle a été vertement condamnée par le Hamas et l’Autorité palestinienne.Malgré cette levée de boucliers, Israël a dit jeudi préparer un plan pour un départ “volontaire” des Gazaouis du territoire assiégé par l’armée israélienne. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 47.583 morts à Gaza en majorité des civils et provoqué un désastre humanitaire, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.
Israël et le Hamas se préparent à un échange d’otages et de prisonniers
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