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Des prisonniers tout juste libérés retrouvent Gaza détruite par la guerre

“Comment va ma famille? Sont-ils toujours en vie?”: plus d’une centaine de prisonniers palestiniens tout juste libérés retrouvent une bande de Gaza méconnaissable, ravagée après seize mois de guerre.Passant la tête par les fenêtres des bus qui les conduisent à Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, des prisonniers saluent la foule venue les …

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Des prisonniers tout juste libérés retrouvent Gaza détruite par la guerre

“Comment va ma famille? Sont-ils toujours en vie?”: plus d’une centaine de prisonniers palestiniens tout juste libérés retrouvent une bande de Gaza méconnaissable, ravagée après seize mois de guerre.Passant la tête par les fenêtres des bus qui les conduisent à Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, des prisonniers saluent la foule venue les accueillir, et l’un d’entre eux crie dans l’espoir d’avoir des nouvelles de ses proches.”Y a-t-il eu des martyrs dans ma famille?”, interroge-t-il encore, avant qu’une voix monte de la cohue pour lui répondre: “Ils vont tous bien”.Sur les 183 prisonniers libérés en échange de trois otages israéliens retenus dans la bande de Gaza, environ 130 reviennent à Gaza, 111 y ayant été arrêtés après l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, et 20 avant, selon des chiffres du Club des prisonniers, une ONG palestinienne dédiée aux détenus.A leur sortie des véhicules, certains sont chancelants, d’autres rayonnent en regardant tout autour d’eux, cherchant du regard un visage familier.En face, des centaines de personnes s’agitent de manière désordonnée. Tout le monde veut s’approcher du bus, filmer avec son portable, toucher ceux qui sortent…Ajoutant à la frénésie ambiante, des haut-parleurs diffusent des chants palestiniens, parfois repris par la foule.Khadra al-Daghma est au bord du malaise. Elle se fraie péniblement un chemin jusqu’à son fils, Amar, pour se laisser tomber dans ses bras tandis qu’il l’embrasse sur le front.”Je suis si heureuse”, parvient-elle à articuler, “ça fait 15 ans que j’attends”.- “Choqués” -“Il a tellement changé”, remarque-t-elle après avoir serré son fils, arrêté en 2009, dans ses bras.Tout autour, des embrassades et des pleurs de personnes qui ne se sont pas revues depuis des mois, parfois des décennies.Depuis l’attaque sans précédent du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, ayant entraîné la mort de plus de 1.210 personnes du côté israélien, l’armée israélienne a pilonné la bande de Gaza sans relâche. Le territoire, déjà misérable avant cette dernière guerre, est dévasté.Avec plus de 48.000 morts et 111.000 blessés, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, la population est exsangue, traumatisée par tant de violence.Paradoxalement, ces prisonniers qui rentrent chez eux arrivent en territoire inconnu.”En six mois de détention, nous avons été totalement coupés du monde, nous n’avons eu aucune information sur la guerre à Gaza”, avance Mohammed, un prisonnier qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. “L’ampleur des destructions nous a choqués, Gaza est en ruines, il y a des tas de décombres partout”, note-t-il en expliquant avoir passé quatre mois à la prison israélienne d’Ofer, en Cisjordanie occupée, après avoir été arrêté à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza.Des détenus sont portés sur les épaules de leurs proches à travers la foule qui passe du rire aux larmes.Inquiète, Sanaa Tafesh est arrivée dès l’aube pour voir son frère, arrêté en avril 2024. Elle n’en peut plus attendre après des mois qui lui ont semblé passer “aussi lentement que dix ans”.- “Battus, insultés, torturés” -Autre signe d’impatience, certains, adultes comme enfants, se hissent sur les parois des bus en marche en s’accrochant aux impostes pour pouvoir étreindre les prisonniers.Les familles sont consumées par l’angoisse depuis longtemps, la plupart n’ayant eu aucune nouvelle de leur proche.Depuis plus d’un an, les organisations de défense des détenus dénoncent de mauvais traitements dans les centres de détention israéliens. Plusieurs prisonniers sont morts derrière les barreaux.Les autorités israéliennes affirment respecter la loi.”Chaque jour, nous étions battus, insultés et torturés sans raison”, se remémore Mahmoud, un prisonnier libéré de 44 ans, “(les Israéliens) nous demandaient si nous étions affiliés au Hamas ou si nous savions quelque chose sur la résistance”.”Je n’arrive pas à croire que je suis encore en vie, que je serre à nouveau ma femme et mes enfants dans mes bras”, balbutie-t-il, ajoutant qu’il vient d’apprendre que plusieurs membres de sa famille ont été tués “dans un bombardement israélien”.Encore à bord du bus, Abdallah Abou Saman a répondu à des journalistes qui lui tendaient des micros qu’il espérait “qu’aucun prisonnier ne restera” derrière les barreaux “car la situation y est extrêmement difficile”.”Ils nous appellent +les revenants de la mort+”, dit le jeune homme, “ce ne sont pas seulement des mauvais traitement qui ont lieu là-bas, c’est la mort”.

Les Allemands manifestent à nouveau contre l’extrême droite, 250.000 à Munich

“Il faut arrêter le fascisme et pas le minimiser”: 250.000 personnes ont manifesté samedi à Munich (sud), mobilisées comme dans d’autres villes allemandes contre l’extrême droite, à deux semaines des législatives.Sous un soleil radieux, 250.000 personnes selon la police, plus de 320.000 selon les organisateurs, étaient réunies pacifiquement sur la “prairie Thérèse”, vaste esplanade ovale dans le centre de Munich où se déroule chaque année à l’automne la Fête de la bière.La manifestation bavaroise –dont la police a réhaussé à deux reprises le nombre de participants– a ainsi largement surpassé celle de dimanche dernier à Berlin au pied du Parlement allemand, où 160.000 personnes selon la police, 250.000 selon les organisateurs, s’étaient mobilisées sous un temps gris.Cette série de protestations a été déclenchée la semaine dernière par le début de rapprochement du candidat conservateur (CDU) à la chancellerie, et favori des sondages, Friedrich Merz, avec le parti d’extrême droite, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD): il s’est appuyé sur cette formation pour faire adopter le 29 janvier au Bundestag une motion non contraignante visant à bloquer tous les étrangers sans papiers à la frontière, y compris les demandeurs d’asile.Jusqu’ici les partis traditionnels refusaient toute coopération au plan national avec l’extrême droite, au nom du “cordon sanitaire” ou “pare-feu” dressé contre la formation nationaliste et hostile aux migrants.Depuis, la CDU et son parti frère bavarois, la CSU, n’ont eu de cesse de répéter haut et fort qu’ils excluaient toute coopération et tout gouvernement de coalition avec l’AfD, deuxième dans les sondages.”Je trahirais l’âme de la CDU si je tendais ne serait-ce que le petit doigt pour faire une telle politique” de coopération avec l’AfD, a déclaré samedi M. Merz, le président de la CDU, lors d’un congrès de la CSU à Nuremberg, l’autre grande métropole de Bavière, au nord de Munich.”Celui qui veut vraiment un changement en Allemagne ne doit pas voter pour l’AfD”, a-t-il continué.– “Ayez honte Monsieur Merz !” –“Nous sommes le cordon sanitaire, nous sommes le pare-feu” contre l’AfD, a renchéri Markus Söder, le président de la CSU.Des déclarations qui n’ont pas calmé les protestations à Munich. “Ayez honte Monsieur Merz ! Vous tendez la main aux extrémistes de droite et piétinez ceux qui ont besoin d’aide”, était écrit sur une pancarte brandie par un manifestant. “Shame on you” (Honte à vous), clamait une autre affiche, tandis qu’une troisième interpellait les conservateurs avec le slogan “Les hommes politiques ont une fonction de modèle”.”Je souhaite que les démocrates reprennent la main et que l’AfD soit refoulée”, a déclaré Joachim Hageböck, un Munichois de 64 ans. “Ça suffit qu’en Autriche, en Amérique et dans d’autres pays, tant de fascistes soient aux commandes, il faut s’y opposer”.”Même les pommes de terre sont d’origine étrangère”, pouvait-on lire sur une affichette brandie par Sascha Mehlins, un Munichois de 29 ans.Pour la journée de samedi, “les grands-mères contre l’extrême droite” –un mouvement créé en 2018 s’inspirant d’une initiative similaire en Autriche– avaient appelé à des manifestations dans plusieurs villes d’Allemagne. Selon la police, 24.000 personnes ont protesté à Hanovre (nord), 35.000 à Brême (nord). Ni les mobilisations dans plusieurs villes allemandes, ni le bref rapprochement des conservateurs avec l’AfD n’ont eu d’effet majeur dans les sondages. Les conservateurs restent premiers, autour de 30%, gagnant même selon certains instituts un point, l’AfD deuxième, tandis que les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz et les Verts –les deux partis actuellement au gouvernement– oscillent chacun autour de 15%.La politique migratoire s’est retrouvée au centre de la campagne électorale après plusieurs actes de violences impliquant des étrangers, dont une agression meurtrière au couteau en janvier à Aschaffenbourg (ouest), imputée à un Afghan en situation irrégulière.

Les Allemands manifestent à nouveau contre l’extrême droite, 250.000 à Munich

“Il faut arrêter le fascisme et pas le minimiser”: 250.000 personnes ont manifesté samedi à Munich (sud), mobilisées comme dans d’autres villes allemandes contre l’extrême droite, à deux semaines des législatives.Sous un soleil radieux, 250.000 personnes selon la police, plus de 320.000 selon les organisateurs, étaient réunies pacifiquement sur la “prairie Thérèse”, vaste esplanade ovale dans le centre de Munich où se déroule chaque année à l’automne la Fête de la bière.La manifestation bavaroise –dont la police a réhaussé à deux reprises le nombre de participants– a ainsi largement surpassé celle de dimanche dernier à Berlin au pied du Parlement allemand, où 160.000 personnes selon la police, 250.000 selon les organisateurs, s’étaient mobilisées sous un temps gris.Cette série de protestations a été déclenchée la semaine dernière par le début de rapprochement du candidat conservateur (CDU) à la chancellerie, et favori des sondages, Friedrich Merz, avec le parti d’extrême droite, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD): il s’est appuyé sur cette formation pour faire adopter le 29 janvier au Bundestag une motion non contraignante visant à bloquer tous les étrangers sans papiers à la frontière, y compris les demandeurs d’asile.Jusqu’ici les partis traditionnels refusaient toute coopération au plan national avec l’extrême droite, au nom du “cordon sanitaire” ou “pare-feu” dressé contre la formation nationaliste et hostile aux migrants.Depuis, la CDU et son parti frère bavarois, la CSU, n’ont eu de cesse de répéter haut et fort qu’ils excluaient toute coopération et tout gouvernement de coalition avec l’AfD, deuxième dans les sondages.”Je trahirais l’âme de la CDU si je tendais ne serait-ce que le petit doigt pour faire une telle politique” de coopération avec l’AfD, a déclaré samedi M. Merz, le président de la CDU, lors d’un congrès de la CSU à Nuremberg, l’autre grande métropole de Bavière, au nord de Munich.”Celui qui veut vraiment un changement en Allemagne ne doit pas voter pour l’AfD”, a-t-il continué.– “Ayez honte Monsieur Merz !” –“Nous sommes le cordon sanitaire, nous sommes le pare-feu” contre l’AfD, a renchéri Markus Söder, le président de la CSU.Des déclarations qui n’ont pas calmé les protestations à Munich. “Ayez honte Monsieur Merz ! Vous tendez la main aux extrémistes de droite et piétinez ceux qui ont besoin d’aide”, était écrit sur une pancarte brandie par un manifestant. “Shame on you” (Honte à vous), clamait une autre affiche, tandis qu’une troisième interpellait les conservateurs avec le slogan “Les hommes politiques ont une fonction de modèle”.”Je souhaite que les démocrates reprennent la main et que l’AfD soit refoulée”, a déclaré Joachim Hageböck, un Munichois de 64 ans. “Ça suffit qu’en Autriche, en Amérique et dans d’autres pays, tant de fascistes soient aux commandes, il faut s’y opposer”.”Même les pommes de terre sont d’origine étrangère”, pouvait-on lire sur une affichette brandie par Sascha Mehlins, un Munichois de 29 ans.Pour la journée de samedi, “les grands-mères contre l’extrême droite” –un mouvement créé en 2018 s’inspirant d’une initiative similaire en Autriche– avaient appelé à des manifestations dans plusieurs villes d’Allemagne. Selon la police, 24.000 personnes ont protesté à Hanovre (nord), 35.000 à Brême (nord). Ni les mobilisations dans plusieurs villes allemandes, ni le bref rapprochement des conservateurs avec l’AfD n’ont eu d’effet majeur dans les sondages. Les conservateurs restent premiers, autour de 30%, gagnant même selon certains instituts un point, l’AfD deuxième, tandis que les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz et les Verts –les deux partis actuellement au gouvernement– oscillent chacun autour de 15%.La politique migratoire s’est retrouvée au centre de la campagne électorale après plusieurs actes de violences impliquant des étrangers, dont une agression meurtrière au couteau en janvier à Aschaffenbourg (ouest), imputée à un Afghan en situation irrégulière.

Les Allemands manifestent à nouveau contre l’extrême droite, 250.000 à Munich

“Il faut arrêter le fascisme et pas le minimiser”: 250.000 personnes ont manifesté samedi à Munich (sud), mobilisées comme dans d’autres villes allemandes contre l’extrême droite, à deux semaines des législatives.Sous un soleil radieux, 250.000 personnes selon la police, plus de 320.000 selon les organisateurs, étaient réunies pacifiquement sur la “prairie Thérèse”, vaste esplanade ovale …

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Le milieu culturel s’alarme des effets de l’IA sur la création

La création culturelle est-elle menacée par le développement de l’intelligence artificielle ? La question a fait débat samedi à Paris, en amont du Sommet sur l’IA prévu lundi et mardi, avec un front uni d’artistes et de sociétés de droits d’auteurs offensifs.Le musicien Jean-Michel Jarre s’est fait le porte-parole de ce mouvement de contestation lors d’une table ronde à la Bibliothèque nationale de France (BnF).Après avoir ironisé sur OpenAI, l’entreprise derrière ChatGPT, en déclarant qu’elle avait “découvert le droit d’auteur avec DeepSeek”, son rival chinois qu’elle soupçonne de lui voler des technologies, l’artiste a mis en cause le géant suédois du streaming Spotify.Selon lui, la plateforme, accusée dans l’enquête d’une journaliste américaine de glisser de “faux artistes” parmi ses playlists de musique d’ambiance, aurait un “rêve”: “Ce serait de se passer des artistes. Ça fait un moment que ça couve. Spotify, c’est un peu le Dark Vador de la musique”, a-t-il accusé.Interrogée par l’AFP, l’entreprise a de son côté assuré avoir “toujours eu à cœur de soutenir la croissance et le développement des artistes”. “Nous sommes donc fiers du chemin parcouru et restons farouchement engagés à la découverte et à la croissance de l’industrie musicale enregistrée”, a ajouté un porte-parole du groupe, en rappelant les 10 milliards de dollars reversés aux ayants droit rien qu’en 2024.Plus généralement se pose aussi la question de l’utilisation de l’IA, qui génère textes, images, sons ou vidéos, en s’inspirant parfois d’oeuvres protégées par le droit d’auteur.”Je parle de pillage”, a insisté Cécile Rap-Veber, la directrice générale de la Sacem, qui protège les droits des musiciens, pour refuser l’euphémisme de “moissonnage” employé dans le même débat.- “Pollueurs” -Elle a dénoncé un autre méfait: la voracité énergétique de ces entreprises pour faire tourner leurs serveurs informatiques. “Comme pollueurs, c’est difficile de trouver pire”, a-t-elle accusé.Son homologue du spectacle vivant, Pascal Rogard, pour la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), a aussi eu le sens de la formule: “Je suis très content que hier [vendredi], notre président ait dit que l’IA ne doit pas être le Far West. On n’est pas chez les Trump, ici”.Emmanuel Macron a utilisé les termes de “Far West” dans la presse régionale. “La France continuera d’avoir une voix claire, c’est-à-dire celle qui protège la spécificité du génie, du talent, la reconnaissance des droits, de cette propriété”, y a-t-il déclaré.Après avoir vu plus d’une évolution technologique depuis l’apparition des synthétiseurs dans les années 1960, Jean-Michel Jarre a lui estimé qu'”il y a un gâteau, avant même que ces entreprises fassent des bénéfices, qui est leur valorisation”. “Et la culture doit en toucher une part”, a-t-il expliqué.”Nos amis dans cette salle”, a-t-il poursuivi en regardant les entrepreneurs de l’IA, “ont compris qu’on est très bien armés, avec notre bande, non pas pour lutter, mais pour être rémunérés”.- Autorisation, rémunération, transparence -Une juriste experte de ces questions, l’universitaire Alexandra Bensamoun, a de son côté décomposé les lettres du mot art en trois impératifs. “Autorisation”: demander la permission aux créateurs d’œuvres et respecter leur droit d’opposition (“opt-out”). “Rémunération” pour les artistes. Et “transparence” dans les bases de données utilisées pour entraîner les machines.”Ce n’est pas de moi, il n’y a pas de droits d’auteur”, a-t-elle précisé.Parmi les personnalités interpellées figurait une Française installée en Californie, Fidji Simo.”Nous voulons vraiment nous assurer, du côté des entreprises d’IA – et je suis membre du conseil d’administration d’OpenAI –, de rémunérer les artistes de manière juste pour leur travail”, a-t-elle affirmé à l’AFP.En ouverture de ce “week-end culturel”, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a pour sa part annoncé “une concertation nationale sur l’émergence d’un marché éthique respectueux du droit d’auteur”, destinée à nourrir les travaux menés au niveau européen sur la mise en œuvre du Règlement sur l’IA qui a commencé à entrer en vigueur le 2 février.