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Netanyahu applaudit le plan “révolutionnaire” de Trump pour Gaza

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié dimanche de “révolutionnaire” la proposition du président américain Donald Trump prévoyant un contrôle américain de la bande de Gaza et le déplacement des Palestiniens, affichant un ton triomphal devant son cabinet après son retour de Washington.Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël et le Hamas le …

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Netanyahu applaudit le plan “révolutionnaire” de Trump pour Gaza

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié dimanche de “révolutionnaire” la proposition du président américain Donald Trump prévoyant un contrôle américain de la bande de Gaza et le déplacement des Palestiniens, affichant un ton triomphal devant son cabinet après son retour de Washington.Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël et le Hamas le 19 janvier dans le territoire palestinien dévasté par 16 mois de conflit, déclenché par l’attaque du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre 2023, les tensions diplomatiques sont vives autour de l’après-guerre.La récente annonce de Donald Trump d’un projet de prise de contrôle de Gaza par les Etats-Unis et d’un déplacement de sa population vers l’Egypte ou la Jordanie a suscité une vague de condamnations dans le monde et porté un coup à l’accord de cessez-le-feu déjà fragile.Tandis que certains pays arabes hostiles à tout déplacement forcé des Gazaouis tentent de se coordonner pour apporter une réponse commune au plan américain, M. Netanyahu a semblé suggérer jeudi dans une interview qu’un Etat palestinien pourrait être établi sur le territoire saoudien, suscitant la colère de Ryad.Pendant ce temps à Gaza, Israël a achevé dimanche son retrait du couloir de Netzarim, qui coupe le territoire d’est en ouest, entraînant d’immenses files de Palestiniens rentrant chez eux au nord comme au sud, à bord de véhicules surchargés de bagages.”Les forces israéliennes ont démantelé leurs positions et postes militaires (…) du couloir de Netzarim” permettant aux véhicules de circuler librement, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas.- “Dangereux” -Ce couloir, établi en décembre 2023, avait été rouvert fin janvier et avait déjà permis à des centaines de milliers de déplacés de regagner le nord du territoire.Dans un quartier de Gaza-ville (nord), Mahmoud al-Sarhi, a découvert sa maison détruite. Mais malgré le retrait des troupes israéliennes, cet homme de 44 ans ne se sent pas en sécurité.”La zone est impropre à une vie normale. C’est très dangereux”, dit-il à l’AFP.Cette réouverture intervient au lendemain d’un cinquième échange d’otages israéliens à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.Selon un haut responsable du Hamas, Israël devait se retirer du couloir de Netzarim après le cinquième échange, selon les termes de la première phase de six semaines de l’accord de trêve.L’attaque du Hamas le 7-Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes. Au total, 251 personnes ont été enlevées ce jour-là.L’offensive israélienne menée en représailles sur la bande de Gaza a fait au moins 48.181 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Résultats extraordinaires” -Samedi, trois otages israéliens, très éprouvés physiquement, ont été libérés lors d’une nouvelle mise en scène orchestrée par le Hamas, en échange de 183 Palestiniens.Benjamin Netanyahu, a dénoncé des “images choquantes”, promettant une nouvelle fois “d’éliminer” le Hamas et de ramener les otages toujours retenus à Gaza.”La libération des otages ne peut être retardée”, a déclaré la famille d’Alon Ohel, 23 ans, un des otages toujours retenu à Gaza, après avoir reçu “un premier signe de vie” de lui par les ex-captifs récemment libérés.Soixante-treize otages sont toujours retenus à Gaza, dont au moins 34 sont mortes, selon l’armée israélienne.Le Hamas a pour sa part dénoncé ce qu’il a qualifié de “meurtre à petit feu” des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, après l’hospitalisation de sept d’entre eux.A Washington, MM. Netanyahu et Trump, alliés de longue date, se sont rencontrés cette semaine pour discuter de l’après-guerre.”Le président Trump est venu avec une vision complètement différente et bien meilleure pour Israël – une approche révolutionnaire et créative”, a déclaré le Premier ministre dimanche.Il a assuré que Donald Trump était “très déterminé à la mettre en oeuvre” et que leurs entretiens avaient débouché sur “des résultats extraordinaires”.M. Netanyahu avait annoncé avant ces déclarations l’envoi de négociateurs au Qatar, le principal pays médiateur, pour discuter de la suite de la trêve.- “Coups de semonce” -Un responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, avait de son côté affirmé samedi à l’AFP qu’Israël mettait “en danger” le cessez-le-feu et que celui-ci “pourrait s’effondrer”.La Défense civile a en outre affirmé que les forces israéliennes avaient abattu trois civils dimanche à Gaza-ville, l’armée disant avoir tiré des “coups de semonce” sur des Palestiniens qui s’étaient approchés de ses troupes.La deuxième phase du cessez-le-feu est censée aboutir à la libération de tous les otages et à la fin définitive de la guerre, avant une étape finale dédiée à la reconstruction de Gaza.Depuis le début de la trêve, 16 otages israéliens ont été libérés, auxquels se sont ajouté cinq Thaïlandais (hors accord), en échange de 765 prisonniers palestiniens.Le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty est parti dimanche pour Washington, alors que le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est attendu la semaine prochaine au Moyen-Orient.

Netanyahu applaudit le plan “révolutionnaire” de Trump pour Gaza

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié dimanche de “révolutionnaire” la proposition du président américain Donald Trump prévoyant un contrôle américain de la bande de Gaza et le déplacement des Palestiniens, affichant un ton triomphal devant son cabinet après son retour de Washington.Malgré l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël et le Hamas le 19 janvier dans le territoire palestinien dévasté par 16 mois de conflit, déclenché par l’attaque du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre 2023, les tensions diplomatiques sont vives autour de l’après-guerre.La récente annonce de Donald Trump d’un projet de prise de contrôle de Gaza par les Etats-Unis et d’un déplacement de sa population vers l’Egypte ou la Jordanie a suscité une vague de condamnations dans le monde et porté un coup à l’accord de cessez-le-feu déjà fragile.Tandis que certains pays arabes hostiles à tout déplacement forcé des Gazaouis tentent de se coordonner pour apporter une réponse commune au plan américain, M. Netanyahu a semblé suggérer jeudi dans une interview qu’un Etat palestinien pourrait être établi sur le territoire saoudien, suscitant la colère de Ryad.Pendant ce temps à Gaza, Israël a achevé dimanche son retrait du couloir de Netzarim, qui coupe le territoire d’est en ouest, entraînant d’immenses files de Palestiniens rentrant chez eux au nord comme au sud, à bord de véhicules surchargés de bagages.”Les forces israéliennes ont démantelé leurs positions et postes militaires (…) du couloir de Netzarim” permettant aux véhicules de circuler librement, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas.- “Dangereux” -Ce couloir, établi en décembre 2023, avait été rouvert fin janvier et avait déjà permis à des centaines de milliers de déplacés de regagner le nord du territoire.Dans un quartier de Gaza-ville (nord), Mahmoud al-Sarhi, a découvert sa maison détruite. Mais malgré le retrait des troupes israéliennes, cet homme de 44 ans ne se sent pas en sécurité.”La zone est impropre à une vie normale. C’est très dangereux”, dit-il à l’AFP.Cette réouverture intervient au lendemain d’un cinquième échange d’otages israéliens à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël.Selon un haut responsable du Hamas, Israël devait se retirer du couloir de Netzarim après le cinquième échange, selon les termes de la première phase de six semaines de l’accord de trêve.L’attaque du Hamas le 7-Octobre a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes. Au total, 251 personnes ont été enlevées ce jour-là.L’offensive israélienne menée en représailles sur la bande de Gaza a fait au moins 48.181 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Résultats extraordinaires” -Samedi, trois otages israéliens, très éprouvés physiquement, ont été libérés lors d’une nouvelle mise en scène orchestrée par le Hamas, en échange de 183 Palestiniens.Benjamin Netanyahu, a dénoncé des “images choquantes”, promettant une nouvelle fois “d’éliminer” le Hamas et de ramener les otages toujours retenus à Gaza.”La libération des otages ne peut être retardée”, a déclaré la famille d’Alon Ohel, 23 ans, un des otages toujours retenu à Gaza, après avoir reçu “un premier signe de vie” de lui par les ex-captifs récemment libérés.Soixante-treize otages sont toujours retenus à Gaza, dont au moins 34 sont mortes, selon l’armée israélienne.Le Hamas a pour sa part dénoncé ce qu’il a qualifié de “meurtre à petit feu” des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, après l’hospitalisation de sept d’entre eux.A Washington, MM. Netanyahu et Trump, alliés de longue date, se sont rencontrés cette semaine pour discuter de l’après-guerre.”Le président Trump est venu avec une vision complètement différente et bien meilleure pour Israël – une approche révolutionnaire et créative”, a déclaré le Premier ministre dimanche.Il a assuré que Donald Trump était “très déterminé à la mettre en oeuvre” et que leurs entretiens avaient débouché sur “des résultats extraordinaires”.M. Netanyahu avait annoncé avant ces déclarations l’envoi de négociateurs au Qatar, le principal pays médiateur, pour discuter de la suite de la trêve.- “Coups de semonce” -Un responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, avait de son côté affirmé samedi à l’AFP qu’Israël mettait “en danger” le cessez-le-feu et que celui-ci “pourrait s’effondrer”.La Défense civile a en outre affirmé que les forces israéliennes avaient abattu trois civils dimanche à Gaza-ville, l’armée disant avoir tiré des “coups de semonce” sur des Palestiniens qui s’étaient approchés de ses troupes.La deuxième phase du cessez-le-feu est censée aboutir à la libération de tous les otages et à la fin définitive de la guerre, avant une étape finale dédiée à la reconstruction de Gaza.Depuis le début de la trêve, 16 otages israéliens ont été libérés, auxquels se sont ajouté cinq Thaïlandais (hors accord), en échange de 765 prisonniers palestiniens.Le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty est parti dimanche pour Washington, alors que le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est attendu la semaine prochaine au Moyen-Orient.

Les Equatoriens votent en pleine crise sécuritaire et économique

Enlisés dans une double crise économique et sécuritaire, les Equatoriens votent dimanche pour renouveler ou non leur confiance au président Daniel Noboa, tenant d’une ligne dure face aux cartels, talonné par sa rivale de gaucheLuisa Gonzalez.Quelque 14 millions d’Equatoriens votaient par une journée froide à Quito, la capitale andine entourée de volcans et située à …

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Les Equatoriens votent en pleine crise sécuritaire et économique

Enlisés dans une double crise économique et sécuritaire, les Equatoriens votent dimanche pour renouveler ou non leur confiance au président Daniel Noboa, tenant d’une ligne dure face aux cartels, talonné par sa rivale de gaucheLuisa Gonzalez.Quelque 14 millions d’Equatoriens votaient par une journée froide à Quito, la capitale andine entourée de volcans et située à 2 850 mètres au-dessus du niveau de la mer.Seize candidats sont en lice pour devenir président pour les quatre prochaines années. Plusieurs instituts donnent toutefois deux candidats opposés comme favoris: Luisa González, la dauphine de l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017), et Daniel Noboa, l’actuel président.M. Noboa et Mme Gonzalez ont voté tôt dans leurs fiefs côtiers: le premier, accompagné de sa famille, dans la station balnéaire d’Olón, et son opposante à Canuto, une zone rurale également proche de la côte Pacifique.Vêtu d’un poncho rouge et d’un chapeau en tissu noir, le candidat indigène Leonidas Iza a voté à Toacaso (centre) accompagné d’une centaine de sympathisants des peuples indigènes.Nous avons besoin “de sécurité, de santé, d’éducation, tout est dégradé”, a estimé Richard Calle, un ingénieur en mécanique de 44 ans vivant à Quito. “On ne vit pas, on survit”, se lamentait Jesus Chavez, un vendeur de rue de 56 ans à Quito, la capitale, résumant le mécontentement général avant le premier tour, entre insécurité et reprise économique anémique depuis la pandémie.Le jour des élections, un policier a été tué et un autre blessé lors d’une “attaque armée” dans la ville portuaire de Guayaquil, selon la police de Covid-19.Une guerre féroce fait rage entre une myriade de groupes criminels se disputant le contrôle des voies lucratives qui relient, via des ports équatoriens, les plantations de coca de Colombie et du Pérou à l’Europe ou aux Etats-Unis.”C’est la pire crise depuis notre retour à la démocratie” il y a presque un demi-siècle, juge l’analyste politique local Leonardo Laso.Daniel Noboa, 37 ans, fils d’un milliardaire roi de la banane, avait créé la surprise en 2023 en se faisant élire, après une campagne marquée par l’assassinat d’un candidat. M. Noboa avait séduit par son discours ferme, malgré sa maigre expérience en politique.”L’Equateur a déjà changé et veut continuer à changer, il veut consolider son triomphe”, a déclaré cette semaine ce néo-libéral qui se dit de centre-gauche.Au terme de son court mandat, ce sportif actif sur les réseaux sociaux est applaudi par de nombreux Equatoriens pour son offensive spectaculaire contre le narcotrafic, à renfort d’états d’urgence, entre militarisation des rues et programmes de construction de prisons.Face à lui, en tête parmi les 15 autres candidats en lice, Luisa Gonzalez, avocate évangélique de 47 ans et ex-députée, aspire à être la première présidente élue d’Equateur, avec un programme promettant plus de sécurité, teinté de respect des droits humains.- Frontières fermées -Le bilan de Daniel Noboa est en effet assombri par des critiques d’organisations de défense des droits humains sur les dérives de sa politique sécuritaire.En décembre, la justice a ordonné la détention provisoire de 16 militaires soupçonnés de la disparition forcée de quatre adolescents dont les corps ont été retrouvés calcinés, une affaire qui a choqué le pays.Malgré les annonces de M. Noboa, le taux d’homicides est resté élevé à 38 pour 100.000 habitants en 2024, après un record de 47 en 2023. En 2018, avant la vague de narcocriminalité qui a poussé des dizaines de milliers d’Equatoriens à fuir leur pays et effrayé investisseurs et touristes, le taux d’homicides était de 6 pour 100.000 habitants.Pour de nombreux citoyens, le quotidien est ponctué d’extorsions et de récits d’enlèvements.”Il n’y a pas de touristes, il n’y a pas de clients”, constate, amère, Maria Delfina Toaquiza Ughsa, une artiste indigène de 58 ans à Quito.Pour Leonardo Laso, le recours de M. Noboa à l’armée pour s’attaquer au narcotrafic nuit à l’image du pays: “Il dit que nous sommes en guerre, cela anéantit toute possibilité d’investissement”, explique-t-il à l’AFP.”L’économie s’est très probablement contractée l’année dernière”, relève aussi l’économiste Alberto Acosta Burneo, évoquant les coupures d’électricité à répétition fin 2024 qui ont obligé des entreprises à fermer temporairement.L’essoufflement de l’économie a porté la dette publique à environ 57% du PIB. Dans ce contexte, Luisa Gonzalez espère prendre sa revanche après une première joute électorale remportée par Daniel Noboa en 2023, même si le soutien que lui apporte l’ex-président en exil Rafael Correa, condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption, divise les électeurs.”Il est urgent que nous changions le pays, non pas avec des déclarations de guerre, qui ne mèneront nulle part, mais en bâtissant la paix”, a déclaré Mme Gonzalez à Radio Morena jeudi.Plus loin dans les intentions de vote se trouvent Andrea Gonzalez, l’ex-colistière de M. Villavicencio (centre) et Leonidas Iza, représentant de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur.Daniel Noboa a décidé de fermer les frontières pour trois jours, jusqu’à lundi, “face aux tentatives de déstabilisation de groupes armés”.L’avenir de l’Equateur est “sombre, honnêtement. Nous devons voter en conscience”, dit Valentina Moncayo, étudiante de 18 ans.Le vote est obligatoire entre 18 et 65 ans pour les quelque 14 millions d’électeurs appelés aux urnes. Le second tour est prévu pour le 13 avril.

Les Equatoriens votent en pleine crise sécuritaire et économique

Enlisés dans une double crise économique et sécuritaire, les Equatoriens votent dimanche pour renouveler ou non leur confiance au président Daniel Noboa, tenant d’une ligne dure face aux cartels, talonné par sa rivale de gaucheLuisa Gonzalez.Quelque 14 millions d’Equatoriens votaient par une journée froide à Quito, la capitale andine entourée de volcans et située à 2 850 mètres au-dessus du niveau de la mer.Seize candidats sont en lice pour devenir président pour les quatre prochaines années. Plusieurs instituts donnent toutefois deux candidats opposés comme favoris: Luisa González, la dauphine de l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017), et Daniel Noboa, l’actuel président.M. Noboa et Mme Gonzalez ont voté tôt dans leurs fiefs côtiers: le premier, accompagné de sa famille, dans la station balnéaire d’Olón, et son opposante à Canuto, une zone rurale également proche de la côte Pacifique.Vêtu d’un poncho rouge et d’un chapeau en tissu noir, le candidat indigène Leonidas Iza a voté à Toacaso (centre) accompagné d’une centaine de sympathisants des peuples indigènes.Nous avons besoin “de sécurité, de santé, d’éducation, tout est dégradé”, a estimé Richard Calle, un ingénieur en mécanique de 44 ans vivant à Quito. “On ne vit pas, on survit”, se lamentait Jesus Chavez, un vendeur de rue de 56 ans à Quito, la capitale, résumant le mécontentement général avant le premier tour, entre insécurité et reprise économique anémique depuis la pandémie.Le jour des élections, un policier a été tué et un autre blessé lors d’une “attaque armée” dans la ville portuaire de Guayaquil, selon la police de Covid-19.Une guerre féroce fait rage entre une myriade de groupes criminels se disputant le contrôle des voies lucratives qui relient, via des ports équatoriens, les plantations de coca de Colombie et du Pérou à l’Europe ou aux Etats-Unis.”C’est la pire crise depuis notre retour à la démocratie” il y a presque un demi-siècle, juge l’analyste politique local Leonardo Laso.Daniel Noboa, 37 ans, fils d’un milliardaire roi de la banane, avait créé la surprise en 2023 en se faisant élire, après une campagne marquée par l’assassinat d’un candidat. M. Noboa avait séduit par son discours ferme, malgré sa maigre expérience en politique.”L’Equateur a déjà changé et veut continuer à changer, il veut consolider son triomphe”, a déclaré cette semaine ce néo-libéral qui se dit de centre-gauche.Au terme de son court mandat, ce sportif actif sur les réseaux sociaux est applaudi par de nombreux Equatoriens pour son offensive spectaculaire contre le narcotrafic, à renfort d’états d’urgence, entre militarisation des rues et programmes de construction de prisons.Face à lui, en tête parmi les 15 autres candidats en lice, Luisa Gonzalez, avocate évangélique de 47 ans et ex-députée, aspire à être la première présidente élue d’Equateur, avec un programme promettant plus de sécurité, teinté de respect des droits humains.- Frontières fermées -Le bilan de Daniel Noboa est en effet assombri par des critiques d’organisations de défense des droits humains sur les dérives de sa politique sécuritaire.En décembre, la justice a ordonné la détention provisoire de 16 militaires soupçonnés de la disparition forcée de quatre adolescents dont les corps ont été retrouvés calcinés, une affaire qui a choqué le pays.Malgré les annonces de M. Noboa, le taux d’homicides est resté élevé à 38 pour 100.000 habitants en 2024, après un record de 47 en 2023. En 2018, avant la vague de narcocriminalité qui a poussé des dizaines de milliers d’Equatoriens à fuir leur pays et effrayé investisseurs et touristes, le taux d’homicides était de 6 pour 100.000 habitants.Pour de nombreux citoyens, le quotidien est ponctué d’extorsions et de récits d’enlèvements.”Il n’y a pas de touristes, il n’y a pas de clients”, constate, amère, Maria Delfina Toaquiza Ughsa, une artiste indigène de 58 ans à Quito.Pour Leonardo Laso, le recours de M. Noboa à l’armée pour s’attaquer au narcotrafic nuit à l’image du pays: “Il dit que nous sommes en guerre, cela anéantit toute possibilité d’investissement”, explique-t-il à l’AFP.”L’économie s’est très probablement contractée l’année dernière”, relève aussi l’économiste Alberto Acosta Burneo, évoquant les coupures d’électricité à répétition fin 2024 qui ont obligé des entreprises à fermer temporairement.L’essoufflement de l’économie a porté la dette publique à environ 57% du PIB. Dans ce contexte, Luisa Gonzalez espère prendre sa revanche après une première joute électorale remportée par Daniel Noboa en 2023, même si le soutien que lui apporte l’ex-président en exil Rafael Correa, condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption, divise les électeurs.”Il est urgent que nous changions le pays, non pas avec des déclarations de guerre, qui ne mèneront nulle part, mais en bâtissant la paix”, a déclaré Mme Gonzalez à Radio Morena jeudi.Plus loin dans les intentions de vote se trouvent Andrea Gonzalez, l’ex-colistière de M. Villavicencio (centre) et Leonidas Iza, représentant de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur.Daniel Noboa a décidé de fermer les frontières pour trois jours, jusqu’à lundi, “face aux tentatives de déstabilisation de groupes armés”.L’avenir de l’Equateur est “sombre, honnêtement. Nous devons voter en conscience”, dit Valentina Moncayo, étudiante de 18 ans.Le vote est obligatoire entre 18 et 65 ans pour les quelque 14 millions d’électeurs appelés aux urnes. Le second tour est prévu pour le 13 avril.

Le Kosovo a voté, majorité attendue pour le Premier ministre sortant

Les bureaux de vote ont fermé au Kosovo et le camp du Premier ministre sortant, Albin Kurti, a recueilli un peu plus de 40% des voix selon les premières estimations, moins que la majorité absolue qu’il espérait.Selon ces estimations de médias locaux, son parti Vetevendosje (VV, “autodétermination”, social démocrate) a récolté 42,3% des voix, suivi par le Parti démocratique du Kosovo (PDK) avec 21,3%. “Je remercie tous les citoyens du Kosovo qui ont voté jusqu’à présent et j’encourage tout le monde à le faire. Exercez votre droit démocratique pour faire entendre votre voix”, a lancé en allant voter M. Kurti, qui a fait de ce scrutin un “référendum historique” pour ce territoire qui s’est séparé de la Serbie en 2008. Albin Kurti et le VV ont fait campagne en promettant de gouverner le Kosovo “d’un bout à l’autre”, c’est à dire même dans les territoires habités majoritairement par des Serbes où l’influence de Belgrade est bien plus palpable que celle de Pristina.Mais pour les électeurs rencontrés par l’AFP, les questions économiques étaient au coeur du vote, dans un pays certes en croissance, mais qui reste l’un des plus pauvres du continent européen. “Nous croyons que le changement viendra. Je pense à l’emploi, à l’économie et à tous les autres secteurs”, expliquait après avoir voté, Remzije Halimi, une enseignante.”Ma principale préoccupation est l’amélioration du système éducatif et la création de davantage d’opportunités pour les jeunes comme moi”, avançait pour sa part, Morena Ismaili, qui votait pour la première fois.C’est sur l’économie que l’opposition espérait fédérer les mécontents du Premier ministre, qui a insisté pendant la campagne sur sa fermeté face à la Serbie. Ces derniers mois, Albin Kurti a fait fermer beaucoup d’institutions parallèles (banques, bureaux de poste, administrations) que la Serbie finançait pour s’assurer la fidélité de la minorité serbe.Lors du dernier scrutin en 2021, VV avait récolté 50,28% des voix, devant le PDK (17%).Sur les 20 sièges réservés aux minorités, les 10 dédiés à la minorité serbe avaient tous été remportés par la Srpska Lista (Liste serbe). Le score de ce parti, considéré par Pristina comme le bras armé de la Serbie, sera scruté par les autorités.- Tensions fréquentes –”Voter pour la Liste serbe, c’est voter pour l’Etat serbe”, a d’ailleurs affirmé Zlatan Elek, chef de cette formation, dans une interview cette semaine. “Chaque Serbe qui n’ira pas voter, ou qui votera contre la Liste serbe, donnera de facto sa voix à Kurti et à ceux qui lui obéissent”, a-t-il ajouté.Le président serbe Aleksandar Vucic a également appelé à voter pour les candidats de la Srpska Lista, “seuls garants que Kurti n’expulsera pas les Serbes du Kosovo”.Les années de pouvoir de M. Kurti ont été marquées par des tensions fréquentes avec la minorité serbe et avec Belgrade, en particulier depuis l’échec des discussions organisées par l’Union Européenne en 2023.En mai de la même année, des dizaines de soldats de la force de maintien de la paix de l’Otan ont été blessés dans des heurts avec des Serbes. En septembre 2023, un commando composé de serbes lourdement armés a tué un policier kosovar avant de se retrancher plusieurs heures dans un monastère puis de fuir à pied en Serbie. Fin novembre 2024, l’attaque d’un canal vital pour l’infrastructure électrique du Kosovo a de nouveau fait monter les tensions.Cela n’a jamais fait vaciller M. Kurti dans sa politique de fermeté face à la Serbie, quitte à agacer la communauté internationale qui l’accuse de refuser tout dialogue.Ses partisans restent séduits par la vision de cet ancien leader étudiant, qui a hérité du surnom de “Che Guevara du Kosovo” pour ses années de lutte contre la Serbie qu’il a payées de plusieurs années de prison avant l’indépendance. “Vous pouvez voir les choses que (Kurti) a faites. Il est irremplaçable”, assurait à l’AFP Zek Kurtaj, 40 ans, après avoir atterri à l’aéroport de Pristina samedi avant le vote.