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Escalade des droits de douane aux Etats-Unis, Trump cible aluminium et acier importés

La guerre commerciale promise par Donald Trump doit entrer lundi dans une nouvelle phase avec la mise en place attendue de droits de douanes de 25% sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis.”J’annoncerai des droits de douane sur l’acier lundi. (…) Tout l’acier arrivant aux Etats-Unis aura 25% de droits de douane”, a déclaré le …

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Escalade des droits de douane aux Etats-Unis, Trump cible aluminium et acier importés

La guerre commerciale promise par Donald Trump doit entrer lundi dans une nouvelle phase avec la mise en place attendue de droits de douanes de 25% sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis.”J’annoncerai des droits de douane sur l’acier lundi. (…) Tout l’acier arrivant aux Etats-Unis aura 25% de droits de douane”, a déclaré le chef de l’Etat dans l’avion présidentiel l’emmenant assister au Super Bowl, la finale de la Ligue professionnelle de football américain. Le milliardaire républicain a ajouté que le même sort serait réservé à l’aluminium importé. Ces mesures affecteraient beaucoup le Canada, déjà dans la ligne de mire du président américain et qui est le principal fournisseur d’acier et aluminium importé aux Etats-Unis, d’après les chiffres officiels. Le Brésil, le Mexique et la Corée du Sud sont aussi d’importants fournisseurs d’acier.Lors de son premier mandat (2017-21), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium pour protéger l’industrie américaine, confrontée selon lui à une concurrence déloyale en provenance de pays asiatiques et européens.Donald Trump a aussi affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. “S’ils nous taxent à 130% et que nous ne les taxons pas, cela ne restera pas comme ça”, a-t-il lancé. “Cela n’affectera pas tous les pays parce que certains imposent les mêmes droits de douane que nous. Mais ceux qui profitent des Etats-Unis se verront rendre la pareille”, a-t-il ajouté.Depuis son investiture le 20 janvier, les droits de douane sont au coeur de la politique économique et diplomatique de Donald Trump: ils sont présentés autant comme un moyen de résorber le déficit commercial des Etats-Unis que d’obtenir des concessions des pays visés.Avec des réactions variables des partenaires commerciaux des Etats-Unis, entre promesses de ripostes ou tentative d’apaisement.- L’UE “répliquera” -Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a assuré que l’Union européenne “répliquera” aux nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, comme elle l’a fait lors du premier mandat du président américain. “Il n’y a aucune hésitation quand il s’agit de défendre nos intérêts”, a déclaré le ministre sur TF1, ajoutant que la Commission européenne avait un mandat pour agir en ce sens.L’Union européenne se sait dans la ligne de mire de Donald Trump, qui avait indiqué qu’il prendrait une décision “très bientôt” la concernant. La Commission européenne a annoncé lundi d’avoir reçu “aucune notification” de nouveaux droits de douane.La perspective de l’escalade n’a pas affolé les marchés financiers lundi, ni en Europe, ni en Asie, qui sont restés très calmes à la veille d’un jour férié à la Bourse de Tokyo, et alors que le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a donné des gages à Donald Trump vendredi lors d’une rencontre à Washington.Les deux hommes ont notamment annoncé que le groupe japonais Nippon Steel allait investir dans l’aciériste américain U.S. Steel, plutôt que de le racheter comme cela était prévu. Tokyo s’est aussi engagé à acheter des “quantités record” de gaz naturel (Taïwan s’est dit prêt lundi à faire de même). Les constructeurs Toyota et Isuzu Motors doivent aussi accroître leurs investissements aux Etats-Unis.Les bourses chinoises ne s’affolaient pas non plus, alors que sont entrées en vigueur lundi les mesures de rétorsions chinoises de surtaxes ciblées de certains produits américains en riposte aux 10% de droits douane additionnels imposés par les Etats-Unis depuis mardi dernier.Les nouvelles taxes chinoises portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par Donald Trump concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.- “Nouvel âge d’or” -Les exportations du Mexique et du Canada vers les Etats-Unis devaient aussi initialement se voir infliger des droits de douane (de 25%) en dépit d’un accord de libre-échange liant les trois pays d’Amérique du Nord. Mais Donald Trump, qui reproche à ses deux voisins de ne pas en faire assez pour juguler le trafic de drogue, leur a accordé à la dernière minute un sursis d’un mois, après avoir reçu des engagements sur le renforcement de la sécurité aux frontières.L’offensive sur les droits de douane a donné lieu à d’autres rebondissements, comme le report d’une taxation sur des colis d’une valeur de moins de 800 dollars venant de Chine, ciblant particulièrement les plateformes Shein et Temu.Lors d’une interview diffusée dimanche par la chaîne américaine CNN Emmanuel Macron a mis en garde contre les conséquences d’une guerre commerciale qui entraînerait de l’inflation aux Etats-Unis.Donald Trump et ses équipes, qui ne cessent de promettre un “nouvel âge d’or” pour les Etats-Unis, ont jusqu’ici largement minoré ce risque, alors que la reconquête du pouvoir d’achat était au coeur des aspirations électorales américaines. Le déficit commercial de la première économie mondiale s’est creusé l’an dernier à près de 920 milliards de dollars.

Escalade des droits de douane aux Etats-Unis, Trump cible aluminium et acier importés

La guerre commerciale promise par Donald Trump doit entrer lundi dans une nouvelle phase avec la mise en place attendue de droits de douanes de 25% sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis.”J’annoncerai des droits de douane sur l’acier lundi. (…) Tout l’acier arrivant aux Etats-Unis aura 25% de droits de douane”, a déclaré le chef de l’Etat dans l’avion présidentiel l’emmenant assister au Super Bowl, la finale de la Ligue professionnelle de football américain. Le milliardaire républicain a ajouté que le même sort serait réservé à l’aluminium importé. Ces mesures affecteraient beaucoup le Canada, déjà dans la ligne de mire du président américain et qui est le principal fournisseur d’acier et aluminium importé aux Etats-Unis, d’après les chiffres officiels. Le Brésil, le Mexique et la Corée du Sud sont aussi d’importants fournisseurs d’acier.Lors de son premier mandat (2017-21), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium pour protéger l’industrie américaine, confrontée selon lui à une concurrence déloyale en provenance de pays asiatiques et européens.Donald Trump a aussi affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. “S’ils nous taxent à 130% et que nous ne les taxons pas, cela ne restera pas comme ça”, a-t-il lancé. “Cela n’affectera pas tous les pays parce que certains imposent les mêmes droits de douane que nous. Mais ceux qui profitent des Etats-Unis se verront rendre la pareille”, a-t-il ajouté.Depuis son investiture le 20 janvier, les droits de douane sont au coeur de la politique économique et diplomatique de Donald Trump: ils sont présentés autant comme un moyen de résorber le déficit commercial des Etats-Unis que d’obtenir des concessions des pays visés.Avec des réactions variables des partenaires commerciaux des Etats-Unis, entre promesses de ripostes ou tentative d’apaisement.- L’UE “répliquera” -Lundi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a assuré que l’Union européenne “répliquera” aux nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump, comme elle l’a fait lors du premier mandat du président américain. “Il n’y a aucune hésitation quand il s’agit de défendre nos intérêts”, a déclaré le ministre sur TF1, ajoutant que la Commission européenne avait un mandat pour agir en ce sens.L’Union européenne se sait dans la ligne de mire de Donald Trump, qui avait indiqué qu’il prendrait une décision “très bientôt” la concernant. La Commission européenne a annoncé lundi d’avoir reçu “aucune notification” de nouveaux droits de douane.La perspective de l’escalade n’a pas affolé les marchés financiers lundi, ni en Europe, ni en Asie, qui sont restés très calmes à la veille d’un jour férié à la Bourse de Tokyo, et alors que le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a donné des gages à Donald Trump vendredi lors d’une rencontre à Washington.Les deux hommes ont notamment annoncé que le groupe japonais Nippon Steel allait investir dans l’aciériste américain U.S. Steel, plutôt que de le racheter comme cela était prévu. Tokyo s’est aussi engagé à acheter des “quantités record” de gaz naturel (Taïwan s’est dit prêt lundi à faire de même). Les constructeurs Toyota et Isuzu Motors doivent aussi accroître leurs investissements aux Etats-Unis.Les bourses chinoises ne s’affolaient pas non plus, alors que sont entrées en vigueur lundi les mesures de rétorsions chinoises de surtaxes ciblées de certains produits américains en riposte aux 10% de droits douane additionnels imposés par les Etats-Unis depuis mardi dernier.Les nouvelles taxes chinoises portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par Donald Trump concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.- “Nouvel âge d’or” -Les exportations du Mexique et du Canada vers les Etats-Unis devaient aussi initialement se voir infliger des droits de douane (de 25%) en dépit d’un accord de libre-échange liant les trois pays d’Amérique du Nord. Mais Donald Trump, qui reproche à ses deux voisins de ne pas en faire assez pour juguler le trafic de drogue, leur a accordé à la dernière minute un sursis d’un mois, après avoir reçu des engagements sur le renforcement de la sécurité aux frontières.L’offensive sur les droits de douane a donné lieu à d’autres rebondissements, comme le report d’une taxation sur des colis d’une valeur de moins de 800 dollars venant de Chine, ciblant particulièrement les plateformes Shein et Temu.Lors d’une interview diffusée dimanche par la chaîne américaine CNN Emmanuel Macron a mis en garde contre les conséquences d’une guerre commerciale qui entraînerait de l’inflation aux Etats-Unis.Donald Trump et ses équipes, qui ne cessent de promettre un “nouvel âge d’or” pour les Etats-Unis, ont jusqu’ici largement minoré ce risque, alors que la reconquête du pouvoir d’achat était au coeur des aspirations électorales américaines. Le déficit commercial de la première économie mondiale s’est creusé l’an dernier à près de 920 milliards de dollars.

Dans l’obscurité de Kaboul, la lumière jaillit des salles de mariage

Lorsque Kaboul s’enfonce dans la nuit, quelques loupiotes et enseignes lumineuses parviennent à percer l’obscurité et l’épais nuage de pollution hivernale. Mais à certains coins de rue surgissent de colossales salles de mariage, rare démonstration d’opulence dans la capitale afghane.La ville de plus de six millions d’habitants est le plus souvent plongée dans le noir …

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Dans l’obscurité de Kaboul, la lumière jaillit des salles de mariage

Lorsque Kaboul s’enfonce dans la nuit, quelques loupiotes et enseignes lumineuses parviennent à percer l’obscurité et l’épais nuage de pollution hivernale. Mais à certains coins de rue surgissent de colossales salles de mariage, rare démonstration d’opulence dans la capitale afghane.La ville de plus de six millions d’habitants est le plus souvent plongée dans le noir du fait des coupures de courant, auxquelles les plus fortunés remédient avec d’onéreux générateurs ou panneaux solaires.Hormis quelques vendeurs ambulants, les rues sont désertées, contrastant avec le tumulte de la journée. Chacun se terre chez soi pour se protéger du froid et faute d’activités nocturnes.Depuis que les talibans ont repris le pouvoir en 2021 et imposé une vision ultra-rigoriste de la loi islamique, un voile de tristesse enveloppe la capitale: aucune musique –interdite– ne s’échappe des restaurants, les femmes sont bannies de parcs et les murs colorés aux graffitis pro-paix ont été recouverts d’invitations au jihad.La seule lumière, éclatante, émane des salles de mariage qui parsèment le centre-ville et échappent, en partie, à la sévérité des talibans, tant le mariage est fondamental dans la culture locale.La musique n’y est tolérée que côté femmes, séparées de la partie hommes.”En Afghanistan, la cérémonie de mariage est l’événement le plus important d’une vie, pour les filles comme pour les garçons: ça n’arrive qu’une fois, ici on ne divorce pas souvent”, explique à l’AFP Mohammad Wassil Qaumi, directeur de l’Imperial Continental, palais aux mille feux, ambiance casino de Las Vegas.- “Un peu de luxe!” -“C’est le début d’une nouvelle vie, il doit y avoir de la lumière partout et un peu de luxe!”, s’exclame-t-il.A l’intérieur de son complexe de quatre salles, dont certaines peuvent accueillir jusqu’à 7.000 invités: brassées de fleurs en plastique, canapés style trône, dorures et néons à chaque mur.M. Qaumi, 32 ans, dit débourser entre 24.000 et 29.000 euros par mois pour l’électricité municipale –disponible seulement quelques heures par jour. A quoi s’ajoutent environ 14.000 euros pour ses générateurs.Pour rentrer dans ses frais, il facture la cérémonie jusqu’à 19.000 euros, dans un pays où 85% des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour, selon le Programme des Nations Unies pour le développement.”Le mariage est un impératif dans la culture afghane, il faut inviter toujours plus”, souligne Haji Safiullah Esmafi, patron du Stars Palace. Quitte à s’endetter.Dans un autre quartier, le City Star accueille ses invités avec une façade beige et or surplombée de trois dômes sculptés et un immense cercle scintillant sur le parking.”L’électricité est très chère”, reconnaît le patron, Siyer Paiman, 24 ans. “Mais les gens en Afghanistan aiment ce qui brille”.Il a investi dans des panneaux solaires et dépense l’équivalent de 11.500 à 19.200 euros pour des générateurs et l’électricité, qui ne lui parvient que six à sept heures, “et pas toujours le soir”.- “Lumière de la ville” -L’Afghanistan importe son électricité de ses voisins d’Asie centrale et est engagé dans plusieurs projets régionaux d’interconnexion pour augmenter son approvisionnement.”La demande actuelle en Afghanistan est de 7.000 à 8.000 mégawatts, mais seul un millier est produit localement”, indique un acteur du secteur qui préfère ne pas révéler son identité. Pour lui, il faut développer les énergies renouvelables mais les financements manquent.Les coupures de courant affectent également le chauffage. Pour contrer les températures négatives, les Kaboulis utilisent des poêles qui recueillent à peu près tout ce qui peut être jeté –charbon, bois mais aussi plastique ou ordures ménagères–, provoquant un brouillard de pollution dans cette cuvette perchée à 1.800 mètres d’altitude.Dans la morosité nocturne, “la salle de mariage est la lumière de la ville”, s’enthousiasme M. Qaumi.”Ici, tout le monde est heureux”, enchaîne-t-il. “Les gens viennent ici pour rencontrer amis et familles et crâner avec leurs nouveaux vêtements et bijoux”.L’un des seuls endroits de Kaboul où cela est encore possible.

Equateur: la percée de la gauche pousse la présidentielle vers un second tour

Le président sortant Daniel Noboa et sa rivale de gauche Luisa Gonzalez se livrent un match serré à l’issue de la présidentielle de dimanche en Equateur, laissant augurer d’un second tour dans ce pays polarisé et frappé par la violence du narcotrafic.Au fil du dépouillement des bulletins de vote, l’écart entre les deux favoris de …

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Equateur: la percée de la gauche pousse la présidentielle vers un second tour

Le président sortant Daniel Noboa et sa rivale de gauche Luisa Gonzalez se livrent un match serré à l’issue de la présidentielle de dimanche en Equateur, laissant augurer d’un second tour dans ce pays polarisé et frappé par la violence du narcotrafic.Au fil du dépouillement des bulletins de vote, l’écart entre les deux favoris de cette élection comptant 16 candidats s’est réduit, créant la surprise.Vers 23H00 heure locale (04H00 GMT lundi), sur près de 72% de suffrages dépouillés, M. Noboa récoltait 44,66% des voix contre 43,91% pour sa principale rivale Mme Gonzalez.C’est une “grande victoire, nous avons gagné (…) nous sommes presque à égalité technique”, a salué devant des partisans extatiques à Quito Luisa Gonzalez, avocate de 47 ans et dauphine de l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017).”Si la tendance se maintient (…) nous retournerons aux urnes le 13 avril prochain” pour un second tour, a déclaré Diana Atamaint, présidente du Conseil national électoral (CNE).La journée “s’est déroulée dans une absolue normalité”, avec une participation de 83,38%, sur les 14 millions d’Equatoriens appelés aux urnes, avait-elle indiqué plus tôt.Daniel Noboa, qui aspirait à gagner en un seul tour, ne s’est pas encore prononcé.Dans la capitale Quito entourée de volcans, à 2.850 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme dans la ville portuaire de Guayaquil, les feux d’artifice et les klaxons accompagnaient le décompte. “Je suis venue soutenir le président parce que nous voulons qu’il nous soutienne dans le changement de notre pays”, a déclaré à l’AFP Myriam Medrano, une secrétaire de 52 ans dans un hôtel de Quito où une conférence de presse du pouvoir est prévue. Les Equatoriens espèrent que le prochain gouvernement pourra redresser un pays en crise économique, divisé et submergé par les violences liées au narcotrafic.Une lutte féroce fait rage entre une myriade de groupes criminels se disputant le contrôle des voies lucratives qui relient, via des ports équatoriens, les plantations de coca de Colombie et du Pérou à l’Europe ou aux Etats-Unis.”C’est la pire crise depuis notre retour à la démocratie” il y a presque un demi-siècle, juge l’analyste politique local Leonardo Laso.”La situation dans le pays est très critique, beaucoup d’insécurité, peu de travail, beaucoup de gens qui partent”, a déclaré Luis Briones, ingénieur de 56 ans.- “Consolider son triomphe” -A 37 ans, Daniel Noboa, fils d’un milliardaire roi de la banane et tenant d’une ligne dure face aux cartels, est l’un des plus jeunes dirigeants du monde.”L’Equateur a déjà changé et veut continuer à changer, il veut consolider son triomphe”, a déclaré cette semaine ce néo-libéral qui se dit de centre-gauche et qui avait créé la surprise en 2023 en se faisant élire, après une campagne marquée par l’assassinat d’un candidat. Le bilan de Daniel Noboa est toutefois assombri par des critiques d’organisations de défense des droits humains sur les dérives de sa politique sécuritaire.En décembre, la justice a ordonné la détention provisoire de 16 militaires soupçonnés de la disparition forcée de quatre adolescents dont les corps ont été retrouvés calcinés, une affaire qui a choqué le pays.Malgré les mesures drastiques et notamment les états d’urgence autorisant les militaires à patrouiller dans les rues, le taux d’homicides est resté élevé, à 38 pour 100.000 habitants en 2024, après un record de 47 en 2023.En 2018, avant la vague de criminalité liée au narcotrafic qui a poussé des dizaines de milliers d’Equatoriens à fuir leur pays et effrayé investisseurs et touristes, le taux d’homicides était de 6 pour 100.000 habitants.Concentré sur le financement de la coûteuse guerre contre le narcotrafic, l’Etat affiche une dette publique atteignant environ 57% du PIB. Le taux de pauvreté dans le pays s’élève à 28%.- Défi -Luisa Gonzalez, ex-députée, espère prendre sa revanche après une première joute électorale remportée par M. Noboa en 2023. Le soutien que lui apporte l’ex-président socialiste en exil Rafael Correa, condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption, divise les électeurs.Avocate évangélique, elle aspire à être la première présidente élue d’Equateur avec un programme promettant plus de sécurité, teinté de respect des droits humains.Lors du premier tour, les forces de sécurité étaient largement déployées près des bureaux de vote.Les frontières sont fermées jusqu’à lundi, tandis qu’environ 100.000 membres des forces publiques surveillaient les élections.Le jour du scrutin, un policier a été tué et un autre blessé lors d’une “attaque armée” dans la ville portuaire de Guayaquil, selon la police.”Il y a des rapports de renseignement qui disent qu’il y a des risques et qu’ils veulent me tuer, mais il y a un défi plus grand ici. Il y a le défi de transformer le pays”, a déclaré Luisa Gonzalez lors d’un entretien à l’AFP à la veille de l’élection. 

Equateur: la percée de la gauche pousse la présidentielle vers un second tour

Le président sortant Daniel Noboa et sa rivale de gauche Luisa Gonzalez se livrent un match serré à l’issue de la présidentielle de dimanche en Equateur, laissant augurer d’un second tour dans ce pays polarisé et frappé par la violence du narcotrafic.Au fil du dépouillement des bulletins de vote, l’écart entre les deux favoris de cette élection comptant 16 candidats s’est réduit, créant la surprise.Vers 23H00 heure locale (04H00 GMT lundi), sur près de 72% de suffrages dépouillés, M. Noboa récoltait 44,66% des voix contre 43,91% pour sa principale rivale Mme Gonzalez.C’est une “grande victoire, nous avons gagné (…) nous sommes presque à égalité technique”, a salué devant des partisans extatiques à Quito Luisa Gonzalez, avocate de 47 ans et dauphine de l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017).”Si la tendance se maintient (…) nous retournerons aux urnes le 13 avril prochain” pour un second tour, a déclaré Diana Atamaint, présidente du Conseil national électoral (CNE).La journée “s’est déroulée dans une absolue normalité”, avec une participation de 83,38%, sur les 14 millions d’Equatoriens appelés aux urnes, avait-elle indiqué plus tôt.Daniel Noboa, qui aspirait à gagner en un seul tour, ne s’est pas encore prononcé.Dans la capitale Quito entourée de volcans, à 2.850 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme dans la ville portuaire de Guayaquil, les feux d’artifice et les klaxons accompagnaient le décompte. “Je suis venue soutenir le président parce que nous voulons qu’il nous soutienne dans le changement de notre pays”, a déclaré à l’AFP Myriam Medrano, une secrétaire de 52 ans dans un hôtel de Quito où une conférence de presse du pouvoir est prévue. Les Equatoriens espèrent que le prochain gouvernement pourra redresser un pays en crise économique, divisé et submergé par les violences liées au narcotrafic.Une lutte féroce fait rage entre une myriade de groupes criminels se disputant le contrôle des voies lucratives qui relient, via des ports équatoriens, les plantations de coca de Colombie et du Pérou à l’Europe ou aux Etats-Unis.”C’est la pire crise depuis notre retour à la démocratie” il y a presque un demi-siècle, juge l’analyste politique local Leonardo Laso.”La situation dans le pays est très critique, beaucoup d’insécurité, peu de travail, beaucoup de gens qui partent”, a déclaré Luis Briones, ingénieur de 56 ans.- “Consolider son triomphe” -A 37 ans, Daniel Noboa, fils d’un milliardaire roi de la banane et tenant d’une ligne dure face aux cartels, est l’un des plus jeunes dirigeants du monde.”L’Equateur a déjà changé et veut continuer à changer, il veut consolider son triomphe”, a déclaré cette semaine ce néo-libéral qui se dit de centre-gauche et qui avait créé la surprise en 2023 en se faisant élire, après une campagne marquée par l’assassinat d’un candidat. Le bilan de Daniel Noboa est toutefois assombri par des critiques d’organisations de défense des droits humains sur les dérives de sa politique sécuritaire.En décembre, la justice a ordonné la détention provisoire de 16 militaires soupçonnés de la disparition forcée de quatre adolescents dont les corps ont été retrouvés calcinés, une affaire qui a choqué le pays.Malgré les mesures drastiques et notamment les états d’urgence autorisant les militaires à patrouiller dans les rues, le taux d’homicides est resté élevé, à 38 pour 100.000 habitants en 2024, après un record de 47 en 2023.En 2018, avant la vague de criminalité liée au narcotrafic qui a poussé des dizaines de milliers d’Equatoriens à fuir leur pays et effrayé investisseurs et touristes, le taux d’homicides était de 6 pour 100.000 habitants.Concentré sur le financement de la coûteuse guerre contre le narcotrafic, l’Etat affiche une dette publique atteignant environ 57% du PIB. Le taux de pauvreté dans le pays s’élève à 28%.- Défi -Luisa Gonzalez, ex-députée, espère prendre sa revanche après une première joute électorale remportée par M. Noboa en 2023. Le soutien que lui apporte l’ex-président socialiste en exil Rafael Correa, condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption, divise les électeurs.Avocate évangélique, elle aspire à être la première présidente élue d’Equateur avec un programme promettant plus de sécurité, teinté de respect des droits humains.Lors du premier tour, les forces de sécurité étaient largement déployées près des bureaux de vote.Les frontières sont fermées jusqu’à lundi, tandis qu’environ 100.000 membres des forces publiques surveillaient les élections.Le jour du scrutin, un policier a été tué et un autre blessé lors d’une “attaque armée” dans la ville portuaire de Guayaquil, selon la police.”Il y a des rapports de renseignement qui disent qu’il y a des risques et qu’ils veulent me tuer, mais il y a un défi plus grand ici. Il y a le défi de transformer le pays”, a déclaré Luisa Gonzalez lors d’un entretien à l’AFP à la veille de l’élection.