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“Enjeu démocratique”: les valeurs de l’IA en discussion au sommet de Paris

Quelle philosophie pour l’intelligence artificielle (IA) ? Au premier jour du sommet international organisé à Paris, plusieurs voix se sont élevées lundi pour défendre une technologie plus transparente et revendiquer la place de l’Europe face à la mainmise des géants américains et chinois. “Il y a une course de valeurs et de modèle civilisationnel” face à ces deux grandes puissances. “Ce n’est pas seulement un enjeu économique, c’est aussi un enjeu démocratique et politique”, a ainsi mis en avant la ministre française du Numérique, Clara Chappaz, interrogée par l’AFP dans l’enceinte du Grand Palais.Une déclaration résonnant avec les prises de position de plusieurs acteurs de la tech, réunis pour ce “Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle”, co-présidé par l’Inde. Meredith Whittaker, présidente de l’application de discussion sécurisée Signal, et la présidente de l’autorité française de protection des données personnelles (Cnil), Marie-Laure Denis, ont elles appelé à une IA plus respectueuse de la vie privée. Tandis que Mark Surman, président de Mozilla, à l’origine du navigateur en source ouverte Firefox, a jugé dans un entretien avec l’AFP que l'”open source”, logiciels dont le code est accessible et peut être réutilisé par d’autres, devait être “la clé” pour l’IA “à un moment où la sécurité compte et où la croissance économique compte”.- “Plutôt en avance” -Plusieurs tables rondes ont traité des impacts concrets de l’IA et des potentiels dangers de cette technologie en plein essor depuis deux ans avec l’arrivée de l’américain ChatGPT. Des dirigeants de la tech, tels que Sam Altman d’OpenAI, créateur de ChatGPT, Sundar Pichai, directeur général de Google, ou Dario Amodei, patron de la start-up américaine Anthropic, devaient aussi se pencher sur une gouvernance mondiale de l’IA visant à encadrer ses potentielles dérives.Le patron de X, Elon Musk, ne sera pas en revanche parmi les quelque 1.500 participants. Pas plus que Liang Wenfeng, fondateur de la dernière start-up en vue, la chinoise DeepSeek, a indiqué l’Elysée.Pour la France, l’enjeu de ce sommet est double: prouver sa capacité à rester dans la course face aux États-Unis et à la Chine et prôner une intelligence artificielle plus éthique et frugale.Pour l’homme d’affaires français Xavier Niel, à la tête du groupe Iliad, maison mère de l’opérateur de téléphonie Free et du laboratoire de recherche en IA Kyutai, “l’idée, c’est de montrer au monde entier que la France est plutôt en avance”.Interrogé lundi sur la radio France Inter, aux côtés d’Arthur Mensch, patron et co-fondateur de la start-up française MistralAI, M. Niel a mis en avant le savoir-faire des équipes à l’origine du robot conversationnel de cette dernière, “Le Chat”, rival de ChatGPT.La start-up française a, par ailleurs, officialisé un partenariat avec Helsing, une entreprise européenne spécialisée dans l’IA de défense, alors qu’elle a multiplié récemment les annonces d’accords (avec l’AFP, le constructeur automobile Stellantis ou France Travail). En Europe, “tout le monde doit travailler avec Mistral”, a insisté Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque d’investissement Bpifrance, sur la chaîne BFM Business.- “Leader mondial” -En parallèle, plus de 60 grandes entreprises ont annoncé le lancement d’une coalition visant à faire de l’Europe un “leader mondial” et à simplifier “drastiquement” le cadre réglementaire européen.Baptisée “EU AI Champions Initiative”, cette alliance doit être présentée lundi à l’Elysée à Emmanuel Macron, à 15 autres chefs d’État et de gouvernement européens, ainsi qu’à la cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen.”On veut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort”, a insisté dimanche le président français, en dévoilant que 109 milliards d’euros allaient être investis par des entreprises privées dans l’IA en France dans les prochaines années.Si le détail de ce montant doit être précisé pendant le sommet, il inclut plusieurs annonces déjà faites, dont un centre de données géant financé par les Emirats arabes unis à hauteur de “30 à 50 milliards d’euros”, ainsi que 20 milliards d’euros du fonds canadien Brookfield pour de nouveaux data centers dans l’Hexagone. Une dizaine de grands supercalculateurs dédiés à la recherche publique ou ouverts pour les start-up européennes devraient aussi être annoncés par Ursula von der Leyen. Ces ordinateurs surpuissants sont cruciaux pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’IA.Mardi, une séance plénière réunira les chefs d’États d’une centaine de pays, tandis que se tiendra en parallèle un “Business Day” pour faire se rencontrer les entreprises de la tech venues à Paris.bur-kf-dax-mng/pel/mch/mg/

Dans la forêt allemande, l’armée américaine tire les enseignements de l’Ukraine

Dans une forêt bavaroise, un drone de reconnaissance noir bourdonne, tel un moustique surdimensionné, piloté par des soldats américains désireux de moderniser leur armée et d’appliquer les enseignements de la guerre en Ukraine.Bon marché et de plus en plus présents, les drones ont changé les logiques du champ de bataille, particulièrement en Ukraine où Moscou …

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Dans la forêt allemande, l’armée américaine tire les enseignements de l’Ukraine

Dans une forêt bavaroise, un drone de reconnaissance noir bourdonne, tel un moustique surdimensionné, piloté par des soldats américains désireux de moderniser leur armée et d’appliquer les enseignements de la guerre en Ukraine.Bon marché et de plus en plus présents, les drones ont changé les logiques du champ de bataille, particulièrement en Ukraine où Moscou et Kiev les utilisent pour des attaques ou la surveillance des troupes ennemies.Avec la multiplication de ces outils, l’Ukraine “est un champ de bataille transparent”, explique le général de brigade Steve Carpenter lors d’un entrainement, en présence de l’AFP, sur la base militaire américaine de Hohenfels, en Bavière.”C’est pourquoi les troupes sont terrées dans des bunkers ou se déplacent constamment. Si vous vous arrêtez, vous êtes morts”, ajoute-t-il.Le conflit qui dure depuis bientôt trois ans a précipité les changements au sein de l’armée américaine, affirme le chef d’état-major Randy George.Les unités déployées se sont plus petites et plus mobiles, pour être plus difficiles à cibler.Lors de l’exercice organisée en Bavière pour des soldats de la troisième brigade appartenant à la 10ème division de montagne, le quartier général a changé quatre fois de position en neuf jours, avec généralement pas plus d’une vingtaine d’hommes présents en même temps. En Irak ou en Afghanistan, la capacité dans un poste de commandement était d’une centaine de soldats.La leçon la plus importante à tirer de la guerre en Ukraine “est la rapidité avec laquelle nous devons changer”, insiste Randy George qui observe l’exercice et prédit une armée plus “flexible, agile et adaptable”.- Produire plus d’armes -Les forces américaines veulent aussi accélérer leur capacité d’approvisionnement.A Hohenfels, l’armée teste de nouveaux camions General Motors, un modèle civil réaffecté à un usage militaire en trois mois, peut-être un temps record, estime Alex Miller, conseiller technologique. Mais développer les capacités guerrières des drones pourrait s’avérer plus complexe.Car plusieurs des pièces utilisées en Ukraine sont construites en Chine, dont Washington ne veut pas dépendre pour son équipement militaire, sur fond de tensions commerciales grandissantes entre les deux puissances.Celles-ci pourraient s’aggraver avec le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui a déjà annoncé des droits de douanes supplémentaires de 10% sur les importations de produits chinois.Depuis des décennies, les capacités industrielles de la première puissance mondiale s’érodent, le nombre de personnes employées dans les industries de défense américaines ayant chuté de 1,9 million, soit 63,5%, par rapport à 1985, selon le ministère de la Défense.”L’industrie américaine n’a pas la capacité de produire des drones comme les Chinois”, dit sans détour le colonel Dave Butler, conseiller en communication du chef d’état-major.Selon lui, une seule personne a les moyens de fabriquer en masse des drones pour les Etats-Unis: Elon Musk grâce à ses usines Tesla de véhicules électriques, qui produisent d’avantage leurs propres composants que ses concurrents.”Si nous devions subitement appuyer sur un bouton et fabriquer 10.000 drones par mois, seul Elon pourrait le faire”, imagine-t-il.L’entrepreneur multimilliardaire est omniprésent sur la scène politique américaine depuis que le président Donald Trump en a fait l’un de ses plus proches conseillers.Les Etats-Unis ont besoin d’aide pour combler des besoins immenses, confirme Alex Miller.”Nous essayons d’encourager la production américaine de contrôleurs de vol (“cerveau” du drone), de caméras et d’antennes”, explique-t-il.”Mais nous ne pouvons pas être les seuls à le faire, l’Europe doit aussi y participer”.Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, effectue cette semaine son premier déplacement sur le Vieux continent, avec une étape lundi pour rencontrer le personnel militaire américain stationné en Allemagne.

Escalade des droits de douane: Trump cible l’aluminium et l’acier

La guerre commerciale promise par Donald Trump doit entrer lundi dans une nouvelle phase avec des droits de douane de 25% sur l’acier et l’aluminium, si toutefois le président américain mène le projet jusqu’au bout.Rendus prudents par des volte-face récentes du milliardaire républicain vis-à-vis du Canada, du Mexique et de la Chine, les marchés n’ont …

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Climat: les pays tardent à dévoiler leurs objectifs nationaux de décarbonation

Près de 200 pays du monde entier avaient jusqu’à lundi pour rendre leur nouvelle feuille de route climatique à l’ONU. Mais la quasi totalité ont raté le rendez-vous, suscitant des craintes d’attentisme des grandes économies dans leur lutte contre le changement climatique après le retour de Donald Trump.Selon une base de données de l’ONU, seuls 10 signataires de l’accord de Paris ont soumis leur stratégie actualisée de réduction des gaz à effet de serre d’ici à 2035 avant la date limite du 10 février.Si le Royaume-Uni, la Suisse ou le Brésil -hôte de la COP30 en novembre- ont bien déposé leur plan, d’autres manquent à l’appel et non des moindres: la Chine, l’Inde ou l’Union européenne par exemple.Quant au plan déposé par les Etats-Unis sous l’administration Biden, il restera probablement lettre morte compte tenu de la réélection de Donald Trump, qui a annoncé un nouveau retrait de son pays de l’accord de Paris.Ce retrait est “clairement un revers” pour la diplomatie climatique et peut expliquer l’attentisme des autres pays, juge Ebony Holland, du groupe de réflexion International Institute for Environment and Development (IIED).”Il y a clairement de grands changements géopolitiques en cours qui s’avèrent compliqués pour la coopération internationale, surtout sur de gros sujets comme le changement climatique”, a-t-elle observé.- Trajectoire +2,6°C -L’accord de Paris prévoit que ses signataires révisent régulièrement leurs engagements de décarbonation, appelés “contributions déterminées au niveau national” (CDN dans le jargon onusien). Ces textes détaillent, par exemple, la manière dont un pays compte s’y prendre pour développer les énergies renouvelables ou sortir du charbon.Ces stratégies sont censées refléter la part prise par chaque pays pour contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Pour y parvenir, les émissions mondiales, pas encore en déclin, doivent être divisées par deux d’ici à 2030.Or, selon l’ONU, les précédentes feuilles de route entraînent le monde, déjà plus chaud de 1,3°C, vers un réchauffement catastrophique de 2,6°C à 2,8°C. A ce niveau, les canicules, sécheresses et précipitations extrêmes, déjà en augmentation, deviendront extrêmes, accompagnées d’une multiplication des disparitions d’espèces et d’une hausse irréversible du niveau des mers.Le retard du dépôt des CDN – dont les objectifs ne sont pas juridiquement contraignants – n’entraîne pas de pénalité.L’ONU Climat a d’ailleurs acté ces délais: son secrétaire exécutif Simon Stiell, qui qualifie les CDN de “documents de politique publique les plus importants du siècle”, a jugé “raisonnable de prendre un peu plus de temps pour s’assurer que ces plans sont de première qualité”.Selon un responsable de l’ONU, plus de 170 pays ont indiqué qu’ils comptaient soumettre leur plan cette année, une grande majorité d’entre eux avant la COP30.”Au plus tard, l’équipe du secrétariat doit les avoir reçus d’ici septembre”, a ajouté le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), lors d’un discours au Brésil jeudi.- “Volonté d’agir”? -Certains pays ont besoin de préciser leur vision, reconnaît Linda Kalcher, directrice exécutive du groupe de réflexion européen Strategic Perspectives. Mais “ce qui est inquiétant, c’est que si trop de pays sont en retard, ça peut donner l’impression qu’ils n’ont pas la volonté d’agir”, craint-elle.Outre le retour de Donald Trump, les dirigeants de nombreux pays doivent se débattre avec l’inflation, la dette ou l’approche d’élections importantes, comme en Allemagne. L’Union européenne est aussi confrontée à une montée de partis d’extrême droite hostiles aux politiques en faveur du climat. Le bloc de 27 pays compte toutefois déposer sa feuille de route “bien avant” la COP30 et entend rester “une voix prééminente pour l’action climatique internationale”, a assuré une porte-parole.Quant à la Chine, premier pollueur mondial devenu le premier investisseur dans les renouvables, elle devrait aussi dévoiler son plan, très attendu, dans l’année.Pour l’instant, rares sont les stratégies à la hauteur, selon Climate Action Tracker, qui critique les dernières actualisations des Emirats Arabes Unis, des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande et de la Suisse. Seul le Royaume-Uni tire son épingle du jeu, selon ce groupe de recherche.np-jmi-adc-bl/abb/tes

Climat: les pays tardent à dévoiler leurs objectifs nationaux de décarbonation

Près de 200 pays du monde entier avaient jusqu’à lundi pour rendre leur nouvelle feuille de route climatique à l’ONU. Mais la quasi totalité ont raté le rendez-vous, suscitant des craintes d’attentisme des grandes économies dans leur lutte contre le changement climatique après le retour de Donald Trump.Selon une base de données de l’ONU, seuls …

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Près de 200 pays du monde entier avaient jusqu’à lundi pour rendre leur nouvelle feuille de route climatique à l’ONU. Mais la quasi totalité ont raté le rendez-vous, suscitant des craintes d’attentisme des grandes économies dans leur lutte contre le changement climatique après le retour de Donald Trump.Selon une base de données de l’ONU, seuls 10 signataires de l’accord de Paris ont soumis leur stratégie actualisée de réduction des gaz à effet de serre d’ici à 2035 avant la date limite du 10 février.Si le Royaume-Uni, la Suisse ou le Brésil -hôte de la COP30 en novembre- ont bien déposé leur plan, d’autres manquent à l’appel et non des moindres: la Chine, l’Inde ou l’Union européenne par exemple.Quant au plan déposé par les Etats-Unis sous l’administration Biden, il restera probablement lettre morte compte tenu de la réélection de Donald Trump, qui a annoncé un nouveau retrait de son pays de l’accord de Paris.Ce retrait est “clairement un revers” pour la diplomatie climatique et peut expliquer l’attentisme des autres pays, juge Ebony Holland, du groupe de réflexion International Institute for Environment and Development (IIED).”Il y a clairement de grands changements géopolitiques en cours qui s’avèrent compliqués pour la coopération internationale, surtout sur de gros sujets comme le changement climatique”, a-t-elle observé.- Trajectoire +2,6°C -L’accord de Paris prévoit que ses signataires révisent régulièrement leurs engagements de décarbonation, appelés “contributions déterminées au niveau national” (CDN dans le jargon onusien). Ces textes détaillent, par exemple, la manière dont un pays compte s’y prendre pour développer les énergies renouvelables ou sortir du charbon.Ces stratégies sont censées refléter la part prise par chaque pays pour contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Pour y parvenir, les émissions mondiales, pas encore en déclin, doivent être divisées par deux d’ici à 2030.Or, selon l’ONU, les précédentes feuilles de route entraînent le monde, déjà plus chaud de 1,3°C, vers un réchauffement catastrophique de 2,6°C à 2,8°C. A ce niveau, les canicules, sécheresses et précipitations extrêmes, déjà en augmentation, deviendront extrêmes, accompagnées d’une multiplication des disparitions d’espèces et d’une hausse irréversible du niveau des mers.Le retard du dépôt des CDN – dont les objectifs ne sont pas juridiquement contraignants – n’entraîne pas de pénalité.L’ONU Climat a d’ailleurs acté ces délais: son secrétaire exécutif Simon Stiell, qui qualifie les CDN de “documents de politique publique les plus importants du siècle”, a jugé “raisonnable de prendre un peu plus de temps pour s’assurer que ces plans sont de première qualité”.Selon un responsable de l’ONU, plus de 170 pays ont indiqué qu’ils comptaient soumettre leur plan cette année, une grande majorité d’entre eux avant la COP30.”Au plus tard, l’équipe du secrétariat doit les avoir reçus d’ici septembre”, a ajouté le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), lors d’un discours au Brésil jeudi.- “Volonté d’agir”? -Certains pays ont besoin de préciser leur vision, reconnaît Linda Kalcher, directrice exécutive du groupe de réflexion européen Strategic Perspectives. Mais “ce qui est inquiétant, c’est que si trop de pays sont en retard, ça peut donner l’impression qu’ils n’ont pas la volonté d’agir”, craint-elle.Outre le retour de Donald Trump, les dirigeants de nombreux pays doivent se débattre avec l’inflation, la dette ou l’approche d’élections importantes, comme en Allemagne. L’Union européenne est aussi confrontée à une montée de partis d’extrême droite hostiles aux politiques en faveur du climat. Le bloc de 27 pays compte toutefois déposer sa feuille de route “bien avant” la COP30 et entend rester “une voix prééminente pour l’action climatique internationale”, a assuré une porte-parole.Quant à la Chine, premier pollueur mondial devenu le premier investisseur dans les renouvables, elle devrait aussi dévoiler son plan, très attendu, dans l’année.Pour l’instant, rares sont les stratégies à la hauteur, selon Climate Action Tracker, qui critique les dernières actualisations des Emirats Arabes Unis, des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande et de la Suisse. Seul le Royaume-Uni tire son épingle du jeu, selon ce groupe de recherche.np-jmi-adc-bl/abb/tes

A Epinay-sur-Orge, tristesse et effroi après le meurtre de Louise, collégienne de 11 ans

Deux jours après qu’une de leurs camarades de 11 ans a été retrouvée morte poignardée dans la nuit de vendredi à samedi, les élèves du collège André Maurois d’Epinay-sur-Orge (Essonne) ont repris les cours lundi sous le signe du deuil et de la stupeur.Accompagnés de leurs parents, les adolescents se sont attardés quelques instants devant les nombreux bouquets et bougies disposés en hommage à Louise contre un muret près de l’entrée de l’établissement, protégée par deux véhicules de police et une rubalise, a constaté un journaliste de l’AFP.Les traits sont tirés, les visages marqués. Des fonctionnaires de l’Education nationale dirigent les collégiens et les collégiennes vers l’intérieur du bâtiment.”On a tellement pleuré” ce week-end, témoigne Gisèle, venue à pied de chez elle avec sa fille, en classe de 5e, et une autre élève.”C’était tellement lourd qu’on a dit tout ce qu’on pouvait se dire”, poursuit-elle.Le corps de la collégienne, disparue à la sortie de son collège vendredi après-midi, a été retrouvé vers 2h30 samedi dans le bois des Templiers à Longjumeau, à quelques centaines de mètres de l’école.Une enquête pour meurtre sur mineur a été ouverte par le parquet d’Evry.Selon une source policière, l’adolescente avait été “frappée plus d’une dizaine de fois par un objet pouvant être un couteau”, notamment au niveau du torse et du cou.L’autopsie réalisée à l’institut médico-Légal de Corbeil-Essonnes a confirmé “que la fillette avait été lardée de nombreux coups piquants et tranchants”, a précisé cette même source.”On a essayé de rassurer nos enfants, mais ils sont au courant de tout via leurs téléphones et les réseaux et s’inventent des détails”, confie Emilie, qui scolarise ses deux enfants au collège.Lundi, le début des cours a été décalé d’une heure, à 9h30, a indiqué à l’AFP le rectorat de l’académie de Versailles.Une cellule d’écoute pour le personnel et les élèves a été ouverte au sein de l’établissement. Le recteur de l’académie de Versailles s’est déplacé au collège, où il a échangé avec des professeurs et des parents.Dès le week-end, une cellule d’écoute psychologique coordonnée par le SAMU avait été installée dans la mairie d’Epinay-sur-Orge.Un dispositif de sécurité sur les trajets du collège a également été mis en place depuis 8h00 par les communes de Longjumeau et Epinay-sur-Orge.- “Effroyable” -Des parents prévoient de conduire eux-mêmes leurs enfants jusqu’à l’école au cours des prochains jours.”Le téléphone de ma fille est normalement bloqué en journée”, explique pour sa part Gisèle.”Là, il est débloqué cette semaine pour qu’elle puisse m’appeler à la moindre difficulté”, ajoute-t-elle.Pour soutenir la famille de Louise, l’Association de parents indépendants d’Epinay-sur-Orge (APIE) a lancé dimanche une cagnotte solidaire en ligne.”Nous souhaitons souligner l’entraide et la bienveillance dont font preuve l’ensemble des Spinoliens, l’engagement et le professionnalisme de l’équipe éducative (…) et les garanties apportées par les services de police concernant la sécurité mise en place dans notre ville”, a réagi l’association dans un communiqué transmis à l’AFP.Un couple d’une vingtaine d’années avait été placé en garde à vue samedi. Il a été relâché sans poursuites à ce stade, a indiqué le parquet d’Evry.”On espère que la justice rattrapera cette personne”, glisse un père de famille, qui n’a pas souhaité préciser son identité.”Ça touche la population ici mais on ne sait pas où ça pourrait se reproduire”, ajoute-t-il.Des fouilles ont été menées dimanche jusqu’en fin d’après-midi dans le bois des Templiers. Pour l’heure, aucun nouveau suspect n’a été interpellé.Lundi matin, les abords du bois étaient calmes. Quelques policiers en civil ont patrouillé sur les lieux, ainsi que des forces de l’ordre à cheval, a pu constater un journaliste de l’AFP. “C’est effroyable”, a réagi Philippe (le prénom a été modifié), un riverain qui se promène quotidiennement dans le parc surplombant le vaste bois de 3,5 hectares.”Ca fait plus de 30 ans que j’habite à Epinay-sur-Orge et il n’y a jamais eu quelque chose de semblable”, affirme ce jeune retraité. 

Présidentielle en Equateur : le chef de l’Etat devance de peu sa rivale de gauche

Le chef de l’Etat sortant de l’Equateur Daniel Noboa devance lundi d’une très courte tête sa rivale de gauche Luisa Gonzalez, dont le score est meilleur que prévu à l’issue du premier tour de la présidentielle. Ce pays polarisé et frappé par la violence liée au trafic de drogue s’achemine vers un second tour en avril.Après que 92% des bulletins avaient été dépouillés lundi matin, M. Noboa récolte 44,31% des voix et sa rivale 43,83%, selon des résultats officiels.”Nous avons gagné la première manche face à tous les partis du Vieil Equateur”, a lancé sans un communiqué lundi le chef de l’Etat sortant, faisant allusion au fait que le mentor de Mme Gonzalez n’est autre que l’ex-président Rafael Correa, un socialiste resté dix ans à ce poste (2007-2017).  C’est une “grande victoire, nous avons gagné (…), nous sommes presque à égalité technique”, s’est quant à elle réjouie devant des partisans extatiques Luisa Gonzalez, une avocate de 47 ans et dauphine de M. Correa.”Si la tendance se maintient (…), nous retournerons aux urnes le 13 avril prochain”, pour le deuxième tour, a expliqué Diana Atamaint, la présidente du Conseil national électoral (CNE).- “Absolue normalité” -La journée “s’est déroulée dans une absolue normalité”, avec une participation de 83,38%, sur les 14 millions d’Equatoriens appelés aux urnes, avait-elle plus tôt annoncé. Dans la capitale Quito entourée de volcans, à 2.850 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout comme dans la ville portuaire de Guayaquil, les feux d’artifice et les klaxons ont accompagné le décompte. Les Equatoriens espèrent que le prochain gouvernement pourra redresser leur pays en crise économique, divisé et qui a basculé dans la violence.Une lutte féroce fait rage entre une myriade de groupes criminels se disputant le contrôle des voies lucratives qui relient, via des ports équatoriens, les plantations de coca de Colombie et du Pérou à l’Europe ou aux Etats-Unis.”C’est la pire crise depuis notre retour à la démocratie” il y a presque un demi-siècle, juge l’analyste politique local Leonardo Laso.”La situation dans le pays est très critique, beaucoup d’insécurité, peu de travail, beaucoup de gens qui partent”, a déploré Luis Briones, un ingénieur de 56 ans.- Dette publique élevée et pauvreté -A 37 ans, Daniel Noboa, fils d’un milliardaire entrepreneur dans la banane et tenant d’une ligne dure face aux cartels, est l’un des plus jeunes dirigeants du monde.”L’Equateur a déjà changé et veut continuer de changer, il veut consolider son triomphe”, a clamé cette semaine ce néo-libéral qui se dit de centre gauche et qui avait créé la surprise en 2023 en se faisant élire, après une campagne marquée par l’assassinat d’un candidat. Le bilan de Daniel Noboa est toutefois assombri par des critiques d’organisations de défense des droits humains sur les dérives de sa politique sécuritaire.En décembre, la justice a ordonné la détention provisoire de 16 militaires soupçonnés de la disparition forcée de quatre adolescents dont les corps ont été retrouvés calcinés, une affaire qui a choqué l’Equateur.Malgré les mesures drastiques et notamment l’autorisation donnée aux militaires de patrouiller dans les rues, le taux d’homicides est resté élevé, à 38 pour 100.000 habitants en 2024, après un record de 47 en 2023.En 2018, avant la vague de criminalité liée au narcotrafic qui a poussé des dizaines de milliers d’Equatoriens à fuir leur pays et effrayé investisseurs et touristes, le taux d’homicide était de six pour 100.000 habitants.Concentré sur le financement de la coûteuse guerre contre le trafic de drogue, l’Etat affiche une dette publique atteignant environ 57% du PIB. Le taux de pauvreté s’élève à 28%.- Défi -Luisa Gonzalez, une ex-députée, espère prendre sa revanche après une première joute électorale remportée par M. Noboa en 2023. Le soutien qu’apporte à cette évangélique l’ex-président Rafael Correa, condamné par contumace à huit ans de prison pour corruption et qui vit aujourd’hui en exil, divise les électeurs.Mme Gonzalez aspire à être la première présidente élue d’Equateur avec un programme promettant plus de sécurité et le respect des droits humains.Le jour du scrutin, un policier a été tué et un autre blessé au cours d’une “attaque armée” dans la ville portuaire de Guayaquil, selon la police.

Présidentielle en Equateur : le chef de l’Etat devance de peu sa rivale de gauche

Le chef de l’Etat sortant de l’Equateur Daniel Noboa devance lundi d’une très courte tête sa rivale de gauche Luisa Gonzalez, dont le score est meilleur que prévu à l’issue du premier tour de la présidentielle. Ce pays polarisé et frappé par la violence liée au trafic de drogue s’achemine vers un second tour en avril.Après …

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