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Syrie: plus de 10 ans après sa disparition, l’espoir de retrouver le père Paolo renaît

Dans un ancien monastère perché sur une colline rocheuse au nord de Damas, des proches du père Paolo Dall’Oglio poursuivent son œuvre, espérant que la chute de Bachar al-Assad permette enfin de lever le voile sur le sort du prêtre jésuite italien.Le père Paolo a vécu plusieurs années dans ce monastère fondé au VIe siècle …

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Syrie: plus de 10 ans après sa disparition, l’espoir de retrouver le père Paolo renaît

Dans un ancien monastère perché sur une colline rocheuse au nord de Damas, des proches du père Paolo Dall’Oglio poursuivent son œuvre, espérant que la chute de Bachar al-Assad permette enfin de lever le voile sur le sort du prêtre jésuite italien.Le père Paolo a vécu plusieurs années dans ce monastère fondé au VIe siècle et dont il a contribué à la restauration.Opposant farouche au pouvoir sous Bachar al-Assad, il avait été expulsé en 2012 après avoir rencontré des membres de l’opposition. L’année suivante, il était revenu clandestinement dans les zones rebelles, avant de disparaître en juillet 2013 alors qu’il se rendait à Raqqa pour négocier la libération de militants enlevés par un groupe qui deviendrait plus tard l’organisation Etat islamique (EI).”Nous voulons savoir si le père Paolo est vivant ou mort, qui l’a emprisonné et qu’en est-il de son sort”, affirme le père Jihad Youssef, supérieur du monastère Deir Mar Moussa al-Habachi (Saint-Moïse l’Abyssin), situé à une centaine de kilomètres de la capitale syrienne.Depuis sa disparition, des informations contradictoires ont circulé sur son sort: certaines affirmant qu’il a été capturé par les jihadistes, d’autres qu’il a été tué ou encore remis aux autorités syriennes.La défaite territoriale de l’EI en 2019 n’a apporté aucune certitude, dans un pays où des dizaines de milliers de personnes ont disparu dans les geôles de Bachar al-Assad ou ont été portées disparues au cours de la guerre civile déclenchée en 2011.La chute de Bachar al-Assad en décembre dernier a permis à ses amis du monastère d’exprimer ouvertement leurs soupçons selon lesquels le père Paolo aurait pu être “emprisonné par le régime”, explique le père Youssef.”Nous avons attendu un signe de lui… dans la prison de Saydnaya ou la branche Palestine”, dit-il, en référence à des centres de détention tristement célèbres, d’où des détenus ont été libérés après la chute de Bachar al-Assad.”On nous a dit beaucoup de choses, notamment qu’il aurait été aperçu à la prison d’Adra en 2019″, à la périphérie de Damas, “mais rien de fiable”, ajoute-t-il.- “Coexistence possible” -Né en 1954, Paolo Dall’Oglio prônait le dialogue interreligieux. A Deir Mar Moussa, chrétiens et musulmans se réunissaient pour prier côte à côte, faisant du monastère un symbole de coexistence.Le monastère était un pont pour le dialogue entre Syriens, dans un pays que “l’ancien régime avait divisé en communautés, nourrissant une méfiance mutuelle”, souligne le père Youssef.Quelque 30.000 visiteurs s’y sont rendus en 2010, avant la guerre et la disparition de Paolo Dall’Oglio.Le monastère a rouvert ses portes en 2022.”Je ne connaissais pas le père Paolo”, confie Chatha al-Barrah, 28 ans, venue en retraite spirituelle. “Mais je sais qu’il ressemble à ce monastère, qui ouvre son cœur à tous, quelles que soient leurs croyances”, dit cette interprète en gravissant les 300 marches menant aux bâtiments en partie creusés dans la roche.Pour Julian Zakka, 28 ans, c’est la figure du prêtre italien qui l’a poussé à entrer dans l’ordre des jésuites.”Le père Paolo combattait l’amalgame entre islam et extrémisme’, explique-t-il, “et insistait sur le fait que la coexistence était possible”.- “Profondes blessures” -Depuis la chute de Bachar al-Assad, les nouvelles autorités s’efforcent de rassurer les minorités.Bachar al-Assad s’était présenté comme un protecteur des minorités dans une Syrie multiethnique et multiconfessionnelle, tout en concentrant le pouvoir entre les mains de la minorité alaouite, dont il est issu.”Le régime se présentait comme notre protecteur, mais en réalité, il nous utilisait comme bouclier”, estime le père Youssef.Il dit espérer qu'”enfin, le poids qui pesait sur nos poitrines s’est levé et que nous pouvons respirer”, après des décennies de “mort politique”.Et veut transmettre le message du père Paolo.”Nous allons reprendre les activités qu’il aimait tant”, annonce-t-il, notamment une marche prévue dans la province de Homs, où cohabitent alaouites, sunnites et chiites.”Le régime a creusé de profondes blessures entre les différentes communautés musulmanes” à Homs, souligne-t-il.”Père Paolo voulait organiser une grande procession là-bas  –prier sur les charniers, être un pont entre les gens– pour qu’ils écoutent la douleur des autres, pleurent ensemble et se tiennent la main.”

Syrie: plus de 10 ans après sa disparition, l’espoir de retrouver le père Paolo renaît

Dans un ancien monastère perché sur une colline rocheuse au nord de Damas, des proches du père Paolo Dall’Oglio poursuivent son œuvre, espérant que la chute de Bachar al-Assad permette enfin de lever le voile sur le sort du prêtre jésuite italien.Le père Paolo a vécu plusieurs années dans ce monastère fondé au VIe siècle et dont il a contribué à la restauration.Opposant farouche au pouvoir sous Bachar al-Assad, il avait été expulsé en 2012 après avoir rencontré des membres de l’opposition. L’année suivante, il était revenu clandestinement dans les zones rebelles, avant de disparaître en juillet 2013 alors qu’il se rendait à Raqqa pour négocier la libération de militants enlevés par un groupe qui deviendrait plus tard l’organisation Etat islamique (EI).”Nous voulons savoir si le père Paolo est vivant ou mort, qui l’a emprisonné et qu’en est-il de son sort”, affirme le père Jihad Youssef, supérieur du monastère Deir Mar Moussa al-Habachi (Saint-Moïse l’Abyssin), situé à une centaine de kilomètres de la capitale syrienne.Depuis sa disparition, des informations contradictoires ont circulé sur son sort: certaines affirmant qu’il a été capturé par les jihadistes, d’autres qu’il a été tué ou encore remis aux autorités syriennes.La défaite territoriale de l’EI en 2019 n’a apporté aucune certitude, dans un pays où des dizaines de milliers de personnes ont disparu dans les geôles de Bachar al-Assad ou ont été portées disparues au cours de la guerre civile déclenchée en 2011.La chute de Bachar al-Assad en décembre dernier a permis à ses amis du monastère d’exprimer ouvertement leurs soupçons selon lesquels le père Paolo aurait pu être “emprisonné par le régime”, explique le père Youssef.”Nous avons attendu un signe de lui… dans la prison de Saydnaya ou la branche Palestine”, dit-il, en référence à des centres de détention tristement célèbres, d’où des détenus ont été libérés après la chute de Bachar al-Assad.”On nous a dit beaucoup de choses, notamment qu’il aurait été aperçu à la prison d’Adra en 2019″, à la périphérie de Damas, “mais rien de fiable”, ajoute-t-il.- “Coexistence possible” -Né en 1954, Paolo Dall’Oglio prônait le dialogue interreligieux. A Deir Mar Moussa, chrétiens et musulmans se réunissaient pour prier côte à côte, faisant du monastère un symbole de coexistence.Le monastère était un pont pour le dialogue entre Syriens, dans un pays que “l’ancien régime avait divisé en communautés, nourrissant une méfiance mutuelle”, souligne le père Youssef.Quelque 30.000 visiteurs s’y sont rendus en 2010, avant la guerre et la disparition de Paolo Dall’Oglio.Le monastère a rouvert ses portes en 2022.”Je ne connaissais pas le père Paolo”, confie Chatha al-Barrah, 28 ans, venue en retraite spirituelle. “Mais je sais qu’il ressemble à ce monastère, qui ouvre son cœur à tous, quelles que soient leurs croyances”, dit cette interprète en gravissant les 300 marches menant aux bâtiments en partie creusés dans la roche.Pour Julian Zakka, 28 ans, c’est la figure du prêtre italien qui l’a poussé à entrer dans l’ordre des jésuites.”Le père Paolo combattait l’amalgame entre islam et extrémisme’, explique-t-il, “et insistait sur le fait que la coexistence était possible”.- “Profondes blessures” -Depuis la chute de Bachar al-Assad, les nouvelles autorités s’efforcent de rassurer les minorités.Bachar al-Assad s’était présenté comme un protecteur des minorités dans une Syrie multiethnique et multiconfessionnelle, tout en concentrant le pouvoir entre les mains de la minorité alaouite, dont il est issu.”Le régime se présentait comme notre protecteur, mais en réalité, il nous utilisait comme bouclier”, estime le père Youssef.Il dit espérer qu'”enfin, le poids qui pesait sur nos poitrines s’est levé et que nous pouvons respirer”, après des décennies de “mort politique”.Et veut transmettre le message du père Paolo.”Nous allons reprendre les activités qu’il aimait tant”, annonce-t-il, notamment une marche prévue dans la province de Homs, où cohabitent alaouites, sunnites et chiites.”Le régime a creusé de profondes blessures entre les différentes communautés musulmanes” à Homs, souligne-t-il.”Père Paolo voulait organiser une grande procession là-bas  –prier sur les charniers, être un pont entre les gens– pour qu’ils écoutent la douleur des autres, pleurent ensemble et se tiennent la main.”

Au sommet sur l’IA à Paris, les Etats-Unis en pourfendeurs de la régulation

Le sommet de Paris sur l’intelligence artificielle a vu s’affronter mardi deux visions du monde, les Etats-Unis appelant à limiter la régulation pour “ne pas tuer une industrie en plein essor” qu’ils dominent et ne signant pas l’appel sur une IA “ouverte”, “inclusive” et “éthique”.A la clôture du sommet à la mi-journée, les signataires, qui incluent la Chine, la France et l’Inde (les deux co-organisateurs), se sont prononcés pour une coordination renforcée de la gouvernance de l’IA nécessitant un “dialogue mondial” et ont appelé à éviter “une concentration du marché” afin que cette technologie soit plus accessible.Une vision très éloignée de celle défendue par les Etats-Unis qui, comme le Royaume-Uni, ne figurent pas parmi les signataires de cette déclaration, voulue par le président français Emmanuel Macron et rassemblant des principes partagés de régulation, un thème maintes fois abordé lors de ce sommet qui a débuté lundi.Ce grand raout mêlant dirigeants politiques et patrons de la tech dans l’enceinte du Grand Palais a été marqué mardi par le discours très offensif du vice-président américain J.D. Vance, dont c’est le premier déplacement à l’international depuis la prise de fonction de Donald Trump fin janvier et l’annonce de “Stargate”, un plan d’investissements dans l’IA américaine à hauteur de 500 milliards de dollars. – “Pro-croissance” -A rebours d’une Europe voulant aller plus vite tout en définissant un cadre à l’essor de l’IA, il a souhaité faire “tous les efforts possibles pour encourager les politiques pro-croissance” en la matière.”Les Etats-Unis sont les leaders dans l’IA et notre administration entend qu’ils le restent”, a-t-il souligné, quelques heures après des informations sur une offre non sollicitée d’Elon Musk, l’homme le plus riche du monde et membre de l’administration Trump, sur la start-up OpenAI, à l’origine de ChatGPT.Selon le Wall Street Journal, le milliardaire (qui dispose déjà de sa propre start-up d’IA générative, xAI, lancée en 2023) veut, avec un groupe d’investisseurs, racheter l’organisation à but non lucratif qui contrôle OpenAI pour 97,4 milliards de dollars.”Non merci”, lui a répondu lundi sur X le patron d’OpenAI, Sam Altman, présent au sommet de Paris.Avant de quitter la nef du Grand Palais pour déjeuner à l’Elysée, J.D. Vance a également mis en garde contre les partenariats avec les “régimes autoritaires”, dans une référence à peine voilée à la Chine. “S’associer avec eux (ces régimes, NDLR) revient à enchaîner votre nation à un maître autoritaire qui cherche à infiltrer, s’installer et s’emparer de votre infrastructure d’information”.- Prochain sommet en Inde -En réponse aux ambitions américaines, Emmanuel Macron a insisté sur le “besoin de règles” et d’un “cadre de confiance” pour accompagner le développement de l’IA. “Nous avons besoin de ces règles pour que l’IA avance” et “besoin de continuer à faire avancer une gouvernance internationale de l’IA”, a-t-il dit, en clôture du sommet qui s’est traduit pour la France en annonces sonnantes et trébuchantes, avec un plan d’investissements privés à hauteur de 109 milliards d’euros.Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, qui co-présidait le sommet IA et va accueillir le prochain, le défi est de ne pas laisser “le sud global”, dont son pays et ses 1,4 milliard d’habitants, à la traine d’une révolution technologique en plein boom.Alors que l’Europe tente d’avancer ses pions dans cette course à l’IA, l’Union européenne a dévoilé mardi un plan d’investissements de 200 milliards d’euros, dont 150 milliards venant de grands groupes. Il s’agit du “plus grand partenariat public-privé dans le monde pour le développement d’une IA fiable”, au sein de l’alliance “EU AI Champions Initiative” qui regroupe plus de 60 entreprises, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Le “leadership mondial est toujours à saisir”, a-t-elle estimé.Parallèlement au sommet, se tient mardi un rendez-vous “business” pour les entreprises de la tech européenne et internationale à Station F, l’incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel, en présence notamment d’OpenAI. M. Macron doit aller à la rencontre des entrepreneurs sur place dans l’après-midi.

Au sommet sur l’IA à Paris, les Etats-Unis en pourfendeurs de la régulation

Le sommet de Paris sur l’intelligence artificielle a vu s’affronter mardi deux visions du monde, les Etats-Unis appelant à limiter la régulation pour “ne pas tuer une industrie en plein essor” qu’ils dominent et ne signant pas l’appel sur une IA “ouverte”, “inclusive” et “éthique”.A la clôture du sommet à la mi-journée, les signataires, qui incluent la Chine, la France et l’Inde (les deux co-organisateurs), se sont prononcés pour une coordination renforcée de la gouvernance de l’IA nécessitant un “dialogue mondial” et ont appelé à éviter “une concentration du marché” afin que cette technologie soit plus accessible.Une vision très éloignée de celle défendue par les Etats-Unis qui, comme le Royaume-Uni, ne figurent pas parmi les signataires de cette déclaration, voulue par le président français Emmanuel Macron et rassemblant des principes partagés de régulation, un thème maintes fois abordé lors de ce sommet qui a débuté lundi.Ce grand raout mêlant dirigeants politiques et patrons de la tech dans l’enceinte du Grand Palais a été marqué mardi par le discours très offensif du vice-président américain J.D. Vance, dont c’est le premier déplacement à l’international depuis la prise de fonction de Donald Trump fin janvier et l’annonce de “Stargate”, un plan d’investissements dans l’IA américaine à hauteur de 500 milliards de dollars. – “Pro-croissance” -A rebours d’une Europe voulant aller plus vite tout en définissant un cadre à l’essor de l’IA, il a souhaité faire “tous les efforts possibles pour encourager les politiques pro-croissance” en la matière.”Les Etats-Unis sont les leaders dans l’IA et notre administration entend qu’ils le restent”, a-t-il souligné, quelques heures après des informations sur une offre non sollicitée d’Elon Musk, l’homme le plus riche du monde et membre de l’administration Trump, sur la start-up OpenAI, à l’origine de ChatGPT.Selon le Wall Street Journal, le milliardaire (qui dispose déjà de sa propre start-up d’IA générative, xAI, lancée en 2023) veut, avec un groupe d’investisseurs, racheter l’organisation à but non lucratif qui contrôle OpenAI pour 97,4 milliards de dollars.”Non merci”, lui a répondu lundi sur X le patron d’OpenAI, Sam Altman, présent au sommet de Paris.Avant de quitter la nef du Grand Palais pour déjeuner à l’Elysée, J.D. Vance a également mis en garde contre les partenariats avec les “régimes autoritaires”, dans une référence à peine voilée à la Chine. “S’associer avec eux (ces régimes, NDLR) revient à enchaîner votre nation à un maître autoritaire qui cherche à infiltrer, s’installer et s’emparer de votre infrastructure d’information”.- Prochain sommet en Inde -En réponse aux ambitions américaines, Emmanuel Macron a insisté sur le “besoin de règles” et d’un “cadre de confiance” pour accompagner le développement de l’IA. “Nous avons besoin de ces règles pour que l’IA avance” et “besoin de continuer à faire avancer une gouvernance internationale de l’IA”, a-t-il dit, en clôture du sommet qui s’est traduit pour la France en annonces sonnantes et trébuchantes, avec un plan d’investissements privés à hauteur de 109 milliards d’euros.Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, qui co-présidait le sommet IA et va accueillir le prochain, le défi est de ne pas laisser “le sud global”, dont son pays et ses 1,4 milliard d’habitants, à la traine d’une révolution technologique en plein boom.Alors que l’Europe tente d’avancer ses pions dans cette course à l’IA, l’Union européenne a dévoilé mardi un plan d’investissements de 200 milliards d’euros, dont 150 milliards venant de grands groupes. Il s’agit du “plus grand partenariat public-privé dans le monde pour le développement d’une IA fiable”, au sein de l’alliance “EU AI Champions Initiative” qui regroupe plus de 60 entreprises, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Le “leadership mondial est toujours à saisir”, a-t-elle estimé.Parallèlement au sommet, se tient mardi un rendez-vous “business” pour les entreprises de la tech européenne et internationale à Station F, l’incubateur de start-up fondé par le milliardaire français Xavier Niel, en présence notamment d’OpenAI. M. Macron doit aller à la rencontre des entrepreneurs sur place dans l’après-midi.

Guerre commerciale américaine: Bruxelles et Ottawa affichent leur fermeté, Séoul conciliante

Le Canada et l’Union européenne ont dénoncé fermement mardi l’imposition dans un mois de droits de douanes massifs et généralisés sur l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis, nouvel acte dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, tandis que Séoul a dit vouloir se rapprocher de Washington pour protéger ses entreprises.”Nous travaillerons avec l’administration américaine au cours des prochaines semaines pour mettre en évidence les impacts négatifs de ces droits de douane inacceptables”, a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau à l’occasion du sommet de l’IA à Paris, promettant, “si cela s’avère nécessaire”, une réponse “ferme et claire”.”Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse: ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées”, avait assuré quelques heures plus tôt la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une réunion des ministres européens du commerce sur ce sujet est prévue mercredi.Le président américain a signé lundi soir deux décrets portant sur ces droits de douane, utilisant de manière désormais concrète le principal levier de sa politique économique contre ses partenaires commerciaux. Le Canada en est la première victime, étant le principal fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis.”Aujourd’hui, je simplifie nos droits de douane sur l’acier et l’aluminium afin que tout le monde comprenne ce que cela signifie. C’est 25%, sans exception ou exemption. Et c’est tous les pays”, a-t-il dit à la presse, depuis la Maison Blanche. – Séoul joue la “proximité” -Donald Trump s’est fait élire fin 2024 en promettant aux Américains un “nouvel âge d’or” et entend réduire le déficit commercial américain qui s’est creusé de 133 milliards de dollars en 2024 pour atteindre près de 920 milliards de dollars, soit une hausse de 17% sur un an.Evoquant des risques pour la “sécurité nationale”, le républicain a publié deux décrets indiquant que les nouvelles règles s’appliqueraient “à partir du 12 mars”. Elles toucheront l’acier et l’aluminium d’où qu’ils viennent, y compris de partenaires économiques qui bénéficiaient auparavant d’exemptions sur ces deux produits: Argentine, Australie, Canada, Mexique, UE et Royaume-Uni. Le Brésil, le Japon et la Corée du Sud se voient eux privés de l’exemption dont ils bénéficiaient pour l’acier et ses dérivés.Contrairement à l’UE et Canada, la Corée du Sud s’est montrée plus conciliante avec le président américain, un adepte des règlements transactionnels des différends.Séoul entend “protéger les intérêts de (ses) entreprises et réduire les incertitudes en construisant une relation de proximité avec l’administration Trump et en élargissant nos options diplomatiques”, a déclaré le chef de l’Etat par intérim, Choi Sang-mok. Donald Trump agite par ailleurs aussi la menace de droits de douanes sur d’autres secteurs clés pour l’économie coréenne (semiconducteurs, automobile, pharmacie) et Séoul, qui fait face aux menaces de la Corée du Nord, est très dépendante de Washington pour sa sécurité, bénéficiant de la protection nucléaire américaine.- La Chine visée par ricochet -Dans son argumentaire, Donald Trump accuse notamment certains des pays auparavant exemptés de servir de plaque tournante pour réexpédier vers les Etats-Unis de l’acier ou de l’aluminium en provenance de Chine. Pékin et Washington se livrent une concurrence féroce pour la prééminence mondiale dans tous les domaines: économique, militaire, technologique, commercial.    “Les producteurs chinois profitent de l’exclusion générale du Mexique des droits de douane pour acheminer l’aluminium chinois vers les États-Unis via le Mexique”, écrit-il.Lors de son premier mandat (2017-21), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Ces mesures avaient ensuite été levées, pour beaucoup, par lui-même ou par son successeur démocrate, Joe Biden.Lors de la première présidence Trump, les Européens avaient adopté des représailles très ciblées, comme sur le bourbon ou les motos Harley-Davidson.Par ailleurs, Donald Trump a aussi affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. Jusqu’ici, Donald Trump a davantage mis la pression sur les partenaires des Etats-Unis que sur le grand rival chinois, soumis depuis mardi à des droits de douane de 10% en plus de ceux déjà existants.Les mesures de rétorsion, à base de surtaxes ciblées sur certains produits américains, sont entrées en vigueur lundi. Elles portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par le président américain concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.

Guerre commerciale américaine: Bruxelles et Ottawa affichent leur fermeté, Séoul conciliante

Le Canada et l’Union européenne ont dénoncé fermement mardi l’imposition dans un mois de droits de douanes massifs et généralisés sur l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis, nouvel acte dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, tandis que Séoul a dit vouloir se rapprocher de Washington pour protéger ses entreprises.”Nous travaillerons avec l’administration américaine au cours des prochaines semaines pour mettre en évidence les impacts négatifs de ces droits de douane inacceptables”, a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau à l’occasion du sommet de l’IA à Paris, promettant, “si cela s’avère nécessaire”, une réponse “ferme et claire”.”Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse: ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées”, avait assuré quelques heures plus tôt la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une réunion des ministres européens du commerce sur ce sujet est prévue mercredi.Le président américain a signé lundi soir deux décrets portant sur ces droits de douane, utilisant de manière désormais concrète le principal levier de sa politique économique contre ses partenaires commerciaux. Le Canada en est la première victime, étant le principal fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis.”Aujourd’hui, je simplifie nos droits de douane sur l’acier et l’aluminium afin que tout le monde comprenne ce que cela signifie. C’est 25%, sans exception ou exemption. Et c’est tous les pays”, a-t-il dit à la presse, depuis la Maison Blanche. – Séoul joue la “proximité” -Donald Trump s’est fait élire fin 2024 en promettant aux Américains un “nouvel âge d’or” et entend réduire le déficit commercial américain qui s’est creusé de 133 milliards de dollars en 2024 pour atteindre près de 920 milliards de dollars, soit une hausse de 17% sur un an.Evoquant des risques pour la “sécurité nationale”, le républicain a publié deux décrets indiquant que les nouvelles règles s’appliqueraient “à partir du 12 mars”. Elles toucheront l’acier et l’aluminium d’où qu’ils viennent, y compris de partenaires économiques qui bénéficiaient auparavant d’exemptions sur ces deux produits: Argentine, Australie, Canada, Mexique, UE et Royaume-Uni. Le Brésil, le Japon et la Corée du Sud se voient eux privés de l’exemption dont ils bénéficiaient pour l’acier et ses dérivés.Contrairement à l’UE et Canada, la Corée du Sud s’est montrée plus conciliante avec le président américain, un adepte des règlements transactionnels des différends.Séoul entend “protéger les intérêts de (ses) entreprises et réduire les incertitudes en construisant une relation de proximité avec l’administration Trump et en élargissant nos options diplomatiques”, a déclaré le chef de l’Etat par intérim, Choi Sang-mok. Donald Trump agite par ailleurs aussi la menace de droits de douanes sur d’autres secteurs clés pour l’économie coréenne (semiconducteurs, automobile, pharmacie) et Séoul, qui fait face aux menaces de la Corée du Nord, est très dépendante de Washington pour sa sécurité, bénéficiant de la protection nucléaire américaine.- La Chine visée par ricochet -Dans son argumentaire, Donald Trump accuse notamment certains des pays auparavant exemptés de servir de plaque tournante pour réexpédier vers les Etats-Unis de l’acier ou de l’aluminium en provenance de Chine. Pékin et Washington se livrent une concurrence féroce pour la prééminence mondiale dans tous les domaines: économique, militaire, technologique, commercial.    “Les producteurs chinois profitent de l’exclusion générale du Mexique des droits de douane pour acheminer l’aluminium chinois vers les États-Unis via le Mexique”, écrit-il.Lors de son premier mandat (2017-21), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Ces mesures avaient ensuite été levées, pour beaucoup, par lui-même ou par son successeur démocrate, Joe Biden.Lors de la première présidence Trump, les Européens avaient adopté des représailles très ciblées, comme sur le bourbon ou les motos Harley-Davidson.Par ailleurs, Donald Trump a aussi affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. Jusqu’ici, Donald Trump a davantage mis la pression sur les partenaires des Etats-Unis que sur le grand rival chinois, soumis depuis mardi à des droits de douane de 10% en plus de ceux déjà existants.Les mesures de rétorsion, à base de surtaxes ciblées sur certains produits américains, sont entrées en vigueur lundi. Elles portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par le président américain concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.