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Guerre commerciale américaine: Bruxelles et Ottawa affichent leur fermeté, Séoul et Londres conciliants

Le Canada et l’Union européenne ont dénoncé mardi l’imposition dans un mois de droits de douanes massifs et généralisés sur l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis, nouvel acte dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, tandis que Corée du Sud et Royaume-Uni ont dit vouloir coopérer avec Washington.”Nous travaillerons avec l’administration américaine au cours des prochaines semaines pour mettre en évidence les impacts négatifs de ces droits de douane inacceptables”, a déclaré le Premier ministre canadien démissionnaire Justin Trudeau à l’occasion du sommet de l’IA à Paris, promettant, “si cela s’avère nécessaire”, une réponse “ferme et claire”.”Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse: ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées”, avait assuré quelques heures plus tôt la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une réunion des ministres européens du Commerce sur ce sujet est prévue mercredi.Le Mexique a pour sa part appelé le président américain à ne pas “détruire” les équilibres commerciaux et de croissance de l’Amérique du Nord.Le président américain a signé lundi soir deux décrets instituant des droits de douane de 25% sur l’acier et l’aluminium à compter du 12 mars prochain, “sans exception ou exemption”, utilisant de manière désormais concrète le principal levier de sa politique économique contre ses partenaires commerciaux.Le Canada en est la première victime, en tant que principal fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis.- Londres dit “travailler” avec Washington -Donald Trump s’est fait élire fin 2024 en promettant aux Américains un “nouvel âge d’or” et entend réduire le déficit commercial américain qui s’est creusé de 133 milliards de dollars en 2024 pour atteindre près de 920 milliards de dollars, soit une hausse de 17% sur un an.Les nouvelles règles toucheront l’acier et l’aluminium d’où qu’ils viennent, y compris de partenaires économiques qui profitaient auparavant d’exemptions sur ces deux produits: Argentine, Australie, Canada, Mexique, UE et Royaume-Uni.Le Japon, la Corée du Sud et le Brésil se voient eux privés de l’exemption dont ils bénéficiaient pour l’acier et ses dérivés.Le Brésil n’a pas l’intention d’entrer “dans une guerre commerciale”, a réagi mardi Alexandre Padilha, ministre des Relations institutionnelles du gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.Le Royaume-Uni et la Corée du Sud ont dit vouloir coopérer avec les Etats-Unis.”Nous travaillons avec l’industrie et nos homologues américains pour régler les détails”, a déclaré un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer. “Il est évidemment important que nous adoptions une approche réfléchie”, a-t-il ajouté.Séoul entend “protéger les intérêts de (ses) entreprises et réduire les incertitudes en construisant une relation de proximité avec l’administration Trump et en élargissant nos options diplomatiques”, a déclaré le chef de l’Etat par intérim, Choi Sang-mok. Donald Trump agite par ailleurs aussi la menace de droits de douanes sur d’autres secteurs clés pour l’économie sud-coréenne (semiconducteurs, automobile, pharmacie).Les menaces de Donald Trump en matière de droits de douane et son animosité envers les véhicules électriques entraînent “beaucoup de coûts et beaucoup de chaos” pour Ford, a estimé mardi Jim Farley, patron du constructeur automobile américain.- La Chine visée par ricochet -Dans son argumentaire, Donald Trump accuse notamment certains des pays auparavant exemptés de servir de plaque tournante pour réexpédier vers les Etats-Unis de l’acier ou de l’aluminium en provenance de Chine. Pékin et Washington se livrent une concurrence féroce pour la prééminence mondiale dans tous les domaines: économique, militaire, technologique, commercial.    “Les producteurs chinois profitent de l’exclusion générale du Mexique des droits de douane pour acheminer l’aluminium chinois vers les Etats-Unis via le Mexique”, écrit-il.Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Ces mesures avaient ensuite été levées, pour beaucoup, par lui-même ou par son successeur démocrate, Joe Biden.Lors de la première présidence Trump, les Européens avaient adopté des représailles très ciblées, comme sur le bourbon ou les motos Harley-Davidson.Par ailleurs, Donald Trump a affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. Jusqu’ici, le milliardaire américain a davantage mis la pression sur les partenaires des Etats-Unis que sur le grand rival chinois, soumis depuis mardi à des droits de douane de 10% en plus de ceux déjà existants.Les mesures de rétorsion, à base de surtaxes ciblées sur certains produits américains, sont entrées en vigueur lundi. Elles portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par le président américain concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.

Guerre commerciale américaine: Bruxelles et Ottawa affichent leur fermeté, Séoul et Londres conciliants

Le Canada et l’Union européenne ont dénoncé mardi l’imposition dans un mois de droits de douanes massifs et généralisés sur l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis, nouvel acte dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, tandis que Corée du Sud et Royaume-Uni ont dit vouloir coopérer avec Washington.”Nous travaillerons avec l’administration américaine au cours des prochaines semaines pour mettre en évidence les impacts négatifs de ces droits de douane inacceptables”, a déclaré le Premier ministre canadien démissionnaire Justin Trudeau à l’occasion du sommet de l’IA à Paris, promettant, “si cela s’avère nécessaire”, une réponse “ferme et claire”.”Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse: ils donneront lieu à des contre-mesures fermes et proportionnées”, avait assuré quelques heures plus tôt la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Une réunion des ministres européens du Commerce sur ce sujet est prévue mercredi.Le Mexique a pour sa part appelé le président américain à ne pas “détruire” les équilibres commerciaux et de croissance de l’Amérique du Nord.Le président américain a signé lundi soir deux décrets instituant des droits de douane de 25% sur l’acier et l’aluminium à compter du 12 mars prochain, “sans exception ou exemption”, utilisant de manière désormais concrète le principal levier de sa politique économique contre ses partenaires commerciaux.Le Canada en est la première victime, en tant que principal fournisseur d’acier et d’aluminium des Etats-Unis.- Londres dit “travailler” avec Washington -Donald Trump s’est fait élire fin 2024 en promettant aux Américains un “nouvel âge d’or” et entend réduire le déficit commercial américain qui s’est creusé de 133 milliards de dollars en 2024 pour atteindre près de 920 milliards de dollars, soit une hausse de 17% sur un an.Les nouvelles règles toucheront l’acier et l’aluminium d’où qu’ils viennent, y compris de partenaires économiques qui profitaient auparavant d’exemptions sur ces deux produits: Argentine, Australie, Canada, Mexique, UE et Royaume-Uni.Le Japon, la Corée du Sud et le Brésil se voient eux privés de l’exemption dont ils bénéficiaient pour l’acier et ses dérivés.Le Brésil n’a pas l’intention d’entrer “dans une guerre commerciale”, a réagi mardi Alexandre Padilha, ministre des Relations institutionnelles du gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.Le Royaume-Uni et la Corée du Sud ont dit vouloir coopérer avec les Etats-Unis.”Nous travaillons avec l’industrie et nos homologues américains pour régler les détails”, a déclaré un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer. “Il est évidemment important que nous adoptions une approche réfléchie”, a-t-il ajouté.Séoul entend “protéger les intérêts de (ses) entreprises et réduire les incertitudes en construisant une relation de proximité avec l’administration Trump et en élargissant nos options diplomatiques”, a déclaré le chef de l’Etat par intérim, Choi Sang-mok. Donald Trump agite par ailleurs aussi la menace de droits de douanes sur d’autres secteurs clés pour l’économie sud-coréenne (semiconducteurs, automobile, pharmacie).Les menaces de Donald Trump en matière de droits de douane et son animosité envers les véhicules électriques entraînent “beaucoup de coûts et beaucoup de chaos” pour Ford, a estimé mardi Jim Farley, patron du constructeur automobile américain.- La Chine visée par ricochet -Dans son argumentaire, Donald Trump accuse notamment certains des pays auparavant exemptés de servir de plaque tournante pour réexpédier vers les Etats-Unis de l’acier ou de l’aluminium en provenance de Chine. Pékin et Washington se livrent une concurrence féroce pour la prééminence mondiale dans tous les domaines: économique, militaire, technologique, commercial.    “Les producteurs chinois profitent de l’exclusion générale du Mexique des droits de douane pour acheminer l’aluminium chinois vers les Etats-Unis via le Mexique”, écrit-il.Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump avait déjà imposé des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium. Ces mesures avaient ensuite été levées, pour beaucoup, par lui-même ou par son successeur démocrate, Joe Biden.Lors de la première présidence Trump, les Européens avaient adopté des représailles très ciblées, comme sur le bourbon ou les motos Harley-Davidson.Par ailleurs, Donald Trump a affirmé dimanche qu’il annoncerait “mardi ou mercredi” des “droits de douane réciproques”, afin d’aligner la taxation des produits entrant aux Etats-Unis sur la manière dont sont taxés les produits américains à l’étranger. Jusqu’ici, le milliardaire américain a davantage mis la pression sur les partenaires des Etats-Unis que sur le grand rival chinois, soumis depuis mardi à des droits de douane de 10% en plus de ceux déjà existants.Les mesures de rétorsion, à base de surtaxes ciblées sur certains produits américains, sont entrées en vigueur lundi. Elles portent sur 14 milliards de dollars de biens américains, tandis que les droits de douane annoncés par le président américain concernent 525 milliards de dollars de biens chinois.

Une caravane de migrants qui voulaient rebrousser chemin bloquée à la frontière du Panama

La police du Panama a refoulé de son territoire une caravane de migrants en provenance du Costa Rica qui avaient renoncé à rejoindre les États-Unis, leur intimant de se soumettre à un processus de rapatriement ordonné.Au poste frontalier de Paso Canoas, à plus de 300 km à l’ouest de la ville de Panama, des policiers …

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Une caravane de migrants qui voulaient rebrousser chemin bloquée à la frontière du Panama

La police du Panama a refoulé de son territoire une caravane de migrants en provenance du Costa Rica qui avaient renoncé à rejoindre les États-Unis, leur intimant de se soumettre à un processus de rapatriement ordonné.Au poste frontalier de Paso Canoas, à plus de 300 km à l’ouest de la ville de Panama, des policiers anti-émeutes ont refusé de laisser des dizaines de migrants, la plupart vénézuéliens, franchir la frontière sans documents, et les a contraints à retourner en territoire costaricain, situé au nord du Panama, a constaté l’AFP sur place.Après des tractations, les migrants sont montés à bord d’autobus pour être emmenés dans un refuge à la frontière, en territoire costaricain, selon l’accord passé entre les ministres de la Sécurité des deux pays voisins.Ils seront soumis à des contrôles biométriques pour écarter les antécédents criminels, puis seront envoyés en bus au Panama pour leur rapatriement “par voie aérienne ou maritime”, selon un communiqué du ministère de la Sécurité du Panama qui stipule vouloir “garantir un flux migratoire ordonné, légal, humanitaire et sûr”.De retour du Mexique et de pays d’Amérique centrale, les migrants, parmi lesquels plusieurs enfants, étaient depuis quatre jours au Costa Rica et envisageaient, via le Panama, de poursuivre leur chemin de retour en Amérique du Sud.Beaucoup avaient traversé des semaines ou des mois plus tôt la dangereuse jungle panaméenne du Darien, à la frontière avec la Colombie. Depuis le début de l’année, environ 2.500 personnes l’ont traversée, soit 95% de moins que pendant la même période de l’année précédente, selon les chiffres officiels.”Nous poursuivions un rêve et une mission qui n’ont pas pu être accomplis et maintenant nous rentrons chez nous”, a déclaré à l’AFP un migrant qui n’a pas souhaité donner son nom.”Nous voulons juste passer, retourner dans notre pays”, a déclaré à l’AFP Andrés Paredes, un Vénézuélien qui a décidé de rentrer par “peur” de souffrir de faim, de dormir dans la rue, pour finalement ne pas pouvoir entrer aux États-Unis”.D’autres migrants ont déclaré aux médias locaux avoir choisi de rebrousser chemin, frustrés par “la situation aux États-Unis” qui a durci ses politiques contre l’immigration irrégulière.Donald Trump a promis de procéder à “la plus grande opération d’expulsions de masse de l’histoire” de migrants illégaux, et le Mexique a commencé le déploiement de 10.000 agents de la Garde nationale à sa frontière avec les Etats-Unis.

Zelensky prêt à des échanges de territoires, signes de détente entre Washington et Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt mardi à “un échange” de territoires avec la Russie, dans le cadre d’éventuelles négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis, qui ont vu un bon augure dans la libération d’un Américain par Moscou.Si le président américain Donald Trump parvient à amener l’Ukraine et la Russie à la …

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Zelensky prêt à des échanges de territoires, signes de détente entre Washington et Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt mardi à “un échange” de territoires avec la Russie, dans le cadre d’éventuelles négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis, qui ont vu un bon augure dans la libération d’un Américain par Moscou.Si le président américain Donald Trump parvient à amener l’Ukraine et la Russie à la table des négociations, “nous échangerons un territoire contre un autre”, a affirmé M. Zelensky au quotidien britannique The Guardian, tout en ajoutant qu’il ne savait pas quel territoire Kiev demanderait en retour.Le président ukrainien a estimé que l’Europe seule ne pourrait garantir la sécurité de son pays. “Les garanties de sécurité sans l’Amérique ne sont pas de vraies garanties de sécurité”, a-t-il affirmé.M. Zelensky doit d’ailleurs rencontrer vendredi le vice-président américain J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, où sont également annoncés l’émissaire spécial américain sur l’Ukraine, Keith Kellogg, et le secrétaire d’Etat Marco Rubio.Donald Trump s’est engagé à mettre rapidement fin au “carnage” de la guerre en Ukraine, y compris en faisant pression sur Kiev, qui a reçu des milliards de dollars d’aide militaire de Washington sous son prédécesseur démocrate Joe Biden.Le président américain a dit mardi espérer que la libération par la Russie d’un Américain condamné à 14 ans de prison pour possession de drogue marque le “début d’une relation” pour mettre fin à la guerre en Ukraine.- “Bonne direction” -“La Russie nous a très bien traités” dans ce dossier, s’est-il félicité.Marc Fogel, 63 ans, qui était détenu en Russie depuis 2021, a été libéré et sera de retour aux Etats-Unis “en soirée”, ramené par l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé la Maison Blanche, rendant ainsi publique cette mission.L’administration Trump “a négocié un échange qui montre la bonne volonté des Russes et qui signale que nous allons dans la bonne direction pour mettre fin à la guerre terrible et violente en Ukraine”, a déclaré l’exécutif américain dans un communiqué, sans donner plus de détails sur les termes de cet échange.M. Fogel, ancien employé de l’ambassade américaine et qui travaillait alors comme enseignant dans une école américaine à Moscou, avait été arrêté en possession de marijuana, selon lui prescrit, assurant ignorer que la loi russe n’en reconnaissait pas l’usage à des fins médicinales.Donald Trump a également annoncé la prochaine visite en Ukraine de son secrétaire au Trésor Scott Bessent pour y rencontrer le président Zelensky.La veille, il avait évoqué dans une interview l’hypothèse que l’Ukraine devienne “russe un jour”, exigeant au passage une compensation financière pour l’aide américaine apportée à Kiev jusqu’à présent.”Je veux récupérer” cet argent, a dit M. Trump, ajoutant avoir réclamé à Kiev l’équivalent de 500 milliards de dollars de minerais, des métaux notamment utilisés dans l’électronique. – “Réalité” -Réagissant à ces déclarations qui brouillent encore plus les cartes quant à la position de la nouvelle administration, le Kremlin a salué cette reconnaissance d’une “réalité”.”Le fait qu’une part significative de l’Ukraine veuille devenir la Russie et soit déjà devenue la Russie, c’est une réalité”, a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, en référence aux annexions de quatre régions ukrainiennes revendiquées par Moscou à l’automne 2022.Kiev redoute tout règlement du conflit qui ne comprendrait pas d’engagements militaires fermes — comme une adhésion à l’Otan ou le déploiement de troupes de maintien de la paix –, estimant qu’il ne ferait que permettre au Kremlin de préparer sa prochaine attaque.Le président russe Vladimir Poutine considère que des pourparlers ne pourront avoir lieu que si l’Ukraine dépose les armes, cède les territoires revendiqués par Moscou et renonce à rejoindre l’Otan. Kiev rejette ces conditions, qui constituent de facto une reddition.L’Ukraine est donc dans une position difficile, sans certitude sur la pérennité de l’aide américaine alors que depuis un an, l’armée russe progresse, malgré de lourdes pertes, face à des troupes ukrainiennes moins nombreuses et manquant d’armements.Mardi, Moscou a revendiqué la prise d’un nouveau village dans la région ukrainienne de Donetsk (est), celui de Iassenové, situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la région de Dnipropetrovsk, que les forces russes pourraient atteindre prochainement pour la première fois.burs-sst/aem

Zelensky prêt à des échanges de territoires, signes de détente entre Washington et Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit prêt mardi à “un échange” de territoires avec la Russie, dans le cadre d’éventuelles négociations de paix sous l’égide des Etats-Unis, qui ont vu un bon augure dans la libération d’un Américain par Moscou.Si le président américain Donald Trump parvient à amener l’Ukraine et la Russie à la table des négociations, “nous échangerons un territoire contre un autre”, a affirmé M. Zelensky au quotidien britannique The Guardian, tout en ajoutant qu’il ne savait pas quel territoire Kiev demanderait en retour.Le président ukrainien a estimé que l’Europe seule ne pourrait garantir la sécurité de son pays. “Les garanties de sécurité sans l’Amérique ne sont pas de vraies garanties de sécurité”, a-t-il affirmé.M. Zelensky doit d’ailleurs rencontrer vendredi le vice-président américain J.D. Vance à la conférence sur la sécurité de Munich, en Allemagne, où sont également annoncés l’émissaire spécial américain sur l’Ukraine, Keith Kellogg, et le secrétaire d’Etat Marco Rubio.Donald Trump s’est engagé à mettre rapidement fin au “carnage” de la guerre en Ukraine, y compris en faisant pression sur Kiev, qui a reçu des milliards de dollars d’aide militaire de Washington sous son prédécesseur démocrate Joe Biden.Le président américain a dit mardi espérer que la libération par la Russie d’un Américain condamné à 14 ans de prison pour possession de drogue marque le “début d’une relation” pour mettre fin à la guerre en Ukraine.- “Bonne direction” -“La Russie nous a très bien traités” dans ce dossier, s’est-il félicité.Marc Fogel, 63 ans, qui était détenu en Russie depuis 2021, a été libéré et sera de retour aux Etats-Unis “en soirée”, ramené par l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé la Maison Blanche, rendant ainsi publique cette mission.L’administration Trump “a négocié un échange qui montre la bonne volonté des Russes et qui signale que nous allons dans la bonne direction pour mettre fin à la guerre terrible et violente en Ukraine”, a déclaré l’exécutif américain dans un communiqué, sans donner plus de détails sur les termes de cet échange.M. Fogel, ancien employé de l’ambassade américaine et qui travaillait alors comme enseignant dans une école américaine à Moscou, avait été arrêté en possession de marijuana, selon lui prescrit, assurant ignorer que la loi russe n’en reconnaissait pas l’usage à des fins médicinales.Donald Trump a également annoncé la prochaine visite en Ukraine de son secrétaire au Trésor Scott Bessent pour y rencontrer le président Zelensky.La veille, il avait évoqué dans une interview l’hypothèse que l’Ukraine devienne “russe un jour”, exigeant au passage une compensation financière pour l’aide américaine apportée à Kiev jusqu’à présent.”Je veux récupérer” cet argent, a dit M. Trump, ajoutant avoir réclamé à Kiev l’équivalent de 500 milliards de dollars de minerais, des métaux notamment utilisés dans l’électronique. – “Réalité” -Réagissant à ces déclarations qui brouillent encore plus les cartes quant à la position de la nouvelle administration, le Kremlin a salué cette reconnaissance d’une “réalité”.”Le fait qu’une part significative de l’Ukraine veuille devenir la Russie et soit déjà devenue la Russie, c’est une réalité”, a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, en référence aux annexions de quatre régions ukrainiennes revendiquées par Moscou à l’automne 2022.Kiev redoute tout règlement du conflit qui ne comprendrait pas d’engagements militaires fermes — comme une adhésion à l’Otan ou le déploiement de troupes de maintien de la paix –, estimant qu’il ne ferait que permettre au Kremlin de préparer sa prochaine attaque.Le président russe Vladimir Poutine considère que des pourparlers ne pourront avoir lieu que si l’Ukraine dépose les armes, cède les territoires revendiqués par Moscou et renonce à rejoindre l’Otan. Kiev rejette ces conditions, qui constituent de facto une reddition.L’Ukraine est donc dans une position difficile, sans certitude sur la pérennité de l’aide américaine alors que depuis un an, l’armée russe progresse, malgré de lourdes pertes, face à des troupes ukrainiennes moins nombreuses et manquant d’armements.Mardi, Moscou a revendiqué la prise d’un nouveau village dans la région ukrainienne de Donetsk (est), celui de Iassenové, situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la région de Dnipropetrovsk, que les forces russes pourraient atteindre prochainement pour la première fois.burs-sst/aem

Trump s’en prend aux “juges politisés” qui entravent ses décisions

Il ne se laissera pas arrêter par des juges “politisés”: face au blocage de certaines décisions par les tribunaux, Donald Trump attaque frontalement l’institution judiciaire, et bouscule encore un peu plus l’équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis.”Nous voulons débusquer la corruption, et il semble dur à croire qu’un juge puisse dire: +on ne veut pas que vous fassiez ça+”, a lancé le président américain mardi.”Je respecte toujours les décisions des tribunaux, et après je dois faire appel”, a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.Des propos finalement suivis d’une menace à peine voilée. “Peut-être qu’on devrait se pencher sur les juges, parce que c’est très grave”, a-t-il déclaré à la presse rassemblée dans le Bureau ovale.Plus tôt, il s’était déjà indigné sur son réseau Truth Social contre ceux qu’il a qualifiés de “juges très politisés”, qui tentent de l'”arrêter” dans son élan.”La démocratie aux Etats-Unis est en voie d’être détruite par un coup d’Etat judiciaire”, avait tempêté de son côté sur X son allié, le multimilliardaire Elon Musk, chargé de tailler dans les dépenses publiques.Le patron de Tesla, SpaceX, et X était dans l’après-midi dans le Bureau ovale avec Donald Trump, accompagné d’un de ses fils.L’un des principaux conseillers de la Maison Blanche, Stephen Miller, a lui asséné mardi sur X que si “un juge local voulait contrôler le pouvoir exécutif, il n’avait qu’à faire campagne pour être président”.- Référé -Le retour au pouvoir de Donald Trump n’a pas provoqué de manifestations géantes de ses opposants et les démocrates, minoritaires au Congrès, peinent jusqu’ici à répondre au flot incessant de décrets et déclarations fracassants.C’est donc principalement devant les tribunaux, saisis par des associations et syndicats, ainsi que par des procureurs démocrates, que se joue jusqu’ici la contestation contre le milliardaire de 78 ans.Des juges ont bloqué en référé plusieurs décisions du président républicain, décidé à étendre autant que possible son pouvoir. Mardi, il a par exemple appelé une nouvelle fois à fermer l’agence de réponse aux catastrophes naturelles, la FEMA. Or nombre d’experts soulignent que seuls les parlementaires peuvent prendre une telle décision, et que cela vaut aussi pour le démantèlement de la grande agence humanitaire USAID, contesté en justice.La volonté de Donald Trump de remettre en cause le droit du sol, garanti par la Constitution, a provoqué une bataille légale, tandis que les méthodes brutales d’Elon Musk et des jeunes employés de sa commission à l’efficacité gouvernementale, appelée DOGE, ont engendré de nombreux recours.Mais le temps des juges n’est pas celui des politiques, surtout face à Donald Trump, qui a imprimé à ses premières semaines de mandat un rythme effréné.Au-delà de premières décisions en référé, il faudra attendre un certain temps pour que toutes ces procédures judiciaires aillent à leur terme, avec d’éventuels appels pouvant mener jusqu’à la Cour suprême, à majorité conservatrice.Dans un message sur X, le vice-président J.D. Vance a d’ores et déjà estimé que les juges n’avaient pas l’autorité nécessaire pour “contrôler l’action légitime du pouvoir exécutif”.- “Mort de la démocratie” -Donald Trump s’était dit dimanche “très déçu” qu’un tribunal ait bloqué l’accès des équipes d’Elon Musk au système de paiements du Trésor américain, une infrastructure très sensible.”Franchement, aucun juge ne devrait avoir le droit de prendre une telle décision”, avait-il commenté.Le sénateur démocrate Chris Murphy a réagi lundi sur CNN en déclarant qu’il n’était “pas exagéré de dire que ce que nous contemplons ici, c’est la mort de la démocratie”.”L’idée centrale de notre démocratie est que nous obéissons aux décisions de justice”, a-t-il déclaré.Lundi, pour la première fois depuis l’investiture le 20 janvier, un juge fédéral a accusé l’administration Trump de passer outre une décision judiciaire en maintenant un gel très critiqué des fonds fédéraux, alors que la justice avait ordonné la reprise des versements.Reste à voir jusqu’où ira Donald Trump dans la contestation du délicat équilibre établi par la Constitution entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire.”C’est seulement en équilibrant chacun de ces pouvoirs face aux deux autres que l’inclination de la nature humaine à la tyrannie peut être contrôlée et maîtrisée”, écrivait en 1775 l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, John Adams, devenu ensuite président.

Trump s’en prend aux “juges politisés” qui entravent ses décisions

Il ne se laissera pas arrêter par des juges “politisés”: face au blocage de certaines décisions par les tribunaux, Donald Trump attaque frontalement l’institution judiciaire, et bouscule encore un peu plus l’équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis.”Nous voulons débusquer la corruption, et il semble dur à croire qu’un juge puisse dire: +on ne veut pas que vous fassiez ça+”, a lancé le président américain mardi.”Je respecte toujours les décisions des tribunaux, et après je dois faire appel”, a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.Des propos finalement suivis d’une menace à peine voilée. “Peut-être qu’on devrait se pencher sur les juges, parce que c’est très grave”, a-t-il déclaré à la presse rassemblée dans le Bureau ovale.Plus tôt, il s’était déjà indigné sur son réseau Truth Social contre ceux qu’il a qualifiés de “juges très politisés”, qui tentent de l'”arrêter” dans son élan.”La démocratie aux Etats-Unis est en voie d’être détruite par un coup d’Etat judiciaire”, avait tempêté de son côté sur X son allié, le multimilliardaire Elon Musk, chargé de tailler dans les dépenses publiques.Le patron de Tesla, SpaceX, et X était dans l’après-midi dans le Bureau ovale avec Donald Trump, accompagné d’un de ses fils.L’un des principaux conseillers de la Maison Blanche, Stephen Miller, a lui asséné mardi sur X que si “un juge local voulait contrôler le pouvoir exécutif, il n’avait qu’à faire campagne pour être président”.- Référé -Le retour au pouvoir de Donald Trump n’a pas provoqué de manifestations géantes de ses opposants et les démocrates, minoritaires au Congrès, peinent jusqu’ici à répondre au flot incessant de décrets et déclarations fracassants.C’est donc principalement devant les tribunaux, saisis par des associations et syndicats, ainsi que par des procureurs démocrates, que se joue jusqu’ici la contestation contre le milliardaire de 78 ans.Des juges ont bloqué en référé plusieurs décisions du président républicain, décidé à étendre autant que possible son pouvoir. Mardi, il a par exemple appelé une nouvelle fois à fermer l’agence de réponse aux catastrophes naturelles, la FEMA. Or nombre d’experts soulignent que seuls les parlementaires peuvent prendre une telle décision, et que cela vaut aussi pour le démantèlement de la grande agence humanitaire USAID, contesté en justice.La volonté de Donald Trump de remettre en cause le droit du sol, garanti par la Constitution, a provoqué une bataille légale, tandis que les méthodes brutales d’Elon Musk et des jeunes employés de sa commission à l’efficacité gouvernementale, appelée DOGE, ont engendré de nombreux recours.Mais le temps des juges n’est pas celui des politiques, surtout face à Donald Trump, qui a imprimé à ses premières semaines de mandat un rythme effréné.Au-delà de premières décisions en référé, il faudra attendre un certain temps pour que toutes ces procédures judiciaires aillent à leur terme, avec d’éventuels appels pouvant mener jusqu’à la Cour suprême, à majorité conservatrice.Dans un message sur X, le vice-président J.D. Vance a d’ores et déjà estimé que les juges n’avaient pas l’autorité nécessaire pour “contrôler l’action légitime du pouvoir exécutif”.- “Mort de la démocratie” -Donald Trump s’était dit dimanche “très déçu” qu’un tribunal ait bloqué l’accès des équipes d’Elon Musk au système de paiements du Trésor américain, une infrastructure très sensible.”Franchement, aucun juge ne devrait avoir le droit de prendre une telle décision”, avait-il commenté.Le sénateur démocrate Chris Murphy a réagi lundi sur CNN en déclarant qu’il n’était “pas exagéré de dire que ce que nous contemplons ici, c’est la mort de la démocratie”.”L’idée centrale de notre démocratie est que nous obéissons aux décisions de justice”, a-t-il déclaré.Lundi, pour la première fois depuis l’investiture le 20 janvier, un juge fédéral a accusé l’administration Trump de passer outre une décision judiciaire en maintenant un gel très critiqué des fonds fédéraux, alors que la justice avait ordonné la reprise des versements.Reste à voir jusqu’où ira Donald Trump dans la contestation du délicat équilibre établi par la Constitution entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire.”C’est seulement en équilibrant chacun de ces pouvoirs face aux deux autres que l’inclination de la nature humaine à la tyrannie peut être contrôlée et maîtrisée”, écrivait en 1775 l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, John Adams, devenu ensuite président.