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Le Hamas dit vouloir respecter la trêve à Gaza, exige qu’Israël fasse de même

Le Hamas a déclaré jeudi vouloir respecter l’accord de trêve dans la bande de Gaza à condition qu’Israël fasse de même, alors qu’un blocage autour du prochain échange d’otages contre des prisonniers palestiniens prévu samedi menace le cessez-le-feu.Des sources palestiniennes ont fait état de “progrès” dans les discussions menées par l’Egypte et le Qatar pour tenter de sauver la trêve.Celle-ci a été mise à rude épreuve ces derniers jours et mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que les combats pourraient reprendre si les otages retenus à Gaza n’étaient pas libérés samedi.Sa menace fait écho à celle du président américain Donald Trump, qui avait déclaré que “l’enfer” se déchaînerait si le Hamas ne libérait pas “tous” les otages israéliens d’ici samedi.Le mouvement islamiste palestinien avait de son côté menacé de ne pas libérer un groupe d’otages comme prévu samedi, en accusant Israël de plusieurs violations de l’accord de trêve, notamment d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire en ruines.La trêve, en place depuis le 19 janvier pour une durée initiale de 42 jours, a permis jusqu’à présent un arrêt des combats après 15 mois de guerre et cinq échanges d’otages contre des Palestiniens détenus par Israël.Mais la suite reste incertaine, alors que les négociations sur la deuxième phase, qui devrait prendre effet début mars, n’ont toujours pas commencé.”Il y a des progrès”, a cependant déclaré à l’AFP une source proche des discussions, indiquant que les médiateurs avaient obtenu une “promesse israélienne de mettre en oeuvre les dispositions du protocole humanitaire” de l’accord dès jeudi matin.”Nous sommes disposés à mettre en oeuvre” l’accord et à forcer Israël “à s’y conformer totalement”, a affirmé  Abdel Latif al-Qanou, porte-parole du Hamas. – “Un enfer insupportable” -Après la confirmation par les médiateurs de l’accord d’Israël, les “pré-fabriqués, les tentes, le carburant, l’équipement lourd, les médicaments, les matériaux de rénovation des hôpitaux et tout ce qui est lié au protocole humanitaire” pourront commencer à être acheminés dans la bande de Gaza, a précisé à l’AFP une source palestinienne.Du matériel de construction était prêt jeudi à entrer à Gaza depuis l’Egypte, selon un média proche du renseignement égyptien.Au pied des façades d’immeubles squelettiques, entre les débris de munitions et les flaques d’eau boueuse, des habitants du territoire voulaient croire au maintien de la trêve. “A mon avis, la guerre ne va pas reprendre, car personne n’y a intérêt. Ni le Hamas ni Israël ne veulent retourner en guerre”, a affirmé à l’AFP Abdul-Nasser Abu al-Omrain, en estimant que les menaces du Hamas n’étaient “qu’une manoeuvre pour faire pression sur Israël afin de permettre l’entrée d’aide, de carburant et de tentes, et d’accélérer le processus de reconstruction”.”Les choses vont de nouveau avancer dans la bonne direction, et les otages israéliens seront libérés”, a-t-il ajouté.Des centaines de milliers de déplacés ont pu regagner le nord du territoire, une région très densément peuplée avant la guerre où les combats ont été les plus destructeurs, où ils ont retrouvé leurs maisons en ruines.Mais pour Abdul-Nasser Abu al-Omrain, “Gaza est devenu un enfer insupportable, et nous ne pouvons pas y vivre étant donné l’étendue de la destruction”.Mercredi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait menacé de déclencher une “nouvelle guerre” qui permettrait “de donner corps” au projet de Donald Trump pour Gaza, alors que l’armée a déployé des renforts autour du territoire.- “Marches de solidarité” -Salué en Israël et décrié à travers le monde, notamment dans les pays arabes, ce plan prévoit de placer Gaza sous contrôle américain et de déplacer ses 2,4 millions d’habitants vers l’Egypte ou la Jordanie, afin de reconstruire le territoire.Le Hamas a appelé à des “marches de solidarité” à travers le monde en fin de semaine pour protester contre le projet américain.Depuis le début de la trêve, 16 otages israéliens et 765 prisonniers palestiniens ont été libérés, sur un total de 33 otages et 1.900 détenus devant l’être d’ici début mars.Le 8 février, les circonstances de la libération de trois otages au visage émacié, très éprouvés physiquement, contraints de saluer la foule lors d’une mise en scène orchestrée par le Hamas, avaient provoqué la colère d’Israël.Sur 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas contre Israël, qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 73 sont toujours otages à Gaza, dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne.La deuxième phase de la trêve est censée permettre la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre, avant la dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza, un gigantesque chantier estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.222 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

“Je porte ma croix”: en Tunisie, des migrants d’Afrique subsaharienne livrés à eux-mêmes

Jonas est arrivé illégalement en Tunisie en novembre, après avoir fui le sud du Nigeria et la violence contre son ethnie Igbo. Mais alors qu’il espérait un répit, il s’est retrouvé en milieu hostile.S’exprimant sous pseudonyme de crainte d’être expulsé, Jonas raconte avoir traversé le Niger et la Libye avant d’atteindre la Tunisie.C’est là que sa femme donne naissance à leur premier enfant. Mais ils se retrouvent face à un système d’asile à l’arrêt et à des autorités qui sévissent contre les organisations assistant les migrants.”Je n’ai pas d’aide ici”, dit Jonas, 48 ans, devant un terrain à Raoued, au nord de Tunis, où il ramasse des déchets plastiques pour les revendre.”J’ai entendu dire que l’ONU avait plus de pouvoir ici, qu’ils s’occupaient des migrants”, ajoute-t-il. “Mais je n’ai trouvé personne, alors je porte ma croix”.La Tunisie est un point de passage clé pour des milliers de migrants d’Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l’Europe par la mer.En 2023, le président Kais Saied avait lancé que “des hordes de migrants subsahariens” menaçaient de “changer la composition démographique” du pays.Dans les mois suivants, la tension était montée et des affrontements avaient notamment coûté la vie à un Tunisien. Des migrants avaient alors été conduits, selon des ONG, vers des zones inhospitalières malgré la chaleur écrasante, et plusieurs étaient morts d’après Human Rights Watch.”Les autorités continuent de criminaliser les personnes en déplacement”, a affirmé l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) le mois dernier. Les migrants se retrouvent “souvent privés de solutions d’hébergement et laissés dans une situation précaire et dangereuse”.En juin, l’agence des Nations unies pour les réfugiés a brusquement cessé d’accepter le dépôt de nouvelles demandes d’asile. Un porte-parole du HCR a dit à l’AFP que cette décision était intervenue après “des instructions du gouvernement tunisien”.Sollicitées par l’AFP, les autorités n’ont pas réagi.- “Traîtres” -Mais vendredi, dans un communiqué trilingue, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé la “persistance des allégations malveillantes”.”La Tunisie adopte une approche équilibrée qui concilie son devoir de protection des frontières, le respect de la souveraineté et des lois nationales, ainsi que l’engagement à honorer ses obligations internationales”, a-t-il assuré.La société civile, elle, dénombre au moins 10 arrestations dans ses rangs depuis qu’en mai 2024, le président Saied a accusé les groupes assistant les migrants d’être des “traîtres”.Parmi les détenus, Mustapha Djemali, 80 ans, le président du Conseil tunisien pour les réfugiés, un partenaire essentiel du HCR qui passait en revue les demandes d’asile.Saadia Mosbah, une célèbre militante antiraciste noire, et l’ancienne présidente de l’association Terre d’Asile Tunisie, Sherifa Riahi, sont également toujours incarcérées.En tout, 14 organisations de la société civile ont “suspendu partiellement et/ou réorienté leurs activités”, selon l’OMCT, et cinq autres les ont “totalement” suspendues.- “Violations” -Romdhane Ben Amor, du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), affirme que l’Europe est “complice de la répression des migrants et de la société civile”.”Il faut se souvenir qu’au moment où des migrants étaient expulsés vers les frontières pour mourir dans le désert, des dirigeants européens sont venus à Carthage et ont signé des accords pour que soit menée cette répression”, a-t-il dénoncé.A l’été 2023, la Première ministre italienne Giorgia Meloni s’était rendue à Tunis plusieurs fois, dont deux avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.Elles ont signé un accord d’un montant de 105 millions d’euros avec la Tunisie pour juguler les départs de migrants.Selon Frontex, les entrées irrégulières détectées en Europe via la Méditerranée centrale ont chuté de 59% en 2024 en raison d’une “diminution des départs depuis la Tunisie et la Libye”. Mme Meloni a salué un succès, même si un rapport présenté au Parlement européen fin janvier, sous-titré “Expulsion et vente de migrants de la Tunisie vers la Libye”, a accusé Tunis de “violations de plus en plus graves des droits de l’homme”.Une chercheuse tunisienne noire, qui a préféré garder l’anonymat, a dit à l’AFP qu’elle et d’autres “Tunisiens noirs n’avaient pas été choqués” par le discours du président Saied en 2023.La Tunisie, affirme-t-elle, se targue d’avoir aboli l’esclavage en 1846, presque vingt ans avant les Etats-Unis, mais “n’a toujours pas réglé son passif avec le racisme”.Le président “n’a fait que mettre des mots sur ce que beaucoup de Tunisiens voulaient dire”, estime-t-elle. “C’est la triste réalité”.

Le Hamas dit vouloir respecter la trêve à Gaza, exige qu’Israël fasse de même

Le Hamas a déclaré jeudi vouloir respecter l’accord de trêve dans la bande de Gaza à condition qu’Israël fasse de même, alors qu’un blocage autour du prochain échange d’otages contre des prisonniers palestiniens prévu samedi menace le cessez-le-feu.Des sources palestiniennes ont fait état de “progrès” dans les discussions menées par l’Egypte et le Qatar pour …

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La Corée du Nord détruit un site qui a accueilli les réunions de familles séparées

Pyongyang est en train de démolir un site en Corée du Nord qui a accueilli des réunions de familles séparées pendant des décennies par la guerre de Corée et la division de la péninsule coréenne, a déclaré Séoul jeudi.”La démolition du centre de réunion du mont Kumgang est un acte inhumain qui bafoue les souhaits sincères des familles séparées”, a réagi un porte-parole du ministère sud-coréen de la Réunification.La Corée du Sud “demande instamment l’arrêt immédiat de ces actions” et “exprime ses vifs regrets”. Cette “démolition unilatérale par la Corée du Nord ne peut être justifiée sous aucun prétexte, et les autorités nord-coréennes doivent assumer l’entière responsabilité de cette situation”, a ajouté le porte-parole.La guerre de Corée (1950-1953) a laissé la péninsule divisée par une zone démilitarisée (DMZ), séparant frères et soeurs, parents et enfants, maris et femmes.Les hostilités ont pris fin par un armistice plutôt que par un traité de paix, laissant les deux Corées techniquement toujours en guerre et interdisant tout échange civil direct.Depuis 1988, plus de 133.600 Sud-Coréens se sont enregistrés en tant que “familles séparées”, signifiant qu’ils avaient des parents au Nord, de l’autre côté de la DMZ.En 2025, environ 36.000 de ces Sud-Coréens sont toujours en vie, selon les données officielles, et 75% d’entre eux indiquent qu’ils ne savent même pas si les membres de leur famille de l’autre côté sont morts ou vivants.Un membre de l’association inter-coréenne pour les familles séparées pointe la dégradation des relations entre les deux Corées, sous la présidence du président aujourd’hui déchu Yoon Suk Yeol, comme responsable de la démolition du centre de réunion.”Depuis que l’administration est entrée en fonction, tout a été coupé”, a déclaré à l’AFP ce fonctionnaire qui a demandé à ne pas être nommé. “Il n’y a aucun moyen que les réunions de famille se produisent”, a-t-il ajouté.Seules quelques familles ont été tirées au sort pour participer à des réunions transfrontalières occasionnelles organisées dans la station touristique du mont Kumgang, dans le sud-est de la Corée du Nord. Les dernières ont eu lieu en 2018.Même par le passé, ces retrouvailles ont été soumises aux aléas des relations inter-coréennes et souvent utilisées comme outil de négociation par Pyongyang.- Un lien rompu -Et avec la détérioration des relations entre les deux pays, la réalité est qu’il est fort probable que les familles séparées ne soient plus jamais réunies.Les premières réunions avaient eu lieu en 1985, mais il a fallu attendre le premier sommet inter-coréen en 2000 pour que ces réunions se tiennent plus régulièrement.Ces événements étaient marqués par des scènes de retrouvailles émouvantes entre familles, qui devaient toutefois se séparer après quelques jours passés ensemble.L’année dernière, le dirigeant Nord-coréen Kim Jong Un a décrit Séoul comme “son principal ennemi” et a renoncé à la réunification entre les deux Corées, un objectif que le gouvernement s’était pourtant fixé de longue date.Il a aussi fait détruire les derniers ponts et voies ferrées reliant potentiellement les deux pays.”Kim Jong Un a déclaré son intention de rompre tous les liens inter-coréens” analyse Lim Eul-chul, un professeur à l’Institute for Far Eastern Studies à Séoul. “Je considère que cela fait partie du processus” a déclaré M. Lim a l’AFP, à propos de la démolition du centre de réunion. 

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Kenya: le sort de milliers d’ouvriers du textile suspendu à une décision de Trump

Même s’ils sortent d’une usine située au coeur de l’Afrique de l’Est, les jeans Wrangler et Levi’s sont fabriqués selon une stricte tradition américaine, et destinés à des chaînes telles que Walmart et JC Penny aux Etats-Unis. Pour l’instant.L’exportateur de vêtements United Aryan, installé à la périphérie de la capitale kényane Nairobi, doit son existence …

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Kenya: le sort de milliers d’ouvriers du textile suspendu à une décision de Trump

Même s’ils sortent d’une usine située au coeur de l’Afrique de l’Est, les jeans Wrangler et Levi’s sont fabriqués selon une stricte tradition américaine, et destinés à des chaînes telles que Walmart et JC Penny aux Etats-Unis. Pour l’instant.L’exportateur de vêtements United Aryan, installé à la périphérie de la capitale kényane Nairobi, doit son existence à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), des accords vieux de 25 ans donnant accès à certains produits africains au marché américain sans droits de douane. L’AGOA expirera en septembre à moins que le président Donald Trump n’accepte de le prolonger. Une décision qui menace les moyens de subsistance de millions d’Africains, dont des milliers d’employés d’United Aryan.Jusqu’à 8 millions de paires de jeans, ainsi que des millions de chemises et autres articles, sont expédiés de l’usine vers les Etats-Unis chaque année. Un ouvrier moyen d’une chaîne de production gagne l’équivalent d’environ 190 euros par mois. “Nous avons 150.000 personnes qui dépendent directement ou indirectement de nous”, explique le PDG Pankaj Bedi, pointant que son usine “a stabilisé l’ensemble de la situation socio-économique de la région.” La zone était dangereuse avant le début des activités d’United Aryan en 2002, souligne-t-il. “Les gangs volaient tout, jusqu’aux câbles en cuivre!” Aujourd’hui, “nos familles sont heureuses, nos enfants vont à l’école, la criminalité a diminué”, souligne Norah Nasimiyu, 48 ans, représentante des travailleurs, depuis l’atelier, entourée d’ouvriers coupant des jeans et cousant des poches. Chaque jour, des milliers de personnes se rassemblent devant les portes de l’usine, espérant remplacer les absents parmi les quelque 10.000 employés. L’usine a déjà connu de sérieux défis: en 2005, l’abolition d’un régime de quotas qui avait encadré le commerce du textile pendant des décennies a inondé les marchés de vêtements asiatiques. La crise financière de 2008 et la pandémie de Covid-19 l’ont ensuite presque mise à l’arrêt. – Le temps presse -“Il y a eu de nombreuses fois où nous avons pensé que nous devions abandonner”, a déclaré M. Bedi.”Mais lorsque vous avez 150.000 personnes qui dépendent de ce que vous faites, vous avez une responsabilité. Fermer une entreprise est une affaire de cinq minutes, mais créer ce genre de plateforme n’est pas facile.”Aujourd’hui, l’usine est suspendue à une question: les Etats-Unis renouvelleront-ils l’AGOA? Sans avantage en matière de franchise de droits, les acheteurs américains se tourneront vers des options moins chères en Asie. Si les républicains et les démocrates semblaient lors de négociations l’année dernière favorables à la prolongation des accords, leur survie semble aujourd’hui menacée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, et sa position ouvertement sceptique à l’égard du libre-échange.Les Etats-Unis bénéficient de la main-d’oeuvre moins chère d’Afrique, surtout dans le secteur du textile sensible aux coûts, observe Bedassa Tadesse, professeur d’économie à l’Université du Minnesota à Duluth, qui a étudié l’AGOA. “Mais nous sommes arrivés à un stade où les décisions de politique commerciale ne sont plus seulement fondées sur une analyse coût-bénéfice”, estime-t-il. Le président américain pourrait néanmoins voir l’AGOA comme un moyen de contrer l’influence chinoise en Afrique, observe M. Tadesse.”C’est un instrument très important dans les relations américano-africaines, surtout quand nous venons de perdre pratiquement tout notre soft power en démantelant l’USAID” (l’agence fédérale américaine d’aide au développement), ajoute Witney Schneidman, expert de l’AGOA au sein du groupe de réflexion américains Brookings Institution. Mais “c’est un petit changement dans la vision du monde de Trump,” loin d’être une priorité, estime-t-il.M. Bedi, qui a participé aux négociations au sein de l’Association manufacturière kényane, reste confiant. “Vous ne pouvez pas produire en Amérique ce que nous produisons”, souligne-t-il. Mais le temps presse. L’usine et ses clients doivent connaître le sort de l’AGOA d’ici la fin mars pour pouvoir planifier la saison à venir. Sinon, les lignes de production s’arrêteront. “Les acheteurs ont commencé à paniquer. Nous leur avons assuré que tout ira bien”, relève M. Bedi. “Croisons les doigts!”