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Israël attend la libération de trois otages à Gaza, le CICR “inquiet”

La Croix-Rouge s’est dite vendredi “très inquiète” du sort des otages retenus dans la bande de Gaza, dont trois doivent être libérés samedi après des échanges de menaces entre Israël et le Hamas qui ont fait craindre la reprise de la guerre.Le mouvement islamiste palestinien doit annoncer vendredi aux autorités israéliennes les noms de ces otages devant être libérés contre des Palestiniens détenus par Israël, lors du sixième échange depuis que les armes se sont tues le 19 janvier.Après plusieurs jours d’incertitude et une médiation menée par l’Egypte et le Qatar, le Hamas s’était dit prêt jeudi à respecter le calendrier prévu par l’accord de trêve. Mais Israël avait averti que “trois otages vivants” devaient être relâchés samedi en vertu de cet accord, faute de quoi “le cessez-le-feu prendrait fin”.La trêve, entrée en vigueur après 15 mois de guerre et pour une durée initiale de 42 jours, a déjà permis la libération de 16 otages israéliens contre 765 prisonniers palestiniens.Lors du cinquième échange, le 8 février, le Hamas avait remis au CICR trois otages très affaiblis physiquement, lors d’une mise en scène qui avait provoqué la colère en Israël. Le CICR, qui prône une neutralité absolue, avait alors demandé au Hamas de veiller à ce que les échanges à venir se déroulent dans un cadre plus privé et plus digne.Le CICR s’est dit vendredi “très inquiet des conditions de vie des otages” retenus depuis plus de 16 mois à Gaza.”Les dernières opérations de libération renforcent la nécessité urgente pour le CICR d’avoir accès aux personnes retenues en otages”, a-t-il déclaré sur X.- Deuxième phase incertaine -Le Hamas avait menacé de bloquer les libérations à venir en accusant Israël de plusieurs violations de l’accord, notamment d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté.Selon des sources palestiniennes, les médiateurs ont obtenu jeudi une “promesse israélienne de mettre en oeuvre les dispositions du protocole humanitaire” prévues, ce qui devrait permettre l’entrée dans Gaza de préfabriqués, tentes, carburant, équipements lourds et médicaments notamment.Les otages ont été enlevés en Israël par le Hamas lors de son attaque du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Sur 251 personnes alors emmenées de force à Gaza, 73 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne.Durant la première phase de la trêve, 33 otages et 1.900 détenus doivent être libérés. Mais la suite du cessez-le-feu reste incertaine, alors que les négociations sur la deuxième phase, censée prendre effet début mars, n’ont toujours pas commencé.Cette deuxième phase doit permettre la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre, avant la dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza, un chantier gigantesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.222 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Au pied de squelettes d’immeubles, entre les débris et les flaques d’eau boueuse, des habitants de Gaza veulent croire que la trêve se maintiendra.”La guerre ne va pas reprendre, car personne n’y a intérêt”, a affirmé à l’AFP l’un d’entre eux Abdel Nasser Abou al-Omrain, rentré comme des centaines de milliers de déplacés dans le nord du territoire. Mais pour lui, “Gaza est devenu un enfer insupportable, et nous ne pouvons pas y vivre”.- “Solution immobilière” -Le président américain Donald Trump avait annoncé la semaine dernière un plan, décrié à travers le monde mais applaudi en Israël, visant à placer Gaza sous contrôle américain pour reconstruire le territoire et en faire une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, après en avoir expulsé les habitants.Donald Trump a menacé l’Egypte et la Jordanie de représailles si ces deux pays n’acceptaient pas d’accueillir les 2,4 millions de Gazaouis.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, attendu au Moyen-Orient, a déclaré jeudi que les Etats-Unis étaient ouverts à toute autre proposition des pays arabes.”Pour l’instant le seul plan – ils ne l’aiment pas – mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a-t-il dit.Expulser les habitants de Gaza serait “extrêmement dangereux”, a jugé le président français Emmanuel Macron dans une interview au Financial Times parue vendredi. “Pour moi, la solution n’est pas une solution immobilière. C’est une solution politique.”.

Israël attend la libération de trois otages à Gaza, le CICR “inquiet”

La Croix-Rouge s’est dite vendredi “très inquiète” du sort des otages retenus dans la bande de Gaza, dont trois doivent être libérés samedi après des échanges de menaces entre Israël et le Hamas qui ont fait craindre la reprise de la guerre.Le mouvement islamiste palestinien doit annoncer vendredi aux autorités israéliennes les noms de ces otages devant être libérés contre des Palestiniens détenus par Israël, lors du sixième échange depuis que les armes se sont tues le 19 janvier.Après plusieurs jours d’incertitude et une médiation menée par l’Egypte et le Qatar, le Hamas s’était dit prêt jeudi à respecter le calendrier prévu par l’accord de trêve. Mais Israël avait averti que “trois otages vivants” devaient être relâchés samedi en vertu de cet accord, faute de quoi “le cessez-le-feu prendrait fin”.La trêve, entrée en vigueur après 15 mois de guerre et pour une durée initiale de 42 jours, a déjà permis la libération de 16 otages israéliens contre 765 prisonniers palestiniens.Lors du cinquième échange, le 8 février, le Hamas avait remis au CICR trois otages très affaiblis physiquement, lors d’une mise en scène qui avait provoqué la colère en Israël. Le CICR, qui prône une neutralité absolue, avait alors demandé au Hamas de veiller à ce que les échanges à venir se déroulent dans un cadre plus privé et plus digne.Le CICR s’est dit vendredi “très inquiet des conditions de vie des otages” retenus depuis plus de 16 mois à Gaza.”Les dernières opérations de libération renforcent la nécessité urgente pour le CICR d’avoir accès aux personnes retenues en otages”, a-t-il déclaré sur X.- Deuxième phase incertaine -Le Hamas avait menacé de bloquer les libérations à venir en accusant Israël de plusieurs violations de l’accord, notamment d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté.Selon des sources palestiniennes, les médiateurs ont obtenu jeudi une “promesse israélienne de mettre en oeuvre les dispositions du protocole humanitaire” prévues, ce qui devrait permettre l’entrée dans Gaza de préfabriqués, tentes, carburant, équipements lourds et médicaments notamment.Les otages ont été enlevés en Israël par le Hamas lors de son attaque du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Sur 251 personnes alors emmenées de force à Gaza, 73 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne.Durant la première phase de la trêve, 33 otages et 1.900 détenus doivent être libérés. Mais la suite du cessez-le-feu reste incertaine, alors que les négociations sur la deuxième phase, censée prendre effet début mars, n’ont toujours pas commencé.Cette deuxième phase doit permettre la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre, avant la dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza, un chantier gigantesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité à Gaza.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.222 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Au pied de squelettes d’immeubles, entre les débris et les flaques d’eau boueuse, des habitants de Gaza veulent croire que la trêve se maintiendra.”La guerre ne va pas reprendre, car personne n’y a intérêt”, a affirmé à l’AFP l’un d’entre eux Abdel Nasser Abou al-Omrain, rentré comme des centaines de milliers de déplacés dans le nord du territoire. Mais pour lui, “Gaza est devenu un enfer insupportable, et nous ne pouvons pas y vivre”.- “Solution immobilière” -Le président américain Donald Trump avait annoncé la semaine dernière un plan, décrié à travers le monde mais applaudi en Israël, visant à placer Gaza sous contrôle américain pour reconstruire le territoire et en faire une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, après en avoir expulsé les habitants.Donald Trump a menacé l’Egypte et la Jordanie de représailles si ces deux pays n’acceptaient pas d’accueillir les 2,4 millions de Gazaouis.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, attendu au Moyen-Orient, a déclaré jeudi que les Etats-Unis étaient ouverts à toute autre proposition des pays arabes.”Pour l’instant le seul plan – ils ne l’aiment pas – mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a-t-il dit.Expulser les habitants de Gaza serait “extrêmement dangereux”, a jugé le président français Emmanuel Macron dans une interview au Financial Times parue vendredi. “Pour moi, la solution n’est pas une solution immobilière. C’est une solution politique.”.

En Iran, des enregistrements anciens redonnent vie à un patrimoine sonore oublié

Dans un immeuble centenaire dans le centre de Téhéran, Saïd Anvarinejad tourne le bouton d’une radio antique pour écouter de vieux enregistrements, les tout premiers réalisés en Iran et qui racontent les bouleversements ayant façonné l’histoire du pays.Discours, pièces de théâtre, musique ou encore extraits radio et même bruits du quotidien, cet Iranien de 43 ans a passé des mois, avec une équipe de passionnés, à dénicher des pépites sonores dont certaines sont plus que centenaires.Le son fait partie intégrante de leur environnement mais “on y prête peu attention”, relève Saïd Anvarinejad, un féru d’audio à l’origine d’une exposition interactive mettant à l’honneur des tranches de vie, captées au fil des décennies par des microphones.Dans une ambiance tamisée, elles plongent le visiteur dans un Iran révolu à travers des sons qui témoignent “d’une manière très forte et pure de ce que les gens ressentaient” à l’époque, déclare à l’AFP M. Anvarinejad.Selon lui, les enregistrements les plus anciens conservés en Iran remontent à 1898 et 1899, durant le règne tumultueux de Mozaffareddine Chah sous la dynastie Kadjar (1779-1924).Il fut marqué par la Révolution Constitutionnelle (1906), un moment clé dans la transformation politique de l’Iran qui imposa au souverain un Parlement pour mettre fin à son pouvoir despotique.”A cette époque, un nouvel état d’esprit naissait chez les Iraniens, et d’importantes choses se produisaient politiquement, socialement et culturellement” dans le pays, relève Saïd Anvarinejad.”Les premiers enregistrements sonores en Iran sont donc des témoignages d’une période très importante” pour le pays, d’après M. Anvarinejad.Il s’agit d’une initiative privée portée par des passionnés ayant retrouvé ces enregistrements grâce à des chercheurs et leur objectif vise à les présenter au public à travers une exposition interactive.Disques vinyles, combinés téléphoniques rétro ou encore manivelles qui déclenchent des enregistrements d’époque, les visiteurs se prennent au jeu et remontent le temps acoustiquement en manipulant les objets exposés.L’expérience prend une tout autre dimension lorsqu’un boîtier métallique en mouvement met en sons, à la manière d’un gramophone, une représentation graphique d’ondes figurant sur un mur. – “Armoire silencieuse” -Des mélodies de l’époque Kadjar et du début de l’ère Pahlavi (1925-1979) sortent alors d’un haut-parleur, comme elles résonnaient autrefois dans les palais et autres rues animées d’Iran.Pour Sarvin Faizian, visiter l’exposition avec des amis est une expérience émouvante “comme si je revivais le passé de mes parents”, précise à l’AFP cet étudiant de 21 ans.”C’est une bonne chose pour la jeune génération d’apprendre d’où vient l’héritage musical et artistique de l’Iran”, déclare Kamran Assadi, un retraité de 63 ans qui se dit touché “intimement” par l’exposition.Une radio antique en bois annonce d’une voix glaçante le renversement en 1953 de Mohammad Mossadegh, Premier ministre élu démocratiquement à l’origine de la nationalisation de l’industrie pétrolière iranienne jusque-là contrôlée par les Britanniques.Sa décision avait conduit à un coup d’Etat orchestré par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dont de nombreux Iraniens se remémorent encore avec amertume.”Ici Téhéran! (…) Le traître Mossadegh s’est enfui !”, annonce à la radio un présentateur dans un enregistrement au son qui crépite.A proximité se trouve un objet en bois baptisé “armoire silencieuse”. Elle affiche une série de photos de la Première Guerre mondiale, mais sans aucun son.”Il n’y a pas d’enregistrements sonores de cette période en Iran”, explique Atabak Axon, un autre responsable de l’exposition.”Probablement parce que le pays était alors dans une telle tourmente que ce n’était pas une priorité”, subodore M. Axon, alors que l’Iran était occupé par les armées russe, britannique et ottomane.Résultat, “il y a un silence de 12 ans qui reste un vide mystérieux dans l’histoire auditive” du pays.

Zelensky en Allemagne pour parer au rapprochement entre Trump et Poutine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontre vendredi en Allemagne le vice-président et le secrétaire d’Etat américains pour tenter de peser dans les futures discussions sur un règlement de la guerre où “tout sera sur la table”, assure Washington.Le premier entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine cette semaine suivie de déclarations fracassantes du locataire de la Maison Blanche, ont marqué une accélération spectaculaire des initiatives pour mettre un terme au conflit déclenché par Moscou il y a presque trois ans.La volonté affichée de négocier immédiatement sur l’Ukraine fait craindre à Kiev et aux Européens un règlement du conflit à leur détriment.Sous pression maximale et alors que la situation militaire sur le front continue de se dégrader, Volodymyr Zelensky est attendu à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), rendez-vous annuel d’une élite diplomatique sonnée par la nouvelle dynamique.Juste avant son arrivée, il a accusé la Russie d’avoir attaqué avec un drone “l’enceinte protégeant le monde des radiations du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl”, provoquant un incendie qui a été “éteint”. “Le niveau de radiations n’a pas augmenté”, a-t-il ajouté.Avant sa rencontre vendredi avec le leader ukrainien, le vice-président américain JD Vance a assuré, dans une interview au Wall Street Journal, que les Etats-Unis auront “à coeur l’indépendance souveraine de l’Ukraine” dans les négociations à venir.”Tout sera sur la table”, y compris “les moyens de pression militaire”, a-t-il ajouté.Le vice-président américain prononcera en début d’après-midi un discours très attendu. Il pourrait annoncer “qu’une grande partie des troupes américaines seront retirées d’Europe”, a avancé vendredi le diplomate allemand Christoph Heusgen qui préside la MSC.Le chef de la diplomatie Marco Rubio est également attendu à Munich pour voir M. Zelensky et ses homologues du G7.- Russes à Munich ? -La présence “de hauts responsables” russes pour une réunion avec des représentants ukrainiens et américains annoncée jeudi par Donald Trump, reste incertaine.”Des discussions avec les Russes ne sont pas envisagées”, a réagi Kiev.”Nous n’avons pas accrédité de représentants du gouvernement russe”, ont indiqué les organisateurs de la MSC.Après l’onde de choc provoquée par le coup de fil avec Trump qui replace Vladimir Poutine dans une relation d’égal à égal avec les Etats-Unis, le camp ukrainien joue son va-tout.Kiev réclame une “paix juste” et des garanties de sécurité de la part des Européens et des Américains, notamment l’envoi de troupes pour garantir la paix.”Gardez la tête froide et ne vous laissez pas influencer par les émotions. Les intérêts de l’Ukraine sont prioritaires et le resteront”, a dit sur Telegram le chef du bureau présidentiel ukrainien Andriy Yermak.La Russie de son côté veut annexer des territoires qu’elle occupe mais aussi s’attaquer aux “racines” du conflit, à savoir la présence de l’Otan à ses frontières.Volodymyr Zelensky exige que les Etats-Unis, qui ont été le principal soutien militaire de son pays depuis le début de la guerre, discutent d’abord avec l’Ukraine. “Et ce n’est qu’après ces réunions, après l’élaboration d’un plan pour arrêter Poutine, qu’il sera juste de parler aux Russes”, a-t-il dit jeudi.Car les plans de Washington pour l’avenir de l’Ukraine sont loin des aspirations du pays : les Etats-Unis martèlent désormais qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’est pas réaliste, tout comme un retour de ce pays à ses frontières d’avant 2014, c’est-à-dire avec la Crimée, annexée cette année-là par Moscou. – “Votre problème” – La France a dit sa crainte qu’en définitive la nouvelle administration américaine “cède tout” à la Russie.”Une paix qui soit une capitulation” serait “une mauvaise nouvelle pour tout le monde”, a averti le président français Emmanuel Macron dans une interview au Financial Times.La cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas a même fait le parallèle entre la crise actuelle et 1938, quand les accords de Munich avaient abouti à l’annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne hitlérienne.Le choc est d’autant plus grand chez les dirigeants des pays européens que les Américains ont signifié qu’il leur appartenait désormais d’assurer l’essentiel du soutien à Kiev, et qu’ils devaient muscler leurs investissements dans la défense.Selon Timothy Ash, professeur en études européennes à Oxford, le message de Washington à l’Europe “est très clair sur l’Ukraine: c’est votre problème. Nous vous aiderons à conclure un accord avec la Russie, mais c’est à vous d’en assurer le suivi”.Face à un Donald Trump qui bouscule le multilatéralisme et l’ordre international, les débats devraient être intenses entre les dizaines de chefs de gouvernement, de diplomates et hauts-gradés réunis à Munich.La métropole du sud de l’Allemagne est sur les dents après une attaque à la voiture-bélier commise jeudi matin en plein centre-ville pour laquelle un ressortissant afghan a été arrêté. Trente personnes ont été blessées, dont certaines grièvement.

Zelensky en Allemagne pour parer au rapprochement entre Trump et Poutine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontre vendredi en Allemagne le vice-président et le secrétaire d’Etat américains pour tenter de peser dans les futures discussions sur un règlement de la guerre où “tout sera sur la table”, assure Washington.Le premier entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine cette semaine suivie de déclarations fracassantes du locataire de la Maison Blanche, ont marqué une accélération spectaculaire des initiatives pour mettre un terme au conflit déclenché par Moscou il y a presque trois ans.La volonté affichée de négocier immédiatement sur l’Ukraine fait craindre à Kiev et aux Européens un règlement du conflit à leur détriment.Sous pression maximale et alors que la situation militaire sur le front continue de se dégrader, Volodymyr Zelensky est attendu à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), rendez-vous annuel d’une élite diplomatique sonnée par la nouvelle dynamique.Juste avant son arrivée, il a accusé la Russie d’avoir attaqué avec un drone “l’enceinte protégeant le monde des radiations du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl”, provoquant un incendie qui a été “éteint”. “Le niveau de radiations n’a pas augmenté”, a-t-il ajouté.Avant sa rencontre vendredi avec le leader ukrainien, le vice-président américain JD Vance a assuré, dans une interview au Wall Street Journal, que les Etats-Unis auront “à coeur l’indépendance souveraine de l’Ukraine” dans les négociations à venir.”Tout sera sur la table”, y compris “les moyens de pression militaire”, a-t-il ajouté.Le vice-président américain prononcera en début d’après-midi un discours très attendu. Il pourrait annoncer “qu’une grande partie des troupes américaines seront retirées d’Europe”, a avancé vendredi le diplomate allemand Christoph Heusgen qui préside la MSC.Le chef de la diplomatie Marco Rubio est également attendu à Munich pour voir M. Zelensky et ses homologues du G7.- Russes à Munich ? -La présence “de hauts responsables” russes pour une réunion avec des représentants ukrainiens et américains annoncée jeudi par Donald Trump, reste incertaine.”Des discussions avec les Russes ne sont pas envisagées”, a réagi Kiev.”Nous n’avons pas accrédité de représentants du gouvernement russe”, ont indiqué les organisateurs de la MSC.Après l’onde de choc provoquée par le coup de fil avec Trump qui replace Vladimir Poutine dans une relation d’égal à égal avec les Etats-Unis, le camp ukrainien joue son va-tout.Kiev réclame une “paix juste” et des garanties de sécurité de la part des Européens et des Américains, notamment l’envoi de troupes pour garantir la paix.”Gardez la tête froide et ne vous laissez pas influencer par les émotions. Les intérêts de l’Ukraine sont prioritaires et le resteront”, a dit sur Telegram le chef du bureau présidentiel ukrainien Andriy Yermak.La Russie de son côté veut annexer des territoires qu’elle occupe mais aussi s’attaquer aux “racines” du conflit, à savoir la présence de l’Otan à ses frontières.Volodymyr Zelensky exige que les Etats-Unis, qui ont été le principal soutien militaire de son pays depuis le début de la guerre, discutent d’abord avec l’Ukraine. “Et ce n’est qu’après ces réunions, après l’élaboration d’un plan pour arrêter Poutine, qu’il sera juste de parler aux Russes”, a-t-il dit jeudi.Car les plans de Washington pour l’avenir de l’Ukraine sont loin des aspirations du pays : les Etats-Unis martèlent désormais qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan n’est pas réaliste, tout comme un retour de ce pays à ses frontières d’avant 2014, c’est-à-dire avec la Crimée, annexée cette année-là par Moscou. – “Votre problème” – La France a dit sa crainte qu’en définitive la nouvelle administration américaine “cède tout” à la Russie.”Une paix qui soit une capitulation” serait “une mauvaise nouvelle pour tout le monde”, a averti le président français Emmanuel Macron dans une interview au Financial Times.La cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas a même fait le parallèle entre la crise actuelle et 1938, quand les accords de Munich avaient abouti à l’annexion d’une partie de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne hitlérienne.Le choc est d’autant plus grand chez les dirigeants des pays européens que les Américains ont signifié qu’il leur appartenait désormais d’assurer l’essentiel du soutien à Kiev, et qu’ils devaient muscler leurs investissements dans la défense.Selon Timothy Ash, professeur en études européennes à Oxford, le message de Washington à l’Europe “est très clair sur l’Ukraine: c’est votre problème. Nous vous aiderons à conclure un accord avec la Russie, mais c’est à vous d’en assurer le suivi”.Face à un Donald Trump qui bouscule le multilatéralisme et l’ordre international, les débats devraient être intenses entre les dizaines de chefs de gouvernement, de diplomates et hauts-gradés réunis à Munich.La métropole du sud de l’Allemagne est sur les dents après une attaque à la voiture-bélier commise jeudi matin en plein centre-ville pour laquelle un ressortissant afghan a été arrêté. Trente personnes ont été blessées, dont certaines grièvement.

Tennis: l’ex-N.2 de la Fédération condamné à 10 ans de réclusion pour viols

L’ex-vice-président de la Fédération française de tennis (FFT) Jean-Pierre Dartevelle a été condamné jeudi à 10 ans de réclusion par la cour criminelle du Doubs pour des viols sur une ancienne joueuse de près de 50 ans sa cadette.La peine prononcée est conforme à celle requise plus tôt dans la soirée par l’avocat général François Prélot, comme la mesure complémentaire d’interdiction d’exercer une activité en lien avec les mineurs.M. Dartevelle, 74 ans, encourait 15 ans de réclusion criminelle.Questionné par la présidente afin de savoir s’il avait bien compris la peine qui avait été prononcée à son encontre, Jean-Pierre Dartevelle a répondu “oui”.La cour l’a reconnu coupable de viols à l’encontre d’une jeune joueuse de tennis entre septembre 2016 et mars 2018, alors qu’elle était âgée de 17 à 19 ans.”Le verdict était écrit, c’était acté, et de toutes les façons, il n’y a pas eu de place une seconde pour que Jean-Pierre Dartevelle s’exprime” durant ces trois jours de procès, a estimé son avocate Marie-Alix Canu-Bernard après l’énoncé du délibéré.Elle a également annoncé qu’un appel sera déposé “dès demain matin”.”La partie civile que je représente et que j’assiste est reconnue dans son statut de victime et c’est pour elle l’essentiel”, a réagi auprès des journalistes l’avocat de la jeune femme, Benjamin Liautaud. “Aujourd’hui, en ce qui concerne ma cliente, la contrainte morale a été reconnue et sanctionnée.”A l’audience, le représentant du ministère public avait par ailleurs souligné qu’au cours des trois jours de procès, l’accusé “n’a pas bougé d’un iota dans ses déclarations”, alors que les parents de la victime, âgée de 25 ans désormais, “attendaient des aveux, des regrets, des excuses”.- “Emprise” -“Elle ment, elle ment, elle ment”, avait lancé l’accusé, désignant l’ancienne joueuse de tennis. “Depuis trois jours d’audience, je ne sais plus qui je suis. Un manipulateur ? Un monstre ?”, avait-il ajouté, disant s’insurger “contre la réécriture de notre histoire” par la jeune femme.Le septuagénaire, un homme de petite taille tout de noir vêtu, avait dépeint une “histoire d’amour magnifique” avec son accusatrice, une frêle jeune femme. Elle avait quant à elle dénoncé des viols en 2018, décrivant une relation “contrainte” et expliquant être victime de “l’emprise” de cet homme très lié à ses parents dans le milieu du tennis.Elle a aussi dit avoir “essayé de trouver des solutions pour (se) sortir de cette emprise qu’il avait sur” elle.”J’ai développé une peur énorme à (son) égard (…). Je n’arrivais pas à trouver une porte de sortie ou je n’ai pas eu le courage de le faire, j’avais trop honte”.”Jamais je n’ai vu un regard de crainte chez elle. Je n’ai vu que de la tendresse. Et si seulement elle avait montré une réticence, j’aurais mis fin à cette relation”, a assuré jeudi l’accusé.Les 18 mois de la relation correspondent à une période où la joueuse de tennis faisait face à de multiples blessures. – “Haine profonde” -Elle avait été opérée des jambes mais des douleurs perduraient, son état de santé s’était dégradé, passant par des phases d’anorexie, de boulimie et de dépression. Elle avait tenté de mettre fin à ses jours, voyant ses espoirs de carrière tennistique s’envoler.”Nous avions échangé sur les réseaux sociaux, et j’ai accepté une rencontre car M. Dartevelle avait promis de m’aider, et là j’ai subi un premier viol”, a-t-elle expliqué.Tout au long du procès, les versions de la partie civile et de la défense se sont opposées. Admettant qu’il avait probablement “demandé à la victime la première photo d’elle dénudée”, la présidente a demandé à l’accusé si c’était “admis au sein de la ligue ?”.”A priori non”, a-t-il répondu, arguant que “derrière le président de la ligue (de Bourgogne-Franche-Comté, ndlr) il y a un homme”. “Je me suis laissé emporter par cet amour à tel point que j’ai pris un risque sur ma carrière sportive (il était candidat à la présidence de la FFT, ndlr) et bien je l’ai fait quand même…”, a-t-il ajouté.

Equateur: le domaine des cartels de la drogue

Sur la côte sud-ouest de l’Equateur, les gangs de trafiquants de drogue opèrent en toute impunité et les habitants terrifiés constatent les limites de la politique du président sortant Daniel Noboa en matière de sécurité, dans ce territoire devenu une zone de non-droit.Dans un centre de commandement près de la frontière péruvienne, huit marines équatoriens armées de fusils M4 rouillés se préparent à partir en patrouille. Masqués, ils sont sur le point de pénétrer dans le territoire des cartels. Puerto Bolivar est devenu un théâtre d’affrontements entre cartels de la drogue rivaux en concurrence pour exporter des quantités record de cocaïne de la Colombie et du Pérou vers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.En 2024, les marines équatoriens ont découvert une trentaine de corps dans les eaux près du port, certains décapités, d’autres mutilés.”Il n’y a pas de sécurité”, se lamente un habitant qui demande à ne pas être nommé. “Le pays a été complètement abandonné”. Pendant leur patrouille de quatre heures, les marines fouillent quelques bateaux de pêche et ne trouvent rien. Mais lorqu’ils pénètrent dans l’estuaire de Huayala – quais délabrés, bâtiments en parpaings – l’unité se met en position, fusils armés et levés.Les marines scrutent nerveusement bateaux et bâtiments. “Ce n’est pas une bonne idée de rester ici longtemps”, dit l’un d’eux. “Quelqu’un pourrait tirer”.- Extorsion d’argent pour avoir le droit de pêcher – Puerto Bolivar, l’un des ports exportateurs de bananes les plus importants au monde et comptoir commercial pour les fruits de mer, a une importance vitale pour l’économie de l’Equateur.Mais aujourd’hui, les grues qui chargent les conteneurs et les quais en eau profonde sont presque vides.Les affaires qui prospèrent sont l’extorsion d’argent, les enlèvements, les assassinats, la pêche illégale, le blanchiment d’argent et le trafic de cocaïne.La plupart des habitants ont peur de parler. “Ils pourraient aller jusqu’à me tuer, moi ou ma famille”, déclare un vieil homme.Un pêcheur a cependant accepté de rencontrer l’AFP à condition de rester anonyme. Arrivé à un lieu de rendez-vous sûr, portant un masque et une casquette, il est déterminé à faire savoir ce qui arrive à sa communauté et à son pays.Il reconnait verser une redevance mensuelle aux gangs ainsi que 20% de ses prises de poisson en échange de sa sécurité.”Si nous les ignorons, ils coulent nos bateaux et volent nos moteurs. Certains pêcheurs ont tout simplement disparu”, raconte-t-il.D’autres travaillent pour les cartels car ils paient davantage.Le pêcheur énumère les nombreuses manières dont les gangs gagnent de l’argent, de l’extraction de l’or à la contrebande de carburant avec le Pérou.Certains procédés sont simples: des cargaisons de bananes dissimulant de la cocaïne envoyées en Europe, d’autres plus compliqués, comme l’achat de poisson qui n’existe pas pour blanchir de l’argent.Les noms des gangs et de leurs chefs sont connus de tous: Los Lobos (Les Loups), Los Lobos Box et Los Choneros. L’emprise des gangs s’affiche au grand jour. L’un des nombreux bordels de la région s’appelle “Napoles”, le nom de l’ancien baron colombien de la drogue Pablo Escobar.L’armée reconnait que les figures dirigeantes du cartel mexicain Jalisco Nouvelle Génération ont un enracinement local. Ces chefs se déplacent et font des affaires ouvertement dans la région.- ‘Les procureurs ne poursuivent pas’ – Le président Daniel Noboa a déclaré l’état d’urgence, procédant à des arrestations médiatisées et envoyant l’armée dans les rues et les prisons contrôlées par les gangs. Mais à Puerto Bolivar, ces mesures ont eu peu d’impact.Dans cette province, M. Noboa a été devancé de 5 points par sa rivale de gauche au premier tour de l’élection présidentielle de dimanche dernier et pourrait ne pas faire mieux au deuxième tour en avril.Evan Ellis, un expert en sécurité en Amérique latine et ancien conseiller du Département d’Etat, reconnait que les déploiements de l’armée ont “amené les (gangs) à faire profil bas dans une certaine mesure”.”Mais le problème fondamental de la circulation de la drogue dans le pays et des affrontements pour le contrôle des voies” d’acheminement n’a pas été réglé selon lui.Le capitaine de vaisseau Carlos Carrera admet que “les forces armées ne sont pas conçues pour la lutte contre le crime organisé et pour assurer directement la sécurité intérieure. Nous pouvons aider la police”.Mais selon le pêcheur de Puerto Bolivar, la police ne remplit pas toujours son rôle, “les procureurs ne poursuivent pas et les juges ne jugent pas”.