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CGT, FSU et Solidaires peinent à mobiliser contre l’austérité budgétaire

La journée d'”alerte” contre l’austérité budgétaire et pour les salaires ne fait pas le plein: la mobilisation à l’appel de trois syndicats, dont la CGT, reste mardi bien en-deçà de celles constatées lors des manifestations de septembre et octobre.Au moment où le budget 2026 de la Sécurité sociale revient devant les députés, la CGT, la FSU et Solidaires avaient appelé à se mobiliser à nouveau contre le doublement des franchises médicales, le gel des pensions de retraites et des prestations sociales ou encore “la violente baisse du budget des hôpitaux et des Ehpad, de la culture, des associations et des collectivités”. Avec un trafic ferroviaire quasi-normal et peu d’enseignants grévistes, le mouvement est resté peu visible pour les Français.A Paris, un cortège clairsemé s’est élancé vers 14H00 de la place de la Bourse, a constaté l’AFP. “On dégraisse, ils engraissent, changeons de régime” et “pour un budget de progrès social”, pouvait-on lire sur des pancartes.Lors des dernières journées de manifestation sur le même thème, à l’appel d’une intersyndicale plus large incluant notamment la CFDT et FO, le ministère de l’Intérieur avait décompté à Paris 55.000 personnes (le 18 septembre) puis 24.000 personnes (le 2 octobre). Mardi, les syndicats annonçaient quelque 150 rassemblements et cortèges à travers la France. A Nantes, au moins 1.500 personnes selon les syndicats, 750 selon la préfecture, ont défilé en fin de matinée derrière une banderole “on prend la rue pour sortir de l’impasse”. A Rennes, une journaliste de l’AFP a dénombré quelques centaines de manifestants. Catherine Jossé, 57 ans, professeure dans le premier degré, affiliée FSU, s’est mobilisée pour demander “autre un budget, pour le service public”. Elle explique que les mesures d’austérité touchent beaucoup les femmes, à la fois très présentes dans certains métiers comme l’enseignement et premières utilisatrices des services publics. – “Décisifs” -“À partir d’aujourd’hui, le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale est dans sa dernière lecture à l’Assemblée nationale, ce qui signifie que tous les votes vont être décisifs pendant les 15 prochains jours”, a souligné la cheffe de file de la CGT Sophie Binet avant le départ du cortège parisien, enjoignant salariés, retraités et jeunes à “interpeller les parlementaires pour les appeler à retirer toutes les horreurs qui polluent ce projet de budget”.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minima sociaux et pensions de retraite et suspendre de nouveau la réforme des retraites, une mesure annulée par le Sénat.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret. Le Premier ministre rencontre mardi le groupe écologiste, qui appelle à renoncer à cette mesure et dont le vote pourrait être décisif pour le budget de la Sécurité sociale. “Il faut un budget, mais pas à n’importe quel prix”, a souligné sur France Inter Sophie Binet.”On est aussi tout à fait responsable et conscient qu’il est nécessaire de réduire le déficit”, a assuré la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, dans le cortège parisien. Mais “réduire le déficit, ça ne peut pas se faire sur le dos des services publics, (…) de l’hôpital, de l’école ou de celles et ceux, dans les collectivités territoriales, qui sont en charge des politiques sociales”.Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé un taux de grévistes de 5,27% chez les enseignants. Dans la matinée, le trafic ferroviaire était quasi-normal, conformément aux prévisions de la veille, avec des perturbations concentrées sur les régions Centre-Val de Loire et Occitanie, a indiqué la SNCF à l’AFP. En Ile-de-France, seul le RER C est légèrement perturbé, avec 9 trains sur 10 en circulation.burs-bj-boc/alu/mpm

L’Assemblée ouvre une semaine décisive pour le budget de la Sécurité sociale

Un acte 2 décisif: les députés planchent à nouveau mardi sur le projet de budget de la Sécurité sociale, à l’avenir très incertain, avec encore de multiples compromis à trouver pour le gouvernement à gauche… sans perdre sa droite. Retraites, franchises, déficit à contenir… Les sujets explosifs ne manquent pas, tous facteurs d’une équation difficile pour rassembler des voix de groupes aux positions souvent opposées.Une adoption du texte mardi prochain serait une victoire majeure pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui, contraint par son absence de majorité, place le Parlement au centre de la construction budgétaire.Des cadres du camp gouvernemental espèrent qu’elle enclenche une dynamique positive pour le projet de budget de l’Etat, encore plus clivant.Mais un rejet serait un désaveu cinglant de la méthode gouvernementale.Quoiqu’il en soit, a plaidé mardi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, voter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 n’aura “rien à voir avec un quelconque soutien au gouvernement”.L’examen du texte devrait commencer en fin d’après-midi, en présence du Premier ministre – qui pourrait prendre la parole – par une motion de rejet préalable des Insoumis, a priori vouée à l’échec. Les débats sur les quelque 980 amendements pourront aller jusqu’à dimanche. A mi-parcours, les députés voteront d’abord sur la partie recettes. Rejetée, elle emporterait l’ensemble du texte.Face au rejet attendu du texte par le RN et LFI qui regroupent quelque 210 députés, l’adoption du projet de loi “ne repose pas uniquement sur les groupes qui soutiennent le gouvernement et sur le Parti socialiste”, a insisté Mme Bregeon. Mais le Premier ministre est exposé à des défections dans le camp gouvernemental. En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a jugé Edouard Philippe devant le groupe Horizons, qui oscille entre vote contre et abstention.L’adoption de justesse de ce PLFSS en première lecture avait permis de débattre notamment de la suspension de la réforme des retraites, concédée par le gouvernement contre une non-censure du PS. Les députés n’avaient pas fini l’examen dans les temps, et le Sénat a profondément remanié le texte, annulant la suspension de la réforme. C’est de sa copie que les députés repartent.- “Dernier kilomètre” -Le moment est crucial car si le dernier mot est donné à l’Assemblée nationale après un nouveau passage au Sénat, la copie finale ne pourra que très peu différer de celle écrite par les députés cette semaine.Pour le rapporteur général Thibault Bazin (LR), “si on évite les irritants, et qu’on n’en crée pas de nouveau (…) on peut avoir un chemin”.Mais cela impliquera selon lui un déficit de la “Sécu” plus important que 20 milliards d’euros, limite fixée par le gouvernement, alors que l’Assemblée nationale en première lecture le portait à 24 milliards.”On a l’impression d’être à la veille d’un match de Ligue des Champions”, souligne Jérôme Guedj, député PS. “Sur les 660 milliards du budget de la Sécu, le dernier kilomètre porte” sur quelques milliards d’euros, note-t-il.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minimas sociaux et pensions de retraite. Et suspendre de nouveau la réforme des retraites.Une bataille aura lieu sur une mesure proposée par la gauche pour engranger des recettes: l’augmentation de la part de CSG sur les revenus du capital. Irritant la droite, elle avait motivé certains députés LR et Horizons à s’abstenir en première lecture.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret.”Il doit renoncer” à cette “mesure injuste”, a martelé le groupe écologiste, dont le vote pourrait être décisif.Côté Rassemblement national, Christophe Bentz dénonce à la fois des “dérapages et insincérités budgétaires” et des mesures “injustes socialement et contraignantes économiquement”. – “Qu’un chemin: le compromis” -A l’approche du match, tout le monde semble se renvoyer la balle.Les socialistes estiment que le gouvernement doit convaincre les écologistes. “Le PS doit faire le travail” auprès d’eux, lance en retour un cadre Renaissance, qui appelle parallèlement PS et LR à se “rendre compte qu’ils ont besoin (des concessions) de l’un et l’autre” pour que le texte passe.Le gouvernement, qui alerte sur un déficit de la Sécurité sociale approchant “30 milliards” d’euros en l’absence de budget, pourrait-il ressusciter le 49.3 pour passer l’obstacle ? Certains députés le souhaitent, estimant plus facile pour les socialistes, voire pour Horizons et LR, de ne pas censurer le gouvernement que de voter ce compromis.Une piste écartée par l’entourage de M. Lecornu: “Il n’y a qu’un chemin, le compromis parlementaire”.

Présidentielle au Honduras: les candidats de droite à quasi-égalité, Trump accusateur

Le président américain Donald Trump a accusé les autorités électorales du Honduras d'”essayer de changer” le résultat de la présidentielle, dont deux candidats de droite sont sortis au coude-à-coude, en laissant une gauche moribonde.L’homme d’affaires Nasry Asfura, 67 ans, qui a les faveurs de Donald Trump, ne devance que de 515 voix son rival de droite, le présentateur de télévision Salvador Nasralla, 72 ans, après le décompte numérique de 57% des procès-verbaux, a déclaré sur  X la présidente du Conseil national électoral (CNE). Ce faible écart constitue, compte tenu de la marge d’erreur, une “égalité technique”, a ajouté Ana Paola Hall, demandant “de la patience” aux électeurs. Le dépouillement manuel pourrait durer plusieurs jours.”On dirait que le Honduras est en train d’essayer de changer le résultat de son élection présidentielle. S’ils le font, ils le paieront cher!”, a menacé lundi soir Donald Trump sur son réseau Truth Social, accusant la CNE d’avoir “abruptement cessé de compter” les voix, sans étayer cette affirmation.Les deux candidats sont de leur côté restés optimistes et prudents à la fois. “Les chiffres parleront d’eux-mêmes”, a affirmé Nasry Asfura, du Parti national (PN), depuis son quartier général de campagne. “Je sais que j’ai déjà gagné. Ce matin, on m’a communiqué un chiffre qui me donne l’avantage”, a répondu Salvador Nasralla (Parti libéral – PL) aux journalistes, avant de préciser sur X ne pas se proclamer vainqueur mais ne faire “que projeter les résultats”.Dimanche, les Honduriens ont clairement sanctionné la gauche qui gouverne ce pays parmi les plus pauvres d’Amérique latine, miné par la violence des gangs, le trafic de drogue et la corruption.Sa candidate, l’avocate Rixi Moncada, 60 ans, est 20 points derrière la droite. Elle a dénoncé l’irruption de Donald Trump dans la campagne, déclarant que son soutien à l’ancien maire de Tegucigalpa avait “été perçu par la population comme une forme de coercition”.L’actuelle présidente Xiomara Castro est arrivée au pouvoir en 2021, plus d’une décennie après le coup d’État contre son époux, Manuel Zelaya, qui s’était rapproché du Venezuela et de Cuba.Les deux candidats en tête ont mené campagne sur la peur que le maintien de la gauche ne conduise le Honduras à devenir un autre Venezuela, pays dans une crise profonde. – Grâce pour un ancien président – Donald Trump, interventionniste dans toute la région, n’a pas hésité à conditionner l’aide américaine à la bonne volonté des gouvernements et à ses affinités avec leurs dirigeants, comme il l’avait fait précédemment en Argentine, au soutien de Javier Milei.Il a assuré que “les États-Unis ne gaspilleraient pas leur argent” si Nasry Asfura ne gagnait pas.”Tito (Nasry Asfura) et moi pouvons travailler ensemble contre les +narco-communistes+ et apporter au peuple du Honduras l’aide dont il a besoin”, a insisté le milliardaire américain.Le dirigeant républicain avait par ailleurs récemment annoncé la grâce de l’ancien président Juan Orlando Hernandez, qui a gouverné de 2014 à 2022 sous la bannière du PN de Nasry Asfura. Il est sorti lundi de sa prison en Virginie-Occidentale. Il purgeait une peine de 45 ans de détention pour avoir aidé à expédier des centaines de tonnes de cocaïne vers les États-Unis.”Après presque quatre années de douleur, d’attente et d’épreuves difficiles, mon mari (…) est à nouveau un homme libre, en vertu de la grâce présidentielle”, a déclaré mardi son épouse, Ana Garcia de Hernandez, sur les réseaux sociaux.Une grâce à contre-courant du déploiement militaire de Washington dans les Caraïbes, dans le cadre d’opérations antidrogue visant particulièrement le Venezuela.Nasry Asfura brigue la présidence pour la deuxième fois après avoir perdu en 2021 face à Mme Castro. Salvador Nasralla, lui, se soumet aux urnes pour la troisième fois. Durant la campagne, les grandes préoccupations des citoyens comme la violence ou la pauvreté, qui touche deux tiers des 11 millions d’habitants, ont été peu évoquées.”Ils ne font rien pour les pauvres, les riches deviennent chaque jour plus riches et les pauvres chaque jour plus pauvres. Seuls des voleurs nous gouvernent”, a déploré auprès de l’AFP Henry Hernandez, un gardien de voitures de 53 ans. 

L’OCDE plus optimiste pour la croissance des poids lourds économiques en 2025

L’économie mondiale résiste en 2025 malgré le choc des droits de douane américains et les incertitudes politiques, a souligné mardi l’OCDE, se montrant plus optimiste pour des poids lourds comme les Etats-Unis, la Chine et la zone euro, tout en pointant une fragilité accrue.”L’économie mondiale a été résiliente cette année, malgré les craintes d’un ralentissement plus marqué compte tenu du renforcement des obstacles au commerce et de la forte incertitude liée à l’action publique”, affirme l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses prévisions économiques mondiales actualisées. Comme facteurs de résistance, l’institution basée à Paris cite l’anticipation du relèvement des droits de douane qui a stimulé les échanges commerciaux, les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA), la baisse des taux d’intérêt par les banques centrales et des politiques budgétaires soutenant la demande. La volonté du président américain Donald Trump de relever les droits de douane sur les produits entrant aux Etats-Unis avait entraîné une ruée sur les importations en début d’année. Ce flot s’est depuis tari, s’accompagnant d’un ralentissement économique dans la deuxième partie de l’année.  Après 3,3% en 2024, l’OCDE a confirmé sa prévision d’une croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial de 3,2% en 2025, qui perdrait en vitalité à 2,9% en 2026 puis rebondirait à 3,1% en 2027. – Droits de douane contrebalancés -Pour les Etats-Unis, les perspectives sont plus optimistes que lors de la précédente publication de l’OCDE en septembre, avec une croissance attendue à 2% en 2025 et 1,7% en 2026 (+0,2 point à chaque fois), puis à 1,9% en 2027.Malgré une dégradation du marché de l’emploi, une persistance de l’inflation et la “faiblesse temporaire” induite par la paralysie budgétaire, la première économie mondiale paierait cette année moins fortement qu’attendu l’impact des droits de douane et le recul de l’immigration. Ces effets sont compensés par “des investissements très importants dans les logiciels et les équipements de traitement de l’information, et la bonne tenue des marchés d’actions”, note l’organisation.Depuis l’annonce au printemps des droits de douane, les Etats-Unis ont signé des accords commerciaux avec l’Union européenne, le Japon, la Suisse et le Royaume-Uni notamment, et la guerre commerciale avec Pékin s’est apaisée. En conséquence, le taux effectif des droits de douane sur les importations américaines de marchandises était estimé par l’OCDE à 14% fin novembre, contre 15,4% en juin. En zone euro, la croissance est attendue à 1,3% en 2025 (+0,1 point), à 1,2% en 2026 (+0,2) et à 1,4% en 2027. Pénalisée par l’instabilité politique et budgétaire, la France ralentirait toutefois moins que prévu cette année, avec une hausse du PIB de 0,8% (+0,2 point), tirée par les exportations aéronautiques, avant 1% (+0,1 point) en 2026 et 2027. Première économie européenne, l’Allemagne n’enregistrerait qu’une modeste croissance de 0,3% en 2025 (prévision inchangée), qui rebondirait à 1% en 2026 (-0,1 point) et 1,5% en 2027.  – “Risques significatifs” -L’OCDE remarque que dans de nombreuses économies de marché émergentes, “la croissance du PIB a étonnamment bien résisté” également. La Chine est un peu mieux positionnée qu’en septembre, avec 5% estimés en 2025 (+0,1 point) avant un ralentissement à 4,4% en 2026 et 4,3% en 2027. Toutefois, “ces perspectives demeurent fragiles, avec des risques significatifs”, a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, devant la presse.Il a pointé l’éventualité de “nouvelles barrières commerciales” susceptibles d’alimenter l’inflation et des inquiétudes sur “la résistance des chaines d’approvisionnement mondiales” au vu de la “forte concentration” de la production de certains intrants clés comme les terres rares en Chine. Toute perturbation de ces chaines d’approvisionnement est susceptible d’affecter des secteurs comme l’énergie, la défense, l’automobile, l’intelligence artificielle (IA) et  les technologies de l’information et de la communication.  Outre l’incertitude géopolitique, l’OCDE relève aussi “un risque de corrections brutales des prix” d’entreprises de l’IA hautement valorisées, et le risque pour la stabilité financière posé par “la grande volatilité des cours des crypto-actifs et les liens de plus en plus étroits des intermédiaires financiers non bancaires avec le système financier traditionnel”. Enfin, des “vulnérabilités budgétaires” exacerbées par les dépenses accrues en défense et le vieillissement de la population peuvent entraîner une hausse des taux souverains, avec des difficultés de financement à la clé. 

Le parc Astérix s’exporte en Allemagne

Le village des irréductibles gaulois va s’implanter en Allemagne: la Compagnie des Alpes a annoncé mardi la transformation du parc allemand Belantis, acquis en avril, en un parc Astérix, le premier hors de France, à “horizon 2030-2031”. Décidée “en accord avec les éditions Albert René”, la mutation du parc Belantis en parc Astérix “se fera graduellement” et “la première zone dédiée à Idéfix (le chien d’Obélix, NDLR) sera inaugurée dès le printemps 2026”, a indiqué le groupe français.L’ouverture de cette zone Idéfix se fera “en mars 2026”, a précisé le directeur général de la Compagnie des Alpes, Dominique Thillaud, lors d’une conférence de présentation des résultats de l’entreprise. “En Allemagne le chien Idéfix est la star d’Astérix. On commence par Idéfix avec une zone pour les petits, les familles”, a-t-il ajouté.En nombre de bandes dessinées Astérix vendues, l’Allemagne est le deuxième marché juste derrière la France. Si les éditions Albert René n’ont pas encore les chiffres de vente du dernier album, Astérix en Lusitanie, le précédent, L’Iris Blanc, paru en 2023, s’est vendu à 1,4 million d’exemplaires en Allemagne contre 2 millions en France.Astérix, Obélix et Idéfix gardent leurs noms dans la version allemande mais le chef du village Abraracourcix devient Majestix, son épouse Bonemine est Gutemine, le doyen Agécanonix est rebaptisé Methusalix, le druide Panoramix s’appelle Miraculix, etc.Ce parc allemand “est le résultat de plus de 10 ans de réflexion et de recherche du meilleur site pour accueillir notre célèbre gaulois”, a déclaré à l’AFP le directeur général des éditions Albert René, Céleste Surugue qui souligne “l’excellente relation” avec le parc français et la Compagnie des Alpes.”C’est aussi un témoignage fort de la force d’Astérix à l’international et en particulier en Allemagne. Depuis plus de 65 ans, ce sont déjà 130 millions d’albums qui ont été vendus en allemand”, ajoute-t-il.- “Solides atouts” -L’Allemagne est aussi le deuxième marché européen des parcs de loisirs.Selon la Compagnie des Alpes, le parc Belantis, “un des plus grands parcs d’attractions dans l’est de l’Allemagne”, “possède de solides atouts” comme son accès direct via l’autoroute depuis Leipzig et sa proximité avec Dresde et Berlin.Il bénéficie également d’une étendue de “plus de 80 hectares détenus en pleine propriété (comprenant une réserve de 41 hectares disponibles pour des développements futurs)”. La Compagnie des Alpes estime que “ce parc a le potentiel pour accueillir, à terme, près de 900.000 visiteurs par an”.En France, le parc Astérix, ouvert depuis 1989, a présenté en octobre un plan d’investissement de 250 millions d’euros d’ici 2030 pour se développer, avec pour ambition d’entrer dans le top 5 des parcs d’attractions européens.Actuellement au deuxième rang des parcs d’attractions les plus visités en France derrière Disneyland Paris, le parc Astérix a accueilli 2,9 millions de visiteurs au cours de la saison 2024-2025. Il se situe aujourd’hui à la 8e place au niveau européen.- Des résultats “record” – L’annonce de l’ouverture d’un parc Astérix en Allemagne a été faite en marge de la présentation par le groupe de nouveaux résultats annuels “record” pour son exercice annuel 2024-2025.Du 1er octobre 2024 à la fin septembre 2025, la Compagnie des Alpes a dégagé un bénéfice net en hausse de 15,8%, à 107 millions d’euros, porté par la bonne tenue de son activité.Le chiffre d’affaires a progressé de 12,8%, à 1,4 milliard d’euros. L’excédent brut opérationnel (EBO), indicateur de rentabilité, a grimpé de 16,7%, à 409 millions d’euros.Sur l’exercice 2024-2025, le chiffre d’affaires des domaines skiables du groupe (La Plagne, Les Arcs, Méribel…) a augmenté de 7,5%, à 594,2 millions d’euros. Le chiffre d’affaires de la branche parcs de loisirs (Futuroscope, Parc Astérix, Walibi, musée Grévin…) a crû de 18,9%, à 678 millions d’euros.Le Futuroscope a connu une forte progression avec 2,6 millions de visiteurs, a souligné Dominique Thillaud, en indiquant que “des annonces” concernant ce parc devraient être faites début 2026. 

Devant 150.000 fidèles, le pape appelle à la paix au Liban et dans la région

Le pape Léon XIV a appelé mardi à faire prévaloir la paix au Moyen-Orient lors d’une messe devant plus de 150.000 fidèles à Beyrouth, moment fort d’une visite marquée par la ferveur et l’émotion.Avant de s’envoler pour le Vatican, le chef de l’église catholique a également demandé “l’arrêt des attaques” contre le Liban, soumis à des frappes israéliennes régulières et qui craint une escalade de la violence.”Le Moyen-Orient a besoin de nouvelles approches afin de rejeter la mentalité de vengeance et de violence (..) et d’ouvrir de nouveaux chapitres au nom de la réconciliation et de la paix”, a déclaré le souverain pontife lors d’une messe en plein air sur le front de mer à Beyrouth.Pendant trois jours, le pape a été accueilli avec ferveur dans le petit pays, dernière étape de son premier voyage international qui l’a d’abord conduit en Turquie.”C’est un signe d’espoir pour le Liban”, confie à l’AFP Elias Fadel, 22 ans. “J’espère qu’il n’y aura pas de guerre”, ajoute le jeune homme, reflétant l’inquiétude qui prévaut au Liban.Le pays a connu une guerre meurtrière avec Israël il y a un an et craint une nouvelle escalade malgré le cessez-le-feu.Après une récente intensification des frappes aériennes, Israël n’en a pas mené pendant la visite du pape.- “La paix comme chemin” -“Que cessent les attaques et les hostilités”, a lancé le chef de l’Eglise catholique dans un discours à l’aéroport de Beyrouth avant de prendre l’avion.”Les armes tuent, tandis que la négociation, la médiation et le dialogue construisent. Choisissons tous la paix comme chemin (…)”, a-t-il dit.Dès l’aube, les fidèles, dont beaucoup sont venus de pays du Moyen-Orient, ont afflué, portant des drapeaux du Vatican et du Liban.A bord de sa papamobile, le pape été acclamé dans une atmosphère mêlant ferveur et joie.”J’espère que la paix va régner dans ce beau pays qui réunit toutes les confessions et religions”, dit Sandra Naïm, 37 ans.- Prière silencieuse -Avant la messe, le souverain pontife s’était recueilli sur le site de l’explosion du port de Beyrouth, qui a dévasté plusieurs zones de la capitale en 2020, faisant plus de 220 morts.Il a béni les proches des victimes, dont beaucoup étaient émus aux larmes et portaient les portraits de leurs êtres chers tués.”Nous avons besoin de justice pour nos frères et pour toutes les victimes de cette explosion”, a déclaré Cécile Roukoz, une avocate qui a perdu son frère.Le pape a déclaré que cette visite au port l’avait “profondément touché”. “J’ai prié pour toutes les victimes et je porte en moi la douleur et la soif de vérité et de justice de tant de familles, de tout un pays”, a-t-il dit.Cinq ans après la catastrophe, justice n’a pas encore été rendue, des responsables politiques ayant fait obstruction à l’enquête.La déflagration, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où était stocké sans précaution du nitrate d’ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.- “Père des oubliés” -Tôt mardi, Léon XIV s’était rendu dans un hôpital psychiatrique tenu par des religieuses près de Beyrouth, où il a été accueilli par des applaudissements.Marie Makhlouf, la mère supérieure des Soeurs franciscaines de la Croix, a remercié le pape, “père des oubliés et des marginalisés”.En dépit du rôle politique important que jouent les chrétiens au Liban, seul Etat arabe où le poste de président de la République est réservé à cette communauté, ces derniers ont vu leur nombre diminuer au cours des dernières décennies, notamment en raison de l’émigration des jeunes.Le chef de l’Eglise catholique a également appelé les chrétiens d’Orient à faire preuve de “courage”.”Toute l’Eglise vous regarde avec affection et admiration”, leur a-t-il assuré.La visite du pape est venue “nous rappeler que le monde n’a pas oublié le Liban, qu’il existe encore des coeurs qui prient pour lui et œuvrent pour sa paix”, a déclaré en lui faisant ses adieux le président libanais Joseph Aoun.cmak-lar-at/vl

Incendie de Hong Kong: au moins 156 morts, les autorités annoncent une enquête “indépendante”

Le dirigeant de Hong Kong a annoncé mardi la création d’un “comité indépendant” pour enquêter sur les causes de l’incendie qui a ravagé un complexe résidentiel la semaine dernière, faisant au moins 156 morts.Selon les autorités, les flammes se sont propagées rapidement via les filets utilisés sur des échafaudages, non conformes aux normes incendie.Le feu a ravagé cinq des sept tours du complexe résidentiel en rénovation de Wang Fuk Court situé dans la banlieue nord de la ville, forçant des milliers de personnes à quitter leur domicile.Sur les 156 personnes décédées, 29 n’ont pas encore été identifiées, a indiqué la police mardi soir devant des journalistes. Une trentaine de personnes sont toujours portées disparues.L’organisme anti-corruption de Hong Kong et la police, qui mènent une enquête conjointe sur l’incendie, le pire qu’ait connu le territoire depuis 1948, ont arrêté 15 personnes soupçonnées d’homicide involontaire.”Je vais mettre en place un comité indépendant, chargé de mener une enquête approfondie et exhaustive afin de réformer le système de construction, et d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent à l’avenir”, a déclaré le chef de l’exécutif, John Lee, ajoutant que le comité serait présidé par un juge.Alors que Hong Kong ploie sous une chape de tristesse, les médias locaux ont rapporté l’arrestation de plusieurs personnes réclamant des réponses et que justice soit faite.Icy Luo, une habitante de 27 ans venue prier pour les victimes, a estimé auprès de l’AFP que “la vérité sur cette affaire (était) encore loin d’être totalement établie”.- “Enquête transparente” -Un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, à l’origine avec d’autres d’une pétition réclamant des comptes après l’incendie, a été arrêté par la police pour “intention séditieuse”. La pétition en ligne, qui avait recueilli plus de 10.000 signatures en moins d’une journée, a été supprimée. Un journaliste de l’AFP a vu lundi Miles Kwan quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi.Deux autres personnes, dont l’ancien conseiller de district Kenneth Cheung, ont également été arrêtées par la police, selon les médias locaux. Kenneth Cheung a écrit sur Facebook lundi avoir été libéré sous caution.Human Rights Watch (HRW) a exhorté mardi le gouvernement de Hong Kong à “garantir une enquête transparente et à établir les responsabilités”. “Il est crucial de ne pas traiter comme des criminels ceux qui réclament des réponses après ce tragique incendie”, a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie de HRW, ajoutant que la catastrophe “soulève de sérieuses inquiétudes” quant à l’influence de Pékin à Hong Kong. Interrogé au sujet des arrestations, M. Lee a déclaré à l’AFP qu’il ne “tolérerait aucun délit, et en particulier ceux qui exploitent la tragédie que nous traversons”.-  “Commissions d’enquête” -Hong Kong, territoire chinois à statut spécial, dispose d’un mécanisme juridique permettant de mettre en place des “commissions d’enquête”, généralement dirigées par des juges pour traiter de dossiers complexes, une pratique héritée de l’époque coloniale britannique.Mardi, John Lee a utilisé un terme différent, celui de “comité indépendant”.Le dirigeant a déclaré à l’AFP que les autorités avaient identifié plusieurs défaillances et que des réformes seraient nécessaires en matière de sécurité, de supervision, de construction et de normes d’entretien.”Les coupables ont tenté de mélanger des filets non conformes avec des filets conformes afin de tromper les organismes d’inspection et les forces de l’ordre”, a affirmé John Lee.Hong Kong, rétrocédé à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, a vu le contrôle de Pékin se resserrer avec une loi de sécurité nationale stricte promulguée en 2020 en réaction aux manifestations pro-démocratie.Un loi a porté l’année dernière à sept ans la peine encourue pour sédition. Depuis début de novembre, Hong Kong a arrêté 348 personnes pour divers délits liés à la sécurité nationale et en a condamné 172.- “Plus d’importance” -Près des tours, des murs, poteaux et bancs ont été recouverts de notes portant des messages de soutien, un procédé utilisé lors des manifestations prodémocratie de 2019.Plusieurs familles se sont rendues à Wang Fuk Court lundi pour commencer les rites funéraires traditionnels, qui doivent se poursuivre mardi.Une femme de 30 ans, pleure en écrivant ses condoléances sur un petit bout de papier. “Il faut absolument qu’une enquête soit menée pour déterminer les responsabilités, y compris celles des membres du gouvernement”, dit-elle à l’AFP, tout en se disant pessimiste sur une telle enquête sous la tutelle de Pékin. “L’avis des Hongkongais, selon elle, n’a plus d’importance, car le gouvernement bénéficie d’un soutien très puissant”.

La Maison Blanche confirme avoir frappé deux fois un même bateau soupçonné de narcotrafic

La Maison Blanche a confirmé lundi qu’un amiral américain, sous l’autorité du ministre de la Défense, avait ordonné de tuer les survivants d’une frappe sur un bateau de trafiquants de drogue présumés, un acte dont la légalité est ouvertement questionnée, en pleine crise avec Caracas.Depuis août, les Etats-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire en …

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Guerre en Ukraine: l’émissaire américain Witkoff va rencontrer Poutine à Moscou

Les yeux sont rivés mardi sur Moscou, où l’émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump doivent rencontrer Vladimir Poutine pour des pourparlers sur l’Ukraine, visée en novembre par une hausse de bombardements russes.La veille, Washington s’est dit “très optimiste” malgré l’intransigeance persistante du dirigeant russe, presque quatre ans après le lancement de l’offensive russe.Le président américain et son équipe “ont travaillé très dur sur ce dossier et souhaitent tous sincèrement voir cette guerre prendre fin”, a assuré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, participera à la réunion entre MM. Poutine et Witkoff, a dit le Kremlin qui a précisé que la rencontre débuterait “après 17h00 (14h00 GMT, ndlr)”.De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sous forte pression politique et diplomatique, a accusé la Russie d’utiliser les pourparlers actuels pour tenter “d’affaiblir les sanctions” visant Moscou.Le dirigeant ukrainien a reçu la veille un soutien appuyé de son homologue français Emmanuel Macron, qui a réaffirmé la mobilisation des Européens pour obtenir “une paix juste et durable”.S’il a salué “l’effort de médiation” des Etats-Unis, M. Macron a estimé qu’il n’y avait “pas aujourd’hui à proprement parler un plan qui soit finalisé”.Le plan avancé par Washington “ne peut être finalisé qu’avec les Européens autour de la table”, a-t-il martelé lors d’une conférence de presse au côté de M. Zelensky.A l’issue de ces échanges, M. Macron s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump sur “la dimension centrale des garanties de sécurité nécessaires pour l’Ukraine”, selon la présidence française.Volodymyr Zelensky, lui, est mardi en Irlande, où le Premier ministre Micheal Martin a assuré ce dernier du “soutien indéfectible” irlandais, dans un message sur X.- hausse des attaques russes -Les Européens espèrent que l’administration Trump, soupçonnée de complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine, ne sacrifiera pas l’Ukraine, considérée comme un rempart face à la Russie.Selon une conversation téléphonique révélée fin novembre par Bloomberg, Steve Witkoff a donné des conseils à Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe, sur la manière d’introduire auprès du président américain un plan de règlement du conflit en Ukraine.Le président ukrainien a affirmé lundi s’attendre à présent “à une discussion avec le président des Etats-Unis sur des questions clés”, après que le négociateur ukrainien Roustem Oumerov a fait état de “progrès significatifs” sur le projet de plan américain, bien que des “ajustements” soient encore nécessaires.Ces discussions se sont déroulées alors que les forces russes ont réalisé en novembre leur plus grosse progression sur le front en Ukraine depuis un an, selon l’analyse par l’AFP des données fournies par l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP).En un mois, la Russie a pris 701 km2 aux Ukrainiens, la deuxième avancée la plus importante après celle de novembre 2024 (725 km2), en dehors des premiers mois de guerre au printemps 2022.La Russie a revendiqué lundi la prise de la ville de Pokrovsk dans l’est de l’Ukraine, un nœud logistique clé pour Kiev, ainsi que celle de Vovtchansk, dans le nord-est. Mais l’Ukraine a affirmé mardi que les combats à Pokrovsk se poursuivaient.En novembre, la Russie a tiré plus de missiles et de drones lors de ses attaques nocturnes sur l’Ukraine que durant le mois précédent, soit un total de 5.660 missiles et drones longue portée (+2%).En interne, le président ukrainien est affaibli par un vaste scandale de corruption qui a contraint son puissant chef de cabinet, Andriï Iermak, à la démission vendredi.- Semaine “cruciale” pour Kiev -La semaine s’annonce “cruciale” pour l’Ukraine, a estimé la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas, qui dit “craindre que toute la pression soit exercée sur le côté le plus faible, car la reddition de l’Ukraine, c’est la manière la plus facile de mettre fin à cette guerre”.Les Etats-Unis ont présenté il y a dix jours un premier projet en 28 points très favorable à Moscou, rédigé sans les alliés européens de Kiev et censé mettre fin au conflit déclenché par l’offensive russe contre l’Ukraine en février 2022.Washington a ensuite amendé ce projet avec Ukrainiens et Européens, avant de le retravailler en bilatéral avec les Ukrainiens dimanche en Floride.Les discussions américano-ukrainiennes ont été jugées “productives” par les deux parties, mais le secrétaire d’Etat Marco Rubio a prévenu qu'”il restait encore du travail”.burs/blb/clr

Inondations en Asie: course contre la montre pour venir en aide aux survivants

En Indonésie, où les inondations et glissements de terrain ont fait plus de 700 morts et plus d’un million de déplacés, selon un dernier bilan, l’urgence est désormais d’acheminer de la nourriture aux sinistrés dans de nombreuses zones totalement isolées, alors que les intempéries en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka ont fait plus de 1.300 morts.Les pluies torrentielles de la mousson, associées à deux cyclones tropicaux distincts la semaine dernière, ont déversé des trombes d’eau sur l’ensemble du Sri Lanka et certaines régions de Sumatra (Indonésie), du sud de la Thaïlande et du nord de la Malaisie.Le bilan en Indonésie s’est encore alourdi mardi soir pour atteindre 712 morts et plus de 2.500 blessés. Le nombre de disparus a également augmenté passant de 475 à 507, a indiqué l’Agence nationale de gestion des catastrophes laissant craindre un bilan encore plus dramatique, tandis que 1,1 million d’habitants ont été évacués.Au Sri Lanka, 410 personnes ont trouvé la mort, 336 sont portées disparues et 1,5 million d’habitants sont sinistrés, selon le dernier bilan communiqué mardi par l’Agence srilankaise de gestion des catastrophes (DMC). De vastes zones de ces pays mais aussi des Philippines, du Vietnam, de Birmanie, ainsi que des portions du Cambodge et du Laos, ont enregistré des cumuls de pluie jamais observés en novembre par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) depuis 2012 selon ses relevés mensuels. La quasi-totalité du Sri Lanka a également connu des pluies record, selon l’analyse par l’AFP de ces données météorologiques américaines.Selon les experts, le changement climatique engendre des épisodes de pluie plus intenses car une atmosphère plus chaude contient davantage d’humidité, et des températures plus élevées dans les océans peuvent amplifier les tempêtes.Un autre facteur pourrait également avoir joué un rôle: la déforestation qui défigure Sumatra.Dans la région d’Aceh, à l’extrémité occidentale de Sumatra, déjà meurtrie par le tsunami dévastateur de 2004, ceux qui en ont les moyens constituent des réserves par crainte de pénuries, ont indiqué des habitants à l’AFP.”Les routes sont en grande partie coupées dans les zones inondées”, a déclaré Erna Mardhiah, 29 ans, qui patience depuis déjà deux heures dans une longue file d’attente à une station-service de Banda Aceh.”Les gens craignent de manquer de carburant”, dit-il.La nourriture se fait si rare que les prix explosent. “La plupart des choses sont déjà hors de prix… les piments à eux seuls coûtent désormais jusqu’à 300.000 roupies le kilo (15,5 euros), c’est probablement pourquoi les gens achètent en panique”, a-t-il dit.Lundi, le gouvernement indonésien a annoncé l’envoi de 34.000 tonnes de riz et de 6,8 millions de litres d’huile de cuisson aux trois provinces les plus touchées: Aceh, Sumatra Nord et Sumatra Ouest.”Il ne peut y avoir aucun retard”, a enjoint le ministre de l’Agriculture, Andi Amran Sulaiman, alors que beaucoup ont appelé le président Prabowo Subianto à décréter l’état d’urgence. – “Risques de pénurie et de famine” -Les organisations humanitaires ont indiqué qu’elles s’efforçaient d’acheminer de l’aide vers les zones sinistrées, tout en avertissant que les marchés locaux étaient à court de produits de première nécessité et que les prix des produits disponibles avaient triplé.”Les communautés de toute la province d’Aceh courent un grave risque de pénurie alimentaire et de famine si les chaînes d’approvisionnement ne sont pas rétablies dans les sept prochains jours”, a prévenu l’organisation caritative Islamic Relief.Dans les différentes provinces de Sumatra, où le bilan pourrait encore s’alourdir alors que 472 personnes sont toujours portées disparues et 2.600 ont été blessées, les habitants évoquent des scènes terrifiantes, face à la montée soudaine des eaux.La crue a été “irrésistible, comme une vague de tsunami”, a témoigné Zamzami, un habitant de Aceh Est.”Nous ne pouvons pas expliquer à quel point le flot paraissait immense”, a dit cet homme de 33 ans, qui, comme beaucoup d’Indonésiens, ne porte qu’un seul nom.Une autre tempête a provoqué de fortes précipitations au Sri Lanka, déclenchant des crues soudaines et des glissements de terrain qui ont fait au moins 410 morts, soit la pire catastrophe naturelle subie par l’île d’Asie du Sud depuis le tsunami de 2004.Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l’état d’urgence, s’est engagé samedi à reconstruire les zones dévastées.L’armée de l’air srilankaise, appuyée par ses homologues indienne et pakistanaise, a procédé à l’évacuation de résidents bloqués et à la livraison de nourriture.Les pluies se sont calmées dans tout le pays, mais les alertes aux glissements de terrain restent en vigueur dans la majeure partie de la région centrale la plus touchée, ont indiqué les autorités.burs-sah-ebe/clr