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Victoires de la musique: Zaho persiste, Gims enfin sacré et les JO récompensés

Les 40e Victoires de la musique ont décerné vendredi leurs coups de coeur: Zaho de Sagazan confirme son aura, le rappeur Gims obtient un sacre longtemps attendu et les cérémonies des JO sont récompensées, sur une note plus politique. “D’être récompensé par des gens de la musique, d’avoir été choisi par des pros, par des gens qui m’ont vu évoluer dans ce milieu, c’est un honneur”, a déclaré Gims, révélé avec le groupe Sexion d’Assaut et qui caracole depuis une dizaine d’années en haut des classements.Après Gazo en 2024 – ex-æquo avec Vianney – les Victoires ont de nouveau récompensé un rappeur dans cette catégorie reine, signe de l’ouverture de la cérémonie qui reste néanmoins centrée sur la pop.L’artiste congolais, qui a grandi en France, a aussi profité du micro pour rappeler la situation “terrible” près de Goma (RDC) où des combats opposent forces gouvernementales et rebelles. “C’est inhumain ce qui se passe là-bas”, a-t-il souligné.La récompense de la meilleure artiste féminine a été décernée à Zaho de Sagazan, déjà multirécompensée lors de l’édition précédente. A 25 ans, l’artiste confirme sa place de figure incontournable de la scène française, avec une renommée qui dépasse les frontières.”Vous me faites un bien fou, si je peux vous faire un peu de bien avec mes chansons, j’en suis ravie”, a-t-elle déclaré.Elle faisait face notamment à Santa, artiste la plus nommée (quatre nominations) pour cette 40e édition mais qui n’a glané qu’un trophée, celui du meilleur album pour “Recommence-moi”, son premier opus. Amatrice de scénographies spectaculaires, elle avait ouvert le bal des prestations live, suspendue dans les airs, tête en bas.Du côté de la jeune scène, Solann a été sacrée révélation féminine, Yoa auréolée de la révélation scène et Pierre Garnier s’est imposé dans la catégorie révélation masculine. Le gagnant de la Star Ac en 2024, rapidement chouchou du grand public, est également reparti avec la Victoire de la chanson originale pour “Ceux qu’on était”.”C’est la concrétisation de cette année de folie. Ça me motive pour continuer et pour ne jamais lâcher”, a-t-il dit en coulisses.Cette édition anniversaire, diffusée sur France 2 en direct de la Seine musicale, était présidée par Alain Souchon, qui a interprété avec ses fils Pierre Souchon et Ours sa “Foule sentimentale”. Ce tube récompensé en 1994 et 2005 fait partie de l’album de souvenirs des Victoires.- “Lanterne” -Les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux de Paris, avec Thomas Jolly et Victor le Masne à la baguette, sont reparties avec la Victoire du meilleur concert.”Si le spectacle vivant porte en lui cette puissance émancipatrice, il ne peut rien sans un pouvoir qui le considère et le soutient. Aussi je m’étonne dans cette période de tourments multiples de voir ici ou là les moyens pour la culture affaiblie ou tout bonnement retirée”, a déclaré Thomas Jolly, dans un discours aux consonances politiques durant la cérémonie, à laquelle assistait la ministre de la Culture Rachida Dati.Plus qu’une parenthèse, il a souhaité que les Jeux de Paris soient “plutôt comme une brèche lumineuse dans l’ombre épaisse et grandissante qui plane sur nous. Que cette Victoire (…) nous serve de lanterne”, a-t-il conclu.Distinguée côté “création audiovisuelle, la série documentaire “DJ Mehdi: Made in France”, qui retrace le parcours éclair du compositeur essentiel à l’émergence des scènes rap et électro, a obtenu la première récompense de la soirée. Par ailleurs, Sylvie Vartan, qui a fait ses adieux à la scène fin janvier à 80 ans, ainsi qu’Eddy Mitchell, 82 ans et 40 albums solo au compteur, ont tous les deux reçu une Victoire d’honneur.- “Effet accélérateur” -Grand-messe qui promeut la diversité dans la chanson française depuis ses débuts en 1985 au Moulin rouge, les Victoires ont été accusées d’entre-soi et d’un manque de représentativité, en particulier du hip-hop.  En réponse, le système de vote a été refondu depuis l’édition 2024, avec un second tour dont sont exclus les labels.  Même imparfaites, les Victoires demeurent une vitrine de la variété scrutée par la filière et, pour les artistes, une reconnaissance ou une rampe de lancement.”C’est un effet accélérateur de malade” et “ça peut faire basculer” une carrière, assure Vincent Frèrebeau, son président, qui doit passer la main pour la prochaine édition.

RDC: “Il faut éviter à tout prix une escalade régionale”, lance le chef de l’ONU

“Il faut éviter à tout prix une escalade régionale” dans le conflit qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé samedi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à l’ouverture du sommet de l’Union africaine (UA), alors que des combattants du M23 alliés à des troupes rwandaises sont entrés la veille dans Bukavu.Dans l’est de la RDC, le groupe armé M23 (“Mouvement du 23 mars”) soutenu par le Rwanda a pris fin janvier le contrôle de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de progresser dans la région voisine du Sud-Kivu. Les récents affrontements dans cette région, secouée par des violences depuis trente ans, ont fait au moins 2.900 morts, selon l’ONU.Vendredi, le M23 et les troupes rwandaises ont pris le contrôle de l’aéroport de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, site stratégique, où étaient positionnées les forces armées congolaises. Puis, selon des sources sécuritaire et humanitaire, une avant-garde a pénétré dans la ville par ses quartiers nord-ouest.La chute imminente de Bukavu, déjà tombée en 2004 aux mains de soldats dissidents de l’armée congolaise, donnerait au M23 et aux troupes rwandaises le contrôle total du Lac Kivu, qui s’étire le long de la frontière rwandaise. En face, l’armée congolaise est notamment soutenue par des troupes sud-africaines et burundaises.Des tirs sporadiques résonnent encore à Bukavu samedi matin, selon des journalistes de l’AFP. Les habitants restent majoritairement terrés chez eux. Les rues sont quasi désertes, il n’y a pas de circulation. Des pillages survenus au cours de la nuit ont été signalés.”La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être respectées”, a exhorté le chef de l’ONU, lors de l’ouverture du sommet annuel de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba.”La violation en cours de l’intégrité territoriale de la RDC ne restera pas sans réponse”, a affirmé samedi un porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, tout en blâmant des “forces du M23, soutenues par le Rwanda”. “L’UE examine en urgence toutes les options à sa disposition”, a-t-il poursuivi.Pour M. Guterres, interrogé par l’AFP lors d’une conférence de presse, “la clé de la solution du problème” en RDC est en Afrique.Samedi, Paris a de son côté appelé samedi à l’arrêt “immédiat” de l’offensive du M23 sur Bukavu et demandé “le retrait sans délai” des forces rwandaises soutenant ce groupe armé.Environ 4.000 militaires rwandais interviennent dans l’est de la RDC, selon l’ONU.Ce conflit fait planer le risque d’une guerre régionale, plusieurs des voisins de la RDC, immense pays de l’Afrique centrale, ayant une présence militaire sur le sol congolais.- Lettres mortes -Depuis la récente intensification du conflit, et alors que Kinshasa réclame en vain des sanctions internationales contre Kigali, les appels de la communauté internationale à une désescalade et à un cessez-le-feu se sont multipliés, notamment de la part des dirigeants d’Afrique de l’Est. Mais ils sont restés lettres mortes.Félix Tshisekedi n’a pas pris part à une réunion du Conseil paix et sécurité de l’UA vendredi et était à une conférence sur la sécurité, organisée à Munich (Allemagne), d’où il a dénoncé les “velléités expansionnistes” du Rwanda et appelé à le “mettre à l’index”.Il était initialement annoncé présent au sommet des chefs d’Etats ce week-end, mais y a finalement renoncé.L’UA a été critiqué dans certaines de ses positions, jugées trop timorées et favorables à Kigali. Certains communiqués du président sortant de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, s’ils appelaient à la fin des combats, ne mentionnaient pas le Rwanda.- Trois candidats -Le président angolais João Lourenço, très impliqué depuis plusieurs années dans les tentatives de médiation entre RDC et Rwanda, a pris samedi, à la suite du chef de l’Etat mauritianien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la présidence tournante de l’UA, un rôle honorifique.A l’issue du sommet, un nouveau président de la Commission de l’UA sera désigné pour succéder au Tchadien Moussa Faki Mahamat, qui a atteint la limite des deux mandats pour ce rôle exécutif. Trois candidats se disputent le poste tournant de plus haut représentant de l’organisation panafricaine, réservé cette fois à un représentant de l’Afrique de l’Est: le ministre des Affaires étrangères djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, le vétéran de l’opposition kényane Raila Odinga et l’ancien ministre des Affaires étrangères malgache Richard Randriamandrato.

RDC: “Il faut éviter à tout prix une escalade régionale”, lance le chef de l’ONU

“Il faut éviter à tout prix une escalade régionale” dans le conflit qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé samedi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à l’ouverture du sommet de l’Union africaine (UA), alors que des combattants du M23 alliés à des troupes rwandaises sont entrés la veille dans Bukavu.Dans l’est de la RDC, le groupe armé M23 (“Mouvement du 23 mars”) soutenu par le Rwanda a pris fin janvier le contrôle de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de progresser dans la région voisine du Sud-Kivu. Les récents affrontements dans cette région, secouée par des violences depuis trente ans, ont fait au moins 2.900 morts, selon l’ONU.Vendredi, le M23 et les troupes rwandaises ont pris le contrôle de l’aéroport de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, site stratégique, où étaient positionnées les forces armées congolaises. Puis, selon des sources sécuritaire et humanitaire, une avant-garde a pénétré dans la ville par ses quartiers nord-ouest.La chute imminente de Bukavu, déjà tombée en 2004 aux mains de soldats dissidents de l’armée congolaise, donnerait au M23 et aux troupes rwandaises le contrôle total du Lac Kivu, qui s’étire le long de la frontière rwandaise. En face, l’armée congolaise est notamment soutenue par des troupes sud-africaines et burundaises.Des tirs sporadiques résonnent encore à Bukavu samedi matin, selon des journalistes de l’AFP. Les habitants restent majoritairement terrés chez eux. Les rues sont quasi désertes, il n’y a pas de circulation. Des pillages survenus au cours de la nuit ont été signalés.”La souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC doivent être respectées”, a exhorté le chef de l’ONU, lors de l’ouverture du sommet annuel de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba.”La violation en cours de l’intégrité territoriale de la RDC ne restera pas sans réponse”, a affirmé samedi un porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères, Anouar El Anouni, tout en blâmant des “forces du M23, soutenues par le Rwanda”. “L’UE examine en urgence toutes les options à sa disposition”, a-t-il poursuivi.Pour M. Guterres, interrogé par l’AFP lors d’une conférence de presse, “la clé de la solution du problème” en RDC est en Afrique.Samedi, Paris a de son côté appelé samedi à l’arrêt “immédiat” de l’offensive du M23 sur Bukavu et demandé “le retrait sans délai” des forces rwandaises soutenant ce groupe armé.Environ 4.000 militaires rwandais interviennent dans l’est de la RDC, selon l’ONU.Ce conflit fait planer le risque d’une guerre régionale, plusieurs des voisins de la RDC, immense pays de l’Afrique centrale, ayant une présence militaire sur le sol congolais.- Lettres mortes -Depuis la récente intensification du conflit, et alors que Kinshasa réclame en vain des sanctions internationales contre Kigali, les appels de la communauté internationale à une désescalade et à un cessez-le-feu se sont multipliés, notamment de la part des dirigeants d’Afrique de l’Est. Mais ils sont restés lettres mortes.Félix Tshisekedi n’a pas pris part à une réunion du Conseil paix et sécurité de l’UA vendredi et était à une conférence sur la sécurité, organisée à Munich (Allemagne), d’où il a dénoncé les “velléités expansionnistes” du Rwanda et appelé à le “mettre à l’index”.Il était initialement annoncé présent au sommet des chefs d’Etats ce week-end, mais y a finalement renoncé.L’UA a été critiqué dans certaines de ses positions, jugées trop timorées et favorables à Kigali. Certains communiqués du président sortant de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, s’ils appelaient à la fin des combats, ne mentionnaient pas le Rwanda.- Trois candidats -Le président angolais João Lourenço, très impliqué depuis plusieurs années dans les tentatives de médiation entre RDC et Rwanda, a pris samedi, à la suite du chef de l’Etat mauritianien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la présidence tournante de l’UA, un rôle honorifique.A l’issue du sommet, un nouveau président de la Commission de l’UA sera désigné pour succéder au Tchadien Moussa Faki Mahamat, qui a atteint la limite des deux mandats pour ce rôle exécutif. Trois candidats se disputent le poste tournant de plus haut représentant de l’organisation panafricaine, réservé cette fois à un représentant de l’Afrique de l’Est: le ministre des Affaires étrangères djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, le vétéran de l’opposition kényane Raila Odinga et l’ancien ministre des Affaires étrangères malgache Richard Randriamandrato.

Zelensky appelle les Européens au sursaut face à Trump et la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé ses alliés européens au sursaut face à la Russie, les exhortant à créer une armée commune pour éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de l’Ukraine.”Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l’Europe”, a appelé le dirigeant dans un discours à la Conférence de Munich sur la sécurité, devant un parterre de responsables politiques internationaux.”Le temps où l’Amérique soutenait l’Europe simplement parce qu’elle l’avait toujours fait est révolu”, a-t-il prévenu.A l’approche du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, il a appelé l’Europe à se rassembler derrière une politique étrangère et de défense communes qui montrerait à Washington que le continent prend en main sa propre sécurité.Sans concertation avec les Européens, qui soutiennent Kiev depuis trois ans aux côtés des Etats-Unis, le président américain Donald Trump a eu un premier entretien cette semaine avec son homologue russe Vladimir Poutine. Et s’il en a informé Volodymyr Zelensky, il n’a pas cherché à s’entendre au préalable avec lui sur une stratégie de négociation.- “Nous perdons tous” -Les dirigeants de l’UE sont convaincus que la sécurité du continent se joue dans de futurs pourparlers sur l’Ukraine que l’administration américaine veut accélérer, mais ils peinent à imposer leur voix.Lors de leur conversation, le locataire de la Maison-Blanche “n’a pas mentionné une seule fois que l’Amérique a besoin de l’Europe à la table des négociations”, a mis en garde Volodymyr Zelensky. “Trump n’aime pas les amis faibles, il respecte la force”, a-t-il souligné.Face au risque d’être marginalisés, “je vous exhorte à agir, pour votre propre bien”, a lancé le président ukrainien. “L’Amérique n’offrira pas de garanties (de sécurité) à moins que les propres garanties de l’Europe ne soient solides”, a-t-il insisté.Le Premier ministre polonais Donald Tusk a réagi sur X en estimant que “l’Europe a besoin de toute urgence de son propre plan d’action concernant l’Ukraine et notre sécurité, sinon d’autres acteurs mondiaux décideront de notre avenir”.Le chef de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré que les dirigeants européens “entraient maintenant dans la phase de planification concrète” de garanties de sécurité possibles pour l’Ukraine, sans plus de précision.Le conflit dépasse la seule question ukrainienne, a abondé la Première ministre danoise Mette Frederiksen, “cette guerre (…) concerne les rêves impériaux de la Russie et sa volonté de prendre des décisions sur les questions européennes”.Pour M. Zelensky, il ne faut “pas de décisions sur l’Ukraine sans l’Ukraine, pas de décisions sur l’Europe sans l’Europe”, car “si nous sommes exclus des négociations concernant notre propre avenir, alors nous perdons tous”.- “Pas suffisant” -Selon lui, le président russe Vladimir “Poutine ne peut pas offrir de réelle garanties de sécurité, pas seulement parce que c’est un menteur, mais parce que le pouvoir russe dans son état actuel a besoin de la guerre pour se maintenir”.Son avertissement vaut aussi pour Donald Trump : Vladimir Poutine “essaiera de faire en sorte que le président américain se tienne sur la Place Rouge le 9 mai (jour des célébrations de la victoire des Russes sur l’Allemagne nazie, ndlr) non pas comme un leader respecté, mais comme un gadget dans sa propre performance”.Il n’a cependant révélé aucun détail de sa première rencontre, vendredi, à Munich avec le vice-président américain JD Vance.”Ce n’est pas une perte de temps” mais “ce n’est pas suffisant”, et “nous devons parler davantage”, a juste dit le président ukrainien, qui réclame à Washington “un plan” concerté avec les Européens avant toute discussion avec la Russie.L’armée russe a revendiqué samedi la prise d’une nouvelle petite localité dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, où ses troupes progressent face aux forces de Kiev moins nombreuses et moins équipées.Volodymyr Zelensky a de nouveau accusé la Russie d’avoir frappé vendredi avec un drone l’arche de la centrale nucléaire de Tchernobyl.L’attaque qui montre, selon lui, que la Russie “ne veut pas la paix” et “ne se prépare pas au dialogue”. 

Zelensky appelle les Européens au sursaut face à Trump et la Russie

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé ses alliés européens au sursaut face à la Russie, les exhortant à créer une armée commune pour éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de l’Ukraine.”Je crois vraiment que le moment est venu de créer les forces armées de l’Europe”, a appelé le dirigeant dans un discours à la Conférence de Munich sur la sécurité, devant un parterre de responsables politiques internationaux.”Le temps où l’Amérique soutenait l’Europe simplement parce qu’elle l’avait toujours fait est révolu”, a-t-il prévenu.A l’approche du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, il a appelé l’Europe à se rassembler derrière une politique étrangère et de défense communes qui montrerait à Washington que le continent prend en main sa propre sécurité.Sans concertation avec les Européens, qui soutiennent Kiev depuis trois ans aux côtés des Etats-Unis, le président américain Donald Trump a eu un premier entretien cette semaine avec son homologue russe Vladimir Poutine. Et s’il en a informé Volodymyr Zelensky, il n’a pas cherché à s’entendre au préalable avec lui sur une stratégie de négociation.- “Nous perdons tous” -Les dirigeants de l’UE sont convaincus que la sécurité du continent se joue dans de futurs pourparlers sur l’Ukraine que l’administration américaine veut accélérer, mais ils peinent à imposer leur voix.Lors de leur conversation, le locataire de la Maison-Blanche “n’a pas mentionné une seule fois que l’Amérique a besoin de l’Europe à la table des négociations”, a mis en garde Volodymyr Zelensky. “Trump n’aime pas les amis faibles, il respecte la force”, a-t-il souligné.Face au risque d’être marginalisés, “je vous exhorte à agir, pour votre propre bien”, a lancé le président ukrainien. “L’Amérique n’offrira pas de garanties (de sécurité) à moins que les propres garanties de l’Europe ne soient solides”, a-t-il insisté.Le Premier ministre polonais Donald Tusk a réagi sur X en estimant que “l’Europe a besoin de toute urgence de son propre plan d’action concernant l’Ukraine et notre sécurité, sinon d’autres acteurs mondiaux décideront de notre avenir”.Le chef de l’Otan, Mark Rutte, a déclaré que les dirigeants européens “entraient maintenant dans la phase de planification concrète” de garanties de sécurité possibles pour l’Ukraine, sans plus de précision.Le conflit dépasse la seule question ukrainienne, a abondé la Première ministre danoise Mette Frederiksen, “cette guerre (…) concerne les rêves impériaux de la Russie et sa volonté de prendre des décisions sur les questions européennes”.Pour M. Zelensky, il ne faut “pas de décisions sur l’Ukraine sans l’Ukraine, pas de décisions sur l’Europe sans l’Europe”, car “si nous sommes exclus des négociations concernant notre propre avenir, alors nous perdons tous”.- “Pas suffisant” -Selon lui, le président russe Vladimir “Poutine ne peut pas offrir de réelle garanties de sécurité, pas seulement parce que c’est un menteur, mais parce que le pouvoir russe dans son état actuel a besoin de la guerre pour se maintenir”.Son avertissement vaut aussi pour Donald Trump : Vladimir Poutine “essaiera de faire en sorte que le président américain se tienne sur la Place Rouge le 9 mai (jour des célébrations de la victoire des Russes sur l’Allemagne nazie, ndlr) non pas comme un leader respecté, mais comme un gadget dans sa propre performance”.Il n’a cependant révélé aucun détail de sa première rencontre, vendredi, à Munich avec le vice-président américain JD Vance.”Ce n’est pas une perte de temps” mais “ce n’est pas suffisant”, et “nous devons parler davantage”, a juste dit le président ukrainien, qui réclame à Washington “un plan” concerté avec les Européens avant toute discussion avec la Russie.L’armée russe a revendiqué samedi la prise d’une nouvelle petite localité dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, où ses troupes progressent face aux forces de Kiev moins nombreuses et moins équipées.Volodymyr Zelensky a de nouveau accusé la Russie d’avoir frappé vendredi avec un drone l’arche de la centrale nucléaire de Tchernobyl.L’attaque qui montre, selon lui, que la Russie “ne veut pas la paix” et “ne se prépare pas au dialogue”.