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Trump, une conception viriliste du pouvoir

Accusé pendant la campagne de promouvoir une masculinité toxique, Donald Trump a imprimé, depuis son retour à la Maison Blanche, une tonalité viriliste à sa conduite des affaires, assisté en cela par l’incontournable Elon Musk.Le patron de Tesla et de SpaceX s’est publiquement inquiété mercredi des menaces pesant selon lui contre les hommes à cause des politiques de promotion des femmes ou des personnes issues de minorités raciales et sexuelles.”Si une intelligence artificielle est programmée pour promouvoir la diversité à tout prix, elle pourrait décider qu’il y a trop d’hommes au pouvoir et les exécuter”, a-t-il déclaré pendant une intervention, en visioconférence.Le multimilliardaire, qui mène pour le compte du président américain une charge féroce contre la bureaucratie fédérale, poste sur son réseau X des messages tels que “Je vais pas mentir, la testostérone c’est super”.Dès son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a courtisé un électorat jeune et masculin pendant sa campagne, a mis fin à l’existence administrative des personnes transgenres.Le milliardaire de 78 ans, qui a promis de “protéger” les femmes, a aussi signé un décret interdisant à des personnes transgenres de participer à des compétitions sportives féminines, s’entourant à cette occasion de jeunes filles et de petites filles.- “Airmen” -“Mettre l’accent sur une conception rigide et binaire du genre est révélateur d’une patriarchie nostalgique, qui veut retourner à une conception des années 1950, avec les hommes blancs et hétérosexuels placés en haut de la hiérarchie identitaire”, analyse Karrin Anderson, professeure de communication à la Colorado State University.L’administration Trump s’est mise au diapason jusque dans les acronymes techniques.Le système d’alerte des pilotes d’avion NOTAM a été rebaptisé, passant de “Notice to Air Missions” (Message aux missions aériennes) à “Notice to Airmen” (Messages aux hommes de l’air, selon une traduction littérale).Le nouveau ministre de la Défense Pete Hegseth, accusé par une femme de l’avoir agressée sexuellement en 2017 et qui avait critiqué la présence de femmes dans l’armée, a publié vendredi une photo le montrant en train de faire du sport dans la neige en Pologne avec des militaires. Le patron du Pentagone dit avoir fait cinq séries de 47 pompes – une référence à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis. L’un des conseillers les plus influents de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait lui donné des conseils amoureux sur la chaîne Fox News avant l’élection, encourageant les jeunes hommes à manifester ouvertement leur soutien au candidat républicain: “Montrez que vous êtes de vrais hommes. Montrez que vous n’êtes pas des mâles bêta”, par opposition aux mâles dominants ou “mâles alpha”.Cette aspiration à la virilité se teinte aussi de religiosité, Donald Trump n’hésitant pas à se poser en dirigeant providentiel, choisi par Dieu – le nouveau ministre de la Santé Robert F. Kennedy Junior l’a ainsi comparé jeudi à un “homme sur son cheval blanc”, arrivant au galop pour sauver l’Amérique.- “Saine virilité” -“Raviver la virilité américaine est l’un des besoins les plus urgents de notre nation”, écrivait fin janvier Jim Daly, président de l’organisation évangéliste conservatrice Focus on the Family, dans le Washington Examiner.Il juge dans sa tribune que Donald Trump incarne une “saine virilité” rappelant son prédécesseur républicain Ronald Reagan – dont l’actuel président américain vient d’ailleurs d’accrocher un grand portrait dans le Bureau ovale.C’est désormais sous le regard de l’ancien acteur de western que le républicain de 78 ans signe avec son épais feutre noir les rafales de décrets qui, selon Karrin Anderson, prouvent sa conception musclée du pouvoir. “En court-circuitant le Congrès et en faisant fi de l’équilibre constitutionnel des pouvoirs, Trump (choisit) une autorité masculiniste plutôt qu’une approche collaborative et démocratique,” juge la chercheuse.Le président républicain, condamné en 2023 à verser des millions de dollars de dommages et intérêts à une autrice à la suite d’une agression sexuelle, a constitué une équipe dominée par les hommes.Mais il s’est aussi entouré de plus de femmes que lors de son premier mandat, dont certaines à des postes très stratégiques.Sa directrice de cabinet Susie Wiles – qu’il surnomme “la dame de glace” pour son sang-froid – est par exemple la première femme dans cette fonction cruciale.

Trump, une conception viriliste du pouvoir

Accusé pendant la campagne de promouvoir une masculinité toxique, Donald Trump a imprimé, depuis son retour à la Maison Blanche, une tonalité viriliste à sa conduite des affaires, assisté en cela par l’incontournable Elon Musk.Le patron de Tesla et de SpaceX s’est publiquement inquiété mercredi des menaces pesant selon lui contre les hommes à cause des politiques de promotion des femmes ou des personnes issues de minorités raciales et sexuelles.”Si une intelligence artificielle est programmée pour promouvoir la diversité à tout prix, elle pourrait décider qu’il y a trop d’hommes au pouvoir et les exécuter”, a-t-il déclaré pendant une intervention, en visioconférence.Le multimilliardaire, qui mène pour le compte du président américain une charge féroce contre la bureaucratie fédérale, poste sur son réseau X des messages tels que “Je vais pas mentir, la testostérone c’est super”.Dès son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a courtisé un électorat jeune et masculin pendant sa campagne, a mis fin à l’existence administrative des personnes transgenres.Le milliardaire de 78 ans, qui a promis de “protéger” les femmes, a aussi signé un décret interdisant à des personnes transgenres de participer à des compétitions sportives féminines, s’entourant à cette occasion de jeunes filles et de petites filles.- “Airmen” -“Mettre l’accent sur une conception rigide et binaire du genre est révélateur d’une patriarchie nostalgique, qui veut retourner à une conception des années 1950, avec les hommes blancs et hétérosexuels placés en haut de la hiérarchie identitaire”, analyse Karrin Anderson, professeure de communication à la Colorado State University.L’administration Trump s’est mise au diapason jusque dans les acronymes techniques.Le système d’alerte des pilotes d’avion NOTAM a été rebaptisé, passant de “Notice to Air Missions” (Message aux missions aériennes) à “Notice to Airmen” (Messages aux hommes de l’air, selon une traduction littérale).Le nouveau ministre de la Défense Pete Hegseth, accusé par une femme de l’avoir agressée sexuellement en 2017 et qui avait critiqué la présence de femmes dans l’armée, a publié vendredi une photo le montrant en train de faire du sport dans la neige en Pologne avec des militaires. Le patron du Pentagone dit avoir fait cinq séries de 47 pompes – une référence à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis. L’un des conseillers les plus influents de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait lui donné des conseils amoureux sur la chaîne Fox News avant l’élection, encourageant les jeunes hommes à manifester ouvertement leur soutien au candidat républicain: “Montrez que vous êtes de vrais hommes. Montrez que vous n’êtes pas des mâles bêta”, par opposition aux mâles dominants ou “mâles alpha”.Cette aspiration à la virilité se teinte aussi de religiosité, Donald Trump n’hésitant pas à se poser en dirigeant providentiel, choisi par Dieu – le nouveau ministre de la Santé Robert F. Kennedy Junior l’a ainsi comparé jeudi à un “homme sur son cheval blanc”, arrivant au galop pour sauver l’Amérique.- “Saine virilité” -“Raviver la virilité américaine est l’un des besoins les plus urgents de notre nation”, écrivait fin janvier Jim Daly, président de l’organisation évangéliste conservatrice Focus on the Family, dans le Washington Examiner.Il juge dans sa tribune que Donald Trump incarne une “saine virilité” rappelant son prédécesseur républicain Ronald Reagan – dont l’actuel président américain vient d’ailleurs d’accrocher un grand portrait dans le Bureau ovale.C’est désormais sous le regard de l’ancien acteur de western que le républicain de 78 ans signe avec son épais feutre noir les rafales de décrets qui, selon Karrin Anderson, prouvent sa conception musclée du pouvoir. “En court-circuitant le Congrès et en faisant fi de l’équilibre constitutionnel des pouvoirs, Trump (choisit) une autorité masculiniste plutôt qu’une approche collaborative et démocratique,” juge la chercheuse.Le président républicain, condamné en 2023 à verser des millions de dollars de dommages et intérêts à une autrice à la suite d’une agression sexuelle, a constitué une équipe dominée par les hommes.Mais il s’est aussi entouré de plus de femmes que lors de son premier mandat, dont certaines à des postes très stratégiques.Sa directrice de cabinet Susie Wiles – qu’il surnomme “la dame de glace” pour son sang-froid – est par exemple la première femme dans cette fonction cruciale.

Les Britanniques renouent avec une bénédiction païenne des pommiers, le “wassailing”

“Cidre pour tout le monde!” Dans un verger au Pays de Galles, des centaines de personnes sont rassemblées pour porter un toast à la santé des pommiers, selon une tradition ancestrale qui connaît un regain de popularité.Du cidre chaud est distribué aux participants, réunis au pied d’un château. Une dizaine de silhouettes portant des masques créés à partir de crânes de chevaux se balancent au son d’une musique folklorique.Cette fête païenne du “wassailing”, censée éloigner les mauvais esprits des vergers et assurer une récolte abondante de fruits, est célébrée pendant les mois de janvier et février. Le rituel consiste à chanter, boire, taper sur des casseroles et suspendre des tranches de pain grillé aux branches des arbres.”C’est une célébration de la vie, de la nature et de la communauté”, s’enthousiasme Richard Worrin, danseur folklorique amateur qui a participé à l’organisation du rassemblement de cette année dans la ville galloise de Chepstow.Une activité à des années lumières de son quotidien de policier spécialisé dans les homicides. “Il faut un antidote”, s’amuse-t-il.Le “wassailing” est l’occasion de se réunir et s’amuser au creux de l’hiver: “J’adore l’ambiance, on boit, on rencontre des gens et on rit. C’est aussi simple que ça”, explique-t-il à l’AFP.- “Trop-plein de technologie” -Le mot wassail vient du vieil anglais “waes hae” qui signifie “bonne santé!”.Cette tradition, observée dans les régions productrices de cidre, a été éclipsée lorsque les classes moyennes urbaines à la fin du XIXe siècle ont commencé à célébrer Noël.Et elle connaît désormais un retour en grâce, notamment auprès d’un public lassé des réseaux sociaux, selon ses adeptes.”Nous manquons fondamentalement de lien avec nos ancêtres et avec la terre. Il y a un trop-plein de technologie aujourd’hui”, estime Kerry Milburn, analyste informatique de 32 ans originaire de Swansea, au Pays de Galles.Catherine Perry, une radiologue de 46 ans de Glastonbury (sud-ouest de l’Angleterre), attribue la renaissance de cette tradition à une envie “de connexion plus profonde avec la nature” et à une “peur de l’intelligence artificielle”.Cette année, plus de 70 “wassails” ont été répertoriés par le site spécialisé Tradfolk.co. Et “des dizaines d’autres se déroulent à travers le pays”, selon James Merryclough, rédacteur en chef du site.Et même les zones urbaines sans tradition cidricole s’y mettent: huit célébrations ont été organisés à Londres en janvier et février cette année.- “Prendre soin de la terre” -A Hackney, quartier branché de l’est londonien, les festivités ont rassemblé une centaine de personnes dans un petit verger communautaire au milieu des bâtiments industriels.Cordelia Roberts, biologiste marine de 29 ans, avait participé à des wassails lorsqu’elle vivait à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre. Elle est ravie de les trouver également dans la capitale.”Je suis une scientifique, donc je suis très sensible au fait de prendre soin de la terre, au cycle de la vie”, explique-t-elle.L’événement, qui ne rassemblait qu’une vingtaine de personnes lors de son lancement il y a quatorze ans, “prend de l’ampleur”, constate la co-organisatrice Annie Moreton.Même tendance à Chepstow: après des débuts discrets en 2010, le wassail est devenu un événement familial d’une journée, avec ses danses et ses rituels traditionnels.Dan de la Bedoyere, 47 ans, employé dans le secteur informatique à Glastonbury, est ravi de voir les traditions païennes qu’il “aime honorer” revenir au goût du jour.”Ce qui est génial avec les traditions folkloriques, quand on peut les faire revivre et leur donner une touche de modernité, c’est qu’elles sont très amusantes”, conclut-il.

Un célèbre bronze de Camille Claudel, retrouvé par hasard, aux enchères à Orléans

Le dénouement d’une “incroyable découverte”: une version de “L’Âge mûr”, célèbre sculpture de Camille Claudel, retrouvée par hasard dans un appartement parisien inhabité, est proposée aux enchères dimanche à Orléans.Découvert, caché sous un drap, lors d’un inventaire réalisé dans un appartement inhabité depuis plus de 15 ans et situé au pied de la Tour Eiffel, ce bronze est l’une des oeuvres les plus mythiques de la sculptrice Camille Claudel.Estimé entre 1,5 et 2 millions d’euros, il est proposé dimanche aux enchères par sa maison de vente, Philocale, dans une salle du conservatoire d’Orléans.Matthieu Semont, commissaire-priseur qui l’a découverte le 17 septembre, avait expliqué à l’AFP avoir “été saisi d’émotion” lorsqu’il a “reconnu” ce bronze.”Ce bronze, dont on avait perdu la trace depuis plus d’un siècle, est d’une qualité stupéfiante”, a-t-il ajouté.Il a raconté être entré dans “un appartement plongé dans le noir, fermé depuis une quinzaine d’années, avec beaucoup de poussière”, puis avoir “soulevé le linge qui recouvrait la sculpture” et “reconnu une partie de la sculpture, l’implorante (une jeune femme à genoux suppliant, ndlr), pour avoir travaillé sur cette œuvre il y a 25 ans”.La sculpture représente un cycle de vie, incarné par trois personnages dont une jeune femme agenouillée, symbolisant la passion déchirante entre la sculptrice et Auguste Rodin, selon plusieurs historiens de l’art. Commande avortée de l’Etat à Camille Claudel, l’oeuvre évoque aussi sa descente aux enfers après sa rupture avec le sculpteur “qui n’a jamais cessé de l’aimer et a pleuré en découvrant l’implorante chez le fondeur Eugène Blot”, souligne le commissaire-priseur.Également intitulée “La Destinée”, “Le Chemin de la vie” ou “La Fatalité”, cette œuvre majeure n’existe que dans quelques exemplaires, dont deux exposés aux musées d’Orsay et Rodin à Paris et un autre au musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine (Aube).D’une dimension de 61,5 x 85 x 37,5 centimètres, il est signé “C. Claudel” et porte le cachet du fondeur et ami indéfectible de la sculptrice, “Eugène Blot Paris”, ainsi que le numéro 1 aux pieds de l’implorante.En novembre 2017, 17 oeuvres de la sculptrice avaient atteint un résultat triple par rapport à l’estimation, avec 12 préemptions et 1,187 million d’euros pour un autre bronze célèbre, “L’Abandon” (1886), le double de son estimation basse.

Rubio en Israël au lendemain d’un échange de prisonniers contre otages

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio rencontre dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, au lendemain de l’échange de trois otages du Hamas détenus dans la bande de Gaza contre 369 prisonniers palestiniens.M. Rubio, dont c’est le premier voyage au Moyen-Orient depuis qu’il a pris ses fonctions, doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d’en déplacer ses habitants vers l’Egypte et la Jordanie.Benjamin Netanyahu a dit samedi apprécier le “soutien total” de Donald Trump aux décisions à venir d’Israël à propos de la bande de Gaza.”C’est désormais à Israël de décider ce qu’ils veulent faire”, a écrit M. Trump samedi sur son réseau social Truth Social, “les Etats-Unis soutiendront la décision qu’ils prendront”.M. Rubio est arrivé à Tel-Aviv samedi soir, le jour même où a eu lieu le sixième échange d’otages contre prisonniers depuis le début de la trêve.Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Ils sont apparus en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.- Mise en scène -Avant leur remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils ont été exhibés sur un podium, entourés de combattants du Hamas et de son allié du Jihad islamique, et contraints de dire quelques mots en hébreu devant la foule, suivant une mise en scène organisée à chaque libération.Ces hommes avaient été enlevés le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël. Sur 251 personnes alors emmenées à Gaza, 70 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 mortes, selon l’armée israélienne.Israël a confirmé avoir libéré 369 prisonniers palestiniens. La plupart ont été transférés en bus dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, où ils ont été accueillis par des foules en liesse. Vingt-quatre d’entre eux, condamnés à la prison à vie, ont été expulsés vers l’Egypte.L’accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Cette attaque a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles à Gaza a fait pour sa part au moins 48.264 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire.La première phase de la trêve, qui doit s’achever le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens.Durant cette phase, un total de 33 otages, dont huit décédés, doivent être remis à Israël en échange de 1.900 détenus palestiniens.Lors de ses entretiens à Jérusalem, le chef de la diplomatie américaine devrait aborder la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer “la semaine prochaine à Doha” les pourparlers sur cette deuxième phase, avant une phase finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.Washington s’est dit ouvert aux propositions des pays arabes sur Gaza, mais souligne qu’actuellement, “le seul plan, c’est celui de Trump”.- Plan de reconstruction -Ce dernier a proposé que les Etats-Unis prennent le contrôle du territoire palestinien pour en faire une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, et de déplacer ses habitants vers la Jordanie et l’Egypte. Ces deux pays s’y opposent catégoriquement.”Pour l’instant, le seul plan, ils ne l’aiment pas, mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a affirmé jeudi M. Rubio. “Les pays partenaires doivent s’engager à fournir un plan de reconstruction post-conflit pour Gaza”, a précisé un porte-parole du département d’Etat américain, soulignant qu’il fallait à présent “penser hors des sentiers battus”.Sur le sort à plus long terme de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad, pour répondre au plan de Donald Trump. Après sa réunion avec M. Netanyahu, prévue à 10H00 (08H00 GMT), M. Rubio doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, le président Isaac Herzog et le chef de l’opposition Yair Lapid.

Rubio en Israël au lendemain d’un échange de prisonniers contre otages

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio rencontre dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, au lendemain de l’échange de trois otages du Hamas détenus dans la bande de Gaza contre 369 prisonniers palestiniens.M. Rubio, dont c’est le premier voyage au Moyen-Orient depuis qu’il a pris ses fonctions, doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d’en déplacer ses habitants vers l’Egypte et la Jordanie.Benjamin Netanyahu a dit samedi apprécier le “soutien total” de Donald Trump aux décisions à venir d’Israël à propos de la bande de Gaza.”C’est désormais à Israël de décider ce qu’ils veulent faire”, a écrit M. Trump samedi sur son réseau social Truth Social, “les Etats-Unis soutiendront la décision qu’ils prendront”.M. Rubio est arrivé à Tel-Aviv samedi soir, le jour même où a eu lieu le sixième échange d’otages contre prisonniers depuis le début de la trêve.Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Ils sont apparus en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.- Mise en scène -Avant leur remise au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils ont été exhibés sur un podium, entourés de combattants du Hamas et de son allié du Jihad islamique, et contraints de dire quelques mots en hébreu devant la foule, suivant une mise en scène organisée à chaque libération.Ces hommes avaient été enlevés le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël. Sur 251 personnes alors emmenées à Gaza, 70 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 mortes, selon l’armée israélienne.Israël a confirmé avoir libéré 369 prisonniers palestiniens. La plupart ont été transférés en bus dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, où ils ont été accueillis par des foules en liesse. Vingt-quatre d’entre eux, condamnés à la prison à vie, ont été expulsés vers l’Egypte.L’accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Cette attaque a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles à Gaza a fait pour sa part au moins 48.264 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire.La première phase de la trêve, qui doit s’achever le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens.Durant cette phase, un total de 33 otages, dont huit décédés, doivent être remis à Israël en échange de 1.900 détenus palestiniens.Lors de ses entretiens à Jérusalem, le chef de la diplomatie américaine devrait aborder la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer “la semaine prochaine à Doha” les pourparlers sur cette deuxième phase, avant une phase finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.Washington s’est dit ouvert aux propositions des pays arabes sur Gaza, mais souligne qu’actuellement, “le seul plan, c’est celui de Trump”.- Plan de reconstruction -Ce dernier a proposé que les Etats-Unis prennent le contrôle du territoire palestinien pour en faire une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, et de déplacer ses habitants vers la Jordanie et l’Egypte. Ces deux pays s’y opposent catégoriquement.”Pour l’instant, le seul plan, ils ne l’aiment pas, mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a affirmé jeudi M. Rubio. “Les pays partenaires doivent s’engager à fournir un plan de reconstruction post-conflit pour Gaza”, a précisé un porte-parole du département d’Etat américain, soulignant qu’il fallait à présent “penser hors des sentiers battus”.Sur le sort à plus long terme de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad, pour répondre au plan de Donald Trump. Après sa réunion avec M. Netanyahu, prévue à 10H00 (08H00 GMT), M. Rubio doit rencontrer le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, le président Isaac Herzog et le chef de l’opposition Yair Lapid.

Bafta: “The Brutalist” et “Conclave” au coude-à-coude après la disgrâce d'”Emilia Perez”

Les polémiques récentes autour d'”Emilia Perez” vont-elles plomber ce film aux Bafta, au profit du thriller papal “Conclave” et du monumental “The Brutalist”? Réponse dimanche soir à Londres, lors de la cérémonie des récompenses britanniques du cinéma.L’année dernière, le blockbuster “Oppenheimer” avait écrasé la concurrence avec ses sept statuettes. Pour cette édition, la fresque musicale du Français Jacques Audiard “Emilia Perez”, nommée 11 fois et déjà récompensée à Cannes et aux Golden Globes, s’annonçait comme l’un des favoris.Mais la découverte fin janvier d’anciens tweets racistes et islamophobes de l’actrice Karla Sofía Gascón a fait exploser en vol la campagne du film, relançant la course à quelques jours de cette soirée de gala au Royal Festival Hall.Le palmarès des Bafta, qui donnent le ton des Oscars organisés 15 jours plus tard à Los Angeles, promet donc d’être particulièrement scruté lors de cette cérémonie animée par le “Docteur Who” écossais David Tennant.Demi Moore, Timothée Chalamet ou encore Ariana Grande sont attendus à Londres sur le tapis rouge, en l’absence cette année du prince William, président d’honneur des Bafta, et de son épouse Kate, a indiqué Kensington Palace sans plus de détails.”Conclave”, du cinéaste allemand Edward Berger, grand vainqueur à Londres il y a deux ans avec son adaptation d'”A l’Ouest, rien de nouveau”, fait la course en tête avec 12 nominations.Ce film sur les jeux de pouvoirs et les trahisons lors de l’élection d’un pape pourrait enfin offrir son sacre au Britannique Ralph Fiennes, qui n’a jamais reçu le Bafta du meilleur acteur.Mais la concurrence de “The Brutalist”, épopée de trois heures sur un architecte survivant de la Shoah incarné par Adrien Brody, s’annonce redoutable dans neuf catégories.Ils se disputeront la statuette du meilleur film avec la Palme d’or “Anora”, le biopic de Bob Dylan “Un parfait inconnu” et l’inclassable “Emilia Perez”, sur la transition de genre d’un narcotrafiquant mexicain.- Palmarès imprévisible -Les espoirs de cette comédie musicale ne sont toutefois pas réduits à néant, car les membres de l’académie des Bafta ont commencé à voter avant la découverte des tweets de Karla Sofia Gascón.Mais “Emilia Perez”, nommé 13 fois aux Oscars, a également été épinglé pour sa représentation du Mexique jugée caricaturale, et pour avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour améliorer la voix de son actrice… comme son rival “The Brutalist”.Ces polémiques pourraient aussi donner leur chance à des productions moins attendues, dans une sélection très riche en films de genre, des comédies musicales (“Wicked”) à l’horreur avec “The Substance”, en passant par la science-fiction avec le succès commercial “Dune: Deuxième Partie”.La Française Coralie Fargeat est la seule femme nommée pour la meilleure réalisation avec sa fable gore et féministe “The Substance”.Sa star Demi Moore, récompensée par un Golden Globe pour son interprétation d’une ancienne gloire d’Hollywood accro à un sérum de jouvence, est pressentie pour remporter le Bafta de la meilleure actrice.Elle affrontera la révélation Mikey Madison (“Anora”), la sorcière verte de “Wicked” Cynthia Erivo, la Britannique Marianne Jean-Baptiste (“Hard Truths”) et l’étoile d’Hollywood Saoirse Ronan (“The Outrun”).Côté acteurs, Adrien Brody et Ralph Fiennes se mesureront à Timothée Chalamet en Bob Dylan plus vrai que nature, à la star montante Colman Domingo (“Sing Sing”), à Hugh Grant dans un rôle à contre-emploi (“Heretic”) et à Sebastian Stan en jeune Donald Trump (“The Apprentice”).Le cinéma britannique brillera lui aussi, et “Bird” d’Andrea Arnold, “Blitz” de Steve McQueen, “Gladiator II” de Ridley Scott ou encore le nouveau “Wallace et Gromit” s’affrontent dans une catégorie dédiée.Succès inattendu déjà primé à Sundance, “Kneecap”, docu-fiction sur un insolent trio de rap nord-irlandais, pourrait aussi créer la surprise dans les six catégories où il est nommé.

Un an après la mort de Navalny, des hommages risqués prévus en Russie

Un an après la mort en prison du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, ses partisans doivent organiser dimanche des commémorations en se rendant notamment sur sa tombe à Moscou, malgré le risque de représailles des autorités.Ces hommages se déroulent à un moment où l’opposition russe, décapitée par la perte de sa figure de proue et déchirée par les luttes internes, est dans une position de faiblesse inédite.Exilés dans plusieurs pays à l’étranger, ses meneurs peinent à relancer la flamme du combat contre Vladimir Poutine, notamment en Russie où toute critique du pouvoir est sévèrement réprimée.Charismatique militant anticorruption et ennemi politique numéro un de Vladimir Poutine, M. Navalny avait été déclaré “extrémiste” par la justice russe. Evoquer en public l’opposant ou son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), sans préciser qu’ils ont été décrétés “extrémistes”, expose les contrevenants à de lourdes sanctions.Cette menace reste en vigueur malgré sa mort dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique le 16 février 2024 et malgré l’exil hors de Russie de la quasi-totalité de ses collaborateurs.Selon l’ex-bras droit de l’opposant, Léonid Volkov, “les partisans d’Alexeï organiseront des événements commémoratifs dans le monde entier”.Dans certains endroits, il y aura des rassemblements ou des marches, dans d’autres des projections d’un documentaire qui lui est consacré. Ailleurs encore, de simples cérémonies, a-t-il précisé sur Telegram.La veuve de M. Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui a repris les rênes de son mouvement, doit participer à un événement à Berlin, où vivent de nombreux partisans de l’opposition russe.- “Big Brother” -“Où que vous soyez, en Russie ou à l’étranger, nous espérons vivement que vous rencontrerez des personnes partageant les mêmes idées le 16 février”, a écrit M. Volkov, donnant les heures d’ouverture du cimetière Borissovskoïé de Moscou, où M. Navalny est enterré.Des chaînes Telegram favorables au Kremlin ont pour leur part mis en garde les partisans du défunt opposant, leur déconseillant de se rendre au cimetière.”Nous donnons un bref conseil à ceux qui ont l’intention de s’y rendre mais n’en sont pas encore sûrs: n’y allez pas !”, peut-on lire dans un message partagé par le journaliste partisan du Kremlin Dmitri Smirnov et d’autres chaînes.Le message mentionne “Big Brother et son oeil toujours vigilant”, avec la photographie d’un panneau indiquant la présence d’une caméra de surveillance aux portes du cimetière.Les autorités russes ont méthodiquement démantelé le mouvement d’Alexeï Navalny, envoyant plusieurs de ses partisans, et l’opposant lui-même, en prison.Quatre journalistes sont actuellement jugés en Russie pour “participation à un groupe extrémiste”, accusés d’avoir réalisé des images pour l’équipe d’Alexeï Navalny.En janvier, trois des avocats qui défendaient l’opposant ont été condamnés à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans de prison pour avoir transmis ses messages alors qu’il était en détention- Opposition affaiblie -La mort d’Alexeï Navalny à l’âge de 47 ans n’a toujours pas été entièrement expliquée. Les autorités russes affirment qu’elle est survenue pendant qu’il se promenait dans la cour de la prison.Il avait été arrêté en janvier 2021, à son retour en Russie après une convalescence en Allemagne à la suite d’un empoisonnement dont il avait imputé la responsabilité au Kremlin, qui a de son côté rejeté cette accusation.En décembre 2023, il avait été transféré dans une colonie pénitentiaire isolée au-delà du cercle polaire arctique afin d’y purger une peine de 19 ans de prison pour “extrémisme”.Réprimée en Russie, l’opposition russe tente de se relancer à l’étranger, jusqu’à présent sans grand succès.Ioulia Navalnaïa et deux autres opposants d’envergure avaient organisé en novembre une marche à Berlin contre le président russe et l’offensive en Ukraine, rassemblant environ 2.000 exilés russes.Au-delà des slogans, l’opposition peine à proposer une démarche concrète devant conduire à la fin de la guerre et au départ de Vladimir Poutine. Plusieurs scandales en son sein l’ont aussi fragilisée et ont provoqué la frustration d’une partie de ses militants.En Russie, la répression a jeté des centaines de personnes en prison et des milliers d’autres ont été sanctionnées ou menacées en raison de leur opposition au pouvoir ou au conflit en Ukraine.