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Russie: malgré le risque, des centaines de personnes sur la tombe de Navalny, un an après sa mort
Un an après la mort en prison du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, plusieurs centaines de ses partisans se sont recueillis dimanche sur sa tombe à Moscou, malgré le risque de représailles judiciaires, tandis que d’autres commémorations sont prévues hors de Russie.Selon des journalistes de l’AFP, quelques centaines de personnes, dont certaines portaient des masques chirurgicaux pour ne pas être reconnues, ont défilé dans la matinée pour déposer des fleurs sur la tombe de Navalny, au cimetière Borissovskoïé.En dépit de températures glaciales, des dizaines de familles avec enfants se sont rendues sur place, où le dispositif sécuritaire était discret, avec principalement des policiers en civil déployés autour du cimetière.Plusieurs diplomates occidentaux, notamment des représentants des ambassades américaine, française, espagnole, norvégienne et de l’Union européenne sont également allés sur la tombe de l’opposant.En fin de matinée, cette dernière était littéralement recouverte d’une petite montagne de fleurs et des dizaines personnes, seules ou en petits groupes, continuaient d’arriver au cimetière.Charismatique militant anticorruption et ennemi politique numéro un de Vladimir Poutine, M. Navalny avait été déclaré “extrémiste” par la justice russe. Evoquer en public l’opposant ou son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), sans préciser qu’ils ont été décrétés “extrémistes”, expose les contrevenants à de lourdes sanctions.Cette menace reste en vigueur malgré sa mort dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique le 16 février 2024 et malgré l’exil hors de Russie de la quasi-totalité de ses collaborateurs.- Hommages prévus hors de Russie -Les collaborateurs en exil de l’opposant ont annoncé la tenue de commémorations dans le monde entier.La veuve de M. Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui a repris les rênes de son mouvement, doit participer à un événement à Berlin, où vivent de nombreux partisans de l’opposition russe.La chancelier allemand Olaf Scholz est d’ailleurs l’un des premiers dirigeants occidentaux à avoir honoré dimanche sa mémoire, saluant un homme mort “parce qu’il s’est battu pour la démocratie et la liberté en Russie”.”Navalny a donné sa vie pour une Russie libre et démocratique”, a renchéri à Bruxelles la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, dans un communiqué appelant Moscou à “libérer immédiatement et sans condition” ses avocats “et tous les prisonniers politiques”.Des chaînes Telegram favorables au Kremlin avaient pour leur part mis en garde les partisans du défunt opposant, leur déconseillant de se rendre au cimetière.Un message, diffusé par ces chaînes, mentionne “Big Brother et son oeil toujours vigilant”, avec la photographie d’un panneau indiquant la présence d’une caméra de surveillance aux portes du cimetière.Les autorités russes ont méthodiquement démantelé le mouvement d’Alexeï Navalny, envoyant plusieurs de ses partisans, et l’opposant lui-même, en prison.Quatre journalistes sont actuellement jugés en Russie pour “participation à un groupe extrémiste”, accusés d’avoir réalisé des images pour l’équipe d’Alexeï Navalny.En janvier, trois des avocats qui défendaient l’opposant ont été condamnés à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans de prison pour avoir transmis ses messages alors qu’il était en détention- Opposition affaiblie -La mort d’Alexeï Navalny à l’âge de 47 ans n’a toujours pas été entièrement expliquée. Les autorités russes affirment qu’elle est survenue pendant qu’il se promenait dans la cour de la prison.Il avait été arrêté en janvier 2021, à son retour en Russie après une convalescence en Allemagne à la suite d’un empoisonnement dont il avait imputé la responsabilité au Kremlin, qui a de son côté rejeté cette accusation.En décembre 2023, il avait été transféré dans une colonie pénitentiaire isolée au-delà du cercle polaire arctique afin d’y purger une peine de 19 ans de prison pour “extrémisme”.Réprimée en Russie, l’opposition russe tente de se relancer à l’étranger, jusqu’à présent sans grand succès.Ioulia Navalnaïa et deux autres opposants d’envergure avaient organisé en novembre une marche à Berlin contre le président russe et l’offensive en Ukraine, rassemblant environ 2.000 exilés russes.L’opposition russe, décapitée par la perte de sa figure de proue, dispersée à l’étranger du fait de la répression en Russie et déchirée par les luttes internes, est dans une position de faiblesse inédite.Au-delà des slogans, l’opposition peine à proposer une démarche concrète devant conduire à la fin de la guerre et au départ de Vladimir Poutine. Plusieurs scandales en son sein l’ont aussi fragilisée et ont provoqué la frustration d’une partie de ses militants.En Russie, la répression a jeté des centaines de personnes en prison et des milliers d’autres ont été sanctionnées ou menacées en raison de leur opposition au pouvoir ou au conflit en Ukraine.
Russie: malgré le risque, des centaines de personnes sur la tombe de Navalny, un an après sa mort
Un an après la mort en prison du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, plusieurs centaines de ses partisans se sont recueillis dimanche sur sa tombe à Moscou, malgré le risque de représailles judiciaires, tandis que d’autres commémorations sont prévues hors de Russie.Selon des journalistes de l’AFP, quelques centaines de personnes, dont certaines portaient des masques chirurgicaux pour ne pas être reconnues, ont défilé dans la matinée pour déposer des fleurs sur la tombe de Navalny, au cimetière Borissovskoïé.En dépit de températures glaciales, des dizaines de familles avec enfants se sont rendues sur place, où le dispositif sécuritaire était discret, avec principalement des policiers en civil déployés autour du cimetière.Plusieurs diplomates occidentaux, notamment des représentants des ambassades américaine, française, espagnole, norvégienne et de l’Union européenne sont également allés sur la tombe de l’opposant.En fin de matinée, cette dernière était littéralement recouverte d’une petite montagne de fleurs et des dizaines personnes, seules ou en petits groupes, continuaient d’arriver au cimetière.Charismatique militant anticorruption et ennemi politique numéro un de Vladimir Poutine, M. Navalny avait été déclaré “extrémiste” par la justice russe. Evoquer en public l’opposant ou son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), sans préciser qu’ils ont été décrétés “extrémistes”, expose les contrevenants à de lourdes sanctions.Cette menace reste en vigueur malgré sa mort dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique le 16 février 2024 et malgré l’exil hors de Russie de la quasi-totalité de ses collaborateurs.- Hommages prévus hors de Russie -Les collaborateurs en exil de l’opposant ont annoncé la tenue de commémorations dans le monde entier.La veuve de M. Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui a repris les rênes de son mouvement, doit participer à un événement à Berlin, où vivent de nombreux partisans de l’opposition russe.La chancelier allemand Olaf Scholz est d’ailleurs l’un des premiers dirigeants occidentaux à avoir honoré dimanche sa mémoire, saluant un homme mort “parce qu’il s’est battu pour la démocratie et la liberté en Russie”.”Navalny a donné sa vie pour une Russie libre et démocratique”, a renchéri à Bruxelles la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, dans un communiqué appelant Moscou à “libérer immédiatement et sans condition” ses avocats “et tous les prisonniers politiques”.Des chaînes Telegram favorables au Kremlin avaient pour leur part mis en garde les partisans du défunt opposant, leur déconseillant de se rendre au cimetière.Un message, diffusé par ces chaînes, mentionne “Big Brother et son oeil toujours vigilant”, avec la photographie d’un panneau indiquant la présence d’une caméra de surveillance aux portes du cimetière.Les autorités russes ont méthodiquement démantelé le mouvement d’Alexeï Navalny, envoyant plusieurs de ses partisans, et l’opposant lui-même, en prison.Quatre journalistes sont actuellement jugés en Russie pour “participation à un groupe extrémiste”, accusés d’avoir réalisé des images pour l’équipe d’Alexeï Navalny.En janvier, trois des avocats qui défendaient l’opposant ont été condamnés à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans de prison pour avoir transmis ses messages alors qu’il était en détention- Opposition affaiblie -La mort d’Alexeï Navalny à l’âge de 47 ans n’a toujours pas été entièrement expliquée. Les autorités russes affirment qu’elle est survenue pendant qu’il se promenait dans la cour de la prison.Il avait été arrêté en janvier 2021, à son retour en Russie après une convalescence en Allemagne à la suite d’un empoisonnement dont il avait imputé la responsabilité au Kremlin, qui a de son côté rejeté cette accusation.En décembre 2023, il avait été transféré dans une colonie pénitentiaire isolée au-delà du cercle polaire arctique afin d’y purger une peine de 19 ans de prison pour “extrémisme”.Réprimée en Russie, l’opposition russe tente de se relancer à l’étranger, jusqu’à présent sans grand succès.Ioulia Navalnaïa et deux autres opposants d’envergure avaient organisé en novembre une marche à Berlin contre le président russe et l’offensive en Ukraine, rassemblant environ 2.000 exilés russes.L’opposition russe, décapitée par la perte de sa figure de proue, dispersée à l’étranger du fait de la répression en Russie et déchirée par les luttes internes, est dans une position de faiblesse inédite.Au-delà des slogans, l’opposition peine à proposer une démarche concrète devant conduire à la fin de la guerre et au départ de Vladimir Poutine. Plusieurs scandales en son sein l’ont aussi fragilisée et ont provoqué la frustration d’une partie de ses militants.En Russie, la répression a jeté des centaines de personnes en prison et des milliers d’autres ont été sanctionnées ou menacées en raison de leur opposition au pouvoir ou au conflit en Ukraine.
Rubio rencontre Netanyahu en Israël au lendemain de la libération de trois otages à Gaza
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a entamé dimanche un entretien avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, au lendemain de nouvelles libérations d’otages à Gaza en échange de prisonniers palestiniens, dans le cadre de la fragile trêve entre Israël et le Hamas. M. Rubio, qui débute sa première tournée au Moyen-Orient, doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d’en déplacer ses habitants vers l’Egypte et la Jordanie.Benjamin Netanyahu a dit samedi apprécier le “soutien total” de Donald Trump aux décisions d’Israël à propos du territoire palestinien. Juste avant le début de leur rencontre, l’armée israélienne a annoncé avoir mené une frappe aérienne visant “deux individus armés” dans la bande de Gaza, le Hamas faisant état de deux policiers tués par un raid israélien dans le sud du territoire palestinien. “C’est désormais à Israël de décider ce qu’ils veulent faire”, a écrit samedi M. Trump sur son réseau social Truth Social, “les Etats-Unis soutiendront” leur décision. Une cargaison de “bombes lourdes” américaines, dont la livraison à Israël a été débloquée par l’administration Trump, est entretemps arrivée dans la nuit en Israël, a indiqué le ministère de la Défense.Les entretiens de M. Rubio en Israël se tiennent au lendemain du sixième échange d’otages à Gaza contre des prisonniers palestiniens depuis le début de la trêve.Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Ils sont apparus en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.- Reprise des négociations ? – Ils avaient été enlevés le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël. Sur 251 personnes alors emmenées à Gaza, 70 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 mortes, selon l’armée israélienne.Israël a libéré en contrepartie 369 prisonniers palestiniens. La plupart ont été transférés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, où ils ont été accueillis par des foules en liesse. Vingt-quatre autres, condamnés à la prison à vie, ont été expulsés vers l’Egypte.L’accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien du 7-Octobre. Cette attaque a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles à Gaza a fait au moins 48.264 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. La première phase de la trêve, qui doit s’achever le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. L’accord prévoit qu’elle permette au total le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés, et la libération de 1.900 détenus palestiniens.Le chef de la diplomatie américaine devrait aussi discuter de la deuxième phase de l’accord, censée déboucher sur la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer “la semaine prochaine à Doha” les pourparlers sur cette deuxième phase, avant une étape finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.- La survie des otages en jeu – Des Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour demander la poursuite du processus.Ceux toujours captifs “ne survivront pas longtemps (…) L’accord sur les otages doit être appliqué dans son intégralité”, a plaidé Zahiro Shahar Mor, neveu d’un otage décédé. Il a déploré que “le gouvernement israélien ait fait tout ce qui était en son pouvoir pour torpiller la deuxième phase de l’accord.”Sur le sort à terme de la bande de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad, pour répondre au projet américain. “Pour l’instant, le seul plan, ils ne l’aiment pas, mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a affirmé jeudi M. Rubio. Après Israël, il doit se rendre en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.- Plan de reconstruction -Le président américain ambitionne de faire du territoire palestinien une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, en déplaçant ses 2,4 millions d’habitants vers la Jordanie et l’Egypte. Ces deux pays s’opposent catégoriquement à ce plan décrié à l’international, mais salué par le gouvernement israélien.”Les pays partenaires doivent s’engager à fournir un plan de reconstruction post-conflit pour Gaza”, a précisé un porte-parole du département d’Etat américain, soulignant qu’il fallait à présent “penser hors des sentiers battus”.M. Rubio doit également rencontrer dans la journée le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, le président Isaac Herzog et le chef de l’opposition Yair Lapid.
Rubio rencontre Netanyahu en Israël au lendemain de la libération de trois otages à Gaza
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a entamé dimanche un entretien avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, au lendemain de nouvelles libérations d’otages à Gaza en échange de prisonniers palestiniens, dans le cadre de la fragile trêve entre Israël et le Hamas. M. Rubio, qui débute sa première tournée au Moyen-Orient, doit discuter de la proposition du président Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et d’en déplacer ses habitants vers l’Egypte et la Jordanie.Benjamin Netanyahu a dit samedi apprécier le “soutien total” de Donald Trump aux décisions d’Israël à propos du territoire palestinien. Juste avant le début de leur rencontre, l’armée israélienne a annoncé avoir mené une frappe aérienne visant “deux individus armés” dans la bande de Gaza, le Hamas faisant état de deux policiers tués par un raid israélien dans le sud du territoire palestinien. “C’est désormais à Israël de décider ce qu’ils veulent faire”, a écrit samedi M. Trump sur son réseau social Truth Social, “les Etats-Unis soutiendront” leur décision. Une cargaison de “bombes lourdes” américaines, dont la livraison à Israël a été débloquée par l’administration Trump, est entretemps arrivée dans la nuit en Israël, a indiqué le ministère de la Défense.Les entretiens de M. Rubio en Israël se tiennent au lendemain du sixième échange d’otages à Gaza contre des prisonniers palestiniens depuis le début de la trêve.Après 498 jours de captivité, Sacha Trupanov, un Israélo-Russe de 29 ans, Yaïr Horn, un Israélo-Argentin de 46 ans, et Sagui Dekel-Chen, un Israélo-Américain de 36 ans, ont été libérés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Ils sont apparus en meilleure forme physique que trois otages décharnés libérés une semaine plus tôt.- Reprise des négociations ? – Ils avaient été enlevés le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël. Sur 251 personnes alors emmenées à Gaza, 70 s’y trouvent toujours, dont au moins 35 mortes, selon l’armée israélienne.Israël a libéré en contrepartie 369 prisonniers palestiniens. La plupart ont été transférés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, où ils ont été accueillis par des foules en liesse. Vingt-quatre autres, condamnés à la prison à vie, ont été expulsés vers l’Egypte.L’accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien du 7-Octobre. Cette attaque a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles à Gaza a fait au moins 48.264 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. La première phase de la trêve, qui doit s’achever le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. L’accord prévoit qu’elle permette au total le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés, et la libération de 1.900 détenus palestiniens.Le chef de la diplomatie américaine devrait aussi discuter de la deuxième phase de l’accord, censée déboucher sur la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Selon une source proche des négociations, les médiateurs espèrent entamer “la semaine prochaine à Doha” les pourparlers sur cette deuxième phase, avant une étape finale dédiée à la reconstruction de Gaza, un immense chantier estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.- La survie des otages en jeu – Des Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour demander la poursuite du processus.Ceux toujours captifs “ne survivront pas longtemps (…) L’accord sur les otages doit être appliqué dans son intégralité”, a plaidé Zahiro Shahar Mor, neveu d’un otage décédé. Il a déploré que “le gouvernement israélien ait fait tout ce qui était en son pouvoir pour torpiller la deuxième phase de l’accord.”Sur le sort à terme de la bande de Gaza, un sommet de cinq pays arabes est prévu le 20 février à Ryad, pour répondre au projet américain. “Pour l’instant, le seul plan, ils ne l’aiment pas, mais le seul plan, c’est celui de Trump. Donc s’ils en ont un meilleur, le moment est venu de le présenter”, a affirmé jeudi M. Rubio. Après Israël, il doit se rendre en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.- Plan de reconstruction -Le président américain ambitionne de faire du territoire palestinien une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”, en déplaçant ses 2,4 millions d’habitants vers la Jordanie et l’Egypte. Ces deux pays s’opposent catégoriquement à ce plan décrié à l’international, mais salué par le gouvernement israélien.”Les pays partenaires doivent s’engager à fournir un plan de reconstruction post-conflit pour Gaza”, a précisé un porte-parole du département d’Etat américain, soulignant qu’il fallait à présent “penser hors des sentiers battus”.M. Rubio doit également rencontrer dans la journée le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar, le président Isaac Herzog et le chef de l’opposition Yair Lapid.
200 ans après sa naissance, Strauss fils donne toujours le la
En fond sonore dans l’avion, pour le Concert du Nouvel an ou lors des bals viennois, Johann Strauss II reste omniprésent en Autriche, qui célèbre en 2025 les 200 ans du roi de la valse.”Il est aimé de tous à travers les époques”, lance enthousiaste la touriste britannique Helen Foster en visitant le musée consacré au virtuose dans la capitale mondiale de la musique classique.A Vienne, Strauss se décline à toutes les sauces, tant ses airs entêtants demeurent plébiscités par un public se délectant du Beau Danube bleu, l’hymne officieux du pays alpin. Le bicentenaire de sa naissance le 25 octobre 1825 est le prétexte de multiples événements, entre concerts, expositions et hommage insolite, la compagnie Austrian Airlines ayant même relooké pour l’occasion un appareil à son effigie.- “Remonter le moral” -Ses airs joyeux et entraînants convoquent immédiatement une imagerie insouciante de fête et de rires, dans un décor belle époque de femmes drapées de mousseline aux bras d’hommes en queue de pie.Ils avaient été conçus pour être accessibles et “remonter le moral des gens”, rappelle son arrière-petit-neveu Eduard Strauss, un juge à la retraite de 69 ans rencontré par l’AFP.Vienne était alors la capitale surpeuplée d’un empire multiethnique et autoritaire en décadence, un phare de la modernité, en même temps confronté aux épidémies de choléra et aux difficultés économiques d’une Europe en guerre.”Contrairement à aujourd’hui, il n’y avait pas de sécurité sociale ou de régime de retraite”, et même chez les Strauss, il fallait trimer pour vivre, rappelle le descendant de l’illustre famille.D’autant que le père, Johann Strauss I, qui ne voulait pas que ses enfants suivent ses traces, abandonna vite son foyer pour une autre femme, laissant la mère Anna diriger la carrière de Johann et de ses frères Josef et Eduard, eux aussi talentueux.- Pop star -Ce n’est qu’une fois qu’elle sut que son fils serait en mesure de subvenir à leurs besoins qu’elle demanda le divorce en 1844. La même année, Johann, alors âgé de 18 ans, fit ses débuts, devenant du jour au lendemain le rival direct de son père.Il laissera une production prolifique de plus de 500 valses, polkas, quadrilles et opérettes répondant parfaitement à la demande sociale. “On pourrait le comparer aux pop stars d’aujourd’hui”, résume Clara Kaufmann, guide au musée Strauss, car à la naissance de la photographie, il savait commercialiser son personnage, soignant ses cheveux “au fer à friser” et teignant sa barbe.Le compositeur de La Chauve-Souris (Die Fledermaus) était aussi un chef d’orchestre talentueux fédérant tous les publics.Il avait une forte présence scénique, jouant du violon avec brio et dirigeant fiévreusement les musiciens avec son archet.”Les gens dansent encore sur ses valses, mais on peut aussi les entendre en concert et c’est là son plus grand succès”, souligne le musicologue Thomas Aigner.- Falsification nazie -Bien avant les tournées record des stars d’aujourd’hui, il se produisit lors d’un festival devant des dizaines de milliers de personnes à Boston, aux Etats-Unis, et quoique détestant voyager, il courut jusqu’en Russie divertir la noblesse.En véritable enfant de la balle, il a perfectionné les valses plus simples de son père, d’origine juive hongroise et connu pour sa sautillante Marche de Radetzky.Mais il y avait le Strauss pour la scène et le Strauss dans la vie. Anxieux, l’homme derrière l’artiste était en proie aux phobies et à une insécurité constante, selon son arrière-petit-neveu. Véritable “fils à maman”, ce séducteur se maria trois fois sans avoir d’enfants. Mort d’une pneumonie à l’aube du XXe siècle à l’âge de 73 ans, il reste aux côtés de Mozart et de Sissi une valeur sûre de la culture en Autriche. A tel point que même les nazis n’osèrent y toucher.Ils ont falsifié en 1941 un registre pour supprimer la référence au baptême juif de son arrière-grand-père et maintenir l’image d’une musique purement “germanique”, très prisée par le IIIe Reich.
Trump, une conception viriliste du pouvoir
Accusé pendant la campagne de promouvoir une masculinité toxique, Donald Trump a imprimé, depuis son retour à la Maison Blanche, une tonalité viriliste à sa conduite des affaires, assisté en cela par l’incontournable Elon Musk.Le patron de Tesla et de SpaceX s’est publiquement inquiété mercredi des menaces pesant selon lui contre les hommes à cause des politiques de promotion des femmes ou des personnes issues de minorités raciales et sexuelles.”Si une intelligence artificielle est programmée pour promouvoir la diversité à tout prix, elle pourrait décider qu’il y a trop d’hommes au pouvoir et les exécuter”, a-t-il déclaré pendant une intervention, en visioconférence.Le multimilliardaire, qui mène pour le compte du président américain une charge féroce contre la bureaucratie fédérale, poste sur son réseau X des messages tels que “Je vais pas mentir, la testostérone c’est super”.Dès son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a courtisé un électorat jeune et masculin pendant sa campagne, a mis fin à l’existence administrative des personnes transgenres.Le milliardaire de 78 ans, qui a promis de “protéger” les femmes, a aussi signé un décret interdisant à des personnes transgenres de participer à des compétitions sportives féminines, s’entourant à cette occasion de jeunes filles et de petites filles.- “Airmen” -“Mettre l’accent sur une conception rigide et binaire du genre est révélateur d’une patriarchie nostalgique, qui veut retourner à une conception des années 1950, avec les hommes blancs et hétérosexuels placés en haut de la hiérarchie identitaire”, analyse Karrin Anderson, professeure de communication à la Colorado State University.L’administration Trump s’est mise au diapason jusque dans les acronymes techniques.Le système d’alerte des pilotes d’avion NOTAM a été rebaptisé, passant de “Notice to Air Missions” (Message aux missions aériennes) à “Notice to Airmen” (Messages aux hommes de l’air, selon une traduction littérale).Le nouveau ministre de la Défense Pete Hegseth, accusé par une femme de l’avoir agressée sexuellement en 2017 et qui avait critiqué la présence de femmes dans l’armée, a publié vendredi une photo le montrant en train de faire du sport dans la neige en Pologne avec des militaires. Le patron du Pentagone dit avoir fait cinq séries de 47 pompes – une référence à Donald Trump, 47e président des Etats-Unis. L’un des conseillers les plus influents de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait lui donné des conseils amoureux sur la chaîne Fox News avant l’élection, encourageant les jeunes hommes à manifester ouvertement leur soutien au candidat républicain: “Montrez que vous êtes de vrais hommes. Montrez que vous n’êtes pas des mâles bêta”, par opposition aux mâles dominants ou “mâles alpha”.Cette aspiration à la virilité se teinte aussi de religiosité, Donald Trump n’hésitant pas à se poser en dirigeant providentiel, choisi par Dieu – le nouveau ministre de la Santé Robert F. Kennedy Junior l’a ainsi comparé jeudi à un “homme sur son cheval blanc”, arrivant au galop pour sauver l’Amérique.- “Saine virilité” -“Raviver la virilité américaine est l’un des besoins les plus urgents de notre nation”, écrivait fin janvier Jim Daly, président de l’organisation évangéliste conservatrice Focus on the Family, dans le Washington Examiner.Il juge dans sa tribune que Donald Trump incarne une “saine virilité” rappelant son prédécesseur républicain Ronald Reagan – dont l’actuel président américain vient d’ailleurs d’accrocher un grand portrait dans le Bureau ovale.C’est désormais sous le regard de l’ancien acteur de western que le républicain de 78 ans signe avec son épais feutre noir les rafales de décrets qui, selon Karrin Anderson, prouvent sa conception musclée du pouvoir. “En court-circuitant le Congrès et en faisant fi de l’équilibre constitutionnel des pouvoirs, Trump (choisit) une autorité masculiniste plutôt qu’une approche collaborative et démocratique,” juge la chercheuse.Le président républicain, condamné en 2023 à verser des millions de dollars de dommages et intérêts à une autrice à la suite d’une agression sexuelle, a constitué une équipe dominée par les hommes.Mais il s’est aussi entouré de plus de femmes que lors de son premier mandat, dont certaines à des postes très stratégiques.Sa directrice de cabinet Susie Wiles – qu’il surnomme “la dame de glace” pour son sang-froid – est par exemple la première femme dans cette fonction cruciale.






