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Le cabinet de sécurité israélien discute de la trêve lundi après une visite de Rubio

Le cabinet israélien doit se réunir lundi pour discuter de la suite de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, et a annoncé envoyer des négociateurs au Caire, après des entretiens à Jérusalem avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.M. Rubio, qui doit se rendre lundi en Arabie saoudite, a affiché un front uni avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu face à leurs ennemis communs.”Le Hamas ne peut pas rester une force militaire ou gouvernementale (…) il doit être éliminé”, a souligné le secrétaire d’Etat. M. Netanyahu lui a fait écho en menaçant d’ouvrir les “portes de l’enfer” au Hamas et de “finir le travail” avec l’Iran, allié du mouvement palestinien.Coup sur coup, le bureau de M. Netanyahu a annoncé une réunion du cabinet de sécurité lundi pour discuter de la deuxième phase de l’accord de trêve, censée déboucher sur la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Et l’envoi d’une équipe de négociateurs israéliens lundi au Caire, afin de discuter de la poursuite de l’application de la première phase de l’accord.Celle-ci est entrée en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, lors de laquelle les otages ont été enlevés et emmenés dans le territoire palestinien.La trêve a failli voler en éclats il y a quelques jours après des menaces du Hamas de suspendre les libérations d’otages et d’Israël de reprendre la guerre, les deux camps s’accusant de violations de l’accord.Mais après des efforts des médiateurs qatari et égyptien, le Hamas a libéré samedi trois otages israéliens et Israël 369 prisonniers palestiniens, le sixième échange depuis le 19 janvier.- “Dépravation” -Sur 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 70 sont encore retenues à Gaza dont au moins 35 mortes selon l’armée.M. Rubio a condamné le fait que le Hamas détient toujours des cadavres d’otages à Gaza. “Le fait que ces terroristes continuent à détenir des otages et même des cadavres témoigne de leur dépravation”, a-t-il affirmé.Ce mouvement “joue avec le feu” en ne libérant pas tous les otages, a dit le secrétaire d’Etat, qui effectue sa première tournée au Moyen-Orient devant aussi le mener aux Emirats arabes unis.La première phase de la trêve, qui s’achève le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. Au total, 33 otages, dont huit décédés, doivent être remis à Israël durant cette phase en échange de 1.900 détenus palestiniens.Israël, qui assiège la bande de Gaza depuis octobre 2023, doit en outre permettre l’entrée d’une aide humanitaire accrue à Gaza, lors de cette même phase, selon les termes de l’accord.Une phase finale est dédiée à la reconstruction de Gaza, un chantier titanesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.Mais signe de la fragilité de cette trêve, le Hamas a accusé dimanche Israël de “grave violation” après une frappe qui a tué trois policiers à Gaza. L’armée israélienne a dit avoir ciblé des “hommes armés”.Le mouvement palestinien accuse aussi Israël de bloquer l’entrée dans Gaza en ruines de préfabriqués et d’équipements de déblaiement des décombres, une “déclaration explicite d’échec de l’accord” de trêve, selon le Hamas.- “Eliminer” -L’attaque du 7-Octobre, menée dans le sud d’Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine, a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas au pouvoir à Gaza depuis 2007 et lancé une offensive militaire d’envergure qui a ravagé le territoire palestinien, faisant au moins 48.271 morts en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Considérablement affaibli, le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, est toutefois encore loin d’être anéanti, selon des experts.- “Source d’instabilité” -Evoquant une “stratégie commune” avec M. Trump pour l’avenir de Gaza, M. Netanyahu a de nouveau salué sa proposition de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en déplacer ses quelque 2,4 millions d’habitants vers l’Egypte et la Jordanie. Un projet rejeté par ces deux pays et plusieurs autres Etats du monde.”Nous nous efforcerons de faire en sorte que cette vision devienne réalité”, a dit M. Netanyahu malgré le tollé international.Israël a occupé la bande de Gaza de 1967 à 2005 avant de la soumettre à un blocus total après que le Hamas y a pris le pouvoir. Il continue d’occuper depuis 1967 le territoire palestinien de Cisjordanie et Jérusalem-Est.  M. Netanyahu a en outre averti qu’Israël, avec le soutien des Etats-Unis, “finira le travail” contre l’Iran, qualifié par M. Rubio de plus grande “source d’instabilité” dans la région.Durant la visite du secrétaire d’Etat, Israël a annoncé la réception d’une cargaison de “bombes lourdes” américaines, débloquée par l’administration Trump.

Le cabinet de sécurité israélien discute de la trêve lundi après une visite de Rubio

Le cabinet israélien doit se réunir lundi pour discuter de la suite de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, et a annoncé envoyer des négociateurs au Caire, après des entretiens à Jérusalem avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.M. Rubio, qui doit se rendre lundi en Arabie saoudite, a affiché un front uni avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu face à leurs ennemis communs.”Le Hamas ne peut pas rester une force militaire ou gouvernementale (…) il doit être éliminé”, a souligné le secrétaire d’Etat. M. Netanyahu lui a fait écho en menaçant d’ouvrir les “portes de l’enfer” au Hamas et de “finir le travail” avec l’Iran, allié du mouvement palestinien.Coup sur coup, le bureau de M. Netanyahu a annoncé une réunion du cabinet de sécurité lundi pour discuter de la deuxième phase de l’accord de trêve, censée déboucher sur la libération de tous les otages et une fin définitive de la guerre.Et l’envoi d’une équipe de négociateurs israéliens lundi au Caire, afin de discuter de la poursuite de l’application de la première phase de l’accord.Celle-ci est entrée en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, lors de laquelle les otages ont été enlevés et emmenés dans le territoire palestinien.La trêve a failli voler en éclats il y a quelques jours après des menaces du Hamas de suspendre les libérations d’otages et d’Israël de reprendre la guerre, les deux camps s’accusant de violations de l’accord.Mais après des efforts des médiateurs qatari et égyptien, le Hamas a libéré samedi trois otages israéliens et Israël 369 prisonniers palestiniens, le sixième échange depuis le 19 janvier.- “Dépravation” -Sur 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 70 sont encore retenues à Gaza dont au moins 35 mortes selon l’armée.M. Rubio a condamné le fait que le Hamas détient toujours des cadavres d’otages à Gaza. “Le fait que ces terroristes continuent à détenir des otages et même des cadavres témoigne de leur dépravation”, a-t-il affirmé.Ce mouvement “joue avec le feu” en ne libérant pas tous les otages, a dit le secrétaire d’Etat, qui effectue sa première tournée au Moyen-Orient devant aussi le mener aux Emirats arabes unis.La première phase de la trêve, qui s’achève le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. Au total, 33 otages, dont huit décédés, doivent être remis à Israël durant cette phase en échange de 1.900 détenus palestiniens.Israël, qui assiège la bande de Gaza depuis octobre 2023, doit en outre permettre l’entrée d’une aide humanitaire accrue à Gaza, lors de cette même phase, selon les termes de l’accord.Une phase finale est dédiée à la reconstruction de Gaza, un chantier titanesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.Mais signe de la fragilité de cette trêve, le Hamas a accusé dimanche Israël de “grave violation” après une frappe qui a tué trois policiers à Gaza. L’armée israélienne a dit avoir ciblé des “hommes armés”.Le mouvement palestinien accuse aussi Israël de bloquer l’entrée dans Gaza en ruines de préfabriqués et d’équipements de déblaiement des décombres, une “déclaration explicite d’échec de l’accord” de trêve, selon le Hamas.- “Eliminer” -L’attaque du 7-Octobre, menée dans le sud d’Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine, a fait 1.211 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.En représailles, Israël a juré de détruire le Hamas au pouvoir à Gaza depuis 2007 et lancé une offensive militaire d’envergure qui a ravagé le territoire palestinien, faisant au moins 48.271 morts en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Considérablement affaibli, le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, est toutefois encore loin d’être anéanti, selon des experts.- “Source d’instabilité” -Evoquant une “stratégie commune” avec M. Trump pour l’avenir de Gaza, M. Netanyahu a de nouveau salué sa proposition de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’en déplacer ses quelque 2,4 millions d’habitants vers l’Egypte et la Jordanie. Un projet rejeté par ces deux pays et plusieurs autres Etats du monde.”Nous nous efforcerons de faire en sorte que cette vision devienne réalité”, a dit M. Netanyahu malgré le tollé international.Israël a occupé la bande de Gaza de 1967 à 2005 avant de la soumettre à un blocus total après que le Hamas y a pris le pouvoir. Il continue d’occuper depuis 1967 le territoire palestinien de Cisjordanie et Jérusalem-Est.  M. Netanyahu a en outre averti qu’Israël, avec le soutien des Etats-Unis, “finira le travail” contre l’Iran, qualifié par M. Rubio de plus grande “source d’instabilité” dans la région.Durant la visite du secrétaire d’Etat, Israël a annoncé la réception d’une cargaison de “bombes lourdes” américaines, débloquée par l’administration Trump.

“Conclave” et “The Brutalist” se partagent les honneurs des Bafta britanniques

Le thriller papal “Conclave” et le monumental “The Brutalist” ont fait jeu égal dimanche soir aux Bafta, récompenses britanniques du cinéma, en remportant chacun quatre trophées, tandis qu'”Emilia Perez”, en pleine polémique, en a récolté deux à quinze jours des Oscars.Réalisé par le cinéaste allemand Edward Berger, “Conclave” a été sacré meilleur film, tandis que “The Brutalist” s’est imposé dans les catégories meilleur réalisateur pour Brady Corbet, et meilleur acteur pour Adrien Brody qui incarne un architecte survivant de la Shoah.”Mon personnage m’a permis de rendre hommage au combat de mes propres ancêtres, qui ont fui la Hongrie et étaient réfugiés aux Etats-Unis”, a souligné l’acteur, favori pour l’Oscar plus de vingt ans après sa consécration pour “Le Pianiste”.Face à une Demi Moore ultra-favorite, l’Américaine Mikey Madison, 25 ans, a créé la surprise en remportant le Bafta de la meilleure actrice pour son rôle de stripteaseuse dans “Anora”, thriller new-yorkais du réalisateur Sean Baker.La jeune révélation est montée sur scène, ébahie: “Je sais que vous ne vous y attendiez pas (…) j’aurais dû écrire quelque chose”, a-t-elle admis, remerciant le cinéaste pour avoir “réalisé ses rêves”.Fresque musicale sur la transition de genre d’un narcotrafiquant mexicain, “Emilia Perez” du Français Jacques Audiard, tourné en espagnol, est reparti avec deux trophées, dont celui de meilleur film en langue non anglaise et meilleure actrice dans un second rôle pour Zoe Saldana, qui y interprète l’avocate Rita.Celle-ci s’est fait, comme plusieurs lauréats, le porte-voix de la communauté LGBTQ, au moment où le président américain Donald Trump multiplie les actions à leur encontre et a promis de mettre fin à ce qu’il qualifie de “délire transgenre”.L’actrice a dédié son prix à son neveu trans, “raison pour laquelle elle a signé pour ce film au départ”.- “Ma chère Karla” -Récompensé à Cannes et aux Golden Globes, “Emilia Perez” était nommé dans 11 catégories. Mais la découverte fin janvier d’anciens tweets racistes et islamophobes de l’actrice Karla Sofía Gascón a fait exploser en vol la campagne de cette comédie musicale, compromettant ses chances aux Bafta comme aux Oscars.Absente de la cérémonie, elle a eu droit à un geste d’apaisement de la part de Jacques Audiard, qui avait qualifié ses propos “d’odieux” et d'”impardonnables” au moment où elle a été écartée de la promotion du film.”Je voudrais remercier tous les merveilleux artistes qui ont donné vie à ce film”, a-t-il déclaré, dont “ma chère Zoe, ma chère Selena (Gomez) (…) mais aussi toi, ma chère Karla Sofia, que j’embrasse”.Nommé 13 fois aux Oscars, “Emilia Perez” a également été épinglé pour sa représentation du Mexique jugée caricaturale.Timothée Chalamet, Cynthia Erivo et Ralph Fiennes faisaient partie des stars présentes à cette soirée au Royal Festival Hall, qui s’est tenue cette fois en l’absence du prince William, président d’honneur des Bafta, et de son épouse Kate.- “Institution britannique” -Thriller sur les jeux de pouvoirs lors de l’élection d’un pape, “Conclave”, qui faisait la course en tête avec 12 nominations, a conquis le coeur de l’académie britannique, deux ans après le succès d’Edward Berger aux Bafta avec “A l’Ouest, rien de nouveau”.Il a passé près de sept ans sur ce film, comme Brady Corbet sur son épopée architecturale de trois heures – avec entracte – “The Brutalist”.”C’est une bonne nouvelle pour notre industrie qu’un film comme celui-ci, fait sans compromis”, soit “commercialement viable”, s’est-il réjoui.L’Américain Kieran Culkin a remporté le prix du meilleur acteur dans un second rôle pour le film “A Real Pain”, de Jesse Eisenberg, qui est reparti avec le prix du meilleur scénario pour sa comédie sur deux cousins juifs qui partent sur les traces de l’Holocauste en Pologne.Les dernières aventures de Wallace et Gromit, “La Palme de la vengeance”, ont obtenu deux prix, dont celui de meilleur film d’animation.Les succès commerciaux “Dune: deuxième partie” de Denis Villeneuve, et la comédie musicale “Wicked” se sont seulement distingués dans des catégories techniques.La fable gore et féministe “The Substance”, de la Française Coralie Fargeat n’a elle récolté qu’un Bafta pour meilleur “maquillage et coiffure”.

“Conclave” et “The Brutalist” se partagent les honneurs des Bafta britanniques

Le thriller papal “Conclave” et le monumental “The Brutalist” ont fait jeu égal dimanche soir aux Bafta, récompenses britanniques du cinéma, en remportant chacun quatre trophées, tandis qu’”Emilia Perez”, en pleine polémique, en a récolté deux à quinze jours des Oscars.Réalisé par le cinéaste allemand Edward Berger, “Conclave” a été sacré meilleur film, tandis que …

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Le cabinet de sécurité israélien discute de la trêve lundi après une visite de Rubio

Israël a annoncé dimanche une réunion de sécurité du cabinet israélien et l’envoi de négociateurs au Caire lundi, pour des discussions sur la suite de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, après des entretiens à Jérusalem du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.M. Rubio, qui doit se rendre lundi en Arabie saoudite, a affiché un front uni …

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Russie: malgré le risque, plus d’un millier de personnes sur la tombe de Navalny

Un an après la mort en prison du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, plus d’un millier de ses partisans se sont recueillis dimanche sur sa tombe à Moscou malgré le risque de représailles judiciaires.A Berlin, Ioulia Navalnaïa a appelé lors d’une cérémonie à la mobilisation des exilés russes. “Nous devons sortir” et manifester “pour ceux en Russie qui ne peuvent le faire”, a déclaré la veuve du célèbre opposant.”Soyons leur voix” car les Russes restés dans leur pays “ont peur de finir en prison”, a ajouté celle qui est déclarée “extrémiste” en Russie et qui a repris la tête du mouvement d’Alexeï Navalny depuis l’étranger.Férocement réprimée en Russie, divisée et affaiblie en exil, l’opposition russe tente de se relancer à l’étranger, jusqu’à présent sans grand succès.Mais au moins 1.500 personnes ont défilé dimanche pour déposer des fleurs sur la tombe de l’opposant au cimetière Borissovskoïé de Moscou, formant une file de plusieurs centaines de mètres.Lors d’une brève prise de parole au cimetière, la mère d’Alexeï Navalny a dit vouloir que les responsables du “meurtre” de son fils soient “punis”.”Le monde entier connaît le commanditaire. Mais nous voulons que soient connus les exécutants”, a ajouté Lioudmila Navalnaïa.Par un temps glacial, des dizaines de familles avec enfants sont venues. Le dispositif sécuritaire était discret, avec principalement des policiers en civil déployés autour du cimetière.En pleurs, Anna, une psychologue pour enfants de 63 ans, dit à l’AFP qu’elle ne s’attendait pas “à voir autant de gens” alors que, selon elle, “la peur est présente chez tous”.Alexandre, un étudiant de 18 ans, explique qu’il a surmonté ses craintes “pour ne pas avoir honte” de lui-même.Plusieurs diplomates occidentaux, notamment des représentants des ambassades américaine, française, espagnole, norvégienne et de l’Union européenne, sont également allés sur la tombe de l’opposant, a constaté l’AFP.En début d’après-midi, cette dernière était recouverte d’une petite montagne de fleurs, ainsi que de messages laissés par la foule.Charismatique militant anticorruption et ennemi politique numéro un de Vladimir Poutine, M. Navalny avait été déclaré “extrémiste” par la justice russe. Évoquer en public l’opposant ou son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), sans préciser qu’ils ont été décrétés “extrémistes”, expose les contrevenants à de lourdes sanctions.Cette menace reste en vigueur malgré sa mort dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique le 16 février 2024 et malgré l’exil hors de Russie de la quasi-totalité de ses collaborateurs.- Hommages prévus hors de Russie -Les collaborateurs en exil de l’opposant ont annoncé la tenue de commémorations dans le monde entier.Une quarantaine de personnes se sont rassemblées dimanche devant l’ambassade de Russie à Berlin.Alexeï Navalny a “changé ma vie”, a confié Iouri Korolev, 32 ans, exilé en Allemagne mais qui avait milité pour l’opposant dans sa ville de Rostov-sur-le-Don. “C’est un homme qui est mort pour ses idées”, a-t-il ajouté.La chancelier allemand Olaf Scholz a salué un homme qui a perdu la vie “parce qu’il s’est battu pour la démocratie et la liberté en Russie”.Vladimir Poutine et les autorités russes “portent l’ultime responsabilité” de la mort d’Alexei Navalny, a souligné la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.Un avis partagé par la France, qui a adressé “un message de soutien et de solidarité à toutes celles et ceux qui défendent avec courage en Russie les libertés individuelles et l’Etat de droit”.Des chaînes Telegram favorables au Kremlin avaient pour leur part averti les partisans du défunt opposant, leur déconseillant d’aller au cimetière.Les autorités russes ont méthodiquement démantelé le mouvement d’Alexeï Navalny, envoyant nombre de ses partisans en prison.Quatre journalistes sont actuellement jugés en Russie pour “participation à un groupe extrémiste”, accusés d’avoir réalisé des images pour l’équipe de l’opposant.En janvier, trois des avocats qui défendaient l’opposant ont été condamnés à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans de prison pour avoir transmis ses messages alors qu’il était en détention. “Un rappel brutal de la volonté des autorités russes de faire taire toute voix dissidente”, a souligné Paris dimanche.- Opposition affaiblie -La mort d’Alexeï Navalny à l’âge de 47 ans n’a toujours pas été entièrement expliquée. Les autorités russes affirment qu’elle est survenue pendant qu’il se promenait dans la cour de la prison, tandis que ses soutiens accusent le pouvoir de l’avoir tué.Il avait été arrêté en janvier 2021, à son retour en Russie après avoir été soigné en Allemagne d’un empoisonnement en Sibérie dont il avait imputé la responsabilité au Kremlin, qui a rejeté cette accusation.En décembre 2023, il avait été transféré dans une colonie pénitentiaire isolée au-delà du cercle polaire arctique afin d’y purger une peine de 19 ans pour “extrémisme”.L’opposition russe, privée de sa figure de proue, dispersée à l’étranger du fait des persécutions en Russie et déchirée par les luttes internes, est désormais dans une position de faiblesse inédite.

Russie: malgré le risque, plus d’un millier de personnes sur la tombe de Navalny

Un an après la mort en prison du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, plus d’un millier de ses partisans se sont recueillis dimanche sur sa tombe à Moscou malgré le risque de représailles judiciaires.A Berlin, Ioulia Navalnaïa a appelé lors d’une cérémonie à la mobilisation des exilés russes. “Nous devons sortir” et manifester “pour ceux en Russie qui ne peuvent le faire”, a déclaré la veuve du célèbre opposant.”Soyons leur voix” car les Russes restés dans leur pays “ont peur de finir en prison”, a ajouté celle qui est déclarée “extrémiste” en Russie et qui a repris la tête du mouvement d’Alexeï Navalny depuis l’étranger.Férocement réprimée en Russie, divisée et affaiblie en exil, l’opposition russe tente de se relancer à l’étranger, jusqu’à présent sans grand succès.Mais au moins 1.500 personnes ont défilé dimanche pour déposer des fleurs sur la tombe de l’opposant au cimetière Borissovskoïé de Moscou, formant une file de plusieurs centaines de mètres.Lors d’une brève prise de parole au cimetière, la mère d’Alexeï Navalny a dit vouloir que les responsables du “meurtre” de son fils soient “punis”.”Le monde entier connaît le commanditaire. Mais nous voulons que soient connus les exécutants”, a ajouté Lioudmila Navalnaïa.Par un temps glacial, des dizaines de familles avec enfants sont venues. Le dispositif sécuritaire était discret, avec principalement des policiers en civil déployés autour du cimetière.En pleurs, Anna, une psychologue pour enfants de 63 ans, dit à l’AFP qu’elle ne s’attendait pas “à voir autant de gens” alors que, selon elle, “la peur est présente chez tous”.Alexandre, un étudiant de 18 ans, explique qu’il a surmonté ses craintes “pour ne pas avoir honte” de lui-même.Plusieurs diplomates occidentaux, notamment des représentants des ambassades américaine, française, espagnole, norvégienne et de l’Union européenne, sont également allés sur la tombe de l’opposant, a constaté l’AFP.En début d’après-midi, cette dernière était recouverte d’une petite montagne de fleurs, ainsi que de messages laissés par la foule.Charismatique militant anticorruption et ennemi politique numéro un de Vladimir Poutine, M. Navalny avait été déclaré “extrémiste” par la justice russe. Évoquer en public l’opposant ou son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), sans préciser qu’ils ont été décrétés “extrémistes”, expose les contrevenants à de lourdes sanctions.Cette menace reste en vigueur malgré sa mort dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique le 16 février 2024 et malgré l’exil hors de Russie de la quasi-totalité de ses collaborateurs.- Hommages prévus hors de Russie -Les collaborateurs en exil de l’opposant ont annoncé la tenue de commémorations dans le monde entier.Une quarantaine de personnes se sont rassemblées dimanche devant l’ambassade de Russie à Berlin.Alexeï Navalny a “changé ma vie”, a confié Iouri Korolev, 32 ans, exilé en Allemagne mais qui avait milité pour l’opposant dans sa ville de Rostov-sur-le-Don. “C’est un homme qui est mort pour ses idées”, a-t-il ajouté.La chancelier allemand Olaf Scholz a salué un homme qui a perdu la vie “parce qu’il s’est battu pour la démocratie et la liberté en Russie”.Vladimir Poutine et les autorités russes “portent l’ultime responsabilité” de la mort d’Alexei Navalny, a souligné la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.Un avis partagé par la France, qui a adressé “un message de soutien et de solidarité à toutes celles et ceux qui défendent avec courage en Russie les libertés individuelles et l’Etat de droit”.Des chaînes Telegram favorables au Kremlin avaient pour leur part averti les partisans du défunt opposant, leur déconseillant d’aller au cimetière.Les autorités russes ont méthodiquement démantelé le mouvement d’Alexeï Navalny, envoyant nombre de ses partisans en prison.Quatre journalistes sont actuellement jugés en Russie pour “participation à un groupe extrémiste”, accusés d’avoir réalisé des images pour l’équipe de l’opposant.En janvier, trois des avocats qui défendaient l’opposant ont été condamnés à des peines allant de trois ans et demi à cinq ans de prison pour avoir transmis ses messages alors qu’il était en détention. “Un rappel brutal de la volonté des autorités russes de faire taire toute voix dissidente”, a souligné Paris dimanche.- Opposition affaiblie -La mort d’Alexeï Navalny à l’âge de 47 ans n’a toujours pas été entièrement expliquée. Les autorités russes affirment qu’elle est survenue pendant qu’il se promenait dans la cour de la prison, tandis que ses soutiens accusent le pouvoir de l’avoir tué.Il avait été arrêté en janvier 2021, à son retour en Russie après avoir été soigné en Allemagne d’un empoisonnement en Sibérie dont il avait imputé la responsabilité au Kremlin, qui a rejeté cette accusation.En décembre 2023, il avait été transféré dans une colonie pénitentiaire isolée au-delà du cercle polaire arctique afin d’y purger une peine de 19 ans pour “extrémisme”.L’opposition russe, privée de sa figure de proue, dispersée à l’étranger du fait des persécutions en Russie et déchirée par les luttes internes, est désormais dans une position de faiblesse inédite.