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Le cabinet de sécurité israélien discute de la trêve à Gaza

Le cabinet de sécurité israélien se réunit lundi pour discuter de la suite de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, au moment où le chef de la diplomatie américaine s’entretient en Arabie saoudite du projet de Donald Trump de prendre le contrôle du territoire palestinien.Le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui effectue sa première tournée au Moyen-Orient depuis sa prise de fonction, s’était rendu dimanche en Israël, où il a affiché un front uni avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.Il devrait rencontrer à Ryad le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, avant de poursuivre sa tournée aux Emirats arabes unis.Assurant partager une “stratégie commune” avec le président américain Donald Trump pour l’avenir de Gaza, M. Netanyahu a de nouveau salué dimanche sa proposition de prendre le contrôle du territoire palestinien et d’expulser ses 2,4 millions d’habitants vers l’Egypte et la Jordanie, qui a soulevé un tollé international.”Le Hamas ne peut pas rester une force militaire ou gouvernementale (…) Il doit être éliminé”, a souligné de son côté Marco Rubio, qui a aussi qualifié l’Iran de plus grande “source d’instabilité” dans la région.M. Netanyahu a fait écho à ces propos en menaçant d’ouvrir les “portes de l’enfer” au Hamas et de “finir le travail” avec l’Iran, allié du mouvement islamiste palestinien.Téhéran a rétorqué lundi que “menacer autrui constitue une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies”.- “Dépravation” -Quatre semaines après le début de la trêve dans la bande de Gaza, pour une durée initiale de 42 jours, le cabinet de sécurité israélien doit discuter lundi de la deuxième phase de l’accord, censée permettre la libération de tous les otages retenus dans le territoire et la fin définitive de la guerre.Israël a également annoncé l’envoi d’une équipe de négociateurs lundi au Caire, afin de discuter de la poursuite de la première phase de l’accord, entrée en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre.La trêve a failli voler en éclats la semaine dernière après des menaces du Hamas de suspendre les libérations d’otages et celles d’Israël de reprendre la guerre, les deux camps s’accusant mutuellement de violations de l’accord.Après une médiation menée par le Qatar et l’Egypte, le Hamas a finalement libéré samedi trois otages israéliens et Israël 369 prisonniers palestiniens, lors du sixième échange depuis le début de la trêve.Sur 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre, 70 sont encore retenues à Gaza dont au moins 35 mortes, selon l’armée israélienne.M. Rubio a condamné le fait que le Hamas détenait toujours des cadavres d’otages. “Le fait que ces terroristes continuent à détenir des otages et même des cadavres témoigne de leur dépravation”, a-t-il affirmé.Ce mouvement “joue avec le feu” en ne libérant pas tous les otages, a dit le secrétaire d’Etat.- “Grave violation” -La première phase de la trêve, qui s’achève le 1er mars, a déjà permis la libération de 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens. Au total, 33 otages, dont huit sont décédés, doivent être remis à Israël durant cette phase en échange de 1.900 détenus palestiniens.Cette première étape doit aussi permettre l’entrée d’une aide humanitaire accrue à Gaza, assiégée par Israël.Si le calendrier se déroule comme prévu, la phase finale de l’accord sera consacrée à la reconstruction de Gaza, un chantier titanesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.Mais, signe de la fragilité de la trêve, le Hamas a accusé dimanche Israël d’une “grave violation” après une frappe qui a tué trois policiers à Gaza. L’armée israélienne a dit avoir ciblé des “hommes armés”.Le Hamas accuse aussi Israël de bloquer l’entrée dans Gaza en ruines de préfabriqués et d’équipements de déblaiement des décombres, une “déclaration explicite d’échec de l’accord” de trêve, selon le mouvement.L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.En représailles, Israël a lancé une offensive militaire qui a fait au moins 48.271 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Considérablement affaibli, le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne, est toutefois encore loin d’être anéanti, selon des experts.

Ukraine, sécurité: réunion européenne à Paris pour répondre à l'”accélération” de Trump

Une dizaine de dirigeants de pays de l’Union européenne et de l’Otan se réunissent lundi à Paris avec l’objectif de définir une réponse commune pour la sécurité du Vieux continent et faire face à l'”accélération” de l’administration américaine sur l’Ukraine.Dimanche, le Royaume-Uni s’est dit prêt à envoyer “si nécessaire” des troupes “sur le terrain” en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité” du pays. Londres, qui est un allié de premier plan de Kiev, aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens et son Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué qu’il rencontrerait “dans les prochains jours” le président américain Donald Trump.La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” l’envoi de soldats en Ukraine si les négociations permettent d’installer “une paix juste et durable”.Dimanche soir, le chancelier allemand Olaf Scholz a prévenu à la télévision RTL-Allemagne que les négociations sur l’Ukraine ne peuvent “pas fonctionner” sans les Européens: il n’y aura pas “pas de garanties de sécurité” pour l’Ukraine “que nous n’aurons pas nous-mêmes conçues et acceptées”.La réunion de Paris intervient à la veille de pourparlers prévus mardi en Arabie saoudite entre hauts responsables russes et américains. Ils visent au “rétablissement” des relations entre Moscou et Washington et concerneront aussi “de possibles négociations sur l’Ukraine”, a fait savoir le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.Une rencontre pourrait intervenir “très bientôt” entre MM. Poutine et Trump, qui se sont déjà entretenus au téléphone ces derniers jours, a affirmé le président américain.Une conférence sur la Sécurité s’est achevée dimanche à Munich en Allemagne où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l’encontre de ses alliés a sidéré les Européens.”Nous considérons qu’il y a, en conséquence de l’accélération sur le dossier ukrainien, en conséquence aussi de ce que disent les dirigeants américains, une nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”, a souligné dimanche un conseiller du président français Emmanuel Macron.Seront présents à cette réunion présentée comme informelle : M. Macron, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, des Pays-Bas et du Danemark, ainsi que le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne et le secrétaire général de l’Otan.La Hongrie a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump (qui) se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”, selon son chef de la diplomatie Peter Szijjarto.La relation transatlantique traverse une passe délicate, les initiatives de Donald Trump inquiétant les Européens, qui craignent d’être exclus d’un processus sur un dossier les concernant au premier chef.Les initiatives américaines “sont une chance, au sens où elles peuvent permettre d’accélérer la sortie de la guerre en Ukraine mais évidemment encore faut-il s’entendre et voir à quelles conditions la sortie de la guerre peut être actée”, a noté le conseiller présidentiel français.              – Garanties de sécurité -L’Ukraine entre le 24 février dans la quatrième année de la guerre déclenchée par l’invasion à grande échelle par la Russie. Elle a attaqué avec des drones un oléoduc reliant la mer Caspienne à la mer Noire via le Sud de la Russie, a annoncé lundi la compagnie exploitante.Son président, Volodymyr Zelensky, a exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.”A court terme, nous allons devoir garantir que la paix en Ukraine soit durable. Et à court terme, les Américains vont très certainement revoir leur niveau d’engagement, y compris sur le plan géographique, dans l’Otan: cela appelle de notre part un vrai réveil, et même un bond en avant, pour prendre notre place dans la sécurité du continent européen”, a résumé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur la chaîne LCI.M. Barrot a indiqué que des discussions étaient en cours sur le déploiement de troupes, notamment françaises, britanniques, et polonaises, pour garantir un futur cessez-le-feu et une “paix durable” en Ukraine.”D’une manière ou d’une autre, nous participerons aux discussions” sur l’Ukraine, a martelé le chef de la diplomatie française, alors que l’envoyé spécial de M. Trump, Keith Kellogg, a laissé entendre le contraire lors de la conférence de Munich. “Je fais partie de l’école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire”, a dit M. Kellogg, qui devait rencontrer le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte lundi matin à Bruxelles.M. Barrot a aussi rejeté toute réintégration de la Russie dans le G7, “inimaginable aujourd’hui”, alors que celle-ci a été souhaitée par Donald Trump. Moscou a été exclu de ce forum diplomatique après l’annexion de la Crimée en 2014.

Ukraine, sécurité: réunion européenne à Paris pour répondre à l'”accélération” de Trump

Une dizaine de dirigeants de pays de l’Union européenne et de l’Otan se réunissent lundi à Paris avec l’objectif de définir une réponse commune pour la sécurité du Vieux continent et faire face à l'”accélération” de l’administration américaine sur l’Ukraine.Dimanche, le Royaume-Uni s’est dit prêt à envoyer “si nécessaire” des troupes “sur le terrain” en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité” du pays. Londres, qui est un allié de premier plan de Kiev, aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens et son Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué qu’il rencontrerait “dans les prochains jours” le président américain Donald Trump.La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” l’envoi de soldats en Ukraine si les négociations permettent d’installer “une paix juste et durable”.Dimanche soir, le chancelier allemand Olaf Scholz a prévenu à la télévision RTL-Allemagne que les négociations sur l’Ukraine ne peuvent “pas fonctionner” sans les Européens: il n’y aura pas “pas de garanties de sécurité” pour l’Ukraine “que nous n’aurons pas nous-mêmes conçues et acceptées”.La réunion de Paris intervient à la veille de pourparlers prévus mardi en Arabie saoudite entre hauts responsables russes et américains. Ils visent au “rétablissement” des relations entre Moscou et Washington et concerneront aussi “de possibles négociations sur l’Ukraine”, a fait savoir le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.Une rencontre pourrait intervenir “très bientôt” entre MM. Poutine et Trump, qui se sont déjà entretenus au téléphone ces derniers jours, a affirmé le président américain.Une conférence sur la Sécurité s’est achevée dimanche à Munich en Allemagne où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l’encontre de ses alliés a sidéré les Européens.”Nous considérons qu’il y a, en conséquence de l’accélération sur le dossier ukrainien, en conséquence aussi de ce que disent les dirigeants américains, une nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”, a souligné dimanche un conseiller du président français Emmanuel Macron.Seront présents à cette réunion présentée comme informelle : M. Macron, les chefs de gouvernement de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Pologne, de l’Espagne, des Pays-Bas et du Danemark, ainsi que le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne et le secrétaire général de l’Otan.La Hongrie a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump (qui) se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”, selon son chef de la diplomatie Peter Szijjarto.La relation transatlantique traverse une passe délicate, les initiatives de Donald Trump inquiétant les Européens, qui craignent d’être exclus d’un processus sur un dossier les concernant au premier chef.Les initiatives américaines “sont une chance, au sens où elles peuvent permettre d’accélérer la sortie de la guerre en Ukraine mais évidemment encore faut-il s’entendre et voir à quelles conditions la sortie de la guerre peut être actée”, a noté le conseiller présidentiel français.              – Garanties de sécurité -L’Ukraine entre le 24 février dans la quatrième année de la guerre déclenchée par l’invasion à grande échelle par la Russie. Elle a attaqué avec des drones un oléoduc reliant la mer Caspienne à la mer Noire via le Sud de la Russie, a annoncé lundi la compagnie exploitante.Son président, Volodymyr Zelensky, a exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.”A court terme, nous allons devoir garantir que la paix en Ukraine soit durable. Et à court terme, les Américains vont très certainement revoir leur niveau d’engagement, y compris sur le plan géographique, dans l’Otan: cela appelle de notre part un vrai réveil, et même un bond en avant, pour prendre notre place dans la sécurité du continent européen”, a résumé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur la chaîne LCI.M. Barrot a indiqué que des discussions étaient en cours sur le déploiement de troupes, notamment françaises, britanniques, et polonaises, pour garantir un futur cessez-le-feu et une “paix durable” en Ukraine.”D’une manière ou d’une autre, nous participerons aux discussions” sur l’Ukraine, a martelé le chef de la diplomatie française, alors que l’envoyé spécial de M. Trump, Keith Kellogg, a laissé entendre le contraire lors de la conférence de Munich. “Je fais partie de l’école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire”, a dit M. Kellogg, qui devait rencontrer le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte lundi matin à Bruxelles.M. Barrot a aussi rejeté toute réintégration de la Russie dans le G7, “inimaginable aujourd’hui”, alors que celle-ci a été souhaitée par Donald Trump. Moscou a été exclu de ce forum diplomatique après l’annexion de la Crimée en 2014.

Bottes, bérets et drapeau: en Russie, le “patriotisme” dès le préau

Autant ému qu’impressionné, Ivan, 7 ans, monte sur l’estrade de son école, près de Moscou. Anatoli, un ex-paramilitaire russe de Wagner de retour du front ukrainien, lui remet un drapeau. De quoi exalter le “patriotisme” de l’élève.Depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, qui entrera le 24 février dans sa quatrième année, les cérémonies “patriotiques” se sont multipliées en Russie. Parfois dès l’école élémentaire, comme dans celle d’Ivan.Le garçon qui vit à Istra, à 40 km au nord-ouest de Moscou, est récompensé lors d’une cérémonie pour les dessins, messages et cadeaux qu’il a envoyés aux soldats russes.Le visage masqué et la poitrine lestée de médailles, Anatoli, alias “le corbeau”, offre à Ivan un drapeau dédicacé par d’anciens combattants du groupe paramilitaire Wagner qui poursuivent leur mission en Ukraine, après avoir signé avec le ministère russe de la Défense.Aliona Ilina, la mère d’Ivan, est convaincue qu’il faut inculquer aux enfants “le patriotisme” et leur “expliquer dès le plus jeune âge qu’ils sont les futurs défenseurs de leurs familles et de leur peuple”.  “J’ai dit à mon fils que nos gars au front avaient besoin de soutien”, confie-t-elle à l’AFP.Iouri, 39 ans, démobilisé après une mission près de Bakhmout, ville détruite par les combats et occupée par les Russes en Ukraine, raconte qu’il accrochait les lettres d’enfants “sur les murs de [son] abri temporaire”. “C’était comme des icônes pour nous”, se souvient-il, après la cérémonie dans l’école.-“Armée des jeunes”-Vladimir Poutine voit dans l’actuel conflit une lutte existentielle contre des “néo-nazis” — comme au temps de la Grande Guerre Patriotique, lorsque l’Union soviétique a combattu l’envahisseur nazi, entre 1941 et 1945.Kiev et ses alliés rejettent ce narratif, jugeant que Moscou veut conquérir des territoires ukrainiens et soumettre l’Ukraine.Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS a disparu, mais l’attrait pour les organisations de masse a en partie survécu en Russie.Dans l’école d’Ivan, environ 20 des 300 élèves de 7 à 18 ans ont ainsi adhéré à “L’Armée des jeunes”, un mouvement patriotique créé en 2016 par la première femme dans l’espace, la cosmonaute Valentina Terechkova, aujourd’hui âgée de 87 ans.”En 2024, nous avons envoyé plus de 2.000 lettres à nos soldats”, explique à l’AFP Tatiana Kalouguina, professeur de musique et de dessin qui préside l’état-major de “l’Armée des jeunes” à Istra. “Nos enfants travaillent dans un centre qui collecte l’aide humanitaire (pour les militaires, ndlr). Ils enregistrent des messages vidéo pour nos soldats à chaque fête”, dit-elle.Selon Mme Kalouguina, les parents soutiennent la participation de leurs enfants à l'”Armée des jeunes”, car “ils y apprennent la discipline, l’ordre, la responsabilité et le sens de l’équipe”.Sur son site, le mouvement dit compter plus de 1,7 million de jeunes Russes de 8 à 18 ans.- “Fatigués de la guerre” -Dans les salles de classe, une nouvelle discipline, “les conversations importantes”, et de nouveaux manuels ont fait leur apparition. Objectifs: justifier l’intervention en Ukraine, doper le patriotisme et glorifier le passé soviétique. Fin janvier, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture et conseiller du président russe, a présenté un nouveau manuel consacré à “l’histoire militaire de la Russie” destiné aux élèves de 16-17 ans. Les élèves y apprennent que “l’opération spéciale militaire” en Ukraine (son nom officiel) a été lancée pour “défendre la population du Donbass”, région russophone de l’est du pays. “J’explique aux enfants les raisons du conflit, je leur dis que c’était une décision inévitable de notre président”, raconte Tatiana Kalouguina. Elle se réjouit de l’annonce faite par Vladimir Poutine et Donald Trump sur de possibles négociations pour mettre fin au conflit ukrainien.”Chaque mère russe, et je pense ukrainienne, soutient ces négociations”, dit-elle. “Nous sommes tous fatigués de cette guerre. Tant de morts!”, s’exclame-t-elle, ajoutant: “Aucune mère ne met au monde un enfant pour lui mettre une arme entre les mains”.A l’école d’Istra, un petit musée a été monté, où sont exposés des objets ayant appartenu à des soldats soviétiques victorieux de 1945 et d’autres à des combattants de l’actuelle offensive en Ukraine. Des élèves membres de “l’Armée des jeunes” observent des casques criblés d’impacts de balles. Parmi eux Alexeï, 16 ans, explique avoir vécu le début de l’offensive russe comme un “coup dur”. “Mais maintenant, nous sommes habitués”, dit l’adolescent vêtu de l’uniforme du mouvement: pantalon et bottes militaires beiges et béret rouge. Alexeï voulait d’abord devenir militaire mais il a changé d’avis. Il veut désormais être architecte. “J’espère que la guerre se terminera bientôt. La guerre, c’est mal”, lâche-t-il. 

Bottes, bérets et drapeau: en Russie, le “patriotisme” dès le préau

Autant ému qu’impressionné, Ivan, 7 ans, monte sur l’estrade de son école, près de Moscou. Anatoli, un ex-paramilitaire russe de Wagner de retour du front ukrainien, lui remet un drapeau. De quoi exalter le “patriotisme” de l’élève.Depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, qui entrera le 24 février dans sa quatrième année, les cérémonies “patriotiques” se sont multipliées en Russie. Parfois dès l’école élémentaire, comme dans celle d’Ivan.Le garçon qui vit à Istra, à 40 km au nord-ouest de Moscou, est récompensé lors d’une cérémonie pour les dessins, messages et cadeaux qu’il a envoyés aux soldats russes.Le visage masqué et la poitrine lestée de médailles, Anatoli, alias “le corbeau”, offre à Ivan un drapeau dédicacé par d’anciens combattants du groupe paramilitaire Wagner qui poursuivent leur mission en Ukraine, après avoir signé avec le ministère russe de la Défense.Aliona Ilina, la mère d’Ivan, est convaincue qu’il faut inculquer aux enfants “le patriotisme” et leur “expliquer dès le plus jeune âge qu’ils sont les futurs défenseurs de leurs familles et de leur peuple”.  “J’ai dit à mon fils que nos gars au front avaient besoin de soutien”, confie-t-elle à l’AFP.Iouri, 39 ans, démobilisé après une mission près de Bakhmout, ville détruite par les combats et occupée par les Russes en Ukraine, raconte qu’il accrochait les lettres d’enfants “sur les murs de [son] abri temporaire”. “C’était comme des icônes pour nous”, se souvient-il, après la cérémonie dans l’école.-“Armée des jeunes”-Vladimir Poutine voit dans l’actuel conflit une lutte existentielle contre des “néo-nazis” — comme au temps de la Grande Guerre Patriotique, lorsque l’Union soviétique a combattu l’envahisseur nazi, entre 1941 et 1945.Kiev et ses alliés rejettent ce narratif, jugeant que Moscou veut conquérir des territoires ukrainiens et soumettre l’Ukraine.Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS a disparu, mais l’attrait pour les organisations de masse a en partie survécu en Russie.Dans l’école d’Ivan, environ 20 des 300 élèves de 7 à 18 ans ont ainsi adhéré à “L’Armée des jeunes”, un mouvement patriotique créé en 2016 par la première femme dans l’espace, la cosmonaute Valentina Terechkova, aujourd’hui âgée de 87 ans.”En 2024, nous avons envoyé plus de 2.000 lettres à nos soldats”, explique à l’AFP Tatiana Kalouguina, professeur de musique et de dessin qui préside l’état-major de “l’Armée des jeunes” à Istra. “Nos enfants travaillent dans un centre qui collecte l’aide humanitaire (pour les militaires, ndlr). Ils enregistrent des messages vidéo pour nos soldats à chaque fête”, dit-elle.Selon Mme Kalouguina, les parents soutiennent la participation de leurs enfants à l'”Armée des jeunes”, car “ils y apprennent la discipline, l’ordre, la responsabilité et le sens de l’équipe”.Sur son site, le mouvement dit compter plus de 1,7 million de jeunes Russes de 8 à 18 ans.- “Fatigués de la guerre” -Dans les salles de classe, une nouvelle discipline, “les conversations importantes”, et de nouveaux manuels ont fait leur apparition. Objectifs: justifier l’intervention en Ukraine, doper le patriotisme et glorifier le passé soviétique. Fin janvier, Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture et conseiller du président russe, a présenté un nouveau manuel consacré à “l’histoire militaire de la Russie” destiné aux élèves de 16-17 ans. Les élèves y apprennent que “l’opération spéciale militaire” en Ukraine (son nom officiel) a été lancée pour “défendre la population du Donbass”, région russophone de l’est du pays. “J’explique aux enfants les raisons du conflit, je leur dis que c’était une décision inévitable de notre président”, raconte Tatiana Kalouguina. Elle se réjouit de l’annonce faite par Vladimir Poutine et Donald Trump sur de possibles négociations pour mettre fin au conflit ukrainien.”Chaque mère russe, et je pense ukrainienne, soutient ces négociations”, dit-elle. “Nous sommes tous fatigués de cette guerre. Tant de morts!”, s’exclame-t-elle, ajoutant: “Aucune mère ne met au monde un enfant pour lui mettre une arme entre les mains”.A l’école d’Istra, un petit musée a été monté, où sont exposés des objets ayant appartenu à des soldats soviétiques victorieux de 1945 et d’autres à des combattants de l’actuelle offensive en Ukraine. Des élèves membres de “l’Armée des jeunes” observent des casques criblés d’impacts de balles. Parmi eux Alexeï, 16 ans, explique avoir vécu le début de l’offensive russe comme un “coup dur”. “Mais maintenant, nous sommes habitués”, dit l’adolescent vêtu de l’uniforme du mouvement: pantalon et bottes militaires beiges et béret rouge. Alexeï voulait d’abord devenir militaire mais il a changé d’avis. Il veut désormais être architecte. “J’espère que la guerre se terminera bientôt. La guerre, c’est mal”, lâche-t-il. 

Bottes, bérets et drapeau: en Russie, le “patriotisme” dès le préau

Autant ému qu’impressionné, Ivan, 7 ans, monte sur l’estrade de son école, près de Moscou. Anatoli, un ex-paramilitaire russe de Wagner de retour du front ukrainien, lui remet un drapeau. De quoi exalter le “patriotisme” de l’élève.Depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, qui entrera le 24 février dans sa quatrième année, les cérémonies …

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Des mamies allemandes en résistance contre l’extrême droite

Leurs cheveux blancs comptent moins que leur détermination sans faille : le mouvement des “mamies contre l’extrême droite” fait entendre une voix singulière face à la montée des discours nationalistes et anti-migrants en Allemagne.Leur mission : protéger la démocratie pour les générations futures. Leur emblème : un bonnet en grosse maille souvent tricoté main. On les distingue ainsi nettement dans les manifestations qui ont rassemblé ces dernières semaines des centaines de milliers de personnes, inquiètes du score record que pourrait atteindre le parti d’extrême droite AfD (Aternative pour l’Allemagne) aux élections du 23 février.Crédité de 21% dans les derniers sondages, il pourrait décrocher la seconde place aux législatives, derrière les conservateur CDU/CSU, même si ses chances d’arriver au pouvoir sont nulles faute d’alliés.Mais les “Omas gegen Rechts” n’ont pas attendu la dernière ligne droite avant le scrutin pour se mobiliser, appliquant ce slogan à la lettre depuis maintenant sept ans: “Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on doit rester silencieux”. Sexagénaires, septuagénaires voire nonagénaires, ces activistes qui ont grandi dans les décennies d’après-guerre travaillées par la mémoire de l’Holocauste se sentent investies d’un devoir.- “Trop naïfs” -“J’ai eu la chance de vivre en paix et en démocratie pendant 58 ans” et “c’est ce que je veux préserver pour mes trois petits-enfants”, dit Gabi Heller, qui anime une groupe d'”Omas” à Nuremberg, grande ville de Bavière (sud).”C’est une solution facile d’accuser les flux migratoires de tous les maux, mais c’est tout simplement un non-sens total”, ajoute-elle, un drapeau de l’organisation sur l’épaule.Eva-Maria Singer a rejoint le mouvement voici trois ans. “Nous avons été trop naïfs”, constate cette femme de 73 ans rencontrée dans une manifestation à Nuremberg.”Nous pensions, dans ma génération qu’on appelle les soixante-huitards, descendue dans la rue contre la vieille clique nazie et fasciste, l’avoir éradiquée. Mais ce n’est pas vrai, elle repousse”.Le mouvement des “Omas” a vu le jour en Allemagne en 2018, sur le modèle d’initiatives similaires en Autriche. Un an plus tôt, l’AfD, fondée en 2013, venait de faire son entrée au parlement allemand, une césure dans la vie politique du pays.Au fil des années, le mouvement a grandi et s’est structuré jusqu’à compter une centaine de sections locales dans toute l’Allemagne.- Inspiration -“L’année dernière, nous avons organisé ou participé à plus de 80 manifestations”, dont de nombreuses mobilisations contre l’antisémitisme, souligne Maja, une activiste de 72 ans interrogée à Berlin.Son engagement a des racines très personnelles : “ma grand-mère a dû quitter l’Allemagne avec mon père” parce qu’elle était juive, raconte-t-elle.Certains de ses petits-enfants ont des origines “du Moyen-Orient” “et je ne veux pas qu’ils aient à quitter l’Allemagne – c’est pourquoi j’ai rejoint les Omas”, confie-t-elle.Un premier congrès des Omas gegen Rechts s’est même tenu cet été, en Thuringe, dans le centre de l’Allemagne, un territoire de l’ex-RDA où l’AfD est arrivée en tête des dernières élections régionales et compte de nombreux militants.”Nous avons été choquées par la façon dont nous avons été traitées”, raconte Gabi Heller. A Nuremberg, “ce n’est pas encore comme ça, je peux marcher dans la rue avec la pancarte des +Omas+ sans avoir peur”, dit-elle.Pour Nicole Büttner, une “jeune” de 46 ans qui a manifesté à leurs côtés à Berlin début février, l’engagement de ces vétéranes est une inspiration : “Ce sont des personnes âgées, dont certaines ont probablement vécu la période de la guerre”.”Elles s’engagent contre le racisme, contre la discrimination, contre la misanthropie. C’est très important et très encourageant”, assure-t-elle.

Des mamies allemandes en résistance contre l’extrême droite

Leurs cheveux blancs comptent moins que leur détermination sans faille : le mouvement des “mamies contre l’extrême droite” fait entendre une voix singulière face à la montée des discours nationalistes et anti-migrants en Allemagne.Leur mission : protéger la démocratie pour les générations futures. Leur emblème : un bonnet en grosse maille souvent tricoté main. On les …

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Espagne: la ville de Málaga veut mettre fin aux balades en calèches

Le long du front de mer, des touristes admirent les eaux de la Méditerranée, installés dans une calèche tirée par un cheval: l’image, grand classique des villes touristiques du sud de l’Espagne, ne sera bientôt plus qu’un souvenir à Málaga, où la municipalité a décidé de mettre fin à cette pratique.”C’est très agréable, on voit Málaga d’une manière complètement différente”, se réjouit Anastasia, une touriste de 47 ans qui descend tout juste d’une de ces calèches. “Je suis sûr que ça aide la ville à attirer plus de monde”, abonde Robert, 46 ans, lui aussi enthousiasmé après une promenade.La pratique, qui existe encore dans quelques villes d’Andalousie (sud de l’Espagne), n’en reste pas moins très critiquée par les défenseurs de la cause animale.Les chevaux tirant les calèches “doivent faire des trajets énormes”, affirme à l’AFP Concordia Márquez, fondatrice d’un refuge baptisé “Tous les chevaux du monde”, situé à une trentaine de kilomètres de Málaga.”Ils doivent se rendre au lieu où ils passent la nuit, puis revenir (à Málaga) pour travailler”, poursuit-elle. Elle souligne aussi les températures extrêmement élevées en été dans le sud de l’Espagne: “A Malaga, il peut faire jusqu’à 40 ou 45 degrés. C’est inhumain de faire travailler un cheval dans ces conditions”.De fait, l’argument du bien-être animal a été mis en avant par la municipalité pour expliquer sa décision. Mais ce n’est pas le seul.”Ce que nous cherchons, c’est le bien-être des animaux, mais il faut aussi se rendre compte qu’à Málaga, auparavant, il y avait beaucoup plus d’espace pour que (ces calèches) circulent. Mais avec les travaux réalisés au cours des 20 dernières années, il ne reste plus que le parc et une partie du front de mer”, explique María Trinidad Hernández, conseillère chargée de la mobilité à la mairie de la ville.- “Négociations” -L’objectif n’a rien de neuf puisque dès 2015, la municipalité avait annoncé son souhait de mettre un terme à cette pratique touristique d’ici à 2035. Le calendrier a donc été beaucoup accéléré.”A l’époque, il y avait 55 licences, il en reste 25″, poursuit Mme Trinidad Hernández. “Aujourd’hui, ce que nous voulons, c’est anticiper sur ces 10 années (jusqu’à 2035) et en finir en 2025”.Et d’expliquer que des “négociations” sont encore en cours avec les titulaires des 25 dernières licences pour parvenir à un accord. “Nous avons négocié pendant très longtemps, nous avons répondu à 99% des revendications des propriétaires de calèches, mais dès lors que la mairie a pris la décision (…) nous allons révoquer ces licences”, promet la conseillère municipale.Les calèches ne disparaîtront toutefois pas complètement du paysage de Málaga. Quelques-unes devraient continuer à circuler dans la ville de manière ponctuelle.”Ce qui va disparaître, ce sont les licences municipales, la calèche touristique que l’on prend et paie comme s’il s’agissait d’un taxi”, explique l’édile. Mais “pendant les fêtes et les périodes où la calèche est traditionnellement utilisée, elle continuera d’exister”.

Jihadisme: autour des enfants revenus en France, un long travail de vérité

Longtemps Ziad (prénom modifié) a craint de voir ses bras grandir par peur d’être enrôlé par Daesh. Amir s’entête lui à savoir pourquoi son père “l’a mis dans la merde” en ralliant en famille la Syrie en guerre. Ces enfants nés en France, emmenés en zone jihadiste et revenus avec de nombreuses questions, sont partie civile au procès de leurs parents qui devient à la fois une mémoire de leur parcours souvent tu et un lieu pour faire entendre leur voix. Des éducateurs, juges ou autres professionnels parmi la nuée qui accompagnent ces mineurs viennent y récolter des mots sur ce qu’ont été ces enfances en Syrie, Irak, Libye ou Yémen, parfois ultra-violentes, souvent dans la privation de scolarité, de nourriture ou de soins. “Souvent les parents disent que l’enfant a été préservé”, explique Josine Bitton, avocate désignée dans le cadre des mesures d’assistance éducative prises par l’autorité judiciaire afin de protéger les mineurs. “On découvre à l’audience que ce n’est pas le cas et qu’a minima ils ont été exposés à des bombardements, on apprend beaucoup de l’environnement”, autant de pièces du puzzle parfois manquantes qu’elle prend en note pour les restituer à l’enfant.A ce jour, 342 mineurs revenus des zones concernées se trouvent en France, parmi eux 313 sont toujours mineurs.Depuis 2017, le parquet retient, à titre connexe avec les poursuites pour association de malfaiteurs terroriste, la soustraction par un parent à ses obligations légales à l’encontre de ceux ayant emmené sur zone leur enfant mineur né en France.Que ces enfants, “marqués au fer rouge” par le choix des parents et “sacrifiés sur l’autel d’un ancrage idéologique”, soient représentés comme victimes est “un symbole politique fort”, souligne Me Caroline Malaga. L’association SOS Victimes 93 explique être saisie depuis 2020 par les juges d’instruction ou le parquet comme administratrice ad hoc, et veille à ce que le tribunal examine combien les actes des parents ont compromis la santé de l’enfant, sa sécurité, sa moralité ou son éducation. Les enfants “ont besoin de faire le lien entre l’empreinte dans leurs corps, l’empreinte psychique, et ce qu’ils ont vécu. Ne pas mettre de mots, c’est les empêcher d’avancer”, plaidait ainsi Me Manuela Lalot dans l’un des 34 dossiers traités par l’association.Or, beaucoup de parents gardent le silence. – “Safari” – – “Qu’avez-vous dit aux enfants au moment du départ brutal ?”, interroge un président de la cour spécialement composée à Paris.- “Qu’on va dans un pays musulman. J’étais pas en état d’expliquer et ils ne posaient pas de questions. C’est maintenant qu’ils essaient de comprendre”, bafouille une mère quand un accusé lâche avoir raconté à ses enfants qu’ils partaient “faire un safari” ou une autre décrit un quotidien éthéré, entre films Disney et pâte à modeler.Or, ces versions sont mises à mal. Il y a les flashs traumatiques des enfants rapportés à la barre, et les détails livrés par les agents du renseignement intérieur: les comptes siphonnés des mois avant le départ, les pérégrinations calquées sur les conquêtes territoriales du groupe Etat islamique, la radicalité des écoles du “califat”. Certains enfants gardent des mois après leur retour des séquelles, comme des tics nerveux, sursautant au son des avions, ou compensent en se réfugiant dans le jeu. Un autre petit remplit un cahier de dessins de super-héros pour sauver “Abi”, papa, incarcéré.Des détails comme le mariage des parents arrangé en ligne ou le choix des prénoms en disent long sur le formatage identitaire et sur la destinée envisagée pour certains enfants.”Les enfants ne peuvent pas contester parce qu’ils prennent tout pour argent comptant, et ils veulent le maintien du lien avec le parent”. Si ce dernier “reste dans le déni, ça peut difficilement avancer”, selon une source proche.”Dans une fratrie, les aînés étaient suffisamment grands pour se souvenir, mais la petite ne savait pas qu’elle était partie sur zone, et dans la famille, on n’en parlait pas”, abonde une avocate.- “Sur un fil” -Face à ces non-dits, comment rendre le réel accessible aux enfants ? “Il faut choisir ses mots, ne pas ajouter du traumatisme au traumatisme”, explique Me Natacha Guilloux-Vandal, car “le contexte est sensible” et la condamnation peut être “difficile à entendre pour des enfants” en plein conflit de loyauté, qui “sont restés H24 avec ce parent sur zone et ne se considèrent pas comme des victimes”.En parallèle, les professionnels de l’assistance éducative poursuivent “un travail collectif pour établir le génogramme”, dit Me Bitton, et maintenir le lien avec le parent qui garde l’autorité parentale, tout en protégeant l’enfant, notamment des injonctions éducatives de parents incarcérés qui traduisent une radicalité encore forte. “On marche un peu sur un fil”, commente une source proche. “En ayant eu au procès la totalité de ce qui a pu se tramer, on peut rectifier le discours du parent devant les enfants”, sans dégrader son image. “La coordination est complexe, et les temporalités différentes”.Délicate est aussi la réparation du préjudice subi. Trois premiers dossiers sont en cours devant la Juridiction d’indemnisation des victimes d’actes de terrorisme.Une autre question inédite a été posée à l’automne avec la plainte du département du Morbihan, tuteur d’enfants d’une jihadiste, pour des violences de cette dernière sur eux. “Les enfants nés sur zone ont aussi le droit de bénéficier d’une protection juridique et leur conférer le statut de victime, c’est écarter le risque qu’ils banalisent les atrocités dont ils ont été témoins”, plaide Me Jean-Guillaume Le Mintier.