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Le président libanais craint qu’Israël ne se retire pas totalement mardi

Le président libanais Joseph Aoun a dit craindre lundi que l’armée israélienne ne se retire pas totalement du sud du Liban mardi comme prévu, alors qu’Israël a annoncé peu avant cette échéance avoir tué un commandant du Hamas dans cette région.Entré en vigueur le 27 novembre, l’accord de cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis et la France a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, allié du mouvement islamiste palestinien.”Nous avons peur qu’un retrait complet ne soit pas réalisé demain”, a déclaré M. Aoun, selon la présidence libanaise. “L’essentiel est qu’Israël se retire” et la question du désarmement du Hezbollah devra faire ensuite l’objet d’un “accord” entre les Libanais, a-t-il ajouté.Beyrouth a appelé lundi les pays garants de la trêve à sommer Israël de retirer ses troupes du sud du Liban le 18 février, nouveau délai imparti dans le cadre de l’accord de trêve, qui prévoyait au départ ce retrait le 26 janvier.Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, avait affirmé dimanche en Israël que les Etats-Unis et Israël attendaient de l’Etat libanais qu’il “affronte et désarme le Hezbollah”.”Les garants de l’accord doivent assumer leur responsabilité en nous apportant leur aide”, a déclaré la présidence libanaise.”Nous poursuivons les contacts à différents niveaux pour pousser Israël à respecter l’accord, à se retirer à la date prévue et à libérer les prisonniers”, a-t-elle ajouté. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a estimé dimanche qu’il incombait au gouvernement libanais de pousser Israël à retirer ses troupes d’ici mardi.Quelques heures avant l’échéance, une source des services de sécurité libanais a annoncé que Mohammad Chahine, “responsable d’une unité militaire du Hamas”, avait été tué dans une frappe israélienne qui a visé une voiture à Saïda, la principale ville du sud du Liban.Israël a confirmé avoir tué ce commandant du Hamas qu’il a accusé d’avoir “planifié des attaques terroristes”.Un photographe de l’AFP a vu des soldats et des secouristes inspecter la carcasse de la voiture calcinée.- “Scénario probable” -Le Hezbollah, qui a dominé pendant des années la vie politique au Liban, est sorti affaibli de sa guerre contre Israël.Après un an d’échanges de tirs transfrontaliers en marge de la guerre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a mené à l’automne une offensive terrestre dans le sud du Liban, frontalier du nord d’Israël, et des troupes y sont restées après la fin des hostilités.Selon les termes de l’accord, l’armée israélienne était censée avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui démanteler ses infrastructures dans le sud et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.Mais l’échéance a été repoussée au 18 février.”Concernant la période de retrait, il semble qu’il y ait un accord tacite, voire explicite, des Etats-Unis pour prolonger cette période”, a déclaré Karim Bitar, spécialiste du Moyen-Orient à Sciences Po Paris. “Le scénario le plus probable est donc qu’Israël maintienne son contrôle sur quatre ou cinq collines qui dominent la majorité des villages du sud du Liban”, a-t-il ajouté.L’armée israélienne mène quotidiennement des opérations de dynamitage de bâtiments à la frontière et continue de mener des frappes à travers le pays, dont trois ont visé dimanche l’est du Liban, selon l’agence de presse officielle Ani.Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch (HRW), a déclaré lundi que “la démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles” rendait “impossible le retour pour de nombreux habitants” dans les zones frontalières.

Les Etats-Unis mettent la campagne électorale allemande sous tension

L’Allemagne est entrée dans les derniers jours de sa campagne électorale pour les législatives du 23 février dans un climat polarisé comme jamais sur l’immigration et enflammé un peu plus par le soutien affiché de l’administration Trump à l’extrême droite.Cette atmosphère électrique – inhabituelle dans un pays longtemps habitué aux échanges policés entre partis et baigné de la culture du compromis – a été illustrée par un débat inédit à la télévision organisé dimanche soir sur la chaîne RTL-Allemagne.Signe de la fragmentation politique à l’œuvre, il ne se résumait pas comme lors des précédents scrutins à un duel, mais réunissait pour la première fois les quatre principaux prétendants à la chancellerie.Le chancelier sortant social-démocrate Olaf Scholz, le dirigeant conservateur Friedrich Merz, le chef de file des Verts Robert Habeck et la figure de proue du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Alice Weidel, se sont livrés une joute verbale pendant deux heures.Ils se retrouveront sur les plateaux de télévision dès lundi soir dans un format différent, confrontés aux questions sans concession d’un éventail d’électeurs.- Montée de l’extrême droite -L’AfD a gagné sa place dans ces “quadrell” grâce aux sondages, qui pronostiquent au mouvement nationaliste anti-migrants la deuxième place aux législatives, à au moins 20%, derrière les conservateurs à entre 30 et 32%.”Pour la présidente de l’AfD, cette soirée a été un véritable succès”, note lundi l’hebdomadaire Spiegel. “Le simple fait que Mme Weidel se montre aux heures de grande écoute” avec les autres candidats à la chancellerie, “donne l’impression que l’AfD est un parti comme les autres” et “contribue à sa normalisation”, ajoute-t-il.Le soutien sans fard que lui apportent les proches du président américain Donald Trump ont fait un peu plus grimper la tension.”Je refuse de telles ingérences dans les élections législatives allemandes et dans la formation du gouvernement qui s’ensuivra” en Allemagne, s’est emporté lors du débat de dimanche Friedrich Merz, favori des sondages pour devenir le prochain chancelier.En cause: un discours en forme de diatribe tenu vendredi par le vice-président américain JD Vance devant la Conférence sur la Sécurité de Munich.Il y a exhorté les partis traditionnels allemands à renoncer au “pare-feu” ou “cordon sanitaire” qu’ils ont établi depuis la Deuxième Guerre mondiale pour refuser de gouverner avec l’extrême droite. “Il n’y a pas de place pour des pare-feux”, a tancé M. Vance.”Je ne vais tout de même pas laisser un vice-président américain me dire avec qui je dois discuter ici en Allemagne”, s’est étranglé le chef de file des conservateurs.Le chancelier Olaf Scholz a lui qualifié d'”inacceptable” l’intervention du vice-président américain, qui en revanche est du miel pour l’AfD. Alice Weidel a “vivement salué” les “propos clairs” de JD Vance et souligné les similitudes entre son programme et celui de l’administration Trump.Cela concerne en particulier l’immigration, thème qui écrase la campagne électorale allemande et dont profite l’AfD. – Attentat de Munich -Il s’est imposé à la suite de plusieurs agressions mortelles ou attentat – comme celui à la voiture-bélier de Munich de vendredi qui a fait deux morts et 37 blessés – commis récemment par des étrangers dans le pays. Ces actes ont suscité une forte émotion dans l’opinion.Alice Weidel a rendu le gouvernement d’Olaf Scholz responsable du fait “que des gens meurent chaque jour dans la rue”. Et Friedrich Merz a promis de remettre à plat la politique d’asile.Le gouvernement sortant fait lui valoir les nombreuses mesures prises depuis quatre ans pour lutter contre l’immigration illégale. Lundi matin, quelque 47 Irakiens sans papier ont été expulsés d’Allemagne à bord d’un vol parti de Hanovre (nord), ont indiqué aux médias les autorités régionales.Dimanche soir, “aucun de principaux candidats n’a réussi un K.O.” et du coup “Merz a réussi à maintenir sa position de favori très clair”, a jugé dans le quotidien Bild le chef de l’institut de sondage Insa, Herrmann Binkert. L’extrême droite, peut elle espérer un score record, ce qui pourrait fortement compliquer la recherche d’une coalition majoritaire stable au Parlement.

Les Etats-Unis mettent la campagne électorale allemande sous tension

L’Allemagne est entrée dans les derniers jours de sa campagne électorale pour les législatives du 23 février dans un climat polarisé comme jamais sur l’immigration et enflammé un peu plus par le soutien affiché de l’administration Trump à l’extrême droite.Cette atmosphère électrique – inhabituelle dans un pays longtemps habitué aux échanges policés entre partis et …

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Les Etats-Unis mettent la campagne électorale allemande sous tension

L’Allemagne est entrée dans les derniers jours de sa campagne électorale pour les législatives du 23 février dans un climat polarisé comme jamais sur l’immigration et enflammé un peu plus par le soutien affiché de l’administration Trump à l’extrême droite.Cette atmosphère électrique – inhabituelle dans un pays longtemps habitué aux échanges policés entre partis et baigné de la culture du compromis – a été illustrée par un débat inédit à la télévision organisé dimanche soir sur la chaîne RTL-Allemagne.Signe de la fragmentation politique à l’œuvre, il ne se résumait pas comme lors des précédents scrutins à un duel, mais réunissait pour la première fois les quatre principaux prétendants à la chancellerie.Le chancelier sortant social-démocrate Olaf Scholz, le dirigeant conservateur Friedrich Merz, le chef de file des Verts Robert Habeck et la figure de proue du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Alice Weidel, se sont livrés une joute verbale pendant deux heures.Ils se retrouveront sur les plateaux de télévision dès lundi soir dans un format différent, confrontés aux questions sans concession d’un éventail d’électeurs.- Montée de l’extrême droite -L’AfD a gagné sa place dans ces “quadrell” grâce aux sondages, qui pronostiquent au mouvement nationaliste anti-migrants la deuxième place aux législatives, à au moins 20%, derrière les conservateurs à entre 30 et 32%.”Pour la présidente de l’AfD, cette soirée a été un véritable succès”, note lundi l’hebdomadaire Spiegel. “Le simple fait que Mme Weidel se montre aux heures de grande écoute” avec les autres candidats à la chancellerie, “donne l’impression que l’AfD est un parti comme les autres” et “contribue à sa normalisation”, ajoute-t-il.Le soutien sans fard que lui apportent les proches du président américain Donald Trump ont fait un peu plus grimper la tension.”Je refuse de telles ingérences dans les élections législatives allemandes et dans la formation du gouvernement qui s’ensuivra” en Allemagne, s’est emporté lors du débat de dimanche Friedrich Merz, favori des sondages pour devenir le prochain chancelier.En cause: un discours en forme de diatribe tenu vendredi par le vice-président américain JD Vance devant la Conférence sur la Sécurité de Munich.Il y a exhorté les partis traditionnels allemands à renoncer au “pare-feu” ou “cordon sanitaire” qu’ils ont établi depuis la Deuxième Guerre mondiale pour refuser de gouverner avec l’extrême droite. “Il n’y a pas de place pour des pare-feux”, a tancé M. Vance.”Je ne vais tout de même pas laisser un vice-président américain me dire avec qui je dois discuter ici en Allemagne”, s’est étranglé le chef de file des conservateurs.Le chancelier Olaf Scholz a lui qualifié d'”inacceptable” l’intervention du vice-président américain, qui en revanche est du miel pour l’AfD. Alice Weidel a “vivement salué” les “propos clairs” de JD Vance et souligné les similitudes entre son programme et celui de l’administration Trump.Cela concerne en particulier l’immigration, thème qui écrase la campagne électorale allemande et dont profite l’AfD. – Attentat de Munich -Il s’est imposé à la suite de plusieurs agressions mortelles ou attentat – comme celui à la voiture-bélier de Munich de vendredi qui a fait deux morts et 37 blessés – commis récemment par des étrangers dans le pays. Ces actes ont suscité une forte émotion dans l’opinion.Alice Weidel a rendu le gouvernement d’Olaf Scholz responsable du fait “que des gens meurent chaque jour dans la rue”. Et Friedrich Merz a promis de remettre à plat la politique d’asile.Le gouvernement sortant fait lui valoir les nombreuses mesures prises depuis quatre ans pour lutter contre l’immigration illégale. Lundi matin, quelque 47 Irakiens sans papier ont été expulsés d’Allemagne à bord d’un vol parti de Hanovre (nord), ont indiqué aux médias les autorités régionales.Dimanche soir, “aucun de principaux candidats n’a réussi un K.O.” et du coup “Merz a réussi à maintenir sa position de favori très clair”, a jugé dans le quotidien Bild le chef de l’institut de sondage Insa, Herrmann Binkert. L’extrême droite, peut elle espérer un score record, ce qui pourrait fortement compliquer la recherche d’une coalition majoritaire stable au Parlement.

Grèce: le stress au quotidien des habitants d’Amorgos secoués par des séismes

Tous les établissements scolaires sont fermés et l’état d’urgence est en vigueur. Sur l’île grecque d’Amorgos, en mer Egée, les habitants vivent dans le stress permanent alors que la terre tremble sous leurs pieds depuis fin janvier.”Madame, encore un séisme ! On doit se mettre sous notre lit ?”. Depuis trois semaines, Dionysia Kobaiou est confrontée “à l’angoisse et au stress” de ses petits élèves de 6 et 7 ans.Cette institutrice fait classe à distance depuis que les autorités grecques ont décidé de fermer les écoles de plusieurs îles, dont celles d’Amorgos et de sa voisine, la mondialement célèbre Santorin, au moins jusqu’au 21 février.Après quelques jours de relative accalmie, un nouveau séisme de magnitude 5,1, dont l’épicentre est situé en mer, a secoué l’île lundi, soit l’un des plus forts enregistrés jusqu’ici. C’est “comme pendant la pandémie” de Covid-19, explique l’enseignante à l’AFP alors que plus de 250 enfants et adolescents sont scolarisés à Amorgos.Mais en 2020 et 2021, “on pouvait rester chez soi et se protéger (du virus) alors qu’en ce moment, à chaque instant, on ne sait pas ce qu’il peut arriver”, poursuit-elle.- Essaim sismique -Amorgos, comme Santorin, est frappée par une activité sismique hors norme qui intrigue les scientifiques.Entre le 26 janvier et le 14 février, plus de 19.200 tremblements de terre ont été enregistrés au large des deux îles de l’archipel des Cyclades, selon le laboratoire de sismologie de l’Université d’Athènes (EKPA).Cet essaim sismique n’a jusqu’ici fait ni victime ni dégât important.Sur cette île sauvage et rocailleuse, à plus de 9 heures de ferry en hiver du Pirée, les 1.900 habitants permanents “n’ont pas quitté l’île (comme à Santorin) à part quelques-uns pour des raisons professionnelles ou sanitaires”, constate le maire, Lefteris Karaiskos. Beaucoup de ces séismes sont de trop faible intensité pour être perçus mais le plus fort, de magnitude 5,3, le 10 février, a été ressenti jusqu’à Athènes.Ce soir-là, Sotiris se trouvait dans sa cuisine. “On s’est précipité dehors car on a eu peur!”, raconte cet homme qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, en charriant des matériaux de construction dans sa brouette.”Mais vous savez en Grèce, on est habitués aux séismes”, ajoute-t-il.Entre les chapelles aux coupoles chaulées, grenouilles et chatons se partagent les ruelles assoupies où tavernes et cafés sont fermés pour l’hiver.Les secousses ont frappé l’île “en continu, cela ne s’arrêtait pas”, renchérit Poppi Prasinou, qui installe ses cagettes de légumes devant sa supérette.- Fatigués -“Les gens commencent à être fatigués”, souligne cette mère de deux enfants.Amorgos, comme trois autres îles des Cyclades, a été décrétée en état d’urgence jusqu’au 11 mars. Des renforts de secouristes notamment ont été dépêchés d’Athènes.Sur le port de Katapola, installés devant leur café grec matinal, les anciens se souviennent.En 1956, un séisme de 7,5 à 7,7 suivi d’un tsunami avec des vagues de 20 m de hauteur avait dévasté Amorgos. “Il n’y avait ni information, ni rien du tout à l’époque”, retrace Vaggelis Mendrinos, 83 ans. “Nous avons été terrorisés (…) On ne veut pas revoir ça!”. Au bord de la falaise, un groupe de pompiers observe l’îlot d’Anydros au sud-ouest d’Amorgos. C’est au large de cette terre inhabitée qu’est répertorié l’épicentre de la plupart des séismes.La zone autour d’Amorgos présente six failles et des équipes de sismologues installent de nouveaux capteurs pour tenter de mieux cerner le phénomène.Dans la campagne, les moutons sont lancés dans un concours de bêlements alors que des éleveurs ont constaté une nervosité inhabituelle dans les troupeaux à force de sentir la terre trembler sous leurs pattes.Au monastère de la Chozoviotissa, pourtant construit dans la roche et accroché à la falaise, seuls les tremblements de terre perturbent un peu la vie des deux moines et du bénévole qui vivent quasiment reclus l’hiver.”Ici, c’est le meilleur endroit pour partir un peu plus vite au ciel”, sourit le bénévole Constantin Papakonstantinou en désignant l’immensité de la mer Egée au pied du monastère.Pourtant, une autre inquiétude commence à poindre dans ces Cyclades très prisées des touristes. Quel impact ces tremblements de terre auront-ils sur la saison qui prendra son envol dans deux mois à peine ?Amorgos accueille 100.000 touristes par an, selon son maire.”Ne faites pas peur aux gens sinon ils ne viendront pas cet été !”, enjoint d’ailleurs un habitant à l’AFP. 

Grèce: le stress au quotidien des habitants d’Amorgos secoués par des séismes

Tous les établissements scolaires sont fermés et l’état d’urgence est en vigueur. Sur l’île grecque d’Amorgos, en mer Egée, les habitants vivent dans le stress permanent alors que la terre tremble sous leurs pieds depuis fin janvier.”Madame, encore un séisme ! On doit se mettre sous notre lit ?”. Depuis trois semaines, Dionysia Kobaiou est confrontée “à l’angoisse et au stress” de ses petits élèves de 6 et 7 ans.Cette institutrice fait classe à distance depuis que les autorités grecques ont décidé de fermer les écoles de plusieurs îles, dont celles d’Amorgos et de sa voisine, la mondialement célèbre Santorin, au moins jusqu’au 21 février.Après quelques jours de relative accalmie, un nouveau séisme de magnitude 5,1, dont l’épicentre est situé en mer, a secoué l’île lundi, soit l’un des plus forts enregistrés jusqu’ici. C’est “comme pendant la pandémie” de Covid-19, explique l’enseignante à l’AFP alors que plus de 250 enfants et adolescents sont scolarisés à Amorgos.Mais en 2020 et 2021, “on pouvait rester chez soi et se protéger (du virus) alors qu’en ce moment, à chaque instant, on ne sait pas ce qu’il peut arriver”, poursuit-elle.- Essaim sismique -Amorgos, comme Santorin, est frappée par une activité sismique hors norme qui intrigue les scientifiques.Entre le 26 janvier et le 14 février, plus de 19.200 tremblements de terre ont été enregistrés au large des deux îles de l’archipel des Cyclades, selon le laboratoire de sismologie de l’Université d’Athènes (EKPA).Cet essaim sismique n’a jusqu’ici fait ni victime ni dégât important.Sur cette île sauvage et rocailleuse, à plus de 9 heures de ferry en hiver du Pirée, les 1.900 habitants permanents “n’ont pas quitté l’île (comme à Santorin) à part quelques-uns pour des raisons professionnelles ou sanitaires”, constate le maire, Lefteris Karaiskos. Beaucoup de ces séismes sont de trop faible intensité pour être perçus mais le plus fort, de magnitude 5,3, le 10 février, a été ressenti jusqu’à Athènes.Ce soir-là, Sotiris se trouvait dans sa cuisine. “On s’est précipité dehors car on a eu peur!”, raconte cet homme qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, en charriant des matériaux de construction dans sa brouette.”Mais vous savez en Grèce, on est habitués aux séismes”, ajoute-t-il.Entre les chapelles aux coupoles chaulées, grenouilles et chatons se partagent les ruelles assoupies où tavernes et cafés sont fermés pour l’hiver.Les secousses ont frappé l’île “en continu, cela ne s’arrêtait pas”, renchérit Poppi Prasinou, qui installe ses cagettes de légumes devant sa supérette.- Fatigués -“Les gens commencent à être fatigués”, souligne cette mère de deux enfants.Amorgos, comme trois autres îles des Cyclades, a été décrétée en état d’urgence jusqu’au 11 mars. Des renforts de secouristes notamment ont été dépêchés d’Athènes.Sur le port de Katapola, installés devant leur café grec matinal, les anciens se souviennent.En 1956, un séisme de 7,5 à 7,7 suivi d’un tsunami avec des vagues de 20 m de hauteur avait dévasté Amorgos. “Il n’y avait ni information, ni rien du tout à l’époque”, retrace Vaggelis Mendrinos, 83 ans. “Nous avons été terrorisés (…) On ne veut pas revoir ça!”. Au bord de la falaise, un groupe de pompiers observe l’îlot d’Anydros au sud-ouest d’Amorgos. C’est au large de cette terre inhabitée qu’est répertorié l’épicentre de la plupart des séismes.La zone autour d’Amorgos présente six failles et des équipes de sismologues installent de nouveaux capteurs pour tenter de mieux cerner le phénomène.Dans la campagne, les moutons sont lancés dans un concours de bêlements alors que des éleveurs ont constaté une nervosité inhabituelle dans les troupeaux à force de sentir la terre trembler sous leurs pattes.Au monastère de la Chozoviotissa, pourtant construit dans la roche et accroché à la falaise, seuls les tremblements de terre perturbent un peu la vie des deux moines et du bénévole qui vivent quasiment reclus l’hiver.”Ici, c’est le meilleur endroit pour partir un peu plus vite au ciel”, sourit le bénévole Constantin Papakonstantinou en désignant l’immensité de la mer Egée au pied du monastère.Pourtant, une autre inquiétude commence à poindre dans ces Cyclades très prisées des touristes. Quel impact ces tremblements de terre auront-ils sur la saison qui prendra son envol dans deux mois à peine ?Amorgos accueille 100.000 touristes par an, selon son maire.”Ne faites pas peur aux gens sinon ils ne viendront pas cet été !”, enjoint d’ailleurs un habitant à l’AFP. 

Du Népal aux tunnels de Gaza, le parcours d’un otage oublié

Le destin s’est abattu sur lui trois semaines après son arrivée en Israël pour travailler dans un kibboutz agricole. Enlevé lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, l’étudiant népalais Bipin Joshi est retenu depuis 500 jours à Gaza.Il avait 23 ans au moment de son enlèvement au kibboutz Aloumim par des commandos du mouvement islamiste palestinien, près de la bande de Gaza. Depuis, aucune nouvelle sur le sort du jeune homme arrivé à la mi-septembre 2023, dans le cadre d’un accord entre le Népal et Israël.”On ne parle pas assez de lui”, dit son ami népalais Himanchal Kattel, resté en Israël pour poursuivre des études en agriculture à Rehovot (centre).Ce dernier a également été témoin des tueries dans le kibboutz et est considéré, avec M. Joshi, comme l’un des seuls survivants du massacre qui y a été commis le jour de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.Encore bouleversé par ce qu’il a vécu ce jour-là, M. Kattel a raconté à l’AFP avoir entendu la sirène d’alerte et s’être réfugié, avec ses collègues, dans l’abri proche du bâtiment où ils vivaient dans ce kibboutz agricole.Il raconte qu’une grenade a été lancée dans l’abri, que Bipin l’a prise avant qu’elle n’explose et l’a jetée, lui “sauvant la vie”.- “Comme un frère” -Quelques instants plus tard, les étudiants réfugiés dans un autre abri plus grand sont pris au piège quand des combattants du Hamas “brisent le loquet, entrent dans l’abri et tirent sur nous, tuant cinq de nos amis et en blessant deux”.M. Kattel est lui-même blessé par trois balles et voit M. Joshi se faire enlever.”Il est comme un frère pour moi, plus qu’un frère en réalité. J’ai vécu quatre ans avec lui pendant nos études”, raconte-t-il. Une photo des dix étudiants népalais tués par le Hamas ce jour-là est accrochée dans sa chambre du dortoir universitaire.Le Népal fait des “efforts diplomatiques constants à tous les niveaux pour obtenir la libération de Bipin Joshi”, a déclaré à l’AFP un porte-parole du gouvernement, Krishna Prasad Dhakal.Sur les 251 otages enlevés le 7 octobre 2023, parmi lesquels 34 étrangers, 70 sont encore retenus à Gaza dont au moins 35 sont considérés comme morts par l’armée israélienne. Certains otages libérés depuis le début de la trêve le 19 janvier ont raconté avoir été retenus captifs pendant des mois dans des tunnels.Le kibboutz Aloumim a été le théâtre d’un massacre de 22 travailleurs agricoles, dix Népalais et douze Thaïlandais. L’armée a fini par repousser les assaillants.Avant son enlèvement, Bipin Joshi eu le temps de prendre des photos avec son téléphone, où on le voit sourire avec ses amis.La dernière image de lui est celle d’une caméra de surveillance du kibboutz près de l’étable le montrant debout, tenu par ses ravisseurs l’emmenant en direction de Gaza.A cet endroit, le kibboutz a mis un drapeau népalais et des bougies sont allumées régulièrement à la mémoire des victimes.M. Kattel montre des vidéos du groupe d’ouvriers cachés derrière des sacs de riz dans l’abri, le regard terrifié, peu de temps avant leur mort.- “Il ne savait rien” -La maison des étudiants thaïlandais, elle, a été incendiée et il ne reste qu’un pan de mur, “un “mur du souvenir”, pour Gad Shparer, habitant du kibboutz et responsable à l’époque du groupe d’ouvriers.Natif d’Aloumim, M. Shparer, 45 ans, se souvient des heures d’attente, enfermé dans l’abri de sa maison avant d’avoir des nouvelles de ses employés.Arrivant sur place quelques heures après l’attaque, il découvre les corps et apprend que Bipin Joshi a été enlevé.”Je pensais qu’ils étaient tous morts, à l’exception de Bipin qui avait été capturé. Mais quand je suis arrivé dans la chambre d’hôpital, j’ai soudainement vu Himanchal Kattel. On s’est embrassés, et j’ai commencé à pleurer. J’étais avec un ami qui m’a dit: ‘Je ne t’ai jamais vu pleurer comme ça avant'”, dit M. Shparer.Très attaché tant aux Népalais qu’aux Thaïlandais avec qui il travaillait dans les champs et les vergers, M. Shparer participe chaque samedi soir aux rassemblements pour la libération des otages encore retenus à Gaza.”Il faut que tous les otages soient libérés et Bipin avec eux (…), il ne savait rien de cette guerre et il est en captivité depuis 16 mois”, conclut M. Kattel.