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A Gaza, 500 jours “d’humiliation et de souffrance”, déplorent des habitants

“Humiliation, effusion de sang et souffrance”, résume Mohammed Abou Moursa lundi, 500 jours après le début de la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël, au cours desquels sa famille a été déplacée plus d’une douzaine de fois dans le territoire palestinien.”Il n’y a que des destructions autour de nous”, dit cet …

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Brésil: canicule à Rio à l’approche du carnaval

Une canicule inhabituelle même dans les tropiques, avec des températures dépassant les 40°C, frappe lundi les habitants de Rio de Janeiro et les nombreux touristes présents à quelques semaines du célèbre carnaval.À la mi-journée, la métropole de 6 millions d’habitants a atteint pour la première fois le quatrième des cinq niveaux d’alerte canicule établis par les autorités municipales.Selon ce système mis en place en juin dernier, et basé à la fois sur la température et le taux d’humidité dans l’air, le niveau 4 se caractérise par un “indice de chaleur très élevé”, de 40 à 44°C qui devrait se maintenir “au moins trois jours consécutifs”. D’après le protocole municipal, les autorités doivent mettre à disposition de la population des lieux climatisés ou ombragés et des stations de distribution d’eau. L’Etat de Sao Paulo, au sud de celui de Rio, est également placé en alerte en raison de la première vague de chaleur de l’année, avec des températures avoisinant les 38 ºC.Le record de température pour un mois de février à Rio est de 41,8°C, enregistré en 2023, selon Raquel Franco, météorologiste du système “Alerta Rio” de la mairie.”Nous avons passé une nouvelle semaine sans pluie et les prévisions pour la fin février ne prévoient pas beaucoup de précipitations. On pourrait avoir un des mois de février les plus secs de l’histoire”, souligne-t-elle.Plusieurs régions du Brésil subissent une vague de chaleur et les plages étaient noires de monde ce week-end à Rio, notamment à Copacabana, où Beija-Flor, une des plus célèbres écoles de samba du carnaval, a annulé une répétition de son défilé prévue dimanche.Le maire de Rio, Eduardo Paes, a écarté dimanche toute possibilité d’annuler les festivités du carnaval (28 février-8 mars) qui attirent des centaines de milliers de touristes et injectent des millions de dollars dans l’économie.Cette canicule devrait également affecter le tournoi de tennis ATP 500 sur terre battue en extérieur, le Rio Open, où sont attendues des stars comme l’Allemand Alexander Zverev, numéro 2 mondial, où le phénomène brésilien Joao Fonseca.À Copacabana, le concierge Robson Oliveira prend une photo d’un panneau public indiquant une température de 39°C. “Il fait vraiment trop chaud, c’est insupportable. Il est temps qu’il pleuve un peu pour rafraichir tout ça”, dit-il à l’AFP.La situation est particulièrement préoccupante dans les favelas, quartiers populaires très densément peuplés et fortement exposés à la chaleur.Dans la favela du Bateau Mouche, située dans l’ouest de Rio, des habitants tentaient de se rafraichir en s’aspergeant avec des tuyaux d’arrosage et un reporter de l’AFP a vu une personne âgée s’évanouir en raison de la canicule.Le Brésil a été frappé ces dernières années par des événements climatiques extrêmes, entre sécheresse historique et inondations dévastatrices. Des situations liées selon les experts au réchauffement climatique. 

Brésil: canicule à Rio à l’approche du carnaval

Une canicule inhabituelle même dans les tropiques, avec des températures dépassant les 40°C, frappe lundi les habitants de Rio de Janeiro et les nombreux touristes présents à quelques semaines du célèbre carnaval.À la mi-journée, la métropole de 6 millions d’habitants a atteint pour la première fois le quatrième des cinq niveaux d’alerte canicule établis par …

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Otages de l’EI en Syrie: Nemmouche déclare à l’ouverture de son procès à Paris qu’il n’était pas le “geôlier”

L’audience n’a débuté qu’il y a quelques minutes lundi quand Mehdi Nemmouche annonce “une déclaration préalable”: “Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux ni d’aucun autre” en Syrie, lance-t-il à l’ouverture de son procès devant la cour d’assises spéciale de Paris.Mehdi Nemmouche, 39 ans, sweat noir, cheveux bruns coiffés au gel, rasé de près, est accusé d’avoir été le geôlier des quatre journalistes français, Nicolas Hénin, Didier François, Edouard Elias et Pierre Torres, détenus pendant près d’un an par le groupe jihadiste Etat islamique en Syrie en 2013.Ils ont pris place dans la salle d’audience (Pierre Torres est absent ce jour) sur les bancs des parties civiles face au box, à une dizaine de mètres de celui qu’ils ont “formellement” reconnu comme l’un de leurs geôliers en Syrie.Le président Laurent Raviot demande aux accusés (trois présents, deux présumés morts en Syrie) de décliner leur identité.”Nemmouche Mehdi, de père inconnu, adresse officielle à Tourcoing mais ça remonte à 2006″, répond-il debout au micro derrière la vitre, visiblement à l’aise, débit de voix précipité et gestes amples.”Et je vais faire une déclaration préalable”, annonce-t-il sans laisser le choix à la cour. “Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux”. “On verra ça plus tard”, répond le président.”Je n’ai jamais été le geôlier des otages occidentaux ni d’aucun autre. Et je n’ai jamais rencontré ces personnes en Syrie”, poursuit-il, assurant n’avoir été qu’un “soldat sur le front” pour différents groupes jihadistes “contre les forces de Bachar al-Assad”.”La première fois que j’ai vu Nicolas Hénin, c’était devant la cour d’assises de Bruxelles”, ajoute l’accusé. Mehdi Nemmouche a été condamné à la perpétuité en 2019 pour l’attaque au musée juif de la capitale belge. Premier d’une longue série de jihadistes de l’EI à rentrer en Syrie pour commettre un attentat, Mehdi Nemmouche y avait abattu quatre personnes le 24 mai 2014. Quand il est arrêté quelques jours plus tard à Marseille, sa photo est publiée dans la presse. – “Réparer” -Cela fait tout juste un mois que les journalistes sont rentrés en France et Nicolas Hénin appelle directement la DGSI pour dire qu’il pense avoir reconnu l’un des geôliers.En voyant d’autres images, en entendant sa voix, les otages sont ensuite sûrs à “100%” : Mehdi Nemmouche est “Abou Omar”, l’un de leurs geôliers “bavard”, “pervers”, “sadique” qui leur chantait Aznavour, menaçait de les égorger ou torturait des détenus syriens toute la nuit.Ils avaient été enlevés en juin 2013, comme 25 journalistes et humanitaires occidentaux au total, souvent détenus ensemble.Les Français avaient été libérés au bout de 10 mois, après des mois de supplice, entre violences physiques et psychologiques, privations de nourriture et simulacres d’exécutions. D’autres comme le journaliste américain James Foley et l’humanitaire britannique David Haines avaient été exécutés dans des mises en scène macabres, à genoux, mains liées derrière le dos, en tenues oranges rappelant celles des prisonniers de Guantanamo.”Je suis coupable, coupable d’avoir intégré un groupe terroriste, l’Etat islamique, coupable d’avoir côtoyé des personnes qui ont commis des crimes”, déclare en s’excusant de sa voix emplie de “stress” le voisin de box de Mehdi Nemmouche, Abdelmalek Tanem, 35 ans, crâne rasé, grosse barbe fournie.”Mais je suis innocent du fait d’être un geôlier. Je n’ai tué personne. Je n’ai jamais menacé la France et je ne voulais même pas revenir sur le sol européen”, ajoute-t-il.Le dernier accusé présent, le Syrien Kais Al Abdallah, 41 ans, chemise à carreaux bleus et blancs, est soupçonné d’avoir facilité la séquestration de Nicolas Hénin et Pierre Torres. Il jure lui aussi “n’avoir rien à voir” avec ce qu’on lui reproche. Les ex-otages espèrent des réponses, voire un “moment de justice”, comme dit Nicolas Hénin à la presse. “Un procès, c’est vraiment un moment où on vient réparer un crime” même si “on ne peut pas réparer physiquement”, “faire revenir des morts”.”Donc un procès, ça ne peut que produire des symboles. Et ces symboles, ils doivent être d’autant plus beaux, d’autant plus gros, d’autant plus forts que le crime a été monstrueux”.mdh-alv-sc-ac/cal/mpm

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Israël en passe de rater un nouveau délai pour se retirer du Liban

Israël a annoncé lundi son intention de maintenir des troupes dans le sud du Liban au delà du nouveau délai fixé dans l’accord de cessez-le-feu, malgré les tentatives des autorités libanaises de pousser à un retrait total.Entré en vigueur le 27 novembre, l’accord de cessez-le-feu a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le mouvement armé pro-iranien Hezbollah, lors de laquelle les troupes israéliennes ont pris des positions dans le sud du Liban, frontalier du nord d’Israël.Selon les termes de l’accord, Israël était censé avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui y démanteler ses infrastructures et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne.Mais l’échéance a ensuite été repoussée au 18 février.A la veille de ce nouveau délai, un porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, a déclaré à Jérusalem que les troupes resteraient dans cinq positions dans le sud du Liban.”Compte tenu de la situation actuelle, nous laisserons temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise, afin de pouvoir continuer à défendre nos habitants, et de manière à nous assurer qu’il n’y ait pas de menace immédiate”, a-t-il dit.”Il s’agit d’une mesure temporaire jusqu’à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d’appliquer pleinement l’accord”, selon lui.Avant cette annonce, le président libanais Joseph Aoun, ancien chef de l’armée, a appelé les garants de l’accord de trêve, les Etats-Unis et la France notamment, à exercer des pressions sur Israël, disant craindre “qu’un retrait complet ne soit pas réalisé” mardi.- “Affronte et désarme” -“Je n’accepterai pas qu’un seul Israélien reste sur le sol libanais”, a dit M. Aoun, ajoutant que la question du désarmement du Hezbollah ferait l’objet d’un “accord” entre Libanais.”L’armée est responsable de la protection des frontières. Si elle fait défaut, nous en assumerons la responsabilité”, a-t-il souligné.Après un entretien dimanche à Jérusalem avec le secrétaire d’Etat Marco Rubio, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que “le Hezbollah doit être désarmé”.”Israël préférerait que l’armée libanaise s’en charge, mais personne ne doit douter qu’Israël fera ce qu’il a à faire pour que l’accord de cessez-le-feu soit respecté et pour défendre notre sécurité”, a-t-il dit. M. Rubio, qui a offert le soutien sans failles de son pays à M. Netanyahu, a indiqué que les Etats-Unis et Israël attendaient de l’Etat libanais qu’il “affronte et désarme le Hezbollah”.Puissant mouvement armé qui a dominé pendant des années la vie politique au Liban, le Hezbollah a été fondé et financé par l’Iran, ennemi juré d’Israël.Au lendemain du lancement d’une offensive militaire israélienne à Gaza en riposte à une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front contre Israël, en tirant des roquettes en direction du territoire israélien depuis le sud du Liban, son fief.Il avait dit agir “en soutien aux Palestiniens” et au Hamas, son allié. Les tirs transfrontaliers ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024.Le Hezbollah en est sorti affaibli, sa direction largement décimée par Israël.- “Démolition délibérée” – Entretemps, Israël a poursuivi ses frappes au Liban, son armée affirmant avoir tué un commandant du Hamas accusé d’avoir “planifié des attaques terroristes”.Selon une source de sécurité libanaise, Mohammad Chahine, “responsable d’une unité militaire du Hamas”, a été tué dans une frappe israélienne contre une voiture à Saïda (sud).Un photographe de l’AFP a vu des soldats et des secouristes inspecter la carcasse de la voiture calcinée.Dans les secteurs qu’elle contrôle dans le sud du pays, l’armée israélienne mène en outre quotidiennement des opérations de dynamitage de bâtiments, selon l’agence officielle libanaise Ani.”La démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles” rend “impossible le retour de nombreux habitants” dans les zones frontalières, a indiqué Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch.Plus de 100.000 sont toujours déplacés, sur plus d’un million de personnes qui ont fui pendant la guerre.

Ukraine : Macron parle à Trump puis tient une réunion de crise avec des pays-clés européens

Un “tournant” pour la sécurité européenne : l’Europe tente lundi au cours d’une réunion d’urgence à Paris d’afficher une posture commune pour déjouer la menace de rester spectatrice pendant que Donald Trump négocie la fin de la guerre en Ukraine dans un tête-à-tête avec la Russie.Plusieurs dirigeants de pays-clés européens, dont le Britannique Keir Starmer, l’Allemand Olaf Scholz et le Polonais Donald Tusk, ont rejoint le président français Emmanuel Macron dans l’après-midi à l’Elysée pour une rencontre convoquée à la hâte. Les chefs des gouvernements espagnol, néerlandais et danois y participent aussi, tandis que l’Italienne Giorgia Meloni devait arriver en retard.”La sécurité de l’Europe est à un tournant”, a écrit sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à son arrivée dans la capitale française, où est aussi présent le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. “Nous avons besoin d’un état d’esprit d’urgence” et d'”un sursaut dans notre défense”, a-t-elle ajouté.Juste avant le début de ces entretiens, Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a semé le désarroi en Europe en parlant la semaine dernière avec Vladimir Poutine pour déclencher les grandes manoeuvres diplomatiques sur l’Ukraine. D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg, qui ira jeudi en Ukraine, a clairement laissé entendre que Washington ne voulait pas des Européens à la table des négociations.- Divergences -La réunion de crise de lundi inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus pour mardi en Arabie saoudite, où est arrivé le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. Ceux-ci concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, après avoir prévenu que son pays “ne reconnaîtrait” aucun accord conclu sans lui sur son propre avenir. Le Premier ministre Keir Starmer a pour sa part fait savoir qu’il rencontrerait “la semaine prochaine” Donald Trump à Washington.Mais le rendez-vous que tous attendent désormais, et beaucoup redoutent, est celui entre le président américain et son homologue russe. Il devrait avoir lieu “très bientôt”, a fait savoir le locataire de la Maison Blanche.Avant de se retrouver à Paris en petit comité au cours d’une réunion qui pourrait être suivie d’autres élargies au reste des Européens, le Vieux Continent a étalé ses divergences.Le Royaume-Uni, qui aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’est dit prêt dimanche à dépêcher “si nécessaire” des troupes en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité”. La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” le déploiement de soldats si les négociations permettent d’installer “une paix juste et durable”.En revanche, le Premier ministre polonais Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a assuré lundi avant son départ pour Paris que la Pologne n’enverrait pas de militaires en Ukraine.Comme l’Espagne, l’Allemagne juge de son côté “prématurées” ces discussions sur l’envoi de troupes, souhaitant “d’abord attendre de voir si et comment la paix, comme nous l’espérons, s’instaure en Ukraine”.- Rapprochement russo-américain -Une conférence sur la sécurité s’est achevée dimanche à Munich, en Allemagne, où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Dimanche, un conseiller d’Emmanuel Macron a fait part de la “nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”.”Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a renchéri lundi Donald Tusk.Les pays de l’Union européenne vont d’ailleurs chercher cette semaine à Bruxelles à accroître rapidement leur aide militaire à l’Ukraine, avec, en particulier, une quantité “minimum” d’un million et demi d’obus d’artillerie, selon plusieurs diplomates européens.Mais, signe des divisions dans l’UE, la Hongrie de Viktor Orban, un dirigeant à la fois proche de Moscou mais aussi du président américain, a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”.Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, l’Europe n’a pas sa place dans les futures négociations car elle veut “continuer la guerre”.L’Ukraine entre le 24 février dans la quatrième année du conflit déclenché par l’invasion à grande échelle par la Russie.Ursula von der Leyen et ses commissaires européens se rendront en Ukraine, pour marquer l’anniversaire de cette attaque.Volodymyr Zelensky a exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.Mais au sujet d’une participation de l’Europe aux négociations, l’émissaire américain Kellogg a répondu, laconique : “Je fais partie de l’école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire”.cf-vl-cl-fff/hr/bds

Ukraine : Macron parle à Trump puis tient une réunion de crise avec des pays-clés européens

Un “tournant” pour la sécurité européenne : l’Europe tente lundi au cours d’une réunion d’urgence à Paris d’afficher une posture commune pour déjouer la menace de rester spectatrice pendant que Donald Trump négocie la fin de la guerre en Ukraine dans un tête-à-tête avec la Russie.Plusieurs dirigeants de pays-clés européens, dont le Britannique Keir Starmer, l’Allemand Olaf Scholz et le Polonais Donald Tusk, ont rejoint le président français Emmanuel Macron dans l’après-midi à l’Elysée pour une rencontre convoquée à la hâte. Les chefs des gouvernements espagnol, néerlandais et danois y participent aussi, tandis que l’Italienne Giorgia Meloni devait arriver en retard.”La sécurité de l’Europe est à un tournant”, a écrit sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à son arrivée dans la capitale française, où est aussi présent le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. “Nous avons besoin d’un état d’esprit d’urgence” et d'”un sursaut dans notre défense”, a-t-elle ajouté.Juste avant le début de ces entretiens, Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a semé le désarroi en Europe en parlant la semaine dernière avec Vladimir Poutine pour déclencher les grandes manoeuvres diplomatiques sur l’Ukraine. D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg, qui ira jeudi en Ukraine, a clairement laissé entendre que Washington ne voulait pas des Européens à la table des négociations.- Divergences -La réunion de crise de lundi inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus pour mardi en Arabie saoudite, où est arrivé le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. Ceux-ci concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, après avoir prévenu que son pays “ne reconnaîtrait” aucun accord conclu sans lui sur son propre avenir. Le Premier ministre Keir Starmer a pour sa part fait savoir qu’il rencontrerait “la semaine prochaine” Donald Trump à Washington.Mais le rendez-vous que tous attendent désormais, et beaucoup redoutent, est celui entre le président américain et son homologue russe. Il devrait avoir lieu “très bientôt”, a fait savoir le locataire de la Maison Blanche.Avant de se retrouver à Paris en petit comité au cours d’une réunion qui pourrait être suivie d’autres élargies au reste des Européens, le Vieux Continent a étalé ses divergences.Le Royaume-Uni, qui aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’est dit prêt dimanche à dépêcher “si nécessaire” des troupes en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité”. La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” le déploiement de soldats si les négociations permettent d’installer “une paix juste et durable”.En revanche, le Premier ministre polonais Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a assuré lundi avant son départ pour Paris que la Pologne n’enverrait pas de militaires en Ukraine.Comme l’Espagne, l’Allemagne juge de son côté “prématurées” ces discussions sur l’envoi de troupes, souhaitant “d’abord attendre de voir si et comment la paix, comme nous l’espérons, s’instaure en Ukraine”.- Rapprochement russo-américain -Une conférence sur la sécurité s’est achevée dimanche à Munich, en Allemagne, où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Dimanche, un conseiller d’Emmanuel Macron a fait part de la “nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”.”Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a renchéri lundi Donald Tusk.Les pays de l’Union européenne vont d’ailleurs chercher cette semaine à Bruxelles à accroître rapidement leur aide militaire à l’Ukraine, avec, en particulier, une quantité “minimum” d’un million et demi d’obus d’artillerie, selon plusieurs diplomates européens.Mais, signe des divisions dans l’UE, la Hongrie de Viktor Orban, un dirigeant à la fois proche de Moscou mais aussi du président américain, a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”.Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, l’Europe n’a pas sa place dans les futures négociations car elle veut “continuer la guerre”.L’Ukraine entre le 24 février dans la quatrième année du conflit déclenché par l’invasion à grande échelle par la Russie.Ursula von der Leyen et ses commissaires européens se rendront en Ukraine, pour marquer l’anniversaire de cette attaque.Volodymyr Zelensky a exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.Mais au sujet d’une participation de l’Europe aux négociations, l’émissaire américain Kellogg a répondu, laconique : “Je fais partie de l’école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire”.cf-vl-cl-fff/hr/bds