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Ukraine: fin de la réunion de crise des Européens, divisés sur l’éventuel envoi de troupes

Désarçonnés par le dialogue entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur l’Ukraine, les dirigeants de pays-clés européens se sont réunis en urgence lundi à Paris pour afficher un front uni, mais ont aussi étalé leurs divisions sur l’envoi de troupes de maintien de la paix.L’Europe et les Etats-Unis doivent “agir toujours ensemble” pour la sécurité collective, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz après avoir quitté le palais présidentiel de l’Elysée. La rencontre a duré plus de trois heures.Le président américain a semé le désarroi chez ses alliés européens en parlant la semaine dernière avec son homologue russe, faisant planer la menace de voir le Vieux Continent rester spectateur d’une négociation en tête-à-tête pour mettre fin à trois ans de guerre en Ukraine.D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg a clairement laissé entendre que Washington ne voulait pas des Européens à la table des négociations.Alors que ces initiatives semblent s’accélérer, le président français Emmanuel Macron a convoqué à la hâte ce mini-sommet informel avec une dizaine de dirigeants de pays européens, de l’Union européenne et de l’Otan, dont le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk et l’Italienne Giorgia Meloni. Juste avant de les accueillir, il a parlé une vingtaine de minutes au téléphone avec Donald Trump, selon son entourage qui n’a pas précisé la teneur de cet échange.- “Un tournant” -“La sécurité de l’Europe est à un tournant”, a prévenu sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avant la rencontre. “Nous avons besoin d’un état d’esprit d’urgence” et d'”un sursaut dans notre défense.”Dimanche, un conseiller d’Emmanuel Macron a souligné la “nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”.”Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a renchéri lundi Donald Tusk avant la réunion de Paris.Au sortir de celle-ci, Olaf Scholz a aussi plaidé pour un “financement” accru de cet effort, en dérogeant aux règles budgétaires sacro-saintes en Allemagne.Mais au-delà de cette entente pour doper l’effort de défense continental, les Européens se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve, pourtant au coeur des “garanties de sécurité” qu’ils sont appelés à fournir à Kiev dans des négociations avec Moscou.Le Premier ministre britannique, qui ira la semaine prochaine voir Donald Trump à Washington et aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’est dit prêt dimanche à dépêcher “si nécessaire” des troupes en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité”. La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” un tel déploiement en cas de “paix juste et durable”.Ce débat est “hautement inapproprié” et “prématuré”, a en revanche protesté le chancelier allemand, “un peu irrité” de le voir surgir maintenant. Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a aussi fait savoir que la Pologne ne déploierait pas de militaires.- Pourparlers en Arabie saoudite -Plus largement, la Hongrie de Viktor Orban, proche à la fois de Moscou et du président américain mais non invitée à Paris, a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”.La rencontre de l’Elysée se tenait au lendemain d’une conférence sur la sécurité à Munich, en Allemagne, où le discours hostile du vice-président américain JD Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Et elle inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus pour mardi en Arabie saoudite, où est arrivé le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. Ceux-ci concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, après avoir prévenu que son pays “ne reconnaîtrait” aucun accord conclu sans lui sur son propre avenir. Il a encore exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.Mais le rendez-vous que tous attendent désormais, et beaucoup redoutent, est celui entre le président américain et son homologue russe. Il devrait avoir lieu “très bientôt”, a fait savoir le locataire de la Maison Blanche.Et il pourrait être exclusif: pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, l’Europe n’a pas sa place dans les futures négociations car elle veut “continuer la guerre”.

Ukraine: fin de la réunion de crise des Européens, divisés sur l’éventuel envoi de troupes

Désarçonnés par le dialogue entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur l’Ukraine, les dirigeants de pays-clés européens se sont réunis en urgence lundi à Paris pour afficher un front uni, mais ont aussi étalé leurs divisions sur l’envoi de troupes de maintien de la paix.L’Europe et les Etats-Unis doivent “agir toujours ensemble” pour la sécurité collective, a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz après avoir quitté le palais présidentiel de l’Elysée. La rencontre a duré plus de trois heures.Le président américain a semé le désarroi chez ses alliés européens en parlant la semaine dernière avec son homologue russe, faisant planer la menace de voir le Vieux Continent rester spectateur d’une négociation en tête-à-tête pour mettre fin à trois ans de guerre en Ukraine.D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg a clairement laissé entendre que Washington ne voulait pas des Européens à la table des négociations.Alors que ces initiatives semblent s’accélérer, le président français Emmanuel Macron a convoqué à la hâte ce mini-sommet informel avec une dizaine de dirigeants de pays européens, de l’Union européenne et de l’Otan, dont le Britannique Keir Starmer, le Polonais Donald Tusk et l’Italienne Giorgia Meloni. Juste avant de les accueillir, il a parlé une vingtaine de minutes au téléphone avec Donald Trump, selon son entourage qui n’a pas précisé la teneur de cet échange.- “Un tournant” -“La sécurité de l’Europe est à un tournant”, a prévenu sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avant la rencontre. “Nous avons besoin d’un état d’esprit d’urgence” et d'”un sursaut dans notre défense.”Dimanche, un conseiller d’Emmanuel Macron a souligné la “nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective”.”Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a renchéri lundi Donald Tusk avant la réunion de Paris.Au sortir de celle-ci, Olaf Scholz a aussi plaidé pour un “financement” accru de cet effort, en dérogeant aux règles budgétaires sacro-saintes en Allemagne.Mais au-delà de cette entente pour doper l’effort de défense continental, les Européens se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve, pourtant au coeur des “garanties de sécurité” qu’ils sont appelés à fournir à Kiev dans des négociations avec Moscou.Le Premier ministre britannique, qui ira la semaine prochaine voir Donald Trump à Washington et aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’est dit prêt dimanche à dépêcher “si nécessaire” des troupes en Ukraine pour “contribuer aux garanties de sécurité”. La Suède a également affirmé lundi ne “pas exclure” un tel déploiement en cas de “paix juste et durable”.Ce débat est “hautement inapproprié” et “prématuré”, a en revanche protesté le chancelier allemand, “un peu irrité” de le voir surgir maintenant. Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a aussi fait savoir que la Pologne ne déploierait pas de militaires.- Pourparlers en Arabie saoudite -Plus largement, la Hongrie de Viktor Orban, proche à la fois de Moscou et du président américain mais non invitée à Paris, a fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine”.La rencontre de l’Elysée se tenait au lendemain d’une conférence sur la sécurité à Munich, en Allemagne, où le discours hostile du vice-président américain JD Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Et elle inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus pour mardi en Arabie saoudite, où est arrivé le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. Ceux-ci concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, après avoir prévenu que son pays “ne reconnaîtrait” aucun accord conclu sans lui sur son propre avenir. Il a encore exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains “dans le dos” de Kiev et de l’Europe.Mais le rendez-vous que tous attendent désormais, et beaucoup redoutent, est celui entre le président américain et son homologue russe. Il devrait avoir lieu “très bientôt”, a fait savoir le locataire de la Maison Blanche.Et il pourrait être exclusif: pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, l’Europe n’a pas sa place dans les futures négociations car elle veut “continuer la guerre”.

L’hospitalisation du pape, dont le cas est “complexe”, va se prolonger

Le pape François, hospitalisé depuis vendredi à Rome, affiche un “tableau clinique complexe”, a annoncé lundi le Vatican, indiquant que l’hospitalisation du pontife de 88 ans devrait se prolonger jusqu’à au moins mercredi, même s’il a repris le travail.”Les résultats des examens effectués à ce jour ont démontré une infection polymicrobienne des voies respiratoires qui a conduit à une nouvelle modification de la thérapie”, indique le bulletin de santé publié à la mi-journée. Le Vatican n’a pas communiqué sur la date à laquelle le pape devrait quitter l’hôpital Gemelli de Rome, mais a annoncé lundi que son hospitalisation entraînait l’annulation de son audience générale hebdomadaire mercredi.Dans la matinée, le Vatican avait fait état de nouvelles rassurantes, le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, affirmant que le pape avait “passé une nuit tranquille” et était “de bonne humeur”.”Ce matin, il a pris son petit-déjeuner et s’est consacré comme toujours à la lecture de certains journaux”, a-t-il ajouté, précisant que les traitements suivaient leur cours.Le Vatican a précisé dans la soirée dans un nouveau communiqué que l’état de santé du pape était inchangé et qu’il n’avait pas de fièvre, ajoutant que François avait travaillé dans la matinée.Avant son hospitalisation vendredi, François, à qui on a retiré une partie d’un poumon quand il était jeune, était apparu affaibli, le visage gonflé, la voix essoufflée, et avait à plusieurs reprises délégué la lecture de ses discours à ses assistants.- “Pas d’alarmisme” -“Les deux dernières semaines, le calendrier était surchargé, il était affaibli”, a confirmé à l’AFP une source au sein de l’entourage du pape. Mais selon cette source, “il n’y a pas d’alarmisme” du côté du Saint-Siège quant à l’état du chef de l’Eglise.Connu pour son fort caractère parfois entêté, le pape préfère “aller de l’avant”, au risque de mettre sa santé à rude épreuve.Dimanche, l’évêque de Rome a suivi la messe à la télévision, manquant sa prière hebdomadaire de l’Angélus. Le Vatican avait fait savoir en fin d’après-midi que son état clinique était “stable”.Selon des médias italiens, le pape a maintenu depuis sa chambre d’hôpital ses appels téléphoniques quotidiens à la paroisse de Gaza. L’hospitalisation du pontife argentin, la quatrième en moins de quatre ans, a toutefois relancé les interrogations sur sa santé fragile, d’autant qu’elle intervient au début de l’année jubilaire de l’Eglise catholique, marquée par une longue liste d’événements, dont beaucoup sont présidés par le pape.Problèmes de hanche, douleurs au genou, opérations, infections respiratoires: Jorge Bergoglio a connu ces dernières années plusieurs problèmes de santé. Plus récemment, il est apparu mi-janvier le bras en écharpe, immobilisé après une chute à sa résidence. En décembre, il était apparu avec un large hématome au bas du menton après s’être cogné sur sa table de nuit.Malgré ces alertes à répétition le pape, qui se déplace en fauteuil roulant, maintient un emploi du temps très chargé et a déclaré n’avoir aucune intention de ralentir son rythme.

Au Liban, des déplacés attendent près de leur village de pouvoir y retourner

Près du village de Houla dans le sud du Liban, des habitants anxieux patientent près de véhicules de l’armée libanaise, incertains de pouvoir rentrer chez eux après l’annonce lundi d’Israël du maintien de troupes dans la région.Déplacés comme des dizaines de milliers d’autres par la guerre entre le Hezbollah et Israël l’année dernière, hommes, femmes et enfants attendent sur le bord de route menant à leur village situé près de la frontière israélienne.Des soldats libanais gardent l’entrée du village. Un véhicule militaire est garé et un drapeau libanais flotte au vent. Des ambulances sont présentes en cas de dérapage.Les familles, elles, guettent le départ des troupes israéliennes de leur localité pour pouvoir retourner dans leurs maisons.Mais il n’était pas certain qu’elles puissent le faire.Israël a annoncé le maintien de troupes dans cinq “positions stratégiques” dans le sud du Liban, situées sur des collines surplombant les deux côtés de la frontière et dont l’une se trouve près de Houla.Et ce à la veille du délai imparti pour son retrait total du secteur aux termes d’un accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre.”Nous avons le droit de retourner dans nos maisons après un an d’exil forcé”, affirme à l’AFP, Amine Koteich, un fermier, qui s’exprimait avant l’annonce israélienne.”Nous passerons la nuit ici, nous resterons à côté de l’armée libanaise”, assure-t-il.Houla fait partie des nombreuses localités du sud du Liban, d’où les forces israéliennes ne se sont pas entièrement retirées à la fin de la guerre.Et ses habitants ignorent s’ils seront autorisés par l’armée israélienne à y revenir.- “Cachés dans les maisons” -Dimanche, plusieurs habitants ont tenté de regagner Houla. Parvenus à franchir un barrage de l’armée libanaise ainsi que des barrières de terre érigées par l’armée israélienne, ils ont été pris pour cible par les soldats israéliens. Une jeune femme, Khadija Atoui, a été tuée et plusieurs personnes ont été coincées dans le village jusqu’à leur évacuation lundi après-midi.Face aux tensions, l’armée libanaise a appelé la population à ne pas s’aventurer dans les villages où elle ne s’est pas encore déployée, “afin de préserver leur sécurité”.Fadi Koteich, 58 ans, fait partie des habitants ayant pénétré à Houla dimanche. Il raconte avoir passé la nuit terré dans une maison, après avoir essuyé des tirs nourris.”Nous sommes entrés, et soudain il y a eu des tirs. Les femmes, les enfants et les jeunes ont couru dans toutes les directions. Certains se sont réfugiés dans les vallées, d’autres se sont cachés dans les maisons”, dit-il.”Nous étions coincés à cause de l’intensité des tirs. Nous avons dormi là-bas, espérant que (les Casques bleus de) l’ONU et la Croix-Rouge viennent nous évacuer.”Si lui et sa famille ont échappé au pire, Khadija Atoui n’a pas eu cette chance.Touchée par des tirs israéliens, la jeune femme a succombé.Avant qu’elle ne récupère le corps de sa fille lundi après-midi, sa mère, Haïfa Hussein, a hurlé sa douleur devant les soldats libanais et les habitants restés à l’extérieur du village.”Je ne sais rien de ma fille. Comment peut-on la laisser abandonnée à terre? Par Dieu, je la porterai sur mon dos s’il le faut. Laissez-moi juste entrer”, a-t-elle lancé.

Au Liban, des déplacés attendent près de leur village de pouvoir y retourner

Près du village de Houla dans le sud du Liban, des habitants anxieux patientent près de véhicules de l’armée libanaise, incertains de pouvoir rentrer chez eux après l’annonce lundi d’Israël du maintien de troupes dans la région.Déplacés comme des dizaines de milliers d’autres par la guerre entre le Hezbollah et Israël l’année dernière, hommes, femmes …

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A Gaza, 500 jours “d’humiliation et de souffrance”, déplorent des habitants

“Humiliation, effusion de sang et souffrance”, résume Mohammed Abou Moursa lundi, 500 jours après le début de la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël, au cours desquels sa famille a été déplacée plus d’une douzaine de fois dans le territoire palestinien.”Il n’y a que des destructions autour de nous”, dit cet habitant revenu récemment dans le nord de la bande de Gaza, après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas le 19 janvier.”J’espère simplement que le cessez-le-feu tiendra et que l’échange de prisonniers se poursuivra”, ajoute-t-il en référence aux échanges d’otages israéliens à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, depuis le début de la trêve.La guerre dans la bande de Gaza a éclaté le 7 octobre 2023, après l’attaque sans précédent du Hamas en Israël, qui a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.Au cours de l’attaque, 251 personnes ont été enlevées et 70 sont toujours retenues à Gaza, dont 35 sont mortes selon l’armée israélienne.En représailles, Israël a lancé une offensive qui a fait au moins 48.271 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.La quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants de Gaza ont été déplacés au moins une fois depuis le début de la guerre qui a transformé le petit territoire en un champ de ruines et provoqué une grave crise humanitaire.- “Assez de cette destruction” -Pour Khadija Hammo, 56 ans, ces 500 derniers jours, c’est comme “500 ans”, dit-elle à l’AFP: “Il n’y a pas de tente pour nous abriter, pas d’eau pour boire ou se baigner, aucun moyen de survie à Gaza”.”Partout où nous allons (…), il n’y a que de la souffrance”, déplore-t-elle. Mais ces 500 jours ont “révélé au monde les massacres commis par Israël, l’occupation (du territoire) et l’oppression de notre peuple”, ajoute-t-elle.Même si les efforts se poursuivent pour prolonger un fragile cessez-le-feu, les craintes d’une reprise de la guerre persistent.”Notre crainte est que la guerre reprenne pendant que le monde regarde les massacres se dérouler sans rien faire”, dit Ayman al-Jamali, 39 ans, un habitant du quartier de Tal al-Hawa, dans l’ouest de la bande de Gaza.Il accuse le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, d’être à la recherche de “toutes les opportunités pour détruire Gaza”.Plus tôt dans la journée, M. Netanyahu a déclaré qu’il se devait de “respecter” le plan proposé par le président américain, Donald Trump, pour Gaza après la guerre, qui prévoit la prise de contrôle du territoire par les Etats-Unis et le déplacement de ses habitants en Egypte et en Jordanie, deux pays qui s’y opposent.Ce plan a été rejeté par le monde arabe et nombre de dirigeants occidentaux.”Je n’ai jamais voyagé de ma vie et je n’ai pas l’intention de quitter le pays, à moins qu’ils nous tuent”, lâche M. Jamali, qui vit désormais dans une tente qu’il a plantée au milieu des décombres de son ancienne maison.”Assez de cette destruction et de cette humiliation (…), nous resterons dans des tentes pendant dix ans. Nous sommes fatigués”, dit Mohammed Sikik, 47 ans: “J’espère seulement que nos enfants pourront vivre comme les enfants du reste du monde”.