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Violences conjugales: le tribunal rend mardi son jugement à l’encontre de Stéphane Plaza

Le tribunal de Paris rend mardi après-midi son jugement à l’encontre de Stéphane Plaza, agent immobilier vedette de M6 contre qui le parquet a requis 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 10.000 euros d’amende pour violences conjugales sur deux anciennes compagnes, des accusations qu’il réfute.Il est reproché à l’animateur de 54 ans “d’avoir porté des coups, dénigré, humilié publiquement, tordu des doigts si fort que certains ont été luxés, d’avoir mordu” ses anciennes compagnes. A l’audience, le 9 janvier, il avait vigoureusement démenti les accusations. Joints par l’AFP en amont du jugement, ses avocats n’ont pas répondu.Stéphane Plaza comparaissait pour “violences habituelles physiques et/ou psychologiques par concubin” entre 2018 et 2022 sur une ex-compagne, Amandine. Et pour “violences habituelles psychologiques par concubin” sur une autre, Paola, entre 2021 et 2022.Le parquet avait appelé le tribunal à s’interroger sur la “juste peine” à prononcer, celle qui permettra de “replacer la responsabilité là où elle doit être” et de “souligner le poids financier sur les victimes” dans un dossier où “l’argent a été un élément central dans ces mécanismes de domination”.Par son jugement, le tribunal doit “dire à Amandine et Paola”, les deux anciennes compagnes, “qu’elles ne sont en rien responsables d’avoir cru, d’avoir aimé, d’être restées”.”On ne dit pas qu’il y a eu des violences tous les jours”, avait précisé la procureure, mais que le prévenu a “institué un continuum de violences”. Et chez ces femmes a grandi “la peur des mauvais jours, la peur des crises, du dénigrement et pour certaines, des coups”.- “Je ne contrôle pas ma force” – Les doigts tordus d’Amandine, au printemps 2022 ? “Je ne contrôle pas ma force car je suis dyspraxique et maladroit (…) et je ne vois pas qu’elle a mal”, avait affirmé Stéphane Plaza.Les clefs de l’appartement de Paola, qu’il ne lui rend pas malgré ses demandes ? “Une bêtise, il les a perdues”, assurait l’un de ses avocats, Carlo Alberto Brusa.Paola avait décrit à la barre “un comportement changeant” de M. Plaza: paroles douces le soir, insultes le matin… “Vieille pute ! Bimbo !”, lui dit-il quand elle procède à une augmentation mammaire pour davantage lui plaire.”On fait de quelques petits faits quelque chose de monstrueux. Et sans preuve. Pour condamner quelqu’un, il faut des preuves tangibles”, avait balayé Me Brusa.Ce dossier est nourri “d’éléments de preuves”, a estimé auprès de l’AFP Me Clotilde Lepetit, qui représente Paola, au côté de Me Louise Bériot.”Il est vrai que les violences psychologiques sont par nature difficiles à prouver: commises dans l’intimité, elles laissent peu de traces. Mais dans ce dossier, on a un enregistrement, des témoignages, Paola fait changer sa serrure… Que faut-il de plus ?””Il ne faudrait pas que les violences psychologiques constituent une satisfaction de parlementaire, mais que la loi soit bien effective et ces violences sanctionnées quand elles ont pu être démontrées”, a-t-elle ajouté.Amandine “attend simplement que le droit passe”, a déclaré à l’AFP son avocat, Me Benjamin Chouai.A l’audience, la défense avait appelé à la barre quatre connaissances, décrivant Stéphane Plaza comme “généreux”, “calme”. L’une d’entre elles assurait: “Je sais qu’il est infidèle, ça peut faire l’objet d’une dispute mais alors il est très fuyant. C’est moi qui dégénère”.L’affaire avait débuté en septembre 2023, avec la publication par Mediapart des témoignages de trois ex-compagnes. Le parquet avait ensuite ouvert une enquête.

A Toulouse, audience “cruciale” sur les recours contre l’autoroute A69

Le tribunal administratif de Toulouse examine au fond mardi les recours des opposants à l’A69 qui souhaitent voir interrompre les travaux de cette autoroute de 53 km reliant Castres à la ville rose, qui doit ouvrir fin 2025.Face à la juridiction installée au bord du Canal du Midi, six militants écologistes se sont perchés lundi matin dans des platanes, avec une banderole “Stop A69. Courage” pour demander aux magistrats d’en avoir.”Si le tribunal est complètement impartial et juge en droit, il a l’occasion de créer une jurisprudence qui permettra de refondre en profondeur le droit environnemental et l’application du droit environnemental sur des projets comme ça”, espère Thomas Digard, l’un des porte-parole du collectif La Voie est libre, opposé depuis l’origine au projet.Un rassemblement est prévu mardi à partir de 08h00 sur le parvis de la gare de Toulouse, à quelques mètres du tribunal où l’examen du dossier est programmé une heure plus tard.Avant cette “audience cruciale”, dixit M. Digard, les opposants ont vu avec satisfaction la rapporteure publique, magistrate dont les conclusions doivent guider la juridiction dans l’examen des recours, maintenir sa demande d'”annulation totale” de l’arrêté préfectoral du 1er mars 2023 ayant autorisé le chantier.- “Intérêt public” -Depuis quelques jours, plusieurs personnalités publiques ont fait part de leur soutien aux anti-A69 sur les réseaux sociaux, comme les acteurs Mélanie Laurent et Bruno Solo, le chanteur Frah du groupe Shaka Ponk ou le défenseur des baleines Paul Watson.De son côté, Atosca, futur concessionnaire de l’autoroute et actuellement en charge du chantier, entend venir défendre devant le tribunal “l’intérêt public de l’A69”.Selon Atosca, l’A69, dont l’objectif est de désenclaver le sud du département du Tarn, bénéficie du “soutien d’une très large majorité des élus et des Tarnais” et sa construction répond à “différents enjeux (notamment territoriaux, démographiques, sécuritaires et économiques)”.Au-delà de l’impact écologique, les opposants mettent aussi en cause le coût de l’infrastructure pour ses futurs utilisateurs.Or, la semaine passée, la préfecture d’Occitanie a annoncé qu’un accord avec les collectivités locales avait été trouvé pour réduire les tarifs d’accès sur une partie de la future autoroute.- Revêtement au printemps ? -Avant cette “audience décisive pour l’avenir de cette autoroute au tribunal administratif de Toulouse, il est important que notre assemblée affiche son soutien indéfectible à cette infrastructure essentielle à l’avenir du Tarn”, a souligné dans un communiqué Christophe Ramond, président PS du conseil départemental après le vote unanime des élus tarnais sur cette réduction de tarif.Atosca assure qu’en dépit des différentes manifestations et mobilisations qui ont émaillé le chantier depuis plusieurs mois, l’autoroute ouvrira bien fin 2025 comme prévu.Alors que les opposants ne cessent de dénoncer des manquements, erreurs ou approximations qui entraveraient la bonne marche des travaux, le futur concessionnaire affirme que “si des écarts sont constatés” par rapport à l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale, “des mesures correctives sont mises en œuvre”.”Plus de 1.000 salariés travaillent sur le chantier actuellement, Atosca a désormais concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”, a-t-il souligné, annonçant de “nouvelles étapes structurantes” pour le printemps.En mars, seront ainsi installées les deux centrales d’enrobés à chaud qui doivent fabriquer le revêtement de la future autoroute, a précisé le groupe.A moins que le tribunal de Toulouse décide d’ici quelques semaines de remettre en cause l’autorisation environnementale ayant permis ce chantier contesté.

Dernière ligne droite au Parlement pour la loi d’orientation agricole, avant le Salon

Le gouvernement est engagé dans une course contre la montre au Parlement pour faire adopter rapidement son projet de loi d’orientation agricole. Brandi comme réponse à la grogne du secteur, mais fustigé par la gauche, il doit être voté mardi au Sénat.Une loi d’orientation bouclée juste avant le Salon de l’agriculture ? C’est l’objectif affiché par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, déterminée à aller vite avant le coup d’envoi de l’événement annuel phare du monde paysan, samedi à Paris.Cela passe d’abord par un vote solennel au Sénat, prévu mardi en début d’après-midi. La chambre haute, dominée par une alliance droite-centristes qui soutient le gouvernement, devrait adopter confortablement ce texte.Présenté il y a environ un an sous le gouvernement Attal en réaction à une crise agricole qui avait enflammé les ronds-points, les autoroutes et l’édition 2024 du Salon, adopté par l’Assemblée nationale au printemps, le projet de loi d’orientation agricole n’a pas pu être examiné plus tôt au Sénat. En cause, la dissolution puis la censure du gouvernement Barnier, qui ont reporté par deux fois les travaux des sénateurs.- “Année difficile” -“Les agriculteurs viennent de vivre une année difficile. Ils ont été entravés dans leur volonté d’entreprendre. Il faut les encourager à s’installer, mais aussi à rester dans la profession”, appuie la sénatrice Les Républicains Dominique Estrosi-Sassone.Après le vote de la chambre haute, une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept sénateurs et sept députés se tiendra à partir de 18H30 au Sénat pour tenter de dégager, au pas de charge et à huis clos, un texte de compromis entre les deux chambres. Si les parlementaires y parviennent, leur version commune pourrait être soumise aux deux chambres avant samedi — voire dès mercredi — pour deux ultimes votes qui vaudront adoption définitive. Dans le cas contraire, la “navette” parlementaire reprendrait et l’agenda s’allongerait de plusieurs semaines.Des sources parlementaires n’excluent cependant pas un report du vote après les congés parlementaires.L’issue des tractions reste incertaine: Assemblée et Sénat ont toujours d’importantes divergences de vues sur plusieurs points irritants, même si le camp gouvernemental sera majoritaire en CMP.Le texte balaye en effet des sujets très divers, de la transmission d’exploitations pour faire face au vieillissement du métier aux objectifs de l’enseignement agricole en passant par le statut des haies ou la répression des atteintes environnementales.Il entend surtout ériger l’agriculture au rang “d’intérêt général majeur” et fait de la souveraineté alimentaire un “intérêt fondamental de la Nation”.Les sénateurs lui ont associé un principe décrié de “non-régression de la souveraineté alimentaire”, mesure miroir de la “non-régression environnementale” déjà consacrée dans la loi.- “Coup de force” -A l’initiative du sénateur LR Laurent Duplomb et dans un climat parfois tendu dans l’hémicycle, la chambre haute a aussi nettement allégé les contraintes des agriculteurs en matière d’atteintes environnementales — largement dépénalisées —, d’installations agricoles ou de destruction de haies. Dans le même temps, elle a écarté la plupart des références à la “transition” écologique au profit de la notion plus neutre “d’adaptation”.Ces évolutions, votées souvent contre l’avis du gouvernement, ont inquiété la gauche. “C’est un texte ultralibéral, à la limite de l’obscurantisme”, a regretté le sénateur socialiste Jean-Claude Tissot.”Le Sénat a transformé le projet de loi en machine de guerre contre l’agriculture familiale et contre l’environnement”, s’est indignée la présidente LFI de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale Aurélie Trouvé. “Un signal alarmant de la montée en puissance des idées d’extrême droite”, a renchéri l’ONG Greenpeace dans un communiqué.Les parlementaires écologistes ont eux aussi dénoncé un “coup de force” destiné à “permettre quelques effets d’annonces d’Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture”. Dénonçant un agenda “intenable”, ils ont demandé que le projet de loi puisse être examiné “dans des conditions normales”, “jusqu’à mi-mars”.Même le camp présidentiel s’oppose à certains ajouts sénatoriaux: “il est hors de question qu’on se laisse faire” lors de la CMP, lance un cadre macroniste, prêt à engager le rapport de force avec la droite.

Liban: fin du délai d’application de l’accord de trêve, Israël se maintient dans cinq points

Le délai fixé pour le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a expiré mardi matin, après qu’Israël a confirmé maintenir des troupes dans “cinq points stratégiques” pour surveiller la frontière. A quelques heures de l’échéance, déjà repoussée une fois, un responsable libanais a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que l’armée israélienne avait entamé un retrait de “villages frontaliers (…) tandis que l’armée libanaise avance”. Mais Israël a déjà prévenu lundi compter “laisser temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise”, malgré la volonté des autorités libanaises de pousser à un retrait total.Entré en vigueur le 27 novembre, l’accord a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le mouvement Hezbollah, pendant lesquels les troupes israéliennes ont pris position dans le sud du Liban, à la frontière du nord d’Israël. Les autorités estiment le coût de la reconstruction à plus de dix milliards de dollars, tandis qu’environ 100.000 Libanais, parmi plus d’un million de déplacés, restent toujours exilés, selon l’ONU. Malgré l’ampleur sans précédent des destructions, notamment dans les villages frontaliers, les déplacés attendent de rentrer chez eux pour constater l’état de leurs biens et récupérer les corps de combattants parmi leurs proches, laissés depuis des mois. Parmi eux, Fatima Choukeir, une sexagénaire ayant fui son village de Meiss el-Jabal, à la frontière, il y a un an et demi, prévoit d’y retourner dès les premières heures du matin”Mon plus grand souhait est de m’asseoir devant ma maison, près de mes fleurs, et de savourer un café le matin”, confie-t-elle à l’AFP. “Tout me manque à Meiss el-Jabal, mes voisins… Nous avons été dispersés, et je ne sais même pas où ils sont partis”, ajoute-t-elle. Plusieurs municipalités ont appelé les habitants à attendre que l’armée libanaise se déploie dans leurs villages pour garantir leur “sécurité”.C’est le cas de Meiss el-Jabal, qui fait partie des zones dont l’armée israélienne a commencé à se retirer lundi, selon le responsable libanais. – “Points stratégiques” -Selon les termes de l’accord de cessez-le-feu, Israël était censé avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui démanteler ses infrastructures et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne. Fin janvier, l’échéance avait été repoussée au 18 février. Puissant mouvement armé ayant dominé pendant des années la vie politique au Liban, le Hezbollah a été fondé et financé par l’Iran, ennemi juré d’Israël. Au lendemain du lancement d’une offensive militaire israélienne à Gaza en riposte à une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front contre Israël, tirant des roquettes en direction du territoire israélien depuis le sud du Liban, son fief. Il disait agir “en soutien aux Palestiniens” et au Hamas, son allié. Les tirs transfrontaliers ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024. Le Hezbollah en est sorti affaibli, sa direction largement décimée.- “Mesure temporaire” -L’armée israélienne a présenté sa décision de rester dans cinq points “stratégiques” comme “une mesure temporaire jusqu’à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d’appliquer pleinement l’accord”.Cette annonce place les autorités libanaises dans une situation délicate vis-à-vis du Hezbollah, qui, très affaibli, a estimé dimanche qu’il incombait au gouvernement libanais de pousser Israël à retirer ses troupes. “Le Hezbollah doit être désarmé, et Israël préférerait que l’armée libanaise s’en charge, mais personne ne doit douter qu’Israël fera ce qu’il a à faire pour que l’accord de cessez-le-feu soit respecté et pour défendre notre sécurité”, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le nouveau gouvernement libanais a affirmé lundi que l’Etat devrait détenir le monopole des armes dans le pays et promis de libérer “tout le territoire”, en plein débat au Liban sur le désarmement du Hezbollah. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël mène des frappes aériennes qui ont fait plus de 60 morts, dont environ 24 le 26 janvier, alors que des habitants tentaient de retourner dans leurs villages frontaliers. L’armée israélienne mène également des opérations de dynamitage dans les villages frontaliers. “La démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles” rend “impossible le retour de nombreux habitants” dans les zones frontalières, a déclaré lundi Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch.

Liban: fin du délai d’application de l’accord de trêve, Israël se maintient dans cinq points

Le délai fixé pour le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a expiré mardi matin, après qu’Israël a confirmé maintenir des troupes dans “cinq points stratégiques” pour surveiller la frontière. A quelques heures de l’échéance, déjà repoussée une fois, un responsable libanais a indiqué à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que l’armée israélienne avait entamé un retrait de “villages frontaliers (…) tandis que l’armée libanaise avance”. Mais Israël a déjà prévenu lundi compter “laisser temporairement un petit nombre de soldats déployés sur cinq points stratégiques le long de la frontière libanaise”, malgré la volonté des autorités libanaises de pousser à un retrait total.Entré en vigueur le 27 novembre, l’accord a été conclu après deux mois de guerre ouverte entre Israël et le mouvement Hezbollah, pendant lesquels les troupes israéliennes ont pris position dans le sud du Liban, à la frontière du nord d’Israël. Les autorités estiment le coût de la reconstruction à plus de dix milliards de dollars, tandis qu’environ 100.000 Libanais, parmi plus d’un million de déplacés, restent toujours exilés, selon l’ONU. Malgré l’ampleur sans précédent des destructions, notamment dans les villages frontaliers, les déplacés attendent de rentrer chez eux pour constater l’état de leurs biens et récupérer les corps de combattants parmi leurs proches, laissés depuis des mois. Parmi eux, Fatima Choukeir, une sexagénaire ayant fui son village de Meiss el-Jabal, à la frontière, il y a un an et demi, prévoit d’y retourner dès les premières heures du matin”Mon plus grand souhait est de m’asseoir devant ma maison, près de mes fleurs, et de savourer un café le matin”, confie-t-elle à l’AFP. “Tout me manque à Meiss el-Jabal, mes voisins… Nous avons été dispersés, et je ne sais même pas où ils sont partis”, ajoute-t-elle. Plusieurs municipalités ont appelé les habitants à attendre que l’armée libanaise se déploie dans leurs villages pour garantir leur “sécurité”.C’est le cas de Meiss el-Jabal, qui fait partie des zones dont l’armée israélienne a commencé à se retirer lundi, selon le responsable libanais. – “Points stratégiques” -Selon les termes de l’accord de cessez-le-feu, Israël était censé avoir achevé le 26 janvier son retrait du sud du Liban, où seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU devaient être déployés. Le Hezbollah devait lui démanteler ses infrastructures et se retirer au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne. Fin janvier, l’échéance avait été repoussée au 18 février. Puissant mouvement armé ayant dominé pendant des années la vie politique au Liban, le Hezbollah a été fondé et financé par l’Iran, ennemi juré d’Israël. Au lendemain du lancement d’une offensive militaire israélienne à Gaza en riposte à une attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front contre Israël, tirant des roquettes en direction du territoire israélien depuis le sud du Liban, son fief. Il disait agir “en soutien aux Palestiniens” et au Hamas, son allié. Les tirs transfrontaliers ont dégénéré en guerre ouverte en septembre 2024. Le Hezbollah en est sorti affaibli, sa direction largement décimée.- “Mesure temporaire” -L’armée israélienne a présenté sa décision de rester dans cinq points “stratégiques” comme “une mesure temporaire jusqu’à ce que les forces armées libanaises soient en mesure d’appliquer pleinement l’accord”.Cette annonce place les autorités libanaises dans une situation délicate vis-à-vis du Hezbollah, qui, très affaibli, a estimé dimanche qu’il incombait au gouvernement libanais de pousser Israël à retirer ses troupes. “Le Hezbollah doit être désarmé, et Israël préférerait que l’armée libanaise s’en charge, mais personne ne doit douter qu’Israël fera ce qu’il a à faire pour que l’accord de cessez-le-feu soit respecté et pour défendre notre sécurité”, a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le nouveau gouvernement libanais a affirmé lundi que l’Etat devrait détenir le monopole des armes dans le pays et promis de libérer “tout le territoire”, en plein débat au Liban sur le désarmement du Hezbollah. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël mène des frappes aériennes qui ont fait plus de 60 morts, dont environ 24 le 26 janvier, alors que des habitants tentaient de retourner dans leurs villages frontaliers. L’armée israélienne mène également des opérations de dynamitage dans les villages frontaliers. “La démolition délibérée par Israël des maisons et des infrastructures civiles” rend “impossible le retour de nombreux habitants” dans les zones frontalières, a déclaré lundi Ramzi Kaiss, de Human Rights Watch.

Ukraine: les Européens s’efforcent de trouver l’unité et espèrent encore en Trump

Désarçonnés par le dialogue américano-russe sur l’Ukraine, les dirigeants de pays-clés européens, réunis en urgence lundi à Paris, ont exhorté les Etats-Unis à rester impliqués dans la sécurité en Europe, et ont tenté de parler d’une seule voix malgré leurs divisions sur l’envoi de troupes de maintien de la paix.Le président américain Donald Trump a semé le désarroi chez ses alliés européens en parlant la semaine dernière avec son homologue russe Vladimir Poutine, faisant planer la menace de voir le Vieux Continent rester spectateur d’une négociation en tête-à-tête pour mettre fin à trois ans de guerre en Ukraine.D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg a de nouveau clairement affirmé qu’il n’était pas “raisonnable ou faisable d’avoir tout le monde autour de la table”.Une “paix solide et durable” en Ukraine doit s’accompagner de “garanties de sécurité fortes et crédibles”, a déclaré Emmanuel Macron mardi matin sur X à l’issue de la réunion après laquelle il a dit s’être entretenu avec les présidents Trump et Zelensky. Le dirigeant ukrainien a aussi évoqué une “longue conversation” avec le président français. “Nous partageons une vision commune: les garanties de sécurité doivent être robustes et fiables”, a-t-il souligné sur le réseau social.Autrement, un “cessez-le-feu fragile ne serait qu’une nouvelle tromperie de la part de la Russie et un prélude à une nouvelle guerre russe contre l’Ukraine ou d’autres nations européennes”, a ajouté M. Zelensky.Alors que les initiatives américaines semblent s’accélérer, le président français Emmanuel Macron a convoqué à la hâte un mini-sommet informel lundi avec une dizaine de dirigeants de pays européens, de l’Union européenne (UE) et de l’Otan. De l’aveu du Premier ministre polonais Donald Tusk, tous les participants ont pris acte d’une “nouvelle phase” de la relation transatlantique.- Envoi de troupes “prématuré” -“Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a-t-il mis en garde avant la réunion.Au sortir de celle-ci, Olaf Scholz a aussi plaidé pour un “financement” accru de cet effort, en dérogeant aux règles budgétaires sacro-saintes en Allemagne.Mais au-delà de cette entente pour doper leur effort de défense, les Européens se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve, pourtant au cœur des “garanties de sécurité” qu’ils sont appelés à fournir à Kiev dans des négociations avec Moscou.M. Starmer, qui ira la semaine prochaine voir M. Trump à Washington et aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’y était dit prêt dès dimanche.”Je suis prêt à envisager un engagement des forces britanniques au sol aux côtés d’autres si un accord de paix durable est conclu”, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer à l’issue de la rencontre de plus de trois heures à l’Elysée.”Mais il doit y avoir un soutien des Etats-Unis, car une garantie de sécurité des Etats-Unis est le seul moyen de dissuader efficacement la Russie d’attaquer à nouveau l’Ukraine”, a-t-il prévenu.Ce débat est “hautement inapproprié” et “prématuré”, a en revanche protesté lundi le chancelier allemand, “un peu irrité” de le voir surgir maintenant. Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a aussi fait savoir que la Pologne ne déploierait pas de militaires.- Pourparlers en Arabie saoudite -Proche à la fois de Moscou et du président américain mais non invitée à Paris, la Hongrie de Viktor Orban a quant à elle fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix”.La rencontre de l’Elysée se tenait après une conférence sur la sécurité à Munich, où le discours hostile du vice-président américain JD Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Et elle inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus mardi en Arabie saoudite. Ils concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, décidé à ne reconnaître aucun accord conclu sans Kiev.Les dirigeants de l’UE Ursula von der Leyen et Antonio Costa ont assuré que la réunion de Paris avait martelé le message que l’Ukraine “mérite la paix par la force”.”La Russie menace malheureusement toute l’Europe maintenant”, a mis en garde la Première ministre danoise Mette Frederiksen après la réunion.Le rendez-vous que tous attendent désormais est le face-à-face Trump-Poutine qui devrait avoir lieu “très bientôt”, selon le président américain.

Ukraine: les Européens s’efforcent de trouver l’unité et espèrent encore en Trump

Désarçonnés par le dialogue américano-russe sur l’Ukraine, les dirigeants de pays-clés européens, réunis en urgence lundi à Paris, ont exhorté les Etats-Unis à rester impliqués dans la sécurité en Europe, et ont tenté de parler d’une seule voix malgré leurs divisions sur l’envoi de troupes de maintien de la paix.Le président américain Donald Trump a semé le désarroi chez ses alliés européens en parlant la semaine dernière avec son homologue russe Vladimir Poutine, faisant planer la menace de voir le Vieux Continent rester spectateur d’une négociation en tête-à-tête pour mettre fin à trois ans de guerre en Ukraine.D’autant que l’émissaire américain Keith Kellogg a de nouveau clairement affirmé qu’il n’était pas “raisonnable ou faisable d’avoir tout le monde autour de la table”.Une “paix solide et durable” en Ukraine doit s’accompagner de “garanties de sécurité fortes et crédibles”, a déclaré Emmanuel Macron mardi matin sur X à l’issue de la réunion après laquelle il a dit s’être entretenu avec les présidents Trump et Zelensky. Le dirigeant ukrainien a aussi évoqué une “longue conversation” avec le président français. “Nous partageons une vision commune: les garanties de sécurité doivent être robustes et fiables”, a-t-il souligné sur le réseau social.Autrement, un “cessez-le-feu fragile ne serait qu’une nouvelle tromperie de la part de la Russie et un prélude à une nouvelle guerre russe contre l’Ukraine ou d’autres nations européennes”, a ajouté M. Zelensky.Alors que les initiatives américaines semblent s’accélérer, le président français Emmanuel Macron a convoqué à la hâte un mini-sommet informel lundi avec une dizaine de dirigeants de pays européens, de l’Union européenne (UE) et de l’Otan. De l’aveu du Premier ministre polonais Donald Tusk, tous les participants ont pris acte d’une “nouvelle phase” de la relation transatlantique.- Envoi de troupes “prématuré” -“Nous ne serons pas en mesure d’aider efficacement l’Ukraine si nous ne prenons pas immédiatement des mesures concrètes concernant nos propres capacités de défense”, a-t-il mis en garde avant la réunion.Au sortir de celle-ci, Olaf Scholz a aussi plaidé pour un “financement” accru de cet effort, en dérogeant aux règles budgétaires sacro-saintes en Allemagne.Mais au-delà de cette entente pour doper leur effort de défense, les Européens se sont écharpés publiquement sur un autre débat, celui de l’envoi de militaires en Ukraine pour assurer une éventuelle future trêve, pourtant au cœur des “garanties de sécurité” qu’ils sont appelés à fournir à Kiev dans des négociations avec Moscou.M. Starmer, qui ira la semaine prochaine voir M. Trump à Washington et aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s’y était dit prêt dès dimanche.”Je suis prêt à envisager un engagement des forces britanniques au sol aux côtés d’autres si un accord de paix durable est conclu”, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer à l’issue de la rencontre de plus de trois heures à l’Elysée.”Mais il doit y avoir un soutien des Etats-Unis, car une garantie de sécurité des Etats-Unis est le seul moyen de dissuader efficacement la Russie d’attaquer à nouveau l’Ukraine”, a-t-il prévenu.Ce débat est “hautement inapproprié” et “prématuré”, a en revanche protesté lundi le chancelier allemand, “un peu irrité” de le voir surgir maintenant. Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a aussi fait savoir que la Pologne ne déploierait pas de militaires.- Pourparlers en Arabie saoudite -Proche à la fois de Moscou et du président américain mais non invitée à Paris, la Hongrie de Viktor Orban a quant à elle fustigé “des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix”.La rencontre de l’Elysée se tenait après une conférence sur la sécurité à Munich, où le discours hostile du vice-président américain JD Vance à l’encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.Et elle inaugure un ballet diplomatique qui se poursuivra avec des pourparlers inédits américano-russes prévus mardi en Arabie saoudite. Ils concerneront en particulier de “possibles négociations sur l’Ukraine”, selon le Kremlin, même si la diplomatie américaine en a minimisé la portée en assurant qu’il ne s’agirait pas du début d’une “négociation”.Le chef de l’Etat ukrainien Volodymyr Zelensky se rendra en tout cas également en Arabie saoudite mercredi, décidé à ne reconnaître aucun accord conclu sans Kiev.Les dirigeants de l’UE Ursula von der Leyen et Antonio Costa ont assuré que la réunion de Paris avait martelé le message que l’Ukraine “mérite la paix par la force”.”La Russie menace malheureusement toute l’Europe maintenant”, a mis en garde la Première ministre danoise Mette Frederiksen après la réunion.Le rendez-vous que tous attendent désormais est le face-à-face Trump-Poutine qui devrait avoir lieu “très bientôt”, selon le président américain.

Canada: un avion se retourne à l’atterrissage, 17 blessés

Un avion de la compagnie américaine Delta Airlines avec 80 personnes à bord s’est retourné lundi sur le tarmac de l’aéroport canadien de Toronto après un accident à l’atterrissage qui a fait 17 blessés dont trois dans un état grave.Le vol opéré par Endeavor Air avec un avion Bombardier CRJ900, reliait Minneapolis, dans l’Etat américain du Minnesota, à Toronto, la ville la plus peuplée du Canada, lorsqu’il a eu un accident en début d’après-midi, a indiqué Delta Airlines.Aucune explication n’a été fournie dans l’immédiat sur la cause de l’accident, ni par les autorités, ni par la compagnie. L’incident, qui n’impliquait pas d’autre appareil, n’a entraîné aucun décès mais a fait 17 blessés, a déclaré en fin de journée Deborah Flint, directrice générale de l’aéroport, lors d’une conférence de presse.L’aéroport Pearson de Toronto avait expliqué plus tôt dans la journée être confronté à des vents violents et des températures glaciales mais avait prévu un trafic dense.Parmi les 17 blessés hospitalisés, trois souffrent de blessures graves, selon les secouristes.”Un enfant a été transporté à l’hôpital avec des blessures critiques. Un homme d’une soixantaine d’années et une femme d’une quarantaine d’années ont également été transportés pour des blessures graves”, a expliqué à l’AFP un porte-parole d’Ornge, des secouristes dépêchés sur place. Trois hélicoptères et deux ambulances de soins intensifs de l’organisation sont intervenus, a-t-il ajouté.Les autres personnes ont été blessées de “façon mineure ou modérée” et transportées dans les hôpitaux de la région, a expliqué à l’AFP Lawrence Saindon, des services paramédicaux de la région de Peel qui supervisent les opérations de secours.L’avion a terminé sa course, immobilisé sur le dos, sur une piste recouverte d’une fine couche de neige. Sur les images de l’aéroport, on voit de la fumée s’échapper de la queue de l’appareil partiellement détruite tout comme au moins une aile, tandis qu’un canon à eau arrose à grand jet l’appareil.”Notre avion s’est écrasé. Il est à l’envers”, raconte dans une vidéo postée sur Facebook, John Nelson, un des passagers. Sur sa vidéo, on voit des personnes s’éloigner rapidement de l’avion tout en tentant de se protéger des rafales de vent. “La plupart des gens semblent aller bien. Nous sommes tous en train de descendre”, a-t-il ajouté.Le vol transportait un total de 80 personnes – 76 passagers et quatre membres d’équipage. En fin d’après-midi, le trafic aérien a repris après une interruption de quelques heures consécutive à l’accident. Deux pistes resteront toutefois fermées dans les jours qui viennent pour l’enquête.- “Journée chargée” -Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a déjà annoncé avoir envoyé une équipe d’enquêteurs à la suite de l’accident. Il sera aidé par la FAA, le régulateur américain de l’aviation qui a également dépêché des inspecteurs sur place, selon le nouveau ministre américain des Transports Sean Duffy.”Je suis de près le grave incident survenu à l’aéroport Pearson concernant le vol 4819 de Delta Airlines en provenance de Minneapolis”, a déclaré Anita Anand, son homologue canadienne.Une violente tempête de neige s’est abattue sur l’est du Canada dimanche. Lundi, la région était encore balayée par des vents violents.Lundi matin sur X, l’aéroport avertissait: “La neige a cessé de tomber, mais des températures glaciales et des vents violents s’installent.””Aujourd’hui, nous prévoyons une journée chargée dans nos terminaux avec plus de 130.000 voyageurs à bord d’environ 1.000 vols. Les compagnies aériennes rattrapent leur retard après la tempête de neige de ce week-end qui a déversé plus de 22 cm de neige sur l’aéroport.”L’accident survenu au Canada fait suite à d’autres accidents en Amérique du Nord ces dernières semaines. Un hélicoptère de l’armée est entré en collision avec un avion de ligne à Washington fin janvier, faisant 67 morts. Et sept personnes sont décédées début février après le crash d’un avion sanitaire.