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Le pape, hospitalisé, souffre d’une pneumonie bilatérale

Le pape François, 88 ans, souffre d’une pneumonie bilatérale et continue d’afficher un tableau clinique “complexe”, a annoncé mardi le Vatican au cinquième jour de son hospitalisation.Le jésuite de 88 ans est hospitalisé depuis vendredi à l’hôpital Gemelli de Rome pour une “infection polymicrobienne des voies respiratoires”, une nouvelle alerte qui suscite l’inquiétude autour de sa santé déclinante.”Le scanner thoracique que le Saint-Père a subi cet après-midi (…) a démontré l’apparition d’une pneumonie bilatérale qui a nécessité un traitement médicamenteux supplémentaire. Le pape François est néanmoins de bonne humeur”, a indiqué le Vatican dans un bulletin médical mardi soir.”L’infection polymicrobienne, survenue dans un contexte de bronchectasies et de bronchite asthmatique, et qui a nécessité le recours à une antibiothérapie à base de cortisone, rend le traitement thérapeutique plus complexe”, précise le communiqué. Après avoir initialement libéré son agenda jusqu’à mercredi, le Vatican a annoncé mardi l’annulation de son audience jubilaire de samedi, précisant que le pape ne présiderait pas non plus la messe de dimanche.Lors d’un point presse à la mi-journée, le porte-parole du Vatican avait déclaré que la situation du souverain pontife argentin était stable.François “s’est réveillé, a pris son petit-déjeuner et s’est consacré à la lecture de quelques journaux comme il le fait régulièrement”, a affirmé Matteo Bruni.Le Vatican a précisé que le pape avait reçu l’Eucharistie dans la matinée, avant d’alterner dans la journée “repos, prière et lecture de textes”.- Cadence effrénée – Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années – problèmes de hanche, douleurs au genou qui l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant, opérations, infections respiratoires – Jorge Bergoglio a maintenu un rythme effréné au Vatican, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.Son hospitalisation, la quatrième en moins de quatre ans, a relancé les interrogations sur sa santé fragile, d’autant qu’elle intervient au début de l’année jubilaire de l’Eglise catholique, marquée par une longue liste d’événements, dont beaucoup sont présidés par le pape.Mardi matin, sur la place Saint-Pierre au Vatican, fidèles et touristes affluaient sous un ciel couvert, accueillis par des agents aux gilets verts, chargés d’orienter les milliers de pèlerins pour le Jubilé 2025.”Je suis un peu inquiète pour la santé du pape et j’espère qu’il ira mieux bientôt”, a confié à l’AFP Birgit Jungreuthmayer, 48 ans, une touriste autrichienne catholique. “J’ai confiance dans le traitement médical des médecins de l’hôpital et (…) je sais qu’ils feront de leur mieux”. Le Vatican n’a pas précisé si le pape pourrait présider dimanche sa traditionnelle prière de l’Angélus, à laquelle il a dû renoncer le week-end dernier. – “Je continue” -La santé du pape figure mardi à la une de tous les grands journaux italiens. “L’hospitalisation du pape François se prolonge”, titre Il Corriere della Sera qui revient sur l’agenda très chargé des jours précédents, affirmant que dix jours de perfusion à base d’antibiotiques et de cortisone n’avaient pas suffi à le guérir.Avant son hospitalisation, le chef de l’Eglise catholique, à qui on a retiré une partie d’un poumon quand il était jeune, était en effet apparu affaibli, le visage gonflé, la voix essoufflée, et avait à plusieurs reprises délégué la lecture de ses discours à ses assistants.Connu pour sa force de caractère, le pape préfère aller de l’avant, sans ralentir le rythme ni alléger son emploi du temps, au risque de mettre sa santé à rude épreuve.En septembre, il a même effectué le plus long voyage de son pontificat, un périple de 12 jours aux confins de l’Asie et de l’Océanie.Depuis son élection en 2013, le pape a toujours laissé ouverte la possibilité de renoncer à sa charge si sa santé l’empêchait d’exercer ses fonctions, à l’image de son prédécesseur Benoît XVI.Mais dans un livre publié en 2024, François assurait n’avoir “aucune raison suffisamment sérieuse pour penser à démissionner”. La démission est une “possibilité lointaine” qui ne se justifierait qu’en cas d'”empêchement physique grave”, a-t-il écrit. “Je continue”, a-t-il encore assuré dans une autobiographie publiée en janvier. “La réalité est tout simplement que je suis vieux”.

Le pape, hospitalisé, souffre d’une pneumonie bilatérale

Le pape François, 88 ans, souffre d’une pneumonie bilatérale et continue d’afficher un tableau clinique “complexe”, a annoncé mardi le Vatican au cinquième jour de son hospitalisation.Le jésuite de 88 ans est hospitalisé depuis vendredi à l’hôpital Gemelli de Rome pour une “infection polymicrobienne des voies respiratoires”, une nouvelle alerte qui suscite l’inquiétude autour de …

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RDC: l’armée ougandaise a déployé des troupes dans une ville du nord-est

L’armée ougandaise a déclaré mardi avoir envoyé des troupes dans la ville de Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), un déploiement justifié par des “massacres de la population par des milices”. Ce déploiement survient alors que le groupe armé antigouvernemental M23, allié à des troupes rwandaises, s’est emparé dimanche de la ville de Bukavu, capitale provinciale du Sud-Kivu, après une progression éclair dans l’est de la RDC qui les a vus prendre fin janvier Goma, grande ville et noeud économique du Nord-Kivu.Bunia, non loin du lac Albert et de l’Ouganda, est régulièrement le théâtre d’attaques de groupes armés, notamment du M23 et des Forces démocratiques alliées (AFD), à l’origine des rebelles ougandais majoritairement musulmans.”Oui, nous avons déployé nos troupes à Bunia”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la défense ougandaise, Felix Kulayigye. “Il y a eu des massacres commis par des milices et nous avons convenu avec nos homologues congolais de mener des opérations conjointes pour sauver des vies”, a-t-il poursuivi. Samedi, le chef des forces armées ougandaises Muhoozi Kainerugaba avait donné 24 heures “à toutes les forces de Bunia pour rendre leurs armes”.  “S’ils ne le font pas, nous (…) les attaquerons”, avait aussi averti sur X le fils du président Yoweri Museveni, réputé pour ses publications incendiaires. L’armée ougandaise (UPDF) avait annoncé fin janvier qu’elle allait “renforcer ses défenses” dans l’est de la RDC contre les groupes armés, sans détailler combien d’hommes y seraient envoyés. Selon des sources militaires, des milliers de soldats ougandais sont déployés en Ituri. Les ADF ont tué des milliers de civils et multiplient des pillages et meurtres malgré le déploiement de l’UPDF aux côtés des forces armées congolaises (FARDC) dans le cadre d’une opération appelée “Shujaa”, lancée fin 2021. Le déploiement à Bunia fait partie de cette opération et n’accroît pas les effectifs ougandais en RDC, selon Felix Kulayigye.L’Ouganda a été accusé par des experts de travailler aussi contre les intérêts de la RDC en soutenant le M23, lui permettant d’utiliser le territoire ougandais comme voie d’approvisionnement – des accusations que le pays a fermement rejetées.Des analystes craignent que l’escalade dans l’est de la RDC ne conduise à une répétition de la situation de 1998, lorsque l’Ouganda et le Rwanda soutenaient des groupes rebelles dans la région. Cela a déclenché ce que l’on a appelé la deuxième guerre du Congo, qui a duré jusqu’en 2003, impliquant de nombreux pays africains et entraînant des millions de morts dus à la violence, aux maladies et à la famine.

Accord Israël-Hamas sur la libération de six otages samedi après le retour de quatre corps

Le Hamas et Israël ont annoncé mardi un accord pour la libération samedi de six otages israéliens détenus à Gaza après la restitution jeudi des corps de quatre captifs, parmi lesquels figureraient selon le mouvement islamiste, les deux derniers enfants otages. La famille des deux enfants, Ariel et Kfir, âgés de cinq et deux ans, et de leur mère Shiri Bibas, a déclaré être ébranlée par l’annonce du Hamas mais n’avoir reçu aucune “confirmation officielle” de leur mort.Le mouvement islamiste palestinien a annoncé avoir “décidé de remettre quatre corps jeudi, parmi lesquels (ceux de) la famille Bibas”, en échange de la libération samedi par Israël de détenus palestiniens, comme prévu par l’accord de cessez-le-feu.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé que quatre corps seraient remis à Israël jeudi, avant la libération de six otages vivants samedi.Le père des deux enfants, Yarden Bibas, âgé de 35 ans, avait été libéré le 1er février et le sort de ses enfants nourrit depuis des mois l’inquiétude des Israéliens.Toute la famille avait été enlevée lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, au kibboutz Nir Oz, à la lisière de la bande de Gaza, mais Yarden Bibas avait été détenu séparément.Les images alors diffusées par le Hamas de Shiri Bibas serrant contre elle ses deux petits garçons devant leur maison ont été l’un des symboles de l’effroi qui a saisi Israël ce jour-là. Kfir, alors âgé de huit mois et demi, était le plus jeune des 251 otages enlevés. “Nous avons été chamboulés par l’annonce du (…) Hamas sur le retour prévu de nos chers Shiri, Ariel et Kfir ce jeudi”, a écrit mardi la famille. “Tant que nous n’aurons pas de confirmation irréfutable, notre combat continuera”.- “Démilitarisation totale” -Un cessez-le-feu fragile a fait taire les armes dans la bande de Gaza le 19 janvier, après 15 mois d’une guerre dévastatrice.Les discussions, jusque-là retardées, sur la poursuite de la trêve vont commencer “cette semaine”, a assuré mardi le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar. Il a souligné que son pays exigeait “une démilitarisation totale de Gaza” pour l’après-guerre. Outre la restitution jeudi des quatre corps, le négociateur en chef du Hamas, Khalil al-Haya, a annoncé que les libérations des derniers otages “en vie” prévues dans le cadre de la première phase de l’accord auraient lieu samedi.Le Forum des familles d’otages a publié les noms de ces six Israéliens, Eliya Cohen, Tal Shoham, Omer Shem Tov, Omer Wenkert, Hicham al-Sayed et Avera Mengistu.”Bien que nous ayons bon espoir, nous restons prudents et prions pour que Tal revienne sain et sauf”, a déclaré la famille de Tal Shoham.Au total, 33 otages israéliens, dont huit sont morts, doivent être libérés durant la première phase qui s’achève le 1er mars, contre 1.900 Palestiniens détenus par Israël. Depuis le début de la trêve, 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens ont été libérés. Après plus de 500 jours de captivité, 70 personnes sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne.Benjamin Netanyahu avait menacé dimanche d’ouvrir les “portes de l’enfer” dans la bande de Gaza si tous les otages n’étaient pas libérés. – “Départ volontaire” -La deuxième phase de la trêve prévoit la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre, avant une étape finale consacrée à la reconstruction du territoire palestinien en ruines. Le président américain Donald Trump a soulevé un tollé international en annonçant son plan prévoyant de placer la bande de Gaza sous contrôle américain et d’en expulser les 2,4 millions d’habitants afin de reconstruire.L’Arabie saoudite doit accueillir vendredi un mini-sommet arabe pour répondre à ce projet, salué en Israël mais rejeté par les Palestiniens et les pays arabes, avant un sommet extraordinaire au Caire le 4 mars. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé la création d’une “agence spéciale” pour le “départ volontaire” des Gazaouis. Le Qatar, médiateur entre Israël et le Hamas, a de son côté affirmé mardi que l’avenir de Gaza était “une question palestinienne”. L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne lancée en représailles a fait au moins 48.291 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.La trêve doit aussi permettre l’entrée d’une aide internationale accrue dans la bande de Gaza, assiégée par Israël. Mais le Hamas accuse Israël de bloquer l’entrée des préfabriqués et d’équipements de déblaiement des décombres.

Accord Israël-Hamas sur la libération de six otages samedi après le retour de quatre corps

Le Hamas et Israël ont annoncé mardi un accord pour la libération samedi de six otages israéliens détenus à Gaza après la restitution jeudi des corps de quatre captifs, parmi lesquels figureraient selon le mouvement islamiste, les deux derniers enfants otages. La famille des deux enfants, Ariel et Kfir, âgés de cinq et deux ans, et de leur mère Shiri Bibas, a déclaré être ébranlée par l’annonce du Hamas mais n’avoir reçu aucune “confirmation officielle” de leur mort.Le mouvement islamiste palestinien a annoncé avoir “décidé de remettre quatre corps jeudi, parmi lesquels (ceux de) la famille Bibas”, en échange de la libération samedi par Israël de détenus palestiniens, comme prévu par l’accord de cessez-le-feu.Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé que quatre corps seraient remis à Israël jeudi, avant la libération de six otages vivants samedi.Le père des deux enfants, Yarden Bibas, âgé de 35 ans, avait été libéré le 1er février et le sort de ses enfants nourrit depuis des mois l’inquiétude des Israéliens.Toute la famille avait été enlevée lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, au kibboutz Nir Oz, à la lisière de la bande de Gaza, mais Yarden Bibas avait été détenu séparément.Les images alors diffusées par le Hamas de Shiri Bibas serrant contre elle ses deux petits garçons devant leur maison ont été l’un des symboles de l’effroi qui a saisi Israël ce jour-là. Kfir, alors âgé de huit mois et demi, était le plus jeune des 251 otages enlevés. “Nous avons été chamboulés par l’annonce du (…) Hamas sur le retour prévu de nos chers Shiri, Ariel et Kfir ce jeudi”, a écrit mardi la famille. “Tant que nous n’aurons pas de confirmation irréfutable, notre combat continuera”.- “Démilitarisation totale” -Un cessez-le-feu fragile a fait taire les armes dans la bande de Gaza le 19 janvier, après 15 mois d’une guerre dévastatrice.Les discussions, jusque-là retardées, sur la poursuite de la trêve vont commencer “cette semaine”, a assuré mardi le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar. Il a souligné que son pays exigeait “une démilitarisation totale de Gaza” pour l’après-guerre. Outre la restitution jeudi des quatre corps, le négociateur en chef du Hamas, Khalil al-Haya, a annoncé que les libérations des derniers otages “en vie” prévues dans le cadre de la première phase de l’accord auraient lieu samedi.Le Forum des familles d’otages a publié les noms de ces six Israéliens, Eliya Cohen, Tal Shoham, Omer Shem Tov, Omer Wenkert, Hicham al-Sayed et Avera Mengistu.”Bien que nous ayons bon espoir, nous restons prudents et prions pour que Tal revienne sain et sauf”, a déclaré la famille de Tal Shoham.Au total, 33 otages israéliens, dont huit sont morts, doivent être libérés durant la première phase qui s’achève le 1er mars, contre 1.900 Palestiniens détenus par Israël. Depuis le début de la trêve, 19 otages israéliens et 1.134 Palestiniens ont été libérés. Après plus de 500 jours de captivité, 70 personnes sont toujours retenues à Gaza, dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne.Benjamin Netanyahu avait menacé dimanche d’ouvrir les “portes de l’enfer” dans la bande de Gaza si tous les otages n’étaient pas libérés. – “Départ volontaire” -La deuxième phase de la trêve prévoit la libération de tous les otages et la fin définitive de la guerre, avant une étape finale consacrée à la reconstruction du territoire palestinien en ruines. Le président américain Donald Trump a soulevé un tollé international en annonçant son plan prévoyant de placer la bande de Gaza sous contrôle américain et d’en expulser les 2,4 millions d’habitants afin de reconstruire.L’Arabie saoudite doit accueillir vendredi un mini-sommet arabe pour répondre à ce projet, salué en Israël mais rejeté par les Palestiniens et les pays arabes, avant un sommet extraordinaire au Caire le 4 mars. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé la création d’une “agence spéciale” pour le “départ volontaire” des Gazaouis. Le Qatar, médiateur entre Israël et le Hamas, a de son côté affirmé mardi que l’avenir de Gaza était “une question palestinienne”. L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne lancée en représailles a fait au moins 48.291 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.La trêve doit aussi permettre l’entrée d’une aide internationale accrue dans la bande de Gaza, assiégée par Israël. Mais le Hamas accuse Israël de bloquer l’entrée des préfabriqués et d’équipements de déblaiement des décombres.

Ukraine, défense: les Européens entre convergences et désaccords

Face à l’offensive diplomatique américano-russe visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, les Européens vivent une phase clé de leur histoire après une réunion à Paris marquée par des désaccords habituels, mais aussi certaines convergences.”C’est vraiment un moment où ça passe ou ça casse”, résume pour l’AFP une source européenne qui requiert l’anonymat. “Il se joue en Ukraine des choses plus grandes que l’Ukraine, à commencer par notre sécurité”.Des pays-clés européens réunis lundi à Paris sur l’Ukraine ont exprimé à l’unisson la nécessité d’un “accord de paix durable s’appuyant sur des garanties de sécurité” pour Kiev, et leur “disponibilité” à “augmenter leurs investissements” dans la défense, selon un résumé obtenu mardi de sources parlementaires.Le temps est compté. “Jamais depuis 1945, le risque d’une guerre en Europe n’avait été aussi élevé qu’aujourd’hui”, a jugé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant l’Assemblée nationale, notant que parallèlement, “les Etats-Unis, et c’est leur droit, (avaient) décidé de se désengager progressivement”.- “Défis colossaux” -“Il est temps (…) que l’Europe se réveille et qu’elle prenne la mesure des menaces qui sont devant elle”, a-t-il ajouté, relevant que “des défis colossaux” se présentaient à elle pour garantir la paix en Ukraine.Selon Stephan Wolf, professeur à l’Université de Birmingham, “l’Europe a connu de nombreux tournants et avertissements par le passé. Ce qui est différent aujourd’hui, c’est qu’un nouvel ordre multipolaire est en train d’émerger – et l’Europe n’est pas l’un des pôles”.Toutefois, selon des sources parlementaires, la réunion a accouché d’un “accord assez large” autour des principes-clés suivants: “rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine”, “rien sur la sécurité européenne sans les Européens”, “nécessité de soutenir la pleine et entière souveraineté de l’Ukraine” et “de préserver l’unité” de l’Alliance entre Américains et Européens.Et selon ces sources, les participants sont convenus de “redoubler d’efforts pour augmenter” le soutien à Kiev et d’envisager d’augmenter les budgets de la défense.Ces points de convergence n’ont pas empêché les divisions de resurgir. “C’est l’Europe. On est 27 (…) avec des histoires qui sont incroyablement différentes”, résume la source européenne.Plusieurs pays membres ont exprimé notamment des réticences sur l’envoi de troupes européennes en Ukraine, dans l’hypothèse d’un accord de paix.Selon la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni, l’envoi de troupes est la solution “la plus complexe et la moins efficace” pour assurer la paix en Ukraine. Mme Meloni a également souligné l’importance d’impliquer Washington dans toutes discussions sur l’Ukraine.Le chancelier allemand Olaf Scholz a de son côté exhorté l’Europe et les États-Unis à continuer d'”agir ensemble”, tout en estimant qu’il était “hautement inapproprié” de débattre aujourd’hui de l’envoi de troupes en Ukraine, tant que la guerre fait rage.- “Backstop” américain -La solution d’un “backstop” ou soutien américain, évoquée par le Premier ministre britannique Keir Starmer, pourrait rendre une participation militaire allemande en Ukraine moins improbable.Mais selon M. Scholz, il est “totalement prématuré” d’en parler. D’autant que Washington en a exclu l’hypothèse. M. Starmer, qui se rend à Washington la semaine prochaine, pourrait évoquer cette question avec Donald Trump.Le Premier ministre polonais Donald Tusk a aussi fait savoir que son pays ne déploierait pas de soldats. A quelques mois de l’élection présidentielle, dans lesquelles les Européens craignent une ingérence russe, Varsovie a jugé prudent de ne pas annoncer d’engagement.A l’autre bout de l’échiquier continental, la diplomatie hongroise a fustigé “des dirigeants européens frustrés, proguerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix”.Même si le Premier ministre Viktor Orban ne peut, seul, bloquer le Conseil européen, la nouvelle administration américaine semble compter sur ce type de divisions pour imposer ses vues. “L’administration Trump a l’intention d’affaiblir l’unité européenne”, estime Stephan Wolf.Pendant ce temps, Russes et Américains se sont entendus mardi à Ryad pour établir un “mécanisme de consultation” pour régler leurs contentieux et vont nommer des négociateurs pour le règlement de la guerre.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé pour sa part à des pourparlers “équitables”, incluant l’UE, le Royaume-Uni et la Turquie, après avoir dénoncé cette rencontre russo-américaine qui ne fait, a dit à l’AFP un haut responsable ukrainien, qu'”alimenter l’appétit” de Vladimir Poutine.

Ukraine, défense: les Européens entre convergences et désaccords

Face à l’offensive diplomatique américano-russe visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, les Européens vivent une phase clé de leur histoire après une réunion à Paris marquée par des désaccords habituels, mais aussi certaines convergences.”C’est vraiment un moment où ça passe ou ça casse”, résume pour l’AFP une source européenne qui requiert l’anonymat. “Il se joue en Ukraine des choses plus grandes que l’Ukraine, à commencer par notre sécurité”.Des pays-clés européens réunis lundi à Paris sur l’Ukraine ont exprimé à l’unisson la nécessité d’un “accord de paix durable s’appuyant sur des garanties de sécurité” pour Kiev, et leur “disponibilité” à “augmenter leurs investissements” dans la défense, selon un résumé obtenu mardi de sources parlementaires.Le temps est compté. “Jamais depuis 1945, le risque d’une guerre en Europe n’avait été aussi élevé qu’aujourd’hui”, a jugé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, devant l’Assemblée nationale, notant que parallèlement, “les Etats-Unis, et c’est leur droit, (avaient) décidé de se désengager progressivement”.- “Défis colossaux” -“Il est temps (…) que l’Europe se réveille et qu’elle prenne la mesure des menaces qui sont devant elle”, a-t-il ajouté, relevant que “des défis colossaux” se présentaient à elle pour garantir la paix en Ukraine.Selon Stephan Wolf, professeur à l’Université de Birmingham, “l’Europe a connu de nombreux tournants et avertissements par le passé. Ce qui est différent aujourd’hui, c’est qu’un nouvel ordre multipolaire est en train d’émerger – et l’Europe n’est pas l’un des pôles”.Toutefois, selon des sources parlementaires, la réunion a accouché d’un “accord assez large” autour des principes-clés suivants: “rien sur l’Ukraine sans l’Ukraine”, “rien sur la sécurité européenne sans les Européens”, “nécessité de soutenir la pleine et entière souveraineté de l’Ukraine” et “de préserver l’unité” de l’Alliance entre Américains et Européens.Et selon ces sources, les participants sont convenus de “redoubler d’efforts pour augmenter” le soutien à Kiev et d’envisager d’augmenter les budgets de la défense.Ces points de convergence n’ont pas empêché les divisions de resurgir. “C’est l’Europe. On est 27 (…) avec des histoires qui sont incroyablement différentes”, résume la source européenne.Plusieurs pays membres ont exprimé notamment des réticences sur l’envoi de troupes européennes en Ukraine, dans l’hypothèse d’un accord de paix.Selon la Première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni, l’envoi de troupes est la solution “la plus complexe et la moins efficace” pour assurer la paix en Ukraine. Mme Meloni a également souligné l’importance d’impliquer Washington dans toutes discussions sur l’Ukraine.Le chancelier allemand Olaf Scholz a de son côté exhorté l’Europe et les États-Unis à continuer d'”agir ensemble”, tout en estimant qu’il était “hautement inapproprié” de débattre aujourd’hui de l’envoi de troupes en Ukraine, tant que la guerre fait rage.- “Backstop” américain -La solution d’un “backstop” ou soutien américain, évoquée par le Premier ministre britannique Keir Starmer, pourrait rendre une participation militaire allemande en Ukraine moins improbable.Mais selon M. Scholz, il est “totalement prématuré” d’en parler. D’autant que Washington en a exclu l’hypothèse. M. Starmer, qui se rend à Washington la semaine prochaine, pourrait évoquer cette question avec Donald Trump.Le Premier ministre polonais Donald Tusk a aussi fait savoir que son pays ne déploierait pas de soldats. A quelques mois de l’élection présidentielle, dans lesquelles les Européens craignent une ingérence russe, Varsovie a jugé prudent de ne pas annoncer d’engagement.A l’autre bout de l’échiquier continental, la diplomatie hongroise a fustigé “des dirigeants européens frustrés, proguerre et anti-Trump” qui “se réunissent pour empêcher un accord de paix”.Même si le Premier ministre Viktor Orban ne peut, seul, bloquer le Conseil européen, la nouvelle administration américaine semble compter sur ce type de divisions pour imposer ses vues. “L’administration Trump a l’intention d’affaiblir l’unité européenne”, estime Stephan Wolf.Pendant ce temps, Russes et Américains se sont entendus mardi à Ryad pour établir un “mécanisme de consultation” pour régler leurs contentieux et vont nommer des négociateurs pour le règlement de la guerre.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé pour sa part à des pourparlers “équitables”, incluant l’UE, le Royaume-Uni et la Turquie, après avoir dénoncé cette rencontre russo-américaine qui ne fait, a dit à l’AFP un haut responsable ukrainien, qu'”alimenter l’appétit” de Vladimir Poutine.