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Le chef de l’AIEA en visite à Fukushima alors que le Japon renoue avec le nucléaire

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi s’est rendu mercredi sur le site de la centrale nucléaire japonaise accidentée de Fukushima, au lendemain de l’approbation par Tokyo d’un plan énergétique prévoyant un retour à l’énergie nucléaire notamment.L’AIEA supervise les efforts déployés par le Japon pour démanteler la centrale de Fukushima Daiichi (nord-est), accidentée lors du tremblement de terre et du tsunami en mars 2011. La pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl avait provoqué la mort de 18.000 personnes.M. Grossi est arrivé au Japon mardi, le jour où Tokyo a adopté un plan visant à accroître la dépendance à l’égard de l’énergie nucléaire dans l’optique de répondre à la demande croissante en énergie des usines d’intelligence artificielle (IA).”Au moment où le Japon s’engage dans un retour graduel de l’énergie nucléaire dans son mix énergétique, il est important que cela soit fait avec une sécurité totale et avec la confiance de la société”, a-t-il  déclaré après une réunion avec le ministre japonais des Affaires étrangères Takeshi Iwaya.Selon le dernier plan stratégique du Japon pour l’énergie, le secteur nucléaire devrait représenter environ 20% de la fourniture énergétique du Japon d’ici à 2040, contre 5,6% en 2022.- Sols contaminés -Le retour au nucléaire intervient au moment où le pays procède au démantèlement de Fukushima Daiichi, un processus qui devrait prendre des décennies et dont l’étape la plus complexe reste à venir: le retrait des réacteurs accidentés d’environ 880 tonnes de débris radioactifs.M. Grossi – dont c’est la cinquième visite à Fukushima – a vu pour la première fois mercredi les vastes installations “provisoires” de stockage des sols contaminés (ISF) près de la centrale.Près de 13 millions de mètres cubes de terre, l’équivalent d’environ 4.300 piscines olympiques, et 300.000 mètres cubes de déchets issus de l’incinération de matières organiques ont été retirés dans le cadre des activités de décontamination dans le département de Fukushima.Mercredi, des camions et des véhicules de chantier faisaient des allers-retours entre plusieurs lieux où des centaines de grands sacs noirs remplis de terre étaient empilés, certains recouverts d’une fine pellicule de neige, ont constaté des journalistes de l’AFP.Les autorités japonaises prévoient de recycler environ 75% de la terre des sols contaminés – ceux à faible taux de radioactivité – en l’utilisant pour des structures de génie civil, comme des talus pour les routes et les voies ferrées.Le sol qui ne peut être recyclé devrait être éliminé avant l’échéance de 2045 et Tokyo a l’intention de confirmer cette année le choix du site et le processus de destruction.”En ce qui concerne le calendrier, qui a été fixé par la loi à 2045, nous pensons qu’il n’est pas irréaliste. C’est possible”, a déclaré M. Grossi aux journalistes mercredi- “Accroître la transparence” -La méthode de décapage des terres “a été très efficace pour limiter les transferts (radioactifs) parce que les zones les plus connectées aux cours d’eau ont été décontaminées”, a expliqué cette semaine à l’AFP Olivier Evrard, directeur-adjoint du Mitate Lab, un laboratoire de recherche international (CNRS-CEA-Université de Fukushima).”Par contre, cela a eu un coût énorme et génère énormément de déchets. Et cela pose des problèmes de fertilité (des terres) après”, a-t-il ajouté.Une décision qui contraste avec celle de boucler la zone touchée lors de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986 et de la laisser proche de l’état sauvage, selon M. Evrard. Au cours de la visite de M. Grossi, les experts de l’AIEA et ceux de plusieurs pays, dont la Chine et la Corée du Sud, ont également prélevé des échantillons d’eau de mer et de poissons.Ceci “afin qu’ils puissent également vérifier par eux-mêmes que ce que nous faisons est totalement aligné et totalement sûr”, a déclaré le dirigeant argentin de l’AIEA.Après le gigantesque tsunami, provoqué par un séisme de magnitude 9,0, quelque 1,3 million de tonnes d’eau contaminée – de pluie, souterraine et de mer – ainsi que de l’eau nécessaire au refroidissement des réacteurs ont été conservées sur le site.Cette eau, traitée à l’aide du système ALPS (“Système avancé de traitement des liquides”) pour en diminuer la radioactivité, reste entreposée dans plus d’un millier de réservoirs qui occupent actuellement l’essentiel du terrain de la centrale.Des pays tels que la Chine et la Russie ont critiqué leur rejet en mer, qui permet de faire de la place sur le site pour d’autres opérations de démantèlement, et interdisent les importations de produits de la mer japonais.

Bétharram : la Ciivise demande un audit des systèmes d’alerte dans les lieux accueillant des enfants

“Bétharram n’est pas un cas unique” : la Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé mercredi un audit global sur les dispositifs d’alerte existants dans les établissements accueillant des enfants après les révélations de violences commises au sein de l’établissement catholique.Le collège-lycée de Notre-Dame-de-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) est au cœur d’une vaste enquête sur des violences, agressions sexuelles et viols dénoncés par plus d’une centaine de plaignants pour des faits qui auraient été commis entre les années 1970 et 1990. Une enquête a été ouverte par le parquet de Pau. “La commission apporte son total soutien aux personnes qui ont subi ces violences et ont rencontré autour d’elles déni, minimisation et silence administratif et judiciaire”, écrit la Ciivise dans son communiqué.Cette Commission indépendante, chargée de conseiller le gouvernement sur la lutte contre la pédocriminalité, rappelle avoir préconisé “dès 2023 que le dispositif de remontées systématique d’alertes en cas de violences sexuelles dans les établissements sportifs soit étendu pour tous les lieux qui accueillent les enfants”.Elle demande au gouvernement “qu’une mission d’inspection soit lancée pour faire la lumière sur tous les dispositifs d’alerte existants, dans tous les établissements accueillant des enfants, que ce soit dans les structures scolaires et périscolaires, sportives, culturelles, cultuelles”.Il faut, insiste-t-elle, “instaurer les bonnes pratiques garantissant la sécurité des enfants: aucun lieu ne devrait être dispensé de règles spécifiques fermes concernant ces violences ni laissé au bon vouloir de son encadrement professionnel ou bénévole”. Le scandale Bétharram éclabousse le Premier ministre, François Bayrou, dont plusieurs des enfants ont été scolarisés dans le passé dans cette institution béarnaise et où son épouse a enseigné le catéchisme. Celui qui a été ministre de l’Education de 1993 à 1997 a déclaré n’avoir “jamais été informé” dans le passé des agressions sexuelles et viols dont sont soupçonnés des membres de l’établissement sous contrat entre les années 1970 et 1990. Devant l’Assemblée nationale, mardi, il a encore affirmé n’être “jamais” intervenu, “ni de près ni de loin”, auprès de la justice et a contre-attaqué en visant le gouvernement de Lionel Jospin, au pouvoir à la fin des années 1990.- “Pas de réponse” -La Ciivise, instance mise en place en mars 2021 dans le sillage de la publication du livre de Camille Kouchner, “La Familia grande”, déplore également que les 82 recommandations remises au gouvernement en novembre 2023 n’aient “pas reçu de réponse à ce jour”.Lors d’une réunion interministérielle fin 2023, le gouvernement d’alors avait écarté d’emblée 17 de ces préconisations, en avait accepté 41 et demandé des travaux supplémentaires sur 24. “Aujourd’hui en France, les violences sexuelles envers les enfants se produisent et aucune politique publique n’est encore instituée pour y faire face”, déplore cette commission composée d’experts.Selon l’instance, 160.000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Invité sur Sud Radio mercredi matin, le député LFI Paul Vannier a réitéré pour sa part sa demande de création d’une “commission d’enquête sur le contrôle des écoles privées sous contrat”. Cette commission, dont la création doit être débattue mercredi en commission à l’Assemblée nationale, “vise à garantir que tous les élèves de France, y compris ceux qui sont scolarisés dans les établissements privés sous contrat soient protégés”, a-t-il dit. Il faut “qu’ils aient la garantie qu’il y ait des inspecteurs qui viennent observer qu’ils sont en bonne santé, bien accueillis et qu’aucune violence n’est faite sur eux”.

Conseil constitutionnel: Ferrand défend son indépendance et convainc le RN de s’abstenir

“J’ai toujours été et je reste un homme libre”. Fragile candidat à la présidence du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand a répondu mercredi au feu roulant des questions des membres de la commission des lois de l’Assemblée, levant l’opposition du Rassemblement national qui a décidé de s’abstenir.Entendu de 8H30 à 10H30 à l’Assemblée, il est ensuite attendu à partir de 11H00 par la commission des lois du Sénat.”Je ne suis pas un professionnel du droit c’est vrai, mais comme vous un serviteur de la République”, a déclaré dans son propos introductif l’ancien député socialiste puis macroniste (2012-2022). Et pour répondre d’emblée aux critiques concernant sa proximité avec Emmanuel Macron, qu’il a aidé à entrer à l’Elysée, M. Ferrand a assuré avoir “toujours été (…) un homme libre”. “L’indépendance d’esprit est ma nature et ma culture”, a-t-il insisté. Le scrutin, à bulletin secret, s’annonce indécis, en raison notamment de la décision des députés LR de voter contre cette nomination. Mais les députés RN, ainsi que leurs collègues du groupe d’Eric Ciotti, ont désserré l’étau autour de M. Ferrand, en faisant savoir à l’issue de l’audition qu’ils ne prendraient pas part au vote.Pour barrer la route à l’ancien président de l’Assemblée, il faudrait que trois cinquièmes des suffrages exprimés dans les commissions des Lois de l’Assemblée et du Sénat s’opposent à sa nomination.Premier représentant des groupes à interroger M. Ferrand, le député RN Philippe Schreck a réaffirmé que le choix de M. Macron “d’une personnalité politique proche de son camp” ne pouvait “satisfaire” son groupe.L’institution doit se garder de tendre à “un gouvernement des juges, ni constituant, ni législateur”, avait répondu par avance M. Ferrand. “Il faut que chaque institution reste à sa place”, a-t-il insisté.Sans surprise, la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a vilipendé dans cette candidature, un “caprice suprême” du président, “un choix de confort”. “Nous nous opposons à votre nomination comme à Emmanuel Macron, qui ne saurait en aucun cas prétendre, comme vous le suggérez, à un troisième mandat”, lui a-t-elle lancé, dans une allusion à une interview de M. Ferrand où il avait dit regretter “à titre personnel” la limitation du mandat présidentiel dans le temps.”Je connais l’article six de notre constitution et naturellement, il s’appliquera au président actuel comme il s’appliquera à d’autres”, a-t-il assuré. Un troisième mandat consécutif pour M. Macron, cela “n’a jamais été ma pensée, ni mon désir”, a-t-il assuré, lui assurant ne pas avoir une “âme de valet”.Le député LR Olivier Marleix a enchaîné les uppercuts, interrogeant M. Ferrand sur son indépendance vis-à-vis du président, ses compétences juridiques et sa “moralité”, en raison de sa mise en examen pour “prise illégale d’intérêts” dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne – la justice a conclu à un non-lieu pour prescription.- “Pronostic défavorable” -M. Ferrand a été interrogé sur sa position concernant l’article 11 de la Constitution, qui limite le champ des questions qui peuvent être soumises à un référendum direct. “Quelle serait votre position si un président de la République venait à proposer un référendum sur un texte hors du champ de l’article onze?”, lui a demandé l’écologiste Jérémie Iordanoff.M. Ferrand a botté en touche, soulignant qu’il n’y a “pas eu à ce jour de contentieux” permettant d’affirmer que Conseil constitutionnel serait “compétent sur le fond” dans une telle hypothèse, et jugeant qu’il ne serait “pas convenable” qu’il se prononce avant d’être nommé.Sans surprise, M. Ferrand a trouvé peu d’alliés à l’Assemblée hors du camp macroniste, et c’est plutôt au Sénat que se jouera sa nomination. Les cadres macronistes espèrent que l’influent président du Sénat Gérard Larcher (LR) aura sécurisé des voix de droite, largement majoritaires.En attendant les résultats, potentiellement à l’heure du déjeuner, tout le monde y va de son calcul. Un cadre macroniste “pense que ça va passer”. “Pronostic défavorable”, jugeait mardi soir un sénateur LR.Dans l’ombre de la candidature Ferrand, deux parlementaires joueront aussi leur entrée au Conseil constitutionnel, mais uniquement devant leurs commissions respectives. Philippe Bas, sénateur LR candidat de Gérard Larcher, passera très vraisemblablement l’obstacle, auréolé d’un CV copieux et d’une connaissance pointue de la Constitution.Laurence Vichnievsky, députée MoDem, ex-juge d’instruction et candidate de Yaël Braun-Pivet, bénéficie d’une réputation de parlementaire compétente et indépendante, mais part avec moins de certitudes dans une commission plus éclatée politiquement.

Enfin lâcher son téléphone : à Londres, le succès de soirées “offline”

“Je vous le laisse volontiers! Je suis venue pour ça”, lâche Lois Shafier, en abandonnant son téléphone à l’entrée d’une soirée du “Offline Club” à Londres. Ici, pas de notification, pas de réseaux sociaux mais des rencontres, dans le monde réel. Les tickets s’arrachent pour ces “digital detox” de deux heures. Mi-février, la soirée affichait une nouvelle fois complet, avec plus de 150 personnes présentes, la plupart des jeunes adultes entre 20 et 35 ans.Pour ce moment sans téléphone, ils ont payé 9,50 livres sterling (11,40 euros).”Nous sommes la génération de la technologie et des réseaux sociaux, mais nous en avons assez. Nous voulons nous reconnecter au monde réel”, explique Bianca Bolum, 25 ans. C’est la deuxième fois que cette créatrice de bijoux participe à la soirée. Elle est venue seule et espère rencontrer d’autres personnes. Selon le régulateur des médias Ofcom, les Britanniques entre 25 et 34 ans passent en moyenne 04H03 par jour sur leur smartphone. Liliann Delacruz, 22 ans, explique y consacrer une dizaine d’heures, pour échanger avec sa famille, ses amis, surfer sur les réseaux sociaux. “Je suis ici pour sortir de ma bulle”, dit cette étudiante.Sur les tables, autour desquelles s’installent les participants, sont posés des jeux de société, de la peinture. Un brouhaha monte dans la salle, une église qui sert de salle de quartier, alors que les discussions s’animent.”Avoir laissé mon téléphone est libérateur”, se félicite Harry Stead, un ingénieur de 25 ans. “Trop souvent, je ressens le besoin de le regarder”. Il parle de sa “FOMO” (“Fear of missing out”), sa peur de rater quelque chose.- “Epidémie de solitude” -Lois Shafier se dit complètement “accro” à son téléphone et “déteste” cela. Cette assistante de direction de 35 ans est venue avec une amie avec laquelle elle échange tout en cousant. Si elle était chez elle, “c’est sûr”, elle aurait son téléphone tout près d’elle. D’ailleurs, dès que la soirée se termine, elle le rallume rapidement et reste les yeux rivés sur l’écran. L’ironie, c’est que les participants ont connu l’existence de ce club sur les réseaux sociaux, souvent Instagram.”Je ne suis pas contre la technologie. Je ne dis pas : +Débarrassez vous de vos téléphones!+”, explique Ben Hounsell, le fondateur du club à Londres. Mais “beaucoup de gens réalisent que tenir son téléphone à l’écart pendant quelques heures leur fait du bien”, dit ce jeune de 23 ans. Depuis le lancement du club fin octobre, plus de 2.000 personnes ont participé. “Cela grossit très vite”, dit-il.Le club a également ouvert à Paris, Barcelone, Dubaï. Le premier a été créé il y a un an à Amsterdam, par Ilya Kneppelhout et deux amis. Pour lui, il y a bien “une addiction” au smartphone et aux réseaux sociaux. “Nous l’utilisons même si nous savons que cela ne nous fait pas de bien”.Le “Offline Club” répond aussi à “une épidémie de solitude”. “Les gens recherchent une connexion authentique avec d’autres personnes, loin des écrans”. – “Prendre le contrôle” -Ilya Kneppelhout a été inspiré par des clubs de lecture, comme Reading Rhythms à New York ou le Silent Book Club, où des gens se réunissent pour lire ensemble.Pour déconnecter de son téléphone plusieurs jours, il existe des retraites dans de nombreux pays.Des influenceurs ont eux-mêmes essayé de lever le pied. La Française Léna Mahfouf a raconté mi-novembre son “mois sans écran” à ses millions d’abonnés. Venetia La Manna, militante sur les réseaux sociaux pour une mode équitable, se déconnecte tous les week-ends et le fait savoir avec le mot dièse #offline48. “Je suis davantage présente avec mes proches. Je dors mieux. Je suis plus créative”, explique-t-elle à l’AFP.Pour la plupart des gens, le smartphone et les réseaux sociaux “ne nuisent pas à la santé mentale”, affirme Anna Cox, professeure à l’université UCL à Londres, spécialisée dans l’interaction entre l’humain et les technologies. Il s’agit plutôt “d’occasions manquées”, comme une discussion avec son conjoint plutôt que du temps passé sur l’écran.Mais il existe “d’excellentes stratégies” pour contrôler son usage du smartphone. Des apps fixent des limites de temps passé sur les réseaux sociaux. Mettre l’écran en noir et blanc le rend aussi moins attrayant.”Nous devons nous éduquer – et en particulier les jeunes – à prendre le contrôle de nos appareils”, souligne-t-elle.

Un mini-fort Boyard à l’épreuve des vagues en Belgique

L’avenir du fort Boyard, forteresse militaire française de la côte Atlantique, rendue célèbre par une émission télévisée, se joue en partie en Belgique, où des chercheurs ont analysé les effets de la houle et des vagues sur l’édifice, au moyen d’une réplique miniature.La scène se passe dans un centre de recherche d’Ostende (nord-ouest), qui a pris les dimensions d’un hangar pour abriter un bassin à vagues. Au milieu de ce bassin trône un mini-fort Boyard en béton.Réduite à un trentième de la taille réelle, la maquette est une réplique très ressemblante, avec les extrémités arrondies du fort et ses ouvertures précisément espacées l’une de l’autre, sur trois étages.Solidité, stabilité de la structure, résistance à l’érosion et aux submersions: les tests menés par ces spécialistes belges de l’ingénierie côtière et maritime s’inscrivent dans la vaste rénovation prévue à l’horizon 2028.Ils ont été sollicités par la firme française de travaux publics ETPO (groupe Spie Batignolles), engagée dans cette aventure avec le département français de la Charente-maritime, propriétaire du site.Leur particularité est de se baser sur une réplique en 3D du bâtiment étudié, chose rare dans la pratique des chercheurs.”Normalement nous utilisons des modèles en 2D, avec des formes géométriques simplifiées pour des raisons de coût. Là c’est génial d’avoir le fort dans notre bassin et de contribuer à cette rénovation d’un édifice historique”, explique à l’AFP Peter Troch, un des responsables du projet de recherche.”Nous générons des vagues de tempête en conditions réelles et ces tests vont permettre d’améliorer le design initial du fort, tel qu’il a été conçu pour cette rénovation. C’est une forme de validation du projet avant le début des travaux”, poursuit ce professeur de l’université de Gand, qui est un des partenaires du centre ostendais lancé en 2023 (le Coastal & Ocean Basin, COB).- Le facteur changement climatique -Une part importante du travail porte sur les deux extrémités du fort, où le projet prévoit la reconstruction des ouvrages de protection qui ont disparu avec le temps, balayés par les assauts de l’océan.Il s’agit, à l’avant, de l’éperon pointant son nez vers le large, au nord-ouest, et, à l’arrière, du port – ou “havre d’accostage” – par lequel pourront débarquer les visiteurs à partir de 2028 par météo favorable.Autour du bassin à vagues, les techniciens contrôlent sur écran les donnés renvoyées par des capteurs dans l’eau, et leur attention se concentre sur le mur brise-lames placé à l’avant sur l’éperon. Et à quel point il est capable de protéger la bâtisse contre l’action de la houle.”Avec le changement climatique on n’est pas sûrs des conditions de mer qu’on aura à l’avenir”, souligne une des spécialistes de l’université de Gand.”Si on parvient à atténuer l’énergie des vagues qui se propagent, on limite aussi l’érosion, qui a été le grand facteur de dégradation du fort”, ajoute-t-elle.Bâti entre 1803 et 1857, ancien ouvrage militaire devenu prison entre l’île d’Oléron et l’île d’Aix, le fort Boyard était tombé en déshérence avant d’être inscrit aux monuments historiques. Racheté en 1988 par Jacques Antoine, producteur de jeux télévisés, il est cédé l’année suivante au département de la Charente-maritime pour un franc symbolique. A charge pour ce dernier de l’entretenir.Actuellement inaccessible au grand public, la bâtisse continue d’héberger chaque printemps – de mars à fin juin – les tournages du jeu télévisé qui en a fait une vedette mondiale. L’émission “Fort Boyard”, lancée en 1990 en France, a donné lieu à plus de 1.500 épisodes dans une quarantaine de pays.Les travaux de rénovation, qui doivent démarrer cet été, ont été évalués à 36 millions d’euros hors taxe. Les trois quarts de cette somme sont déjà financés. Et pour trouver les neuf millions restants, un appel aux dons a été lancé à la mi-décembre, tablant sur la forte notoriété du lieu.

Un mini-fort Boyard à l’épreuve des vagues en Belgique

L’avenir du fort Boyard, forteresse militaire française de la côte Atlantique, rendue célèbre par une émission télévisée, se joue en partie en Belgique, où des chercheurs ont analysé les effets de la houle et des vagues sur l’édifice, au moyen d’une réplique miniature.La scène se passe dans un centre de recherche d’Ostende (nord-ouest), qui a pris les dimensions d’un hangar pour abriter un bassin à vagues. Au milieu de ce bassin trône un mini-fort Boyard en béton.Réduite à un trentième de la taille réelle, la maquette est une réplique très ressemblante, avec les extrémités arrondies du fort et ses ouvertures précisément espacées l’une de l’autre, sur trois étages.Solidité, stabilité de la structure, résistance à l’érosion et aux submersions: les tests menés par ces spécialistes belges de l’ingénierie côtière et maritime s’inscrivent dans la vaste rénovation prévue à l’horizon 2028.Ils ont été sollicités par la firme française de travaux publics ETPO (groupe Spie Batignolles), engagée dans cette aventure avec le département français de la Charente-maritime, propriétaire du site.Leur particularité est de se baser sur une réplique en 3D du bâtiment étudié, chose rare dans la pratique des chercheurs.”Normalement nous utilisons des modèles en 2D, avec des formes géométriques simplifiées pour des raisons de coût. Là c’est génial d’avoir le fort dans notre bassin et de contribuer à cette rénovation d’un édifice historique”, explique à l’AFP Peter Troch, un des responsables du projet de recherche.”Nous générons des vagues de tempête en conditions réelles et ces tests vont permettre d’améliorer le design initial du fort, tel qu’il a été conçu pour cette rénovation. C’est une forme de validation du projet avant le début des travaux”, poursuit ce professeur de l’université de Gand, qui est un des partenaires du centre ostendais lancé en 2023 (le Coastal & Ocean Basin, COB).- Le facteur changement climatique -Une part importante du travail porte sur les deux extrémités du fort, où le projet prévoit la reconstruction des ouvrages de protection qui ont disparu avec le temps, balayés par les assauts de l’océan.Il s’agit, à l’avant, de l’éperon pointant son nez vers le large, au nord-ouest, et, à l’arrière, du port – ou “havre d’accostage” – par lequel pourront débarquer les visiteurs à partir de 2028 par météo favorable.Autour du bassin à vagues, les techniciens contrôlent sur écran les donnés renvoyées par des capteurs dans l’eau, et leur attention se concentre sur le mur brise-lames placé à l’avant sur l’éperon. Et à quel point il est capable de protéger la bâtisse contre l’action de la houle.”Avec le changement climatique on n’est pas sûrs des conditions de mer qu’on aura à l’avenir”, souligne une des spécialistes de l’université de Gand.”Si on parvient à atténuer l’énergie des vagues qui se propagent, on limite aussi l’érosion, qui a été le grand facteur de dégradation du fort”, ajoute-t-elle.Bâti entre 1803 et 1857, ancien ouvrage militaire devenu prison entre l’île d’Oléron et l’île d’Aix, le fort Boyard était tombé en déshérence avant d’être inscrit aux monuments historiques. Racheté en 1988 par Jacques Antoine, producteur de jeux télévisés, il est cédé l’année suivante au département de la Charente-maritime pour un franc symbolique. A charge pour ce dernier de l’entretenir.Actuellement inaccessible au grand public, la bâtisse continue d’héberger chaque printemps – de mars à fin juin – les tournages du jeu télévisé qui en a fait une vedette mondiale. L’émission “Fort Boyard”, lancée en 1990 en France, a donné lieu à plus de 1.500 épisodes dans une quarantaine de pays.Les travaux de rénovation, qui doivent démarrer cet été, ont été évalués à 36 millions d’euros hors taxe. Les trois quarts de cette somme sont déjà financés. Et pour trouver les neuf millions restants, un appel aux dons a été lancé à la mi-décembre, tablant sur la forte notoriété du lieu.

Ligue des champions: le PSG à un tout petit pas des huitièmes

Dans une forme impressionnante, le PSG est à un tout petit pas des 8e de finale de Ligue des champions après avoir remporté largement le barrage aller face à Brest (3-0), qu’il retrouve mercredi (21h00) au Parc des Princes.Tout va si bien sous le ciel bleu du club parisien depuis quelques semaines, qu’une “remontada” des Bretons mercredi soir au Parc des Princes n’est pas envisageable. Selon le statisticien Opta, Paris a 99,1% de chances de rejoindre le tour suivant.Remonter trois buts au PSG actuel semble impossible pour Brest, vu la différence de niveau constatée la semaine dernière (3-0), encore plus évidente que début février en Ligue 1 (5-2).Même si les Parisiens doivent gérer cette euphorie et que leurs prédécesseurs ont par le passé déjà gâché des avances de cette envergure, ils sont invaincus depuis novembre. Et affichent une solidité telle qu’on voit mal les Bretons renverser la vapeur.En quelques semaines, au coeur de l’hiver, enchaînant phase de possession et phase de transitions rapides, le PSG s’est imposé comme un des principaux cadors européens, comme Liverpool ou Barcelone.Et comme c’est souvent une question de destin dans le football, les coéquipiers d’Ousmane Dembélé – l’un des meilleurs joueurs du monde en ce moment – rencontreront l’une de ces deux équipes en cas de qualification en 8e de finale, pour confirmer ou non leur nouveau statut.Au coeur d’un calendrier intense avec en moyenne un match tous les trois jours, les joueurs de Luis Enrique tiennent la cadence grâce à un turn over important et des cadres laissés au repos en Coupe de France ou en Ligue 1, comme samedi face à Toulouse (1-0) où Dembélé, Donnarumma, Marquinhos, Vitinha, Joao Neves et Nuno Mendes ont commencé sur le banc au coup d’envoi.- “Mission impossible” -En 2025, le PSG a enchaîné 12 matches, notamment les oppositions cruciales contre Manchester City (4-2) et Stuttgart (4-1), avec trois ou quatre jours de repos maximum entre chaque.Heureusement, l’infirmerie est vide si l’on excepte le milieu Warren Zaïre-Emery. Il s’est entrainé à part mardi avec un préparateur physique.”WZE”, victime d’une entorse à la cheville gauche en janvier face à Stuttgart, est donc forfait mercredi soir mais l’entrejeu parisien avec Vitinha, Joao Neves et Fabian Ruiz rivalise avec les meilleurs au niveau européen.De son côté, le latéral Lucas Hernandez, apte physiquement à jouer mercredi, a été “dispensé” de la séance d’entraînement mardi “pour raisons personnelles”, selon le club. “Absolument rien de grave”, a précisé une source proche du club.”L’équipe montre toujours la même intention, quelque soit le joueur qui porte le maillot, on a montré qu’on était toujours compétitif, sans calcul, et ça a une valeur incommensurable”, s’est réjouit samedi le coach parisien après le court succès face au TFC.Pour l’entraîneur breton Eric Roy, “c’est apparemment mission impossible”, avait-il fatalement reconnu mardi soir dernier. “Ils sont, en plus d’être très talentueux, aussi très solides. Et ils l’ont montré ce soir”, avait-il admis, soulignant que Paris est “dans sa meilleure période actuellement”.”Qu’on puisse gagner 4-0 au Parc, je ne sais pas s’il y en a beaucoup qui l’imaginent. Le problème, en plus, c’est qu’au-delà de marquer quatre buts au Parc, il faudrait ne pas en prendre”, avait-il ajouté.