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Violences sexuelles à Bétharram: trois premières gardes à vue

Une accélération après un an d’investigations: trois hommes ont été placés en garde à vue mercredi dans l’affaire des violences physiques et sexuelles au sein de l’établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, qui pourrait faire l’objet prochainement d’une commission d’enquête parlementaire. Ces premières mises en cause concernent des hommes nés en 1931, en 1955 et en 1965, pour des faits présumés s’étalant “entre 1957 et 2004″, selon le procureur de la République à Pau, Rodolphe Jarry.”Enfin, quelque chose de très fort se passe”, c’est “une immense victoire, la concrétisation d’un combat de 15 mois”, a déclaré à l’AFP Alain Esquerre, porte-parole du collectif de plus d’une centaine de plaignants.Les victimes, âgées de 8 à 13 ans à l’époque des faits, évoquent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.Cette annonce survient quatre jours après une réunion, à Pau, entre des victimes et le Premier ministre François Bayrou, sous pression dans ce dossier depuis la parution, début février, de témoignages affirmant qu’il était au courant de premières accusations contre l’établissement dans les années 1990, ce qu’il dément.À l’issue de cette longue entrevue, le chef du gouvernement avait promis des moyens supplémentaires pour l’enquête. Le parquet a toutefois souligné mercredi que le calendrier des interpellations avait été arrêté “dès le 31 janvier 2025”.- 132 plaintes – Le collectif des victimes de Bétharram a recensé à ce jour 132 plaintes, soit une quinzaine de signalements supplémentaires en quelques jours. Le parquet en confirmera le nombre total à l’issue des gardes à vue qui peuvent durer jusqu’à 48 heures, a indiqué le procureur.Parmi ces plaintes, “rares” sont celles qui ne sont pas frappées par la prescription, estime Alain Esquerre, qui indiquait en juillet que deux laïcs toujours en vie et un prêtre décédé étaient particulièrement visés.En février 2024, un laïc encore en poste avait été démis de ses fonctions peu après l’ouverture de l’enquête.Une vingtaine de victimes de Bétharram ont d’ores et déjà été indemnisées par la Commission reconnaissance et réparation (CRR), qui accompagne les personnes abusées dans des congrégations catholiques. Depuis deux semaines, le scandale Bétharram éclabousse le Premier ministre, François Bayrou, dont plusieurs des enfants ont été scolarisés dans le passé dans cette institution béarnaise, où son épouse a enseigné le catéchisme. Celui qui a été ministre de l’Éducation de 1993 à 1997 répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des agressions sexuelles et viols dans l’établissement et a contre-attaqué mardi en visant le gouvernement de Lionel Jospin, au pouvoir en 1998, au moment d’une première plainte pour viol, abandonnée après le suicide du prêtre mis en cause début 2000.- La Ciivise demande un audit – Devant l’Assemblée nationale, il a réaffirmé mardi n’être “jamais” intervenu, “ni de près ni de loin”, auprès de la justice, rappelant même avoir commandité une enquête académique en 1996 après une première plainte d’élève pour une violente gifle. L’inspecteur académique, qui concluait à l’époque que les élèves n’étaient pas “brutalisés” à Bétharram, a exprimé mercredi des regrets, estimant que son rapport de trois pages “ne tient pas la route actuellement”. Ses propos, rapportés par la Cellule investigation de Radio France, ont “sidéré” et “scandalisé” Alain Esquerre, qui estime que “si ce monsieur avait fait son travail, son rapport aurait fait scandale, le procureur aurait été saisi et on aurait évité tous les viols et violences perpétrés ensuite pendant une dizaine d’années au sein de l’établissement”. À l’Assemblée nationale, la création d’une commission d’enquête “sur les modalités du contrôle de l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires” a été votée à l’unanimité, mercredi, en commission des affaires culturelles et de l’éducation. Le périmètre de cette commission, dont la création doit encore être officiellement actée, “vise à protéger tous les élèves de notre pays”, a déclaré devant la presse le député LFI Paul Vannier, qui a de nouveau accusé mardi M. Bayrou de “mensonge” et d’avoir “changé par trois fois déjà (sa) version” des faits dans cette affaire. La Commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a demandé pour sa part un audit global sur les dispositifs d’alerte existants dans les établissements accueillant des enfants, estimant que “Bétharram n’est pas un cas unique”.Cette commission indépendante, chargée de conseiller le gouvernement pour la lutte contre la pédocriminalité, rappelle avoir préconisé “dès 2023 que le dispositif de remontées systématique d’alertes en cas de violences sexuelles dans les établissements sportifs soit étendu pour tous les lieux qui accueillent les enfants”.Selon l’instance, 160.000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. brk-cac-cas-tsq-la-mep-gf/ppy/cbn

Le pape, hospitalisé pour une pneumonie, respire sans assistance

Le pape François, dont l’hospitalisation à 88 ans suscite l’inquiétude, est atteint d’une pneumonie touchant les deux poumons, mais respire sans assistance, peut se lever et a un cœur qui “résiste très bien”, a indiqué mercredi une source vaticane.Le pontife, hospitalisé depuis vendredi à l’hôpital Gemelli de Rome, a passé mardi un scanner thoracique qui a révélé une pneumonie sur les deux poumons et continue d’afficher un tableau clinique “complexe” nécessitant “un traitement médicamenteux supplémentaire”, selon son dernier bulletin de santé.Le jésuite argentin, qui souffre d’une fragilité respiratoire et à qui on a retiré le lobe supérieur du poumon droit dans sa jeunesse, a contracté une “infection polymicrobienne, dans un contexte de bronchectasies et de bronchite asthmatique”.Mercredi, il a reçu la visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui l’a trouvé “alerte” et “réactif” et a affirmé avoir même “plaisanté” avec lui.L’annonce mardi soir de cette pneumonie – une infection du tissu pulmonaire, potentiellement mortelle – a toutefois ravivé l’inquiétude autour du chef de l’Eglise catholique, dont la santé déclinante est très éprouvée par un agenda surchargé.Les préoccupations sont renforcées par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, notamment sur X, rapportant la mort du pape en plusieurs langues. Mercredi matin, le Vatican s’est voulu rassurant sur l’état de santé de François. Le pape a “passé une nuit paisible, s’est réveillé et a pris son petit déjeuner”, a affirmé aux journalistes le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni.Selon une source vaticane, le pape peut se lever et s’asseoir dans un fauteuil. Il respire seul mais il n’est pas exclu qu’il reçoive, par intermittence, une assistance en oxygène.Toutefois cette maladie représente “certainement une situation difficile” pour le pape, estime Andrea Ungar, professeur de Gériatrie à l’université de Florence, interrogé par l’AFP. L’infection “est passée d’un poumon à l’autre par les bronches (…) et peut causer une insuffisance respiratoire”, observe cet expert, qui souligne l’importance pour le pape de continuer à rester “actif”.- “Situation délicate” -Toutes les activités publiques du pape ont été annulées jusqu’à ce week-end, y compris celles liées au Jubilé de l’Eglise catholique, “Année sainte” célébrée une fois tous les 25 ans.Si aucune information officielle n’a été donnée sur sa durée, cette nouvelle hospitalisation, la quatrième en moins de quatre ans, pourrait durer de deux à trois semaines, selon le théologien jésuite Antonio Spadaro, proche du pape.”Il est clair que la situation est délicate, mais je n’ai perçu aucune forme d’alarmisme”, a-t-il déclaré au quotidien italien Il Corriere della Sera. Le pape “a une énergie vitale extraordinaire. Ce n’est pas quelqu’un qui se laisse aller, ce n’est pas un homme résigné.”Le cardinal Baldassare Reina, adjoint du pape pour son évêché de Rome, a appelé toutes les paroisses de la Ville éternelle à prier pour sa guérison.Devant l’hôpital Gemelli, des fidèles ont allumé des bougies à l’effigie du pape en signe de soutien. “C’est une personne extraordinaire qui a su tenir le cap à un moment où l’Église catholique était et est peut-être encore en difficulté”, a confié à l’AFPTV Rosa Maria, qui souhaite que le pape “revienne parmi nous”. “Nous avons besoin de lui”, insiste-t-elle.”Je lui souhaite de se rétablir le plus vite possible parce que c’est l’année du Jubilé et il a tellement à faire pour les jeunes, pour tout le monde, c’est très triste”, a renchéri Annamaria Santoro, une Italienne dont le fils est aussi hospitalisé.Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années – problèmes de hanche, douleurs au genou qui l’obligent à se déplacer en fauteuil roulant, opérations, infections respiratoires – Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, a maintenu un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.Avant son hospitalisation, l’évêque de Rome était apparu affaibli, le visage gonflé, la voix essoufflée, et avait à plusieurs reprises délégué la lecture de ses discours à ses assistants.En 2023, il avait déjà été hospitalisé trois jours pour une bronchite.Depuis son élection en 2013, le pape a toujours laissé ouverte la possibilité de renoncer à sa charge si sa santé l’empêchait d’exercer ses fonctions, à l’image de son prédécesseur Benoît XVI.Mais dans un livre publié en 2024, François assurait que la démission était une “possibilité lointaine” qui ne se justifierait qu’en cas d'”empêchement physique grave”.

Le pape, hospitalisé pour une pneumonie, respire sans assistance

Le pape François, dont l’hospitalisation à 88 ans suscite l’inquiétude, est atteint d’une pneumonie touchant les deux poumons, mais respire sans assistance, peut se lever et a un cœur qui “résiste très bien”, a indiqué mercredi une source vaticane.Le pontife, hospitalisé depuis vendredi à l’hôpital Gemelli de Rome, a passé mardi un scanner thoracique qui a révélé une pneumonie sur les deux poumons et continue d’afficher un tableau clinique “complexe” nécessitant “un traitement médicamenteux supplémentaire”, selon son dernier bulletin de santé.Le jésuite argentin, qui souffre d’une fragilité respiratoire et à qui on a retiré le lobe supérieur du poumon droit dans sa jeunesse, a contracté une “infection polymicrobienne, dans un contexte de bronchectasies et de bronchite asthmatique”.Mercredi, il a reçu la visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui l’a trouvé “alerte” et “réactif” et a affirmé avoir même “plaisanté” avec lui.L’annonce mardi soir de cette pneumonie – une infection du tissu pulmonaire, potentiellement mortelle – a toutefois ravivé l’inquiétude autour du chef de l’Eglise catholique, dont la santé déclinante est très éprouvée par un agenda surchargé.Les préoccupations sont renforcées par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, notamment sur X, rapportant la mort du pape en plusieurs langues. Mercredi matin, le Vatican s’est voulu rassurant sur l’état de santé de François. Le pape a “passé une nuit paisible, s’est réveillé et a pris son petit déjeuner”, a affirmé aux journalistes le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni.Selon une source vaticane, le pape peut se lever et s’asseoir dans un fauteuil. Il respire seul mais il n’est pas exclu qu’il reçoive, par intermittence, une assistance en oxygène.Toutefois cette maladie représente “certainement une situation difficile” pour le pape, estime Andrea Ungar, professeur de Gériatrie à l’université de Florence, interrogé par l’AFP. L’infection “est passée d’un poumon à l’autre par les bronches (…) et peut causer une insuffisance respiratoire”, observe cet expert, qui souligne l’importance pour le pape de continuer à rester “actif”.- “Situation délicate” -Toutes les activités publiques du pape ont été annulées jusqu’à ce week-end, y compris celles liées au Jubilé de l’Eglise catholique, “Année sainte” célébrée une fois tous les 25 ans.Si aucune information officielle n’a été donnée sur sa durée, cette nouvelle hospitalisation, la quatrième en moins de quatre ans, pourrait durer de deux à trois semaines, selon le théologien jésuite Antonio Spadaro, proche du pape.”Il est clair que la situation est délicate, mais je n’ai perçu aucune forme d’alarmisme”, a-t-il déclaré au quotidien italien Il Corriere della Sera. Le pape “a une énergie vitale extraordinaire. Ce n’est pas quelqu’un qui se laisse aller, ce n’est pas un homme résigné.”Le cardinal Baldassare Reina, adjoint du pape pour son évêché de Rome, a appelé toutes les paroisses de la Ville éternelle à prier pour sa guérison.Devant l’hôpital Gemelli, des fidèles ont allumé des bougies à l’effigie du pape en signe de soutien. “C’est une personne extraordinaire qui a su tenir le cap à un moment où l’Église catholique était et est peut-être encore en difficulté”, a confié à l’AFPTV Rosa Maria, qui souhaite que le pape “revienne parmi nous”. “Nous avons besoin de lui”, insiste-t-elle.”Je lui souhaite de se rétablir le plus vite possible parce que c’est l’année du Jubilé et il a tellement à faire pour les jeunes, pour tout le monde, c’est très triste”, a renchéri Annamaria Santoro, une Italienne dont le fils est aussi hospitalisé.Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années – problèmes de hanche, douleurs au genou qui l’obligent à se déplacer en fauteuil roulant, opérations, infections respiratoires – Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, a maintenu un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.Avant son hospitalisation, l’évêque de Rome était apparu affaibli, le visage gonflé, la voix essoufflée, et avait à plusieurs reprises délégué la lecture de ses discours à ses assistants.En 2023, il avait déjà été hospitalisé trois jours pour une bronchite.Depuis son élection en 2013, le pape a toujours laissé ouverte la possibilité de renoncer à sa charge si sa santé l’empêchait d’exercer ses fonctions, à l’image de son prédécesseur Benoît XVI.Mais dans un livre publié en 2024, François assurait que la démission était une “possibilité lointaine” qui ne se justifierait qu’en cas d'”empêchement physique grave”.

Elections allemandes: compte à rebours pour Scholz, dernier duel face à Merz

Le chancelier Olaf Scholz joue son va-tout mercredi soir dans un ultime duel télévisé face au chef de l’opposition, le conservateur Friedrich Merz, grand favori des élections allemandes de dimanche, au terme de la campagne la plus intense de l’histoire récente.L’immigration, thématique qui domine les débats depuis des semaines, devrait de nouveau figurer en bonne place dans ce deuxième face-à-face diffusé à 20h15 (19h15 GMT) sur les sites des médias conservateurs Welt et Bild.La politique étrangère est revenue à l’ordre du jour de la campagne, percutée par les tensions entre Européens et Américains sur les négociations annoncées en vue d’un règlement de la guerre en Ukraine.Le soutien apporté par l’entourage de Donald Trump au parti d’extrême droite allemand AfD, en passe de s’imposer comme la deuxième force politique du pays, a fait un peu plus grimper la tension.Relégué en troisième place des sondages, le parti social-démocrate (SPD) du chancelier Scholz pourrait encaisser dimanche son pire résultat de l’après-guerre. Il est crédité de 15% des intentions de vote, la moitié du score attendu par l’alliance conservatrice CDU/CSU (environ 30%) suivi de l’AfD (environ 20%).- Pas de remontada -Les cadres du SPD veulent encore y croire. “Plus de 30% des gens sont encore indécis”, fait valoir le secrétaire général du parti Matthias Miersch.Mais la remontada espérée en début de campagne, qui avait permis à Olaf Schoz de créer la surprise aux élections de 2021, n’a pas eu lieu jusqu’à présent.Le dirigeant de 66 ans, vétéran de la scène politique, pourrait voir sa carrière politique prendre fin dimanche, si les prédictions des sondages se confirment.Il a déjà exclu d’entrer dans un gouvernement dirigé par Friedrich Merz.La formation d’une grande coalition entre CDU/CSU et SPD est le scénario le plus probable à l’issue des élections. C’est un parti social-démocrate affaibli et désuni qui devra trouver les ressources pour négocier sa place dans la future alliance.Pour Friedrich Merz, l’enjeu du dernier débat sera d’éviter tout faux pas, au moment où il se rapproche du but. Fin janvier, son initiative parlementaire visant à durcir la politique migratoire avec les voix du parti d’extrême droite AfD avait fragilisé sa position.Depuis la Deuxième guerre mondiale, les partis modérés traditionnels ont toujours exclu une coopération avec l’extrême droite au niveau fédéral, maintenant ce qu’ils qualifient de “cordon sanitaire” ou “pare-feu”.Dénoncée dans des manifestations massives organisées depuis lors dans toute l’Allemagne, l’amorce de rapprochement n’a pas porté préjudice aux intentions de vote des conservateurs.Dans une enquête de l’institut de sondage INSA, 40% des personnes interrogées considère Friedrich Merz comme plus compétent qu’Olaf Scholz, favori de 28% des sondés. Il y obtient de meilleurs scores sur l’immigration, la sécurité et l’économie.- Financement de l’AfD -Non conviée au débat du jour, l’AfD occupe toujours l’attention médiatique.Confortée la semaine dernière par le soutien du vice-président américain JD Vance qui a regretté le “pare-feu” érigé par les autres partis pour l’empêcher d’accéder au pouvoir, la formation pourrait doubler dimanche son score par rapport à 2021.Mais depuis plusieurs jours, sa candidate Alice Weidel doit justifier le fait de résider en Suisse et non sur la rive allemande du lac de Constance où elle est officiellement domicilée.”Je ne peux plus circuler librement en Allemagne”, s’est elle défendue dimanche dans Bild, mettant en cause “la haine et l’agitation” dirigée contre elle.Mercredi, le magazine allemand Spiegel et le journal autrichien Standard font état d’une enquête en Autriche sur le financement de la campagne de l’AfD.En cause, un don au parti, d’une valeur de 2,35 millions d’euros, effectué par un ancien responsable du parti d’extrême droite autrichien FPÖ qui aurait servi “d’homme de paille” pour un “milliardaire de l’immobilier”, indiquent ces journaux.

Zelensky accuse Trump de vivre “dans un espace de désinformation” russe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé mercredi que son homologue américain vivait “dans un espace de désinformation” russe, au lendemain de critiques acerbes de Donald Trump reprenant la rhétorique du Kremlin, dans un contexte de rapprochement russo-américain.Cette joute verbale se déroule alors que l’émissaire du président américain pour l’Ukraine, Keith Kellogg, est arrivé mercredi à Kiev avec l’intention d'”écouter les préoccupations” des Ukrainiens.Elle fait craindre une rupture entre Kiev et Washington, au moment où les Etats-Unis ont entamé des pourparlers directs avec Moscou, les chefs de la diplomatie des deux puissances s’étant rencontrés mardi pour la première fois depuis le début de la guerre, en Arabie Saoudite.Ils y sont notamment convenus de négocier sur l’Ukraine, sans convier Kiev ni les Européens, qui craignent désormais un accord dans leur dos et contre leurs intérêts.”Le président Trump, que nous respectons beaucoup (…) malheureusement, vit dans cet espace de désinformation”, a déclaré M. Zelensky lors d’une conférence de presse à Kiev, estimant que cette “désinformation” “venait de Russie”.Il a aussi accusé l’administration américaine d’aider Vladimir Poutine à “sortir d’années d’isolement” vis-à-vis de l’Occident, le président russe ayant été traité en paria par les Occidentaux depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.M. Zelensky a été mardi la cible d’attaques verbales inédites du président américain, qui a mis en cause sa légitimité, sa volonté de trouver une issue au conflit et semblé le tenir responsable de l’invasion de son pays par la Russie. Des propos qui font écho à ceux du Kremlin.Dans ces déclarations qui ont choqué en Ukraine, M. Trump a accusé le président ukrainien d’être impopulaire, critiqué l’absence d’élections et assuré qu’une partie de l’aide américaine avait été détournée.- “Garanties de sécurité” -Volodymyr Zelensky jouit pourtant de la confiance de 57% des Ukrainiens, selon un sondage réalisé début février par l’Institut international de sociologie de Kiev et publié mercredi. M. Trump avait affirmé que la cote de confiance de son homologue ukrainien était de 4%.Si le mandat du président ukrainien aurait dû expirer en mai 2024, l’Ukraine n’a pas organisé d’élections du fait de la guerre et de la loi martiale, alors que des millions d’Ukrainiens ont fui à l’étranger et que 20% du territoire est sous occupation russe.Et si M. Trump a assuré que Washington a “donné 350 milliards” à l’Ukraine et accusé M. Zelensky de ne pas savoir “où était la moitié de l’argent”, l’Institut économique IfW Kiel chiffre l’aide américaine à 114,2 milliards de dollars depuis 2022.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui salué les critiques de Donald Trump et qualifié M. Zelensky de “pathétique”. Il s’est aussi félicité que le président américain “dise haut et fort” que la volonté d’élargir l’Otan à l’Ukraine a causé la guerre – la rhétorique de Moscou pour justifier le déclenchement de son offensive.La tâche d’expliciter la position américaine revient désormais à son envoyé spécial Keith Kellogg, arrivé mercredi matin à Kiev par train depuis la Pologne.Adoptant un ton conciliant, il a dit comprendre le besoin de “garanties de sécurité” de l’Ukraine. “Une partie de ma mission est de m’assoir, d’écouter vos préoccupations en ce qui concerne les Etats-Unis”, a-t-il ajouté.M. Zelensky a indiqué que des “garanties de sécurité” de la part des Occidentaux étaient nécessaire pour pouvoir “mettre fin à la guerre” cette année.- Rapprochement russo-américain -Le président ukrainien avait indiqué le week-end dernier vouloir amener Keith Kellogg sur le front pour qu’il “en parle au président Trump”.Les inquiétudes ukrainiennes sont légion depuis les discussions russo-américaines mardi à Ryad, dénoncées comme étant des pourparlers “sur l’Ukraine sans l’Ukraine” par M. Zelensky.Il a insisté mardi pour que l’Ukraine, l’Union européenne, la Turquie et le Royaume-Uni soient inclus dans les discussions.Lors de ces pourparlers, Russes et Américains ont posé les jalons du rétablissement de leurs relations, convenant d’établir un “mécanisme de consultation” pour surmonter leurs contentieux et de nommer des négociateurs pour l’Ukraine, un processus dont sont exclus à ce stade Kiev et les Européens.Au-delà de l’Ukraine, la Russie veut discuter de l’architecture de la sécurité en Europe dans son ensemble. Moscou réclame un recul de l’Otan, qu’elle considère comme une menace existentielle.Le Kremlin a jugé mercredi que ces discussions représentaient un “pas très, très important” en vue d’un “règlement pacifique” du conflit en Ukraine.Tenus à l’écart, des dirigeants européens et le Canada doivent se réunir à Paris mercredi après-midi à l’invitation du président Emmanuel Macron, après une première rencontre lundi avec les principaux soutiens européens de l’Ukraine.Sur le terrain, une attaque de drones russes a provoqué des coupures de courant massives dans la cité méridionale d’Odessa, laissant au moins 160.000 habitants sans chauffage ni électricité, de même que des écoles et hôpitaux, selon les autorités.Selon le gouverneur régional, Oleg Kiper, quatre personnes ont été blessées, dont un enfant.

Zelensky accuse Trump de vivre “dans un espace de désinformation” russe

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé mercredi que son homologue américain vivait “dans un espace de désinformation” russe, au lendemain de critiques acerbes de Donald Trump reprenant la rhétorique du Kremlin, dans un contexte de rapprochement russo-américain.Cette joute verbale se déroule alors que l’émissaire du président américain pour l’Ukraine, Keith Kellogg, est arrivé mercredi à Kiev avec l’intention d'”écouter les préoccupations” des Ukrainiens.Elle fait craindre une rupture entre Kiev et Washington, au moment où les Etats-Unis ont entamé des pourparlers directs avec Moscou, les chefs de la diplomatie des deux puissances s’étant rencontrés mardi pour la première fois depuis le début de la guerre, en Arabie Saoudite.Ils y sont notamment convenus de négocier sur l’Ukraine, sans convier Kiev ni les Européens, qui craignent désormais un accord dans leur dos et contre leurs intérêts.”Le président Trump, que nous respectons beaucoup (…) malheureusement, vit dans cet espace de désinformation”, a déclaré M. Zelensky lors d’une conférence de presse à Kiev, estimant que cette “désinformation” “venait de Russie”.Il a aussi accusé l’administration américaine d’aider Vladimir Poutine à “sortir d’années d’isolement” vis-à-vis de l’Occident, le président russe ayant été traité en paria par les Occidentaux depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.M. Zelensky a été mardi la cible d’attaques verbales inédites du président américain, qui a mis en cause sa légitimité, sa volonté de trouver une issue au conflit et semblé le tenir responsable de l’invasion de son pays par la Russie. Des propos qui font écho à ceux du Kremlin.Dans ces déclarations qui ont choqué en Ukraine, M. Trump a accusé le président ukrainien d’être impopulaire, critiqué l’absence d’élections et assuré qu’une partie de l’aide américaine avait été détournée.- “Garanties de sécurité” -Volodymyr Zelensky jouit pourtant de la confiance de 57% des Ukrainiens, selon un sondage réalisé début février par l’Institut international de sociologie de Kiev et publié mercredi. M. Trump avait affirmé que la cote de confiance de son homologue ukrainien était de 4%.Si le mandat du président ukrainien aurait dû expirer en mai 2024, l’Ukraine n’a pas organisé d’élections du fait de la guerre et de la loi martiale, alors que des millions d’Ukrainiens ont fui à l’étranger et que 20% du territoire est sous occupation russe.Et si M. Trump a assuré que Washington a “donné 350 milliards” à l’Ukraine et accusé M. Zelensky de ne pas savoir “où était la moitié de l’argent”, l’Institut économique IfW Kiel chiffre l’aide américaine à 114,2 milliards de dollars depuis 2022.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a lui salué les critiques de Donald Trump et qualifié M. Zelensky de “pathétique”. Il s’est aussi félicité que le président américain “dise haut et fort” que la volonté d’élargir l’Otan à l’Ukraine a causé la guerre – la rhétorique de Moscou pour justifier le déclenchement de son offensive.La tâche d’expliciter la position américaine revient désormais à son envoyé spécial Keith Kellogg, arrivé mercredi matin à Kiev par train depuis la Pologne.Adoptant un ton conciliant, il a dit comprendre le besoin de “garanties de sécurité” de l’Ukraine. “Une partie de ma mission est de m’assoir, d’écouter vos préoccupations en ce qui concerne les Etats-Unis”, a-t-il ajouté.M. Zelensky a indiqué que des “garanties de sécurité” de la part des Occidentaux étaient nécessaire pour pouvoir “mettre fin à la guerre” cette année.- Rapprochement russo-américain -Le président ukrainien avait indiqué le week-end dernier vouloir amener Keith Kellogg sur le front pour qu’il “en parle au président Trump”.Les inquiétudes ukrainiennes sont légion depuis les discussions russo-américaines mardi à Ryad, dénoncées comme étant des pourparlers “sur l’Ukraine sans l’Ukraine” par M. Zelensky.Il a insisté mardi pour que l’Ukraine, l’Union européenne, la Turquie et le Royaume-Uni soient inclus dans les discussions.Lors de ces pourparlers, Russes et Américains ont posé les jalons du rétablissement de leurs relations, convenant d’établir un “mécanisme de consultation” pour surmonter leurs contentieux et de nommer des négociateurs pour l’Ukraine, un processus dont sont exclus à ce stade Kiev et les Européens.Au-delà de l’Ukraine, la Russie veut discuter de l’architecture de la sécurité en Europe dans son ensemble. Moscou réclame un recul de l’Otan, qu’elle considère comme une menace existentielle.Le Kremlin a jugé mercredi que ces discussions représentaient un “pas très, très important” en vue d’un “règlement pacifique” du conflit en Ukraine.Tenus à l’écart, des dirigeants européens et le Canada doivent se réunir à Paris mercredi après-midi à l’invitation du président Emmanuel Macron, après une première rencontre lundi avec les principaux soutiens européens de l’Ukraine.Sur le terrain, une attaque de drones russes a provoqué des coupures de courant massives dans la cité méridionale d’Odessa, laissant au moins 160.000 habitants sans chauffage ni électricité, de même que des écoles et hôpitaux, selon les autorités.Selon le gouverneur régional, Oleg Kiper, quatre personnes ont été blessées, dont un enfant.