AFP World

Scandale de Bétharram: les gardes à vue s’achèvent pour deux anciens surveillants

Vers de premières mises en cause dans le scandale de Bétharram? La garde à vue de deux anciens surveillants de l’établissement catholique du Béarn s’achève vendredi dans le cadre de l’enquête sur les violences physiques et sexuelles que dénoncent plus d’une centaine d’anciens élèves.Le parquet de Pau a “mis un terme”, jeudi, à l’interrogatoire d’un ex-prêtre nonagénaire, sans rien dire des suites de la procédure judiciaire.Les gendarmes enquêtent depuis un an sur cette institution longtemps réservée aux garçons. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, a dénoncé jeudi la Conférence des évêques de France (CEF).Les trois hommes, nés en 1931, 1955 et 1965, avaient été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période allant de 1957 à 2004, selon le procureur Rodolphe Jarry.D’après une source proche du dossier, l’un des surveillants avait été démis de ses fonctions en février 2024, peu après l’ouverture de l’enquête, alors qu’il était visé par au moins huit plaintes. L’autre officia comme surveillant général.- “Cheval” -Des victimes interrogées par l’AFP mettent en cause les trois suspects.”J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant celui que l’on surnommait “Cheval” à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne auprès de l’AFP un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, le surveillant écarté l’an dernier. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, raconte-t-il.- “Sérialité” -Parmi les 132 plaintes recensées par le collectif des victimes, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime son porte-parole Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire.Pour Me Jean-François Blanco, avocat en 1996 d’un élève victime d’une violente claque, la période retenue par le procureur, longue d’un demi-siècle, situe cependant “les crimes dans leur sérialité”, “critère fondamental” pour l’appréciation de la prescription.La loi de 2021 sur la protection des mineurs contre les crimes et délits sexuels permet de prolonger le délai de prescription d’un premier viol si la même personne récidive sur un autre mineur.Ces interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou, mis en cause depuis début février par plusieurs témoignages affirmant qu’il était au courant de premières accusations entourant l’établissement dans les années 1990, ce qu’il dément.Le chef du gouvernement, ministre de l’Éducation de 1993 à 1997, répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme.Une ancienne enseignante de Bétharram, Françoise Gullung, a maintenu pour sa part, dans une vidéo diffusée jeudi par Mediapart, l’avoir alerté de vive voix et par écrit, à l’époque, sur les violences et humiliations infligées aux élèves.Elle y raconte également avoir sollicité, en vain, une intervention de Mme Bayrou, un jour où toutes deux entendaient un enfant hurler sous les coups d’un membre de l’encadrement.Un rapport d’inspection du rectorat de Bordeaux, diligenté au printemps 1996 avant une visite de l’actuel Premier ministre à Bétharram, avait conclu que les élèves n’y étaient pas “brutalisés”.

De Guantanamo au Venezuela: nouvelles expulsions américaines après les accords Maduro-Trump

Les Etats-Unis ont renvoyé de leur base cubaine de Guantanamo 170 migrants vénézuéliens vers leur pays, avec une escale au Honduras, à la demande des autorités vénézuéliennes, dans un nouveau signe de coopération entre Washington et Caracas.Ce groupe s’ajoute aux 190 migrants vénézuéliens renvoyés chez eux il y a 10 jours dans le cadre de la politique d’expulsions massives promise par le président Donald Trump à son retour au pouvoir.Le Venezuela et les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 2019, au cours de la première administration Trump qui menait l’offensive internationale contre le président Nicolás Maduro à coups de sanctions.Et si la position officielle de Washington reste de ne pas reconnaître M. Maduro, qui a prêté serment pour un troisième mandat après une élection contestée, le président américain a initié des contacts avec son homologue axés sur la migration et la libération de ressortissants américains emprisonnés au Venezuela.Un avion américain a transféré les 170 Vénézuéliens de Guantanamo au Honduras, où ils doivent embarquer sur un vol vénézuélien à destination de leur pays.Ce retour a été demandé par Caracas, qui a estimé qu’ils avaient été “injustement emmenés” vers la base cubaine de Guantanamo, connue pour sa prison militaire ouverte après les attentats du 11-Septembre 2001 et qui héberge toujours une trentaine de détenus accusés de “terrorisme”.Le gouvernement américain a signalé début février le transfert de dix membres du gang vénézuélien “Tren de Aragua” vers Guantanamo où 30.000 lits ont été installés pour les migrants.Cette organisation a été désignée par les Etats-Unis et le Canada comme terroriste. “Si l’un des rapatriés se trouve dans une situation correspondant à l’une des formes de criminalité établies dans notre système juridique, les autorités compétentes agiront conformément à la loi”, a déclaré le Venezuela, qui a réaffirmé que le gang “a été démantelé” dans le pays. – “Externalisation des frontières” -Donald Trump mène une vaste offensive contre l’immigration illégale, avec notamment des raids dans plusieurs villes et des expulsions massives, ainsi que la suspension des programmes humanitaires lancés par son prédécesseur, Joe Biden, qui bénéficiaient aux Vénézuéliens, aux Cubains et aux Nicaraguayens. Washington reçoit le soutien de plusieurs pays d’Amérique centrale, comme le Panama et le Costa Rica, pour accueillir les personnes expulsées avant qu’elles ne soient renvoyées dans leurs pays d’origine.Le Costa Rica a d’ailleurs annoncé jeudi que 135 migrants de diverses nationalités, dont 65 enfants, expulsés par les Etats-Unis étaient arrivés dans le pays, d’où ils seront rapatriés chez eux.Il s’agit d’un système d'”externalisation des frontières” par lequel les Etats-Unis transfèrent le lent processus de rapatriement à un pays tiers, a expliqué Carlos Sandoval, chercheur en sciences sociales et expert en migration.Les personnes expulsées vers l’Amérique centrale sont des ressortissants de pays qui n’acceptent pas les vols de rapatriement, ou avec lesquels Washington entretient des relations tendues.Parmi les 299 personnes arrivées au Panama la semaine dernière figurent des ressortissants de l’Iran, de la Chine, de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Inde, de l’Ouzbékistan, de la Turquie, du Népal, du Sri Lanka et du Vietnam.Les accords avec le Venezuela ont même permis à deux avions de la compagnie aérienne sanctionnée Conviasa d’entrer sur le territoire américain pour récupérer les 190 premiers ressortissants. Le Honduras a précisé que sa participation au transfert de jeudi ne faisait pas de lui un “pays tiers sûr” ou un “pont” pour les migrants expulsés par l’administration Trump, a souligné auprèsde l’AFP le vice-ministre hondurien des Affaires étrangères, Tony Garcia. “C’est un transfert”, les migrants “changent d’avion et continuent” vers leur pays, ils ne restent pas dans des refuges, a-t-il souligné.

Israël accuse le Hamas d’avoir tué les enfants Bibas et d’avoir substitué le corps de leur mère

Israël a accusé vendredi le mouvement islamiste palestinien Hamas d’avoir tué les enfants Ariel et Kfir Bibas pendant leur captivité à Gaza, et de lui avoir remis le corps d’une personne inconnue à la place de celui de leur mère Shiri Bibas.”Selon l’évaluation des autorités compétentes et sur la base des renseignements disponibles et des indicateurs de diagnostic, Ariel et Kfir Bibas ont été brutalement tués en captivité en novembre 2023 par des terroristes palestiniens”, a affirmé sur Telegram le porte-parole de l’armée israélienne Avichay Adraee.Le Hamas a toujours affirmé qu’Ariel et Kfir Bibas, âgés respectivement de quatre ans et huit mois et demi lors de leur enlèvement en Israël, avaient été tués dans des bombardements israéliens sur Gaza.Kfir Bibas était le plus jeune des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023. Le père des deux enfants, âgé de 35 ans, a été libéré le 1er février.De plus, l’un des quatre corps remis par le Hamas n’est pas celui de Shiri Bibas “ni celui d’aucun otage israélien. Il s’agit d’un corps non identifié”, a ajouté le porte-parole militaire, dénonçant “une violation flagrante” de l’accord de cessez-le-feu par le Hamas.”Nous demandons au Hamas de rendre Shiri Bibas ainsi que toutes les personnes enlevées”, a-t-il exigé.Les dépouilles de quatre personnes ont été remises jeudi par le Hamas au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) puis à l’armée israélienne.Le quatrième corps est celui d’Oded Lifshitz, un ancien journaliste âgé de 83 ans le jour de sa capture au cours de l’attaque du Hamas contre le territoire israélien le 7 octobre 2023.Ces dépouilles ont été restituées dans le cadre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas, et qui a déjà permis la libération de 19 otages israéliens contre plus de 1.100 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.- Mise en scène -A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, des combattants armés ont exposé jeudi matin sur un podium quatre cercueils noirs portant chacun la photo d’un des otages. Au-dessus, un poster où Benjamin Netanyahu apparaissait le visage maculé de sang, flanqué de dents de vampire.Cette mise en scène a été critiquée aussi bien en Israël qu’à l’étranger. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que le pays était “fou de rage”, l’ONU l’a qualifiée d'”abjecte et cruelle” et Berlin a dénoncé des “images à peine supportables”.Contrairement aux libérations d’otages précédentes marquées par la joie, cette fois-ci l’effroi a dominé en Israël.Avant qu’Israël n’accuse le Hamas de lui avoir remis un corps non-identifié à la place de celui de Mme Bibas, des milliers de personnes se sont figées sur la place des otages à Tel-Aviv, tête baissée, regard grave, mains enlacées ou serrant des affiches, observant une minute de silence lors d’une veillée aux chandelles en hommage aux otages morts.”C’est l’un des jours les plus difficiles depuis le 7-Octobre”, confie à l’AFP Tania Coen Uzzielli, 59 ans. “Nous espérions qu’ils reviendraient tous vivants”, admet un peu plus loin Alon David.C’est la première fois que le Hamas remet des corps d’otages depuis son attaque du 7-Octobre. L’armée israélienne a par ailleurs retrouvé plusieurs corps d’otages au cours de ses opérations dans Gaza.- Nouvel échange samedi -Samedi, le Hamas doit libérer six otages vivants contre des prisonniers palestiniens.L’accord prévoit, d’ici la fin de sa première phase le 1er mars, la remise à Israël d’un total de 33 otages, dont huit morts, en échange de celle de 1.900 Palestiniens détenus par Israël.Mercredi, le Hamas s’est dit prêt à libérer “en une seule fois”, et non plus en étapes successives, tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase.Les négociations indirectes sur cette deuxième étape, censée mettre fin définitivement à la guerre, ont été retardées, le Hamas et Israël s’accusant mutuellement de violations de l’accord.La troisième et dernière phase doit en principe porter sur la reconstruction de la bande de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne lancée en représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé. 

Israël accuse le Hamas d’avoir tué les enfants Bibas et d’avoir substitué le corps de leur mère

Israël a accusé vendredi le mouvement islamiste palestinien Hamas d’avoir tué les enfants Ariel et Kfir Bibas pendant leur captivité à Gaza, et de lui avoir remis le corps d’une personne inconnue à la place de celui de leur mère Shiri Bibas.”Selon l’évaluation des autorités compétentes et sur la base des renseignements disponibles et des indicateurs de diagnostic, Ariel et Kfir Bibas ont été brutalement tués en captivité en novembre 2023 par des terroristes palestiniens”, a affirmé sur Telegram le porte-parole de l’armée israélienne Avichay Adraee.Le Hamas a toujours affirmé qu’Ariel et Kfir Bibas, âgés respectivement de quatre ans et huit mois et demi lors de leur enlèvement en Israël, avaient été tués dans des bombardements israéliens sur Gaza.Kfir Bibas était le plus jeune des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023. Le père des deux enfants, âgé de 35 ans, a été libéré le 1er février.De plus, l’un des quatre corps remis par le Hamas n’est pas celui de Shiri Bibas “ni celui d’aucun otage israélien. Il s’agit d’un corps non identifié”, a ajouté le porte-parole militaire, dénonçant “une violation flagrante” de l’accord de cessez-le-feu par le Hamas.”Nous demandons au Hamas de rendre Shiri Bibas ainsi que toutes les personnes enlevées”, a-t-il exigé.Les dépouilles de quatre personnes ont été remises jeudi par le Hamas au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) puis à l’armée israélienne.Le quatrième corps est celui d’Oded Lifshitz, un ancien journaliste âgé de 83 ans le jour de sa capture au cours de l’attaque du Hamas contre le territoire israélien le 7 octobre 2023.Ces dépouilles ont été restituées dans le cadre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois d’une guerre dévastatrice entre Israël et le Hamas, et qui a déjà permis la libération de 19 otages israéliens contre plus de 1.100 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.- Mise en scène -A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, des combattants armés ont exposé jeudi matin sur un podium quatre cercueils noirs portant chacun la photo d’un des otages. Au-dessus, un poster où Benjamin Netanyahu apparaissait le visage maculé de sang, flanqué de dents de vampire.Cette mise en scène a été critiquée aussi bien en Israël qu’à l’étranger. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que le pays était “fou de rage”, l’ONU l’a qualifiée d'”abjecte et cruelle” et Berlin a dénoncé des “images à peine supportables”.Contrairement aux libérations d’otages précédentes marquées par la joie, cette fois-ci l’effroi a dominé en Israël.Avant qu’Israël n’accuse le Hamas de lui avoir remis un corps non-identifié à la place de celui de Mme Bibas, des milliers de personnes se sont figées sur la place des otages à Tel-Aviv, tête baissée, regard grave, mains enlacées ou serrant des affiches, observant une minute de silence lors d’une veillée aux chandelles en hommage aux otages morts.”C’est l’un des jours les plus difficiles depuis le 7-Octobre”, confie à l’AFP Tania Coen Uzzielli, 59 ans. “Nous espérions qu’ils reviendraient tous vivants”, admet un peu plus loin Alon David.C’est la première fois que le Hamas remet des corps d’otages depuis son attaque du 7-Octobre. L’armée israélienne a par ailleurs retrouvé plusieurs corps d’otages au cours de ses opérations dans Gaza.- Nouvel échange samedi -Samedi, le Hamas doit libérer six otages vivants contre des prisonniers palestiniens.L’accord prévoit, d’ici la fin de sa première phase le 1er mars, la remise à Israël d’un total de 33 otages, dont huit morts, en échange de celle de 1.900 Palestiniens détenus par Israël.Mercredi, le Hamas s’est dit prêt à libérer “en une seule fois”, et non plus en étapes successives, tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase.Les négociations indirectes sur cette deuxième étape, censée mettre fin définitivement à la guerre, ont été retardées, le Hamas et Israël s’accusant mutuellement de violations de l’accord.La troisième et dernière phase doit en principe porter sur la reconstruction de la bande de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne lancée en représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé. 

Bolivie: Evo Morales défie son inéligibilité et se déclare candidat à la présidentielle

L’ancien président bolivien Evo Morales a annoncé jeudi sa candidature à l’élection présidentielle du 17 août, défiant ouvertement la justice qui lui interdit de se présenter et le poursuit dans une affaire de traite de mineure. Lors d’une conférence de presse organisée dans son fief du centre du pays, M. Morales, 65 ans, a annoncé qu’il se présenterait au scrutin sous la bannière d’une autre formation que le Mouvement vers le Socialisme (MAS), le parti au pouvoir qu’il a dirigé pendant des décennies.”Nous avons déjà le parti pour participer aux élections de cette année (…) Maintenant, avec le Front pour la Victoire, nous allons de nouveau gagner les élections nationales”, a déclaré l’ancien président (2006-2019), en citant son nouveau parti.Le leader cocalero a subi un revers majeur en novembre dernier lorsque la Cour constitutionnelle lui a retiré le contrôle du MAS en reconnaissant une nouvelle direction proche du président Luis Arce et favorable à sa réélection. Ce dernier n’a cependant pas encore annoncé publiquement son intention de se représenter.Evo Morales souhaite revenir au pouvoir malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle ayant confirmé fin 2024 l’interdiction pour un président d’exercer plus de deux mandats. Le Front pour la Victoire, un petit groupe de gauche sans représentation au Parlement, a signé un accord avec M. Morales pour l’imposer comme son “unique candidat” à la présidence, selon un document lu par un porte-parole du parti lors de la conférence de presse retransmise par la radio Kawsachun Coca. L’identité de son colistier doit encore “faire l’objet d’un consensus”, a-t-il ajouté.- Mandat d’arrêt -“Nous avons pris cet engagement pour aller de l’avant avec notre pays qui est en train de faire faillite”, a indiqué pour sa part Eusebio Rodriguez, leader du Front pour la Victoire.La Bolivie est plongée dans une grave crise économique en raison d’une pénurie de dollars et de carburants. Le gouvernement subventionne les importations de carburants, ce qui a asséché les réserves en devises du pays. Outre une inéligibilité, le premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène est accusé de “traite” de mineure et est visé par un mandat d’arrêt.Selon le parquet, M. Morales aurait entretenu une relation en 2015 avec une adolescente de 15 ans, de laquelle une fille serait née un an plus tard, avec le consentement des parents en échange d’avantages.L’ancien président rejette ces accusations et fait valoir qu’une enquête pour les mêmes faits a été classée sans suite en 2020. M. Morales se dit victime d’une “guerre juridique” orchestrée par le président Arce.Pour l’instant, cette annonce de M. Morales “est davantage une stratégie (…) pour aller vers la consolidation de sa candidature qui comporte des enjeux bien plus critiques” que l’absence de parti, estime Maria Teresa Zegada, sociologue à l’université publique Mayor de San Simón.L’ancien cultivateur de coca est soutenu par de nombreux partisans, majoritairement des paysans indigènes. Depuis l’émission du mandat d’arrêt à son encontre, il reste retranché dans son bastion de la région du Tropico de Cochabamba, dans l’Etat du Chapare, dans le centre du pays, protégé par ses soutiens.

Ukraine : Zelensky plaide pour des relations “solides” avec Washington après de nouvelles critiques de Trump

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qualifié la veille de “dictateur” par Donald Trump, a plaidé jeudi pour des “relations solides” entre son pays et les Etats-Unis, à l’issue d’un échange “productif” à Kiev avec l’émissaire américain.M. Zelensky avait auparavant essuyé une volée d’invectives de la part du locataire de la Maison Blanche, dont le rapprochement entamé avec Vladimir Poutine fait craindre une rupture entre Washington et l’Ukraine qui dépend de manière cruciale de l’aide américaine pour résister à l’invasion russe.”Des relations solides entre l’Ukraine et les Etats-Unis profitent au monde entier”, a commenté le chef de l’Etat ukrainien à l’issue de son entretien avec Keith Kellogg, l’envoyé de Donald Trump. “J’ai eu une réunion productive avec M. Kellogg, une bonne discussion”, notamment “sur la situation sur le champ de bataille, comment rapatrier nos prisonniers de guerre et les garanties de sécurité efficaces”, a-t-il affirmé.- Insultes “inacceptables” -Dans le même temps, des responsables proches de M. Trump s’en sont à leur tour vertement pris à M. Zelensky. Il est “méprisé par le peuple ukrainien”, a ainsi lâché sur X Elon Musk. Le conseiller à la sécurité nationale du président américain, Mike Waltz, a pour sa part jugé “inacceptables” les “insultes” proférées par Kiev contre Donald Trump. Volodymyr Zelensky avait reproché à son homologue américain de vivre dans “un espace de désinformation” russe et d’aider Vladimir Poutine à “sortir d’années d’isolement”.”Le président Trump est manifestement très frustré par le président Zelensky, par le fait qu’il ne soit pas venu à la table des négociations, qu’il n’ait pas voulu saisir l’occasion que nous lui avons offerte”, a-t-il poursuivi.Donald Trump avait précédemment présenté M. Zelensky comme un “dictateur sans élections” et affirmé que les Russes avaient “pris beaucoup de territoires” en Ukraine et avaient donc “les cartes en main”.Il avait ensuite, entre autres, cité de faux chiffres sur la popularité de Volodymyr Zelensky et lui avait demandé de convoquer des élections alors que les combats se poursuivent, que des millions d’Ukrainiens ont fui à l’étranger et que 20% de l’Ukraine sont sous occupation russe.A quelques jours du troisième anniversaire du début de l’invasion russe, le 24 février 2022, M. Zelensky a par ailleurs rappelé que l’Ukraine voulait la fin de cette guerre “depuis ses premières secondes”, alors que Donald Trump l’a accusé d’avoir déclenché ce conflit.MM. Trump et Zelensky ont échangé ces attaques personnelles inédites après les discussions russo-américaines mardi en Arabie saoudite, les premières au niveau des chefs des diplomaties en trois ans.Le Kremlin, ne cachant pas sa satisfaction, a de son côté annoncé jeudi avoir décidé avec Washington d’une reprise du dialogue “sur tous les paramètres”, se disant “complètement d’accord” avec la position américaine sur l’Ukraine.Il a toutefois relevé que, pour l’heure, “peu de choses concrètes” étaient en place, du fait notamment de “désaccords entre Washington et Kiev”.- Macron et Starmer à Washington -Face à la virulence des reproches que lui a adressés Donald Trump, M. Zelensky a reçu le soutien de l’Union européenne et de plusieurs dirigeants européens. “Quand j’ai entendu ça, je me suis d’abord dit qu’il (M. Trump) avait dû mélanger les deux. Parce que c’est clair, Poutine est le dictateur”, a à cet égard réagi devant la presse en Afrique du Sud la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.”L’Ukraine est une démocratie, la Russie de Poutine non”, a martelé le porte-parole de la Commission européenne, Stefan De Keersmaecker.”Il est le dirigeant élu de l’Ukraine et il a fait ce que Winston Churchill a fait en Grande-Bretagne pendant la Deuxième Guerre mondiale, suspendre les élections pendant la guerre”, a renchéri le ministre britannique de la Défense John Healey.Et le président français Emmanuel Macron de rappeler le même jour sur les réseaux sociaux que Volodymyr Zelensky avait été élu par un “système libre”, alors que “c’est pas le cas de Vladimir Poutine qui tue ses opposants et qui manipule ses élections depuis longtemps”.M. Macron, qui comme le chef du gouvernement britannique Keir Starmer, doit se rendre à Washington la semaine prochaine, en a profité pour confier qu’il allait à cette occasion dire à Donald Trump qu’il ne pouvait “pas être faible” face au chef de l’Etat russe et que son “intérêt stratégique” était “le même que le nôtre”.Le président français a indiqué sur X avoir parlé à M. Zelensky jeudi soir pour “préparer” son déplacement à Washington et lui faire part de ses contacts avec les partenaires européens “désireux de travailler à une paix durable et solide pour l’Ukraine”.Face à la perspective d’un éventuel cessez-le-feu, Paris et Londres sont en train de préparer la constitution d’une force européenne destinée à assurer la sécurité de l’Ukraine et qui serait composée de “moins de 30.000 militaires”, selon les médias britanniques. Même si, a souligné jeudi M. Macron, la France ne va pas envoyer des troupes “demain”, l’envisage “plutôt” une fois la paix conclue.”Personne n’a le droit de dire” que “l’Ukraine n’a pas le droit de rentrer” dans l’UE ou dans l’Otan, a-t-il en outre jugé. “Des garanties de sécurité solides, si elles sont fournies par les pays européens, doivent être soutenues par les États-Unis”, a quant à lui insisté à Bratislava le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a pour sa part annoncé qu’il se rendrait à Kiev lundi pour “réaffirmer le soutien de l’Espagne à la démocratie ukrainienne”.Sur le terrain, des bombardements aériens et d’artillerie russes ont fait jeudi au moins quatre morts à Kostiantynivka, un important bastion de l’armée ukrainienne, a déploré le gouverneur de la région orientale de Donetsk.