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Bétharram: les gardes à vue touchent à leur fin, Bayrou dénonce une “mécanique du scandale”

François Bayrou a dénoncé vendredi une “mécanique du scandale” dans l’affaire Bétharram en fustigeant ceux qui mettent en cause son attitude passée, à l’heure où s’achèvent les premières gardes à vue après un an d’enquête sur des accusations de violences physiques et sexuelles.”Vous voyez bien la mécanique du scandale qu’on cherche”, a déclaré le Premier ministre devant des journalistes au sortir d’une réunion de travail à Matignon.Dans une vidéo diffusée jeudi par Mediapart, une ancienne professeure de mathématiques de cet établissement catholique du Béarn, où François Bayrou a scolarisé certains de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, réaffirme avoir alerté le couple au milieu des années 1990.”Ces protagonistes, je ne les connais pas, ma femme non plus”, a affirmé le chef du gouvernement, évoquant l’affaire Baudis où “les accusations étaient plus graves, plus obscènes contre lui” et où finalement “on s’est rendu compte à la fin qu’il n’y avait rien”.L’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, avait été mis en cause à tort dans une affaire de proxénétisme, viols et meurtres en 2003. “Il n’y a rien de plus infamant que de viser la famille de quelqu’un pour l’atteindre politiquement”, a lancé celui qui répète, depuis deux semaines, n’avoir “jamais été informé” dans le passé des faits dénoncés aujourd’hui -des témoins affirmant le contraire.Trois hommes (un religieux et deux laïcs nés en 1931, 1955 et 1965) avaient été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période allant de 1957 à 2004.Le prêtre nonagénaire a été relâché jeudi, sans précisions du parquet sur la suite de la procédure judiciaire, et les victimes espèrent des mises en cause à l’issue des gardes à vue des deux surveillants, en début d’après-midi.- “L’Etat n’a pas été au rendez-vous” -Ces interpellations interviennent un an après le lancement d’une vaste enquête sur cet établissement presque bicentenaire des Pyrénées-Atlantiques, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation stricte dans toute la région.Le collectif de victimes de Bétharram a recensé 132 plaintes. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.”L’État n’a pas été au rendez-vous” dans cette affaire, a regretté de son côté la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, vendredi sur BFMTV/RMC, jugeant “difficile de comprendre” pourquoi il n’a pas réagi plus tôt.L’établissement qui n’a été inspecté qu’une seule fois en 1996 -le rapport, renié récemment par son auteur, n’avait rien relevé d’anormal malgré une première affaire de violences- doit faire l’objet d’une inspection académique la semaine du 17 mars.La ministre veut accélérer les contrôles des établissements privés, quasi inexistants jusque-là, “avec un objectif 40%” dans les 24 mois. Elle a suggéré ne pas “s’interdire” des inspections inopinées.Mme Borne a également déploré “l’exploitation politique” de cette affaire.- “Soutane ouverte” -Les trois interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou à la mairie de Pau.Parmi les plaintes recensées, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime le porte-parole des victimes Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire de Bétharram.Des plaignants interrogés par l’AFP mettent en cause les trois suspects.”J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l’un des deux surveillants surnommé Cheval à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, l’autre surveillant. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, raconte-t-il.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, avait réagi jeudi la Conférence des évêques de France.

Ukraine: Zelensky sous pression pour accepter la fin de la guerre voulue par Trump

Cible d’invectives de la part de Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est sous pression vendredi afin de coopérer avec les Etats-Unis, notamment sur l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens par Washington.Début février, le président américain avait annoncé vouloir négocier un accord avec l’Ukraine pour obtenir un accès à 50% de ses minerais stratégiques en échange de l’aide américaine déjà livrée. Le président Zelensky a rejeté la première proposition américaine sur les minerais, qualifiée de “colonisation” par certains médias occidentaux, et argué qu’elle ne prévoyait pas de garanties de sécurité pour son pays qui se bat depuis trois ans contre l’invasion russe.Il a cependant ouvert la porte à des “investissements” américains en échange de telles garanties. Depuis, les tensions entre Kiev et Washington se sont fortement accrues, Donald Trump accusant M. Zelensky d’être un “dictateur” tout en amorçant un brusque rapprochement avec le Kremlin, tournant très dangereux pour l’Ukraine dont les Etats-Unis étaient un pourvoyeur clé d’aide militaire et financière.Un haut responsable ukrainien a cependant indiqué vendredi à l’AFP que l’Ukraine et les Etats-Unis “poursuivent” les négociations sur un accord concernant l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens.”Cette conversation se poursuit”, a indiqué ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. “Il y a un échange constant de projets de documents, nous en avons envoyé un autre hier” et “nous attendons une réponse” américaine, a ajouté cette source, informée du déroulement de ces pourparlers. – Objectifs russes et américains -Jeudi, le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz, a multiplié les appels à M. Zelensky. “Le président Trump est manifestement très frustré par le président Zelensky, par le fait qu’il ne soit pas venu à la table des négociations, qu’il n’ait pas voulu saisir l’occasion que nous lui avons offerte”, a-t-il déclaré.”Je pense qu’il en viendra là au bout du compte, et j’espère très rapidement”, a-t-il insisté. Plus tôt, dans une interview, il avait invité Kiev à “examiner de près la situation” et à “signer l’accord” sur les minerais stratégiques.MM. Trump et Zelensky ont échangé des attaques personnelles inédites après les discussions russo-américaines de mardi en Arabie saoudite, les premières au niveau des chefs des diplomaties depuis le début de la guerre.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a justifié jeudi ces pourparlers, en précisant cependant que l’objectif principal de Washington était de vérifier si Moscou était “sérieux”.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui réaffirmé vendredi que le président Vladimir Poutine était “ouvert” à des pourparlers de paix.”Nous avons nos objectifs liés à notre sécurité nationale et nos intérêts nationaux, et nous sommes prêts à les atteindre à travers des négociations de paix”, a déclaré M. Peskov.La Russie exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes dont elle revendique l’annexion, ainsi que sa péninsule de Crimée et que l’Ukraine n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui demandent à ses alliés des garanties de sécurités solides pour dissuader la Russie de l’envahir à nouveau.Le 12 février, Donald Trump avait, lui, jugé qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan ne serait “pas réaliste”.La Chine a, elle aussi, estimé “qu’une fenêtre sur la paix s’ouvre”, selon des propos rapportés vendredi de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, à la réunion des chefs de la diplomatie du G20 à Johannesburg.Pékin, qui n’a jamais condamné la Russie pour son invasion de l’Ukraine en 2022, souhaite une “solution viable et durable qui réponde aux inquiétudes” de chaque partie, a assuré le ministère chinois.- Avancées russes sur le front -Malgré ces tensions, M. Zelensky a reçu jeudi à Kiev l’émissaire américain Keith Kellogg, avec qui il a dit avoir eu des échanges “productifs” sur “la situation sur le champ de bataille” et “les garanties de sécurité efficaces”.Toutefois, la rencontre n’a donné lieu à aucune conférence de presse en commun.A quelques jours du troisième anniversaire du début de l’invasion, le 24 février 2022, la situation reste difficile pour les troupes ukrainiennes, moins nombreuses et moins bien équipées.Vendredi, l’armée russe a encore revendiqué la prise de deux localités situées dans la région orientale de Donetsk (est), non loin de la démarcation avec celle de Dnipropetrovsk, où les troupes du Kremlin n’ont jusqu’à présent pas pénétré.Face à ces périls, l’Union européenne et plusieurs dirigeants européens tentent de se mobiliser pour soutenir Kiev. Certains d’entre eux sont attendus à Kiev pour l’anniversaire de l’invasion lundi.Le président français Emmanuel Macron doit se rendre à Washington lundi. A cette occasion, il dira à Donald Trump qu’il ne peut “pas être faible” face au chef de l’Etat russe, a-t-il assuré jeudi sur ses réseaux sociaux.Le Premier ministre britannique Keir Starmer est lui attendu à Washington jeudi.

Ukraine: Zelensky sous pression pour accepter la fin de la guerre voulue par Trump

Cible d’invectives de la part de Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est sous pression vendredi afin de coopérer avec les Etats-Unis, notamment sur l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens par Washington.Début février, le président américain avait annoncé vouloir négocier un accord avec l’Ukraine pour obtenir un accès à 50% de ses minerais stratégiques en échange de l’aide américaine déjà livrée. Le président Zelensky a rejeté la première proposition américaine sur les minerais, qualifiée de “colonisation” par certains médias occidentaux, et argué qu’elle ne prévoyait pas de garanties de sécurité pour son pays qui se bat depuis trois ans contre l’invasion russe.Il a cependant ouvert la porte à des “investissements” américains en échange de telles garanties. Depuis, les tensions entre Kiev et Washington se sont fortement accrues, Donald Trump accusant M. Zelensky d’être un “dictateur” tout en amorçant un brusque rapprochement avec le Kremlin, tournant très dangereux pour l’Ukraine dont les Etats-Unis étaient un pourvoyeur clé d’aide militaire et financière.Un haut responsable ukrainien a cependant indiqué vendredi à l’AFP que l’Ukraine et les Etats-Unis “poursuivent” les négociations sur un accord concernant l’exploitation des minerais stratégiques ukrainiens.”Cette conversation se poursuit”, a indiqué ce responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. “Il y a un échange constant de projets de documents, nous en avons envoyé un autre hier” et “nous attendons une réponse” américaine, a ajouté cette source, informée du déroulement de ces pourparlers. – Objectifs russes et américains -Jeudi, le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz, a multiplié les appels à M. Zelensky. “Le président Trump est manifestement très frustré par le président Zelensky, par le fait qu’il ne soit pas venu à la table des négociations, qu’il n’ait pas voulu saisir l’occasion que nous lui avons offerte”, a-t-il déclaré.”Je pense qu’il en viendra là au bout du compte, et j’espère très rapidement”, a-t-il insisté. Plus tôt, dans une interview, il avait invité Kiev à “examiner de près la situation” et à “signer l’accord” sur les minerais stratégiques.MM. Trump et Zelensky ont échangé des attaques personnelles inédites après les discussions russo-américaines de mardi en Arabie saoudite, les premières au niveau des chefs des diplomaties depuis le début de la guerre.Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a justifié jeudi ces pourparlers, en précisant cependant que l’objectif principal de Washington était de vérifier si Moscou était “sérieux”.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui réaffirmé vendredi que le président Vladimir Poutine était “ouvert” à des pourparlers de paix.”Nous avons nos objectifs liés à notre sécurité nationale et nos intérêts nationaux, et nous sommes prêts à les atteindre à travers des négociations de paix”, a déclaré M. Peskov.La Russie exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes dont elle revendique l’annexion, ainsi que sa péninsule de Crimée et que l’Ukraine n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui demandent à ses alliés des garanties de sécurités solides pour dissuader la Russie de l’envahir à nouveau.Le 12 février, Donald Trump avait, lui, jugé qu’une adhésion de l’Ukraine à l’Otan ne serait “pas réaliste”.La Chine a, elle aussi, estimé “qu’une fenêtre sur la paix s’ouvre”, selon des propos rapportés vendredi de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, à la réunion des chefs de la diplomatie du G20 à Johannesburg.Pékin, qui n’a jamais condamné la Russie pour son invasion de l’Ukraine en 2022, souhaite une “solution viable et durable qui réponde aux inquiétudes” de chaque partie, a assuré le ministère chinois.- Avancées russes sur le front -Malgré ces tensions, M. Zelensky a reçu jeudi à Kiev l’émissaire américain Keith Kellogg, avec qui il a dit avoir eu des échanges “productifs” sur “la situation sur le champ de bataille” et “les garanties de sécurité efficaces”.Toutefois, la rencontre n’a donné lieu à aucune conférence de presse en commun.A quelques jours du troisième anniversaire du début de l’invasion, le 24 février 2022, la situation reste difficile pour les troupes ukrainiennes, moins nombreuses et moins bien équipées.Vendredi, l’armée russe a encore revendiqué la prise de deux localités situées dans la région orientale de Donetsk (est), non loin de la démarcation avec celle de Dnipropetrovsk, où les troupes du Kremlin n’ont jusqu’à présent pas pénétré.Face à ces périls, l’Union européenne et plusieurs dirigeants européens tentent de se mobiliser pour soutenir Kiev. Certains d’entre eux sont attendus à Kiev pour l’anniversaire de l’invasion lundi.Le président français Emmanuel Macron doit se rendre à Washington lundi. A cette occasion, il dira à Donald Trump qu’il ne peut “pas être faible” face au chef de l’Etat russe, a-t-il assuré jeudi sur ses réseaux sociaux.Le Premier ministre britannique Keir Starmer est lui attendu à Washington jeudi.

Un monde qui “marche sur la tête”: récit d’une grande colère agricole

“France, veux-tu encore de tes paysans ?”: depuis plus d’un an, la question résonne d’Occitanie aux Ardennes. Une colère profonde est montée des campagnes pour réclamer un “revenu décent” et “un peu de considération” dans un monde agricole chahuté par le changement climatique.Céréalier dans l’Eure, Guy Désile, 58 ans, a eu peur de “griller les plombs” et désespère de voir “les dettes s’accumuler”. A l’autre bout du pays, une sécheresse persistante dans l’Aude a poussé Nicolas Castan, 42 ans, à arracher les vignes plantées par son père et son grand-père.Dans l’Aisne, le couple Wever en a “marre” des injonctions: “couper à cette date, planter à ce moment, déclarer ceci et cela… Qu’on nous laisse travailler”.Haro sur l’Europe et ses “normes”, les charges “toujours en hausse”, la “concurrence déloyale” des volailles ou du sucre d’Ukraine… à l’automne 2023, la grogne s’amplifie.Partie du Tarn, une campagne de retournement des panneaux signalétiques des communes essaime partout en France. Une façon de dire qu'”on marche sur la tête”, un slogan que la puissante FNSEA imprimera sur des t-shirts, tentant de rattraper un mouvement qui déborde les canaux syndicaux habituels.- “Prédateurs” -En Occitanie, entre sécheresse et crise de l’élevage, c’est un jeune éleveur, Jérôme Bayle, qui lance le premier blocage d’autoroute, l’A64, le 18 janvier 2024. Les manifestants entrent “en résistance agricole”.Dix jours plus tard, en Haute-Garonne, le Premier ministre Gabriel Attal annonce des premières mesures d’urgence, dont l’abandon de la hausse de la taxe sur le carburant agricole.Insuffisant. Au-delà des aides, les manifestants réclament “une vision d’avenir” face au nombre d’agriculteurs passé de 2,3 millions en 1955 à moins de 500.000.”Notre fin sera votre faim”: fin janvier, des dizaines de routes et sections d’autoroutes sont bloquées, des rassemblements organisés devant des administrations ou sur des ronds-points, rappelant les “gilets jaunes”.La FNSEA, alliée aux Jeunes agriculteurs (JA), engage ses légions de tracteurs, menaçant de bloquer Paris; la Coordination rurale (CR) mène des actions coup de poing, déversant fruits et légumes à la frontière espagnole; la Confédération paysanne vise centrales d’achat et géants laitiers, désignés “prédateurs du revenu paysan”.La réglementation sur les haies, régies par une douzaine de textes, est brandie en symbole d’un mille-feuille administratif à simplifier d’urgence.- “On en crève” -Le mouvement fait tache d’huile en Europe, des Pays-Bas à la Pologne où la solidarité avec le voisin ukrainien se fissure au nom de la “souveraineté alimentaire”.”Enfant on en rêve, adulte on en crève”: le 30 janvier, sur un barrage des Yvelines, Marion Roulleau, 41 ans, aimerait bien que ses enfants reprennent sa ferme mais surtout “qu’ils soient heureux”.En France, où près d’un ménage agricole sur deux vit sous le seuil de pauvreté, cette crise est liée, comme les précédentes, à la fragilité économique des exploitations, très endettées, et à un modèle qui repose à 60% sur des subventions publiques.Pour l’historien Edouard Lynch, face à l’urgence climatique, “on demande aux agriculteurs de changer un système qu’on leur a imposé il y a des décennies” sans apporter de réel soutien à la transition – qui devient un repoussoir.En février 2024, le président Emmanuel Macron est hué au Salon de l’agriculture, en dépit des plus de 500 millions d’euros d’aide promis. “Ici c’est chez nous”, clament des agriculteurs qui ont enfoncé une rangée de CRS avant d’être repoussés.Le chef de l’Etat déambule sous bonne garde, après s’être engagé à élever l’agriculture au rang d'”intérêt général majeur”.Pendant les moissons est adopté en première lecture à l’Assemblée le très attendu projet de loi d’orientation agricole, qui vise à faciliter l’installation de nouveaux agriculteurs et dépénalise certaines atteintes à l’environnement. La dissolution puis la censure du gouvernement ulcèrent les agriculteurs, en attente de “concret”. La loi sera finalement adoptée jeudi à la veille du Salon 2025.- “Fierté” -A l’automne 2024, la situation est plus explosive qu’un an auparavant. A cause de l’excès de pluies, la France connaît sa pire récolte de blé en 40 ans et voit ses vendanges chuter d’un quart. Les troupeaux subissent une vague d’épidémies dévastatrices.Les agriculteurs redescendent dans la rue. Le cri de ralliement est l’opposition à l’accord de libre-échange UE-Mercosur. Ils craignent une souveraineté bâtie sur les importations.FNSEA comme CR réclament des “moyens de production”, autrement dit des pesticides et de l’eau, à une nouvelle ministre de l’Agriculture (Annie Genevard) bienveillante. La Confédération paysanne dénonce, elle, un recul sur l’environnement que les agriculteurs seront “les premiers à payer”.Début 2025, en pleine campagne pour les élections aux chambres d’agriculture, qui déterminent la représentativité des syndicats, la surenchère prévaut. Les actions sont plus ponctuelles mais aussi plus radicales: le siège de l’institut agronomique Inrae est muré par des militants FNSEA, une antenne de l’Office de la biodiversité saccagée par des “bonnets jaunes” de la CR.La Coordination rurale, dont certains cadres ne font plus mystère de leur proximité avec l’extrême droite, réalise une percée historique. Pour la première fois, l’alliance FNSEA-JA perd sa majorité absolue et voit basculer une quinzaine de chambres. Une énorme secousse.En Haute-Garonne, c’est la liste indépendante soutenue par Jérôme Bayle qui s’est imposée, avec la volonté de “casser le système” et de “rendre leur fierté” aux agriculteurs.Une “fierté” choisie comme thème du salon de l’Agriculture 2025, qui se veut comme une respiration dans un monde agricole à l’image de la société: fracturé.

L’Australie s’inquiète d’exercices militaires chinois au large de ses côtes

L’Australie a indiqué avoir reçu vendredi un avertissement de la Chine sur des exercices militaires avec de potentiels tirs réels au large de sa côte orientale, qui ont perturbé les liaisons aériennes.Pékin a assuré de son côté avoir mené des manoeuvres militaires “de manière sûre et professionnelle” sans préciser si des munitions réelles avaient été utilisées.L’armée australienne et son homologue néo-zélandaise surveillent trois navires de la marine chinoise – une frégate, un croiseur et un pétrolier-ravitailleur – depuis qu’ils ont été repérés dans les eaux internationales la semaine dernière.Le ministre de la Défense australien, Richard Marles, a déclaré que la Chine avait averti que les navires avaient l’intention de procéder à des tirs réels alors qu’ils naviguaient à mi-chemin entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, en mer de Tasmanie.”Je veux dire qu’un message a été capté par des compagnies aériennes ou littéralement par des avions commerciaux qui traversaient la mer de Tasmanie”, a-t-il déclaré à la chaîne nationale ABC.Les navires chinois se trouvaient dans les eaux internationales et agissaient dans le respect du droit international, a indiqué M. Marles, mais il a souligné que les navires de guerre australiens annoncent généralement de tels exercices 12 à 24 heures à l’avance afin de donner aux compagnies aériennes le temps de s’adapter.”Ce préavis n’a pas été donné dans le cas présent”. “C’était très déconcertant pour les avions qui volaient, mais ils ont pu se dérouter”, a-t-il déclaré, soulignant qu’ils n’avaient été mis en danger.L’Australie a demandé des explications à la Chine pour savoir pourquoi les exercices de tirs réels présumés avaient lieu dans cette zone, et pourquoi un préavis plus long n’avait pas été donné pour éviter les perturbations, a déclaré M. Marles.Le gouvernement attend toujours la confirmation que des tirs réels ont effectivement eu lieu, a-t-il ajouté.Le Premier ministre australien Anthony Albanese a précisé qu'”il n’y a(vait) pas eu de risque imminent de danger” pour les entités australiennes ou néo-zélandaises.- Manoeuvres “sûres”, selon Pékin -Pékin a assuré vendredi mener des manoeuvres légitimes en toute sécurité.”L’exercice est mené du début à la fin de manière sûre et professionnelle, il est conforme au droit international et aux pratiques internationales”, a indiqué Guo Jiakun, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.La ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong s’était déclarée plus tôt vendredi inquiète du manque de transparence entourant ces “exercices de tirs réels”, précisant qu’elle ferait part de ses “préoccupations” à Pékin.”Nous en discuterons avec les Chinois”, a-t-elle déclaré à la chaîne nationale ABC depuis Johannesbourg, où elle participait à une réunion du G20.- Trajectoires de vol modifiées -Les exercices ont déclenché un avertissement de l’Agence australienne de sécurité aérienne, obligeant certains vols commerciaux à modifier leur trajectoire.”Par mesure de précaution, nous avons informé les compagnies aériennes ayant des vols dans la région”, a indiqué l’agence dans un communiqué.La compagnie nationale Qantas et sa filiale à bas coût Jestar, ont temporairement modifié certains vols entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, selon des sources du secteur.Virgin Australia a également suivi les conseils, tandis qu’Air New Zealand a déclaré avoir “modifié ses trajectoires de vol pour éviter la zone”.Les trois navires se trouvaient à moins de 150 milles nautiques de l’Australie en début de semaine, selon des médias.Cet incident est le dernier d’une série entre les deux pays survenus dans l’espace aérien ou sur les voies de navigation de la région Asie-Pacifique. L’Australie a accusé le 13 février un chasseur chinois d’avoir eu un comportement “dangereux” près d’un de ses appareils militaires en mer de Chine méridionale, Pékin accusant en retour Canberra de violation de sa souveraineté.L’avion effectuait une patrouille de routine lorsqu’un chasseur chinois Shenyang J-16 s’est approché de lui et “a lâché des fusées éclairantes à proximité immédiate”, selon le ministère australien.En 2024, le pilote d’un avion de chasse chinois a été accusé d’avoir lancé des fusées éclairantes sur la trajectoire d’un hélicoptère australien Seahawk dans l’espace aérien international.En 2023, un destroyer chinois avait bombardé d’impulsions sonar des plongeurs de la marine australienne dans les eaux au large du Japon, ce qui leur a causé des blessures légères.

Trois ans après le début de la guerre en Ukraine, les Russes en Serbie partis pour rester

En 2023, Ivan Alexandrov a vendu les quatre salons de coiffure qu’il possédait à Novosibirsk, en Sibérie, déménagé à 5.500 km de là, et comme environ 100.000 de ses concitoyens russes, posé ses valises à Belgrade, loin de la guerre et de son pays.Rare nation du continent européen à ne pas demander de visa aux Russes, la Serbie a accueilli dès février 2022 et le début de l’invasion de l’Ukraine des milliers de Russes, qui y ont depuis trouvé des emplois, ouvert des cafés, des salons de coiffure…Selon des données officielles serbes, 67.000 Russes ont obtenu un permis de séjour temporaire depuis. Au total, le nombre de ressortissants russes installés en Serbie se situe entre 80.000 et 110.000 si l’on prend en compte ceux qui n’ont pas demandé de permis de séjour, selon la dernière étude du Belgrade Centre for Security Policy (BCSP), publiée jeudi.Parmi eux, 30% n’ont pas l’intention de rentrer en Russie.”Nous allons rester, et nous allons continuer à travailler, parce que nous avons beaucoup de clients maintenant”, explique Ivan Alexandrov dans son salon de coiffure d’un quartier de Belgrade devenu hipster depuis l’arrivée des Russes. – Instagram -Ce jour-là, Olga Druzhkova, une influenceuse de 31 ans originaire de Saint-Pétersbourg, vient se faire coiffer – et partager le moindre moment du déroulé de sa coupe avec ses 18.000 followers.”Je peux dire que les Russes sont plus heureux ici qu’en Russie. Parce que l’atmosphère est douce. On se sent en sécurité”, décrit à l’AFP la jeune femme, qui vit à Belgrade depuis plus de deux ans.Comme elle, la majorité des Russes arrivés en Serbie ont entre 28 et 39 ans, sont éduqués, et plus de 90% disent se sentir en sécurité.Ils se sont installés dans le centre de Belgrade, où certains ont ouvert des cafés non-fumeurs – quand tout Belgrade fume, des salons de manucure et des clubs de sport qu’ils aimaient à Moscou ou Saint-Pétersbourg. S’attirant au passage l’inimitié d’une partie des Serbes qui les accuse d’avoir fait monter les prix et d’une certaine frivolité.Pourtant un certain nombre d’entre eux ont quitté la Russie pour fuir le régime et échapper à la conscription. Comme Andrey Girko. A 41 ans, installé à Novi Sad, la deuxième ville de Serbie, il y gère un jardin d’enfants – et peut-être bientôt plusieurs, vu le succès qu’il rencontre. “Nous avons dû mettre en place des listes d’attente car il y a encore des gens qui arrivent” de Russie, explique à l’AFP ce père de famille qui a l’intention de rester. Sa fille ira dans une école serbe, dit-il. – Sputnik et RT -Si Belgrade est devenu un havre de sécurité pour certains Russes, quelques-uns – plus véhéments contre le régime de Vladimir Poutine – se sont vu refuser un permis de séjour, voire expulsés. L’opinion serbe n’est pas majoritairement hostile à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et le gouvernement serbe, qui continue d’acheter l’immense majorité de son gaz à Moscou, n’a imposé aucune sanction à la Russie. Le ministre des Affaires étrangères serbe a déclaré cette semaine au cours d’une visite à Moscou que la Serbie n’oubliera ni ne négligera “ses amitiés traditionnelles” et continuera “à développer des relations constructives avec la Fédération de Russie”.Les liens entre les deux pays ont d’ailleurs permis à un certain nombre de diplomates russes chassés de capitales européenne de s’installer à Belgrade. Et Sputnik et Russia Today, interdites de diffusion dans l’Union européenne, sont disponible en Serbie via Telekom, l’entreprise publique de télécommunications. Dans ce contexte, les manifestations organisées pour protester contre la guerre en Ukraine attirent de moins en moins de membres de la communauté russe, qui bruisse d’anecdotes sur des militants intimidés par les autorités, la présence des services de renseignements pro-russes dans les rassemblements…- “Bulle russe” -Selon l’étude du BCSP, “si beaucoup sont opposés à Poutine” plus de 70% des Russes installés en Serbie ne veulent pas s’engager. “Ils font passer leur sécurité et leur situation économique en premier”, analysent les auteurs de l’étude, Srdjan Cvijic et Kristina Nikolic.”Être actif politiquement lorsqu’on n’a pas de permis de séjour ou de passeport serait pour le moins imprudent”, avance Margarita Zavadskaya, une chercheuse russe installée en Finlande.Surtout quand on a l’intention de rester : plus de 40% des personnes interrogées se voient passer les 5 prochaines années en Serbie.Apprendre le serbe, participer à l’économie, mettre ses enfants à l’école … trois ans après la guerre, la diaspora russe s’installe.”On ne doit pas vivre dans une bulle russe”, conclut, ciseau de coiffeur dans une main, Ivan Alexandrov.

Netanyahu jure de faire payer au Hamas sa violation “cruelle” de l’accord de trêve

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a juré vendredi de faire payer au Hamas le prix fort de sa violation “cruelle” du cessez-le-feu, après avoir affirmé que l’un des corps remis par le mouvement palestinien n’était pas celui de l’otage israélienne Shiri Bibas comme annoncé.Dans une première réaction, un responsable du Hamas, qui a requis l’anonymat, a jugé “probable” que le corps censé être celui de l’otage Shiri Bibas “ait été mélangé par erreur avec d’autres sous les décombres” à Gaza, et annoncé une enquête.Le Hamas avait affirmé jeudi avoir remis le corps de Shiri Bibas, ceux de ses deux enfants Ariel et Kfir, et celui d’un octogénaire, Oded Lifshitz, tous enlevés lors de l’attaque d’une violence sans précédent menée par le mouvement islamiste contre Israël le 7 octobre 2023.Cette escalade risque de mettre en péril l’accord de trêve fragile dans la bande de Gaza, entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du 7-Octobre.Dans le cadre de cet accord, le Hamas doit libérer samedi six otages vivants contre des prisonniers palestiniens.Au lendemain d’une journée de deuil en Israël marquée par la remise par le Hamas à Gaza des dépouilles de trois otages israéliens dont celles des deux enfants Bibas, M. Netanyahu a dit que le quatrième corps n’était pas celui de leur mère mais d’une femme à Gaza.”Avec un cynisme inimaginable, ils n’ont pas rendu Shiri avec ses petits enfants, les petits anges, et ont placé le corps d’une femme de Gaza dans le cercueil”, a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué.”Nous agirons avec détermination pour ramener Shiri à la maison ainsi que tous nos otages -les vivants et les morts- et nous veillerons à ce que le Hamas paie le prix de cette violation cruelle et perverse de l’accord”, a-t-il averti.- Enfants “tués en captivité” -Les dépouilles ont été restituées dans le cadre de la première phase de l’accord de trêve conclu via les médiateurs – Egypte, Qatar, Etats-Unis.”Sur la base des renseignements disponibles et des indicateurs de diagnostic, Ariel et Kfir Bibas ont été brutalement tués en captivité en novembre 2023 par des terroristes palestiniens”, a affirmé de son côté le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, en confirmant aussi l’identité de l’otage mort Oded Lifshitz.Le Hamas a toujours affirmé qu’Ariel et Kfir Bibas, âgés respectivement de quatre ans et huit mois et demi lors de leur enlèvement, avaient été tués dans des bombardements israéliens à Gaza.Kfir Bibas était le plus jeune des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023. Leur père enlevé ce jour-là a été libéré le 1er février dernier.”C’est probablement l’un des jours les plus tristes qu’ait connu Israël. Je ressens de la rage contre le Hamas et de la frustration envers notre gouvernement qui n’a pas ramené (tous les otages) chez eux”, dit à l’AFP Elisheva Flamm Oren, une fonctionnaire de 66 ans rencontrée dans un marché de Jérusalem-Ouest.- “Monstres du Hamas” -Dès jeudi, M. Netanyahu s’en est pris au Hamas pour avoir mis en scène la restitution des dépouilles à Khan Younès dans le sud de Gaza.”Nous sommes tous fous de rage contre les monstres du Hamas”, a-il dit. “Nous détruirons les meurtriers et éliminerons le Hamas.”Des combattants armés et cagoulés ont exposé sur un podium quatre cercueils noirs portant chacun la photo d’un des otages. Au-dessus, un poster où Benjamin Netanyahu apparaissait le visage maculé de sang, flanqué de dents de vampire. Les dépouilles ont ensuite été remises à la Croix-Rouge.C’est la première fois que le Hamas remet des corps d’otages depuis son attaque du 7-Octobre. L’armée israélienne avait retrouvé plusieurs corps d’otages durant ses opérations à Gaza.Depuis le début de la première phase de l’accord de trêve devant s’achever le 1er mars, 19 otages israéliens ont été libérés contre plus de 1.100 prisonniers palestiniens.Un total de 33 otages, dont huit morts, doivent être remis par le Hamas en échange de 1.900 Palestiniens détenus par Israël durant cette phase.- “Opération intensive” en Cisjordanie -Mercredi, le Hamas s’est dit prêt à libérer “en une seule fois”, et non plus en étapes successives, tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase.Mais les négociations indirectes sur cette deuxième étape, censée mettre fin définitivement à la guerre, ont été retardées. La troisième et dernière phase doit en principe porter sur la reconstruction de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé.M. Netanyahu a par ailleurs ordonné une “opération intensive” en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, après que son ministre de la Défense a accusé des “organisations terroristes palestiniennes” d’être à l’origine d’une série d’explosions dans des bus jeudi soir à Bat Yam (centre d’Israël), qui n’ont pas fait de victime.

Netanyahu jure de faire payer au Hamas sa violation “cruelle” de l’accord de trêve

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a juré vendredi de faire payer au Hamas le prix fort de sa violation “cruelle” du cessez-le-feu, après avoir affirmé que l’un des corps remis par le mouvement palestinien n’était pas celui de l’otage israélienne Shiri Bibas comme annoncé.Dans une première réaction, un responsable du Hamas, qui a requis l’anonymat, a jugé “probable” que le corps censé être celui de l’otage Shiri Bibas “ait été mélangé par erreur avec d’autres sous les décombres” à Gaza, et annoncé une enquête.Le Hamas avait affirmé jeudi avoir remis le corps de Shiri Bibas, ceux de ses deux enfants Ariel et Kfir, et celui d’un octogénaire, Oded Lifshitz, tous enlevés lors de l’attaque d’une violence sans précédent menée par le mouvement islamiste contre Israël le 7 octobre 2023.Cette escalade risque de mettre en péril l’accord de trêve fragile dans la bande de Gaza, entré en vigueur le 19 janvier après 15 mois de guerre dévastatrice déclenchée par l’attaque du 7-Octobre.Dans le cadre de cet accord, le Hamas doit libérer samedi six otages vivants contre des prisonniers palestiniens.Au lendemain d’une journée de deuil en Israël marquée par la remise par le Hamas à Gaza des dépouilles de trois otages israéliens dont celles des deux enfants Bibas, M. Netanyahu a dit que le quatrième corps n’était pas celui de leur mère mais d’une femme à Gaza.”Avec un cynisme inimaginable, ils n’ont pas rendu Shiri avec ses petits enfants, les petits anges, et ont placé le corps d’une femme de Gaza dans le cercueil”, a déclaré M. Netanyahu dans un communiqué.”Nous agirons avec détermination pour ramener Shiri à la maison ainsi que tous nos otages -les vivants et les morts- et nous veillerons à ce que le Hamas paie le prix de cette violation cruelle et perverse de l’accord”, a-t-il averti.- Enfants “tués en captivité” -Les dépouilles ont été restituées dans le cadre de la première phase de l’accord de trêve conclu via les médiateurs – Egypte, Qatar, Etats-Unis.”Sur la base des renseignements disponibles et des indicateurs de diagnostic, Ariel et Kfir Bibas ont été brutalement tués en captivité en novembre 2023 par des terroristes palestiniens”, a affirmé de son côté le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, en confirmant aussi l’identité de l’otage mort Oded Lifshitz.Le Hamas a toujours affirmé qu’Ariel et Kfir Bibas, âgés respectivement de quatre ans et huit mois et demi lors de leur enlèvement, avaient été tués dans des bombardements israéliens à Gaza.Kfir Bibas était le plus jeune des 251 otages enlevés le 7 octobre 2023. Leur père enlevé ce jour-là a été libéré le 1er février dernier.”C’est probablement l’un des jours les plus tristes qu’ait connu Israël. Je ressens de la rage contre le Hamas et de la frustration envers notre gouvernement qui n’a pas ramené (tous les otages) chez eux”, dit à l’AFP Elisheva Flamm Oren, une fonctionnaire de 66 ans rencontrée dans un marché de Jérusalem-Ouest.- “Monstres du Hamas” -Dès jeudi, M. Netanyahu s’en est pris au Hamas pour avoir mis en scène la restitution des dépouilles à Khan Younès dans le sud de Gaza.”Nous sommes tous fous de rage contre les monstres du Hamas”, a-il dit. “Nous détruirons les meurtriers et éliminerons le Hamas.”Des combattants armés et cagoulés ont exposé sur un podium quatre cercueils noirs portant chacun la photo d’un des otages. Au-dessus, un poster où Benjamin Netanyahu apparaissait le visage maculé de sang, flanqué de dents de vampire. Les dépouilles ont ensuite été remises à la Croix-Rouge.C’est la première fois que le Hamas remet des corps d’otages depuis son attaque du 7-Octobre. L’armée israélienne avait retrouvé plusieurs corps d’otages durant ses opérations à Gaza.Depuis le début de la première phase de l’accord de trêve devant s’achever le 1er mars, 19 otages israéliens ont été libérés contre plus de 1.100 prisonniers palestiniens.Un total de 33 otages, dont huit morts, doivent être remis par le Hamas en échange de 1.900 Palestiniens détenus par Israël durant cette phase.- “Opération intensive” en Cisjordanie -Mercredi, le Hamas s’est dit prêt à libérer “en une seule fois”, et non plus en étapes successives, tous les otages encore retenus à Gaza lors de la deuxième phase.Mais les négociations indirectes sur cette deuxième étape, censée mettre fin définitivement à la guerre, ont été retardées. La troisième et dernière phase doit en principe porter sur la reconstruction de Gaza.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.211 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé.M. Netanyahu a par ailleurs ordonné une “opération intensive” en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, après que son ministre de la Défense a accusé des “organisations terroristes palestiniennes” d’être à l’origine d’une série d’explosions dans des bus jeudi soir à Bat Yam (centre d’Israël), qui n’ont pas fait de victime.