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Au Pakistan, la suspension de l’USAID menace d’assécher l’une des villes les plus chaudes au monde

Des dizaines de millions de dollars et des milliards de litres d’eau filtrés: après des années de travaux, la suspension de l’aide américaine pourrait priver d’eau potable l’une des villes les plus chaudes au monde, prévient une ONG pakistanaise.A Jacobabad, dans la province méridionale du Sindh, les températures dépassent régulièrement les 50 degrés Celsius en été et le changement climatique a fait se multiplier les épisodes de canicule. Cette semaine, en plein hiver, le thermomètre doit dépasser 30 degrés.Longtemps, le million d’habitants du district a dû se contenter des petites citernes tirées par des ânes qui parcouraient les rues pour vendre à prix d’or de l’eau souvent contaminée, parfois à l’arsenic.Mais en 2012, l’Agence américaine pour le développement (USAID) a accepté de débloquer 66 millions de dollars notamment pour remettre en usage une station de pompage et de filtration d’eau sur un canal, à 22 kilomètres de Jacobabad.- “Marcher des heures” -Le 20 janvier, dans un coup de théâtre, le président américain Donald Trump a décidé de geler l’aide de son pays à l’étranger – pour le moment pour trois mois.A Jacobabad, cela signifie que le million de dollars et demi qui était attendu sous peu n’arrivera pas.Et que le robinet d’eau pourrait se tarir, se désole l’ONG pakistanaise HANDS qui gérait la station et collectait les redevances censées un jour rendre la station autonome financièrement.Son patron, Cheikh Tanvir Ahmed, assure avoir appris la décision présidentielle américaine par voie de presse et n’avoir reçu aucun avertissement formel.”Si l’approvisionnement en eau est coupé, ça va être très difficile pour nous”, s’inquiète déjà Toufail Ahmed, un habitant de 25 ans.Cette station “a changé nos vies” et, sans elle, “survivre sera un défi, car l’eau est l’élément le plus essentiel à la vie”, poursuit M. Ahmed.Actuellement, 350.000 habitants utilisent 5,6 millions de litres de cette eau potable – donc utilisable comme boisson ou pour des usages domestiques – chaque jour pour environ 1,5 euro par mois, soit dix fois moins que l’eau des citernes ambulantes.Noor Ahmed, étudiant de 18 ans, n’utilise cette eau avec sa famille que pour la lessive.Avant, dit-il à l’AFP, “les femmes devaient marcher des heures” pour ramener de l’eau ou en acheter.Et cette “eau contaminée nous rendait malade, on avait des frais de santé énormes”, abonde Sadruddin Lashari, 55 ans.”Avec tout en suspens, nous devons retirer nos employés et cesser toutes nos prestations dans ce projet de station d’eau”, explique à l’AFP Cheikh Tanvir Ahmed, dont l’ONG HANDS a déjà dû mettre 47 employés au chômage technique.- “Revenir sur sa décision” -La suite logique, poursuit-il, si aucune aide ne parvient jusqu’à Jacobabad, c’est l’arrêt définitif du pompage “dans les quelques mois à venir”.Le projet repose actuellement entre les mains du gouvernement local, qui ne dispose pas de l’expertise ou de l’argent nécessaires pour rendre le projet viable à long terme.Pour lui, cesser les paiements à ce stade, c’est comme viser le sommet d’une montagne et s’arrêter quelques mètres avant.”S’ils ne sont plus intéressés, alors l’échec sera total”, prévient M. Ahmed. “Le président” américain “doit revoir sa décision”, plaide-t-il, car “l’eau est plus qu’un médicament vital, l’eau c’est la vie”.Déjà, de septembre à mi-janvier, la pluviométrie dans le Sindh a baissé de 52% par rapport à la moyenne selon les autorités locales qui annoncent une “sécheresse modérée” pour les prochains mois.Le Pakistan, qui compte pour moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est le pays le plus affecté par le changement climatique selon un classement de l’ONG Germanwatch publié cette année et basé sur des données compilées depuis 2022.Cette année-là, un tiers du pays de 240 millions d’habitants avait été noyé sous des pluies de mousson inédites qui avaient tué plus de 1.700 personnes et causé des dommages estimés à près de 15 milliards de dollars.

Bétharram: L’Etat pas “au rendez-vous”, regrette Borne, les gardes à vue touchent à leur fin

“L’Etat n’a pas été au rendez-vous” dans l’affaire des violences physiques et sexuelles à Notre-Dame-de-Bétharram qui ont perduré plusieurs décennies, a regretté la ministre de l’Education Elisabeth Borne vendredi, au moment où la garde à vue de deux anciens surveillants de l’établissement catholique s’achève.Trois hommes -un religieux et deux surveillants laïcs nés en 1931, 1955 et 1965-, avaient été interpellés mercredi pour des “viols aggravés, agressions sexuelles aggravées et/ou violences aggravées”, sur une période allant de 1957 à 2004, selon le parquet de Pau.Le prêtre nonagénaire a été relâché jeudi, sans précisions du parquet sur la suite de la procédure judiciaire, et les victimes espèrent maintenant de premières mises en cause après la fin des gardes à vue des deux surveillants, au plus tard en début d’après-midi.Ces interpellations interviennent un an après le lancement d’une vaste enquête sur cet établissement presque bicentenaire des Pyrénées-Atlantiques, longtemps réservé aux garçons, avec son pensionnat à la réputation “stricte”. Le collectif de victimes de Bétharram a recensé 132 plaintes. Les victimes, enfants ou adolescents à l’époque des faits, décrivent des masturbations et fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine, des châtiments corporels, menaces et humiliations.Mme Borne a jugé vendredi sur BFMTV/RMC “difficile de comprendre” pourquoi l’Etat n’a pas réagi plus tôt et a dit vouloir que le gouvernement continue à agir “pour que la parole se libère”.- “Exploitation politique” -L’établissement, qui n’a presque jamais été inspecté à part un contrôle en 1996 n’ayant rien relevé d’anormal malgré déjà des signalements de violences, doit faire l’objet d’une inspection académique le 17 mars. Mercredi, l’ancien inspecteur d’académie, a exprimé des regrets sur son rapport de 1996 qui “ne tient pas la route actuellement”.La ministre a déclaré vouloir accélérer les contrôles des établissements privés “avec un objectif 40%” dans les 24 mois, alors que ces inspections étaient quasi inexistantes auparavant. Elle a suggéré ne pas “s’interdire” des inspections inopinées.Mme Borne a toutefois déploré “l’exploitation politique” de cette affaire qui éclabousse le chef du gouvernement François Bayrou. Ministre de l’Education entre 1993 et 1997, à l’époque de certains des faits incriminés, il répète n’avoir “jamais été informé” dans le passé des violences sexuelles dans cet établissement qu’ont fréquenté plusieurs de ses enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme, malgré des témoignages affirmant le contraire.”Mediapart, la France insoumise donneraient l’impression que le seul qui n’aurait pas vu ce qu’il aurait dû voir, ce serait François Bayrou”, a poursuivi Mme Borne, soulignant que des “plaintes pour violences sexuelles” ont été “déposées à partir des années 1998” et “qu’il y en a d’autres qui n’ont sans doute pas vu ou pas réagi à l’époque”.- “Soutane ouverte” -Les trois interpellations sont intervenues quatre jours après une réunion entre des victimes et François Bayrou.Parmi les plaintes recensées, une poignée ne sont pas frappées par la prescription, estime son porte-parole Alain Esquerre, lui-même ancien pensionnaire.Des victimes interrogées par l’AFP mettent en cause les trois suspects.”J’ai subi des punitions, des violences, on nous caressait à la sortie des douches, personne ne disait rien, on avait neuf ans !”, enrage Brice Ducos, 49 ans, interne à Bétharram entre 1984 et 1991, ciblant l’un des deux surveillants surnommé “Cheval” à l’époque.Allusion à la chevalière qu’il portait à une main et qu’il retournait avant de gifler un élève, en lui disant: “Regarde ce que tu m’obliges à faire”, témoigne auprès de l’AFP un autre ancien, scolarisé de 1973 à 1980, qui a requis l’anonymat.Antoine (prénom modifié), 48 ans, incrimine, lui, l’autre surveillant écarté l’an dernier. “J’ai été son protégé”, dit-il, évoquant des agressions sexuelles sous la tente lors de sorties scouts, puis des masturbations hebdomadaires, quatre ans durant, quand il habitait chez lui.Jean-Marie Delbos, 78 ans, accuse, lui, le nonagénaire, “jeune ecclésiastique” quand il le vit arriver au dortoir en 1957. Il “venait la nuit, soutane ouverte, s’accroupir au pied du lit pour faire des attouchements et des fellations”, raconte-t-il.Des “faits graves”, “en contradiction totale avec l’esprit de l’enseignement catholique”, a réagi jeudi la Conférence des évêques de France (CEF).cas-ved-mer-ppy/gf/sla

Le pape François a passé une nouvelle “bonne nuit et s’est levé”, selon le Vatican

Le pape François, 88 ans, a passé une nouvelle nuit calme à l’hôpital Gemelli de Rome où il est soigné pour une pneumonie touchant les deux poumons, a indiqué vendredi le Vatican.”La nuit s’est bien passée. Ce matin, le pape François s’est levé et a pris son petit déjeuner”, indique un bref communiqué, une semaine après son hospitalisation.Le Vatican avait fait savoir jeudi soir que l’état de santé du pape était en légère amélioration.”L’état clinique du Saint-Père s’améliore légèrement. Il est apyrétique (sans fièvre, ndlr) et ses paramètres hémodynamiques (circulation sanguine) restent stables”, a annoncé le Vatican dans un bulletin de santé.”Ce matin, il a reçu l’Eucharistie et s’est ensuite consacré à ses activités professionnelles”, selon la même source.Selon une source vaticane, il s’agit de contacts avec ses plus proches collaborateurs, la lecture et la signature de documents et des appels téléphoniques.Dans la journée déjà, des cardinaux s’étaient montrés encourageants sur l’état de santé du pape argentin, assurant que ce dernier était “sur la bonne voie”.François a été admis à l’hôpital Gemelli de Rome vendredi dernier pour une bronchite, mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait développé une pneumonie dans les deux poumons, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.- messages de soutien -Ces préoccupations sont renforcées par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, notamment sur X, rapportant la mort du pape en plusieurs langues.”Quelle perte de temps”, a déploré le cardinal espagnol Juan José Omella, qui assure que le pape va “beaucoup mieux”. “L’important est de savoir comment il réagit aux médicaments. Mais je pense qu’il y a de l’espoir”, a-t-il affirmé aux journalistes.Aucune indication n’a toutefois été fournie sur la durée de ce séjour et le Vatican n’a pas précisé si François, qui n’est plus apparu en public depuis le 14 février, pourrait présider dimanche la prière hebdomadaire de l’Angélus.L’hospitalisation du pape, à la fois leader spirituel de 1,3 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les spéculations autour de sa capacité à assurer sa charge, alors que le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altèrerait sa lucidité.L’évêque de Rome a reçu de nombreux messages de sympathie du monde entier, de la part de responsables politiques et religieux, de fidèles ou des dessins d’enfants.Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années, Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, a maintenu un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.

Le pape François a passé une nouvelle “bonne nuit et s’est levé”, selon le Vatican

Le pape François, 88 ans, a passé une nouvelle nuit calme à l’hôpital Gemelli de Rome où il est soigné pour une pneumonie touchant les deux poumons, a indiqué vendredi le Vatican.”La nuit s’est bien passée. Ce matin, le pape François s’est levé et a pris son petit déjeuner”, indique un bref communiqué, une semaine après son hospitalisation.Le Vatican avait fait savoir jeudi soir que l’état de santé du pape était en légère amélioration.”L’état clinique du Saint-Père s’améliore légèrement. Il est apyrétique (sans fièvre, ndlr) et ses paramètres hémodynamiques (circulation sanguine) restent stables”, a annoncé le Vatican dans un bulletin de santé.”Ce matin, il a reçu l’Eucharistie et s’est ensuite consacré à ses activités professionnelles”, selon la même source.Selon une source vaticane, il s’agit de contacts avec ses plus proches collaborateurs, la lecture et la signature de documents et des appels téléphoniques.Dans la journée déjà, des cardinaux s’étaient montrés encourageants sur l’état de santé du pape argentin, assurant que ce dernier était “sur la bonne voie”.François a été admis à l’hôpital Gemelli de Rome vendredi dernier pour une bronchite, mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait développé une pneumonie dans les deux poumons, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.- messages de soutien -Ces préoccupations sont renforcées par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, notamment sur X, rapportant la mort du pape en plusieurs langues.”Quelle perte de temps”, a déploré le cardinal espagnol Juan José Omella, qui assure que le pape va “beaucoup mieux”. “L’important est de savoir comment il réagit aux médicaments. Mais je pense qu’il y a de l’espoir”, a-t-il affirmé aux journalistes.Aucune indication n’a toutefois été fournie sur la durée de ce séjour et le Vatican n’a pas précisé si François, qui n’est plus apparu en public depuis le 14 février, pourrait présider dimanche la prière hebdomadaire de l’Angélus.L’hospitalisation du pape, à la fois leader spirituel de 1,3 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les spéculations autour de sa capacité à assurer sa charge, alors que le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altèrerait sa lucidité.L’évêque de Rome a reçu de nombreux messages de sympathie du monde entier, de la part de responsables politiques et religieux, de fidèles ou des dessins d’enfants.Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années, Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, a maintenu un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.

Le pape François a passé une nouvelle “bonne nuit et s’est levé” (Vatican)

Le pape François, 88 ans, a passé une nouvelle nuit calme à l’hôpital Gemelli de Rome où il est soigné pour une pneumonie touchant les deux poumons, a indiqué vendredi le Vatican.”La nuit s’est bien passée. Ce matin, le pape François s’est levé et a pris son petit déjeuner”, indique un bref communiqué, une semaine après son hospitalisation.Le Vatican avait fait savoir jeudi soir que l’état de santé du pape était en légère amélioration.”L’état clinique du Saint-Père s’améliore légèrement. Il est apyrétique (sans fièvre, ndlr) et ses paramètres hémodynamiques (circulation sanguine) restent stables”, a annoncé le Vatican dans un bulletin de santé.”Ce matin, il a reçu l’Eucharistie et s’est ensuite consacré à ses activités professionnelles”, selon la même source.Selon une source vaticane, il s’agit de contacts avec ses plus proches collaborateurs, la lecture et la signature de documents et des appels téléphoniques.Dans la journée déjà, des cardinaux s’étaient montrés encourageants sur l’état de santé du pape argentin, assurant que ce dernier était “sur la bonne voie”.François a été admis à l’hôpital Gemelli de Rome vendredi dernier pour une bronchite, mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait développé une pneumonie dans les deux poumons, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.- messages de soutien -Ces préoccupations sont renforcées par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, notamment sur X, rapportant la mort du pape en plusieurs langues.”Quelle perte de temps”, a déploré le cardinal espagnol Juan José Omella, qui assure que le pape va “beaucoup mieux”. “L’important est de savoir comment il réagit aux médicaments. Mais je pense qu’il y a de l’espoir”, a-t-il affirmé aux journalistes.Aucune indication n’a toutefois été fournie sur la durée de ce séjour et le Vatican n’a pas précisé si François, qui n’est plus apparu en public depuis le 14 février, pourrait présider dimanche la prière hebdomadaire de l’Angélus.L’hospitalisation du pape, à la fois leader spirituel de 1,3 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les spéculations autour de sa capacité à assurer sa charge, alors que le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altèrerait sa lucidité.L’évêque de Rome a reçu de nombreux messages de sympathie du monde entier, de la part de responsables politiques et religieux, de fidèles ou des dessins d’enfants.Malgré des alertes de santé à répétition ces dernières années, Jorge Bergoglio, connu pour sa force de caractère, a maintenu un rythme effréné, au grand dam de ses médecins qui ne cessent de lui répéter de ralentir la cadence.

En Allemagne, le virage à droite de la génération Z

L’humeur est au beau fixe lors d’une rencontre de jeunes conservateurs allemands, dans le nord du pays, où la charge d’un orateur contre les politiques climatiques des Verts suscite les applaudissements de l’auditoire âgé de moins de 30 ans.Parmi eux Niels Kohlhaase, 25 ans, cadre dans une entreprise du bâtiment, dont la priorité est la relance de l’économie allemande, en récession depuis deux ans.La victoire promise au candidat de la droite Friedrich Merz, favori du scrutin législatif de dimanche, lui donne de l’espoir : ancien avocat d’affaires ayant longtemps travaillé chez BlackRock, géant américain de la gestion d’actifs, Merz “a de bons contacts aux Etats-Unis”, qu’il mettra à profit une fois au pouvoir, fait valoir le jeune homme.Quand l’animateur de la soirée, organisée dans un bar de Rotenburg (nord) par le mouvement de jeunesse des chrétiens-démocrates (CDU), fustige les écologistes, opposés à la relance du nucléaire, l’assistance acquiesce vivement.Les Verts avaient été plébiscités par les jeunes lors des dernières législatives en Allemagne, arrivant en tête chez les 18-24 ans lors du scrutin de 2021, une période où le mouvement de lutte pour le climat Fridays for Future attirait des dizaines de milliers de personnes dans les rues.Aux élections européennes de juin 2024, les 16-24 ans ont d’abord voté pour le parti conservateur (17%) en tête dans leur tranche d’âge comme dans l’ensemble de la population, devant le parti d’extrême doite AfD.- Coupure est/ ouest -“Le mouvement pour le climat implique de renoncer à beaucoup de choses et la génération Z (née entre 1997 et 2012) n’a jamais appris à le faire”, décrypte Rüdiger Maas, président de l’institut de recherches sur les générations, dans un entretien à l’AFP.Leur rapport à la Seconde guerre mondiale est également “différent de celui de leurs aînés”, hantés par la culpabilité des horreurs commises par les nazis, explique le chercheur.Différence majeure entre les jeunes sensibles aux valeurs de droite: “à l’est du pays, ils votent AfD, à l’ouest ils choisissent les conservateurs”, selon M. Maas.Une division qui recoupe l’ancienne ligne de partage entre l’ex-République fédérale allemande, terre d’immigration depuis des décennies, et l’ex-Allemagne communiste où la société était “relativement homogène, sans beaucoup d’étrangers” avant la vague migratoire de 2015-16, constituée majoritairement d’exilés syriens et afghans, et l’afflux des réfugiés ukrainiens après l’invasion de leur pays par la Russie.Lors de trois élections régionales dans l’est du pays, à l’automne 2024, l’AfD a nettement progressé chez les 18-24 ans au détriment des Verts, selon l’institut infratest dimap.”On arrivera à diviser par deux le score de l’AfD seulement avec une politique migratoire raisonnable”, estime Josh Heitmann, 21 ans, fils d’exploitants agricoles, favorable au durcissement du droit d’asile prôné par Friedrich Merz.- TikTok et Instagram -Conscients que la bataille pour l’électorat des moins de 30 ans se joue sur les réseaux sociaux, les conservateurs ont tenté de rattraper leur retard. Le député Philipp Amthor, 32 ans, s’est vu confier l’animation d’une cellule spéciale en charge des contenus sur TikTok ou Instagram. De tous les partis politiques allemands, l’AfD est le plus présent sur TikTok, ont analysé les chercheurs.La “Team Merz” ne réagit pas forcément aux fausses informations, notamment de l’extrême droite et de ses “trolls”, “pour éviter leur propagation”, souligne Nina Weise, 24 ans, experte des réseaux sociaux du parti conservateur.”Les partis démocratiques ont un handicap sur TikTok car l’algorithme favorise les contenus extrémistes”, ajoute-t-elle. “Nous misons avant tout sur du contenu politique, même si le rire est autorisé sans pour autant se livrer à des danses sur TikTok”, insiste M. Amthor qui s’est filmé le haut du corps intégralement platré pour encourager à voter par correspondance. Pour Niels Kohlhaase, ces efforts sont payants: “C’est la première fois que les posts de la CDU me parlent”, avoue-t-il.D’autres en revanche ne sont pas encore convaincus: Cleo Heitmann, 19 ans, qui accompagne son frère à la soirée de Rotenburg, “oscille entre la CDU et les sociaux-démocrates” et se décidera “seulement dans l’isoloir”. 

Dans l’est du Népal, le téléphérique de la discorde

Développement touristique contre protection de l’environnement. Dans l’est du Népal, le district reculé de Taplejung se déchire depuis plusieurs mois autour d’un projet de téléphérique qui menace une forêt sacrée et toute l’économie de la région.Au début de l’année, la querelle a viré à la bataille rangée quand la police a tiré à balles réelles contre des manifestants férocement opposés au projet, faisant quatre blessés graves.La décision des protestataires de lever leurs actions en échange d’une suspension des travaux a fait retomber la tension, provisoirement. Mais sur le terrain, le feu continue de couver et 14 personnes ont été blessées jeudi – dont 11 membres des forces de sécurité. “Nous manifestions pacifiquement quand des hommes de main ont brandi des kukris (grands couteaux) et nous ont attaqués”, affirme Shree Linkhim Limbu, le coordinateur du comité de défense du site, déterminé à poursuivre son combat jusqu’à l’abandon du projet.Tout a débuté lorsque le riche homme d’affaires Chandra Dhakal, président de la chambre nationale de commerce et d’industrie et proche du Premier ministre KP Sharma Oli, a annoncé en 2018 la construction d’un téléphérique pour monter au temple de Pathibhara.Environ 300.000 personnes visitent chaque année ce site de pèlerinage hindou, après plusieurs heures de marche dans les contreforts de l’Himalaya.Le gouvernement affirme que le projet de 2,5 km de long pour un coût de 21 millions d’euros va doper la fréquentation du temple, pour le plus grand bénéfice de l’économie locale. Il le décrit comme un “projet de fierté nationale”. Un qualificatif rejeté par une partie de la population locale, qui redoute les dégâts irréparables causés à la nature, dont une forêt que la communauté indigène des Limbu considère sacrée.- “Massacre” -“Ce n’est rien moins qu’une immixtion directe et brutale de l’Etat”, dénonce Shree Linkhim Limbu. “Comment parler de fierté nationale quand l’Etat ne fait que servir des intérêts particuliers?”L’Etat a autorisé la coupe de plus de 10.000 arbres de la forêt, qui abrite des espèces animales menacées comme le panda rouge, l’ours noir ou le léopard des neiges.”Nous les Kirat (indigènes) vénérons les arbres, les pierres et tous les êtres vivants. Ils massacrent notre foi”, s’indigne Anil Subba, metteur en scène d’une pièce de théâtre anti-téléphérique jouée un mois dans la capitale Katmandou.La “benne” du patron du groupe IME n’est pas non plus du tout du goût des quelque 500 porteurs, vendeurs de thé et hôteliers du cru, qui redoutent de voir se tarir le flux de leurs marcheurs de clients.”On transporte les fidèles jusqu’à Pathibhara depuis des générations”, rappelle un de ces coolies, Chandra Tamang, 38 ans. “S’ils montent par-dessus nos têtes en téléphérique, comment est-ce que nous allons pouvoir survivre ?”Ce front du refus est toutefois loin d’être unanime.”Ça va ramener du développement ici”, juge Kamala Devi Thapa, une résidente de 45 ans, qui argue que le téléphérique permettra d’attirer plus de “pèlerins âgés” sans empêcher les plus jeunes ou entraînés de marcher.Récemment, les télécabines ont poussé comme des champignons au Népal. Cinq des huit à ce jour en service ont été construites ces deux dernières années et dix autres sont en cours de construction.- “Jusqu’au bout” -Plusieurs le sont par le groupe IME de M. Dhakal.Le but des autorités est clair: doper le secteur du tourisme qui, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WCTT), concourt à 6% du produit intérieur brut (PIB) d’un pays où le taux de chômage frôle les 10%.   Au-delà du seul projet de celui de Pathibhara, c’est toute la politique environnementale du gouvernement qui est en question, dans un pays recouvert à 45% de forêts.Selon le ministère de l’Environnement, 255.000 de leurs arbres ont été coupés en 2024.”Le gouvernement autorise la déforestation au nom du développement, cela aura des conséquences à long terme”, avertit Rajesh Rai, professeur à l’université Tribhuvan de Katmandou.Imperturbable, le promoteur du téléphérique assure que son projet va créer un millier d’emplois et balaie toutes les oppositions d’un revers de main.”Ce n’est qu’un moyen de transport, il n’affectera ni l’écologie ni la culture locale”, assure M. Dhakal. “Si les gens peuvent survoler la région en hélicoptère, pourquoi pas en téléphérique ? En plus, nous faisons la promotion d’une énergie propre…”L’argument laisse Kendra Singh Limbu, 79 ans, de marbre. “Nous luttons là pour préserver notre héritage”, tempête cet opposant de la première heure, “et nous continuerons jusqu’à l’annulation pure et simple du projet”.La communauté est désormais divisée entre les anciens et les jeunes, remarque Anand Gautam, un journaliste local. “Pour certains, il est synonyme de progrès, pour d’autres de destruction”.