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Ruptures conventionnelles: un accord en vue entre syndicats et patronat

Un accord entre partenaires sociaux se profile mercredi soir sur l’assurance chômage, qui réduirait la durée maximale d’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle avec leur employeur, malgré l’opposition de la CGT. Patronat et syndicats tentent de trouver un accord dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies par an, principalement sur ces ruptures de contrat à l’amiable, et d’éviter ainsi que le gouvernement reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.En fin d’après-midi, les négociateurs de la CGT et de la CFDT ont annoncé qu’un accord était en cours de rédaction. Celui-ci ne prévoirait pas de dégressivité des allocations chômage après une rupture conventionnelle, ce qui constitue une victoire pour la CFDT, mais raccourcirait de 18 à 15 mois la durée d’indemnisation maximale pour les allocataires de moins de 55 ans issus d’une telle rupture. Pour les 55 ans et plus, cette durée serait ramenée à 20,5 mois, contre 22,5 mois actuellement à 55 et 56 ans et 27 mois à partir de 57 ans. Une baisse atténuée pour les seniors par la possibilité de bénéficier d’un accompagnement renforcé, qui pourra conduire à la prolongation de leur durée d’indemnisation “si leur projet professionnel nécessite plus de temps”, a expliqué Olivier Guivarch de la CFDT. Le négociateur a estimé qu’une “étape importante” avait été franchie en direction d’un accord.Sans tenir compte de l’impact de cet accompagnement renforcé, cette mesure permettrait d’économiser 20 millions d’euros la première année de sa mise en oeuvre, 270 millions la deuxième, 760 la troisième et 940 à partir de la cinquième, en régime de croisière. Le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de dégager au moins 400 millions d’euros par an sur la durée restante de la convention d’assurance chômage, c’est à dire jusqu’en 2028.Cette réduction de la durée d’indemnisation devra être votée par le Parlement avant de pouvoir être appliquée.- “Pas tellement envie de signer” -“À ce stade, c’est, à notre sens, largement au-delà des 400 millions”, a souligné le négociateur de la CGT Denis Gravouil, ajoutant: “on sait qu’on n’a pas tellement envie de signer un texte de ce genre”. Selon plusieurs négociateurs, un accord pourrait également être trouvé pour assurer un meilleur recouvrement des trop-perçus versés aux chômeurs, qui représentent au total près de 1,3 milliard d’euros en 2025.Parmi les mesures avancées par le patronat qui ne seraient pas reprises dans l’accord figurait un durcissement des conditions d’accès à l’assurance chômage des intermittents du spectacle.Pour protester contre cette éventualité, au moins 300 personnes s’étaient réunies dans la matinée à l’appel de la CGT devant le siège de l’Unédic, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.Le patronat (Medef, CPME, U2P) a depuis le début tenu à élargir le spectre de la négociation et dit vouloir dégager un milliard d’euros d’économies par an, au grand dam des syndicats.En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic. Le gouvernement Lecornu a écarté une remise à plat complète de la convention d’assurance chômage de novembre 2024, demandée en août par son prédécesseur François Bayrou, avec un objectif d’économies de quatre milliards d’euros.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats de salariés représentatifs avaient appelé le patronat à se montrer “raisonnable” et à négocier sur la base de 400 millions d’euros. Les numéros un de la CFDT et de FO s’étaient dit optimistes sur un possible accord. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, se montrait moins accommodante. 

Merz annonce à Pékin une commande de 120 appareils à Airbus par la Chine

Le chancelier Friedrich Merz a annoncé mercredi à Pékin une commande allant “jusqu’à 120” appareils passée par la Chine auprès de l’avionneur européen Airbus, au premier jour de sa visite chez le principal partenaire commercial de l’Allemagne, de plus en plus perçu dans son pays comme un dangereux concurrent pour le “Made in Germany”.”Nous venons …

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Mexique: un country club de luxe, dernier repaire d'”El Mencho”

Les touristes se réjouissaient d’un week-end paisible au Tapalpa Country Club, dans une pittoresque localité de l’ouest du Mexique. Mais ils ne savaient pas qu’un puissant baron de la drogue se cachait parmi eux.Dimanche au lever du jour, le crépitement des mitraillettes et le vrombissement des hélicoptères ont brusquement transformé en pandémonium le luxueux complexe …

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Devant le Congrès, Trump se livre à un long exercice d’autosatisfaction

Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d’annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages.”Ceci est l’âge d’or de l’Amérique”, a clamé le président républicain, reprenant l’un de ses slogans préférés.Dans son allocution d’une durée d’une …

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Les députés s’apprêtent à voter de nouveau sur l’aide à mourir

L’Assemblée nationale s’apprête à se prononcer à nouveau mercredi après-midi sur la création d’un droit à l’aide à mourir, réforme sociétale majeure débattue depuis plusieurs années, et qui avait été largement adoptée en première lecture. Avant le scrutin sur l’ensemble du texte, certains points clivants ont d’abord fait l’objet d’un nouveau vote. L’Assemblée est finalement revenue sur certains changements adoptés durant l’examen, qui risquaient de remettre en cause le soutien de certains députés pourtant plutôt favorables à l’aide à mourir.Le vote, qui devait initialement avoir lieu mardi, a été décalé d’une journée pour terminer l’examen des quelque 2.000 amendements, qui aura duré plus d’une semaine. La proposition de loi doit ensuite repartir au Sénat.”J’espère que, cet après-midi, l’Assemblée nationale montrera qu’elle est la France, parce que la France, elle exprime depuis des années (…) qu’elle souhaite ce droit”, a déclaré l’auteur du texte, Olivier Falorni (groupe MoDem), lors d’une conférence de presse à quelques heures du vote.”Ce texte ouvre une boîte de Pandore et ne pose pas les limites suffisantes pour prémunir la société des dérives”, a au contraire estimé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, exprimant une position personnelle.Les députés adopteront d’abord un premier texte sur le développement des soins palliatifs, consensuel, qui prévoit notamment la création de “maisons d’accompagnement”, intermédiaires entre le domicile et l’hôpital.Le “droit opposable” à disposer de soins palliatifs a toutefois été supprimé, ses contempteurs invoquant des risques de contentieux qu’il entraînerait.- Mode d’administration -L’Assemblée enchaînera ensuite avec le texte sur l’aide à mourir, adopté une première fois en mai par 305 voix contre 199.Ils n’auront toujours pas de consigne de vote de leur groupe, sur un sujet jugé plus intime que politique. Ainsi le député RN Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, a expliqué qu’il voterait pour alors que la cheffe du groupe y est opposée.Mais avant le vote solennel, l’Assemblée a tranché deux points précis.Les députés ont d’abord décidé de refaire de l’auto-administration de la substance létale la règle, et l’administration par un soignant l’exception. Le texte prévoit que le malade s’administre lui-même le produit, sauf s’il n’est “physiquement pas en mesure de le faire”, auquel cas un médecin ou un infirmier s’en chargera. Les députés sont ainsi revenus sur plusieurs amendements qui avaient été adoptés, parfois sur un fil, pour prévoir le libre choix du mode d’administration par le patient. Dans un communiqué le conseil national de l’Ordre des médecins avait exprimé sa “très vive préoccupation”. Et plusieurs députés avaient déclaré ne plus pouvoir soutenir le texte si ce changement était maintenu.Ce “rétablissement est une bonne nouvelle”, a salué la députée Horizons Agnès Firmin-Le Bodo, favorable au texte. “Mais je veux dire que cet équilibre reste fragile. Il a failli basculer dans cet hémicycle et il pourrait basculer à nouveau.”- Promulguée avant l’été? -Les députés se sont également à nouveau prononcé sur la caractérisation de la “souffrance” ouvrant la possibilité de demander une aide à mourir.Le texte prévoyait que le patient doive présenter une souffrance “physique ou psychologique”, mais, à l’initiative du gouvernement, les députés ont supprimé cette notion, précisant qu’une “souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir”.M. Falorni a regretté qu’il soit procédé ainsi à “une hiérarchie des souffrances”.La proposition de loi n’a finalement que peu évolué par rapport à la première lecture.Les députés ont validé les critères d’éligibilité, la procédure collégiale d’instruction de la demande, et la clause de conscience pour les soignants.Certains ont tenté, en vain, de remplacer le terme d’aide à mourir par ceux de suicide assisté et d’euthanasie, ou de supprimer le délit d’entrave prévu. Un délit d’incitation a été toutefois ajouté au texte.Le parcours législatif du texte est loin d’être fini. Il doit retourner en avril au Sénat, qui l’avait rejeté en bloc en première lecture. Le gouvernement devra ensuite vraisemblablement donner le dernier mot à l’Assemblée.Ce qui supposerait une réunion pour tenter de concilier sénateurs et députés, et, après un probable échec, un nouvel examen dans chaque chambre, puis une lecture définitive à l’Assemblée.Pour M. Falorni, “le texte peut être définitivement voté avant l’été”, même si certains trouvent ce calendrier serré. Il a ajouté souhaiter qu'”il puisse être applicable au 1er janvier 2027″, après publication des décrets nécessaires.

Mexique: un country club de luxe, dernier repaire d'”El Mencho”

Les touristes se réjouissaient d’un week-end paisible au Tapalpa Country Club, dans une pittoresque localité de l’ouest du Mexique. Mais ils ne savaient pas qu’un puissant baron de la drogue se cachait parmi eux.Dimanche au lever du jour, le crépitement des mitraillettes et le vrombissement des hélicoptères ont brusquement transformé en pandémonium le luxueux complexe hôtelier niché dans les montagnes de l’Etat de Jalisco, quand les forces spéciales ont donné l’assaut pour capturer Nemesio Oseguera, alias “El Mencho”, le patron du Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), déclenchant la riposte des gardes du corps du malfrat armés jusqu’aux dents.”C’était terrifiant”, raconte à l’AFP un touriste arrivé la veille de l’opération et qui, effrayé, requiert l’anonymat. “Ca tirait à la mitraillette du sol vers le ciel et du ciel vers le sol”, pendant environ deux heures, poursuit-il.Criblé de balles alors qu’il tentait de fuir à travers les bois, “El Mencho” a succombé pendant son transfert par hélicoptère vers un hôpital.Mardi, les clients du Tapalpa Country Club Hotel, établissement construit à la manière d’une hacienda avec des sols carrelés, une vaste terrasse panoramique et un patio luxuriant décoré d’une fontaine, ont enfin pu sortir de leurs chambres, où la municipalité leur avait demandé de se confiner depuis dimanche.- Rendez-vous galant mortel -Evitant les journalistes, ils quittaient la ville de 32.000 habitants dans de longs convois de voitures escortés par des véhicules officiels, sous la surveillance de soldats postés tout le long de la route.Selon des informations officielles, “El Mencho” se trouvait là pour une rencontre avec sa petite amie, et c’est ce rendez-vous galant qui a permis de le localiser. Il semble avoir fait profil bas pendant son séjour dans le complexe hôtelier, si l’on en croit les témoignages recueillis par l’AFP.”Je ne savais pas qu’il pouvait y avoir des gens comme ça ici”, déclare, également sous le couvert de l’anonymat, une jeune travailleuse domestique locale.Mardi, les forces de sécurité interdisaient à quiconque d’approcher. Selon des habitants du voisinage, les alentours du bungalow du narco, aux façades décorées d’immenses images religieuses, sont jonchés de douilles et une Jeep a été abandonnée portières ouvertes juste à côté.Quelques médias mexicains ont diffusé des images de l’intérieur du repaire d'”El Mencho”. On y voit des lits défaits, des tiroirs ouverts, une table avec des images religieuses, une prière écrite à la main et des médicaments contre les problèmes rénaux.La paisible bourgade de Tapalpa, dont les bâtiments traditionnels aux façades blanches et aux toits rouges font d’ordinaire la joie des touristes, est soudainement devenue l’épicentre de la vague de vengeances du CJNG, qui s’est propagée dans 20 des 32 Etats du pays.”Ils brûlaient des voitures et des autobus à la sortie de Tapalpa”, rapporte la travailleuse domestique, les nerfs encore à vif.

Aston Martin, entravé par les droits de douane, tranche dans ses effectifs

Le constructeur automobile de luxe britannique Aston Martin Lagonda a annoncé mercredi un plan de réduction de ses effectifs visant 20% de son personnel, en marge de la publication d’un résultat annuel 2025 plombé par les droits de douane aux Etats-Unis et en Chine.Cette annonce concerne environ 600 personnes sur les quelque 3.000 salariés du groupe, …

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Devant le Congrès, Trump se livre à un long exercice d’autosatisfaction

Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d’annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages.”Ceci est l’âge d’or de l’Amérique”, a clamé le président républicain, reprenant l’un de ses slogans préférés.Dans son allocution d’une durée d’une heure quarante-sept minutes, un record pour un “discours sur l’état de l’Union”, le dirigeant républicain de 79 ans a présenté son bilan comme la meilleure plateforme de campagne possible pour son parti avant des législatives cruciales en novembre.”L’inflation chute, les revenus augmentent vite, l’économie est florissante comme elle ne l’a jamais été”, a assuré Donald Trump sous les applaudissements des élus du parti républicain scandant “USA, USA, USA”.- “Déconnecté” -Le chef de file des sénateurs démocrates Chuck Schumer l’a accusé de présenter une vision “déconnectée de la réalité”.Dans un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d’achat s’est dégradé depuis qu’il est revenu au pouvoir en janvier 2025.Les conservateurs observent avec inquiétude l’impopularité croissante de leur chef à l’approche des “midterms”, ces élections de mi-mandat qui pourraient leur coûter cet automne la majorité au Congrès.”Notre pays a retrouvé le chemin de la victoire”, a répété Donald Trump, avant de faire entrer dans l’hémicycle les joueurs de l’équipe de hockey sur glace, tout juste sacrés champions olympiques.Avec leur médaille d’or autour du cou, ils ont été longuement acclamés par les parlementaires des deux camps dans une rare manifestation d’unité politique, l’un des moments marquants d’une soirée qui n’en a pas offert beaucoup.- Fraude -Le président américain a attaqué à plusieurs reprises les élus de l’opposition démocrate, sans toutefois les accabler d’injures ou de quolibets comme il peut le faire sur son réseau Truth Social ou en meeting.”Vous devriez avoir honte”, a-t-il lancé à l’intention des démocrates, qui sont restés assis lorsqu’il a fait applaudir sa politique de lutte contre l’immigration illégale. A cette occasion, il a à nouveau appelé le Congrès à voter une loi exigeant que les électeurs présentent des pièces d’identité dans les bureaux de vote.Donald Trump a évoqué, sans apporter de preuves, des fraudes d’ampleur autant dans les élections que dans les aides sociales, imputées aux immigrés.Il a d’ailleurs chargé le vice-président JD Vance d’une mission de lutte contre les détournements d’aides sociales, en visant plus particulièrement certains Etats démocrates.”Malades”, a-t-il aussi jeté, quand certains parlementaires démocrates ont contesté à voix haute le chiffre de huit conflits auxquels il prétend avoir mis fin dans le monde.- Cour suprême et Iran -Mais le président a fait preuve de retenue face à quatre juges de la Cour suprême présents, dont trois ont soutenu la récente décision de l’institution invalidant une bonne partie des droits de douane décidés par Donald Trump.Après leur avoir serré la main à son arrivée, il a parlé d’une “décision très regrettable”, sans embrayer sur de violentes attaques personnelles, comme il l’avait fait vendredi en réagissant à chaud à cette décision qui ébranle son programme économique et sa stratégie diplomatique.L’ancien promoteur immobilier se dit de toute façon persuadé de pouvoir poursuivre son offensive protectionniste par d’autres voies légales.Attendu sur l’Iran, le président américain n’a pas donné d’indice très clair sur ses intentions.Il a dit sa préférence pour la “diplomatie”, tout en multipliant les accusations contre Téhéran.- Lame de fond -L’Iran “travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis”, a déclaré Donald Trump, qui a massé une armada dans la région. Les Iraniens “poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions” nucléaires, a-t-il ajouté. Téhéran a réagi à ses propos en dénonçant de “gros mensonges”.Plusieurs dizaines de parlementaires de l’opposition avaient choisi de laisser leurs sièges vides.Le Parti démocrate a confié à la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, le soin de prononcer la traditionnelle réponse de l’opposition au président.Elue après une campagne centriste et pragmatique, elle incarne, pour son camp, les espoirs d’une lame de fond anti-Trump lors des législatives de novembre.

Dernière ligne droite pour les négociations sur l’assurance chômage et les ruptures conventionnelles

Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies par an, principalement sur les ruptures conventionnelles, et d’éviter ainsi que le gouvernement ne reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Pour les salariés ayant conclu une rupture de contrat d’un commun accord avec leur employeur, les droits au chômage seraient ainsi réduits.Les trois organisations patronales interprofessionnelles (Medef, CPME, U2P) ont transmis lundi un projet d’accord qui ferait passer de 18 à 15 mois la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs ayant signé une rupture conventionnelle.Cette seule mesure permettrait d’économiser 270 millions dès 2027 et 940 millions d’euros une fois la mesure pleinement montée en charge, c’est-à-dire à partir de 2030, selon un chiffrage de l’Unédic. Elle aurait toutefois besoin d’être votée par le Parlement avant de pouvoir être appliquée.Selon plusieurs négociateurs, un accord pourrait également être trouvé pour assurer un meilleur recouvrement des trop-perçus versés aux chômeurs, dont les trois quarts sont inférieurs à 650 euros et dont 68% sont d’ores et déjà recouvrés au bout de quatre ans.Ces trop-perçus représentent au total près de 1,3 milliard d’euros en 2025, soit 3% des indemnités versées par l’Unédic.Les autres mesures envisagées par le patronat, comme la dégressivité des allocations après une rupture conventionnelle ou un durcissement des conditions d’indemnisation des intermittents du spectacle, seraient abandonnées.Pour protester contre cette dernière éventualité, au moins 300 personnes se sont réunies dans la matinée à l’appel de la CGT devant le siège de l’Unédic, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle estimé.Des rassemblements sur le même thème se sont également tenus dans d’autres villes, dont Marseille, où plus d’une centaine de personnes ont manifesté devant le siège régional du Medef. Une dizaine de manifestants se sont introduits dans les locaux de l’organisation patronale pendant une heure sans commettre de dégradations, a-t-on appris de sources concordantes.- “Voie de passage” –  Le patronat a depuis le début tenu à élargir le spectre de la négociation et à dégager un milliard d’euros d’économies par an, au grand dam des syndicats, alors que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver au moins 400 millions, “notamment” sur les ruptures conventionnelles.En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic. Le gouvernement Lecornu a écarté une remise à plat complète de la convention d’assurance chômage de novembre 2024, demandée en août par son prédécesseur François Bayrou, avec un objectif d’économies de quatre milliards d’euros.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats de salariés représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. De l’issue de cette journée dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.bj-gag-boc-dac/ito/tes

Après les “mensonges” de Trump, l’Iran se projette vers les pourparlers

Taxé par Donald Trump de “sinistres ambitions nucléaires”, l’Iran a rejeté mercredi de “gros mensonges” tout en affichant son optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis à Genève.Le président Massoud Pezeshkian parle de “perspective favorable”, disant espérer sortir de “cette situation +ni guerre ni paix”+.Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, en route pour la Suisse selon la télévision d’Etat, avait lui estimé la veille qu’un accord était “à portée de main”, invoquant une “opportunité historique”.Téhéran a rejeté en bloc les allégations de Donald Trump, mardi dans son discours de politique générale devant le Congrès.”Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges”, a déclaré sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. – “Guerre inévitable” -Le dirigeant américain a accusé l’Iran d’avoir “développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases” militaires et de chercher à en concevoir des plus puissants encore, capables “d’atteindre bientôt les Etats-Unis”. “Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires”, a fustigé M. Trump, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique. Téhéran se défend d’ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.En cas d’échec de la diplomatie, les Etats-Unis ont menacé de frappes et ont d’ores et déjà déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe. Les deux pays ont renoué le dialogue le 6 février via la médiation du sultanat d’Oman. Leurs précédents pourparlers avaient été stoppés net par la guerre de 12 jours déclenchée en juin par une attaque israélienne, à laquelle Washington s’était joint en bombardant des sites nucléaires iraniens.A Téhéran, les avis sont partagés sur l’issue des tractations.  Pour Habib, un commerçant de 47 ans qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, “la guerre est inévitable à 100%”, l’Iran ne pouvant “en aucun cas” accepter les exigences américaines. A l’inverse Mehdi, un vendeur de 58 ans, juge qu’il “n’y aura pas de guerre et que les négociations aboutiront”. “Les Américains bluffent. Parce qu’ils ne peuvent rien faire”, tranche-t-il.- La “crédibilité” de Trump en jeu -Pour l’analyste Emile Hokayem, de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), Donald Trump “semble s’être acculé lui-même”. “A ce stade, la posture des forces est telle que si les Etats‑Unis se repliaient sans (accord), cela pourrait se faire au détriment de sa crédibilité”, estime-t-il. Dans son discours, le président américain a par ailleurs accusé le pouvoir iranien d’avoir tué 32.000 personnes dans la répression début janvier d’une vague inédite de contestation. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a elle recensé plus de 7.000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement bien plus élevé. En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi dans les universités de Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu “le droit de manifester” mais les a avertis de ne pas franchir des “lignes rouges”. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l’AFP ont montré des étudiants brûler le drapeau de la République islamique et scander notamment “Mort au dictateur”, en référence au guide suprême, Ali Khamenei.