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Mohamed Amra arrêté en Roumanie après neuf mois de cavale

La fin de neuf mois de cavale: le narcotrafiquant multirécidiviste Mohamed Amra, en fuite depuis son évasion en mai 2024 lors de laquelle deux agents pénitentiaires avaient été tués dans l’attaque de leur fourgon dans l’Eure, a été arrêté sur mandat d’arrêt européen samedi en Roumanie.L’annonce a été faite par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui a félicité “toutes les forces de l’ordre qui ont permis l’arrestation de Mohamed Amra en Roumanie aujourd’hui” sur son compte X.Le parquet de Paris, auquel appartient la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), a confirmé “l’interpellation d’un homme en Roumanie, fortement susceptible d’être Mohamed Amra”, précisant que “les vérifications qui s’imposent sont en cours”.La police roumaine a expliqué qu’Amra avait été interpellé à Bucarest, et qu’il allait être présenté à un magistrat roumain. “La police roumaine l’a localisé, identifié et capturé dans les 48 heures suivant la première information selon laquelle il se trouvait sur notre territoire”, a détaillé le ministre roumain de l’Intérieur Catalin Predoiu.Sur le réseau social X, le Premier ministre François Bayrou a vanté un “magnifique succès de notre police nationale”.Le président de la République Emmanuel Macron, depuis le Salon de l’agriculture à Paris, a aussi salué “un formidable succès”, rendu possible par la coopération des services d’enquête français et européens. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin, en poste à Beauvau au moment de l’évasion mortelle, a estimé qu'”à la fin, la Police et la Justice gagnent toujours”.Le garde des Sceaux a également eu les familles des victimes au téléphone, a précisé son entourage à l’AFP. Son prédécesseur Eric Dupond-Moretti a, lui, évoqué un “immense soulagement”: “il est temps qu’Amra paye pour ses crimes !”Le 14 mai 2024, deux agents pénitentiaires avaient été tués et trois autres blessés lors de l’attaque ultraviolente de leur fourgon au péage d’Incarville (Eure) pour libérer Amra, narcotrafiquant de 30 ans soupçonné d’avoir commandité des meurtres alors qu’il était en détention.Au moment de son évasion, Mohamed Amra avait été extrait de sa cellule pour être amené chez un juge d’instruction pour y être interrogé. Cette attaque commando à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut avait jeté une lumière crue sur le degré de violence atteint par une nouvelle génération de trafiquants de drogue.- “Soulagement” pour les familles -La scène avait de plus été filmée par une caméra de surveillance du péage d’Incarville: on y voit plusieurs hommes, cagoulés et vêtus de noir, tirer sans sommation apparente sur les surveillants de prison, pour libérer Mohamed Amra qui, à la tête d’un réseau, est soupçonné d’avoir commandité des meurtres en lien avec des trafics de stupéfiants.Le fugitif et ses complices étaient recherchés en France par plus de trois cents enquêteurs. La traque s’était aussi organisée dans toute l’Europe, sur mandat d’arrêt européen, mais aussi au-delà des frontières européennes, avec une “notice rouge” émise par Interpol à la demande des autorités françaises pour localiser le détenu évadé.Une information judiciaire, menée par la Junalco et confiée à la police judiciaire, avait été ouverte notamment pour meurtres, tentatives de meurtre et évasion, le tout en bande organisée.A l’époque, un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) avait pointé un “déficit” de communication entre les différentes autorités judiciaires, pénitentiaires et les enquêteurs, qui avait conduit à considérer Amra comme un détenu ordinaire et non comme un détenu particulièrement dangereux.”Plus de 9 mois après l’assassinat barbare d’Arnaud Garcia, l’arrestation de Mohamed Amra est évidemment un immense soulagement pour sa famille”, ont réagi Mes Pauline Ragot et Thibault de Montbrial, avocats de la veuve du surveillant brigadier Arnaud Garcia, décédé aux côtés du capitaine pénitentiaire Fabrice Moello dans l’attaque du fourgon blindé.Même “premier soulagement” pour la veuve et les deux fils de M. Moello. “Nous saluons le travail des enquêteurs et des juges d’instruction. (…) Il convient que les investigations se poursuivent sereinement et que la famille continue d’être préservée”, a déclaré à l’AFP leur avocat, Matthieu Chirez.”Tout le monde est très ému ici”, a confié à l’AFP Olivier Duval, surveillant pénitentiaire de Caen-Ifs et collègue des deux hommes abattus lors de l’évasion, avant de poursuivre: “On espère surtout qu’ils vont aussi le faire parler pour récupérer les autres (membres du commando, NDLR) car ce sont eux qui ont tiré.””N’oublions pas que les membres du commando sont toujours dans la nature. Leur arrestation est également espérée très rapidement”, a aussi souligné Wilfried Fonck secrétaire national Ufap Unsa Justice.clw-pgr-cbr-bg-mac-mca/asl/swi

L’Allemagne sous tension à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe

Les partis allemands ont jeté samedi leurs dernières forces dans la bataille à la veille des législatives, pour lesquelles l’opposition conservatrice part favorite, malgré une poussée attendue de l’extrême droite dans un contexte tendu.Le résultat de ces élections s’annonce crucial au moment où l’Allemagne et l’Europe sont sonnées par les annonces fracassantes de l’administration de Donald Trump sur la guerre en Ukraine, les craintes de rupture du lien transatlantique et les menaces de hausse des droits de douane.Le climat intérieur est aussi pesant dans ce pays endeuillé par plusieurs attaques meurtrières ces dernières semaines, qui ont ébranlé l’opinion et favorisé les mouvements de droite et d’extrême droite. Une agression au couteau à caractère antisémite a été commise vendredi soir dans l’enceinte du Mémorial de l’Holocauste, un site emblématique au coeur de Berlin.La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a dénoncé un “crime odieux”. Le suspect, arrêté sur les lieux, est un réfugié syrien de 19 ans, doté d’un titre de séjour, qui a grièvement blessé au cou un touriste espagnol de 30 ans. Il voulait “tuer des juifs”, selon la justice.De l’autre côté du Rhin, à Mulhouse, dans l’est de la France, une attaque au couteau qualifiée par le président Emmanuel Macron d'”acte de terrorisme” et “islamiste” a fait samedi un mort et plusieurs blessés.   – Pour un pays “sûr” -“Je veux que notre pays soit sûr”, dit à l’AFP, Maximilian Fritsche, 29 ans, un artisan membre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) participant à une manifestation dans la capitale allemande. Ce mouvement pourrait atteindre un score record d’au moins 20%, selon les sondages.Face à cette poussée, le favori pour succéder au chancelier social-démocrate Olaf Scholz, le conservateur Friedrich Merz, prône un durcissement dans la lutte contre l’immigration illégale.”Demain, nous allons remporter les élections législatives et le cauchemar” qu’incarne selon Friedrich Merz le gouvernement Scholz “appartiendra à l’histoire”, a assuré le conservateur samedi à Munich, au cour de son dernier meeting électoral.Les sondages le créditent invariablement d’environ 30% des suffrages. Mais, pour gouverner, il aura besoin de s’allier à au moins un autre parti pendant des négociations qui devraient durer plusieurs semaines. Après un début de rapprochement au Parlement pendant la campagne avec l’AfD, il exclut une coalition avec elle.- Retour en Europe -Friedrich Merz a aussi promis samedi de remettre l’Allemagne au centre du jeu européen, après les années Scholz, souvent critiqué pour sa discrétion et son absence de propositions dans l’UE. “Je vais, en tant que chancelier allemand, à nouveau activement participer à la définition de la politique européenne et avec moi, l’Allemagne aura à nouveau une voix forte au sein de l’Union européenne”, a-t-il dit.Rarement dans une Allemagne éprise de compromis et de grandes coalitions associant la droite et la gauche, les débats n’ont été aussi polarisés et percutés par l’actualité internationale.L’onde de choc des premières semaines de mandat de Donald Trump a bousculé la campagne électorale marquée par des ingérences inédites de Washington dans le débat politique, également sous influence de campagnes de désinformation russes.Le vice-président américain JD Vance et le multimilliardaire Elon Musk, un conseiller de Donald Trump, ont pris fait et cause pour l’AfD.De son côté, Olaf Scholz paraît avoir fait son deuil d’une victoire. Il s’est borné samedi à demander “un mandat fort” pour peser dans les négociations à venir sur la constitution d’une coalition, dans le cadre desquelles son parti social-démocrate (SPD) pourrait s’allier avec les conservateurs. Le SPD n’est crédité dans les sondages que de la troisième place (15%), ce qui serait une débâcle historique.Il fait aussi les frais de la morosité économique, avec deux années de suite de récession.”J’espère que nous ne glisserons pas trop à droite et que nous pourrons former un contrepoids fort aux Etats-Unis”, déclare à l’AFP un sympathisant du SPD, Stephanus Remmert.Friedrich Merz souhaite former un gouvernement d’ici à la fin avril. Un pari qui dépendra beaucoup des scores des petites formations politiques, telles que le FDP (libéral) et le parti populiste de gauche BSW : si elles dépassent le seuil des 5%, elles seront représentées au Bundestag, la chambre basse du Parlement, et rendront plus délicate la constitution d’une majorité politique stable, dans une Europe déjà déboussolée.

L’Allemagne sous tension à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe

Les partis allemands ont jeté samedi leurs dernières forces dans la bataille à la veille des législatives, pour lesquelles l’opposition conservatrice part favorite, malgré une poussée attendue de l’extrême droite dans un contexte tendu.Le résultat de ces élections s’annonce crucial au moment où l’Allemagne et l’Europe sont sonnées par les annonces fracassantes de l’administration de Donald Trump sur la guerre en Ukraine, les craintes de rupture du lien transatlantique et les menaces de hausse des droits de douane.Le climat intérieur est aussi pesant dans ce pays endeuillé par plusieurs attaques meurtrières ces dernières semaines, qui ont ébranlé l’opinion et favorisé les mouvements de droite et d’extrême droite. Une agression au couteau à caractère antisémite a été commise vendredi soir dans l’enceinte du Mémorial de l’Holocauste, un site emblématique au coeur de Berlin.La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a dénoncé un “crime odieux”. Le suspect, arrêté sur les lieux, est un réfugié syrien de 19 ans, doté d’un titre de séjour, qui a grièvement blessé au cou un touriste espagnol de 30 ans. Il voulait “tuer des juifs”, selon la justice.De l’autre côté du Rhin, à Mulhouse, dans l’est de la France, une attaque au couteau qualifiée par le président Emmanuel Macron d'”acte de terrorisme” et “islamiste” a fait samedi un mort et plusieurs blessés.   – Pour un pays “sûr” -“Je veux que notre pays soit sûr”, dit à l’AFP, Maximilian Fritsche, 29 ans, un artisan membre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) participant à une manifestation dans la capitale allemande. Ce mouvement pourrait atteindre un score record d’au moins 20%, selon les sondages.Face à cette poussée, le favori pour succéder au chancelier social-démocrate Olaf Scholz, le conservateur Friedrich Merz, prône un durcissement dans la lutte contre l’immigration illégale.”Demain, nous allons remporter les élections législatives et le cauchemar” qu’incarne selon Friedrich Merz le gouvernement Scholz “appartiendra à l’histoire”, a assuré le conservateur samedi à Munich, au cour de son dernier meeting électoral.Les sondages le créditent invariablement d’environ 30% des suffrages. Mais, pour gouverner, il aura besoin de s’allier à au moins un autre parti pendant des négociations qui devraient durer plusieurs semaines. Après un début de rapprochement au Parlement pendant la campagne avec l’AfD, il exclut une coalition avec elle.- Retour en Europe -Friedrich Merz a aussi promis samedi de remettre l’Allemagne au centre du jeu européen, après les années Scholz, souvent critiqué pour sa discrétion et son absence de propositions dans l’UE. “Je vais, en tant que chancelier allemand, à nouveau activement participer à la définition de la politique européenne et avec moi, l’Allemagne aura à nouveau une voix forte au sein de l’Union européenne”, a-t-il dit.Rarement dans une Allemagne éprise de compromis et de grandes coalitions associant la droite et la gauche, les débats n’ont été aussi polarisés et percutés par l’actualité internationale.L’onde de choc des premières semaines de mandat de Donald Trump a bousculé la campagne électorale marquée par des ingérences inédites de Washington dans le débat politique, également sous influence de campagnes de désinformation russes.Le vice-président américain JD Vance et le multimilliardaire Elon Musk, un conseiller de Donald Trump, ont pris fait et cause pour l’AfD.De son côté, Olaf Scholz paraît avoir fait son deuil d’une victoire. Il s’est borné samedi à demander “un mandat fort” pour peser dans les négociations à venir sur la constitution d’une coalition, dans le cadre desquelles son parti social-démocrate (SPD) pourrait s’allier avec les conservateurs. Le SPD n’est crédité dans les sondages que de la troisième place (15%), ce qui serait une débâcle historique.Il fait aussi les frais de la morosité économique, avec deux années de suite de récession.”J’espère que nous ne glisserons pas trop à droite et que nous pourrons former un contrepoids fort aux Etats-Unis”, déclare à l’AFP un sympathisant du SPD, Stephanus Remmert.Friedrich Merz souhaite former un gouvernement d’ici à la fin avril. Un pari qui dépendra beaucoup des scores des petites formations politiques, telles que le FDP (libéral) et le parti populiste de gauche BSW : si elles dépassent le seuil des 5%, elles seront représentées au Bundestag, la chambre basse du Parlement, et rendront plus délicate la constitution d’une majorité politique stable, dans une Europe déjà déboussolée.

L’Allemagne sous tension à la veille d’un scrutin crucial pour l’Europe

Les partis allemands ont jeté samedi leurs dernières forces dans la bataille à la veille des législatives, pour lesquelles l’opposition conservatrice part favorite, malgré une poussée attendue de l’extrême droite dans un contexte tendu.Le résultat de ces élections s’annonce crucial au moment où l’Allemagne et l’Europe sont sonnées par les annonces fracassantes de l’administration de …

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Attaque au couteau à Mulhouse: un mort, deux policiers gravement blessés

Un homme de 37 ans, fiché pour prévention du terrorisme, est suspecté d’avoir tué à l’arme blanche une personne samedi à Mulhouse (Haut-Rhin) en marge d’une manifestation, et d’avoir grièvement blessé deux policiers municipaux, a indiqué le procureur à l’AFP.Le suspect “est fiché au FSPRT”, le fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, a déclaré Nicolas Heitz, qui s’est rendu sur place. Les deux policiers municipaux ont été blessés pour l’un “à la carotide”, pour l’autre “au thorax”. Trois autres policiers municipaux auraient été plus légèrement atteints, a-t-il précisé.Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, est attendu sur place dans la soirée.Les faits se sont déroulés peu avant 16H00, en marge d’une manifestation de soutien au Congo. Sur place, à proximité du marché du canal couvert, un périmètre de sécurité a été dressé.De source syndicale, l’homme, né en Algérie, est actuellement sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence. Il fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).”L’horreur vient de saisir notre ville”, a déploré dans un message posté sur Facebook la maire de la ville, Michèle Lutz. “La piste terroriste semble être privilégiée pour le moment. Cela doit naturellement être confirmé sur le plan judiciaire”, a-t-elle ajouté. Elle a adressé aux victimes et à leurs proches ses “sentiments fraternels”. 

Ukraine : Zelensky rejette le projet d’accord de Trump sur les minerais

Volodymyr Zelensky n’est toujours “pas prêt” à signer un accord avec les Etats-Unis sur les minerais, a affirmé samedi à l’AFP une source proche du dossier, en pleine dégradation des relations du président ukrainien avec son homologue américain Donald Trump.”Ils veulent nous soutirer 500 milliards” de dollars, a accusé cette source, ajoutant que Kiev avait proposé “des modifications et de manière constructive” au projet d’accord.Le locataire de la Maison Blanche veut obtenir un accord avec l’Ukraine pour avoir accès à 50% de ses minerais stratégiques en compensation de l’aide militaire et économique américaine déjà fournie à Kiev, des conditions inacceptables à l’heure actuelle pour l’Ukraine, qui exige un accord “équitable”.Depuis l’entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine le 12 février, Moscou et Washington ont dit vouloir repartir sur de nouvelles bases et le président américain a complètement renversé la position des Etats-Unis à propos de la guerre en Ukraine, reprenant la rhétorique du Kremlin sur la responsabilité des autorités ukrainiennes et qualifiant même Volodymyr Zelensky de “dictateur”.L’Ukraine a été envahie le 24 février 2022, la Russie affirmant se protéger contre la menace de l’Otan et éviter un élargissement de cette organisation.Tandis que l’Assemblée générale de l’ONU se réunit lundi pour marquer le troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, les Etats-Unis ont proposé un projet de résolution qui ne mentionne pas le respect de l’intégrité territoriale de ce pays, après une nouvelle charge de Donald Trump contre Volodymyr Zelensky.Ce texte est “une bonne idée”, a rapidement commenté l’ambassadeur de Russie aux Nations unies Vassili Nebenzia.Le projet de résolution vu vendredi par l’AFP, qui ne comporte que 65 mots, appelle à “une fin rapide du conflit” et à “une paix durable entre l’Ukraine et la Russie”, une formulation vague et laconique, très éloignée des précédentes résolutions de l’Assemblée qui soutenaient clairement l’Ukraine.- “La loi du Far West” -Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a exhorté dans un communiqué les pays membres de l’ONU à voter cette nouvelle résolution “simple” et “historique” afin de “tracer un chemin vers la paix”. Donald Trump a estimé que Kiev n’avait “aucune carte en main” et que la présence de Volodymyr Zelensky à des négociations avec Moscou n’était “pas importante”.Quant aux Européens, bien que désarçonnés par le soudain dialogue américano-russe sur l’Ukraine, ils entendent bien s’y opposer.Le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont insisté samedi sur la “nécessité de garantir une paix juste et durable” en Ukraine.”On ne peut pas imposer la paix de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe”, a de son côté martelé Pedro Sanchez, deux jours avant une visite à Kiev, rejetant “la loi du plus fort” et “la loi du Far-West”.Et le chef de file de l’opposition conservatrice allemande et favori des élections législatives de dimanche a affirmé samedi que l’Europe devait être “assise à la table principale” et “défendre” ses intérêt vis-à-vis de la Russie et de la Chine, “y compris si nécessaire en s’opposant aux Etats-Unis”.Keir Starmer doit se rendre à Washington la semaine prochaine. Le président français Emmanuel Macron le précèdera lundi, décidé à jouer sur une corde sensible de Donald Trump en lui disant : “tu ne peux pas être faible face au président Poutine”.- Une Russie “surarmée” -“La sécurité des Français et des Européens, c’est important”. La Russie est “surarmée” et “continue de se surarmer”, va aussi dire le chef de l’Etat français.La plupart des pays européens s’inquiètent du revirement américain, craignant que Donald Trump ne mette fin à la guerre à des conditions favorables à Moscou sans fournir de garanties de sécurité à Kiev et à l’Europe. L’Ukraine et les Européens ont de leur côté préparé un projet de résolution à l’ONU qui souligne la nécessité de “redoubler” d’efforts diplomatiques pour que le conflit militaire finisse “cette année” et prend note des initiatives de plusieurs Etats membres ayant présenté “leur vision pour un accord de paix complet et durable”.Le texte réitère en outre les précédentes demandes de l’Assemblée générale d’un retrait immédiat et inconditionnel des troupes russes d’Ukraine et la cessation des attaques de la Russie contre ce pays. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Londres en soutien aux Ukrainiens, certaines brandissant des pancartes “L’Ukraine défend la paix pour toute l’Europe”, a constaté l’AFP. Si le président russe Vladimir Poutine s’est dit “ouvert” à des pourparlers de paix, Moscou exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes en plus de la Crimée annexée en 2014 et n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui réclament à leurs alliés des garanties de sécurités solides.M. Trump et ses collaborateurs ont jugé “irréalistes” une adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique et son ambition de reprendre ses territoires perdus.Sur le terrain, la situation reste difficile pour les forces ukrainiennes. Samedi, le chef d’état-major de l’armée russe, le général Valéri Guérassimov, “a rendu visite au poste de commandement” des troupes opérant dans la région orientale de Donetsk.C’est dans cette zone du front que les soldats russes grignotent depuis plusieurs mois du terrain face à des militaires ukrainiens en difficulté.

Ukraine : Zelensky rejette le projet d’accord de Trump sur les minerais

Volodymyr Zelensky n’est toujours “pas prêt” à signer un accord avec les Etats-Unis sur les minerais, a affirmé samedi à l’AFP une source proche du dossier, en pleine dégradation des relations du président ukrainien avec son homologue américain Donald Trump.”Ils veulent nous soutirer 500 milliards” de dollars, a accusé cette source, ajoutant que Kiev avait proposé “des modifications et de manière constructive” au projet d’accord.Le locataire de la Maison Blanche veut obtenir un accord avec l’Ukraine pour avoir accès à 50% de ses minerais stratégiques en compensation de l’aide militaire et économique américaine déjà fournie à Kiev, des conditions inacceptables à l’heure actuelle pour l’Ukraine, qui exige un accord “équitable”.Depuis l’entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine le 12 février, Moscou et Washington ont dit vouloir repartir sur de nouvelles bases et le président américain a complètement renversé la position des Etats-Unis à propos de la guerre en Ukraine, reprenant la rhétorique du Kremlin sur la responsabilité des autorités ukrainiennes et qualifiant même Volodymyr Zelensky de “dictateur”.L’Ukraine a été envahie le 24 février 2022, la Russie affirmant se protéger contre la menace de l’Otan et éviter un élargissement de cette organisation.Tandis que l’Assemblée générale de l’ONU se réunit lundi pour marquer le troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, les Etats-Unis ont proposé un projet de résolution qui ne mentionne pas le respect de l’intégrité territoriale de ce pays, après une nouvelle charge de Donald Trump contre Volodymyr Zelensky.Ce texte est “une bonne idée”, a rapidement commenté l’ambassadeur de Russie aux Nations unies Vassili Nebenzia.Le projet de résolution vu vendredi par l’AFP, qui ne comporte que 65 mots, appelle à “une fin rapide du conflit” et à “une paix durable entre l’Ukraine et la Russie”, une formulation vague et laconique, très éloignée des précédentes résolutions de l’Assemblée qui soutenaient clairement l’Ukraine.- “La loi du Far West” -Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a exhorté dans un communiqué les pays membres de l’ONU à voter cette nouvelle résolution “simple” et “historique” afin de “tracer un chemin vers la paix”. Donald Trump a estimé que Kiev n’avait “aucune carte en main” et que la présence de Volodymyr Zelensky à des négociations avec Moscou n’était “pas importante”.Quant aux Européens, bien que désarçonnés par le soudain dialogue américano-russe sur l’Ukraine, ils entendent bien s’y opposer.Le Premier ministre britannique Keir Starmer et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont insisté samedi sur la “nécessité de garantir une paix juste et durable” en Ukraine.”On ne peut pas imposer la paix de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe”, a de son côté martelé Pedro Sanchez, deux jours avant une visite à Kiev, rejetant “la loi du plus fort” et “la loi du Far-West”.Et le chef de file de l’opposition conservatrice allemande et favori des élections législatives de dimanche a affirmé samedi que l’Europe devait être “assise à la table principale” et “défendre” ses intérêt vis-à-vis de la Russie et de la Chine, “y compris si nécessaire en s’opposant aux Etats-Unis”.Keir Starmer doit se rendre à Washington la semaine prochaine. Le président français Emmanuel Macron le précèdera lundi, décidé à jouer sur une corde sensible de Donald Trump en lui disant : “tu ne peux pas être faible face au président Poutine”.- Une Russie “surarmée” -“La sécurité des Français et des Européens, c’est important”. La Russie est “surarmée” et “continue de se surarmer”, va aussi dire le chef de l’Etat français.La plupart des pays européens s’inquiètent du revirement américain, craignant que Donald Trump ne mette fin à la guerre à des conditions favorables à Moscou sans fournir de garanties de sécurité à Kiev et à l’Europe. L’Ukraine et les Européens ont de leur côté préparé un projet de résolution à l’ONU qui souligne la nécessité de “redoubler” d’efforts diplomatiques pour que le conflit militaire finisse “cette année” et prend note des initiatives de plusieurs Etats membres ayant présenté “leur vision pour un accord de paix complet et durable”.Le texte réitère en outre les précédentes demandes de l’Assemblée générale d’un retrait immédiat et inconditionnel des troupes russes d’Ukraine et la cessation des attaques de la Russie contre ce pays. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Londres en soutien aux Ukrainiens, certaines brandissant des pancartes “L’Ukraine défend la paix pour toute l’Europe”, a constaté l’AFP. Si le président russe Vladimir Poutine s’est dit “ouvert” à des pourparlers de paix, Moscou exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes en plus de la Crimée annexée en 2014 et n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui réclament à leurs alliés des garanties de sécurités solides.M. Trump et ses collaborateurs ont jugé “irréalistes” une adhésion de l’Ukraine à l’Alliance atlantique et son ambition de reprendre ses territoires perdus.Sur le terrain, la situation reste difficile pour les forces ukrainiennes. Samedi, le chef d’état-major de l’armée russe, le général Valéri Guérassimov, “a rendu visite au poste de commandement” des troupes opérant dans la région orientale de Donetsk.C’est dans cette zone du front que les soldats russes grignotent depuis plusieurs mois du terrain face à des militaires ukrainiens en difficulté.