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Le Hamas libère six nouveaux otages israéliens à Gaza

Le Hamas a relâché samedi six otages israéliens à Gaza pour le septième échange contre des prisonniers palestiniens dans le cadre de la trêve en vigueur depuis le 19 janvier dans le territoire palestinien dévasté par 15 mois de guerre. Comme lors des précédentes libérations, des combattants armés et cagoulés du mouvement islamiste palestinien ont exhibé cinq otages sur des podiums, devant de grandes affiches rendant hommage aux combattants du Hamas tués, avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Le CICR les a ensuite transférés en voitures à l’armée israélienne pour leur retour en Israël, où ils ont été hospitalisés. Séparément, l’armée a annoncé la remise au CICR, à l’écart des caméras, du sixième otage, Hicham al-Sayed, 37 ans, un Bédouin israélien captif à Gaza depuis près de dix ans.Au total, quatre des six otages libérés samedi avaient été enlevés lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.Selon le Club des prisonniers palestiniens, 602 détenus palestiniens seront libérés en contrepartie samedi, dont 108 doivent être expulsés des territoires palestiniens.Ce septième échange a débuté après la confirmation de la mort de Shiri Bibas, enlevée elle aussi avec ses deux fils Ariel et Kfir le 7 octobre 2023.- Lance-roquettes -Sous la pluie, des combattants en treillis se sont d’abord déployés à Rafah, dans le sud, pour les deux premières libérations, certains portant des armes automatiques, d’autres des lance-roquettes. Des drapeaux du Hamas flottaient sur des bâtiments détruits où des Gazaouis ont pris place.Le visage tendu, Tal Shoham, un Israélo-Italo-Autrichien de 40 ans enlevé le 7-Octobre, a été contraint de prononcer quelques mots au micro, finalement en panne. A ses côtés se tenait l’air hagard Avera Mengistu, 38 ans, otage depuis plus de dix ans à Gaza, après avoir été filmé escaladant la barrière la séparant Israël en 2014. Le même scénario s’est répété ensuite à Nousseirat (centre), pour la libération de Eliya Cohen, Omer Shem Tov et Omer Wenkert, âgés de 22 à 27 ans, enlevés au festival de musique Nova dans le sud d’Israël, près de Gaza.Après 505 jours de captivité, ils sont apparus souriants, leur escorte leur faisant longuement saluer la foule. Ces mises en scène ont été dénoncées à plusieurs reprises par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.”La résistance est inébranlable”, s’est réjouie à Rafah la Palestinienne Fidaa Awda. “Nous ne voulons pas être déplacés, c’est notre terre”, a renchéri une autre, Oum Nader Abou Charekh.- Liesse et sanglots à Tel-Aviv – La famille d’Avera Mengistu a salué sa libération après “dix ans et cinq mois d’une souffrance inimaginable”, et celle de Tal Shoham a fait part de son “immense soulagement”, et de ses “pensées” pour les autres proches d’otages. A Tel-Aviv, des centaines d’Israéliens ont suivi en direct sur la “place des otages” la retransmission de ces libérations, entre sanglots et explosions de joie. Peu avant, la famille de Shiri Bibas avait confirmé sa mort, après l’identification de son corps, remis vendredi par le Hamas. Le mouvement islamiste avait admis avoir commis une “erreur” en ne restituant pas la veille, comme prévu, la dépouille de cette femme, avec celles de ses deux enfants. Agés de 4 ans et huit mois et demi lors de leur capture, Ariel et Kfir Bibas ont été tués “par des terroristes à mains nues” à Gaza, a affirmé l’armée. Le Hamas a lui affirmé que Shiri Bibas, âgée de 32 ans lors de sa capture, et ses enfants avaient été tués en novembre 2023 dans un bombardement israélien.La famille Bibas a affirmé samedi n’avoir reçu “aucun détail” des autorités israéliennes sur les circonstances de leur décès, et demandé que soit évitée “toute publication de détails” à ce sujet. “Il s’est agi d’un meurtre, sans plus de considérations”. – Négociations retardées -Avec ces nouvelles libérations, sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre, 62 restent retenus à Gaza parmi lesquels 35 morts selon l’armée.Depuis le 19 janvier, 29 otages israéliens -dont quatre décédés- ont été remis à Israël, en échange de plus de 1.100 détenus palestiniens.    Selon le Hamas, seuls quatre otages morts devront encore être rendus à Israël avant la fin, le 1er mars, de la première phase de l’accord. Celle-ci prévoit la libération au total de 33 otages – dont huit morts – contre 1.900 détenus palestiniens. Le mouvement s’est dit prêt à libérer “en une seule fois” tous les otages qu’il détient encore durant la deuxième phase de l’accord, censée mettre fin définitivement à la guerre.Les négociations indirectes sur cette deuxième étape ont jusque là été retardées par les tensions entre les deux camps.  L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.215 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé.

Le Hamas libère six nouveaux otages israéliens à Gaza

Le Hamas a relâché samedi six otages israéliens à Gaza pour le septième échange contre des prisonniers palestiniens dans le cadre de la trêve en vigueur depuis le 19 janvier dans le territoire palestinien dévasté par 15 mois de guerre. Comme lors des précédentes libérations, des combattants armés et cagoulés du mouvement islamiste palestinien ont exhibé cinq otages sur des podiums, devant de grandes affiches rendant hommage aux combattants du Hamas tués, avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Le CICR les a ensuite transférés en voitures à l’armée israélienne pour leur retour en Israël, où ils ont été hospitalisés. Séparément, l’armée a annoncé la remise au CICR, à l’écart des caméras, du sixième otage, Hicham al-Sayed, 37 ans, un Bédouin israélien captif à Gaza depuis près de dix ans.Au total, quatre des six otages libérés samedi avaient été enlevés lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.Selon le Club des prisonniers palestiniens, 602 détenus palestiniens seront libérés en contrepartie samedi, dont 108 doivent être expulsés des territoires palestiniens.Ce septième échange a débuté après la confirmation de la mort de Shiri Bibas, enlevée elle aussi avec ses deux fils Ariel et Kfir le 7 octobre 2023.- Lance-roquettes -Sous la pluie, des combattants en treillis se sont d’abord déployés à Rafah, dans le sud, pour les deux premières libérations, certains portant des armes automatiques, d’autres des lance-roquettes. Des drapeaux du Hamas flottaient sur des bâtiments détruits où des Gazaouis ont pris place.Le visage tendu, Tal Shoham, un Israélo-Italo-Autrichien de 40 ans enlevé le 7-Octobre, a été contraint de prononcer quelques mots au micro, finalement en panne. A ses côtés se tenait l’air hagard Avera Mengistu, 38 ans, otage depuis plus de dix ans à Gaza, après avoir été filmé escaladant la barrière la séparant Israël en 2014. Le même scénario s’est répété ensuite à Nousseirat (centre), pour la libération de Eliya Cohen, Omer Shem Tov et Omer Wenkert, âgés de 22 à 27 ans, enlevés au festival de musique Nova dans le sud d’Israël, près de Gaza.Après 505 jours de captivité, ils sont apparus souriants, leur escorte leur faisant longuement saluer la foule. Ces mises en scène ont été dénoncées à plusieurs reprises par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.”La résistance est inébranlable”, s’est réjouie à Rafah la Palestinienne Fidaa Awda. “Nous ne voulons pas être déplacés, c’est notre terre”, a renchéri une autre, Oum Nader Abou Charekh.- Liesse et sanglots à Tel-Aviv – La famille d’Avera Mengistu a salué sa libération après “dix ans et cinq mois d’une souffrance inimaginable”, et celle de Tal Shoham a fait part de son “immense soulagement”, et de ses “pensées” pour les autres proches d’otages. A Tel-Aviv, des centaines d’Israéliens ont suivi en direct sur la “place des otages” la retransmission de ces libérations, entre sanglots et explosions de joie. Peu avant, la famille de Shiri Bibas avait confirmé sa mort, après l’identification de son corps, remis vendredi par le Hamas. Le mouvement islamiste avait admis avoir commis une “erreur” en ne restituant pas la veille, comme prévu, la dépouille de cette femme, avec celles de ses deux enfants. Agés de 4 ans et huit mois et demi lors de leur capture, Ariel et Kfir Bibas ont été tués “par des terroristes à mains nues” à Gaza, a affirmé l’armée. Le Hamas a lui affirmé que Shiri Bibas, âgée de 32 ans lors de sa capture, et ses enfants avaient été tués en novembre 2023 dans un bombardement israélien.La famille Bibas a affirmé samedi n’avoir reçu “aucun détail” des autorités israéliennes sur les circonstances de leur décès, et demandé que soit évitée “toute publication de détails” à ce sujet. “Il s’est agi d’un meurtre, sans plus de considérations”. – Négociations retardées -Avec ces nouvelles libérations, sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre, 62 restent retenus à Gaza parmi lesquels 35 morts selon l’armée.Depuis le 19 janvier, 29 otages israéliens -dont quatre décédés- ont été remis à Israël, en échange de plus de 1.100 détenus palestiniens.    Selon le Hamas, seuls quatre otages morts devront encore être rendus à Israël avant la fin, le 1er mars, de la première phase de l’accord. Celle-ci prévoit la libération au total de 33 otages – dont huit morts – contre 1.900 détenus palestiniens. Le mouvement s’est dit prêt à libérer “en une seule fois” tous les otages qu’il détient encore durant la deuxième phase de l’accord, censée mettre fin définitivement à la guerre.Les négociations indirectes sur cette deuxième étape ont jusque là été retardées par les tensions entre les deux camps.  L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.215 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 48.319 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a provoqué un désastre humanitaire dans le territoire assiégé.

Ukraine : les Etats-Unis proposent à l’ONU une résolution pour “une fin rapide” du conflit

Pressés de trouver une issue au conflit en Ukraine, les Etats-Unis ont proposé un projet de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU qui ne mentionne pas le respect de l’intégrité territoriale du pays, après une nouvelle charge du président américain Donald Trump contre son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.Le projet de résolution vu vendredi par l’AFP, qui ne comporte que 65 mots, demande “une fin rapide du conflit et appelle à une paix durable entre l’Ukraine et la Russie”, une formulation vague et laconique, très éloignée des précédents textes de l’Assemblée qui soutenaient clairement l’Ukraine.Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a exhorté dans un communiqué les pays membres de l’ONU à approuver cette nouvelle résolution “simple” et “historique” afin de “tracer un chemin vers la paix”.Cette résolution “est une bonne idée”, a rapidement commenté l’ambassadeur russe à l’ONU Vassili Nebenzia.Mais les Européens, désarçonnés par le soudain dialogue américano-russe sur l’Ukraine, n’avaient toujours pas réagi samedi en mi-journée, à l’exception du Premier ministre espagnol.”On ne peut pas imposer la paix de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe”, a lancé Pedro Sanchez lors d’une cérémonie, deux jours avant une visite à Kiev. Une paix, “pour qu’elle soit juste et durable”, doit “compter sur l’appui, le concours et la participation de l’Ukraine et des Européens”, a-t-il ajouté, rejetant “la loi du plus fort” et “la loi du Far-West”.- “Aucune carte en main” -La réunion de l’ONU lundi est la première depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump qui est reparti à la charge vendredi contre le président ukrainien, depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.Tout en estimant que Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine allaient “devoir se parler”, pour “mettre fin au massacre de millions de personnes”, il a jugé que la présence de l’Ukrainien n’était “pas importante” à des négociations avec la Russie.”J’ai eu de très bonnes discussions avec Poutine, et j’ai eu des discussions pas aussi bonnes avec l’Ukraine. Ils n’ont aucune carte en main, mais ils la jouent dur”, a observé Donald Trump. “Nous n’allons pas laisser cela continuer”.”Cela fait trois ans que (M. Zelensky) est en réunion et rien n’a été fait”, a également lancé le président américain, dans un entretien avec Fox Radio. “Je ne pense donc pas qu’il soit très important pour participer à des réunions”.Donald Trump a également refusé de blâmer Moscou pour l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Les dirigeants occidentaux “n’auraient pas dû (la) laisser attaquer”, a-t-il dit. Il a critiqué par ailleurs le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, qui n’ont “rien fait” pour mettre un terme à la guerre. Tous deux sont attendus, respectivement lundi et jeudi prochains, à la Maison Blanche.”Je suis déterminé sur tous les sujets pour avoir un échange” avec Donald Trump, a dit M. Macron samedi. “J’espère surtout qu’on trouvera des solutions sur la question de l’Ukraine”.- Minerais stratégiques -Par ailleurs, M. Zelensky n’est “pas prêt” à signer un accord sur les minerais ukrainiens avec Washington, a déclaré samedi à l’AFP une source proche du dossier. “Ils veulent nous soutirer 500 milliards” de dollars, a accusé cette source. “Quel genre de partenariat est-ce là ? (…) Et pourquoi nous devons donner 500 milliards, il n’y a pas de réponse”, a encore dit cette source, qui a affirmé que Kiev avait “proposé (des) amendements”.Donald Trump réclame depuis plusieurs semaines l’équivalent de 500 milliards de dollars de terres rares en dédommagement, d’après lui, du soutien américain à Kiev face à l’invasion russe, des conditions inacceptables à ce stade pour l’Ukraine, qui exige un accord “équitable”.L’Assemblée générale de l’ONU se réunit lundi pour marquer le troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine. Pour cette occasion, l’Ukraine et les Européens ont de leur côté préparé un projet de résolution qui souligne la nécessité de “redoubler” d’efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre “cette année”, et prend note des initiatives de plusieurs Etats membres ayant présenté “leur vision pour un accord de paix complet et durable”.Le texte répète également les précédentes demandes de l’Assemblée générale d’un retrait immédiat et inconditionnel des troupes russes d’Ukraine et la cessation des attaques de la Russie contre l’Ukraine. – “Dirigeant courageux” -Les nouvelles salves de M. Trump contre M. Zelensky interviennent alors que la visite de l’émissaire du président américain en Ukraine, Keith Kellogg, semblait avoir apaisé la situation. M. Zelensky avait dit avoir eu avec M. Kellogg des échanges “productifs”, et celui-ci l’avait qualifié de “dirigeant courageux et assiégé d’une nation en guerre”.Si le président russe Vladimir Poutine s’est dit “ouvert” à des pourparlers de paix, Moscou exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes en plus de la Crimée annexée en 2014, et n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui demandent à leurs alliés des garanties de sécurités solides.M. Trump et ses collaborateurs ont jugé “irréaliste” une adhésion de l’Ukraine à l’Otan et son ambition de reprendre ses territoires perdus à la Russie.Sur le terrain, la situation reste difficile pour les troupes ukrainiennes. Samedi, le chef d’état-major russe, le général Valéri Guérassimov “a rendu visite au poste de commandement” des troupes opérant dans la région orientale de Donetsk, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiquéC’est dans cette zone du front que l’armée russe grignote depuis plusieurs mois du terrain face à une armée ukrainienne en difficulté.

Ukraine : les Etats-Unis proposent à l’ONU une résolution pour “une fin rapide” du conflit

Pressés de trouver une issue au conflit en Ukraine, les Etats-Unis ont proposé un projet de résolution à l’Assemblée générale de l’ONU qui ne mentionne pas le respect de l’intégrité territoriale du pays, après une nouvelle charge du président américain Donald Trump contre son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.Le projet de résolution vu vendredi par l’AFP, qui ne comporte que 65 mots, demande “une fin rapide du conflit et appelle à une paix durable entre l’Ukraine et la Russie”, une formulation vague et laconique, très éloignée des précédents textes de l’Assemblée qui soutenaient clairement l’Ukraine.Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a exhorté dans un communiqué les pays membres de l’ONU à approuver cette nouvelle résolution “simple” et “historique” afin de “tracer un chemin vers la paix”.Cette résolution “est une bonne idée”, a rapidement commenté l’ambassadeur russe à l’ONU Vassili Nebenzia.Mais les Européens, désarçonnés par le soudain dialogue américano-russe sur l’Ukraine, n’avaient toujours pas réagi samedi en mi-journée, à l’exception du Premier ministre espagnol.”On ne peut pas imposer la paix de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe”, a lancé Pedro Sanchez lors d’une cérémonie, deux jours avant une visite à Kiev. Une paix, “pour qu’elle soit juste et durable”, doit “compter sur l’appui, le concours et la participation de l’Ukraine et des Européens”, a-t-il ajouté, rejetant “la loi du plus fort” et “la loi du Far-West”.- “Aucune carte en main” -La réunion de l’ONU lundi est la première depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump qui est reparti à la charge vendredi contre le président ukrainien, depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.Tout en estimant que Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine allaient “devoir se parler”, pour “mettre fin au massacre de millions de personnes”, il a jugé que la présence de l’Ukrainien n’était “pas importante” à des négociations avec la Russie.”J’ai eu de très bonnes discussions avec Poutine, et j’ai eu des discussions pas aussi bonnes avec l’Ukraine. Ils n’ont aucune carte en main, mais ils la jouent dur”, a observé Donald Trump. “Nous n’allons pas laisser cela continuer”.”Cela fait trois ans que (M. Zelensky) est en réunion et rien n’a été fait”, a également lancé le président américain, dans un entretien avec Fox Radio. “Je ne pense donc pas qu’il soit très important pour participer à des réunions”.Donald Trump a également refusé de blâmer Moscou pour l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Les dirigeants occidentaux “n’auraient pas dû (la) laisser attaquer”, a-t-il dit. Il a critiqué par ailleurs le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, qui n’ont “rien fait” pour mettre un terme à la guerre. Tous deux sont attendus, respectivement lundi et jeudi prochains, à la Maison Blanche.”Je suis déterminé sur tous les sujets pour avoir un échange” avec Donald Trump, a dit M. Macron samedi. “J’espère surtout qu’on trouvera des solutions sur la question de l’Ukraine”.- Minerais stratégiques -Par ailleurs, M. Zelensky n’est “pas prêt” à signer un accord sur les minerais ukrainiens avec Washington, a déclaré samedi à l’AFP une source proche du dossier. “Ils veulent nous soutirer 500 milliards” de dollars, a accusé cette source. “Quel genre de partenariat est-ce là ? (…) Et pourquoi nous devons donner 500 milliards, il n’y a pas de réponse”, a encore dit cette source, qui a affirmé que Kiev avait “proposé (des) amendements”.Donald Trump réclame depuis plusieurs semaines l’équivalent de 500 milliards de dollars de terres rares en dédommagement, d’après lui, du soutien américain à Kiev face à l’invasion russe, des conditions inacceptables à ce stade pour l’Ukraine, qui exige un accord “équitable”.L’Assemblée générale de l’ONU se réunit lundi pour marquer le troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine. Pour cette occasion, l’Ukraine et les Européens ont de leur côté préparé un projet de résolution qui souligne la nécessité de “redoubler” d’efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre “cette année”, et prend note des initiatives de plusieurs Etats membres ayant présenté “leur vision pour un accord de paix complet et durable”.Le texte répète également les précédentes demandes de l’Assemblée générale d’un retrait immédiat et inconditionnel des troupes russes d’Ukraine et la cessation des attaques de la Russie contre l’Ukraine. – “Dirigeant courageux” -Les nouvelles salves de M. Trump contre M. Zelensky interviennent alors que la visite de l’émissaire du président américain en Ukraine, Keith Kellogg, semblait avoir apaisé la situation. M. Zelensky avait dit avoir eu avec M. Kellogg des échanges “productifs”, et celui-ci l’avait qualifié de “dirigeant courageux et assiégé d’une nation en guerre”.Si le président russe Vladimir Poutine s’est dit “ouvert” à des pourparlers de paix, Moscou exige notamment que Kiev lui cède quatre régions ukrainiennes en plus de la Crimée annexée en 2014, et n’adhère jamais à l’Otan. Des conditions inacceptables pour les autorités ukrainiennes qui demandent à leurs alliés des garanties de sécurités solides.M. Trump et ses collaborateurs ont jugé “irréaliste” une adhésion de l’Ukraine à l’Otan et son ambition de reprendre ses territoires perdus à la Russie.Sur le terrain, la situation reste difficile pour les troupes ukrainiennes. Samedi, le chef d’état-major russe, le général Valéri Guérassimov “a rendu visite au poste de commandement” des troupes opérant dans la région orientale de Donetsk, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiquéC’est dans cette zone du front que l’armée russe grignote depuis plusieurs mois du terrain face à une armée ukrainienne en difficulté.

Mondiaux de biathlon: en démonstration, les Françaises en or sur le relais

Les biathlètes françaises Lou Jeanmonnot, Océane Michelon, Justine Braisaz-Bouchet et Julia Simon ont réalisé une véritable démonstration pour devenir championnes du monde en relais, samedi en début d’après-midi à Lenzerheide (Suisse), devant la Norvège et la Suède.Dans une composition légèrement différente (Sophie Chauveau à la place d’Océane Michelon en deuxième relayeuse), les Françaises avaient décroché pour la première fois de leur histoire le titre mondial l’an passé à Nove Mesto (République tchèque) et ont récidivé samedi dans les Grisons suisses.C’est le sixième titre remporté par l’équipe de France de biathlon à Lenzerheide, sur neuf courses disputées, après l’or sur les relais mixte et mixte simple, et les succès de Justine Braisaz-Bouchet (sprint), Julia Simon (individuel) et Éric Perrot (individuel).Samedi, Lou Jeanmonnot a placé le relais français sur orbite, en blanchissant ses dix cibles sans pioche. Alignée pour la troisième fois seulement avec ses coéquipières, Océane Michelon n’a eu besoin que d’une pioche sur son tir debout et a passé le relais à “JBB” dans un fauteuil.Plus rapide que ses rivales sur la piste, Braisaz-Bouchet (trois pioches) a fait augmenter l’avance à une minute et vingt secondes pour Julia Simon, qui a terminé le travail. Après son tir debout, elle s’est tournée vers le public suisse pour lever les bras et faire la révérence, avant de se lancer dans une dernière boucle de 2 kilomètres en forme de tour d’honneur.Elle a salué les membres du staff sur la piste, s’arrêtant presque pour serrer la main de Simon Fourcade, et s’est saisie d’un drapeau bleu-blanc-rouge pour franchir triomphalement la ligne d’arrivée, avant d’être rejointe par ses coéquipières.A 28 ans, Simon décroche son 10e titre mondial (4 en solo, 6 en relais), devenant la troisième biathlète la plus titrée aux Mondiaux à égalité avec la Soviétique Elena Golovina et la Norvégienne Tiril Eckhoff, et derrière la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland (13) et l’Allemande Magdalena Neuner (12).

Morts sur la mire: avant C8 et NRJ12, les précédents TV6 et La Cinq

“Interruption définitive de l’image et du son”: bien avant C8 et NRJ12, qui cesseront d’émettre le 28 février, les chaînes de télévision TV6 en 1987 et La Cinq en 1992 avaient également marqué les mémoires avec leur disparition.”Après le décompte final, mon assistante est venue dans mes bras, elle pleurait. Il y avait un silence de mort”, raconte à l’AFP Jean-Claude Bourret, star des journaux télé dans les années 1970/80 et figure de La Cinq.Cette chaîne avait été lancée en 1986 par le milliardaire italien Silvio Berlusconi. Engluée dans des difficultés financières puis placée en liquidation après plusieurs changements d’actionnariat, elle cesse d’émettre le 12 avril 1992 à minuit.Filmés au milieu des salariés, Jean-Claude Bourret et sa consoeur Marie-Laure Augry égrènent un compte-à-rebours final. Puis l’image laisse place à cette épitaphe en plein écran: “La Cinq vous prie de l’excuser pour cette interruption définitive de l’image et du son”.”On avait l’impression d’un vide absolu, comme quand on perd un proche: d’un seul coup, on le voit sur son lit de mort et on n’arrive pas à y croire”, se souvient M. Bourret, 83 ans, qui présidait l’Association de défense de La Cinq.- Dark Vador -Avant elle, en 1987, TV6 s’arrêtait au bout d’un an.Sur décision de la nouvelle majorité de droite, sa concession avait été annulée puis réattribuée à une nouvelle chaîne, M6, créée par la CLT (Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion, propriétaire de RTL) et la Lyonnaise des eaux.”C’est la seule fois au monde où, dans une démocratie, une chaîne est arrêtée par le pouvoir, de façon organisée”, se souvient Childéric Muller, l’un des visages de TV6.Cette “chaîne des jeunes”, à dominante musicale, était pilotée par le groupe Publicis.Quand l’annonce de la non-reconduction est tombée, “j’étais à l’antenne avec Etienne Daho”, explique Childéric Muller à l’AFP. “On a été extrêmement émus, je me suis même retrouvé à pleurer”.Le dernier jour, le 28 février 1987, une foule de jeunes fans manifeste près du siège parisien de TV6, sur les Champs-Elysées. “A la fin, on m’a donné un porte-voix et je suis monté dans un arbre pour disperser la manif”, rigole M. Muller.Le soir, l’ultime émission réunit des artistes, comme Francis Lalanne, et les animateurs, dont le jeune Jean-Luc Delarue. La chaîne meurt sur un montage vidéo qui parodie Star Wars: le méchant Dark Vador fait exploser TV6 en lançant “Les forces de l’Empire ont vaincu”.M6 reprend la fréquence dès le lendemain, 1er mars. “J’ai passé ce dimanche gris et froid enfermé chez moi, à regarder +La petite maison dans la prairie+ (série américaine phare de M6, NDLR) en me disant que la télévision avait fait un bond en arrière de 20 ans”, se remémore M. Muller, 61 ans.- Chômage -Le jour suivant la mort de La Cinq, “la quasi-totalité de la rédaction est revenue à son poste de travail. Il a fallu trois ou quatre jours pour que les gars arrivent à comprendre que la chaîne n’existait plus”, glisse Jean-Claude Bourret, qui a publié fin 2023 le livre “La Cinq, l’histoire secrète” (Guy Trédaniel éditeur).Selon lui, “environ 900 personnes” ont perdu leur emploi. Lui-même a rejoint la radio RMC après “pratiquement un an au chômage”.TV6, elle, employait “moins d’une centaine de salariés directs”, plus “tous les prestataires”, selon M. Muller, qui a ensuite rejoint La Cinq puis quitté l’antenne pour devenir producteur.Après la mort de ces deux chaînes nationales, une troisième s’est arrêtée en 2020: France Ô, canal public dédié aux Outremers, débranché à cause d’audiences trop faibles.Qu’éprouve-t-on avant la fin de C8 et NRJ12 quand on est soi-même passé par là? “Ca rappelle de mauvais souvenirs”, reconnaît Jean-Claude Bourret.Childéric Muller, lui, souligne que les cas “sont techniquement différents”, puisque C8 et NRJ12 s’arrêtent après le non-renouvellement de leur autorisation par le régulateur, l’Arcom. Mais “le truc qui nous lie, c’est que c’est forcément une énorme peine pour les gens qui se sont investis”.