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Vers une remise du fugitif Mohamed Amra à la France, dix complices présumés arrêtés
Fin de partie pour Mohamed Amra et ses complices? Le narcotrafiquant le plus recherché de France depuis son évasion sanglante en mai 2024 a accepté dimanche sa remise aux autorités françaises, dix personnes de son entourage étant parallèlement arrêtées dans divers lieux. Arrêté la veille en Roumanie après neuf mois de traque, Mohamed Amra, apparu menotté et en veste de sport noire, a été présenté à une juge à Bucarest.Il “ne reconnaît pas les faits commis mais souhaite respecter la décision des autorités françaises qui veulent le juger”, a déclaré son avocate Maria Marcu à la sortie de l’audience.Dans le cadre de mandats européens, la procédure pénale de chaque pays s’applique. Le suspect est présenté à un juge local et a la possibilité de faire un recours.Dans ce cas, Mohamed Amra a accepté sa remise. S’ouvre donc un temps d’échange entre les Etats sur les conditions du transfert, pour qu’il soit réalisé en toute sécurité. Dans la foulée de son interpellation, dix personnes de son entourage ont été arrêtées “samedi puis dans la nuit”, a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau.Elles “sont suspectées d’avoir participé à la préparation, à l’exécution de l’évasion mais également d’avoir favorisé la dissimulation du fugitif”.La magistrate n’a pas précisé le lieu des arrestations.Selon une source policière, il y a notamment eu “des interpellations samedi et dimanche à Rouen et Évreux”. “Des armes ont été trouvées lors des perquisitions”, a précisé cette source. – “Dangerosité” -Le 14 mai 2024, le détenu multirécidiviste Mohamed Amra, surnommé “La Mouche”, a été extrait de sa cellule pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en a profité pour attaquer, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon pénitentiaire pour le libérer. Dans l’attaque, qui a eu lieu au péage d’Incarville (Eure), deux agents pénitentiaires ont été tués et trois ont été blessés.La France a découvert alors l’existence de Mohamed Amra : adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement “dérivé vers la violence”, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) rendu en juillet 2024, pour rejoindre la grande criminalité organisée.Sa “dangerosité grandissante” n’a pas été évaluée à sa juste mesure alors qu’il est soupçonné d’avoir poursuivi “ses activités de trafic de produits stupéfiants en ayant recours à la plus grande violence” depuis la prison.Son arrestation, saluée par le gouvernement français, a été permise grâce à “la transversalité des services, et la convergence des spécialités des enquêteurs, comme des magistrats” qui “ont été les leviers de la conduite des opérations” lors de ces investigations instruites à Paris, à la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), a souligné Laure Beccuau.- “Empreintes digitales” -Les policiers roumains, mis en alerte par les enquêteurs français du départ à l’étranger de M. Amra, l’ont “repéré” et arrêté “vers 15H00 près d’un centre commercial” samedi à Bucarest. Ils l’ont ensuite remis à la police roumaine chargée de la criminalité organisée. “En dépit du changement de coloration de ses cheveux, l’identification de l’intéressé est confirmée par une reconnaissance faciale et la comparaison d’empreintes digitales”, a confirmé la procureure.Le ministre de l’Intérieur roumain, Catalin Predoiu, a affirmé dimanche soir à France 2 que Mohamed Amra “voulait faire des opérations (de chirurgie) esthétiques” en Roumanie, et comptait “quitter le pays pour la Colombie”. Le garde des Sceaux français, Gérald Darmanin, a publié dimanche sur son compte X une lettre adressée aux agents pénitentiaires, leur promettant des améliorations dans leurs conditions de travail, notamment par la mise en place d’une prison “de haute sécurité” et d’une “police pénitentiaire”.Cette prison destinée à mettre à l’isolement total les “100 plus gros narcotrafiquants” doit voir le jour d’ici au 31 juillet. Le ministre souhaite également la création d’un régime de détention exceptionnel, “inspiré des lois italiennes anti-mafia”, pour “les détenus les plus dangereux afin que jamais plus une affaire Amra ne soit possible”, a-t-il rappelé dans sa lettre. “Vous êtes une force essentielle à la paix et à la sécurité de notre pays”, a-t-il aussi écrit, redisant sa “reconnaissance” pour leur “engagement quotidien” malgré la “surpopulation carcérale”, les “moyens insuffisants”, les “locaux vétustes” et le “besoin constant d’équipements et d’armement adaptés aux risques”.Samedi, les familles des deux agents tués, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, ont réagi auprès de l’AFP, par la voix de leurs avocats, à l’arrestation de Mohamed Amra, évoquant toutes deux un “soulagement”.
Pentagone, FBI et d’autres agences demandent aux fonctionnaires de ne pas répondre à l’ordre de Musk
Le Pentagone et d’autres agences du gouvernement américain, dont la police fédérale (FBI) ont demandé à leurs équipes de ne pas répondre au courriel exigeant des fonctionnaires fédéraux de justifier leurs activités, après l’injonction en forme d’ultimatum du conseiller de Donald Trump, Elon Musk.Sommé par le président américain de se montrer “plus agressif” dans sa …
Pentagone, FBI et d’autres agences demandent aux fonctionnaires de ne pas répondre à l’ordre de Musk
Le Pentagone et d’autres agences du gouvernement américain, dont la police fédérale (FBI) ont demandé à leurs équipes de ne pas répondre au courriel exigeant des fonctionnaires fédéraux de justifier leurs activités, après l’injonction en forme d’ultimatum du conseiller de Donald Trump, Elon Musk.Sommé par le président américain de se montrer “plus agressif” dans sa mission de sabrer dans les dépenses publiques, l’homme le plus riche de la planète avait averti samedi les fonctionnaires fédéraux de répondre à un courriel rendant compte de leur travail récent.”Le ministère de la Défense est responsable de l’évaluation des performances de son personnel et il conduira tout examen en accord avec ses propres procédures”, a écrit Darin Selnick, un responsable du Pentagone, dans un communiqué publié dimanche sur X, réseau social propriété d’Elon Musk. M. Selnick demande, “pour l’instant”, de “suspendre toute réponse” au courriel envoyé samedi par l’OPM, le bureau chargé de la gestion des fonctionnaires, intitulé: “Qu’avez-vous fait la semaine dernière”.Selon le New York Times, le FBI, le Département d’Etat ou encore le renseignement national, ont conseillé à leurs employés de ne pas y répondre.”Le FBI, par l’intermédiaire du bureau du directeur, est en charge de toutes les procédures d’évaluation”, a écrit Kash Patel, le nouveau directeur de la police fédérale, nommé par Donald Trump.Dans un courriel reçu samedi par les fonctionnaires fédéraux, l’OPM exigeait une réponse d’ici lundi soir, en décrivant cinq tâches accomplies au cours de la semaine précédente et en copiant son responsable.Il était demandé aux employés de ne pas partager d’informations confidentielles. Elon Musk, patron de SpaceX et Tesla, avait annoncé un peu plus tôt que “l’absence de réponse” serait considérée comme une “démission”.Le courriel reçu par les fonctionnaires – et consulté par l’AFP – ne relayait pas cette menace. Cet appel de plusieurs agences de l’administration Trump à ne pas obéir à l’injonction de son proche conseiller s’inscrit dans un contexte très tendu.En cinq semaines, le gouvernement du milliardaire républicain a mis en oeuvre des mesures, sous l’impulsion d’Elon Musk, visant à licencier des pans entiers du personnel fédéral. Des milliers d’employés de l’administration en période d’essai ont été limogés. Incités à démissionner en échange d’une paie maintenue jusqu’à fin septembre, quelque 75.000 fonctionnaires ont également accepté de quitter leur poste, selon les médias américains. “Si je pouvais dire une chose à Elon Musk, ce serait +s’il vous plaît, ajoutez une dose de compassion dans tout ça. Ce sont des vrais gens. Ce sont de vraies vies+”, a estimé, sur CBS, le sénateur républicain de l’Utah, John Curtis.”C’est un faux argument de dire que nous devons faire des économies et être cruel en même temps”, a-t-il ajouté.
Les conservateurs vainqueurs des élections, record pour l’extrême droite
Les conservateurs ont remporté dimanche les élections législatives allemandes, marquées par un score record de l’extrême droite, et immédiatement annoncé un virage radical pour émanciper l’Europe des Etats-Unis de Donald Trump en matière de sécurité.Les partis démocrates-chrétiens CDU et CSU, actuellement dans l’opposition, ont obtenu 28,5% des suffrages, selon les chaînes de télévision. Leur chef de file Friedrich Merz a désormais toutes les chances de devenir le nouveau chancelier, en remplacement du social-démocrate Olaf Scholz, dont le mouvement, avec 16,5%, a enregistré son pire score de l’après-guerre.La sensation du scrutin est venue du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a doublé son score de 2021 avec 20,5%, un record.Ces bouleversements tectoniques du paysage politique allemands surviennent au moment où la première économie européenne traverse des crises multiples qui remettent en cause son modèle de prospérité, entre récession et fossé de plus en plus profond entre l’Europe et les Etats-Unis, notamment autour de l’Ukraine.A ce sujet, le vainqueur du scrutin, pourtant atlantiste convaincu, a d’emblée annoncé vouloir émanciper son pays du “parapluie” américain, sur lequel il compte pour sa sécurité depuis 80 ans. Face au gouvernement de Donald Trump qui “se montre largement indifférent au sort de l’Europe”, Friedrich Merz a plaidé pour “une capacité de défense européenne autonome” comme alternative à “l’Otan dans sa forme actuelle”.Ce désir d’émancipation de son allié traditionnel survient après le rapprochement amorcé par Washington avec la Russie pour forcer un règlement de la guerre en Ukraine, les menaces de hausse des droits de douane contre l’Europe et les critiques sur la liberté d’expression en Allemagne.Le conservateur de 69 ans devra toutefois d’abord trouver des alliés pour former un nouveau gouvernement car le score de son parti ne lui permet pas de diriger seul le pays.- “Pâques au plus tard” -Il s’est fixé “au plus tard” la date de Pâques, soit le 20 avril pour bâtir une coalition. Les conservateurs ont dores et déjà exclu de s’allier à l’AfD, malgré les appels du pied du parti d’extrême droite d’Alice Weidel.Après un soutien sans faille d’Elon Musk et du vice-président américain JD Vance à l’AfD pendant la campagne, le président Donald Trump s’est félicité des résultats du scrutin allemand: “C’est un grand jour pour l’Allemagne et pour les Etats-Unis d’Amérique”, a dit le républicain sur sa plateforme Truth Social.Le chef de l’Otan a quant à lui dit “se réjouir” de travailler avec Friedrich Merz en cette “période cruciale” pour la sécurité.De son côté, le chancelier sortant Olaf Scholz a déclaré assumer la responsabilité d’une “défaite amère”. – “Très peur” -Autre perdant de ce scrutin, les Verts, alliés au gouvernement Scholz, avec 12%.La campagne électorale, après l’implosion en novembre de la coalition au pouvoir, s’est déroulée dans un climat intérieur pesant avec plusieurs attaques meurtrières impliquant des étrangers ces dernières semaines, qui ont ébranlé l’opinion et favorisé les mouvements de droite et d’extrême droite.”Les gens en ont assez. Ils ne sont pas contents de la politique pratiquée par les partis traditionnels parce que les prix augmentent toujours plus (…) et les gens ont vraiment peur après la série d’attentats”, dit à l’AFP Karin Kuschy, retraitée de 63 ans et électrice de l’AfD à Berlin. A Pankow, dans le nord de Berlin, environ 200 sympathisants de l’AfD, réunis pour un barbecue, ont crié de joie à l’annonce du score de leur parti.- Incertitudes -Pour former le prochain gouvernement, Friedrich Merz a laissé entendre qu’il souhaiterait se tourner de préférence vers les sociaux-démocrates.Cette alliance les deux formations qui ont dominé le paysage politique de l’après-guerre est aussi la coalition privilégiée par les Allemands, en mal de stabilité.M. Merz a dit à cet égard vouloir éviter un attelage à trois.Christian Pawelczyk, 25 ans et militant de la CDU, espére lui aussi une coalition avec le SPD: “Je n’ai aucune envie d’un gouvernement avec les Verts. Il faut qu’ils aillent sur le banc de touche”.Tout dépendra au final des scores des petits partis. Si le mouvement BSW, nouvelle formation de gauche antimigrants, atteint le seuil des 5% pour entrer à la chambre des députés, cela contraindrait les conservateurs à une alliance à trois pour trouver une majorité. Et pourrait entraîner une longue période d’incertitude pour le pays, au pire moment. Son score n’était pas encore établi en fin de soirée.
Les conservateurs vainqueurs des élections, record pour l’extrême droite
Les conservateurs ont remporté dimanche les élections législatives allemandes, marquées par un score record de l’extrême droite, et immédiatement annoncé un virage radical pour émanciper l’Europe des Etats-Unis de Donald Trump en matière de sécurité.Les partis démocrates-chrétiens CDU et CSU, actuellement dans l’opposition, ont obtenu 28,5% des suffrages, selon les chaînes de télévision. Leur chef de file Friedrich Merz a désormais toutes les chances de devenir le nouveau chancelier, en remplacement du social-démocrate Olaf Scholz, dont le mouvement, avec 16,5%, a enregistré son pire score de l’après-guerre.La sensation du scrutin est venue du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui a doublé son score de 2021 avec 20,5%, un record.Ces bouleversements tectoniques du paysage politique allemands surviennent au moment où la première économie européenne traverse des crises multiples qui remettent en cause son modèle de prospérité, entre récession et fossé de plus en plus profond entre l’Europe et les Etats-Unis, notamment autour de l’Ukraine.A ce sujet, le vainqueur du scrutin, pourtant atlantiste convaincu, a d’emblée annoncé vouloir émanciper son pays du “parapluie” américain, sur lequel il compte pour sa sécurité depuis 80 ans. Face au gouvernement de Donald Trump qui “se montre largement indifférent au sort de l’Europe”, Friedrich Merz a plaidé pour “une capacité de défense européenne autonome” comme alternative à “l’Otan dans sa forme actuelle”.Ce désir d’émancipation de son allié traditionnel survient après le rapprochement amorcé par Washington avec la Russie pour forcer un règlement de la guerre en Ukraine, les menaces de hausse des droits de douane contre l’Europe et les critiques sur la liberté d’expression en Allemagne.Le conservateur de 69 ans devra toutefois d’abord trouver des alliés pour former un nouveau gouvernement car le score de son parti ne lui permet pas de diriger seul le pays.- “Pâques au plus tard” -Il s’est fixé “au plus tard” la date de Pâques, soit le 20 avril pour bâtir une coalition. Les conservateurs ont dores et déjà exclu de s’allier à l’AfD, malgré les appels du pied du parti d’extrême droite d’Alice Weidel.Après un soutien sans faille d’Elon Musk et du vice-président américain JD Vance à l’AfD pendant la campagne, le président Donald Trump s’est félicité des résultats du scrutin allemand: “C’est un grand jour pour l’Allemagne et pour les Etats-Unis d’Amérique”, a dit le républicain sur sa plateforme Truth Social.Le chef de l’Otan a quant à lui dit “se réjouir” de travailler avec Friedrich Merz en cette “période cruciale” pour la sécurité.De son côté, le chancelier sortant Olaf Scholz a déclaré assumer la responsabilité d’une “défaite amère”. – “Très peur” -Autre perdant de ce scrutin, les Verts, alliés au gouvernement Scholz, avec 12%.La campagne électorale, après l’implosion en novembre de la coalition au pouvoir, s’est déroulée dans un climat intérieur pesant avec plusieurs attaques meurtrières impliquant des étrangers ces dernières semaines, qui ont ébranlé l’opinion et favorisé les mouvements de droite et d’extrême droite.”Les gens en ont assez. Ils ne sont pas contents de la politique pratiquée par les partis traditionnels parce que les prix augmentent toujours plus (…) et les gens ont vraiment peur après la série d’attentats”, dit à l’AFP Karin Kuschy, retraitée de 63 ans et électrice de l’AfD à Berlin. A Pankow, dans le nord de Berlin, environ 200 sympathisants de l’AfD, réunis pour un barbecue, ont crié de joie à l’annonce du score de leur parti.- Incertitudes -Pour former le prochain gouvernement, Friedrich Merz a laissé entendre qu’il souhaiterait se tourner de préférence vers les sociaux-démocrates.Cette alliance les deux formations qui ont dominé le paysage politique de l’après-guerre est aussi la coalition privilégiée par les Allemands, en mal de stabilité.M. Merz a dit à cet égard vouloir éviter un attelage à trois.Christian Pawelczyk, 25 ans et militant de la CDU, espére lui aussi une coalition avec le SPD: “Je n’ai aucune envie d’un gouvernement avec les Verts. Il faut qu’ils aillent sur le banc de touche”.Tout dépendra au final des scores des petits partis. Si le mouvement BSW, nouvelle formation de gauche antimigrants, atteint le seuil des 5% pour entrer à la chambre des députés, cela contraindrait les conservateurs à une alliance à trois pour trouver une majorité. Et pourrait entraîner une longue période d’incertitude pour le pays, au pire moment. Son score n’était pas encore établi en fin de soirée.
Les conservateurs vainqueurs des élections, record pour l’extrême droite
Les conservateurs ont remporté dimanche les élections législatives allemandes, marquées par un score record de l’extrême droite, et immédiatement annoncé un virage radical pour émanciper l’Europe des Etats-Unis de Donald Trump en matière de sécurité.Les partis démocrates-chrétiens CDU et CSU, actuellement dans l’opposition, ont obtenu 28,5% des suffrages, selon les chaînes de télévision. Leur chef de …
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Duisbourg, ville de l’acier et symbole du virage à droite de l’Allemagne
Tout sourire, Alan Imamura réajuste une casquette bleue aux couleurs du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Son couvre-chef arbore fièrement le slogan trumpien: “Make Duisburg Great Again!”.”Autrefois, les gens nous regardaient bizarrement ou même nous insultaient, cela n’arrive désormais presque plus”, ajoute ce candidat de 51 ans du parti à Duisbourg, qui a enregistré dimanche soir un score historique au plan national.Au coeur de la Ruhr industrielle, près de la frontière néerlandaise, Duisbourg incarne le glissement à droite observé dimanche en Allemagne lors des législatives;- “Ceinture de la rouille” -Avec ses ouvriers métallos de moins en moins nombreux et l’âge d’or révolu des hauts-fourneaux de la sidérurgie, la capitale de la “ceinture de la rouille” germanique, ne semble plus un fief imprenable du parti social-démocrate SPD.Dimanche, l’AfD a doublé ses scores dans la cité et était dans l’une des circonscriptions au coude-à-coude avec les sociaux-démocrates, qui voient leurs suffrages s’effondrer, comme au plan national. Les conservateurs eux progressent dans cette terre ouvrière. Longtemps cantonné dans l’Est du pays, sur les terres de l’ancienne RDA communiste, l’extrême droite progresse désormais aussi à l’ouest.”Je considère comme un grand danger de voir Duisbourg évoluer du SPD vers l’AfD (…) j’ai peur que mes petits enfants grandissent dans un monde où dominent le nationalisme, le racisme et la loi du plus fort”, dit Marius Kaussen, 67 ans.Ludger Schulppen, 63 ans, fut même membre du parti social-démocrate avant de soutenir l’AfD.”Les gens qui immigrent ici ne sont pas ceux qui ont de bons emplois dans leur pays”, assure-t-il, “ils viennent pour les allocations sociales, j’ai beaucoup de collègues turcs aussi qui disent que eux ils n’ont rien reçu à leur arrivée, ils ont travaillé”.Duisbourg a une longue histoire d’immigration. La ville de l’acier a intégré après-guerre des générations de Turcs, Polonais et Italiens pour alimenter le “miracle économique” allemand. Aujourd’hui 58,3% des enfants scolarisés sont migrants ou d’origine immigrée, selon les statistiques officielles.La crise industrielle et l’arrivée de centaines de milliers de migrants depuis 2015 sont des griefs récurrents des habitants. Même dans l’électorat fidèle aux sociaux-démocrates.Les réfugiés “sont venus trop nombreux. Il faut bien arrêter de prendre des gens à un moment donné”, dit à l’AFP Rita Braun, 83 ans, venue mettre dimanche son bulletin dans l’urne et qui a “toujours voté SPD”.- Crise industrielle -Pour Ludger Schulppen, qui travaille pour l’ancien fleuron industriel ThyssenKrupp, la crise économique allemande ne permet plus d’intégrer les étrangers.”Il y a tellement d’entreprises qui ferment, il n’est plus possible pour les gens de venir ici et de trouver un travail”, dit-il.ThyssenKrupp a annoncé la suppression de 11.000 emplois dans les prochaines années. “Le climat est mauvais” dans l’entreprise, confie-t-il, “personne ne sait qui va être touché et ce qui va arriver”.Il est persuadé que les baisses d’impôts et la dérégulation voulues par l’AfD aideront l’industrie. C’est aussi ce que promettent les conservateurs.L’an dernier, aux élections européennes, le parti CDU est arrivé en tête avec près de 23%, coiffant de justesse sur le poteau le SPD, une césure dans l’histoire de la ville. L’AfD est ressortie à 16,7%.Sortie de terre au 19è siècle grâce à sa position stratégique le long du Rhin et près des gisements de charbon et de minerais de la Ruhr, Duisbourg cumule aujourd’hui les difficultés, même si elle reste la ville européenne qui produit le plus d’acier. Elle ne compte plus qu’un demi-million d’habitants, après en avoir perdu 100.000 depuis les années 1970.En dehors du centre-ville, de nombreux bâtiments abandonnés dominent le paysage. Et les logements bon marché de ces quartiers attirent de nouvelles communautés pas toujours bienvenues.Manuela Spitzwieser, une femme de ménage de 54 ans, s’en prend, en montrant un aire de jeux jonchée de détritus, aux gens qui “cassent tout” dans le quartier.Les rangées d’immeubles sont surnommées ici les “Géants Blancs”. Manuela a longtemps soutenu le parti social-démocrate. Maintenant elle a voté pour l’AfD dans sa cité de Hochheide de Duisbourg-Ouest. Comme, affirme-t-elle, tous les Allemands qui y vivent.




