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Pédocriminalité: début du procès de l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec face à 299 victimes à Vannes
C’est l’une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées en France: le procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien accusé de violences sexuelles sur près de 300 jeunes patients dans une douzaine d’hôpitaux, s’est ouvert lundi en début d’après-midi à Vannes.La présidente de la cour criminelle du Morbihan Aude Burési a déclaré l’audience ouverte vers 13H avant que le septuagénaire, vêtu d’une veste noire, prenne place dans le box et décline son identité d’une voix légèrement éraillée, pour son procès prévu pour durer près de quatre mois.Une banderole proclamant “Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice”, a été déployée en fin de matinée devant le tribunal et une trentaine de manifestants ont porté une lettre pour former la phrase “Stop à la loi du silence”.Parmi eux, Ariel Ladebourg, étudiante en médecine de 21 ans, a assuré à l’AFP que ce procès hors norme est “la pointe émergée de l’iceberg” en matière de pédocriminalité. “Mais en dessous de l’iceberg, c’est énorme, c’est effrayant”, a-t-elle poursuivi, déplorant qu’il ait fallu “attendre 299 vies de détruites pour qu’on se dise : +ah oui, c’est grave+”.Une dizaine de manifestants se sont rassemblés à Paris devant l’Ordre national des médecins à l’appel du même collectif.Les victimes “n’attendent rien de M. Le Scouarnec”, a expliqué à la presse Me Marie Grimaud, avocate de 39 parties civiles, peu avant l’ouverture du procès. “La culpabilité ne va pas faire débat, la peine ne fera pas débat”. En revanche “ils attendent de retrouver un peu de dignité, d’humanité et surtout de la considération de la part de la justice, parce que jusqu’à aujourd’hui, la violence judiciaire a été extrêmement importante”, a-t-elle ajouté. L’avocate a regretté que l’organisation du procès prévoie que les victimes soient reléguées dans une salle séparée. Elles ne seront présentes dans la salle d’audience que lorsqu’elles seront entendues par la cour, les unes après les autres.”Cette audition, ce sera la première fois que les victimes le verront physiquement, auront son timbre de voix, son regard (…) autant d’éléments susceptibles de les mettre en difficulté”, selon elle.L’une des victimes, Amélie Lévêque, 42 ans, confie avoir “peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”.Concernant l’organisation du procès, elle estime qu’elle aura “son jour, ce sera mon histoire”.La plupart des 299 victimes étaient mineures au moment des faits, 256 avaient moins de 15 ans, et étaient souvent endormies ou en phase de réveil. L’audience de lundi sera principalement occupée par des aspects techniques du procès. La journée de mardi, consacrée à la personnalité de l’accusé, sera un moment fort avec les témoignages de ses trois fils et de son ex-épouse.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.- “Pédophile” revendiqué -Joël Le Scouarnec, aujourd’hui âgé de 74 ans, a “reconnu son implication” dans la majorité des faits de viols aggravés et agressions sexuelles aggravées pour lesquels il sera jugé.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des patients âgés en moyenne de 11 ans au moment des faits – en décortiquant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Ses écrits, très détaillés, indiquaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Nombre de victimes ont été confrontées à une amnésie traumatique, effaçant partiellement ou entièrement le souvenir du médecin.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.La cour suivra jusqu’à mi-mai l’ordre chronologique des violences sexuelles reprochées à M. Le Scouarnec, selon le calendrier transmis à la presse.Une quarantaine de parties civiles ont déjà fait valoir leur droit au huis clos, et d’autres peuvent encore le faire tout au long de l’audience.Le médecin avait exercé 11 ans encore, poursuivant ses violences sexuelles présumées sur les enfants qu’il opérait.Les plaidoiries des 63 avocats des parties civiles sont programmées du 22 au 28 mai et les réquisitions le 2 juin.Les avocats de la défense plaideront le lendemain, avant que la cour ne se retire pour délibérer durant trois jours à partir du 4 juin. Si ce calendrier millimétré est tenu, le verdict est attendu le 6 juin.
Le consulat de Russie à Marseille pris pour cible, Moscou dénonce une “attaque terroriste”
Le consulat général de Russie à Marseille, deuxième ville de France, a été visé lundi matin par des jets de bouteilles suivis de “détonations” qui n’ont fait ni dégât ni blessé, un acte qualifié d'”attaque terroriste” par Moscou, au troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine.Selon la préfecture de police, “trois bouteilles de soda en plastique 50 cl ont été envoyées ce matin dans les jardins du consulat. Deux d’entre elles ont éclaté et généré des détonations”. “L’analyse des résidus de produits contenus dans ces bouteilles est en cours”, a précisé la préfecture de police, soulignant que la police judiciaire a été chargée de l’enquête.Une source policière avait initialement fait état de “trois engins explosifs de fabrication artisanale” lancés vers 08h00 “sur la façade du consulat”, précisant que deux engins sur les trois avaient explosé.Lundi matin, le périmètre entourant le consulat, situé dans le très cossu 8e arrondissement de Marseille, était entièrement bouclé par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Le parquet de Marseille a annoncé “l’ouverture d’une enquête en flagrance pour dégradation par substances explosives ou incendiaires”, enquête confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). L’incident n’a fait “aucun blessé ou dégât”, a souligné le parquet.- “Manifestation antirusse” -“Les explosions survenues sur le territoire du consulat général de Russie à Marseille présentent tous les signes d’une attaque terroriste”, a aussitôt réagi le ministère russe des Affaires étrangères.”Nous exigeons que le pays hôte prenne rapidement des mesures d’enquête complètes, ainsi que des mesures visant à renforcer la sécurité des établissements du ministère des Affaires étrangères”, a déclaré la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, citée par l’agence RIA Novosti.De son côté, l’ambassade de Russie en France a affirmé, sur son site Telegram, qu’elle “avait bien lancé un appel anticipé aux autorités françaises en exigeant d’augmenter le niveau de sécurité de toutes les institutions russes en France, compte tenu des éventuelles provocations ces jours-ci”. L’ambassade souligne qu'”une petite manifestation antirusse” avait eu lieu dimanche près du consulat à Marseille, comme dans plusieurs autres villes françaises à la veille du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.”La France condamne toute atteinte à la sécurité des emprises diplomatiques”, a réagi dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, rappelant que “l’inviolabilité, la protection et l’intégrité des emprises diplomatiques et consulaires, ainsi que de leur personnel, sont des principes fondamentaux du droit international”.Dans le quartier, aucun des riverains interrogés par l’AFP n’a entendu d’explosion. Un témoin, cité par BFMTV, a lui affirmé avoir entendu “comme un bruit de pétard, de ballon qui explose”.Les marins-pompiers de Marseille, appelés sur place peu avant 08h00, ont indiqué à l’AFP avoir dépêché “une trentaine d’éléments”. Des forces de police nationale et municipale ainsi que des démineurs étaient également présents.En milieu de matinée, les journalistes de l’AFP ont entendu deux détonations provoquées par un robot démineur. Les opérations de déminage se sont terminées à 11h30, a annoncé un des membres de l’équipe technique, et le dispositif commençait à être allégé.Selon un représentant policier sur place, le dispositif de bouclage du quartier devait être levé vers 14h00. Le consulat général de Russie est situé dans un quartier résidentiel, où sont installées plusieurs autres représentations étrangères dans la deuxième ville de France.mca-dt-meg-alc/ol/hj
L1: Longoria “regrette” et admet qu’il n’y a “pas de corruption dans le foot français”
Trente-six heures après la défaite de Marseille à Auxerre (3-0) et son spectaculaire coup de colère, le président de l’OM Pablo Longoria a admis lundi dans une interview à l’AFP qu’il n’y avait “pas de corruption dans le foot français” et a assuré “regretter” d’avoir utilisé ce terme.Q: Deux jours après le match à Auxerre, quel est votre état d’esprit ?R: “Je suis toujours très auto-critique et je ne peux pas accepter de donner ce type d’image. Un président de club ne peut pas se comporter comme ça. Rien ne justifie la forme et je ne suis pas content de moi.”Q: Un mot a particulièrement choqué, celui de +corruption+. Le regrettez-vous ?R: “La forme n’était pas appropriée et ce mot, oui, je le regrette. Tout le monde m’a bien expliqué sa signification en français parce qu’en espagnol, ça a un sens plus large. Attention, ça ne justifie rien. Mais je n’ai jamais de la vie pensé à quelque chose comme des échanges d’argent ou des transactions financières, jamais. Je tiens à dire qu’il n’y a pas de corruption dans le foot français. Mais qu’il y ait des choses qui ne sont pas claires et qu’il faut améliorer, pour tout le monde, oui.”Q: La saison de l’OM a été marquée par de nombreuses polémiques autour de l’arbitrage…R: “Même si rien ne la justifie, il faut comprendre comment on arrive à cette colère. Ma première responsabilité, c’est défendre mon club. Il y a eu cette saison beaucoup de décisions arbitrales sur lesquelles je considère que l’OM a été défavorisé. Une chose m’a particulièrement touché, c’est la situation avec Medhi Benatia et la sanction qu’il a subie (trois mois de suspension ferme après OM-Lille en Coupe de France, ndlr). Et avec mes collaborateurs, je suis à la vie à la mort. Depuis deux ans, je pose dans les instances la question de l’utilisation de la VAR. En début de semaine dernière, on a encore envoyé un courrier, sans réponse. Il y a trop de choses anormales qui ont été considérées comme normales. Et puis il y a la désignation de Jérémy Stinat (Quatrième arbitre lors de l’incident avec Medhi Benatia, ndlr). Ca n’est pas à moi de décider qui arbitre les matchs, ça serait aller contre ce que je défends. Mais il faut un peu d’intelligence émotionnelle. Quel que soit le scénario du match, sa désignation allait poser des questions. Toutes ces choses montrent un manque de transparence et de clarté. Et c’est ça qui m’a fait monter, avec l’adrénaline du moment.”Q: Quel regard portez-vous sur l’arbitrage français ?R: “Je l’ai dit dix fois: en Coupe d’Europe, les arbitres français sont bons. Mais aujourd’hui en L1, il y a un manque de cohérence totale d’un match à l’autre. Mais plus on dit les choses, plus on a l’impression que rien n’avance. C’est frustrant et à un moment, tu perds patience.”Q: Longtemps, vous avez estimé que ce n’était pas votre rôle de parler d’arbitrage. Aujourd’hui, vous le faites régulièrement…R: “Je m’en souviens. Je disais que je ne voulais pas être un président des années 1990, cette période du football espagnol où tout le monde s’insultait, tout le monde criait plus fort l’un que l’autre et toutes les réunions de Ligue finissaient en disputes. Mais j’ai été très vexé pendant la saison 2022-2023 où je voulais porter une position de dialogue et d’ouverture vis-à-vis de l’arbitrage, une position un peu différente, qui n’était pas forcément appréciée par les supporters et mes collaborateurs. Mais tout ce que j’ai gagné, c’est que les arbitres refusaient de me parler. Aujourd’hui, je préfère dire librement les choses. C’est mieux que de voir qu’on me refuse la parole.”Q: Mais l’OM est deuxième. Est-ce pertinent de parasiter cette saison avec des questions d’arbitrage ?R: “Si dans la vie on décide de tout laisser passer, alors c’est un monde sans conviction. Et autant je ne me retrouve pas dans le type de réaction que j’ai eue, autant je ne me reconnaitrai jamais dans une personne qui ne défend pas ses convictions.”Q: Redoutez-vous une sanction lourde ?R: “Je me dois d’assumer ce que j’ai fait. Ne pas le faire serait hypocrite. Je pense que le niveau de sévérité envers l’OM a été excessivement haut, surtout par rapport à d’autres clubs. Mais ces situations ne doivent pas cacher une prestation sportive qui n’a pas été à la hauteur et personne ne doit utiliser cela comme un alibi ou une excuse. Je répète que je ne me sens pas représenté par ma réaction à Auxerre, mais je demande aussi pourquoi on en est arrivé là.”Propos recueillis par Stanislas TOUCHOT
Allemagne: Friedrich Merz en quête d’alliés pour s’installer rapidement au pouvoir
Vainqueur des élections allemandes avec un score plus faible qu’espéré, Friedrich Merz, le chef de la droite, se lance dans des négociations ardues pour former un gouvernement attendu avec impatience par les Européens pour peser face à Donald Trump et la Russie.Le nouvel homme fort de l’Allemagne compte se tourner en priorité vers les sociaux-démocrates, malgré un résultat, de leur propre aveu, “catastrophique”. Les deux partis disposent au final ensemble d’une courte majorité de sièges à la chambre des députés.Friedrich Merz sait que son pays ne peut pas rester longtemps sans direction face aux bouleversements économiques et géopolitiques : rupture du sacro-saint lien transatlantique, crise du modèle industriel concurrencé par la Chine, menace de guerres commerciales avec les Etats-Unis.Avec une victoire moins large que prévue, ce vétéran de la scène politique, qui n’a jamais eu de fonctions ministérielles, “doit faire face à des tâches herculéennes”, prévient la politologue Cornelia Woll, présidente de la Hertie School de Berlin.Sur la scène intérieure, il est sous pression de la poussée spectaculaire de l’extrême droite, qui a doublé son score, à 20,8% et raillé “la victoire à la Pyrrhus” de la droite. Ce score “historique” place l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) “dans les meilleures conditions” pour “dépasser” le parti conservateur “au cours des quatre prochaines années et aussi devenir le premier parti” au plan national, a dit lundi sa cheffe de file Alice Weidel.A l’international, les partenaires de Berlin souhaitent que la première économie européenne retrouve un rôle moteur au moment où le “parapluie” américain, qui garantit depuis 80 ans la sécurité du continent, semble plus fragile que jamais.Un sommet européen spécial consacré à l’Ukraine a été convoqué le 6 mars, sur fond de rapprochement entre Washington et Moscou. Une date à laquelle le nouveau gouvernement allemand ne sera certainement pas en place.- Scholz hors jeu -En promettant de former une coalition “au plus tard” à la date de Pâques, soit le 20 avril, Friedrich Merz se fixe un objectif ambitieux.”Le monde extérieur ne nous attend pas (…). Nous devons vite redevenir opérationnels pour (agir) sur le plan intérieur, pour redevenir présents en Europe”, a lancé le futur chancelier alors que l’Allemagne est déjà paralysée depuis quatre mois par la rupture de la coalition d’Olaf Scholz avec les verts et les libéraux.Ayant annoncé qu’il ne s’alliera pas avec l’AfD, Friedrich Merz n’a d’autre choix que de tendre le main à des sociaux-démocrates aux abois: avec un score autour de 16%, le SPD, plus vieux parti du pays, encaisse son plus mauvais résultat en 80 ans. Il doit éviter l’implosion et tenter de se rassembler autour de nouveaux leaders, Olaf Scholz prévoyant de se mettre en retrait.Le parti écologiste Die Grünen, qui était dans la coalition sortante, a décroché 11,6% des voix.Après une campagne électorale polarisée comme jamais, sceller les compromis indispensables au “contrat de coalition” pourrait s’avérer ardu. Les deux formations (sociaux-démocrates et conservateurs) contrôleraient ensemble 328 des 630 sièges du nouveau Bundestag.- Ligne dure -Friedrich Merz, ancien rival d’Angela Merkel, s’est affranchi de l’héritage de l’ex-chancelière, revendiquant une droite sans tabou aux propositions radicales pour lutter contre l’immigration illégale.Son pari de prendre des voix à l’AfD grâce à cette ligne intransigeante, au point d’esquisser un début de rapprochement avec l’extrême droite pendant la campagne, n’a pas été payant.Merz n’a pas réussi “à susciter un véritable désir de changement, un enthousiasme pour sa personne ou son projet”, estime le quotidien Süddeutsche Zeitung.Marlies Schäfer, une retraitée interrogée à Berlin, avait imaginé une victoire des conservateurs “avec une plus grande marge”.La cheffe de l’AfD a prédit un sort funeste à une future coalition SPD-CDU qui sera incapable, selon elle, de s’entendre sur l’immigration ou les questions budgétaires.”Nous aurons de nouvelles élections très rapidement”, a avancé Alice Weidel, ouvertement soutenue par l’administration Trump depuis des semaines.Un électeur berlinois, Jörg Seiffert, se demande “où la montée en puissance de l’AfD va mener”. “J’espère que les plus grands partis finiront par s’unir et auront des idées” pour enrayer la progression de l’extrême droite, dit ce thérapeuthe de 69 ans.
Allemagne: Friedrich Merz en quête d’alliés pour s’installer rapidement au pouvoir
Vainqueur des élections allemandes avec un score plus faible qu’espéré, Friedrich Merz, le chef de la droite, se lance dans des négociations ardues pour former un gouvernement attendu avec impatience par les Européens pour peser face à Donald Trump et la Russie.Le nouvel homme fort de l’Allemagne compte se tourner en priorité vers les sociaux-démocrates, malgré un résultat, de leur propre aveu, “catastrophique”. Les deux partis disposent au final ensemble d’une courte majorité de sièges à la chambre des députés.Friedrich Merz sait que son pays ne peut pas rester longtemps sans direction face aux bouleversements économiques et géopolitiques : rupture du sacro-saint lien transatlantique, crise du modèle industriel concurrencé par la Chine, menace de guerres commerciales avec les Etats-Unis.Avec une victoire moins large que prévue, ce vétéran de la scène politique, qui n’a jamais eu de fonctions ministérielles, “doit faire face à des tâches herculéennes”, prévient la politologue Cornelia Woll, présidente de la Hertie School de Berlin.Sur la scène intérieure, il est sous pression de la poussée spectaculaire de l’extrême droite, qui a doublé son score, à 20,8% et raillé “la victoire à la Pyrrhus” de la droite. Ce score “historique” place l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) “dans les meilleures conditions” pour “dépasser” le parti conservateur “au cours des quatre prochaines années et aussi devenir le premier parti” au plan national, a dit lundi sa cheffe de file Alice Weidel.A l’international, les partenaires de Berlin souhaitent que la première économie européenne retrouve un rôle moteur au moment où le “parapluie” américain, qui garantit depuis 80 ans la sécurité du continent, semble plus fragile que jamais.Un sommet européen spécial consacré à l’Ukraine a été convoqué le 6 mars, sur fond de rapprochement entre Washington et Moscou. Une date à laquelle le nouveau gouvernement allemand ne sera certainement pas en place.- Scholz hors jeu -En promettant de former une coalition “au plus tard” à la date de Pâques, soit le 20 avril, Friedrich Merz se fixe un objectif ambitieux.”Le monde extérieur ne nous attend pas (…). Nous devons vite redevenir opérationnels pour (agir) sur le plan intérieur, pour redevenir présents en Europe”, a lancé le futur chancelier alors que l’Allemagne est déjà paralysée depuis quatre mois par la rupture de la coalition d’Olaf Scholz avec les verts et les libéraux.Ayant annoncé qu’il ne s’alliera pas avec l’AfD, Friedrich Merz n’a d’autre choix que de tendre le main à des sociaux-démocrates aux abois: avec un score autour de 16%, le SPD, plus vieux parti du pays, encaisse son plus mauvais résultat en 80 ans. Il doit éviter l’implosion et tenter de se rassembler autour de nouveaux leaders, Olaf Scholz prévoyant de se mettre en retrait.Le parti écologiste Die Grünen, qui était dans la coalition sortante, a décroché 11,6% des voix.Après une campagne électorale polarisée comme jamais, sceller les compromis indispensables au “contrat de coalition” pourrait s’avérer ardu. Les deux formations (sociaux-démocrates et conservateurs) contrôleraient ensemble 328 des 630 sièges du nouveau Bundestag.- Ligne dure -Friedrich Merz, ancien rival d’Angela Merkel, s’est affranchi de l’héritage de l’ex-chancelière, revendiquant une droite sans tabou aux propositions radicales pour lutter contre l’immigration illégale.Son pari de prendre des voix à l’AfD grâce à cette ligne intransigeante, au point d’esquisser un début de rapprochement avec l’extrême droite pendant la campagne, n’a pas été payant.Merz n’a pas réussi “à susciter un véritable désir de changement, un enthousiasme pour sa personne ou son projet”, estime le quotidien Süddeutsche Zeitung.Marlies Schäfer, une retraitée interrogée à Berlin, avait imaginé une victoire des conservateurs “avec une plus grande marge”.La cheffe de l’AfD a prédit un sort funeste à une future coalition SPD-CDU qui sera incapable, selon elle, de s’entendre sur l’immigration ou les questions budgétaires.”Nous aurons de nouvelles élections très rapidement”, a avancé Alice Weidel, ouvertement soutenue par l’administration Trump depuis des semaines.Un électeur berlinois, Jörg Seiffert, se demande “où la montée en puissance de l’AfD va mener”. “J’espère que les plus grands partis finiront par s’unir et auront des idées” pour enrayer la progression de l’extrême droite, dit ce thérapeuthe de 69 ans.
Le pape François, toujours dans un état critique, a passé une “bonne nuit”
Le pape François, hospitalisé dans un état critique pour une double pneumonie, a passé une bonne nuit et “se repose”, a annoncé le Vatican lundi matin, dans un climat d’inquiétude croissante pour le pontife de 88 ans.Le pape est en mesure de se lever et de se nourrir normalement, ne souffre pas et son humeur reste “bonne”, a précisé une source vaticane, ajoutant que les traitements suivent leurs cours au 11ème jour de son hospitalisation, la plus longue depuis son élection en 2013.Le pontife argentin est toujours dans un “état critique” et continue de recevoir de l’oxygène à haut débit, selon son dernier bulletin de santé publié dimanche soir. “La complexité du tableau clinique et l’attente nécessaire pour que les thérapies pharmacologiques fassent effet exigent de rester réservé sur le pronostic”, précise ce bulletin.Si son anémie s’est améliorée et que son nombre de plaquettes sanguines, qui avait baissé, s’est stabilisé grâce aux transfusions effectuées samedi, “certains examens sanguins montrent une insuffisance rénale initiale, légère, actuellement sous contrôle”, ont indiqué les médecins.L’état de santé du chef de l’Eglise catholique, hospitalisé depuis le 14 février, s’était brutalement dégradé samedi avec “une crise asthmatique prolongée qui a nécessité la mise sous oxygène à haut débit”, ainsi que des problèmes hématologiques ayant requis “une transfusion sanguine”.Son équipe médicale a affirmé ces derniers jours que François n’était pas “hors de danger”.Dimanche, des fidèles se sont de nouveau rassemblés et ont déposé des bougies devant l’hôpital Gemelli de Rome. François y est soigné dans un appartement spécialement aménagé situé au 10e étage comprenant notamment une petite chapelle, où il a participé à la messe dimanche.Pour le Pr Abele Donati, un anesthésiste dirigeant une unité de soins intensifs à l’hôpital universitaire des Marches (centre de l’Italie), l’insuffisance rénale du pape “pourrait signaler la présence d’une septicémie en phase initiale”.”Il s’agit de la réponse de l’organisme à une infection en cours, dans ce cas aux deux poumons. Pour se défendre, le système immunitaire produit des substances dont la diffusion provoque des dysfonctionnements des organes”, a expliqué l’expert, cité par le quotidien Il Corriere della Sera.- “Trait d’union” -De nombreuses prières pour la santé du pape argentin ont été organisées un peu partout à Rome, en Italie et dans le monde, particulièrement en Amérique latine. Des responsables religieux et politiques ont dit prier pour lui.Lundi soir à 21H00 (20H00 GMT) se tiendra sur la place Saint-Pierre une prière pour le pape et les malades, dirigée par le Secrétaire d’Etat et N.2 du Saint-Siège, le cardinal italien Pietro Parolin. “En ce moment de l’Histoire, on ressent l’exigence de sa présence”, a dit le théologien jésuite Antonio Spadaro, proche du pape, dans un entretien au journal La Repubblica publié lundi. “Beaucoup de gens à travers le monde, dont certains ayant des positions de responsabilité (…) sont sincèrement inquiets parce que François est l’un des seuls à pouvoir faire le trait d’union dans un monde qui apparaît divisé”, a-t-il ajouté.Les internautes ont aussi posté des centaines de messages, disant prier pour François, beaucoup partageant une photo de l’évêque de Rome seul sur la place Saint-Pierre lors de la pandémie de Covid-19.François avait été hospitalisé initialement pour une bronchite, mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait développé une double pneumonie, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.L’hospitalisation du pape, à la fois chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les interrogations autour de sa capacité à assumer ses fonctions. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altèrerait sa lucidité.Elle relance également les spéculations sur la possible démission du pape, qui a cependant dit plusieurs fois que ce moment n’était pas arrivé. “Le pape est vivant et c’est le moment de prier, pas de penser à qui sera son successeur”, a affirmé au quotidien Corriere della Sera le cardinal conservateur allemand Gerhard Ludwig Müller, l’un de ses opposants les plus virulents.
Le pape François, toujours dans un état critique, a passé une “bonne nuit”
Le pape François, hospitalisé dans un état critique pour une double pneumonie, a passé une bonne nuit et “se repose”, a annoncé le Vatican lundi matin, dans un climat d’inquiétude croissante pour le pontife de 88 ans.Le pape est en mesure de se lever et de se nourrir normalement, ne souffre pas et son humeur reste “bonne”, a précisé une source vaticane, ajoutant que les traitements suivent leurs cours au 11ème jour de son hospitalisation, la plus longue depuis son élection en 2013.Le pontife argentin est toujours dans un “état critique” et continue de recevoir de l’oxygène à haut débit, selon son dernier bulletin de santé publié dimanche soir. “La complexité du tableau clinique et l’attente nécessaire pour que les thérapies pharmacologiques fassent effet exigent de rester réservé sur le pronostic”, précise ce bulletin.Si son anémie s’est améliorée et que son nombre de plaquettes sanguines, qui avait baissé, s’est stabilisé grâce aux transfusions effectuées samedi, “certains examens sanguins montrent une insuffisance rénale initiale, légère, actuellement sous contrôle”, ont indiqué les médecins.L’état de santé du chef de l’Eglise catholique, hospitalisé depuis le 14 février, s’était brutalement dégradé samedi avec “une crise asthmatique prolongée qui a nécessité la mise sous oxygène à haut débit”, ainsi que des problèmes hématologiques ayant requis “une transfusion sanguine”.Son équipe médicale a affirmé ces derniers jours que François n’était pas “hors de danger”.Dimanche, des fidèles se sont de nouveau rassemblés et ont déposé des bougies devant l’hôpital Gemelli de Rome. François y est soigné dans un appartement spécialement aménagé situé au 10e étage comprenant notamment une petite chapelle, où il a participé à la messe dimanche.Pour le Pr Abele Donati, un anesthésiste dirigeant une unité de soins intensifs à l’hôpital universitaire des Marches (centre de l’Italie), l’insuffisance rénale du pape “pourrait signaler la présence d’une septicémie en phase initiale”.”Il s’agit de la réponse de l’organisme à une infection en cours, dans ce cas aux deux poumons. Pour se défendre, le système immunitaire produit des substances dont la diffusion provoque des dysfonctionnements des organes”, a expliqué l’expert, cité par le quotidien Il Corriere della Sera.- “Trait d’union” -De nombreuses prières pour la santé du pape argentin ont été organisées un peu partout à Rome, en Italie et dans le monde, particulièrement en Amérique latine. Des responsables religieux et politiques ont dit prier pour lui.Lundi soir à 21H00 (20H00 GMT) se tiendra sur la place Saint-Pierre une prière pour le pape et les malades, dirigée par le Secrétaire d’Etat et N.2 du Saint-Siège, le cardinal italien Pietro Parolin. “En ce moment de l’Histoire, on ressent l’exigence de sa présence”, a dit le théologien jésuite Antonio Spadaro, proche du pape, dans un entretien au journal La Repubblica publié lundi. “Beaucoup de gens à travers le monde, dont certains ayant des positions de responsabilité (…) sont sincèrement inquiets parce que François est l’un des seuls à pouvoir faire le trait d’union dans un monde qui apparaît divisé”, a-t-il ajouté.Les internautes ont aussi posté des centaines de messages, disant prier pour François, beaucoup partageant une photo de l’évêque de Rome seul sur la place Saint-Pierre lors de la pandémie de Covid-19.François avait été hospitalisé initialement pour une bronchite, mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait développé une double pneumonie, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.L’hospitalisation du pape, à la fois chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les interrogations autour de sa capacité à assumer ses fonctions. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altèrerait sa lucidité.Elle relance également les spéculations sur la possible démission du pape, qui a cependant dit plusieurs fois que ce moment n’était pas arrivé. “Le pape est vivant et c’est le moment de prier, pas de penser à qui sera son successeur”, a affirmé au quotidien Corriere della Sera le cardinal conservateur allemand Gerhard Ludwig Müller, l’un de ses opposants les plus virulents.







