AFP World

Le Conseil de l’Europe réaffirme son “entier soutien” à l’Ukraine

Le Conseil de l’Europe a marqué lundi le troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine en réaffirmant son “entier soutien” à Kiev, dont l’avenir est “européen”.”Trois ans plus tard, notre soutien est entier”, a assuré le secrétaire général du Conseil, Alain Berset, lors d’une cérémonie organisée sur le parvis de l’institution à Strasbourg. “Le Conseil de l’Europe est aux côtés de l’Ukraine pour obtenir des réparations, pour lutter contre les crimes de guerre et pour lutter contre l’impunité, pour renforcer la démocratie, pour protéger les enfants d’Ukraine, pour que l’Ukraine continue d’exister”, a poursuivi M. Berset.”L’avenir de l’Ukraine est européen et cet avenir, nous l’écrivons ensemble, sur les valeurs que nous partageons, celles d’une Ukraine libre et souveraine, celles d’une paix juste et durable, celles, enfin, d’une Europe forte et unie, partout, partout sur notre continent et partout dans le monde”, a conclu M. Berset.”L’Ukraine se bat non seulement pour sa survie, mais aussi pour l’avenir de l’Europe, pour les principes mêmes sur lesquels repose le Conseil de l’Europe, les droits de l’Homme, la démocratie et l’État de droit”, a souligné de son côté le représentant permanent de l’Ukraine auprès du Conseil de l’Europe, Borys Tarasyuk.”Le chemin à parcourir reste difficile, mais nous ne le parcourons pas seuls. La solidarité de nos partenaires, l’unité des nations démocratiques et la force de nos valeurs communes nous mèneront à la victoire: l’Ukraine l’emportera, la justice sera rendue”, a-t-il ajouté.L’hymne national de l’Ukraine a été joué, repris par des membres du public la main sur le coeur, certains tenant le drapeau bleu et jaune du pays, suivi de l’hymne européen.Le Conseil de l’Europe, qui a été fondé en 1949, réunit 46 pays. La Russie en a été exclue en mars 2022, après l’invasion de l’Ukraine.Un Registre des dommages a été mis en place en avril 2024 pour recueillir les demandes des Ukrainiens pour les dommages qu’ils ont subi depuis l’invasion russe débutée le 24 février 2022.Ce registre “fonctionne” et “doit se poursuivre avec un plein mécanisme d’indemnisation et de compensation”, a déclaré M. Berset lors d’une réunion extraordinaire des délégués des ministres, organisée à l’issue de la cérémonie.”Nous avançons également concernant l’établissement d’un tribunal spécial pour les crimes d’agression”, a-t-il ajouté à propos de ce tribunal qui aura pour mission de juger les crimes de l'”agression” russe, mais non les crimes de guerre, du ressort de la Cour internationale de Justice.Lors de cette réunion extraordinaire, qui était consacrée aux prisonniers civils ukrainiens détenus en Russie, deux Ukrainiennes ont témoigné, dont une a expliqué avoir été emprisonnée deux ans, violée et torturée.Le Palais de l’Europe sera illuminé aux couleurs du drapeau ukrainien durant la nuit de lundi à mardi.

Evasion du narcotrafiquant Mohamed Amra: nouvelle vague d’interpellations

Nouveau coup de filet dans l’enquête sur l’évasion de Mohamed Amra: une quinzaine de personnes, soupçonnées d’avoir fourni de l’aide au narcotrafiquant arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de traque, ont été interpellées dimanche et lundi entre la France et le Maroc.Lundi au “petit matin” quatorze nouvelles personnes ont été placées en garde à vue, dans cette enquête menée par la police judiciaire et la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO).Parmi elles, “dix ont été interpellées en France”, notamment en Normandie, et “quatre ont été extraites de leur lieu de détention”, a précisé le parquet de Paris.”Au total, ce sont donc 24 gardes à vue qui sont en cours” en France, selon le parquet. Deux Français, âgés de 28 et 38 ans, ont par ailleurs été arrêtés dimanche soir à Marrakech dans le cadre de cette enquête, a indiqué à l’AFP la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc. Ils faisaient l’objet d’une notice rouge d’Interpol. Ils sont en “rétention” et la “procédure diplomatique de demande de remise est en cours”, a précisé le parquet de Paris.Dix autres complices présumés avaient déjà été arrêtés ce week-end, dans les heures suivant l’interpellation de “La Mouche”, le fugitif le plus recherché de France depuis son évasion sanglante en mai 2024. Un autre homme avait été interpellé samedi après-midi en Espagne. Surnommé “Abe” et présenté comme “l’un des responsables” de l’évasion de Mohamed Amra, il a été arrêté dans une luxueuse villa à Mijas dans la province de Malaga (sud de l’Espagne), a précisé la police espagnole. La villa disposait d’importantes mesures de sécurité : murs hauts, grilles, vidéosurveillance et détecteurs de mouvement. Lors de la perquisition, les enquêteurs ont notamment retrouvé deux armes à feu chargées, des munitions, des brouilleurs, des plaques d’immatriculation françaises “doublées” et un véhicule de luxe volé en France, a encore décrit la police espagnole.La procureure de Paris, Laure Beccuau, et le patron de la police judiciaire, Christian Sainte, tiendront une conférence de presse sur cette affaire lundi à 17H00 au tribunal judiciaire de Paris.- “Moins de dix jours” -Mohamed Amra, 30 ans, a été arrêté samedi en Roumanie, au terme de neuf mois de cavale. Selon le ministre roumain de l’Intérieur Catalin Predoiu, il “voulait faire des opérations (de chirurgie) esthétiques” avant de “quitter le pays pour la Colombie”.Dimanche, il est apparu menotté, cheveux teint en roux et veste de sport noire, devant le tribunal de Bucarest où il a été présenté à une juge.Il “ne reconnaît pas les faits commis mais souhaite respecter la décision des autorités françaises qui veulent le juger”, a déclaré son avocate Maria Marcu à la sortie de l’audience.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a dit espérer le retour de Mohamed Amra en France dans “moins de dix jours”, lors d’un déplacement lundi à Annemasse (Haute-Savoie).Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu multirécidiviste avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en avait alors profité pour attaquer, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon pénitentiaire pour le libérer. Dans l’attaque, qui a eu lieu au péage d’Incarville (Eure), deux agents pénitentiaires ont été tués et trois ont été blessés.La France avait alors découvert l’existence de Mohamed Amra: adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement “dérivé vers la violence”, pour rejoindre la grande criminalité organisée, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice (IGJ) rendu en juillet 2024.Sa “dangerosité grandissante” n’a pas été évaluée à sa juste mesure alors qu’il était soupçonné d’avoir poursuivi “ses activités de trafic de produits stupéfiants en ayant recours à la plus grande violence” depuis la prison, selon le rapport de l’IGJ.Preuve du caractère hors norme de l’enquête sur son évasion: tout au long de sa cavale, une centaine d’enquêteurs de la police judiciaire ont travaillé au quotidien sur ce dossier devenu symbole de l’emprise du narcotrafic en France. Chaque jour, un compte-rendu était adressé au Directeur national de la police judiciaire.Mohamed Amra a accepté sa remise à la France. S’ouvre donc un temps d’échange entre la Roumanie et la France sur les conditions du transfert, pour qu’il soit réalisé en toute sécurité.isb-jpa-tll-mca-we/mat/dch   

Merz garantit à Netanyahu qu’il peut venir en Allemagne

Le chef de la droite allemande Friedrich Merz, futur chancelier après la victoire de son parti aux législatives, a assuré lundi que Benjamin Netanyahu “pourrait se rendre” en Allemagne malgré le mandat d’arrêt de la CPI.”Je me suis engagé à ce que nous trouvions un moyen pour qu’il puisse visiter l’Allemagne et repartir sans être arrêté, au cas où il prévoirait une visite”, a dit à la presse M. Merz, après avoir eu un entretien téléphonique dimanche soir avec le Premier ministre israélien.Sans entrer dans le détail d’une éventuelle rencontre, M. Merz a ajouté: “Je pense que c’est une idée tout à fait absurde qu’un Premier ministre israélien ne puisse pas visiter la République fédérale d’Allemagne”.MM. Merz et Netanyahu s’étaient entretenus dimanche soir au téléphone, lors d’une conversation qualifiée de “chaleureuse” par le bureau du Premier ministre israélien.Selon ce dernier, le futur chancelier a déclaré qu’il “inviterait (M. Netanyahu, ndlr) pour une visite officielle en Allemagne”.”Je lui ai dit que nous devrions nous voir bientôt après la formation du gouvernement”, a précisé M. Merz à Berlin.M. Netanyahu est visé, comme l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, par un mandat d’arrêt de la CPI émis fin novembre 2024 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans la bande de Gaza.Israël a fait appel contre cette procédure, dénonçant une décision “antisémite” et des “accusations absurdes”.M. Netanyahu avait déjà remercié l’année dernière Viktor Orban pour son invitation à se rendre en Hongrie malgré ce mandat d’arrêt, saluant la “clarté morale” de son homologue hongrois.Affichant son soutien à Israël, le président américain, Donald Trump, a signé plus tôt ce mois-ci un décret interdisant notamment l’entrée aux Etats-Unis aux dirigeants, employés et agents de la CPI.Israël l’avait alors félicité.Si le pays garde des alliés très importants, la conduite de la guerre à Gaza ainsi que d’autres opérations militaires ou de récents développements politiques en Israël ont suscité de nombreuses critiques de la part d’une partie de la communauté internationale.La CPI est une juridiction permanente chargée de poursuivre et juger des individus accusés de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. 

Procès Le Scouarnec: l’accusé reconnaît “une très grande majorité des faits” selon sa défense

Joël Le Scouarnec “se reconnaît responsable d’une très grande majorité des faits”, a déclaré son avocat Me Maxime Tessier lundi, au premier jour du procès de l’ex-chirurgien pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 patients, la plupart mineurs au moment des faits.”L’accusé se reconnaît responsable d’une très grande majorité des faits”, a dit devant la cour criminelle départementale du Morbihan Me Tessier.Il s’exprimait à l’issue des constitutions des parties civiles, dont celles contestées du Conseil national de l’Ordre des médecins et du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Morbihan. “En aucun cas, M. Le Scouarnec ne cherche à se défausser de ses responsabilités derrière des ordres”, a-t-il ajouté.L’accusé, 74 ans, vêtu d’une veste noire, a pris place en début d’après-midi dans le box et a décliné son identité d’une voix légèrement éraillée. Suivant avec attention chaque prise de parole, il fixe chaque orateur, bouche pincée et visage fermé.La plupart des 299 victimes étaient mineures au moment des faits, 256 avaient moins de 15 ans, et les faits se sont passés dans les différents hôpitaux où a exercé l’ex-chirurgien, quand elles étaient souvent endormies ou en phase de réveil. Plus tôt, une banderole proclamant “Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice”, a été déployée en fin de matinée devant le tribunal et une trentaine de manifestants ont porté une lettre pour former la phrase “Stop à la loi du silence”.Parmi eux, Ariel Ladebourg, étudiante en médecine de 21 ans, a assuré à l’AFP que ce procès hors norme est “la pointe émergée de l’iceberg” en matière de pédocriminalité. “Mais en dessous de l’iceberg, c’est énorme, c’est effrayant”, a-t-elle poursuivi, déplorant qu’il ait fallu “attendre 299 vies de détruites pour qu’on se dise : +ah oui, c’est grave+”.Une dizaine de manifestants se sont également rassemblés à Paris devant l’Ordre national des médecins à l’appel du même collectif.Les victimes “n’attendent rien de M. Le Scouarnec”, a expliqué à la presse Me Marie Grimaud, avocate de 39 parties civiles, peu avant l’ouverture du procès. “La culpabilité ne va pas faire débat, la peine ne fera pas débat”. En revanche “ils attendent de retrouver un peu de dignité, d’humanité et surtout de la considération de la part de la justice, parce que jusqu’à aujourd’hui, la violence judiciaire a été extrêmement importante”, a-t-elle ajouté. L’avocate a regretté que l’organisation du procès prévoie que les victimes soient reléguées dans une salle séparée. Elles ne seront présentes dans la salle d’audience que lorsqu’elles seront entendues par la cour, les unes après les autres.”Cette audition, ce sera la première fois que les victimes le verront physiquement, auront son timbre  de voix, son regard (…) autant d’éléments susceptibles de les mettre en difficulté”, selon elle.- Cordons rouges et verts -L’une des victimes, Amélie Lévêque, 42 ans, confie avoir “peur de le voir (Le Scouarnec, NDLR) même si j’attends ce moment depuis longtemps”.Concernant l’organisation du procès, elle estime qu’elle aura “son jour, ce sera mon histoire”.Une quarantaine de parties civiles ont fait valoir leur droit au huis clos, et d’autres l’ont fait en début d’audience.Plusieurs centaines de journalistes, dont la presse étrangère, se sont accrédités pour ce procès, qui doit durer près de quatre mois.Les parties civiles refusant de répondre aux médias sont munies d’un cordon rouge autour du cou.Parmi les rares à porter un cordon vert signifiant que ceux-ci acceptent les interviews, Clément Séguineau se définit comme “victime indirecte”, en tant qu’ex-époux d’une victime directe. “Être victime indirecte, c’est assister la victime directe, dans ce cas mon ex-épouse, comme dans une maladie, l’accompagner, mais en se sentant impuissant”, a-t-il confié, espérant que ce procès puisse “changer des choses”.L’audience de lundi est principalement occupée par des aspects techniques du procès. La journée de mardi, consacrée à la personnalité de l’accusé, sera un moment fort avec les témoignages de ses trois fils et de son ex-épouse.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.- Journaux intimes -Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Les enquêteurs ont retrouvé la trace de ses victimes – des patients âgés en moyenne de 11 ans au moment des faits – en décortiquant ses journaux intimes, découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Ses écrits, très détaillés, indiquaient le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.Le verdict est attendu le 6 juin.

Zelensky espère une paix “réelle”, le jour du troisième anniversaire de l’invasion

Volodymyr Zelensky a appelé lundi à une “paix réelle et durable” en 2025 en accueillant à Kiev un sommet avec des dirigeants étrangers à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.Cet anniversaire intervient en plein revirement américain, les Etats-Unis de Donald Trump négociant directement avec la Russie et se montrant très critiques du président ukrainien, lui faisant porter faussement la responsabilité de l’invasion. La Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien, a de son côté déclaré qu’elle ne cesserait les combats que lorsqu’elle aurait obtenu ce qu’elle veut des négociations sur la fin de la guerre. Moscou accuse les Européens de chercher à poursuivre le conflit.L’invasion russe de l’Ukraine déclenchée le 24 février 2024 sur ordre de Vladimir Poutine a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers – certains ayant fait le déplacement et d’autres en visioconférence – qui ont exprimé leur soutien à l’Ukraine.Le dirigeant ukrainien a appelé à “gagner la paix par la force, la sagesse et l’unité”. Une alerte aérienne à travers le pays a été brièvement déclenchée pendant le sommet, signalant le risque de frappes de missiles russes.Dans la même veine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que malgré l’ouverture de discussions unilatérales entre Washington et Moscou, Vladimir Poutine n’était selon elle pas prêt à reculer. “Son objectif reste la capitulation de l’Ukraine”, a-t-elle déclaré.- Mobilisation européenne -Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a averti depuis Ankara en Turquie que Moscou ne cesserait les hostilités que lorsque les négociations “aboutiront à un résultat ferme et durable qui conviendra à la Russie”.Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées et renonce à rejoindre l’Otan.La Russie ne cache pas sa satisfaction de voir Donald Trump briser l’isolement de Vladimir Poutine face aux Occidentaux et adopter des positions proches du Kremlin, estimant par exemple que la présence de Volodymyr Zelensky à des négociations avec la Russie sur le conflit n’est “pas importante”.Le Kremlin a par ailleurs annoncé que M. Poutine avait “informé” lundi le président chinois Xi Jinping des discussions russo-américaines qui ont débuté la semaine dernière. “La Chine est contente de voir les efforts positifs déployés par la Russie et les autres parties concernées pour résoudre la crise”, a déclaré Xi Jinping à Vladimir Poutine, selon un média chinois d’Etat. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui apporté son soutien à son homologue ukrainien en déclarant dans un discours vidéo que Kiev et Moscou devaient être représentées de “manière équitable” aux négociations et plaidant en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.Les alliés européens de Kiev tentent de se mobiliser depuis le revirement américain. Le président français Emmanuel Macron doit être reçu par Donald Trump lundi à Washington, plusieurs jours avant le Premier ministre britannique Keir Starmer.- “Fatigué de la guerre” -Dans les rues de Moscou, le revirement américain sur l’Ukraine a été accueilli avec enthousiasme par les habitants interrogés par l’AFP.L’Europe et l’Ukraine “ont besoin d’être malmenées pour montrer qu’elles ne sont pas les plus importantes au monde”, a déclaré Irina Svetlichnaïa, retraitée de 77 ans, pour qui la Russie “ne peut pas se montrer faible”.Des soldats ukrainiens interrogés par l’AFP près du front dans l’Est n’ont à l’inverse pas mâché leurs mots à l’égard de Donald Trump.”Cet idiot ne comprend pas du tout de quoi il parle. Il vit dans une bulle et se laisse emporter par la rhétorique russe”, estime Mykhaïlo, un militaire de 41 ans.”Je ne veux pas abandonner le territoire ukrainien (…) nous nous battons depuis si longtemps”, lâche Mykola, un officier de 38 ans, avant d’admettre que “tout le monde est fatigué de la guerre”.Après s’être aligné sur la position russe qui juge l’Ukraine responsable du déclenchement du conflit, M. Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l’aide américaine fournie à Kiev en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.Son administration fait pression sur l’Ukraine pour signer un accord dans ce domaine qui a dans un premier temps été rejeté par Volodymyr Zelensky.Lundi, l’Ukraine a cependant annoncé être en phase finale de ces pourparlers. Une source ukrainienne haut placée a dit à l’AFP avoir proposé aux Américains la signature d’un “accord cadre” à Washington en présence de MM. Zelensky et Trump. 

Zelensky espère une paix “réelle”, le jour du troisième anniversaire de l’invasion

Volodymyr Zelensky a appelé lundi à une “paix réelle et durable” en 2025 en accueillant à Kiev un sommet avec des dirigeants étrangers à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.Cet anniversaire intervient en plein revirement américain, les Etats-Unis de Donald Trump négociant directement avec la Russie et se montrant très critiques du président ukrainien, lui faisant porter faussement la responsabilité de l’invasion. La Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien, a de son côté déclaré qu’elle ne cesserait les combats que lorsqu’elle aurait obtenu ce qu’elle veut des négociations sur la fin de la guerre. Moscou accuse les Européens de chercher à poursuivre le conflit.L’invasion russe de l’Ukraine déclenchée le 24 février 2024 sur ordre de Vladimir Poutine a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers – certains ayant fait le déplacement et d’autres en visioconférence – qui ont exprimé leur soutien à l’Ukraine.Le dirigeant ukrainien a appelé à “gagner la paix par la force, la sagesse et l’unité”. Une alerte aérienne à travers le pays a été brièvement déclenchée pendant le sommet, signalant le risque de frappes de missiles russes.Dans la même veine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que malgré l’ouverture de discussions unilatérales entre Washington et Moscou, Vladimir Poutine n’était selon elle pas prêt à reculer. “Son objectif reste la capitulation de l’Ukraine”, a-t-elle déclaré.- Mobilisation européenne -Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a averti depuis Ankara en Turquie que Moscou ne cesserait les hostilités que lorsque les négociations “aboutiront à un résultat ferme et durable qui conviendra à la Russie”.Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées et renonce à rejoindre l’Otan.La Russie ne cache pas sa satisfaction de voir Donald Trump briser l’isolement de Vladimir Poutine face aux Occidentaux et adopter des positions proches du Kremlin, estimant par exemple que la présence de Volodymyr Zelensky à des négociations avec la Russie sur le conflit n’est “pas importante”.Le Kremlin a par ailleurs annoncé que M. Poutine avait “informé” lundi le président chinois Xi Jinping des discussions russo-américaines qui ont débuté la semaine dernière. “La Chine est contente de voir les efforts positifs déployés par la Russie et les autres parties concernées pour résoudre la crise”, a déclaré Xi Jinping à Vladimir Poutine, selon un média chinois d’Etat. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a lui apporté son soutien à son homologue ukrainien en déclarant dans un discours vidéo que Kiev et Moscou devaient être représentées de “manière équitable” aux négociations et plaidant en faveur de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.Les alliés européens de Kiev tentent de se mobiliser depuis le revirement américain. Le président français Emmanuel Macron doit être reçu par Donald Trump lundi à Washington, plusieurs jours avant le Premier ministre britannique Keir Starmer.- “Fatigué de la guerre” -Dans les rues de Moscou, le revirement américain sur l’Ukraine a été accueilli avec enthousiasme par les habitants interrogés par l’AFP.L’Europe et l’Ukraine “ont besoin d’être malmenées pour montrer qu’elles ne sont pas les plus importantes au monde”, a déclaré Irina Svetlichnaïa, retraitée de 77 ans, pour qui la Russie “ne peut pas se montrer faible”.Des soldats ukrainiens interrogés par l’AFP près du front dans l’Est n’ont à l’inverse pas mâché leurs mots à l’égard de Donald Trump.”Cet idiot ne comprend pas du tout de quoi il parle. Il vit dans une bulle et se laisse emporter par la rhétorique russe”, estime Mykhaïlo, un militaire de 41 ans.”Je ne veux pas abandonner le territoire ukrainien (…) nous nous battons depuis si longtemps”, lâche Mykola, un officier de 38 ans, avant d’admettre que “tout le monde est fatigué de la guerre”.Après s’être aligné sur la position russe qui juge l’Ukraine responsable du déclenchement du conflit, M. Trump insiste sur sa volonté de récupérer le montant de l’aide américaine fournie à Kiev en obtenant un accès aux ressources minières ukrainiennes.Son administration fait pression sur l’Ukraine pour signer un accord dans ce domaine qui a dans un premier temps été rejeté par Volodymyr Zelensky.Lundi, l’Ukraine a cependant annoncé être en phase finale de ces pourparlers. Une source ukrainienne haut placée a dit à l’AFP avoir proposé aux Américains la signature d’un “accord cadre” à Washington en présence de MM. Zelensky et Trump. 

Zelensky espère une paix “réelle”, le jour du troisième anniversaire de l’invasion

Volodymyr Zelensky a appelé lundi à une “paix réelle et durable” en 2025 en accueillant à Kiev un sommet avec des dirigeants étrangers à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine.Cet anniversaire intervient en plein revirement américain, les Etats-Unis de Donald Trump négociant directement avec la Russie et se montrant très critiques du …

Zelensky espère une paix “réelle”, le jour du troisième anniversaire de l’invasion Read More »