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Les alliés de l’Ukraine espèrent un tournant mais veulent éviter une “capitulation”
Une trêve “dans les semaines à venir”, la Russie ouverte à une participation européenne dans le règlement du conflit: les alliés de l’Ukraine se prennent timidement à espérer un tournant après plus de trois années de guerre, tout en mettant en garde contre un accord qui équivaudrait à la “capitulation” de Kiev.Mardi matin, l’ensemble du territoire ukrainien est à nouveau placé en état d’alerte aérienne, et des missiles de croisière se dirigent vers Kiev, selon les autorités.Lundi à Washington, le président français Emmanuel Macron a essayé d’infléchir la position de son homologue américain Donald Trump, comme le fera jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer.Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, M. Trump a renversé la politique américaine à l’égard de l’Ukraine. Il a multiplié les invectives envers son président Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à lui attribuer la responsabilité de la guerre, négocié directement avec la Russie en laissant Kiev et les Européens à l’écart, et fait miroiter à Moscou “des opérations majeures de développement économique”.La guerre en Ukraine pourrait prendre fin “d’ici quelques semaines”, a assuré lundi M. Trump, déclarant en outre que M. Zelensky pourrait venir à la Maison Blanche “cette semaine ou la suivante” pour parapher un accord sur l’accès des Américains aux minerais ukrainiens, exigé par Washington en compensation de son soutien militaire à Kiev.”Il faut d’abord une trêve. Je pense qu’elle pourrait être conclue dans les semaines à venir”, a affirmé lui aussi M. Macron dans un entretien à la chaîne Fox News, après sa rencontre avec M. Trump.”Si elle n’est pas respectée, cela sera la meilleure preuve du fait que la Russie n’est pas sérieuse”, a-t-il ajouté.- Force européenne -M. Macron avait auparavant estimé que son homologue américain avait “de bonnes raisons” de renouer le dialogue avec le président russe Vladimir Poutine.Une nouvelle rencontre entre diplomates russes et américains est prévue en fin de semaine, selon Moscou, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères des deux pays, Sergueï Lavrov et Marco Rubio.De leur côté, le Royaume-Uni et la France travaillent à un plan de déploiement d’une force européenne en Ukraine, une fois un accord de paix conclu, afin de dissuader la Russie d’attaquer une nouvelle fois. Les deux pays espèrent en contrepartie de “solides garanties de sécurité” américaines.M. Trump a assuré lundi que M. Poutine accepterait ce scénario. Et ce même si après sa rencontre avec M. Rubio, M. Lavrov avait affirmé que le déploiement de troupes de pays de l’Otan en Ukraine serait “absolument inacceptable”.M. Poutine s’est cependant dit ouvert lundi à une participation européenne au règlement du conflit.”Les Européens, mais aussi d’autres pays, ont le droit et la possibilité de participer. Et nous respectons cela”, a-t-il déclaré lors d’un entretien télévisé.Les Etats-Unis se sont alliés lundi à la Russie lors de votes sans précédent à l’ONU sur le conflit ukrainien, poussant leur idée d’une paix rapide sans condamnation de Moscou, ni défense de l’intégrité territoriale de l’Ukraine dont 20% du territoire est occupé par la Russie.M. Lavrov a prévenu que Moscou ne cessera les hostilités que lorsque les négociations aboutiront à un résultat “qui conviendra à la Russie”.Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées, et qu’elle renonce à rejoindre l’Otan.- “Capitulation” -Ce qui fait craindre aux Européens que l’accord recherché par Washington ne signifie en fait la défaite pure et simple de l’Ukraine.”Nous voulons la paix. Cette paix ne peut pas signifier la capitulation de l’Ukraine”, a ainsi averti Emmanuel Macron à Washington.L’invasion russe de l’Ukraine, déclenchée le 24 février 2022 sur ordre de Vladimir Poutine, a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prédit que Vladimir Poutine n’allait rien céder. “Son objectif reste la capitulation de l’Ukraine”, a-t-elle averti.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré lundi Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers. “Poutine ne nous donnera pas la paix, ni ne nous l’accordera en échange de quoi que ce soit. Nous devons gagner la paix par la force, la sagesse et l’unité.”Il a cependant proposé à Moscou un échange de tous les prisonniers de guerre comme premier pas vers la paix. “La Russie doit relâcher les Ukrainiens. L’Ukraine est prête à échanger tous pour tous, et c’est une façon juste de commencer”, a-t-il dit.
Les alliés de l’Ukraine espèrent un tournant mais veulent éviter une “capitulation”
Une trêve “dans les semaines à venir”, la Russie ouverte à une participation européenne dans le règlement du conflit: les alliés de l’Ukraine se prennent timidement à espérer un tournant après plus de trois années de guerre, tout en mettant en garde contre un accord qui équivaudrait à la “capitulation” de Kiev.Mardi matin, l’ensemble du territoire ukrainien est à nouveau placé en état d’alerte aérienne, et des missiles de croisière se dirigent vers Kiev, selon les autorités.Lundi à Washington, le président français Emmanuel Macron a essayé d’infléchir la position de son homologue américain Donald Trump, comme le fera jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer.Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, M. Trump a renversé la politique américaine à l’égard de l’Ukraine. Il a multiplié les invectives envers son président Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à lui attribuer la responsabilité de la guerre, négocié directement avec la Russie en laissant Kiev et les Européens à l’écart, et fait miroiter à Moscou “des opérations majeures de développement économique”.La guerre en Ukraine pourrait prendre fin “d’ici quelques semaines”, a assuré lundi M. Trump, déclarant en outre que M. Zelensky pourrait venir à la Maison Blanche “cette semaine ou la suivante” pour parapher un accord sur l’accès des Américains aux minerais ukrainiens, exigé par Washington en compensation de son soutien militaire à Kiev.”Il faut d’abord une trêve. Je pense qu’elle pourrait être conclue dans les semaines à venir”, a affirmé lui aussi M. Macron dans un entretien à la chaîne Fox News, après sa rencontre avec M. Trump.”Si elle n’est pas respectée, cela sera la meilleure preuve du fait que la Russie n’est pas sérieuse”, a-t-il ajouté.- Force européenne -M. Macron avait auparavant estimé que son homologue américain avait “de bonnes raisons” de renouer le dialogue avec le président russe Vladimir Poutine.Une nouvelle rencontre entre diplomates russes et américains est prévue en fin de semaine, selon Moscou, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères des deux pays, Sergueï Lavrov et Marco Rubio.De leur côté, le Royaume-Uni et la France travaillent à un plan de déploiement d’une force européenne en Ukraine, une fois un accord de paix conclu, afin de dissuader la Russie d’attaquer une nouvelle fois. Les deux pays espèrent en contrepartie de “solides garanties de sécurité” américaines.M. Trump a assuré lundi que M. Poutine accepterait ce scénario. Et ce même si après sa rencontre avec M. Rubio, M. Lavrov avait affirmé que le déploiement de troupes de pays de l’Otan en Ukraine serait “absolument inacceptable”.M. Poutine s’est cependant dit ouvert lundi à une participation européenne au règlement du conflit.”Les Européens, mais aussi d’autres pays, ont le droit et la possibilité de participer. Et nous respectons cela”, a-t-il déclaré lors d’un entretien télévisé.Les Etats-Unis se sont alliés lundi à la Russie lors de votes sans précédent à l’ONU sur le conflit ukrainien, poussant leur idée d’une paix rapide sans condamnation de Moscou, ni défense de l’intégrité territoriale de l’Ukraine dont 20% du territoire est occupé par la Russie.M. Lavrov a prévenu que Moscou ne cessera les hostilités que lorsque les négociations aboutiront à un résultat “qui conviendra à la Russie”.Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées, et qu’elle renonce à rejoindre l’Otan.- “Capitulation” -Ce qui fait craindre aux Européens que l’accord recherché par Washington ne signifie en fait la défaite pure et simple de l’Ukraine.”Nous voulons la paix. Cette paix ne peut pas signifier la capitulation de l’Ukraine”, a ainsi averti Emmanuel Macron à Washington.L’invasion russe de l’Ukraine, déclenchée le 24 février 2022 sur ordre de Vladimir Poutine, a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prédit que Vladimir Poutine n’allait rien céder. “Son objectif reste la capitulation de l’Ukraine”, a-t-elle averti.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré lundi Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers. “Poutine ne nous donnera pas la paix, ni ne nous l’accordera en échange de quoi que ce soit. Nous devons gagner la paix par la force, la sagesse et l’unité.”Il a cependant proposé à Moscou un échange de tous les prisonniers de guerre comme premier pas vers la paix. “La Russie doit relâcher les Ukrainiens. L’Ukraine est prête à échanger tous pour tous, et c’est une façon juste de commencer”, a-t-il dit.
Procès Le Scouarnec: sa personnalité et ses proches au coeur du deuxième jour d’audience
La deuxième journée du procès de Joël Le Scouarnec, jugé depuis lundi par la cour criminelle du Morbihan pour des viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, va sonder mardi la personnalité de l’ex-chirurgien, avec notamment le témoignage attendu de son ex-épouse.Au lendemain d’une première journée essentiellement consacrée à des aspects techniques, la journée de mardi promet un premier temps fort du procès autour de la personnalité de l’ancien médecin. Défileront à la barre un enquêteur de personnalité mais surtout les trois enfants et l’ex-femme de Joël Le Scouarnec.Cette dernière affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur la pédocriminalité de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, et une première condamnation du chirurgien pour détention d’images pédopornographiques en 2005, déjà à Vannes.”Je n’étais pas au courant de ses penchants, de ses poupées. Je n’ai eu connaissance de ses cahiers qu’après son interpellation”, assurait-elle début février dans une interview au quotidien Ouest-France.”C’est docteur Jekyll et mister Hyde. Je me suis demandé comment j’avais pu ne pas m’apercevoir de quoi que ce soit. C’est une trahison terrible qu’il nous a faite à moi et à mes enfants”, ajoutait-elle.En réaction à ces déclarations, trois nièces et la fille d’un couple ami de Joël Le Scouarnec, dont les faits pour deux des nièces ont été jugés à Saintes en 2020, ont demandé vendredi dans un communiqué transmis par leur avocate Me Nathalie Bucquet, à “rétablir la vérité dans cette affaire”, dénonçant le “silence” de l’ex-épouse.La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a aussi déploré dans un communiqué que “les premières violences (étaient) restées dans la famille et n'(avaient) pas fait l’objet de signalement: elles auraient dû être immédiatement transmises aux autorités judiciaires pour que le criminel soit arrêté”.Lundi, l’accusé, âgé de 74 ans, vêtu d’une veste noir, a pris la parole pour la première fois.”Si je comparais devant vous c’est qu’effectivement un jour, alors que pour la plupart ce n’étaient que des enfants, j’ai commis des actes odieux”, a-t-il déclaré en fin d’audience, d’une voix hésitante.”Je suis parfaitement conscient aujourd’hui que ces blessures sont ineffaçables, irréparables, je ne peux pas revenir en arrière”, a-t-il ajouté, disant vouloir “assumer la responsabilité” de ses actes et “des conséquences qu’ils ont pu avoir et qu’ils auront peut-être toute leur vie”.Au cours d’un propos liminaire, la présidente de la cour Aude Buresi a assuré à l’accusé que “devant cette cour, vous n’êtes ni un objet de curiosité, ni un sujet d’études, ni un débat de société. Mais un justiciable avec un certain nombre de droits”.- Longue litanie -Au terme du résumé de l’affaire, Mme Buresi a égréné les noms des 299 victimes, la plupart mineures au moment des faits.Lors de cette litanie de noms, “il a été très affecté, très abattu, très digne aussi, en tout cas à la hauteur des enjeux. Il n’y a pas du tout un souhait de se défausser, de minimiser, de se retrancher derrière son petit doigt”, a estimé l’avocat de l’accusé, Me Maxime Tessier.Pour l’une des victimes, Amélie Lévêque, 42 ans, “la liste des noms, j’avais l’impression d’être à la liste des noms du Bataclan. J’ai trouvé que c’était très émouvant, très lourd, très long. Et en même temps ça montre aussi qu’il y a énormément de victimes et ça montre l’ampleur de toute cette affaire”.Selon Me Cécile de Oliveira, qui défend d’autres victimes, Joël Le Scouarnec réagit “sur un ensemble de crimes et de délits qui lui sont reprochés, qui est une litanie extrêmement longue (…) et je dirais qu’il réagit d’une manière ultra adaptée, parce que je pense que c’est un homme qui sait s’adapter d’une façon exceptionnelle”.L’audience de lundi a été principalement occupée par des aspects techniques du procès. Elle a donné lieu à une passe d’armes entre avocats de parties civiles, certains dénonçant la constitution de parties civiles du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) et du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Morbihan, dont ils critiquent l’inaction.L’avocate Me Negar Haeri a rappelé que le CNOM “défend les intérêts collectifs de la profession, qui ont été salis par les agissements reprochés à Joël Le Scouarnec, la place du conseil est donc sur le banc des parties civiles aux côtés des victimes”.L’ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et des fichiers le nom, l’âge et l’adresse de ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Ses journaux intimes, et l’ampleur inédite de cette affaire, ont été découverts lors d’une perquisition à son domicile en 2017, après que sa voisine de six ans l’a dénoncé auprès de ses parents pour viol.Déjà condamné en 2020 à Saintes (Charente-Maritime) à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces, l’ancien médecin est désormais jugé pour des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans des hôpitaux de l’ouest de la France.Au total, Joël Le Scouarnec, qui se revendique “pédophile” depuis des décennies dans ses carnets, sera jugé pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction de médecin et commis entre 1989 et 2014. Il encourt jusqu’à 20 ans de réclusion.Verdict attendu le 6 juin.
Le pape François reste dans un état critique mais en “légère amélioration”
Le pape François, hospitalisé pour une double pneumonie, reste dans un état critique mais en “légère amélioration”, a annoncé le Vatican lundi soir, dans un climat d’inquiétude croissante pour la santé du pontife de 88 ans.”L’état clinique du Saint-Père, tout en restant critique, s’est légèrement amélioré. Aucun épisode de crise respiratoire asthmatique n’est survenu aujourd’hui; certains résultats d’analyses sont meilleurs”, écrit dans un communiqué le Saint-Siège au 11e jour de son hospitalisation, la plus longue depuis son élection en 2013.La “légère insuffisance rénale” qu’il présente depuis dimanche “n’inspire pas d’inquiétude” et s’il continue de recevoir de l’oxygène, c’est à “débit et pourcentage réduits”, précise-t-il.- Coup de fil à Gaza -Le pape a même repris des activités en téléphonant au “curé de la paroisse de Gaza pour lui exprimer son soutien paternel”, comme il le fait très régulièrement depuis le début de l’offensive militaire israélienne dans ce territoire palestinien, déclenchée en représailles à l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023.Une source vaticane avait assuré plus tôt dans la journée que François était en mesure de se lever et de se nourrir normalement, qu’il ne souffrait pas et qu’il gardait le moral.L’état de santé du chef de l’Eglise catholique, hospitalisé depuis le 14 février, s’est brutalement dégradé samedi avec “une crise asthmatique prolongée” et des problèmes hématologiques ayant requis “une transfusion sanguine”.Son équipe médicale a affirmé ces derniers jours que François n’était pas “hors de danger”.Des fidèles ont déposé des bougies devant l’hôpital Gemelli de Rome. François y est soigné dans un appartement spécialement aménagé situé au dixième étage comprenant en particulier une petite chapelle, où il a participé à la messe dimanche.- “Moment important” -De nombreuses prières pour la santé du pape argentin ont été organisées à Rome, en Italie et dans le monde, particulièrement en Amérique latine. Des responsables religieux et politiques ont dit prier pour lui.”La situation est très grave mais nous lui souhaitons de se rétablir”, a déclaré le président américain Donald Trump, tandis qu’Emmanuel Macron, en visite à Washington, lui a souhaité un “prompt rétablissement”.Lundi soir, sur la place Saint-Pierre, des centaines de personnes ont participé à une prière pour le pape et les malades, dirigée par le secrétaire d’Etat et numéro deux du Saint-Siège, le cardinal italien Pietro Parolin.”Prier ensemble, c’est l’idée de communion, être ensemble dans ce moment important, d’incertitude”, a déclaré à l’AFP Christophe Gosselin, prêtre de l’église Saint-Louis des Français à Rome, qui a invité les paroissiens à s’y rendre en procession avec des bougies.”On est dans la surprise, l’inquiétude, et en même temps il y a une confiance dans les équipes médicales”, a-t-il ajouté.En Argentine, des centaines de fidèles se sont rassemblés sur une place de Buenos Aires, où le pape célébrait la messe lorsqu’il était archevêque de la ville, pour lui souhaiter un prompt rétablissement.”Que notre prière soit le souffle d’air frais qui atteigne ses poumons”, a formulé Jorge Garcia Cuerva, l’archevêque actuel, au cours de son sermon sur la place de la Constitution.- Quatrième hospitalisation depuis 2021 -Les internautes ont aussi posté des centaines de messages, disant prier pour François, beaucoup partageant une photo de l’évêque de Rome seul sur la place Saint-Pierre pendant la pandémie de Covid-19.François avait été initialement hospitalisé pour une bronchite mais le Saint-Siège a révélé mardi qu’il avait contracté une double pneumonie, une infection du tissu pulmonaire potentiellement mortelle. Cette hospitalisation, la quatrième depuis 2021, suscite de vives inquiétudes, le pape ayant déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années: il a, entre autres, subi des opérations du côlon et de l’abdomen et a connu des difficultés à marcher.L’hospitalisation du pape, à la fois chef spirituel du 1,4 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les interrogations autour de sa capacité à assumer ses fonctions. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altérerait sa lucidité.Elle relance également les conjectures sur la possible démission de François, qui a cependant dit plusieurs fois que ce moment n’était pas arrivé. “Le pape est vivant et c’est le moment de prier, pas de penser à qui sera son successeur”, a affirmé au quotidien Corriere della Sera le cardinal conservateur allemand Gerhard Ludwig Müller, l’un de ses opposants les plus virulents.
Macron met en garde Trump contre une “capitulation” forcée de l’Ukraine
Malgré d’énormes divergences qui persistent sur le fond, Emmanuel Macron s’est dit lundi “convaincu qu’il y avait un chemin” avec Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine.Le président français, lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, a toutefois estimé qu’un accord de paix ne pouvait signifier une “capitulation” de Kiev, et a insisté sur la nécessité d’apporter des “garanties de sécurité” pour éviter que le président Vladimir Poutine ne repasse à l’attaque.”Nous voulons un deal rapide mais pas un accord qui soit fragile”, a dit le chef d’Etat français.Il a aussi estimé, lors d’une interview en anglais à Fox News après la rencontre, qu’une “trêve” était possible “dans les semaines à venir”.”Une trêve sur les infrastructures (de transport) aériennes et maritimes”, a précisé Emmanuel Macron. Et “si elle n’est pas respectée, ce sera la meilleure preuve que la Russie n’est pas sérieuse” dans sa volonté de mettre fin au conflit.Juste avant sa discussion avec le président français, Donald Trump avait vanté dans le Bureau ovale sa relation “spéciale” avec celui-ci et assuré pouvoir mettre fin aux hostilités dans “quelques semaines”.- Zelensky à Washington? -Le président américain a aussi estimé que la signature d’un accord avec l’Ukraine sur l’accès des Américains aux minerais du pays était “très proche”, et a même évoqué une venue du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche afin de le ratifier, “cette semaine ou la suivante”.Il y voit une manière pour les Etats-Unis de récupérer les dépenses engagées pour soutenir militairement Kiev depuis l’invasion russe en 2022.Le républicain, qui mise avant tout sur son dialogue avec le président russe Vladimir Poutine pour faire cesser les combats, a aussi lancé que ce dernier serait d’accord avec le déploiement futur de troupes européennes en Ukraine, mais est resté évasif sur les garanties de sécurité qu’apporterait éventuellement Washington pour ces soldats.Vladimir Poutine a lui affirmé lundi que les Européens pouvaient “participer” au processus de règlement du conflit.Selon Emmanuel Macron, “les Européens sont prêts à aller jusqu’à l’envoi de troupes” pour vérifier que “la paix est bien respectée”, assurant aussi que l’Europe était prête à “renforcer” sa défense – une demande constante de son interlocuteur américain.Le président français et Donald Trump ont renoué lundi avec leur numéro de camaraderie diplomatique, déjà rodé pendant le premier mandat du républicain (2017-2021), échangeant de vigoureuses poignées de main, ainsi que des blagues et des compliments.Mais derrière cette ambiance cordiale, c’est bien un véritable gouffre qui s’est creusé entre Donald Trump et des pays européens à propos de l’Ukraine.Si Emmanuel Macron a parlé face à Donald Trump de la Russie comme d’un “agresseur” de l’Ukraine, le président américain persiste lui à mettre les deux pays sur le même plan – voire à rendre Volodymyr Zelensky responsable du conflit.- “Deals” -En parallèle de la rencontre à Washington, les Etats-Unis, rejoignant pour l’occasion la Russie et la Corée du Nord, ont voté contre une résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, réaffirmant son soutien à l’Ukraine et à son intégrité territoriale.”Cette année devrait être l’année du début d’une paix réelle et durable”, a déclaré Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev une réunion avec une douzaine de dirigeants occidentaux venus exprimer leur soutien à l’Ukraine.Trois ans après avoir tenté, en vain, de dissuader Vladimir Poutine de passer à l’attaque, Emmanuel Macron s’est lancé auprès du président américain dans une mission tout aussi incertaine.Son homologue américain, qui n’a jamais caché sa fascination pour les dirigeants autoritaires, et que les longues tractations multilatérales ennuient, assume une approche parfaitement transactionnelle de la diplomatie.Lundi encore, il a fait miroiter sur son réseau social des accords économiques “majeurs” avec la Russie, visée jusqu’ici par de nombreuses sanctions américaines.”Je fais des deals. Toute ma vie c’est faire des deals. Je ne connais que ça”, a martelé l’ancien promoteur immobilier.Le président russe, faisant écho à Donald Trump, a assuré que des entreprises américaines et russes étaient déjà “en contact” et soutenu l’idée d’investissements américains dans les territoires occupés d’Ukraine.Donald Trump a assuré avoir engagé une “rupture nette” avec la politique étrangère “du passé” des Etats-Unis, qui après 1945 se sont posés en garants des valeurs démocratiques, ainsi qu’en protecteurs de l’Europe via l’Otan et grâce à leur arsenal nucléaire.
A l’ONU, les Etats-Unis votent avec la Russie, refusant de soutenir l’Ukraine
Trois ans après l’invasion russe, les Etats-Unis de Donald Trump se sont alliés lundi à la Russie lors de votes sans précédent à l’ONU sur le conflit ukrainien, poussant leur idée d’une paix rapide sans condamnation de Moscou, ni défense des frontières de l’Ukraine.Alors que l’administration de Joe Biden avait toujours soutenu Kiev, les votes américains à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité mettent en lumière le changement radical de la politique américaine avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Lundi matin, une première résolution préparée par l’Ukraine et ses alliés européens a été adoptée à l’Assemblée par 93 voix pour, 18 contre, et 65 abstentions, sur 193 Etats membres. Un succès pour ses partisans, même si l’Ukraine a perdu de nombreux soutiens dont celui des Etats-Unis de Donald Trump qui ont voté contre, aux côtés du Bélarus, du Mali, du Nicaragua, de la Corée du Nord, ou de la Hongrie, mais aussi de la Russie, dont l’ambassadeur Vassili Nebenzia a dénoncé “un morceau de papier anti-russe”.La résolution reconnaît qu’il est “urgent” de mettre fin à la guerre “cette année”, et répète sans équivoque les précédentes demandes de l’Assemblée: retrait immédiat des troupes russes du territoire ukrainien et arrêt des hostilités menées par la Russie.Défiant Kiev et ses alliés européens, les Etats-Unis ont de leur côté soumis à l’Assemblée une résolution concurrente réclamant la fin rapide du conflit sans référence à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, au moment où Donald Trump a entamé un rapprochement avec le Kremlin et multiplié les invectives contre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, désormais sous pression.Le très court texte qui demandait “instamment qu’il soit mis fin au conflit dans les plus brefs délais et plaide pour une paix durable” n’a pas été mis aux voix tel quel. Il a en effet été largement modifié par plusieurs amendements de pays européens pointant clairement du doigt la Russie pour ce conflit, affirmant son attachement à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et réclamant une “paix juste”. Le texte modifié a été adopté par 93 voix pour, 8 contre et 73 abstentions.- Les Etats-Unis “fiers” -Les représentants d’une trentaine d’alliés de l’Ukraine ont salué “le message fort” de l’Assemblée. “Toute paix qui risque de récompenser l’agression augmente le risque que n’importe quel pays dans le monde subisse une agression similaire”, ont-ils insisté, évoquant la menace d’un “précédent”.Mais le texte américain original a ensuite été soumis au Conseil de sécurité, où les Etats-Unis ont cette fois enregistré une victoire.”Nous sommes fiers que le Conseil de sécurité” ait adopté “un accord historique, un jalon, le premier en trois ans”, a salué l’ambassadrice américaine par intérim Dorothy Shea, alors que le Conseil était paralysé jusqu’alors sur ce dossier par le droit de veto russe.”Cette résolution représente un chemin vers la paix”, “ce n’est pas un accord de paix qui coûte quoi que ce soit”, a-t-elle également justifié.Après le rejet de tous les amendements proposés par les quatre membres de l’UE (France, Slovénie, Grèce, Danemark) et le Royaume-Uni pour introduire une référence à l’agression russe et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, la résolution a été adoptée par 10 voix pour, et aucune contre. Les cinq mêmes pays européens se sont abstenus, y compris la France et le Royaume-Uni, qui auraient pu choisir de bloquer l’adoption en utilisant leur veto pour la première fois depuis 1989.”Cette guerre est illégale, une violation claire de la Charte de l’ONU et une menace pour les principes fondateurs de l’ONU. Personne ne veut la paix plus que l’Ukraine, mais les termes de cette paix ont leur importance”, a commenté l’ambassadrice britannique Barbara Woodward, tandis que son homologue français Nicolas de Rivière insistait pour “une paix qui ne peut en aucun cas être synonyme de capitulation de l’agressé”.”L’UE a quand même enregistré une victoire morale à l’Assemblée”, a noté Richard Gowan, de l’International Crisis Group. Mais les diplomates européens vont s’inquiéter que la Russie et les Etats-Unis dirigent d’autres résolutions sur l’Ukraine vers le Conseil de sécurité, y compris pour soutenir un éventuel accord concocté par Trump et Poutine”.






