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Mohamed Amra a fait appel de sa détention en vue de sa remise à la France

Le narcotrafiquant français Mohamed Amra, qui avait accepté dimanche en Roumanie sa remise à la France, a finalement décidé de faire appel, selon le site de la Cour d’appel de Bucarest et son avocate.La justice n’a pas encore examiné cet appel, mais il devrait être jugé irrecevable, la décision de le renvoyer dans son pays étant “finale” selon le droit roumain, ont expliqué mardi des sources judiciaires roumaines à l’AFP.”Comme il conteste sa culpabilité” et qu’il “est victime d’une erreur judiciaire”, “nous avons fait appel pour qu’il soit libéré”, a déclaré à l’AFP son avocate Maria Marcu, même si la procédure n’a aucune chance d’aboutir. Le multirécidiviste de 30 ans a été arrêté samedi en Roumanie où il vivait avec de faux papiers depuis le 8 février après avoir été installé par des complices dans un appartement de la banlieue de Bucarest, selon la police. Mohamed Amra attendait de faire de la chirurgie esthétique avant de fuir en Colombie, sans toutefois avoir encore entrepris de démarches concrètes.Il se trouve actuellement sous haute sécurité en l’attente de son renvoi vers la France.Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu avait été extrait de sa cellule en Normandie pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.Un commando en avait alors profité pour attaquer, tuant deux agents pénitentiaires. Trois jours après son arrestation, 22 personnes se trouvent toujours en garde à vue en France. Deux Français ont été arrêtés au Maroc et un autre homme en Espagne. 

Dans un Grand Nord convoité, le Canada se renforce pour ne pas perdre du terrain

“Tout le monde a les yeux rivés sur le Nord aujourd’hui”. Dans les mains du brigadier-général canadien Daniel Rivière, une carte ronde centrée sur l’Arctique. Autrefois considérée comme un simple désert glacé, cette région est désormais vue comme une nouvelle frontière.Avec la fonte des glaces, les enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques s’intensifient et les acteurs sont nombreux – la Russie, les États-Unis, la Chine -, détaille celui qui commande la Force opérationnelle interarmées dans le Grand Nord canadien.Une nouvelle réalité qui est un vrai défi pour le Canada car la zone représente 40% de son territoire et 75% de son littoral. Dans ce contexte, Ottawa vient d’annoncer un renforcement de sa présence militaire et diplomatique. Il est essentiel que le Canada ne reste pas en retrait, estime Daniel Rivière, car “le passage du Nord-Ouest va devenir une artère principale de commerce” et puis il y a “le changement climatique, le plus grand danger à l’heure actuelle”.En jeu derrière: l’accès au pétrole, au gaz, aux minerais, mais aussi aux ressources halieutiques.Le gouvernement canadien envisage le déploiement de nouveaux navires de patrouille et de destroyers, de brise-glaces et de sous-marins capables d’opérer sous les calottes glaciaires, ainsi que l’utilisation accrue d’avions et de drones.Autant de matériel coûteux et qui doit être adapté dans des conditions extrêmes.Dans d’immenses hangars à Yellowknife, juste en dessous du cercle polaire, où est installée la base générale pour l’armée canadienne pour le Grand Nord canadien, se trouvent des avions capables d’atterrir sur un lac gelé, du matériel conçu pour filtrer l’eau salée de la banquise ou des tentes spécialement conçues pour des températures de -50 degrés.”Nos exercices servent à affirmer la souveraineté de nos frontières, de nos terres et aussi à acheminer des ressources”, explique à l’AFP Marlon Mongeon, tandis qu’il pilote un Twin Otter, un avion de transport de matériel.En dessous, d’immenses étendues enneigées à perte de vue, peu de présence humaine, beaucoup de forêts et de lacs gelés.- “Les yeux et les oreilles du Canada” -Pour veiller sur cette zone, le gouvernement, qui ne compte qu’une poignée de bases militaires, s’appuie également sur un modèle unique: les rangers canadiens. Certains appellent d’ailleurs à augmenter leur nombre. Surnommés “les yeux et les oreilles du Canada dans le Nord”, ces groupes de réservistes sont implantés partout en Arctique dans des communautés reculées et sont les points d’appui de l’armée.Leur tâche: surveiller plus de 4 millions de kilomètres carrés et partager leurs connaissances liées à la survie dans cette zone inhospitalière.Ils patrouillent les régions les plus reculées du pays depuis le début de la guerre froide à la fin des années 1940, quand des responsables militaires ont réalisé que l’Arctique était un point d’accès vulnérable.”Les rangers représentent pour l’armée canadienne la possibilité de disposer dans chaque communauté d’une force de réserve capable d’intervenir rapidement”, explique Paul Skrypnyk, du 1er groupe de patrouille des rangers canadiens.”Les choses peuvent aller très mal très vite en Arctique, donc avoir des gens qui connaissent la région est très important, même vital”, renchérit Les Paulson, également membre des rangers.Et ce d’autant plus qu’avec la fonte des glaces, le passage du Nord-Ouest – voie maritime reliant, à travers l’archipel arctique canadien, l’océan Atlantique et l’océan Pacifique – est de plus en plus praticable.Une intensification du trafic, y compris touristique, qui oblige également le Canada à revoir sa capacité de déploiement dans la zone en cas d’accident, d’urgence.Alors à Yellowknife, on multiplie les entraînements pour se préparer aux grandes opérations dans le Grand Nord. Parmi les prérequis, savoir comment réagir en cas de chute dans une eau en dessous de zéro.Pour Thomas Clarke, membre des rangers, encore trempé de son saut dans un trou creusé dans la glace, il ne faut pas oublier que “mère nature est la plus grande menace hostile” dans le Grand Nord. 

Dans un Grand Nord convoité, le Canada se renforce pour ne pas perdre du terrain

“Tout le monde a les yeux rivés sur le Nord aujourd’hui”. Dans les mains du brigadier-général canadien Daniel Rivière, une carte ronde centrée sur l’Arctique. Autrefois considérée comme un simple désert glacé, cette région est désormais vue comme une nouvelle frontière.Avec la fonte des glaces, les enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques s’intensifient et les acteurs sont nombreux – la Russie, les États-Unis, la Chine -, détaille celui qui commande la Force opérationnelle interarmées dans le Grand Nord canadien.Une nouvelle réalité qui est un vrai défi pour le Canada car la zone représente 40% de son territoire et 75% de son littoral. Dans ce contexte, Ottawa vient d’annoncer un renforcement de sa présence militaire et diplomatique. Il est essentiel que le Canada ne reste pas en retrait, estime Daniel Rivière, car “le passage du Nord-Ouest va devenir une artère principale de commerce” et puis il y a “le changement climatique, le plus grand danger à l’heure actuelle”.En jeu derrière: l’accès au pétrole, au gaz, aux minerais, mais aussi aux ressources halieutiques.Le gouvernement canadien envisage le déploiement de nouveaux navires de patrouille et de destroyers, de brise-glaces et de sous-marins capables d’opérer sous les calottes glaciaires, ainsi que l’utilisation accrue d’avions et de drones.Autant de matériel coûteux et qui doit être adapté dans des conditions extrêmes.Dans d’immenses hangars à Yellowknife, juste en dessous du cercle polaire, où est installée la base générale pour l’armée canadienne pour le Grand Nord canadien, se trouvent des avions capables d’atterrir sur un lac gelé, du matériel conçu pour filtrer l’eau salée de la banquise ou des tentes spécialement conçues pour des températures de -50 degrés.”Nos exercices servent à affirmer la souveraineté de nos frontières, de nos terres et aussi à acheminer des ressources”, explique à l’AFP Marlon Mongeon, tandis qu’il pilote un Twin Otter, un avion de transport de matériel.En dessous, d’immenses étendues enneigées à perte de vue, peu de présence humaine, beaucoup de forêts et de lacs gelés.- “Les yeux et les oreilles du Canada” -Pour veiller sur cette zone, le gouvernement, qui ne compte qu’une poignée de bases militaires, s’appuie également sur un modèle unique: les rangers canadiens. Certains appellent d’ailleurs à augmenter leur nombre. Surnommés “les yeux et les oreilles du Canada dans le Nord”, ces groupes de réservistes sont implantés partout en Arctique dans des communautés reculées et sont les points d’appui de l’armée.Leur tâche: surveiller plus de 4 millions de kilomètres carrés et partager leurs connaissances liées à la survie dans cette zone inhospitalière.Ils patrouillent les régions les plus reculées du pays depuis le début de la guerre froide à la fin des années 1940, quand des responsables militaires ont réalisé que l’Arctique était un point d’accès vulnérable.”Les rangers représentent pour l’armée canadienne la possibilité de disposer dans chaque communauté d’une force de réserve capable d’intervenir rapidement”, explique Paul Skrypnyk, du 1er groupe de patrouille des rangers canadiens.”Les choses peuvent aller très mal très vite en Arctique, donc avoir des gens qui connaissent la région est très important, même vital”, renchérit Les Paulson, également membre des rangers.Et ce d’autant plus qu’avec la fonte des glaces, le passage du Nord-Ouest – voie maritime reliant, à travers l’archipel arctique canadien, l’océan Atlantique et l’océan Pacifique – est de plus en plus praticable.Une intensification du trafic, y compris touristique, qui oblige également le Canada à revoir sa capacité de déploiement dans la zone en cas d’accident, d’urgence.Alors à Yellowknife, on multiplie les entraînements pour se préparer aux grandes opérations dans le Grand Nord. Parmi les prérequis, savoir comment réagir en cas de chute dans une eau en dessous de zéro.Pour Thomas Clarke, membre des rangers, encore trempé de son saut dans un trou creusé dans la glace, il ne faut pas oublier que “mère nature est la plus grande menace hostile” dans le Grand Nord. 

En Corée du Sud, dernière audience dans le procès en destitution du président

Plus de deux mois et demi après la brève proclamation de la loi martiale en Corée du Sud, la Cour constitutionnelle tient mardi la dernière audience du procès en destitution du président Yoon Suk Yeol avant de décider de son sort, déchéance définitive ou retour au pouvoir.La Corée du Sud est plongée dans le chaos politique depuis que l’ancien procureur vedette a mis fin au régime civil pendant quelques heures, le 3 décembre, dans un coup de force rapidement contrecarré par les députés.Après des semaines de procès, l’ultime audience a démarré à 14H00 (05H00 GMT), sans la présence de M. Yoon, a constaté un journaliste de l’AFP.Dans ses remarques liminaires, la défense de M. Yoon a cité un arrêt de la Cour suprême des États-Unis concernant Donald Trump, selon lequel le président destitué ne peut être puni pour avoir “exercé ses pouvoirs constitutionnels fondamentaux”.Cet arrêt “devrait être pris en compte dans le contexte d’une procédure de destitution”, a déclaré l’avocat de M. Yoon, Lee Dong-chan.En réponse, le procureur Lee Gum-gyu a parlé avec émotion de son fils, un soldat en service qui, selon lui, aurait été contraint d’appliquer à la loi martiale instaurée par M. Yoon.”En tant que citoyen et père, j’éprouve un sentiment de rage et de trahison à l’égard de M. Yoon, qui a tenté de transformer mon fils en soldat de la loi martiale”, a-t-il déclaré devant le tribunal.M. Yoon devrait prononcer un plaidoyer pour sa défense en clôture de l’audience, et des représentants du Parlement présenter les arguments en faveur de sa destitution.Les huit juges de la Cour constitutionnelle se retireront ensuite pour délibérer. Il leur faudra choisir entre entériner la motion de destitution votée par le Parlement et ainsi démettre définitivement le dirigeant conservateur, ou bien le rétablir dans ses fonctions.A l’extérieur du tribunal, des partisans de M. Yoon se sont rassemblés en criant “halte à la destitution!”. Ils brandissaient des pancartes hostiles à la Corée du Nord et au Parti communiste chinois, que le camp du président accuse, sans preuves, d’avoir truqué les législatives de l’an dernier pour favoriser l’opposition.Un verdict est attendu pour la mi-mars.Les deux ex-présidents jugés dans des circonstances comparables, Park Geun-hye (destituée et emprisonnée) et Roh Moo-hyun (réinvesti), avaient connu leur sort respectivement 11 et 14 jours après la fin des débats.Si M. Yoon était destitué, une nouvelle élection présidentielle devrait avoir lieu dans les 60 jours. Cette issue requiert le vote favorable de six juges, avec un verdict attendu mi-mars.- “Dictature législative” -M. Yoon, 64 ans, a été suspendu par l’Assemblée nationale, arrêté — une première pour un chef d’Etat en titre dans le pays — puis placé en détention. Il est parallèlement jugé depuis le 20 février par le tribunal central de Séoul pour “insurrection”, un crime passible de la peine de mort.Le soir de son annonce choc, le président avait fait part de sa volonté de protéger le pays des “forces communistes nord-coréennes” et d'”éliminer les éléments hostiles à l’Etat”.La loi martiale peut être employée en cas d’urgence nationale majeure, comme une guerre.Pour l’opposition, le président a pris des mesures extraordinaires injustifiées.Kim Hong-il, l’un de ses avocats, a affirmé quant à lui que la suspension du régime civil n’avait “pas vocation à paralyser l’Etat”.Selon lui, son objectif était “d’alerter la population concernant la crise nationale provoquée par la dictature législative du parti d’opposition dominant, qui avait entravé l’administration”.Largement acquis aux adversaires de M. Yoon, le Parlement torpillait tous ses projets, dont celui de budget.Par ailleurs, l’équipe juridique de l’ancien procureur affirme que l’instauration de la loi martiale était nécessaire pour enquêter sur de prétendues fraudes électorales lors du scrutin législatif de 2024 remporté haut la main par le Parti démocrate, principale force d’opposition.Selon une étude de l’institut Realmeter publiée lundi, 52% des Sud-Coréens sont pour la destitution du président.

En Corée du Sud, dernière audience dans le procès en destitution du président

Plus de deux mois et demi après la brève proclamation de la loi martiale en Corée du Sud, la Cour constitutionnelle tient mardi la dernière audience du procès en destitution du président Yoon Suk Yeol avant de décider de son sort, déchéance définitive ou retour au pouvoir.La Corée du Sud est plongée dans le chaos politique depuis que l’ancien procureur vedette a mis fin au régime civil pendant quelques heures, le 3 décembre, dans un coup de force rapidement contrecarré par les députés.Après des semaines de procès, l’ultime audience a démarré à 14H00 (05H00 GMT), sans la présence de M. Yoon, a constaté un journaliste de l’AFP.Dans ses remarques liminaires, la défense de M. Yoon a cité un arrêt de la Cour suprême des États-Unis concernant Donald Trump, selon lequel le président destitué ne peut être puni pour avoir “exercé ses pouvoirs constitutionnels fondamentaux”.Cet arrêt “devrait être pris en compte dans le contexte d’une procédure de destitution”, a déclaré l’avocat de M. Yoon, Lee Dong-chan.En réponse, le procureur Lee Gum-gyu a parlé avec émotion de son fils, un soldat en service qui, selon lui, aurait été contraint d’appliquer à la loi martiale instaurée par M. Yoon.”En tant que citoyen et père, j’éprouve un sentiment de rage et de trahison à l’égard de M. Yoon, qui a tenté de transformer mon fils en soldat de la loi martiale”, a-t-il déclaré devant le tribunal.M. Yoon devrait prononcer un plaidoyer pour sa défense en clôture de l’audience, et des représentants du Parlement présenter les arguments en faveur de sa destitution.Les huit juges de la Cour constitutionnelle se retireront ensuite pour délibérer. Il leur faudra choisir entre entériner la motion de destitution votée par le Parlement et ainsi démettre définitivement le dirigeant conservateur, ou bien le rétablir dans ses fonctions.A l’extérieur du tribunal, des partisans de M. Yoon se sont rassemblés en criant “halte à la destitution!”. Ils brandissaient des pancartes hostiles à la Corée du Nord et au Parti communiste chinois, que le camp du président accuse, sans preuves, d’avoir truqué les législatives de l’an dernier pour favoriser l’opposition.Un verdict est attendu pour la mi-mars.Les deux ex-présidents jugés dans des circonstances comparables, Park Geun-hye (destituée et emprisonnée) et Roh Moo-hyun (réinvesti), avaient connu leur sort respectivement 11 et 14 jours après la fin des débats.Si M. Yoon était destitué, une nouvelle élection présidentielle devrait avoir lieu dans les 60 jours. Cette issue requiert le vote favorable de six juges, avec un verdict attendu mi-mars.- “Dictature législative” -M. Yoon, 64 ans, a été suspendu par l’Assemblée nationale, arrêté — une première pour un chef d’Etat en titre dans le pays — puis placé en détention. Il est parallèlement jugé depuis le 20 février par le tribunal central de Séoul pour “insurrection”, un crime passible de la peine de mort.Le soir de son annonce choc, le président avait fait part de sa volonté de protéger le pays des “forces communistes nord-coréennes” et d'”éliminer les éléments hostiles à l’Etat”.La loi martiale peut être employée en cas d’urgence nationale majeure, comme une guerre.Pour l’opposition, le président a pris des mesures extraordinaires injustifiées.Kim Hong-il, l’un de ses avocats, a affirmé quant à lui que la suspension du régime civil n’avait “pas vocation à paralyser l’Etat”.Selon lui, son objectif était “d’alerter la population concernant la crise nationale provoquée par la dictature législative du parti d’opposition dominant, qui avait entravé l’administration”.Largement acquis aux adversaires de M. Yoon, le Parlement torpillait tous ses projets, dont celui de budget.Par ailleurs, l’équipe juridique de l’ancien procureur affirme que l’instauration de la loi martiale était nécessaire pour enquêter sur de prétendues fraudes électorales lors du scrutin législatif de 2024 remporté haut la main par le Parti démocrate, principale force d’opposition.Selon une étude de l’institut Realmeter publiée lundi, 52% des Sud-Coréens sont pour la destitution du président.

Toujours plus de femmes aux postes de direction du CAC 40 en 2024

Trois ans après l’adoption en France d’une loi sur les quotas, les femmes sont de plus en nombreuses dans les directions des grands groupes, selon une étude publiée mardi par l’observatoire Skema de la féminisation des entreprises.En 2024, 28% des postes des instances dirigeantes des entreprises du CAC 40 étaient occupées par des femmes, 2 points de plus en un an.Cette augmentation de la mixité est un effet direct de la loi Rixain, qui va bientôt imposer des quotas de femmes aux postes de direction des entreprises de plus de 1.000 salariés: 30% en mars 2026 et 40% en mars 2029. “Cette loi n’a pas d’équivalent dans les pays occidentaux”, relève auprès de l’AFP Michel Ferrary, chercheur affilié à l’école de commerce Skema et directeur de l’observatoire.Les entreprises s’y préparent: en 3 ans seulement, depuis la promulgation de la loi Rixain en 2021, la proportion de femmes dans les comités exécutifs ou les comités de direction des entreprises du CAC 40 a gagné plus de 8 points de pourcentage. Pour ce faire, les entreprises n’ont pas nécessairement remplacé un homme par une femme. “Elles rajoutent plutôt une chaise autour de la table”, explique Michel Ferrary.Pour preuve, le nombre de postes dans les instances dirigeantes des entreprises du CAC 40 a augmenté de 15 en 2024, ceux occupés par les femmes de 16, et ceux par les hommes n’a reculé que de 1.”Il faut regarder dans le détail si les femmes nommées occupent des postes aussi importants que les hommes; une directrice de la communication ou de la RSE, ce n’est pas pareil que directeur financier,” estime Michel Ferrary.- Plus de rentabilité -En 2022, le chercheur et son collègue Stéphane Déo avaient épluché les données de 159 entreprises cotées et scruté leurs résultats selon le degré de mixité de leur management intermédiaire.Des travaux qui avaient permis de “confirmer des relations statistiquement significatives entre la diversité de genre au niveau du management intermédiaire et des employés, et la rentabilité”.Ils suggéraient que la marge nette et l’Ebitda (le résultat brut d’exploitation, l’indicateur de rentabilité principal des entreprises) grimpaient lorsque le taux de femmes approche des 50%, et retombent au-delà.Une mixité faible – trop d’hommes et peu de femmes, ou l’inverse – pèse sur la rentabilité, toutes choses égales par ailleurs.Pour l’édition 2025 du rapport de son observatoire, Michel Ferrary s’est cette fois-ci intéressé au lien entre féminisation des entreprises et bonne gestion de leur responsabilité sociétale et environnementale (RSE), en s’appuyant sur un indicateur mesuré par le cabinet Morningstar Sustainalytics.Il a constaté que plus les instances dirigeantes d’une entreprise étaient féminisées, meilleure était la gestion du risque sur les questions environnementales, sociales, sociétales et de gouvernance.Sans pouvoir cette fois établir avec certitude un lien de causalité: “est-ce qu’avoir plus de femmes dans une entreprise améliore la responsabilité environnementale, ou est-ce que les femmes sont plutôt attirées par les entreprises responsables d’un point de vue environnemental ?”, s’interroge Michel Ferrary.- Le Medef pessimiste -En janvier, le patron du Medef Patrick Martin s’inquiétait de l’échéance des premiers quotas de la loi Rixain.”Nous ne serons pas prêts”, se désolait-il. “Il y a des métiers qui sont genrés. Dans mon entreprise”, dans le bâtiment et l’industrie, “je m’arrache les cheveux pour féminiser mon comité de direction”.Un précédent existe, celui de la loi Copé-Zimmerman, qui instaurait en 2011 des quotas dans les organes de contrôle, comme les conseils d’administration, très largement respectés aujourd’hui.”Autant dans un conseil d’administration, il y a des mandats: vous nommez une femme à la place d’un homme, ce n’est pas dramatique”, estimait Patrick Martin.”Dans l’entreprise, c’est un peu différent: quand vous avez un homme qui n’a pas démérité dans un comité de direction, et qu’on” le sort “parce qu’il faut féminiser l’instance, c’est autrement plus sensible”, avait-il ajouté.M. Ferrary dit constater depuis l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, “un revirement des entreprises” sur la mixité. “Certaines, comme Accenture, McDonald’s, ou Walmart sont en train de remettre en cause leur politique de diversité”.”Mais d’autres, comme JPMorgan refusent de revenir dessus, car elles estiment que c’est un facteur de performance”, note-t-il.

Aux Etats-Unis, la crainte d’une catastrophe sanitaire sur fond d’hésitation vaccinale

Taux de vaccination en baisse, nouveaux cas de rougeole et arrivée d’un vaccinosceptique à la tête du ministère de la Santé: aux Etats-Unis, des acteurs de la santé s’alarment d’un “désastre annoncé”.Depuis le début de l’année, 90 cas de rougeole ont été recensés au Texas, une dizaine dans l’Etat voisin du Nouveau-Mexique et une poignée d’autres à travers le pays, faisant craindre un retour en force de cette maladie contagieuse grave, quasiment éradiquée grâce à la vaccination.”La rougeole, c’est le signe avant-coureur” d’une crise à venir, affirme à l’AFP le pédiatre infectiologue Paul Offit, pointant la baisse des taux de vaccination depuis la pandémie de Covid-19.Sur fond de défiance croissante envers les autorités sanitaires et les laboratoires pharmaceutiques, de plus en plus de parents décident de ne pas faire vacciner leurs enfants.La proportion d’enfants en maternelle vaccinés contre la rougeole – pourtant obligatoire – est ainsi passée nationalement de 95% en 2019 à moins de 93% en 2023, avec de fortes variations régionales. Dans l’Idaho, elle est passée sous les 80%.Une tendance qui pourrait encore s’aggraver avec le nouveau ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, qui a mis en doute à plusieurs reprises la sûreté des vaccins et relayé des fausses informations à leur sujet, préviennent des experts.Avec pour conséquence, un retour de maladies jusqu’ici disparues ou quasiment disparues. “C’est un désastre annoncé”, tonne Paul Offit.- “Exemption religieuse” -“C’est déjà en cours. Nos taux d’immunisation sont déjà suffisamment bas pour que des enfants vulnérables contractent ces maladies”, remarque Jennifer Herricks, une scientifique d’une association de Louisiane qui promeut la vaccination.Dans cet Etat, des cas de coqueluche ont récemment été enregistrés, causant la mort de deux enfants, selon les médias locaux. Comme pour la rougeole, les experts pointent la responsabilité des dérogations vaccinales.Dans une grande partie du pays, les parents peuvent invoquer une raison autre qu’une contre-indication médicale pour éviter à leurs enfants une vaccination obligatoire. De nombreux Etats disposent d’une “exemption religieuse”, d’autres d’une clause “philosophique”, ou des deux.Au Texas, deuxième Etat le plus peuplé du pays, “vous pouvez simplement dire que vous n’êtes pas d’accord”, explique Terri Burke de l’association Immunization Partnership.La plupart des 90 cas de rougeole recensés au Texas cette année l’ont été dans un comté à la large population mennonite, communauté religieuse ultraconservatrice, ce qui n’est pas sans rappeler l’épidémie de 2019 survenue dans des communautés juives orthodoxes de New York et du New Jersey, avec plus de 1.100 cas.- Politisation croissante -Si les raisons derrière ces exemptions peuvent varier, entre croyance religieuse, peur d’effets secondaires, défiance ou difficulté d’accès à un médecin, on observe une tendance liée au “contrecoup de la pandémie” de Covid-19, estime Richard Hughes, spécialiste en politiques de santé publique à l’université George Washington.La population est “frustrée à l’égard de la réponse globale du gouvernement”, des messages contradictoires sur les masques aux obligations vaccinales, relève-t-il. “Nous aurions peut-être mieux fait de continuer à encourager les gens à se faire vacciner plutôt que de les obliger”.Une frustration exacerbée par les nombreuses fausses informations relayées sur les réseaux sociaux.Dans le même temps, la peur liée aux maladies infectieuses s’est estompée dans la population, selon Paul Offit. “Nous avons éliminé le souvenir de la rougeole. Les gens ne se rendent pas compte à quel point ce virus peut rendre malade et tuer”, souligne-t-il.Avant la mise au point d’un vaccin au début des années 1960, les Etats-Unis enregistraient entre 3 et 4 millions de cas par an, et entre 400 et 500 décès associés.Mais au-delà de ces facteurs, c’est aussi la politisation croissante de la vaccination qui est pointée du doigt. Dans le pays, des élus multiplient les projets de loi pour enterrer localement les obligations vaccinales, interdire certains types de vaccins ou encore faciliter le recours à des dérogations.Les textes sur le sujet sont aujourd’hui plus de deux fois plus nombreux qu’avant la pandémie, dit Jennifer Herricks, qui participe à un suivi national.Cela s’est traduit par exemple par l’arrêt des statistiques vaccinales dans le Montana ou la fin de la promotion des vaccins en Louisiane. Autant de signes d’un changement dans la place accordée à la vaccination, jusqu’ici considérée comme la pierre angulaire des politiques de santé.”C’est un signe annonciateur de ce que nous commençons à voir et sommes sur le point d’observer au niveau fédéral, avec Robert Kennedy Jr”, prévient M. Hughes.