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Le président syrien promet le “monopole” des armes aux mains de l’Etat

Le président par intérim de la Syrie, Ahmad al-Chareh, s’est engagé mardi à garantir le “monopole” de l’Etat sur les armes lors de la conférence de dialogue national sur l’avenir du pays, qui s’est ouverte deux mois et demi après la chute de Bachar al-Assad.Ahmad al-Chareh avait été nommé en janvier président par intérim, après l’offensive menée par le groupe radical islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qui a pris le pouvoir le 8 décembre à Damas, et avait annoncé qu’il mettrait en place un dialogue national durant la période de transition.Des représentants de la société civile, des communautés religieuses, des personnalités de l’opposition et des artistes participent à Damas à cette conférence, censée représenter tous les Syriens après des années de guerre civile. Mais l’administration autonome dirigée par les Kurdes, qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie, et son bras armé, les Forces démocratiques syriennes (FDS), n’y ont pas été invitées. Selon les organisateurs, aucune entité armée n’a reçu d’invitation.Mardi, 35 partis de l’administration autonome ont dénoncé une représentation “purement symbolique” lors de cette conférence, qui selon eux “ne reflète pas la réalité des composantes de la société syrienne”. Ces conférences “n’ont ni sens ni valeur et (…) ne contribueront pas à trouver des solutions concrètes à la crise que traverse le pays”, ont ajouté ces partis.”La Syrie n’accepte pas la division, elle est un tout intégré et sa force réside dans son unité”, a lancé Ahmad al-Chareh dans son discours d’ouverture.”Le monopole des armes entre les mains de l’Etat n’est pas un luxe, mais un devoir et une obligation”, a-t-il affirmé.Le nouveau pouvoir avait annoncé la dissolution de l’armée syrienne et de toutes les factions armées rebelles, dont HTS dirigé par Ahmad al-Chareh. Il a formé à la mi-février une commission de sept personnes, dont deux femmes, chargée de préparer cette conférence.Deux membres de cette commission avaient affirmé dimanche que des rencontres avaient été organisées “dans plusieurs provinces syriennes, avec la participation de quelque 4.000 hommes et femmes”. – “Rétablir les droits” -La commission préparatoire avait assuré que la conférence, qui a commencé ses travaux mardi, mettrait l’accent sur “la justice de transition, la constitution, la réforme des institutions et de l’économie, l’unité du territoire syrien, ainsi que les libertés publiques et individuelles, et les libertés politiques”.Dans ce contexte, Ahmad al-Chareh a annoncé mardi qu’il mettrait en place une commission pour travailler sur la justice de transition dans le but de “rétablir les droits” des Syriens.”Nous avons travaillé au cours des deux derniers mois pour poursuivre les auteurs de crimes contre les Syriens, et nous travaillerons à former une commission pour la justice de transition qui rétablira les droits des gens et, si Dieu le veut, leur rendra justice et traduira les criminels en justice”, a-t-il déclaré.La conférence représente “la première étape d’un long processus” visant à “construire une nouvelle identité nationale syrienne qui préserve la paix civile” et doit émettre des recommandations “qui serviront de base” pour un plan de réforme des institutions, selon la commission préparatoire.Un gouvernement provisoire est chargé de gérer les affaires courantes jusqu’au 1er mars, date à laquelle la Syrie doit se doter d’un nouveau gouvernement reflétant “la diversité” du peuple syrien, selon les nouvelles autorités.Ahmad al-Chareh avait précédemment déclaré que les forces dirigées par les Kurdes devraient être intégrées à l’armée nationale et rejeter l’idée d’une autonomie.Les Kurdes de Syrie ont montré des signes d’ouverture et les deux parties sont en pourparlers sur plusieurs questions.”La paix nationale est un devoir pour tous les citoyens”, a-t-il réaffirmé mardi.”Nous continuerons à mener une politique qui protège les intérêts du peuple syrien, sans aucune pression ou diktat extérieur”, a affirmé pour sa part le chef de la diplomatie, Assaad al-Chaibani.

Les soldats ukrainiens et leur armée de rêves brisés

Ils rêvaient d’ouvrir une entreprise, de fonder une famille, d’acheter un appartement ou d’escalader des montagnes. A la place, ces Ukrainiens combattent l’armée russe dans une guerre qu’ils n’ont jamais voulue.Trois ans après le début de l’invasion russe du 24 février 2022, l’AFP a demandé à des soldats de raconter les espoirs que le conflit leur a volés.- Moroz, rêves de paternitéLe soldat Moroz, son nom de guerre, était chauffeur et répondait au prénom de Mykola avant sa mobilisation en 2023. Dans l’armée, il est toujours au volant, mais de véhicules militaires pour des évacuations ou des livraisons sur le front, là où “c’est chaud”, dit l’homme de 30 ans.Il ne s’était jamais imaginé en uniforme et nombre de ses proches “ne pouvaient même pas y croire” quand il a été mobilisé, raconte-t-il.”S’il n’y avait pas eu l’armée, j’aurais fondé une famille”, assure le soldat au sourire doux, originaire de l’ouest du pays.Faire des enfants en pleine guerre est “un peu effrayant”, juge-t-il avant de glisser que “l’amour est nécessaire.”Pour lui, c’est quand la guerre sera finie qu'”on commencera à vivre.”- Alina, la vengeance au lieu du bonheurAlina, une soignante militaire de 45 ans, dit que le conflit était inévitable “avec un tel voisin”.”Mais s’il n’y avait pas eu de guerre, j’aurais eu une famille, des enfants, une maison, une vie heureuse et paisible, et une entreprise”, liste-t-elle.”Comme on dit en Ukraine, du pain avec du beurre et du caviar dessus”, sourit Alina.Elle s’est engagée dans l’armée dès 2018. Car pour elle et beaucoup d’Ukrainiens, la guerre n’a pas commencé il y a trois ans mais en 2014, lorsque Moscou a annexé la Crimée et piloté des séparatistes pro-russes armés dans l’est du pays.Ne voyant pas la fin de la guerre venir, elle s’entraîne désormais pour devenir sniper, poste encore plus dangereux et rarement occupé par des femmes.”J’ai 45 ans, j’ai déjà vécu ma vie. Après huit ans d’armée, tout ce qu’il me reste c’est l’envie de vengeance.”- Oleksandre, fonder une entrepriseOleksandre prend les armes dès 2014, contre les séparatistes.A l’époque, il défend l’aéroport de Donetsk et se bat dans presque “tous les points chauds” jusqu’en 2018.Ensuite? “J’ai pris une pause clope”, dit-il d’abord en souriant. En fait, il se retrouve en prison pour un vol de voiture.Quand l’Ukraine ouvre aux détenus la possibilité de rejoindre l’armée, en 2024, il s’engage. “Me voilà ici”, dit à l’AFP ce soldat du bataillon d’assaut “Alkatraz”.Dans sa vie rêvée, il aurait fondé une entreprise dans le bâtiment et serait papa.Il y pense encore, parfois, dit-il, mais se dit convaincu que la paix n’arrivera pas avant des années.Avec un sentiment contradictoire: “d’une certaine façon, la guerre m’a aussi aidé, parce qu’autrement je serai encore en prison”.- Oleg, l’alpinisteOleg, 33 ans, était photographe de presse jusqu’à sa mobilisation l’an passé.Il avait des ambitions professionnelles, mais aussi “sportives”.Ce fan d’alpinisme aurait voulu gravir des sommets. En particulier “le Cervin”, dit-il, sourire aux lèvres en évoquant la célèbre montagne suisse.Ce rêve, Oleg l’a mis entre parenthèse d’abord après la naissance de ses deux enfants, puis à cause de la pandémie de Covid-19.”Et maintenant c’est la guerre”, reprend cet officier de presse de la 24ème brigade. Patient, il se dit certain que “ça viendra”.- Artem, projets “effacés”Quand on lui demande de décrire les rêves que l’invasion a balayés, Artem, commandant de compagnie dans la 93ème brigade, part d’un rire amer.”Tout a été reporté. Je voulais acheter un appartement. Je voulais être un père présent pour mon fils”, dit l’homme de 42 ans.Pour sa vie sociale, même chose: “beaucoup d’amis ont déménagé en Europe. D’autres sont là, mais je n’ai pas l’occasion de leur parler.”Psychologue de formation travaillant dans l’humanitaire, il a rejoint l’armée dès le début de l’invasion.”Il y avait tellement d’idées, mais la guerre a tout effacé.”Même son identité d’avant-guerre est “perdue”. Dès lors, il espère que la paix la lui rendra.

Les soldats ukrainiens et leur armée de rêves brisés

Ils rêvaient d’ouvrir une entreprise, de fonder une famille, d’acheter un appartement ou d’escalader des montagnes. A la place, ces Ukrainiens combattent l’armée russe dans une guerre qu’ils n’ont jamais voulue.Trois ans après le début de l’invasion russe du 24 février 2022, l’AFP a demandé à des soldats de raconter les espoirs que le conflit leur a volés.- Moroz, rêves de paternitéLe soldat Moroz, son nom de guerre, était chauffeur et répondait au prénom de Mykola avant sa mobilisation en 2023. Dans l’armée, il est toujours au volant, mais de véhicules militaires pour des évacuations ou des livraisons sur le front, là où “c’est chaud”, dit l’homme de 30 ans.Il ne s’était jamais imaginé en uniforme et nombre de ses proches “ne pouvaient même pas y croire” quand il a été mobilisé, raconte-t-il.”S’il n’y avait pas eu l’armée, j’aurais fondé une famille”, assure le soldat au sourire doux, originaire de l’ouest du pays.Faire des enfants en pleine guerre est “un peu effrayant”, juge-t-il avant de glisser que “l’amour est nécessaire.”Pour lui, c’est quand la guerre sera finie qu'”on commencera à vivre.”- Alina, la vengeance au lieu du bonheurAlina, une soignante militaire de 45 ans, dit que le conflit était inévitable “avec un tel voisin”.”Mais s’il n’y avait pas eu de guerre, j’aurais eu une famille, des enfants, une maison, une vie heureuse et paisible, et une entreprise”, liste-t-elle.”Comme on dit en Ukraine, du pain avec du beurre et du caviar dessus”, sourit Alina.Elle s’est engagée dans l’armée dès 2018. Car pour elle et beaucoup d’Ukrainiens, la guerre n’a pas commencé il y a trois ans mais en 2014, lorsque Moscou a annexé la Crimée et piloté des séparatistes pro-russes armés dans l’est du pays.Ne voyant pas la fin de la guerre venir, elle s’entraîne désormais pour devenir sniper, poste encore plus dangereux et rarement occupé par des femmes.”J’ai 45 ans, j’ai déjà vécu ma vie. Après huit ans d’armée, tout ce qu’il me reste c’est l’envie de vengeance.”- Oleksandre, fonder une entrepriseOleksandre prend les armes dès 2014, contre les séparatistes.A l’époque, il défend l’aéroport de Donetsk et se bat dans presque “tous les points chauds” jusqu’en 2018.Ensuite? “J’ai pris une pause clope”, dit-il d’abord en souriant. En fait, il se retrouve en prison pour un vol de voiture.Quand l’Ukraine ouvre aux détenus la possibilité de rejoindre l’armée, en 2024, il s’engage. “Me voilà ici”, dit à l’AFP ce soldat du bataillon d’assaut “Alkatraz”.Dans sa vie rêvée, il aurait fondé une entreprise dans le bâtiment et serait papa.Il y pense encore, parfois, dit-il, mais se dit convaincu que la paix n’arrivera pas avant des années.Avec un sentiment contradictoire: “d’une certaine façon, la guerre m’a aussi aidé, parce qu’autrement je serai encore en prison”.- Oleg, l’alpinisteOleg, 33 ans, était photographe de presse jusqu’à sa mobilisation l’an passé.Il avait des ambitions professionnelles, mais aussi “sportives”.Ce fan d’alpinisme aurait voulu gravir des sommets. En particulier “le Cervin”, dit-il, sourire aux lèvres en évoquant la célèbre montagne suisse.Ce rêve, Oleg l’a mis entre parenthèse d’abord après la naissance de ses deux enfants, puis à cause de la pandémie de Covid-19.”Et maintenant c’est la guerre”, reprend cet officier de presse de la 24ème brigade. Patient, il se dit certain que “ça viendra”.- Artem, projets “effacés”Quand on lui demande de décrire les rêves que l’invasion a balayés, Artem, commandant de compagnie dans la 93ème brigade, part d’un rire amer.”Tout a été reporté. Je voulais acheter un appartement. Je voulais être un père présent pour mon fils”, dit l’homme de 42 ans.Pour sa vie sociale, même chose: “beaucoup d’amis ont déménagé en Europe. D’autres sont là, mais je n’ai pas l’occasion de leur parler.”Psychologue de formation travaillant dans l’humanitaire, il a rejoint l’armée dès le début de l’invasion.”Il y avait tellement d’idées, mais la guerre a tout effacé.”Même son identité d’avant-guerre est “perdue”. Dès lors, il espère que la paix la lui rendra.

Handball: Luka Karabatic annonce la fin de sa carrière internationale

L’ancien capitaine de l’équipe de France de handball Luka Karabatic, champion olympique en 2021, a annoncé mardi prendre sa retraite internationale à l’âge de 36 ans.”C’est avec émotion que je vous annonce la fin de mon aventure avec l’équipe de France”, a écrit sur Instagram le pivot français, qui totalise 172 sélections avec les Bleus pour 182 buts.En plus du titre olympique au Japon, Luka Karabatic avait également remporté deux titres de champion d’Europe en 2014 et plus récemment en 2024, ainsi que deux sacres mondiaux en 2015 et 2017. Il a par ailleurs terminé son aventure en sélection avec une médaille de bronze aux Mondial, glanée au bout du suspense contre le Portugal (35-34) il y a moins d’un mois. A l’occasion de cette ultime compétition, Luka Karabatic avait d’ores et déjà cédé son brassard de capitaine à Ludovic Fabregas. Il s’était aussi montré décisif en quart de finale, en qualifiant les Bleus pour le dernier carré grâce à un incroyable but au buzzer contre l’Egypte (34-33).”Au delà de ses performances, +Loulou+ a marqué le groupe France par son état d’esprit en plaçant l’équipe au dessus de tout”, a salué dans un communiqué de la fédération française son sélectionneur Guillaume Gille.L’annonce de son départ de la sélection intervient quelques mois après celui du frère ainé des Karabatic, Nikola, qui avait pris sa retraite à l’issue des JO, terminés par une élimination cruelle en quart de finale contre l’Allemagne.”L’idée a germé après les Jeux olympiques, peut-être même un peu avant, a indiqué l’intéressé dans une interview pour la fédération, lorsque mon frère Nikola a annoncé la fin de sa carrière en équipe de France, cela m’a fait réfléchir. (…) J’ai commencé à me demander : +Et toi, Luka, où en es-tu ?+”.”Après l’échec aux Jeux, je ne voulais pas finir sur une note amère. J’avais encore la possibilité de jouer une dernière grande compétition et d’essayer de clore cette aventure sur une belle note. C’est là que ma décision a pris forme”, a-t-il ajouté, quelques semaines après la fin du Mondial.

Ukraine : Starmer à Washington pour essayer de rapprocher Trump et l’Europe

Après Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer se rend à son tour jeudi à Washington pour essayer de convaincre Donald Trump que des garanties de sécurité sont nécessaires à tout accord de cessez-le feu avec la Russie en Ukraine.L’exercice diplomatique s’annonce périlleux pour l’ancien avocat des droits humains, travailliste très attaché au multilatéralisme, face à un président américain, unilatéraliste souvent imprévisible.Alors que le président français a estimé lundi qu’une “trêve” est possible “dans les semaine à venir”, le principal objectif de Keir Starmer est d’obtenir de Trump que les États-Unis fournissent un filet de sécurité, peut-être sous la forme d’une couverture aérienne, de renseignement et de logistique, pour soutenir d’éventuelles troupes européennes envoyées en Ukraine pour surveiller un cessez-le-feu.Londres et Paris sont les fers de lance de propositions visant à envoyer une “force de réassurance” de milliers de soldats européens pour protéger l’Ukraine dans le cadre d’une cessation des combats.L’administration Trump a exclu d’engager des soldats américains, mais pour Starmer le “filet de sécurité” américain est essentiel pour dissuader la Russie de “lancer une autre invasion dans quelques années”.Publiquement, M. Starmer a déjà cherché à apaiser Trump en se disant prêt à envoyer des soldats de la paix britanniques sur le terrain, comme l’a aussi fait la France.Soucieux de convaincre, il sera “très réticent à critiquer publiquement Trump, mais il devra trouver une façon de le faire diplomatiquement, pour le bien de l’Ukraine”, explique Evie Aspinall, directrice du centre britannique de recherches “Foreign Policy Group”.Le Premier ministre britannique insistera aussi sur le fait que l’Ukraine doit être impliquée dans les négociations pour mettre fin à la guerre lancée par Moscou il y a trois ans contre son voisin, alors que Washington a choqué l’Europe en entamant ces négociations avec la seule Russie.- Un “pont” entre Washington et l’Europe -Il essayera aussi de convaincre Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche que les dirigeants européens sont sérieux dans leur volonté d’augmenter leurs dépenses de défense, alors que le président américain répète régulièrement qu’ils devraient contribuer plus à l’OTAN.Starmer est sous pression pour s’engager sur un calendrier visant à augmenter les dépenses de défense britanniques de 2,3% à 2,5% du PIB et pourrait être tenté de faire une annonce cette semaine pour amadouer le président américain.Contrairement à d’autres dirigeants européens, il s’est efforcé d’éviter de s’opposer publiquement à Donald Trump.Il a néanmoins apporté la semaine dernière son “soutien” au président ukrainien Volodymyr Zelensky “démocratiquement élu”, après une sortie du président américain le qualifiant de “dictateur”.Trump a accusé le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique de n’avoir “rien” fait pour mettre fin à la guerre en Ukraine depuis trois ans.Keir Starmer espère néanmoins pouvoir être un “pont” entre les Etats-Unis et l’Europe.Pour Kim Darroch, ancien ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis, Starmer devrait jouer sur l’ego de Trump et souligner l’héritage qu’il pourrait laisser. “Si j’étais Starmer, je dirais à Trump +c’est votre chance d’entrer dans l’histoire+”, a-t-il déclaré sur la BBC.”+Mais il faut que ce soit un accord équitable. Si c’est un mauvais accord, vous n’obtiendrez pas ces éloges, vous recevrez beaucoup de critiques et c’est cela qui restera dans les livres d’histoire+”, a-t-il ajouté.D’autres sujets de tensions sont aussi à l’agenda de Keir Starmer, dont les prochains droits de douane de 25% annoncés par Trump sur l’acier et l’aluminium.L’intention de Keir Starmer de transférer à l’île Maurice le contrôle des îles Chagos, archipel stratégique de l’océan Indien où se trouve une base militaire américano-britannique sur l’île de Diego Garcia, pourrait aussi ajouter à ces tensions.”Le plus grand risque est que Trump continue de réprimander l’Ukraine et l’Europe et peut-être même le Royaume-Uni, embarrassant Starmer et portant atteinte à la crédibilité du Royaume-Uni”, estime Evie Aspinall. 

En Europe, près de 76.000 enfants meurent chaque année avant l’âge de 5 ans

Les complications liées à la prématurité, l’asphyxie à la naissance, ou les infections ont causé le décès, en partie évitable, de 75.647 enfants avant leur 5ème anniversaire en Europe en 2022, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié mardi.Les anomalies congénitales du coeur et le sepsis néonatal (septicémie) comptent également parmi les cinq raisons principales de cette mortalité, selon cette étude portant sur 53 pays d’Europe et d’Asie centrale, dont les 27 de l’UE, représentant 930 millions d’habitants.”De nombreux nourrissons et enfants meurent encore de façon injustifiée avant l’âge de cinq ans”, écrit l’OMS Europe dans son bilan triennal publié mardi.”Dans certains pays, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, et même la mortalité maternelle, stagne, augmente ou s’inverse (…) ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers”, a dit une responsable de santé publique de l’agence, Natasha Muscat, lors d’une conférence de presse en ligne.Si le taux de mortalité des moins de cinq ans reste très faible en Europe, les écarts entre les pays les mieux et les moins bien classés sont considérables.Ainsi, la plupart des pays de l’Union européenne compte entre 1,5 et 4,1 décès pour 1.000 naissances, à l’opposé du Turkménistan et du Tadjikistan, où ce taux est compris entre 18,2 et 40,4. “Réduire cet écart demeure un défi”, écrit l’agence.La région, qui abrite des systèmes de santé parmi les plus solides au monde, stagne voire régresse sur une série d’indicateurs, notamment en matière de santé des enfants et des adolescents, souligne l’OMS.- “Menaces nouvelles et évolutives” -D’autres problématiques liées à la santé des enfants et des adolescents assombrissent le tableau: un adolescent sur cinq souffre d’un trouble mental, le suicide reste la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, les filles signalent systématiquement un niveau de bien-être mental inférieur à celui des garçons. “Nos jeunes sont confrontés à des menaces nouvelles et évolutives”, a noté lors du point presse le directeur régional de l’OMS, Hans Kluge.Ainsi 15% des adolescents déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement, un adolescent sur 10 âgé de 13 à 15 ans consomme du tabac et près d’un enfant sur trois ayant atteint l’âge scolaire est en surpoids, 1 sur 8 en état d’obésité.L’organisation a lancé une consultation avec les 53 États membres pour définir les priorités et les actions à mener lors des cinq prochaines années.Pour M. Kluge, il est urgent de se réformer car non seulement les virus ne respectent pas les frontières mais la population européenne vieillit – la part des seniors (plus de 65 ans) est supérieure à celle des moins de 15 ans – et son mode de vie (obésité, tabagisme, consommation d’alcool) inquiète.”La région européenne doit être audacieuse et innovante dans ses efforts pour construire des sociétés plus saines et plus stables, mais elle doit aussi réaliser que la sécurité sanitaire est essentielle à la sécurité nationale et internationale”, a-t-il dit, notant que nos systèmes de santé n’étaient pas mieux préparés aux urgences sanitaires qu’avant la pandémie de Covid-19.

En Europe, près de 76.000 enfants meurent chaque année avant l’âge de 5 ans

Les complications liées à la prématurité, l’asphyxie à la naissance, ou les infections ont causé le décès, en partie évitable, de 75.647 enfants avant leur 5ème anniversaire en Europe en 2022, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié mardi.Les anomalies congénitales du coeur et le sepsis néonatal (septicémie) comptent également parmi les cinq raisons principales de cette mortalité, selon cette étude portant sur 53 pays d’Europe et d’Asie centrale, dont les 27 de l’UE, représentant 930 millions d’habitants.”De nombreux nourrissons et enfants meurent encore de façon injustifiée avant l’âge de cinq ans”, écrit l’OMS Europe dans son bilan triennal publié mardi.”Dans certains pays, la mortalité des enfants de moins de cinq ans, et même la mortalité maternelle, stagne, augmente ou s’inverse (…) ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers”, a dit une responsable de santé publique de l’agence, Natasha Muscat, lors d’une conférence de presse en ligne.Si le taux de mortalité des moins de cinq ans reste très faible en Europe, les écarts entre les pays les mieux et les moins bien classés sont considérables.Ainsi, la plupart des pays de l’Union européenne compte entre 1,5 et 4,1 décès pour 1.000 naissances, à l’opposé du Turkménistan et du Tadjikistan, où ce taux est compris entre 18,2 et 40,4. “Réduire cet écart demeure un défi”, écrit l’agence.La région, qui abrite des systèmes de santé parmi les plus solides au monde, stagne voire régresse sur une série d’indicateurs, notamment en matière de santé des enfants et des adolescents, souligne l’OMS.- “Menaces nouvelles et évolutives” -D’autres problématiques liées à la santé des enfants et des adolescents assombrissent le tableau: un adolescent sur cinq souffre d’un trouble mental, le suicide reste la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, les filles signalent systématiquement un niveau de bien-être mental inférieur à celui des garçons. “Nos jeunes sont confrontés à des menaces nouvelles et évolutives”, a noté lors du point presse le directeur régional de l’OMS, Hans Kluge.Ainsi 15% des adolescents déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement, un adolescent sur 10 âgé de 13 à 15 ans consomme du tabac et près d’un enfant sur trois ayant atteint l’âge scolaire est en surpoids, 1 sur 8 en état d’obésité.L’organisation a lancé une consultation avec les 53 États membres pour définir les priorités et les actions à mener lors des cinq prochaines années.Pour M. Kluge, il est urgent de se réformer car non seulement les virus ne respectent pas les frontières mais la population européenne vieillit – la part des seniors (plus de 65 ans) est supérieure à celle des moins de 15 ans – et son mode de vie (obésité, tabagisme, consommation d’alcool) inquiète.”La région européenne doit être audacieuse et innovante dans ses efforts pour construire des sociétés plus saines et plus stables, mais elle doit aussi réaliser que la sécurité sanitaire est essentielle à la sécurité nationale et internationale”, a-t-il dit, notant que nos systèmes de santé n’étaient pas mieux préparés aux urgences sanitaires qu’avant la pandémie de Covid-19.

COP16: le monde reprend à Rome l’âpre débat pour financer la sauvegarde de la nature

La COP16, grande conférence environnementale des Nations Unies, a entamé mardi trois jours de prolongations à Rome pour dénouer le blocage Nord-Sud sur le financement de la sauvegarde de la nature, “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle”, a exhorté la présidente colombienne du sommet. Les débats portent sur “l’une des politiques qui a le pouvoir d’unifier le monde”, “ce qui n’est pas rien dans un paysage géopolitique très polarisé, fragmenté, divisé et conflictuel”, a déclaré en ouverture la ministre colombienne Susana Muhamad, présidente de cette 16e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB).Ce qui est en jeu est “la mission la plus importante de l’humanité au 21e siècle, c’est-à-dire notre capacité à soutenir la vie sur cette planète”, a-t-elle rappellé en ouverture de ces prolongations organisées au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Face à elle, quelque 300 représentants de 154 pays avaient pris place vers 10H00 dans la grande salle dominant les ruines du Circus Maximus battues par la pluieMais dès les premières prises de paroles, le Brésil, au nom de plusieurs pays émergents riches en biodiversité, et le Zimbabwe, pour le groupe Afrique, ont rejeté le compromis proposé par la présidence pour éviter la répétition de l’échec des négociations en Colombie.Début novembre, la COP16 s’était conclue à Cali sans régler une vive dispute entre pays riches et en développement sur leur collaboration pour débloquer l’argent nécessaire afin de stopper la destruction de la nature d’ici 2030.Cet objectif, fixé en 2022 dans l’accord de Kunming-Montréal, s’accompagne d’une feuille de route de 23 objectifs à atteindre dans la décennie, destinés à protéger la planète et ses êtres vivants contre la déforestation, la surexploitation des ressources, le changement climatique, la pollution et les espèces invasives.L’objectif phare prévoit de placer 30% des terres et des mers dans des aires protégées d’ici 2030, contre environ 17% et 8% actuellement selon l’ONU.Un éventuel échec de ce programme fait peser un risque majeur sur les ressources alimentaires, la qualité de l’air, la régulation du climat et la santé des écosystèmes de la planète.Les trois quarts des terres émergées ont déjà été altérées par l’humanité — urbanisées ou transformées en cultures — et un quart des espèces pour lesquelles les données scientifiques sont solides sont menacées d’extinction.- Nouveau fonds ? -L’accord de Kunming-Montréal a fixé l’objectif d’atteindre 200 milliards de dollars de dépenses annuelles pour la nature d’ici 2030 dont 30 milliards de transfert des pays développés vers les pays pauvres (contre environ 15 en 2022, selon l’OCDE).Mais comment mobiliser et répartir l’argent ? A Cali, le dernier texte prévoyait la création d’un fonds pour distribuer l’argent public des grandes puissances.Mais ces dernières — menées par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des Etats-Unis, non-signataires de la convention mais important bailleur — y sont radicalement hostiles. Elles dénoncent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement en cours des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Vendredi, la présidence de la COP16 a publié une proposition de compromis qui  propose une réforme d’ici 2030 des différents flux financiers destinés à la sauvegarde de la nature.Le document prévoit d'”améliorer les performances” du Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution temporaire modestement dotée (400 millions de dollars).Mais il prévoit aussi de “désigner ou établir un instrument mondial, ou une série d’instruments” sur le financement de la protection de la nature.Il fixe l’objectif qu'”au moins un instrument” soit placé sous l’autorité de la CDB, revendication majeure des pays en développement, qui réclament plus d’équité et de transparence dans l’accès aux financements.C’est cette proposition que les premiers orateurs du monde en développement ont repoussé mardi, annonçant trois jours de difficile discussions, dans un contexte géopolitique difficile, déjà marqué par négociations financières décevantes à la COP29 sur le climat et l’enlisement de celles sur un traité contre la pollution plastique.Loin des 23.000 participants de Cali, la session a repris sur un petit format, avec 1.400 personnes accréditées, en majorité observateurs de la société civile et experts, et seulement 25 pays représentés au niveau ministériel.