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Montchalin annonce ne plus tabler sur le doublement des franchises médicales

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a déclaré jeudi devant les députés que le doublement des franchises médicales, l’une des mesures les plus inflammables discutée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, ne pouvait plus “être inclus” dans “les projections financières” pour l’année prochaine, faute de consensus.”Je ne passerai pas en force sur la question des franchises médicales”, a également déclaré un peu plus tard le Premier ministre Sébastien Lecornu.Les compromis recherchés dans l’hémicycle de l’Assemblée peuvent “permettre de repousser un certain nombre de mesures qui étaient dans les textes initiaux du gouvernement, dont peut-être les franchises médicales, mais je souhaite qu’on puisse les compenser”, a-t-il ensuite ajouté.Les franchises médicales sont le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les boîtes de médicaments. Les franchises sur ces dernières passeraient de 1 à 2 euros si elles étaient doublées. Mais “le gouvernement prend acte du fait que dans la majorité de ce pays, manifestement, cette proposition ne fait pas consensus et que donc elle ne peut être incluse dans nos projections financières”, a déclaré Amélie de Montchalin. La mesure de doublement, censée rapporter 2,3 milliards, peut être prise par décret.Mais les recettes attendues sont prises en compte dans les équilibres financiers du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026. Or, les députés discutent âprement cette semaine lors d’une nouvelle lecture du texte pour contenir le déficit de la Sécu l’année prochaine. Après ces déclarations, le député socialiste Jérôme Guedj a demandé au gouvernement de s’engager clairement: “Aujourd’hui vous devez nous dire qu’il n’y aura pas de décret portant doublement des franchises médicales.”- Rallonge pour l’Ondam? -Mme de Montchalin a également abordé jeudi soir le sujet brûlant de l’objectif national de dépenses d’Assurance maladie (Ondam). Elle a annoncé que le gouvernement souhaitait “potentiellement rehausser encore l’Ondam, qui, vous le savez aujourd’hui, est à à peu près plus 2%. Le gouvernement envisage potentiellement d’aller jusqu’à plus 2,5 %.””Mais pour ce faire”, il faut “continuer à travailler à des économies”, a-t-elle ajouté. La ministre a enfin annoncé que le gouvernement avait pris “la décision” de “compenser 2 milliards d’euros de plus d’exonérations d’allègement généraux”. Ces allègements généraux de cotisations sociales sur les salaires visent à réduire le coût du travail. L’Etat peut compenser sur ses deniers ce manque à gagner pour la Sécurité sociale.”C’est une manière de considérer que les entreprises, par les allègements généraux, contribuent aux recettes de la Sécurité sociale”, a fait valoir Amélie de Montchalin. Mais ces compensations “renvoient le problème vers le PLF”, le budget de l’Etat, a noté plus tard M. Lecornu. 

Budget de la Sécu: les députés adoptent un compromis sur la CSG du capital avant le vote sur les recettes

Au terme d’une intense journée de tractations, l’Assemblée nationale a approuvé jeudi un compromis sur la question clé de la hausse de la CSG sur les revenus du capital, première marche avant l’adoption éventuelle de la partie recettes du budget de la Sécurité sociale, vendredi.Les séances de l’après-midi et du soir ont été entrecoupées de nombreuses suspensions permettant des discussions en coulisses entre les députés et le gouvernement. Et ce dernier a multiplié les signes d’ouverture, que ce soit sur les franchises médicales ou le niveau des dépenses de l’Assurance maladie.La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) visant spécifiquement les revenus du capital a été adoptée en première lecture à l’Assemblée à l’initiative de la gauche, puis supprimée au Sénat. Les députés LR s’y sont eux aussi opposés: “Ne tapez pas l’épargne populaire des Français”, a martelé Laurent Wauquiez, patron des députés LR.Pour arracher un compromis, le gouvernement a déposé un amendement cherchant à la fois à “sécuriser des recettes” et “assurer que les classes moyennes ne soient pas impactées”. Son rendement serait de 1,5 milliard d’euros, au lieu de 2,8 dans la version initiale.Il a finalement été adopté par 177 voix contre 84 et 92 abstentions. Un vote vivement critiqué par le député RN Jean-Philippe Tanguy, qui a dénoncé une taxe “qui va frapper plus durement un artisan à 2.000 euros qu’un multimillionnaire”.- Moment “potentiellement critique” -Signe de la bonne volonté affichée du gouvernement, Mme de Montchalin a aussi dit prendre “acte” de l’absence de consensus concernant le doublement des franchises médicales, c’est à dire le reste à charge payé par les patients, par exemple sur les médicaments. “Cette proposition (…) ne peut être incluse dans nos projections financières”, a-t-elle dit, sans pour autant fermement s’engager sur une absence totale de mesure en ce sens.Concernant l’objectif des dépenses de l’assurance maladie (l’Ondam), elle a précisé que le gouvernement envisageait de les augmenter “jusqu’à plus 2,5%” contre une hausse d’environ 2% prévue aujourd’hui.Elle s’est par ailleurs engagée à “accompagner un compromis” sur “l’année blanche” concernant les retraites et les minima sociaux, c’est-à-dire leur non indexation sur l’inflation.Dans un moment “potentiellement critique”, le Premier ministre a consacré sa journée aux débats parlementaires, reportant ses rendez-vous prévus.Il a fait monter la pression dans l’hémicycle, martelant que l’absence de texte conduirait à “29 ou 30 milliards” d’euros de déficit pour la Sécu l’an prochain, alors que le gouvernement souhaite le contenir autour de 20 milliards d’euros. Une note du ministère de la Santé a été distribuée aux députés, faisant état d’un “risque très élevé sur le financement du système de protection sociale”, faute de budget. Elle a suscité des réactions houleuses du côté de LFI ou du RN accusant le gouvernement de jouer sur les “peurs”.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp, chez Horizons, Les Républicains ou par le président LR du Sénat Gérard Larcher, d’activer l’article 49.3 de la Constitution, M. Lecornu l’a de nouveau exclu.”Vous avez critiqué le 49.3 pendant des années et, au moment où nous le laissons tomber, vous continuez de critiquer”, a-t-il tancé.- Camp gouvernemental divisé -Le scrutin sur l’ensemble du projet de loi n’est prévu que le 9 décembre. Mais un rejet de son volet “recettes” vendredi interromprait l’examen, faisant tomber tout le texte. Cela hypothèquerait grandement l’adoption du budget de la Sécu au Parlement avant le 31 décembre. Le texte est réécrit par les députés depuis mardi dans l’hémicycle en nouvelle lecture, après que le Sénat a supprimé plusieurs concessions du gouvernement au PS, dont l’emblématique suspension de la réforme des retraites.Des concessions que désapprouvent le groupe Horizons et Les Républicains. En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a asséné Édouard Philippe, chef des députés Horizons qui oscillent à ce stade entre abstention et vote contre.De quoi faire peser une sérieuse menace sur l’adoption du texte. Car face au rejet attendu du RN, de son allié l’UDR et de LFI, l’absence de soutien des deux groupes à la droite du camp gouvernemental pourrait concourir à faire tomber le texte, même avec des votes “pour” du PS.Pendant ce temps, le Sénat a adopté la partie dédiée aux recettes du projet de budget de l’Etat pour 2026, après l’avoir largement remaniée par rapport à la copie initiale du gouvernement, supprimant notamment plusieurs milliards d’euros de hausses de prélèvements.sac-far-are-la-sl/jmt/cbn

Affaire Signal: le chef du Pentagone a mis ses propres troupes en danger, selon un rapport indépendant

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a mis ses propres troupes en danger en utilisant l’application de messagerie Signal pour discuter de frappes au Yémen, selon un rapport rendu public jeudi par un organe indépendant au sein du Pentagone.La publication de ce rapport accentue la pression sur ce ministre de Donald Trump, ancien …

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Poutine porte la “responsabilité morale” de la mort d’une Britannique empoisonnée au Novitchok en 2018

Le Royaume-Uni a convoqué jeudi l’ambassadeur russe et sanctionné l’intégralité du renseignement militaire de ce pays après qu’une enquête a conclu à la “responsabilité morale” du président Vladimir Poutine dans la mort d’une Britannique, empoisonnée au Novitchok en 2018.Dawn Sturgess, mère de famille de 44 ans, est décédée en juillet 2018 en Angleterre, quelques mois …

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Pétrole, armement et diplomatie: Poutine en Inde pour une coopération dont l’étendue est “immense”

Vladimir Poutine est arrivé jeudi en ami en Inde, pays avec lequel il juge “immense” l’étendue de la coopération, dans le contexte des sanctions douanières imposées par Donald Trump en représailles à ses achats de pétrole russe en pleine invasion de l’Ukraine.Le président russe, qui ne s’était plus rendu à New Delhi depuis 2021, l’année …

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Nouveaux bombardements israéliens au Liban malgré des discussions “positives”

Israël a de nouveau bombardé jeudi le sud du Liban, disant viser des sites du Hezbollah pro-iranien qu’elle accuse de se réarmer, au lendemain des premières discussions directes depuis plusieurs décennies entre des représentants des deux pays.Le président libanais Joseph Aoun, saluant les réactions “positives” à la réunion de mercredi, a annoncé que les discussions …

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Budget de la Sécu: intenses tractations à l’Assemblée sur une hausse de la CSG sur le capital

Les débats se prolongent jeudi soir à l’Assemblée nationale sur une mesure clé du budget de la Sécurité sociale, la hausse de la CSG sur les revenus du capital, le gouvernement étant à la recherche d’un compromis qui pourrait s’avérer décisif pour le sort de l’ensemble du texte. La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) visant spécifiquement les revenus du capital est réclamée par la gauche pour générer des recettes pour la Sécurité sociale. Elle avait été adoptée en première lecture à l’Assemblée, puis supprimée au Sénat. La droite est elle opposée à cette mesure qui touche selon elle les “petits épargnants”.”Ne tapez pas l’épargne populaire des Français”, a martelé Laurent Wauquiez, patron des députés LR. Juste avant la suspension à 20H00, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a présenté un amendement gouvernemental cherchant à la fois à “sécuriser des recettes” et “nous assurer que les classes moyennes ne soient pas impactées”.Il prévoit bien une hausse de cette CSG à 10,6%, mais en la maintenant au taux actuel de 9,2% pour les revenus fonciers et plus-values immobilières, les assurances vie, plans d’épargne logement (PEL), et plans d’épargne populaire (PEP), selon l’exposé des motifs de l’amendement.Les députés, en attente notamment de détails sur son rendement, voteront dans la soirée sur cette proposition. Signe qu’on approche de l’heure de vérité, le Premier ministre a consacré sa journée aux débats parlementaires, reportant ses rendez-vous prévus.Sébastien Lecornu a fait monter la pression dans l’hémicycle, où il a martelé que l’absence de texte conduirait à “29 ou 30 milliards” d’euros de déficit pour la Sécu l’an prochain. Le but du gouvernement est de le contenir autour de 20 milliards d’euros. Juste avant que le Premier ministre ne prenne la parole, son entourage a publié un courrier daté de mardi au directeur de la Sécurité sociale, dans lequel il demande de lui présenter les “conséquences” d’une absence ou d’un retard de budget de la Sécu, notamment en matière de remboursements.La réponse, faisant état d’un “risque très élevé sur le financement du système de protection sociale”, a été transmise jeudi aux députés.Pressé par ailleurs par plusieurs ténors de son camp, chez Horizons, Les Républicains ou par le président LR du Sénat Gérard Larcher, d’activer l’article 49.3 de la Constitution, il l’a de nouveau exclu.Il avait abandonné cet outil constitutionnel, qui permet l’adoption d’un texte sans vote, dans un geste en direction des socialistes qui le réclamaient.”Vous avez critiqué le 49.3 pendant des années et, au moment où nous le laissons tomber, vous continuez de critiquer”, a lancé M. Lecornu, en invitant les députés à “engager (leur) propre responsabilité”.- Camp gouvernemental divisé -Le scrutin sur l’ensemble du projet de loi n’est prévu que le 9 décembre. Mais un rejet de son volet “recettes” ce jeudi ou vendredi interromprait l’examen, faisant tomber tout le texte. Cela hypothèquerait grandement l’adoption du budget de la Sécu au Parlement avant le 31 décembre. Car après un nouveau passage au Sénat, le dernier mot ne pourrait pas être donné à l’Assemblée en l’absence de texte adopté par elle. Une nouvelle navette ne pourrait ensuite s’achever que par un vote conforme entre les deux chambres, très peu probable. Le texte est réécrit par les députés depuis mardi dans l’hémicycle en nouvelle lecture, après que le Sénat a supprimé plusieurs concessions du gouvernement au PS, dont l’emblématique suspension de la réforme des retraites.Ces concessions échaudent le groupe Horizons et Les Républicains.  En l’état, “on ne peut pas voter pour”, a asséné Édouard Philippe, chef des députés Horizons qui oscillent à ce stade entre abstention et vote contre.De quoi faire peser une sérieuse menace sur l’adoption du texte. Car même avec des votes “pour” du PS et des abstentions écologistes – deux conditions loin d’être acquises -, l’absence de soutien des deux groupes à la droite du camp gouvernemental pourrait concourir au rejet du texte.Notamment si LFI, le RN –qui prévoit de voter contre selon son porte-parole Laurent Jacobelli–, et une partie de la gauche hors-PS votent contre, comme en première lecture. LR et Horizons “ont tout fait péter”, pointe un cadre PS, critiquant le manque d’unité du camp gouvernemental.Sébastien Lecornu a par ailleurs promis jeudi des “clarifications” à venir sur ce sujet et le doublement des franchises médicales.Pendant ce temps, le Sénat a adopté la partie dédiée aux recettes du projet de budget de l’Etat pour 2026, après l’avoir largement remaniée par rapport à la copie initiale du gouvernement, supprimant notamment plusieurs milliards d’euros de hausses de prélèvements.sac-far-are-la/jmt 

Israël attend la dépouille de son dernier otage à Gaza

Israël a annoncé jeudi avoir envoyé une délégation au Caire en vue du retour de la dépouille de son dernier otage à Gaza, un policier tué au combat le jour de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.Quelques heures plus tôt, l’armée avait dit avoir identifié la dépouille de l’avant-dernier otage, un ressortissant thaïlandais.Sudthisak Rinthalak était un ouvrier agricole âgé de 43 ans au moment de sa mort. Ses restes avaient été remis mercredi par des groupes armés palestiniens. Après ce retour, les autorités israéliennes ont promis d’oeuvrer “sans relâche” pour obtenir celui du dernier otage mort, Ran Gvili, sous-officier dans une unité d’élite de la police.”Une délégation s’est rendue ce matin au Caire (…) et a tenu des discussions avec les médiateurs dans le but d’assurer le retour immédiat” de Ran Gvili, a indiqué dans un communiqué le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.Au total, 251 personnes avaient été enlevées en Israël lors de l’attaque sanglante du Hamas qui a déclenché la guerre dans le territoire palestinien.Les 20 derniers otages encore en vie avaient été remis à Israël au début de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre sous la pression des Etats-Unis, et 27 des 28 dernières dépouilles d’otages morts ont été rendues à ce jour. L’ouvrier agricole dont le corps a été restitué mercredi travaillait dans des plantations du kibboutz Beeri, près de la bande de Gaza. Son décès avait été confirmé par Israël en mai 2024.Le Forum des familles, principale association israélienne militant pour le retour des otages, a décrit Sudthisak Rinthalak comme un ouvrier “travailleur et apprécié de ses collègues”, arrivé en Israël en 2017 dans le cadre d’un programme de travailleurs étrangers.- “Le dernier à revenir” -Ran Gvili, un sous-officier passionné de moto qui faisait partie de l’unité d’élite Yassam de la police israélienne dans la région du Néguev, était en arrêt maladie le 7 octobre 2023, dans l’attente d’une opération à l’épaule.Apprenant l’attaque en cours, il avait décidé de sortir de chez lui avec son arme personnelle. Il est mort dans des combats devant le kibboutz Aloumim et son corps a été emmené à Gaza.”Le premier à sortir, le dernier à revenir. Nous ne baisserons pas les bras jusqu’à ce que tu reviennes”, a réagi sa mère, Talik Gvili, dans un message sur X accompagné d’une photo de son fils.La première phase du cessez-le-feu prévoyait la restitution de tous les otages ainsi qu’un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza.La deuxième étape du plan, qui n’a pas encore été approuvée, prévoit le désarmement du Hamas, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.Mais le cessez-le-feu reste fragile.Mercredi, la Défense civile a déclaré à l’AFP qu’une frappe israélienne dans le sud de Gaza avait fait cinq morts.L’armée israélienne a affirmé avoir visé un combattant du Hamas en riposte à un affrontement dans lequel cinq soldats avaient été blessés.Des images de l’AFP ont montré jeudi des dizaines de personnes pleurant leurs proches tués à Khan Younès.”Nous espérons que le monde se tiendra à nos côtés et mettra fin à ce bain de sang, pour que puisse commencer la deuxième phase” du cessez-le-feu, “suivie par la troisième phase de reconstruction, pour que nous puissions retrouver nos vies d’avant”, a lancé Raafat Abou Hussein, un homme en deuil.Selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, au moins 366 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de la trêve. L’armée israélienne a annoncé la mort de trois soldats pendant cette période.Au total, l’offensive israélienne menée en représailles à l’attaque du 7 octobre 2023 a fait au moins 70.125 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé, dont les chiffres sont jugés fiables par l’Onu.Du côté israélien, l’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de chiffres officiels.

Israël autorisé à participer à l’Eurovision 2026, des pays boycottent

Israël pourra participer à la prochaine édition de l’Eurovision à Vienne en mai prochain, “une majorité” des membres de l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) ayant estimé qu’il n’était pas nécessaire de voter sur la question, déclenchant instantanément des annonces de boycott de plusieurs pays.Lors d’un vote à bulletin secret organisé au premier jour de l’assemblée générale de l’UER à Genève, ses membres “ont soutenu une série de modifications ciblées du règlement” du célèbre télé-crochet, visant “à renforcer la confiance, la transparence et la neutralité de l’événement”. Par ailleurs, “une large majorité des membres ont convenu qu’il n’était pas nécessaire de procéder à un vote supplémentaire sur la participation” d’Israël et que l’édition 2026 “devrait se dérouler comme prévu, avec les garanties supplémentaires en place”, a ajouté l’organisation dans un communiqué.Les diffuseurs doivent désormais confirmer ou pas leur participation au concours, la liste complète devant être annoncée “avant Noël”, selon l’UER. Mais les diffuseurs de l’Espagne, des Pays-Bas, de l’Irlande et de la Slovénie ont annoncé, dans la foulée du vote, qu’ils ne participeraient pas.- Gaza -A Dublin, le groupe audiovisuel public irlandais RTE a expliqué avoir pris cette décision “compte tenu des pertes humaines effroyables à Gaza et de la crise humanitaire qui continue de mettre en danger la vie de tant de civils”.”Après avoir pesé tous les aspects, Avrotros conclut que, dans les circonstances actuelles, la participation n’est pas compatible avec les valeurs publiques fondamentales de notre organisation”, a déclaré de son côté le diffuseur néerlandais.”Nous continuons d’appeler au boycott sportif et culturel de tout événement auquel Israël participe avec son drapeau, comme c’est le cas pour l’Eurovision”, a déclaré le ministre espagnol de la Culture, Ernest Urtasun.La directrice de la télévision publique slovène RTVSLO, Natasa Gorscak, a confirmé que la Slovénie ne participerait “absolument pas” au concours 2026.D’autres boycotts pourraient être annoncés dans les prochaines heures, comme celui du diffuseur islandais RUV, qui a annoncé une décision “mercredi prochain”. La Belgique, également, avait indiqué songer à un boycott.De son côté, Israël, par la voix de son président Isaac Herzog, a salué cette annonce, estimant qu’il “mérit(ait) d’être représenté sur toutes les scènes du monde”.Le directeur général du groupe audiovisuel public autrichien ORF, Roland Weissmann, hôte du prochain concours, s’est aussi “réjoui” que la radio-télévision publique israélienne KAN puisse figurer à Vienne, tout en indiquant “regretter que des chaînes décident maintenant de ne pas participer”.La chaîne régionale allemande SWR, chargée à compter de 2026 de la retransmission de l’événement en Allemagne, avait également estimé que KAN répondait “à toutes les exigences pour participer” au concours.- Oppositions géopolitiques -Pour la présidente de l’UER Delphine Ernotte-Cunci, citée dans le communiqué, “le résultat de ce vote démontre l’engagement commun de nos membres à protéger la transparence et la confiance dans le Concours Eurovision de la chanson, le plus grand événement musical live au monde”.Le 21 novembre, l’UER avait annoncé avoir modifié ses règles de vote pour le concours et vouloir renforcer ses efforts pour “détecter et prévenir toute activité de vote frauduleuse ou coordonnée”, alors que le soutien public massif attribué aux candidats israéliens ces dernières années avait suscité la controverse.Le concours prévoit que tous les habitants des dizaines de pays participants au concours peuvent voter, par téléphone, SMS ou en ligne. Dans chaque pays, un jury de professionnels vote également. Ces deux votes ont le même poids, mais il n’est pas possible de voter pour son propre pays.Avec les nouvelles règles, le nombre maximal de voix par mode de paiement “passera de 20 à 10”. Et les jurys de professionnels, dont les votes comptent pour moitié dans la finale et sont composés d’experts de la musique, feront leur retour dans les demi-finales, une première depuis 2022.Cette année, la chanteuse israélienne Yuval Raphael, survivante de l’attaque du 7 octobre 2023, était arrivée deuxième au concours, portée par le vote du public.En 2024 aussi, les jurys nationaux avaient largement snobé Israël. Mais le vote du public avait donné un spectaculaire coup de pouce à la candidate israélienne, Eden Golan, la catapultant à la cinquième place.L’Eurovision est régulièrement le théâtre d’oppositions géopolitiques. La Russie avait été exclue à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Le Bélarus l’avait été un an plus tôt après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.burx-apo/ag/ib