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Face à la montée des eaux, Nauru vend sa nationalité pour financer le déménagement de sa population

Payer 105.000 dollars pour un passeport qui ouvre les frontières de dizaines de pays: l’île-Etat de Nauru monnaye sa nationalité pour financer le déménagement futur de sa population menacée par la montée des eaux, malgré les risques associés à ce système de “passeport doré”.Cet Etat insulaire océanien de faible altitude, situé en Micronésie, compte près de 13.000 habitants, menacés par les effets du changement climatique, et notamment la montée des eaux, qui commence à ronger son littoral.Les experts du climat de l’ONU estiment que l’île, et quatre autres Etats – les Maldives, les Tuvalu, les îles Marshall et Kiribati – risquent de devenir inhabitables d’ici 2100, provoquant 600.000 réfugiés climatiques.Pour financer ces opérations de déplacement des habitants des littoraux vers le centre de l’île, Nauru veut désormais permettre à des étrangers d’obtenir son passeport, moyennant 105.000 dollars.”Pour Nauru, il ne s’agit pas seulement de s’adapter au changement climatique, mais de garantir un avenir durable et prospère pour les générations à venir”, explique à l’AFP son président David Adeang.L’île, l’une des plus petites nations du monde avec une superficie totale de 21 kilomètres carrés, est constituée d’un plateau central peu élevé comptant des roches phosphatées.Ces gisements de phosphate, ressource naturelle qui sert par exemple à produire des engrais, faisaient autrefois de Nauru l’un des territoires à la richesse par habitant la plus élevée de la planète.Mais ces réserves se sont taries depuis longtemps et les chercheurs estiment aujourd’hui que l’exploitation minière a rendu inhabitable 80% du territoire.Les terrains restants sont, eux, directement menacés par la montée des eaux.- Coûteux déménagement -Les financements climatiques étaient “insuffisants” pour répondre au défi qui s’annonce, assure Edward Clark, à la tête de ce Programme de citoyenneté pour la résilience économique et climatique lancé en novembre. Les premières demandes sont en cours d’examen, précise-t-il.Le gouvernement de Nauru escompte récolter 5,7 millions de dollars dès la première année grâce à cette mesure, selon Edward Clark. Les autorités espèrent que ce chiffre passera progressivement à 43 millions de dollars, une somme qui représenterait 20% des recettes totales annuelles du gouvernement.Nauru estime aujourd’hui que 90% de la population devra un jour être déplacée vers des terres en altitude, actuellement inhospitalières et nécessitant donc d’importants aménagements.Une opération extrêmement coûteuse: la première phase de ce déménagement massif est estimée à plus de 60 millions de dollars. Pour payer l’addition, Nauru veut croire en son nouveau programme, vantant les mérites de son passeport qui permet d’entrer sans visa dans près de 90 pays, dont le Royaume-Uni, l’Irlande ou encore les Emirats arabes unis.- Activités criminelles -Plusieurs autres Etats du Pacifique ont déjà mis à la vente un système de passeport doré similaire, comme le Vanuatu, les îles Samoa ou le royaume de Tonga, recense le Lowy Institute, un groupe de recherche australien.Mais ce système est controversé car il peut faciliter des activités criminelles, met en garde Henrietta McNeill, experte à l’université nationale australienne.Certains pourraient, selon elle, se servir de leur nouvelle nationalité pour fuir la justice dans leur pays d’origine, blanchir de l’argent ou profiter des exemptions de visa octroyées par cette pièce d’identité.Une précédente tentative de vente de passeports par Nauru avait déjà mal tourné. En 2003, sa citoyenneté avait été ainsi octroyée à des membres d’Al-Qaïda, plus tard arrêtés en Asie, selon la chaîne australienne ABC.Mais M. Clark assure que cette fois, Nauru n’accordera des passeports qu’à des investisseurs dont les antécédents auront été passés au crible.”Ce programme ne se limite pas à l’acquisition d’un nouveau passeport”, a-t-il assuré, arguant qu'”il s’agit aussi de rejoindre une communauté qui se cherche des solutions novatrices pour relever les défis mondiaux”.Depuis 2012, Nauru a accepté des millions de dollars du gouvernement australien pour héberger des migrants ayant demandé l’asile en Australie.Mais le programme a été progressivement réduit à la suite de 14 décès de détenus, de multiples tentatives de suicide et d’au moins six saisines de la Cour pénale internationale.Nauru détenait encore 87 personnes au 31 août 2024, selon les derniers chiffres du gouvernement australien.

Gaza: accord pour un nouvel échange, reprise des négociations en vue

Les médiateurs dans le conflit entre Israël et le Hamas ont convenu d’un nouvel échange de prionniers palestiniens contre des corps d’otages israéliens, selon une source proche de l’Etat égyptien, tandis que Washington laisse entrevoir une reprise imminente des pourparlers pour une deuxième phase du cessez-le-feu.”Nous faisons beaucoup de progrès. Israël envoie une équipe (de négociateurs) au moment où nous parlons”, a dit l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, mardi soir à Washington.   “C’est soit aller à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer, de nouveau avec les Egyptiens et les Qataris”, qui assurent la médiation aux côtés des Etats-Unis, a-t-il détaillé lors d’une rencontre organisée par l’American Jewish Committee.M. Witkoff a répété qu’il était prêt à se rendre très vite dans la région dans le cadre de la relance du processus.Les négociations n’ont jusqu’à présent pas démarré, laissant craindre une reprise des hostilités alors que la première phase du cessez-le-feu débuté le 19 janvier expire samedi 1er mars.Mardi soir, le média Al-Qahera news, lié à l’Etat égyptien, a annoncé que les médiateurs étaient parvenus à obtenir un accord pour la libération des 620 détenus palestiniens en échange des corps de quatre otages israéliensLe Hamas a confirmé cet accord sur Telegram, précisant qu’il s’inscrit dans la première phase du cessez-le-feu avec Israël, intervenu après 15 mois de guerre consécutive à l’attaque perpétrée par l’organisation islamiste palestinienne contre Israël.- “Cérémonies humiliantes” -Ces libérations auraient dû intervenir le 22 février, quand le Hamas avait relâché six Israéliens à l’occasion de ce qui devait être le septième échange d’otages contre des prisonniers palestiniens.Mais l’organisation islamiste avait à nouveau mis en scène ces libérations, exhibant cinq otages sur des podiums face à la foule, devant de grandes affiches rendant hommage aux combattants du Hamas tués avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge.Israël avait alors annulé la libération des 620 Palestiniens, exigeant la fin des “cérémonies humiliantes”.La branche armée du Hamas avait ensuite publié, dans la soirée de samedi, une vidéo apparemment tournée dans la journée à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, montrant deux otages regardant ces libérations et suppliant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agir pour eux.Le Forum des familles d’otages avait dénoncé une “démonstration de cruauté particulièrement écoeurante”. Le CICR a exhorté toutes les parties à procéder aux échanges de prisonniers et d’otages “de manière digne et privée”.En réponse à la suspension de la libération des prisonniers, le Hamas avait accusé Israël de “mettre en grave danger tout l’accord de trêve”, et appelé les pays médiateurs à intervenir.Israël s’apprête par ailleurs à livrer mercredi un dernier hommage à Shriri Bibas et ses deux garçonnets Ariel et Kfir, trois otages morts en captivité à Gaza après avoir été enlevés le 7-Octobre, et dont les corps ont été restitués.- Funérailles de la famille Bibas -Compte tenu des marques de soutien “en provenance de tout Israël et du monde entier”, l’itinéraire de la procession funèbre a été rendu public “pour permettre à tous ceux qui le veulent d’accompagner nos êtres chers”, ont annoncé Yarden Bibas, le père de famille désormais veuf, et sa belle-soeur Dana Siton Silberman.Les funérailles proprement dites de la jeune mère de famille et de ses enfants, âgés quatre ans et huit mois et demi au moment de leur enlèvement, doivent avoir lieu dans l’intimité familiale à Zohar, près de la bande de Gaza.Mardi, des centaines de personnes, dont le président Isaac Herzog, ont participé aux funérailles d’Oded Lifshitz, un militant pacifiste et ancien journaliste pris en otage par le Hamas pendant l’attaque du 7-Octobre, mort en captivité et dont le corps a été restitué la semaine dernière.”Nous avons combattu toutes ces années pour la justice sociale et la paix. Malheureusement, nous avons reçu un coup terrible de ceux que nous avons aidés de l’autre coté”, a déclaré son épouse, Yocheved Lifshitz, enlevée en même temps que lui dans le kibboutz Nir Oz et libérée quelques semaines plus tard.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.La deuxième phase du cessez-le-feu est censée mettre fin définitivement à la guerre, ce à quoi l’extrême droite israélienne alliée du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose, menaçant la survie de son gouvernement. Le Hamas s’est pour sa part dit prêt à libérer “en une seule fois” tous les otages restants durant cette deuxième phase.

Gaza: accord pour un nouvel échange, reprise des négociations en vue

Les médiateurs dans le conflit entre Israël et le Hamas ont convenu d’un nouvel échange de prionniers palestiniens contre des corps d’otages israéliens, selon une source proche de l’Etat égyptien, tandis que Washington laisse entrevoir une reprise imminente des pourparlers pour une deuxième phase du cessez-le-feu.”Nous faisons beaucoup de progrès. Israël envoie une équipe (de négociateurs) au moment où nous parlons”, a dit l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, mardi soir à Washington.   “C’est soit aller à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer, de nouveau avec les Egyptiens et les Qataris”, qui assurent la médiation aux côtés des Etats-Unis, a-t-il détaillé lors d’une rencontre organisée par l’American Jewish Committee.M. Witkoff a répété qu’il était prêt à se rendre très vite dans la région dans le cadre de la relance du processus.Les négociations n’ont jusqu’à présent pas démarré, laissant craindre une reprise des hostilités alors que la première phase du cessez-le-feu débuté le 19 janvier expire samedi 1er mars.Mardi soir, le média Al-Qahera news, lié à l’Etat égyptien, a annoncé que les médiateurs étaient parvenus à obtenir un accord pour la libération des 620 détenus palestiniens en échange des corps de quatre otages israéliensLe Hamas a confirmé cet accord sur Telegram, précisant qu’il s’inscrit dans la première phase du cessez-le-feu avec Israël, intervenu après 15 mois de guerre consécutive à l’attaque perpétrée par l’organisation islamiste palestinienne contre Israël.- “Cérémonies humiliantes” -Ces libérations auraient dû intervenir le 22 février, quand le Hamas avait relâché six Israéliens à l’occasion de ce qui devait être le septième échange d’otages contre des prisonniers palestiniens.Mais l’organisation islamiste avait à nouveau mis en scène ces libérations, exhibant cinq otages sur des podiums face à la foule, devant de grandes affiches rendant hommage aux combattants du Hamas tués avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge.Israël avait alors annulé la libération des 620 Palestiniens, exigeant la fin des “cérémonies humiliantes”.La branche armée du Hamas avait ensuite publié, dans la soirée de samedi, une vidéo apparemment tournée dans la journée à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, montrant deux otages regardant ces libérations et suppliant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agir pour eux.Le Forum des familles d’otages avait dénoncé une “démonstration de cruauté particulièrement écoeurante”. Le CICR a exhorté toutes les parties à procéder aux échanges de prisonniers et d’otages “de manière digne et privée”.En réponse à la suspension de la libération des prisonniers, le Hamas avait accusé Israël de “mettre en grave danger tout l’accord de trêve”, et appelé les pays médiateurs à intervenir.Israël s’apprête par ailleurs à livrer mercredi un dernier hommage à Shriri Bibas et ses deux garçonnets Ariel et Kfir, trois otages morts en captivité à Gaza après avoir été enlevés le 7-Octobre, et dont les corps ont été restitués.- Funérailles de la famille Bibas -Compte tenu des marques de soutien “en provenance de tout Israël et du monde entier”, l’itinéraire de la procession funèbre a été rendu public “pour permettre à tous ceux qui le veulent d’accompagner nos êtres chers”, ont annoncé Yarden Bibas, le père de famille désormais veuf, et sa belle-soeur Dana Siton Silberman.Les funérailles proprement dites de la jeune mère de famille et de ses enfants, âgés quatre ans et huit mois et demi au moment de leur enlèvement, doivent avoir lieu dans l’intimité familiale à Zohar, près de la bande de Gaza.Mardi, des centaines de personnes, dont le président Isaac Herzog, ont participé aux funérailles d’Oded Lifshitz, un militant pacifiste et ancien journaliste pris en otage par le Hamas pendant l’attaque du 7-Octobre, mort en captivité et dont le corps a été restitué la semaine dernière.”Nous avons combattu toutes ces années pour la justice sociale et la paix. Malheureusement, nous avons reçu un coup terrible de ceux que nous avons aidés de l’autre coté”, a déclaré son épouse, Yocheved Lifshitz, enlevée en même temps que lui dans le kibboutz Nir Oz et libérée quelques semaines plus tard.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.La deuxième phase du cessez-le-feu est censée mettre fin définitivement à la guerre, ce à quoi l’extrême droite israélienne alliée du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose, menaçant la survie de son gouvernement. Le Hamas s’est pour sa part dit prêt à libérer “en une seule fois” tous les otages restants durant cette deuxième phase.

Procès en France d’un ancien chirurgien pour pédocriminalité: le témoignage de son ex-épouse attendu mercredi

Au troisième jour du procès de Joël Le Scouarnec, jugé dans l’ouest de la France pour violences sexuelles sur 299 patients, mineurs pour la plupart, la cour criminelle de Vannes poursuivra mercredi l’audition de proches de l’ancien médecin, notamment son ex-épouse dont le témoignage est très attendu par les victimes.Il s’agit de l’une des plus grandes affaires de pédocriminalité jamais jugées dans le pays. L’accusé encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion pour 111 viols et 189 agressions sexuelles, aggravés par le fait qu’il abusait de sa fonction.Après une journée dense mardi, lors de laquelle deux des fils de l’ex-chirurgien ont dressé à la barre le portrait d’une famille hantée par les non-dits et les actes d’un grand-père incestueux, évoquant un père modèle dont la “perversion a explosé comme une bombe atomique”, la présidente Aude Buresi entendra mercredi après-midi Marie-France, qui n’a divorcé qu’en 2023 de Joël Le Scouarnec.Elle affirme ne jamais avoir eu le moindre soupçon sur les penchants pédophiles de son mari, malgré des écrits de ce dernier laissant penser le contraire, une première condamnation pour détention d’images pédopornographiques en 2005 et une lettre manuscrite datant de 2010, versée au dossier.D’autres proches de l’ancien médecin, le plus souvent immobile, comme figé dans son box vitré, témoigneront avant elle.De nombreuses victimes, pour la plupart mineures lors des actes perpétrés entre 1989 et 2014 dans plusieurs hôpitaux de l’ouest de la France, espèrent des “réponses” sur l’étendue de sa connaissance des faits.Amélie Lévêque, que Joël Le Scouarnec est accusé d’avoir violée quand elle avait neuf ans, a dit mardi soir à l’AFP avoir “des attentes énormes” concernant l’ex-épouse.”Elle est l’adulte qui, sous couvert de préserver ses enfants, a gardé secrets tous les sévices de son mari”, a-t-elle dénoncé. “J’ai beaucoup de colère contre elle et j’espère qu’elle aura un mot pour nous, victimes.””Nous sommes des victimes dont un bon nombre aurait pu être évité”.- Silences -Les deux fils de Joël Le Scouarnec passés à la barre, âgés de 37 et 42 ans, ont décrit mardi une enfance heureuse, un père qui leur a transmis des “valeurs”.Mais le plus âgé a aussi fait état des nombreuses violences sexuelles que son grand-père paternel lui faisait subir entre ses cinq et dix ans.Des agressions qu’il a longtemps tues auprès de ses parents, dans une famille où le silence était la règle. Marie-France avoue ainsi à son fils avoir été elle aussi “abusée” par “plusieurs personnes”. Cependant, sa confidence ne suscitera aucune question.Idem en 2024, lorsque les gendarmes français saisissent les disques durs de Joël Le Scouarnec et qu’il est condamné un an plus tard à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques.”Quand on est condamné, on revient pas à la maison à 18H00 comme si de rien n’était”, s’étonne encore le fils. Mais il ne questionne pas son père et ce n’est qu’en 2017, affirme-t-il, que “sa perversion a explosé comme une bombe atomique dans la famille”.- Visages “incompatibles” -Pour Me Marie Grimaud, qui représente 39 victimes dont trois qui étaient des amies d’enfance des fils Le Scouarnec, les frères “font face à un père et à un homme, deux visages totalement incompatibles”.”C’est une famille où la parole ne circulait pas. Les tabous existaient, les non-dits étaient là”, a-t-elle analysé, soulignant “la dynamique de l’inceste”.L’avocat de la défense, Me Maxime Tessier, a rappelé que “les enfants ne peuvent jamais être tenus pour responsables des crimes qui sont commis par leur père et que lui-même a reconnus”.L’ancien chirurgien consignait méticuleusement dans des carnets et fichiers les informations liées à ses victimes ainsi que les violences infligées, souvent sous couvert de geste médical.Il a déjà été condamné en 2020 à 15 ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur quatre enfants, dont deux nièces.Mardi, il a demandé “pardon” à ses fils pour la “dévastation” qu’il a causée au sein de sa famille.

L’UE met un coup de frein à des textes ambitieux sur le climat

Après les grandes ambitions vertes, place au détricotage? L’Union européenne va mettre un coup de frein mercredi à certains de ses projets sur le climat, au nom de la compétitivité face aux Etats-Unis et à la Chine.Sous la pression d’industriels, de Paris et de Berlin mais au grand dam des ONG, la Commission va proposer de réviser plusieurs textes très ambitieux, dont certains ont été adoptés il y a quelques mois à peine.La cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen avait placé la lutte contre le changement climatique au coeur de son premier mandat. Mais face au risque d’une guerre commerciale avec l’Amérique de Donald Trump, qui menace d’imposer de nouveaux droits de douane au Vieux continent, elle tourne son attention vers les entreprises.Selon des documents consultés par l’AFP, la Commission va proposer de reporter et réexaminer un texte adopté l’an dernier, imposant aux industriels un “devoir de vigilance”. Il exige des entreprises qu’elles préviennent et remédient aux violations de droits humains et dommages environnementaux tout au long de leur chaîne de valeur, y compris chez leurs fournisseurs et sous-traitants.Autre texte dans son collimateur: une sorte de comptabilité verte, qui vise à harmoniser en Europe la manière dont les entreprises publient leurs données de “durabilité” et qui était très critiquée par les lobbies patronaux.- “Economie de guerre” -“A un moment il y a une réalité, c’est qu’il y a un contexte géopolitique de plus en plus tendu”, explique le commissaire européen Stéphane Séjourné. “Et on ne peut pas demander à nos entreprises d’investir massivement dans les moyens du reporting alors même qu’elles devraient être dans une économie de guerre et qu’elles sont en pleine décarbonation”, justifie-t-il.La révision de ces mesures sera soumise à l’approbation du Parlement européen et des Etats membres. Au Parlement, la bataille s’annonce “très difficile”, prédit la centriste Marie-Pierre Vedrenne. Illustration du virage pris par Bruxelles, l’eurodeputée française soutenait il y a encore quelques mois les textes, qu’elle veut aujourd’hui modifier.”Il est vrai qu’en tant qu’élue, quand tu as travaillé pendant cinq ans sur un dossier, ce n’est pas très facile de dire que tu t’es trompé”, confie-t-elle. “Mais je pense que le monde a complètement changé depuis”, assure la députée, évoquant entre autres les tensions géopolitiques et la poussée de la droite et de l’extrême droite aux dernières élections européennes.Dans une lettre publiée la semaine dernière, les socialistes ont exhorté la Commission à “revoir” sa copie. Tout comme les ONG environnementales, vent debout contre cette proposition.”C’est du pur délire”, dénonce Amandine Van Den Berghe, de l’ONG ClientEarth. “Changer de cap maintenant pénaliserait fortement les grandes entreprises qui se sont engagées dans la voie du développement durable et qui ont commencé à investir de l’argent et des ressources pour se conformer à la législation”, assure-t-elle.- “Made in Europe” -L’Europe rétorque qu’elle n’entend pas remettre en cause la lutte contre le changement climatique, ni même son objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.C’est d’ailleurs pourquoi elle dévoile également mercredi sa stratégie pour soutenir la décarbonation de l’industrie européenne, baptisée “Pacte pour une industrie propre”.Dans ce document d’une vingtaine de pages figurent peu de propositions chiffrées. Il comprend toutefois une ribambelle d’incitations pour investir dans l’énergie verte, avec une emphase sur le “made in Europe”.L’Union européenne souhaite aussi proposer des achats groupés de matières premières essentielles pour l’électronique et les technologies propres, un peu à la manière de ce qu’elle a fait avec les vaccins durant la pandémie.Bruxelles pense avoir une carte à jouer dans le secteur de l’industrie propre, face au climatoscepticisme de Donald Trump.”Le fait que les Etats-Unis s’éloignent maintenant de leur programme climatique ne signifie pas que nous devrions faire de même. Au contraire. Cela signifie que nous devons aller de l’avant”, veut croire le commissaire européen à l’Energie, Dan Jørgensen.

L’UE met un coup de frein à des textes ambitieux sur le climat

Après les grandes ambitions vertes, place au détricotage? L’Union européenne va mettre un coup de frein mercredi à certains de ses projets sur le climat, au nom de la compétitivité face aux Etats-Unis et à la Chine.Sous la pression d’industriels, de Paris et de Berlin mais au grand dam des ONG, la Commission va proposer de réviser plusieurs textes très ambitieux, dont certains ont été adoptés il y a quelques mois à peine.La cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen avait placé la lutte contre le changement climatique au coeur de son premier mandat. Mais face au risque d’une guerre commerciale avec l’Amérique de Donald Trump, qui menace d’imposer de nouveaux droits de douane au Vieux continent, elle tourne son attention vers les entreprises.Selon des documents consultés par l’AFP, la Commission va proposer de reporter et réexaminer un texte adopté l’an dernier, imposant aux industriels un “devoir de vigilance”. Il exige des entreprises qu’elles préviennent et remédient aux violations de droits humains et dommages environnementaux tout au long de leur chaîne de valeur, y compris chez leurs fournisseurs et sous-traitants.Autre texte dans son collimateur: une sorte de comptabilité verte, qui vise à harmoniser en Europe la manière dont les entreprises publient leurs données de “durabilité” et qui était très critiquée par les lobbies patronaux.- “Economie de guerre” -“A un moment il y a une réalité, c’est qu’il y a un contexte géopolitique de plus en plus tendu”, explique le commissaire européen Stéphane Séjourné. “Et on ne peut pas demander à nos entreprises d’investir massivement dans les moyens du reporting alors même qu’elles devraient être dans une économie de guerre et qu’elles sont en pleine décarbonation”, justifie-t-il.La révision de ces mesures sera soumise à l’approbation du Parlement européen et des Etats membres. Au Parlement, la bataille s’annonce “très difficile”, prédit la centriste Marie-Pierre Vedrenne. Illustration du virage pris par Bruxelles, l’eurodeputée française soutenait il y a encore quelques mois les textes, qu’elle veut aujourd’hui modifier.”Il est vrai qu’en tant qu’élue, quand tu as travaillé pendant cinq ans sur un dossier, ce n’est pas très facile de dire que tu t’es trompé”, confie-t-elle. “Mais je pense que le monde a complètement changé depuis”, assure la députée, évoquant entre autres les tensions géopolitiques et la poussée de la droite et de l’extrême droite aux dernières élections européennes.Dans une lettre publiée la semaine dernière, les socialistes ont exhorté la Commission à “revoir” sa copie. Tout comme les ONG environnementales, vent debout contre cette proposition.”C’est du pur délire”, dénonce Amandine Van Den Berghe, de l’ONG ClientEarth. “Changer de cap maintenant pénaliserait fortement les grandes entreprises qui se sont engagées dans la voie du développement durable et qui ont commencé à investir de l’argent et des ressources pour se conformer à la législation”, assure-t-elle.- “Made in Europe” -L’Europe rétorque qu’elle n’entend pas remettre en cause la lutte contre le changement climatique, ni même son objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.C’est d’ailleurs pourquoi elle dévoile également mercredi sa stratégie pour soutenir la décarbonation de l’industrie européenne, baptisée “Pacte pour une industrie propre”.Dans ce document d’une vingtaine de pages figurent peu de propositions chiffrées. Il comprend toutefois une ribambelle d’incitations pour investir dans l’énergie verte, avec une emphase sur le “made in Europe”.L’Union européenne souhaite aussi proposer des achats groupés de matières premières essentielles pour l’électronique et les technologies propres, un peu à la manière de ce qu’elle a fait avec les vaccins durant la pandémie.Bruxelles pense avoir une carte à jouer dans le secteur de l’industrie propre, face au climatoscepticisme de Donald Trump.”Le fait que les Etats-Unis s’éloignent maintenant de leur programme climatique ne signifie pas que nous devrions faire de même. Au contraire. Cela signifie que nous devons aller de l’avant”, veut croire le commissaire européen à l’Energie, Dan Jørgensen.

Nouveau cap vers la Lune pour l’entreprise pionnière américaine Intuitive Machines

Après être entrée dans l’histoire en devenant la première société privée à se poser sur la Lune, l’américaine Intuitive Machines espère renouveler son exploit, en réussissant cette fois un alunissage tout en contrôle et en douceur.Une nouvelle sonde de l’entreprise texane doit mettre cette semaine le cap vers la Lune, aux côtés d’autres appareils, dont un satellite de la Nasa destiné à étudier la surface lunaire.La fusée de l’entreprise spatiale SpaceX les transportant doit décoller mercredi à partir de 19H02 locales (00:02 GMT jeudi) du Centre spatial Kennedy, sur la côte est américaine. D’autres fenêtres de lancement sont prévues en cas de mauvais temps ou d’éventuel problème de dernière minute.En février 2024, Intuitive Machines avait réussi à faire se poser une sonde sur le sol lunaire, une première mondiale. Toutefois, en raison d’une défaillance du système de navigation, cette dernière s’était approchée trop vite de la surface lunaire et avait cassé au moins l’un de ses six pieds.Une déconvenue qu’elle espère éviter cette fois avec un nouvel appareil, Athena, envoyé comme le premier pour le compte de la Nasa, l’agence spatiale américaine.Cette dernière devrait tenter un alunissage le 6 mars, a indiqué l’agence. Soit quelques jours après celui prévu par une autre entreprise américaine, Firefly Aerospace, qui doit tenter cette manœuvre complexe dimanche.- Forer le sol lunaire -La sonde Athena transportera divers objets, dont des instruments scientifiques de la Nasa, un engin destiné à mettre en place un réseau cellulaire sur la Lune, et un petit robot capable de bondir et d’aller ainsi explorer des zones difficiles d’accès.Parmi les expériences qui doivent être réalisées, la Nasa compte forer le sol lunaire et analyser “les gaz congelés” s’y trouvant, a expliqué lors d’une conférence de presse Niki Werkheiser, chargée du développement de nouvelles technologies à la Nasa.”Ces gaz pourraient constituer une ressource précieuse”, a-t-elle précisé, parlant d’une expérimentation qui devrait marquer une “étape cruciale dans la compréhension et l’exploitation des ressources lunaires en vue de futures explorations”.Avec cette mission, l’agence compte approfondir ses connaissances sur le pôle sud lunaire, où aucun humain ne s’est jamais rendu, et qui est l’objet de nombreuses convoitises car il s’y trouve de l’eau sous forme de glace.Et ce dans l’objectif de préparer de futures missions humaines prévues avec le programme Artémis. Une perspective qui pourrait toutefois être mise à mal sous la présidence de Donald Trump, qui a semé le doute sur ses volontés de retourner sur la Lune et pourrait préférer faire l’impasse pour concentrer tous les efforts sur Mars.- Cadence soutenue -Avec cette nouvelle mission évaluée à 62,5 millions de dollars, Intuitive Machines espère consolider sa position dans un marché en plein essor, les vols vers la Lune se multipliant, tant du côté des gouvernements que de celui des entreprises privées.Pour autant, “se poser sur la Lune est un véritable défi”, a rappelé Joel Kearns, haut responsable de la Nasa. L’entreprise devra donc prouver qu’elle est capable de reproduire son exploit de l’an passé, en mieux même.Tout en reconnaissant les difficultés rencontrées lors de la mission passée, Trent Martin d’Intuitive Machines a assuré que la société avait réalisé de nombreux ajustements, notamment sur l’altimètre chargé d’évaluer la hauteur de l’appareil.La Nasa a choisi voici plusieurs années de charger des sociétés privées, dont cette société texane, de l’envoi de matériel et de technologies sur la Lune – un programme baptisé CLPS et destiné à faire baisser les coûts des missions.Ce nouveau lancement d’Intuitive Machines est le quatrième mené dans le cadre de ce programme, auquel participe également la société Firefly Aerospace, depuis janvier 2024.”Nous vivons une période très chargée et passionnante dans le domaine de l’exploration lunaire et bientôt martienne”, a salué Niki Werkheiser. Et d’abonder: “nous nous attendons à une cadence encore plus soutenue à l’avenir”.

Gaza: accord pour échanger des détenus palestiniens contre les corps de quatre otages

Les médiateurs dans le conflit entre Israël et le Hamas sont parvenus, sous l’égide de l’Egypte, à obtenir un accord pour la libération des 620 Palestiniens qui devaient être relâchés samedi en échange des corps de quatre otages israéliens, a affirmé mardi le média Al-Qahera news, lié à l’Etat égyptien.L’organisation islamiste palestinienne a confirmé cet accord sur Telegram, précisant qu’il s’inscrit dans la première phase du cessez-le-feu avec Israël.Samedi, le Hamas avait bien relâché six Israéliens à l’occasion de ce qui devait être le septième échange d’otages contre des prisonniers palestiniens. Mais il avait une fois de plus mis en scène ces libérations, exhibant cinq otages sur des podiums face à la foule, devant de grandes affiches rendant hommage aux combattants du Hamas tués avant de les remettre au Comité international de la Croix-Rouge.Israël avait alors annulé la libération prévue de 620 Palestiniens, exigeant la fin des “cérémonies humiliantes”.La branche armée du Hamas avait ensuite publié, dans la soirée de samedi, une vidéo apparemment tournée dans la journée à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, montrant deux otages regardant ces libérations et suppliant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’agir pour eux.Le Forum des familles d’otages avait dénoncé une “démonstration de cruauté particulièrement écoeurante”. Le CICR a exhorté toutes les parties à procéder aux échanges de prisonniers et d’otages “de manière digne et privée”.En réponse à la suspension de la libération des prisonniers, le Hamas avait accusé Israël de “mettre en grave danger tout l’accord de trêve”, et appelé les pays médiateurs à intervenir.L’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, est attendu dans la région cette semaine pour tenter d’obtenir une prolongation de la première phase du fragile cessez-le-feu, entré en vigueur le 19 janvier à Gaza après 15 mois de guerre.Cette première phase est censée prendre fin samedi 1er mars. Mais les négociations prévues sur la suite du processus, qui devaient commencer début février, n’ont toujours pas démarré.La deuxième phase est censée mettre fin définitivement à la guerre, ce à quoi l’extrême droite israélienne alliée du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose, menaçant la survie de son gouvernement. Le Hamas s’est pour sa part dit prêt à libérer “en une seule fois” tous les otages restants durant cette deuxième phase.- Funérailles de la famille Bibas -Sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre, 62 restent retenus à Gaza dont 35 sont morts, selon l’armée israélienne. Selon le Hamas, seuls quatre otages morts doivent encore être rendus à Israël durant la première phase de l’accord.La troisième et dernière phase de l’accord doit ensuite être consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza.En Israël, des centaines de personnes, dont le président Isaac Herzog, ont participé mardi aux funérailles d’Oded Lifshitz, un militant pacifiste et ancien journaliste pris en otage par le Hamas pendant l’attaque du 7-Octobre, mort en captivité et dont le corps a été restitué la semaine dernière.”Nous avons combattu toutes ces années pour la justice sociale et la paix. Malheureusement, nous avons reçu un coup terrible de ceux que nous avons aidés de l’autre coté”, a déclaré son épouse, Yocheved Lifshitz, enlevée en même temps que lui dans le kibboutz Nir Oz et libérée quelques semaines plus tard.Trois autres Israéliens enlevés à Nir Oz, Shriri Bibas, 32 ans, et ses deux garçonnets Ariel et Kfir, âgés respectivement de quatre ans et huit mois et demi, seront enterrés mercredi, a annoncé Yarden Bibas, le père de famille désormais veuf, et sa belle-soeur Dana Siton Silberman.Compte tenu des marques de soutien “en provenance de tout Israël et du monde entier”, l’itinéraire de la procession funèbre a été rendu public “pour permettre à tous ceux qui le veulent d’accompagner nos êtres chers”, ont-ils indiqué dans un communiqué, les funérailles elles-mêmes devant avoir lieu dans l’intimité familiale à Zohar, près de la bande de Gaza.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.