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Immigration: Bayrou menace de remettre en cause les accords de 1968 avec l’Algérie

Pas de volonté d'”escalade” avec l’Algérie, mais une menace de remettre en cause les accords de 1968: François Bayrou a réuni mercredi un comité interministériel sur l’immigration, sur fond de tensions croissantes avec Alger, ravivées avec l’attentat de Mulhouse.S’exprimant devant la presse à l’issue de ce comité, qui a rassemblé à Matignon une partie de son gouvernement, le Premier ministre a assuré qu’il ne voulait pas d'”escalade” avec l’Algérie.”Mais notre idée est que personne n’ignore la volonté du gouvernement français de ne pas accepter que perdure une situation aussi dommageable pour les relations entre l’Algérie et la France et pour la société française”, a ajouté M. Bayrou.Annoncé fin janvier puis reporté, ce comité interministériel s’est tenu quatre jours après l’attaque au couteau à Mulhouse (Haut-Rhin), perpétrée par un Algérien en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une personne a été tuée et six autres blessées.”Les victimes (…) sont les victimes directes du refus d’application” des accords de 1968 entre Paris et Alger, a déploré le chef du gouvernement, précisant que l’assaillant avait été présenté “quatorze fois” aux autorités algériennes qui ont toujours refusé de le reprendre.La France, a-t-il indiqué, va demander à Alger “que soit réexaminée la totalité des accords et la manière dont (ils) sont exécutés”, dans un délai d'”un mois, six semaines”.”Pendant ce temps, va être présenté au gouvernement algérien une liste +d’urgence+ de personnes qui doivent pouvoir retourner dans leur pays et que nous considérons comme particulièrement sensibles”, a-t-il ajouté, sans en préciser le nombre.”S’il n’y avait pas de réponse au bout du chemin, il n’y a pas de doute que c’est la dénonciation des accords qui serait la seule issue possible”, même si “ce n’est pas celle que nous souhaitons”, a encore prévenu le Premier ministre. Les accords de 1968, qui donnent un statut particulier unique pour les Algériens, ont déjà été révisés à trois reprises depuis 1968. Paris et Alger avaient convenu en 2022 de les modifier une nouvelle fois, mais sans concrétisation à ce jour.Sur l’immigration irrégulière, François Bayrou a évoqué la généralisation de la “force frontière” déjà expérimentée à la frontière franco-italienne, regroupant la police, la gendarmerie et les douanes.Quant à l’immigration régulière, il a demandé un “audit interministériel” sur la “politique de délivrance des visas” par la France aux inspections générales de la police et des Affaires étrangères. Délivrance qui “tiendra compte de la qualité de la coopération migratoire des pays d’origine”.”Le travail, la langue et l’acceptation de nos principes. Voilà les trois éléments qui permettent que l’intégration ait lieu pour ceux qui sont sur notre sol légalement”, a-t-il résumé.- “Étonnement” d’Alger -Autour du chef du gouvernement, les ministres Élisabeth Borne (Éducation), Gérald Darmanin (Justice), Bruno Retailleau (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail), Yannick Neuder (Santé) ou encore Patricia Mirallès (Anciens combattants) ont également abordé la transposition du Pacte européen asile et migration, adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026.Ce texte prévoit un durcissement du “filtrage” aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27. Mais la crise avec Alger a été au centre des attentions.Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a révélé mardi que des “mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire national pour certains dignitaires algériens” avaient été prises, ajoutant mercredi qu’elles dataient d'”il y a quelques semaines”, donc avant l’attentat. Elles concernent “quelques centaines de personnes”, a précisé François Bayrou. Ces mesures ont suscité “l’étonnement” des autorités algériennes qui ont dénoncé une nouvelle “provocation”. Les relations entre Paris et Alger se sont détériorées depuis l’été 2024 avec l’annonce de l’appui de la France au plan d’autonomie marocain pour le territoire disputé du Sahara occidental. Et les rapports se sont encore tendus ces dernières semaines avec la détention de l’écrivain Boualem Sansal et l’arrestation en France de plusieurs influenceurs algériens pour apologie de la violence.Mercredi soir, le Conseil de la nation, équivalent du Sénat en Algérie, a annoncé la “suspension de ses relations” avec le Sénat français, pour protester contre la visite de son président Gérard Larcher au Sahara occidental.Quant à Boualem Sansal, François Bayrou a réaffirmé sa “grande inquiétude” concernant “la santé et les pressions” exercées sur l’écrivain franco-algérien.bat-gbh-are-bpa/sde/mpm

Roumanie : inculpation du candidat d’extrême droite Calin Georgescu

Soupçonné d’avoir bénéficié d’une ingérence russe pendant l’élection présidentielle roumaine en novembre, finalement annulée, le candidat d’extrême droite arrivé en tête du premier tour Calin Georgescu a été inculpé mercredi et placé sous contrôle judiciaire.”Le procureur a ordonné l’ouverture de poursuites pénales” à son encontre au titre de fausses déclarations sur le financement de sa campagne et sur son patrimoine, ainsi que pour de multiples autres chefs, a annoncé le parquet.Tandis que ses partisans se massaient devant les locaux du parquet en criant “Georgescu président !”, des perquisitions ont eu lieu aux quatre coins de la Roumanie. La police avait interpellé Calin Georgescu plus tôt dans la journée, interceptant sa voiture pour le conduire sous bonne escorte au bureau du procureur général.Selon le communiqué du parquet, il doit désormais faire face à toute une liste d’accusations. Parmi celles-ci figurent l’incitation à des actions anticonstitutionnelles, la communication de fausses informations, l’organisation d’un groupe raciste et l’apologie de crimes de guerre.- “Inventions” -Autant d'”inventions”, selon Calin Georgescu, 62 ans, qui visent à “justifier le vol des élections” et à l’empêcher de se présenter à nouveau au scrutin, prévu pour avoir lieu en mai prochain. A sa sortie dans la soirée, il a fustigé un “système corrompu à l’agonie”, dont “l’initiative désespérée” de l’inculper a été décidée “avec Bruxelles”. Il a dit compter sur le soutien des États-Unis. Placé sous contrôle judiciaire, selon une source judiciaire, il a désormais les obligations suivantes : il ne doit pas quitter la Roumanie, utiliser ses comptes sur les réseaux sociaux ni porter une arme et devra pointer régulièrement auprès de la police.Le milliardaire américain Elon Musk a écrit sur X que “la personne” qui avait “recueilli le plus de voix à l’élection” venait d’être “arrêtée”. “C’est n’importe quoi”, a-t-il tranché. Il avait déjà à plusieurs reprises pris position pour Calin Georgescu ces dernières semaines.L’inculpation a fait aussi dire au Premier ministre social-démocrate roumain Marcel Ciolacu sur X que dans l’actuel contexte électoral, la justice a “le devoir de présenter au public des preuves extrêmement solides”, un “candidat potentiel” étant “impliqué”.Dans le camp de M. Georgescu, l’autre figure nationale de l’extrême droite roumaine, George Simion, réclame des Roumains qu’ils ne “restent pas les bras croisés” devant ce “coup d’État” et affluent devant les locaux du parquet. Jusqu’alors peu connu, Calin Georgescu était arrivé en tête du premier tour à l’élection présidentielle du 24 novembre. Fait rare dans l’Union européenne (UE), la Cour constitutionnelle avait annulé ce scrutin à la suite d’allégations d’ingérence russe.Il est soupçonné d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite sur la plateforme TikTok. La Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête.En janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait refusé de suspendre l’annulation du scrutin après sa requête.

Roumanie : inculpation du candidat d’extrême droite Calin Georgescu

Soupçonné d’avoir bénéficié d’une ingérence russe pendant l’élection présidentielle roumaine en novembre, finalement annulée, le candidat d’extrême droite arrivé en tête du premier tour Calin Georgescu a été inculpé mercredi et placé sous contrôle judiciaire.”Le procureur a ordonné l’ouverture de poursuites pénales” à son encontre au titre de fausses déclarations sur le financement de sa …

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L’état du pape François connaît une “nouvelle légère amélioration”, selon le Vatican

L’état de santé du pape François, hospitalisé pour une pneumonie aux deux poumons, est en “légère amélioration”, a annoncé mercredi soir le Vatican dans un bulletin de santé à la tonalité rassurante, précisant toutefois que le pronostic du pontife de 88 ans reste “réservé”.”Les conditions cliniques du Saint-Père ont enregistré ces dernières 24 heures une nouvelle légère amélioration”, a indiqué le Saint-Siège au 13e jour de son hospitalisation.”Il a passé l’après-midi à travailler”, a-t-il ajouté, tenant visiblement à montrer que le chef de l’Église catholique tient toujours la barre. Le pape avait reçu lundi la visite de son secrétaire d’État, le cardinal italien Pietro Parolin, et d’Edgar Peña Parra, respectivement N°2 et N°3 du Saint-Siège. Au cours de leur première visite depuis son admission à l’hôpital Gemelli de Rome, le pape a autorisé deux canonisations et convoqué un consistoire (assemblée de cardinaux), dont la date n’a pas été précisée.”La légère insuffisance rénale observée ces derniers jours a disparu”, souligne aussi ce dernier bulletin de santé. Cette insuffisance rénale pouvait faire craindre un début de septicémie, c’est-à-dire un passage dans le sang de l’infection présente dans les poumons.L’annonce de cette “amélioration” intervient alors que l’état de santé du chef de l’Église catholique, qui suscite l’inquiétude à travers le monde, s’était dégradé samedi avec “une crise asthmatique prolongée” et des problèmes hématologiques ayant requis une transfusion sanguine.En outre, le Vatican met en avant mercredi le résultat d’un scanner réalisé mardi, “qui a montré une évolution normale de l’inflammation pulmonaire”. Les examens réalisés mercredi, notamment sanguins, ont confirmé “l’amélioration observée” mardi.Par ailleurs, Jorge Bergoglio, qui continue à recevoir “de l’oxygène à haut débit”, poursuit sa “physiothérapie respiratoire”.François avait été initialement hospitalisé le 14 février pour une bronchite mais celle-ci a évolué en double pneumonie.Cette hospitalisation, la quatrième mais aussi la plus longue depuis le début de son pontificat en 2013, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.L’hospitalisation du pontife, à la fois chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques et chef de l’État de la Cité du Vatican, a relancé les interrogations autour de sa capacité à assumer ses fonctions. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altérerait sa lucidité.Elle relance également les conjectures sur la possible démission de François, qui a cependant dit plusieurs fois que ce moment n’était pas arrivé.

L’état du pape François connaît une “nouvelle légère amélioration”, selon le Vatican

L’état de santé du pape François, hospitalisé pour une pneumonie aux deux poumons, est en “légère amélioration”, a annoncé mercredi soir le Vatican dans un bulletin de santé à la tonalité rassurante, précisant toutefois que le pronostic du pontife de 88 ans reste “réservé”.”Les conditions cliniques du Saint-Père ont enregistré ces dernières 24 heures une …

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Musk en vedette du premier conseil des ministres de Trump 2.0

Les ministres sont “enchantés” de l’action d’Elon Musk, a assuré Donald Trump mercredi lors de la première réunion de son équipe gouvernementale, avec le patron de Tesla et SpaceX en invité d’honneur.Le multimilliardaire, dont la mission de réforme de l’appareil fédéral n’en finit pas de secouer Washington, a appelé à cette occasion à “agir rapidement” pour réduire le déficit du budget national.Le “cabinet meeting” convoqué par Donald Trump n’est pas réellement comparable à un conseil des ministres hebdomadaire tel qu’il se passe en France, puisqu’aux Etats-Unis, en l’absence de Premier ministre, le président est le chef du gouvernement.Il s’agit d’un rendez-vous plus rare, au cours duquel le chef de l’Etat expose sa stratégie et vante ses accomplissements, ce dont Donald Trump ne s’est pas privé, tout en mettant en scène sa proximité avec Elon Musk à l’heure où la presse américaine fait état de tiraillements entre l’homme le plus riche du monde et certains ministres.Habillé tout en noir comme à son habitude et coiffé d’une casquette, Elon Musk a été invité par Donald Trump à s’exprimer juste après lui, devant les journalistes présents et le gouvernement au complet. Il s’est présenté comme un “modeste technicien informatique”.- “Menaces de mort” -Applaudi par les ministres, il a assuré que Donald Trump avait constitué “le meilleur gouvernement de l’histoire”, tout en disant qu'”il avait reçu des “menaces de mort”.”Nous ferons des erreurs. Nous ne serons pas parfaits”, a dit Elon Musk, en promettant toutefois de les réparer “rapidement”. Il a donné l’exemple suivant: “L’une des choses que nous avons accidentellement supprimées était le programme de prévention contre le virus Ebola”. Il a été selon lui “rétabli”.D’après les médias américains, les agences fédérales ont été sommées de préparer des réductions massives d’effectifs, et le président américain a d’ores et déjà fait savoir que 65% des fonctionnaires fédéraux travaillant pour l’Agence de protection de l’environnement seraient congédiés.Il a aussi assuré que les fonctionnaires ne répondant pas à un courrier électronique très critiqué d’Elon Musk les sommant de détailler cinq tâches accomplies la semaine dernière étaient “en sursis”.La réunion de lundi a permis à Donald Trump, maître incontesté du parti républicain, de montrer que la plupart de ses choix de ministres, même les plus critiqués, ont été validés sans problème par le Sénat, comme le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr à la Santé ou l’ancien animateur télé Pete Hegseth à la Défense.- Reprise en main -Patron de Tesla ainsi que de Space X et propriétaire du réseau social X, Elon Musk a été invité en tant que chef de la commission à l’efficacité gouvernementale (Doge), chargée de réduire drastiquement les dépenses de l’administration.Même si son nom en anglais comporte le mot “département”, normalement réservé aux ministères, le Doge est un organisme de conseil rattaché directement au président, et l’homme le plus riche du monde n’est pas un ministre, une fonction qui créerait des obligations légales et déontologiques particulières. Donald Trump s’est déjà posé en principal animateur de l’action gouvernementale, signant décret sur décret, avec une intention affichée d’étendre autant que possible ses prérogatives, en particulier face au Congrès.Au-delà de la présence d’Elon Musk, ce premier conseil ministériel du second mandat Trump avait une autre particularité: il se déroule après que la Maison Blanche a totalement repris en main l’accès de la presse, rompant avec un système géré depuis des décennies par les journalistes eux-mêmes.Depuis mardi, ce n’est plus l’Association des correspondants à la Maison Blanche qui décide quels journalistes sont admis au plus près du président via le “pool” présidentiel, mais l’équipe de communication de l’exécutif.