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COP16 biodiversité: sprint final à Rome pour un accord sur la finance pour la nature

Riches nations et pays en développement, d’accord sur l’urgence pour l’humanité de stopper sa destruction de la nature, se livrent une ultime bataille jeudi à Rome sur le financement de cet objectif vital, quatre mois après l’échec des négociations de la COP16 en Colombie.Le temps manque mais les milliards de dollars aussi pour que le monde tienne son objectif de cesser d’ici 2030 la déforestation, la surexploitation des ressources et les pollutions qui mettent en péril l’alimentation de l’humanité, la régulation du climat et la survie d’un million d’espèces, menacées d’extinction.Ce dessein, fruit de l’accord historique de Kunming-Montréal scellé fin 2022 lors de la 15e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), s’incarne dans un programme de 23 objectifs à réaliser d’ici 2030. Le plus emblématique prévoit de placer 30% des terres et mer dans des aires protégées (contre 17% et 8% actuellement, selon l’ONU).Deux ans plus tard, les 196 pays signataires de la CDB devaient s’accorder à la COP16 de Cali sur la manière de résoudre la faiblesse de financement de cette ambitieuse feuille de route.Celle-ci prévoit que le monde porte à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 les dépenses consacrées à la nature, dont 30 milliards d’aide fournie par les pays développés aux pays pauvres (contre environ 15 milliards en 2022).- Créer un fonds ? -La manière dont l’argent doit être récolté et partagé est devenue toutefois si controversée, entre les grandes puissances et le reste du monde, qu’ils se sont quittés à Cali le 2 novembre sans accord, les obligeant à une prolongation à Rome, débutée mardi au siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).Après deux jours de négociations au bord du Circus Maximus, sur fond de détérioration des relations internationales et de guerres commerciales, les négociateurs ont reçu mercredi en fin de journée un nouveau texte établi par la présidence colombienne, qui cherche à naviguer entre les lignes rouges de chaque bloc.Le principal point d’achoppement est la revendication des pays en développement de créer un fonds dédié à la protection de la nature et placé sous l’autorité de la COP, comme prévu par le texte de la convention sur la biodiversité de 1992.Mais les pays développés – menés par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des États-Unis, non-signataires de la convention mais important contributeur financier – y sont hostiles: ils craignent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Le compromis de la présidence colombienne prévoit d'”améliorer les performances” des instruments existants, en premier lieu le Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire adoptée en 2022 et modestement dotée (400 millions de dollars).Le texte renvoie ensuite à la COP18, en 2028, le soin de décider s’il faut un nouveau fonds ou si ces instruments existants peuvent être transformés pour correspondre aux attentes des pays en développement, nombreux, pays africains en tête, à les juger inéquitables et difficiles d’accès.”Nous n’avons pas de temps à perdre, le monde nous regarde et nous avons la responsabilité de lui montrer que le multilatéralisme peut marcher”, a exhorté en plénière le ministre canadien de l’Environnement Steven Guilbeault, pour encourager à accepter le compromis.”Il s’agit d’un texte très soigneusement équilibré”, a abondé le représentant du Royaume-Uni, tandis que la ministre française Agnès Pannier-Runacher appelait à se résigner: “les textes satisfaisants pour tout le monde, ça n’existe pas”, a-t-elle déclaré à la presse.”Nous sommes réellement déçus”, leur a répondu le Brésil, par la voix de sa négociatrice en cheffe, Maria-Angelica Ikeda. La création d’un nouveau fonds “aurait dû être construite à la COP1 et nous avons seulement 15 COP de retard”, soit 30 ans, a-t-elle regretté.Le texte de compromis prévoit une feuille de route pour améliorer d’ici 2030 les différents circuits financiers destinés à la sauvegarde de la nature, afin de répondre aux difficultés des pays pauvres et endettés.Mais “il s’agit d’un processus extrêmement lourd avec de nombreuses étapes”, faisant peser la menace d’une “paralysie bureaucratique”, a déploré le délégué égyptien, tandis que la République démocratique du Congo multipliait les prises de paroles scandalisées.Les débats doivent reprendre à 10H00 et sont censés se conclure dans la soirée, même si la perspective d’une prolongation vendredi reste envisageable.

COP16 biodiversité: sprint final à Rome pour un accord sur la finance pour la nature

Riches nations et pays en développement, d’accord sur l’urgence pour l’humanité de stopper sa destruction de la nature, se livrent une ultime bataille jeudi à Rome sur le financement de cet objectif vital, quatre mois après l’échec des négociations de la COP16 en Colombie.Le temps manque mais les milliards de dollars aussi pour que le monde tienne son objectif de cesser d’ici 2030 la déforestation, la surexploitation des ressources et les pollutions qui mettent en péril l’alimentation de l’humanité, la régulation du climat et la survie d’un million d’espèces, menacées d’extinction.Ce dessein, fruit de l’accord historique de Kunming-Montréal scellé fin 2022 lors de la 15e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB), s’incarne dans un programme de 23 objectifs à réaliser d’ici 2030. Le plus emblématique prévoit de placer 30% des terres et mer dans des aires protégées (contre 17% et 8% actuellement, selon l’ONU).Deux ans plus tard, les 196 pays signataires de la CDB devaient s’accorder à la COP16 de Cali sur la manière de résoudre la faiblesse de financement de cette ambitieuse feuille de route.Celle-ci prévoit que le monde porte à 200 milliards de dollars par an d’ici 2030 les dépenses consacrées à la nature, dont 30 milliards d’aide fournie par les pays développés aux pays pauvres (contre environ 15 milliards en 2022).- Créer un fonds ? -La manière dont l’argent doit être récolté et partagé est devenue toutefois si controversée, entre les grandes puissances et le reste du monde, qu’ils se sont quittés à Cali le 2 novembre sans accord, les obligeant à une prolongation à Rome, débutée mardi au siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture).Après deux jours de négociations au bord du Circus Maximus, sur fond de détérioration des relations internationales et de guerres commerciales, les négociateurs ont reçu mercredi en fin de journée un nouveau texte établi par la présidence colombienne, qui cherche à naviguer entre les lignes rouges de chaque bloc.Le principal point d’achoppement est la revendication des pays en développement de créer un fonds dédié à la protection de la nature et placé sous l’autorité de la COP, comme prévu par le texte de la convention sur la biodiversité de 1992.Mais les pays développés – menés par l’Union européenne, le Japon et le Canada en l’absence des États-Unis, non-signataires de la convention mais important contributeur financier – y sont hostiles: ils craignent une fragmentation de l’aide au développement, déjà fragilisée par les crises budgétaires et l’effacement des Américains depuis l’élection de Donald Trump.Le compromis de la présidence colombienne prévoit d'”améliorer les performances” des instruments existants, en premier lieu le Fonds mondial pour l’Environnement (GEF, en anglais) et le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF, en anglais), une solution provisoire adoptée en 2022 et modestement dotée (400 millions de dollars).Le texte renvoie ensuite à la COP18, en 2028, le soin de décider s’il faut un nouveau fonds ou si ces instruments existants peuvent être transformés pour correspondre aux attentes des pays en développement, nombreux, pays africains en tête, à les juger inéquitables et difficiles d’accès.”Nous n’avons pas de temps à perdre, le monde nous regarde et nous avons la responsabilité de lui montrer que le multilatéralisme peut marcher”, a exhorté en plénière le ministre canadien de l’Environnement Steven Guilbeault, pour encourager à accepter le compromis.”Il s’agit d’un texte très soigneusement équilibré”, a abondé le représentant du Royaume-Uni, tandis que la ministre française Agnès Pannier-Runacher appelait à se résigner: “les textes satisfaisants pour tout le monde, ça n’existe pas”, a-t-elle déclaré à la presse.”Nous sommes réellement déçus”, leur a répondu le Brésil, par la voix de sa négociatrice en cheffe, Maria-Angelica Ikeda. La création d’un nouveau fonds “aurait dû être construite à la COP1 et nous avons seulement 15 COP de retard”, soit 30 ans, a-t-elle regretté.Le texte de compromis prévoit une feuille de route pour améliorer d’ici 2030 les différents circuits financiers destinés à la sauvegarde de la nature, afin de répondre aux difficultés des pays pauvres et endettés.Mais “il s’agit d’un processus extrêmement lourd avec de nombreuses étapes”, faisant peser la menace d’une “paralysie bureaucratique”, a déploré le délégué égyptien, tandis que la République démocratique du Congo multipliait les prises de paroles scandalisées.Les débats doivent reprendre à 10H00 et sont censés se conclure dans la soirée, même si la perspective d’une prolongation vendredi reste envisageable.

Les corps de quatre otages israéliens restitués, quelque 600 prisonniers palestiniens libérés

Le Hamas a restitué dans la nuit de mercredi à jeudi quatre corps d’otages israéliens morts à Gaza, une restitution accompagnée par la libération de quelque 600 prisonniers palestiniens, dans le cadre de l’accord de trêve à Gaza, dont la première phase expire samedi.Un bus transportant des détenus palestiniens libérés est arrivé à Ramallah, en Cisjordanie occupée, où les ex-prisonniers ont été accueillis par une foule en liesse, a constaté un journaliste de l’AFP.Portant le traditionnel keffieh et des vestes pour couvrir leurs uniformes de prison, les prisonniers libérés sont descendus du bus devant une foule compacte qui les a acclamés, avant de se soumettre à un rapide bilan de santé.Des sources de sécurité et des témoins ont par ailleurs fait état de l’arrivée de centaines de prisonniers à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.Israël a de son côté confirmé avoir réceptionné les cercueils de “quatre otages tombés” et indiqué avoir entamé le processus d’identification.Il s’agit du dernier échange prévu dans le cadre de la première phase de la trêve négociée via la médiation de trois pays — Qatar, Egypte, Etats-Unis — et entrée en vigueur le 19 janvier dans la bande de Gaza après quinze mois de guerre.Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé que la remise se fasse “sans cérémonies du Hamas”, contrairement aux précédents échanges.La première phase de la trêve doit s’achever le 1er mars. En incluant les restitutions de la nuit, elle a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés. Environ 1.700 Palestiniens ont été libérés.- Pas de “fausses excuses” -Le Hamas a confirmé jeudi avoir réceptionné “600” prisonniers et estimé qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations pour la deuxième phase du cessez-le-feu.”Il n’a pas d’autre choix que de démarrer des négociations pour la deuxième phase”, a jugé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué, assurant avoir fait en sorte qu’Israël ne puisse pas avoir de “fausses excuses” pour faire échouer le processus.Selon les médias israéliens, les quatre otages dont les corps devaient être restitués sont Ohad Yahalomi, Tsachi Idan, Itzik Elgarat et Shlomo Mansour, confirmant ainsi les identités publiées plus tôt par le Hamas.Deux responsables du mouvement islamiste palestinien avaient affirmé à l’AFP que 625 prisonniers palestiniens seraient libérés en échange.Selon une de ces sources, il s’agit de 602 Palestiniens qui auraient dû sortir de prison le 22 février en échange de six Israéliens relâchés par le Hamas, et de 23 femmes et mineurs.Israël avait annulé au dernier moment les sorties de prison prévues samedi dernier, exigeant la fin des “cérémonies humiliantes” organisées par le Hamas quasiment à chaque remise d’otages.Ces mises en scène, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, ont été dénoncées à plusieurs reprises notamment par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.- “Beaucoup de progrès” -L’incertitude pèse sur la suite du cessez-le-feu: les termes de la deuxième étape, censée débuter le 2 mars et déboucher sur la fin définitive de la guerre et la libération de tous les otages encore retenus à Gaza, n’ont toujours pas été négociés.Mercredi encore, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé des postes de lancement de projectiles à Gaza, après avoir identifié plus tôt un tir, retombé dans le territoire palestinien. Mardi soir, l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a cependant fait état de “beaucoup de progrès” en vue d’une reprise des pourparlers. Il a annoncé qu’Israël envoyait une équipe de négociateurs “soit à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer”.Israël n’a pas confirmé cette information.Le Hamas s’était auparavant dit prêt à remettre à Israël tous les otages restant “en une seule fois” durant cette deuxième phase. Avant l’échange de la nuit, sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre en Israël, 62 étaient toujours retenus à Gaza, dont 35 morts, selon l’armée israélienne.- “Ils sont revenus, mais pas vivants” -En Israël, des dizaines de milliers de personnes ont salué mercredi le long des routes le passage du cortège funéraire de Shiri Bibas et ses deux petits garçons, tués en captivité à Gaza et devenus le symbole de la tragédie des otages. La semaine dernière, le retour de leurs dépouilles avait profondément ému en Israël et au-delà.”Shiri, je vous demande pardon pour ne pas avoir pu vous protéger”, a lancé son époux, Yarden Bibas, libéré de Gaza le 1er février, dans son éloge funèbre empreint d’émotion, dans un cimetière près du kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël, où la famille avait été enlevée.Lors des funérailles, la famille a demandé à tous les responsables israéliens d’assumer la responsabilité de la mort de leurs proches en captivité. “Ils auraient pu vous sauver mais ont préféré la vengeance”, a lancé Ofri Bibas, belle-sœur de Shiri.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. Au total, 251 personnes avaient été enlevées.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Les corps de quatre otages israéliens restitués, quelque 600 prisonniers palestiniens libérés

Le Hamas a restitué dans la nuit de mercredi à jeudi quatre corps d’otages israéliens morts à Gaza, une restitution accompagnée par la libération de quelque 600 prisonniers palestiniens, dans le cadre de l’accord de trêve à Gaza, dont la première phase expire samedi.Un bus transportant des détenus palestiniens libérés est arrivé à Ramallah, en Cisjordanie occupée, où les ex-prisonniers ont été accueillis par une foule en liesse, a constaté un journaliste de l’AFP.Portant le traditionnel keffieh et des vestes pour couvrir leurs uniformes de prison, les prisonniers libérés sont descendus du bus devant une foule compacte qui les a acclamés, avant de se soumettre à un rapide bilan de santé.Des sources de sécurité et des témoins ont par ailleurs fait état de l’arrivée de centaines de prisonniers à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.Israël a de son côté confirmé avoir réceptionné les cercueils de “quatre otages tombés” et indiqué avoir entamé le processus d’identification.Il s’agit du dernier échange prévu dans le cadre de la première phase de la trêve négociée via la médiation de trois pays — Qatar, Egypte, Etats-Unis — et entrée en vigueur le 19 janvier dans la bande de Gaza après quinze mois de guerre.Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait exigé que la remise se fasse “sans cérémonies du Hamas”, contrairement aux précédents échanges.La première phase de la trêve doit s’achever le 1er mars. En incluant les restitutions de la nuit, elle a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés. Environ 1.700 Palestiniens ont été libérés.- Pas de “fausses excuses” -Le Hamas a confirmé jeudi avoir réceptionné “600” prisonniers et estimé qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations pour la deuxième phase du cessez-le-feu.”Il n’a pas d’autre choix que de démarrer des négociations pour la deuxième phase”, a jugé le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué, assurant avoir fait en sorte qu’Israël ne puisse pas avoir de “fausses excuses” pour faire échouer le processus.Selon les médias israéliens, les quatre otages dont les corps devaient être restitués sont Ohad Yahalomi, Tsachi Idan, Itzik Elgarat et Shlomo Mansour, confirmant ainsi les identités publiées plus tôt par le Hamas.Deux responsables du mouvement islamiste palestinien avaient affirmé à l’AFP que 625 prisonniers palestiniens seraient libérés en échange.Selon une de ces sources, il s’agit de 602 Palestiniens qui auraient dû sortir de prison le 22 février en échange de six Israéliens relâchés par le Hamas, et de 23 femmes et mineurs.Israël avait annulé au dernier moment les sorties de prison prévues samedi dernier, exigeant la fin des “cérémonies humiliantes” organisées par le Hamas quasiment à chaque remise d’otages.Ces mises en scène, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, ont été dénoncées à plusieurs reprises notamment par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.- “Beaucoup de progrès” -L’incertitude pèse sur la suite du cessez-le-feu: les termes de la deuxième étape, censée débuter le 2 mars et déboucher sur la fin définitive de la guerre et la libération de tous les otages encore retenus à Gaza, n’ont toujours pas été négociés.Mercredi encore, l’armée israélienne a indiqué avoir frappé des postes de lancement de projectiles à Gaza, après avoir identifié plus tôt un tir, retombé dans le territoire palestinien. Mardi soir, l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a cependant fait état de “beaucoup de progrès” en vue d’une reprise des pourparlers. Il a annoncé qu’Israël envoyait une équipe de négociateurs “soit à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer”.Israël n’a pas confirmé cette information.Le Hamas s’était auparavant dit prêt à remettre à Israël tous les otages restant “en une seule fois” durant cette deuxième phase. Avant l’échange de la nuit, sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre en Israël, 62 étaient toujours retenus à Gaza, dont 35 morts, selon l’armée israélienne.- “Ils sont revenus, mais pas vivants” -En Israël, des dizaines de milliers de personnes ont salué mercredi le long des routes le passage du cortège funéraire de Shiri Bibas et ses deux petits garçons, tués en captivité à Gaza et devenus le symbole de la tragédie des otages. La semaine dernière, le retour de leurs dépouilles avait profondément ému en Israël et au-delà.”Shiri, je vous demande pardon pour ne pas avoir pu vous protéger”, a lancé son époux, Yarden Bibas, libéré de Gaza le 1er février, dans son éloge funèbre empreint d’émotion, dans un cimetière près du kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël, où la famille avait été enlevée.Lors des funérailles, la famille a demandé à tous les responsables israéliens d’assumer la responsabilité de la mort de leurs proches en captivité. “Ils auraient pu vous sauver mais ont préféré la vengeance”, a lancé Ofri Bibas, belle-sœur de Shiri.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.215 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. Au total, 251 personnes avaient été enlevées.L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Arrêt du chantier ou pas: décision-clé jeudi sur le sort de l’A69

Le bitume n’a pas encore été coulé, mais le tracé est en partie réalisé. La justice administrative doit annoncer jeudi si elle met à l’arrêt le colossal chantier de l’A69 qui déjà s’étend sur des dizaines de kilomètres entre Toulouse et Castres, retoquant alors la première infrastructure routière de cette envergure en France.Sur le terrain, les récurrentes actions et manifestations d’opposition se sont taries dans l’attente de la décision du tribunal administratif de Toulouse. Si deux “écureuils” occupent encore un arbre marqué pour être abattu, les militants contre l’A69 patientent sereinement et se disent “très confiants”.  Il faut dire que par deux fois, la rapporteure publique, dont les avis sont régulièrement suivis, a demandé au tribunal administratif de Toulouse “l’annulation totale” de l’arrêté préfectoral qui a permis d’entamer le chantier en 2023. À l’audience du 18 février, cette magistrate, Mona Rousseau, a réaffirmé que les gains espérés de la future autoroute n’étaient pas suffisants pour établir une “raison impérative d’intérêt public majeur” (RIIPM) justifiant les atteintes à l’environnement commises par le projet.Pour ses promoteurs, cet axe de 53 km vise avant tout à désenclaver “le bassin de vie” du sud du Tarn, qui “a besoin de se connecter aux équipements de la capitale régionale” Toulouse, comme l’aéroport ou les hôpitaux, a souligné Yasser Abdoulhoussen, directeur de projet, chargé du pilotage de l’A69 à la préfecture du Tarn.Aussi, à moins que le tribunal ne décide de reporter sa décision, de ne se prononcer que partiellement ou de s’en remettre au Conseil d’État, deux possibilités s’offrent à lui: annuler ou non l’arrêté préfectoral, ce qui engendrerait soit l’arrêt immédiat du chantier, soit, à l’inverse, la poursuite normale des travaux de l’autoroute dont l’ouverture était initialement prévue fin 2025.Quelle que soit la décision, il y aura un appel puis sans doute un recours devant le Conseil d’État. “Donc on va en parler encore pendant des années”, explique à l’AFP Julien Bétaille, maître de conférences en droit de l’environnement à l’université Toulouse Capitole.- “Sursaut prometteur” -Si les anti-A69 obtiennent gain de cause, ce sera un “message fort pour la justice environnementale”, estime l’une de leurs avocates, Alice Terrasse, qui espère “un sursaut prometteur” du tribunal.”Juridiquement, ce ne serait pas une surprise”, commente M. Bétaille, qui juge que cette décision serait “logique” au regard de “l’évolution de la jurisprudence” et du “contexte de changement climatique, d’érosion de la biodiversité”.Mais “statistiquement”, ce serait une “anomalie”, reprend-il, car “dans tout l’historique de la jurisprudence sur les autoroutes en France, aucun projet autoroutier n’a été annulé pour des raisons environnementales”.Pour l’expert, cela signifierait qu'”un verrou a sauté dans la mentalité du juge administratif”, qui accepterait ainsi “de s’attaquer aux autoroutes”. De fait, ce serait la première fois en France qu’une infrastructure routière d’une telle importance est interrompue par un jugement, et non par une décision politique, comme l’abandon du projet d’A45 Lyon/Saint-Étienne en 2018.Le cas du contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne, retoqué par la justice administrative, concerne un ouvrage de moindre envergure, avec un budget initial plus de dix fois inférieur aux 450 millions d’euros que doit coûter l’A69.- “Plusieurs millions d’euros” -Plaidant pour la poursuite du chantier, Atosca, constructeur et futur concessionnaire de l’autoroute, affirme avoir “désormais concrétisé plus de 300 millions d’euros, soit 65% du budget total du chantier”.En outre, l’arrêt du chantier serait coûteux, font valoir l’État et Atosca. Il faudrait stabiliser des ouvrages en cours de réalisation, protéger ceux déjà édifiés, surveiller des matériels entreposés ou encore installer des clôtures autour des bassins et fossés ouverts.Cette sécurisation du chantier, ajoutée à l’application des clauses de suspension du contrat, coûterait plusieurs millions d’euros, ajoutent-ils.Dans l’hypothèse d’une décision favorable à l’État et Atosca, le chantier de l’A69 se poursuivrait au moins jusqu’à une décision en appel, qui prendrait plusieurs mois.Dans ce cas-là, “on prendra acte que la justice n’applique pas le droit et qu’il va falloir se débrouiller autrement”, a déclaré Geoffrey Tarroux, du collectif La Voie est libre. “Mais la lutte continuera.”