AFP World

L’acteur Gene Hackman et sa femme retrouvés morts à leur domicile

L’acteur multi-oscarisé américain Gene Hackman et son épouse, la pianiste classique Betsy Arakawa, ont été retrouvés morts mercredi à leur domicile de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, ont annoncé jeudi plusieurs médias américains.Le bureau du shérif du comté de Santa Fé, cité par plusieurs médias, n’a pas précisé la cause du décès du couple, mais a indiqué n’avoir pas trouvé de trace d’un acte criminel. Le cadavre de leur chien a également été retrouvé à leur domicile.Considéré comme un géant d’Hollywood, Gene Hackman, était âgé de 95 ans, et était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004). Son épouse était elle âgée de 63 ans.Né le 30 janvier 1930, l’acteur avait remporté deux Oscars, notamment celui du meilleur acteur en 1971  pour son rôle dans “French Connection”, où il campait le légendaire flic Jimmy “Popeye” Doyle. Il avait ensuite remporté en 1993 l’Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans “Impitoyable”, de Clint Eastwood. Il y campait un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.Au fil des années, l’acteur avait travaillé avec de nombreux grands noms du cinéma, notamment Francis Ford Coppola dans le film “Conversation secrète”, Christopher Reeve dans Superman en 1978, et Al Pacino dans le méconnu “L’Epouvantail”, un film dont Gene Hackman disait qu’il était le préféré de toute sa carrière.Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos d’Hollywood. “A Hollywood, tout tourne autour du cinéma: les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier”, disait-il à L’Express.L’acteur avait annoncé en 2008 sa “retraite” des plateaux de cinéma.

Gaza: le Hamas presse Israël de reprendre les pourparlers pour la suite de la trêve

Le Hamas a pressé jeudi Israël de reprendre les pourparlers sur la suite de la trêve à Gaza, après lui avoir restitué dans la nuit les corps de quatre otages pour le dernier échange contre plus de 600 prisonniers palestiniens prévu par la première phase de leur accord de cessez-le-feu.Les quatre otages morts ont tous été formellement identifiés jeudi matin par leurs proches et le Forum des familles. Il s’agit de Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien de 49 ans dont un groupe allié du Hamas avait annoncé la mort en janvier 2024, Tsachi Idan, 49 ans, Itzik Elgarat, un Dano-Israélien de 68 ans et Shlomo Mansour, 85 ans.  Les trois premiers ont été “assassinés en captivité”, le dernier tué lors de l’attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023, a affirmé le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tous avaient été enlevés le 7-Octobre dans des kibboutz proches de la bande de Gaza.  Israël a libéré en échange 596 Palestiniens, et doit encore en relâcher 46, “tous des femmes et des mineurs de Gaza” arrêtés après le 7-Octobre, a indiqué jeudi le Club des prisonniers, l’ONG palestinienne en charge du dossier. Un bus transportant des ex-détenus est arrivé dans la nuit à Ramallah, en Cisjordanie occupée, accueilli par une foule en liesse, a constaté un journaliste de l’AFP.Portant le traditionnel keffieh et des vestes pour couvrir leurs tenues carcérales, les prisonniers libérés ont été acclamés, avant de se soumettre à un rapide bilan de santé et de retrouver leurs proches.Des centaines de prisonniers sont aussi arrivés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.- “Obligation morale” -Cet échange est le septième et dernier prévu dans le cadre de la première phase de la trêve, négociée via la médiation de trois pays, Qatar, Egypte, Etats-Unis. Entamée le 19 janvier, après 15 mois d’une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, cette première étape doit s’achever samedi. Elle a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés et la libération de quelque 1.700 Palestiniens. Le Hamas a estimé à l’issue de l’échange nocturne qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations sur la deuxième phase du cessez-le-feu, censée débuter le 2 mars et mener à la fin définitive de la guerre ainsi qu’à la libération de tous les otages restant à Gaza.Le président israélien Isaac Herzog a insisté jeudi sur l'”obligation morale” pour les autorités de son pays de tout faire pour “ramener tous les otages”, vivants comme morts. Le Hamas s’était dit prêt la semaine dernière à remettre à Israël tous les otages restant “en une seule fois” durant cette deuxième phase. Sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre en Israël, 58 sont toujours retenus à Gaza, dont 34 morts, selon l’armée israélienne.Après le retour des otages morts, Israël Berman, 68 ans, homme d’affaires et ancien membre du kibboutz de Tsahi Idan, confie vivre “une journée spécialement dure”. “Nous vivons dans une région difficile et devons agir en conséquence, mais il n’y a pas de plus grande obligation que de ramener tous les otages – tout le reste est secondaire”, ajoute-t-il à Tel-Aviv. A Khan Younès, Khaled al-Hanna, qui vient de sortir de prison, dénonce des conditions de détention “indescriptibles”. “La torture était coercitive, anormale, physique et agressive”, affirme-t-il. – “Pas de fausses excuses” -Alors que l’incertitude règne sur la suite du processus, l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a fait état mardi soir de “beaucoup de progrès” en vue d’une reprise des pourparlers.Il a annoncé qu’Israël envoyait une équipe de négociateurs “soit à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer”. Le gouvernement israélien, au sein duquel l’extrême droite israélienne, alliée de M. Netanyahu, s’oppose à la fin de la guerre, n’a pas confirmé. Le mouvement islamiste palestinien a assuré dans la nuit avoir fait en sorte qu’Israël ne puisse pas avoir de “fausses excuses” pour bloquer les discussions. Israël avait suspendu la sortie de prison des quelque 600 détenus palestiniens, prévue dès samedi en échange du retour de six captifs à Gaza, exigeant que le Hamas renonce à organiser des “cérémonies humiliantes” à chaque libération. La remise des corps des quatre otages décédés à la Croix-Rouge s’est faite dans la nuit à l’écart des caméras. Les précédentes mises en scène du Hamas, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, avaient été dénoncées à plusieurs reprises notamment par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et plongé le territoire palestinien dans un désastre humanitaire.

Gaza: le Hamas presse Israël de reprendre les pourparlers pour la suite de la trêve

Le Hamas a pressé jeudi Israël de reprendre les pourparlers sur la suite de la trêve à Gaza, après lui avoir restitué dans la nuit les corps de quatre otages pour le dernier échange contre plus de 600 prisonniers palestiniens prévu par la première phase de leur accord de cessez-le-feu.Les quatre otages morts ont tous été formellement identifiés jeudi matin par leurs proches et le Forum des familles. Il s’agit de Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien de 49 ans dont un groupe allié du Hamas avait annoncé la mort en janvier 2024, Tsachi Idan, 49 ans, Itzik Elgarat, un Dano-Israélien de 68 ans et Shlomo Mansour, 85 ans.  Les trois premiers ont été “assassinés en captivité”, le dernier tué lors de l’attaque du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023, a affirmé le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tous avaient été enlevés le 7-Octobre dans des kibboutz proches de la bande de Gaza.  Israël a libéré en échange 596 Palestiniens, et doit encore en relâcher 46, “tous des femmes et des mineurs de Gaza” arrêtés après le 7-Octobre, a indiqué jeudi le Club des prisonniers, l’ONG palestinienne en charge du dossier. Un bus transportant des ex-détenus est arrivé dans la nuit à Ramallah, en Cisjordanie occupée, accueilli par une foule en liesse, a constaté un journaliste de l’AFP.Portant le traditionnel keffieh et des vestes pour couvrir leurs tenues carcérales, les prisonniers libérés ont été acclamés, avant de se soumettre à un rapide bilan de santé et de retrouver leurs proches.Des centaines de prisonniers sont aussi arrivés à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.- “Obligation morale” -Cet échange est le septième et dernier prévu dans le cadre de la première phase de la trêve, négociée via la médiation de trois pays, Qatar, Egypte, Etats-Unis. Entamée le 19 janvier, après 15 mois d’une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza, cette première étape doit s’achever samedi. Elle a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés et la libération de quelque 1.700 Palestiniens. Le Hamas a estimé à l’issue de l’échange nocturne qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations sur la deuxième phase du cessez-le-feu, censée débuter le 2 mars et mener à la fin définitive de la guerre ainsi qu’à la libération de tous les otages restant à Gaza.Le président israélien Isaac Herzog a insisté jeudi sur l'”obligation morale” pour les autorités de son pays de tout faire pour “ramener tous les otages”, vivants comme morts. Le Hamas s’était dit prêt la semaine dernière à remettre à Israël tous les otages restant “en une seule fois” durant cette deuxième phase. Sur les 251 otages enlevés le 7-Octobre en Israël, 58 sont toujours retenus à Gaza, dont 34 morts, selon l’armée israélienne.Après le retour des otages morts, Israël Berman, 68 ans, homme d’affaires et ancien membre du kibboutz de Tsahi Idan, confie vivre “une journée spécialement dure”. “Nous vivons dans une région difficile et devons agir en conséquence, mais il n’y a pas de plus grande obligation que de ramener tous les otages – tout le reste est secondaire”, ajoute-t-il à Tel-Aviv. A Khan Younès, Khaled al-Hanna, qui vient de sortir de prison, dénonce des conditions de détention “indescriptibles”. “La torture était coercitive, anormale, physique et agressive”, affirme-t-il. – “Pas de fausses excuses” -Alors que l’incertitude règne sur la suite du processus, l’émissaire du président américain Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a fait état mardi soir de “beaucoup de progrès” en vue d’une reprise des pourparlers.Il a annoncé qu’Israël envoyait une équipe de négociateurs “soit à Doha soit au Caire, où les négociations vont commencer”. Le gouvernement israélien, au sein duquel l’extrême droite israélienne, alliée de M. Netanyahu, s’oppose à la fin de la guerre, n’a pas confirmé. Le mouvement islamiste palestinien a assuré dans la nuit avoir fait en sorte qu’Israël ne puisse pas avoir de “fausses excuses” pour bloquer les discussions. Israël avait suspendu la sortie de prison des quelque 600 détenus palestiniens, prévue dès samedi en échange du retour de six captifs à Gaza, exigeant que le Hamas renonce à organiser des “cérémonies humiliantes” à chaque libération. La remise des corps des quatre otages décédés à la Croix-Rouge s’est faite dans la nuit à l’écart des caméras. Les précédentes mises en scène du Hamas, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, avaient été dénoncées à plusieurs reprises notamment par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et plongé le territoire palestinien dans un désastre humanitaire.

Difficile renégociation pour la réforme des retraites

Les partenaires sociaux entament jeudi trois mois de négociations sur la réforme des retraites de 2023, rendues encore plus difficiles par l’exigence du gouvernement d’un retour à l’équilibre financier du système pour 2030, alors que les syndicats demandent l’abrogation du relèvement à 64 ans de l’âge de départ.Après avoir initialement demandé aux négociateurs de ne pas “dégrader” cet équilibre, François Bayrou a envoyé mercredi soir aux dirigeants des organisations patronales et syndicales une lettre leur réclamant de “rétablir l’équilibre financier” du système de retraites “à un horizon proche” avec un “objectif à l’année 2030”.La Cour des comptes a évalué la semaine dernière, dans un rapport qui doit servir de base aux discussions, que le déficit du système de retraites devrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2025 et se “stabiliser” jusqu’en 2030, avant de se creuser davantage. “Je suis pessimiste sur l’issue des discussions”, a déclaré dans un entretien au Monde jeudi le président du Medef, Patrick Martin.”Nous voyons mal comment la cible d’un retour à l’équilibre en 2030 pourrait être atteinte si l’on remet en cause la règle des 64 ans”, selon lui.Le syndicat FO a également affiché son scepticisme.”Sur les retraites, franchement, s’il n’y a pas d’abrogation, je ne vois pas comment on peut commencer à discuter”, a déclaré à l’AFP son négociateur Michel Beaugas.La première séance de discussions hebdomadaire s’ouvre à 14 heures dans des locaux des services du Premier ministre, en l’absence des numéros uns des organisations syndicales comme patronales.Elle démarrera par un “retour” sur le rapport de la Cour des comptes, à laquelle la CGT a notamment demandé de chiffrer le coût d’un retour de l’âge de départ à 62 ans.Selon un courrier adressé aux participants par l’animateur des débats Jean-Jacques Marette, les négociateurs devront ensuite établir leur “programme de travail” pour les trois mois à venir.Lors de la rencontre, siègeront les cinq syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) et les trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) représentatifs au niveau interprofessionnel, mais aussi la FNSEA (agriculture) et le syndicat Unsa.Une configuration critiquée notamment par FO qui ne voit pas pourquoi l’Unsa, syndicat non représentatif au niveau national, et la FNSEA ont été conviés, mais pas Solidaires, la FSU (fonction publique) ou l’Udes (employeurs de l’économie sociale et solidaire).- Contrat de génération -Premier syndicat, la CFDT est “motivée pour agir dans le cadre d’un rendez-vous qui est une vraie opportunité”, a expliqué à l’AFP le numéro deux de la centrale réformiste Yvan Ricordeau.La CFDT espère pouvoir “répondre aux principales attentes” des salariés, notamment “la prise en compte de la pénibilité et le renforcement du droit des femmes”, a-t-il précisé.Yvan Ricordeau souligne aussi la nécessité de “trouver une voie de passage avec un équilibre financier”, car il faut garantir une retraite aux “générations futures”, c’est-à-dire les actifs qui cotisent aujourd’hui.La Confédération des PME insiste aussi sur “l’équité intergénérationnelle” et veut “mettre dans l’équation la question de l’espérance de vie et de son évolution”, a expliqué à l’AFP son vice-président en charge des affaires sociales, Eric Chevée.Pour trouver de nouvelles recettes, la CPME propose d’aligner le taux de CSG (contribution sociale généralisée) des retraités sur celui des actifs, un peu plus élevé, (hors petites pensions). Elle souhaite aussi l’introduction d’une dose de “capitalisation” (un système d’épargne dans lequel chaque retraité cotise pour sa retraite future) en plus du système par répartition qui prévaut aujourd’hui (les cotisations des actifs payent des pensions des retraités actuels), une idée également défendue par le Medef.”Le patronat mène une campagne de pub extrêmement puissante sur la retraite par capitalisation”, constate pour sa part Denis Gravouil, négociateur de la CGT qui farouchement opposé à cette idée.Ce syndicat propose d’équilibrer le système de retraites en augmentant les salaires des femmes afin qu’elles gagnent réellement autant que les hommes, en supprimant les exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires et en soumettant aux cotisations l’intéressement et la participation. François Bayrou a indiqué dans son courrier que les parlementaires seraient informés de l’avancée des travaux “à échéances régulières”. Il avait assuré mi-janvier que si les partenaires sociaux parviennent à un accord, le texte sera soumis au Parlement pour amender la très impopulaire réforme de 2023.

Taïwan dit avoir détecté 45 aéronefs chinois en 24 heures, un record cette année

Le ministère taïwanais de la Défense a affirmé jeudi avoir détecté 45 aéronefs chinois en 24 heures, un chiffre record depuis le début de l’année et au lendemain du déploiement par Taïwan de forces au large de ses côtes en raison de manœuvres militaires chinoises.Ces aéronefs ont été repérés près de l’île au cours des 24 heures courant jusqu’à 06H00 locales jeudi (22H00 GMT mercredi), selon le décompte du ministère publié dans un communiqué le même jour. C’est le plus grand nombre d’avions chinois détectés depuis le 11 décembre 2024, selon les chiffres quotidiens du ministère.Le palais présidentiel de Taïwan a condamné “sévèrement” les actions de la Chine, qu’il a qualifiées de “provocation flagrante”. La veille, le ministère taïwanais de la Défense a affirmé que Pékin avait effectué sans préavis des “exercices à tirs réels” dans une zone située à quelque 74 kilomètres au sud de l’île.Taïwan avait alors dénoncé une violation “flagrante” des normes internationales par la Chine et mobilisé en réponse ses forces aériennes, terrestres et navales, tout en appelant la communauté internationale à “continuer d’observer la sécurité du détroit de Taïwan et la région et de condamner conjointement les actions” de la Chine.La Chine a elle dénoncé jeudi l'”hyper-médiatisation” autour de ce qu’elle appelle un “entraînement de routine”, lors d’un point de presse régulier, en ajoutant: “nous demandons (à Taïwan) de cesser ce type de jeu pour attirer l’attention”.Le pays a réitéré lors de cette même conférence de presse qu’il ne “renoncerait pas à l’usage de la force” pour obtenir un rattachement de Taïwan à la Chine. – Une potentielle poudrière – La Chine a multiplié ces dernières années les déploiements d’avions et de navires de guerre autour de cette île, qu’elle considère comme une partie de son territoire. Taïwan est également considéré comme le possible point de départ d’une guerre entre la Chine et les Etats-Unis, qui sont le principal soutien et le plus grand fournisseur d’armes de l’île.Washington a maintenu pendant longtemps une “ambiguïté stratégique”, maintenant le doute quant à un intervention militaire si Taïwan venait à être attaquée par la Chine. L’île a longtemps joui d’un soutien au Congrès américain de la part des républicains comme des démocrates, mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, certains expert craignent que le président américain ne considère pas l’île comme valant la peine d’être défendue si la Chine l’attaquait.Le président de Taïwan, Lai Ching-te, s’est déjà engagé à accroître les investissements aux États-Unis, à réduire le déséquilibre commercial et à consacrer davantage de ressources à l’armée de l’île, tandis que son gouvernement envisage également d’augmenter les importations de gaz naturel américain. Le différend entre Pékin et Taipei remonte à la guerre civile entre les combattants communistes de Mao Zedong et les forces nationalistes de Tchang Kaï-chek, qui se sont réfugiées à Taïwan en 1949 après leur défaite.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Birmanie: l’attente angoissante des milliers de petites mains des centres de cyberfraude

Tourmentés par la chaleur la journée, et les moustiques la nuit, des milliers de travailleurs exploités dans des centres de cyberfraude birmans attendent de rentrer chez eux, mais les opérations de rapatriement tardent à leurs yeux.”La situation n’est vraiment pas bonne. On ne peut pas aller aux toilettes, ni prendre une douche, il y a beaucoup de moustiques et il fait très chaud”, explique un Malaisien de 18 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom.”J’espère pouvoir contacter mes parents rapidement pour rentrer” à la maison, poursuit-il auprès de l’AFP.Lancée mi-février, une opération d’envergure, organisée par la Birmanie, la Thaïlande et la Chine, vise à rapatrier plus de 7.000 petites mains des centres de cyberfraude qui pullulent autour de Shwe Kokko, Eldorado birman pour les escrocs en tous genres, situé sur la frontière thaïlandaise.Si un premier groupe d’environ 600 Chinois ont regagné leur pays entre le 20 et le 22 février, les tractations se poursuivent pour une grande partie des travailleurs, désespérés du cauchemar qui semble sans fin.L’AFP a pu en rencontrer certains à Myawaddy, près de Shwe Kokko, où ils patientent dans des centres grossièrement construits, sans accès aux points d’hygiène élémentaires, ni téléphone portable pour certains.Lorsqu’ils ne dorment pas à même le sol, certains jouent aux cartes pour passer le temps. Les autorités n’ont pas précisé de calendrier, devant la complexité d’un dossier hors normes.- A l’étroit -Les Forces des gardes-frontières (BGF) de l’Etat Karen, une milice ethnique qui contrôle la région de Shwe Kokko avec la bénédiction de la junte, ont promis une expulsion rapide vers la Thaïlande, mais Bangkok doit se coordonner avec une trentaine d’ambassades pour finaliser leur rapatriement.Certains pays n’ont pas de représentant dans le royaume, a indiqué un vice-Premier ministre thaïlandais.Plus de deux tiers des victimes sont chinoises, mais les autres viennent de nombreux autres territoires d’Asie et d’Afrique: Vietnam, Indonésie, Philippines, Inde, Ethiopie, Kenya ou Ghana, entre autres.”Les gens doivent rester les uns sur les autres”, a déclaré Naing Maung Zaw, porte-parole des BGF.”Nous devons cuisiner trois repas pour des milliers de personnes, et nous occuper des soins de santé”, a-t-il insisté.Aux pays concernés, “s’il vous plaît, venez et rapatriez vos citoyens qui veulent rentrer chez eux”, a-t-il appelé.Les centres de cyberfraude se sont multipliés en Birmanie, en profitant de la guerre civile qui fait rage depuis le coup d’Etat du 1er février 2021.Ces complexes, bâtis comme des forteresses, génèrent des milliards de dollars de revenus par an, selon les experts, grâce à une main-d’oeuvre captive, attirée par la fausse promesse d’un emploi rémunérateur.- “Conscience tranquille” -Sur place, les conditions de travail laissent cours à de graves violations des droits humains: violences physiques et sexuelles, confiscation du passeport, menace de prélèvement d’organes, ont détaillé les Nations unies dans un rapport de 2023.Les centres de cyberfraude emploieraient au moins 120.000 petites mains en Birmanie, a indiqué l’ONU.”Si tu ne voulais pas travailler, ils te punissaient et ne payaient pas ton salaire”, décrit M. Shen, 24 ans, originaire de la province chinoise de Jiangxi (sud-est), qui explique avoir été roué de coups deux à trois fois par semaine.Les autorités chinoises n’ont pas livré de détails sur ce qui attendait ses citoyens une fois de retour au pays.”J’ai la conscience tranquille que je n’ai rien fait de mal, donc je ne crains pas d’être interrogé”, poursuit-il.Un autre ressortissant chinois, qui se présente sous le patronyme de Wang, se dit “très heureux” de quitter cet endroit prochainement. “Je vais enfin m’échapper de cet enfer”, dit-il.Un homme indien a raconté à l’AFP avoir pour sa part appelé “deux, trois” fois son ambassade, sans résultat.”Il y a tellement de problèmes, la nourriture principalement. On est des hindous, on ne peut pas manger de la viande, du poulet, des œufs, rien, seulement des légumes”, explique-t-il.Un Pakistanais s’inquiète à l’approche de Ramadan. “Pourquoi on ne peut pas aller en Thaïlande maintenant? On est coincés”, s’interroge-t-il.Des experts ont souligné l’amplitude de l’opération, mais ont émis des doutes sur son efficacité à long terme, face à des réseaux criminels puissants qui ont toujours su continuer à se développer en dépit des autorités.