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La santé du pape François continue de s’améliorer, selon le Vatican

La santé du pape François, hospitalisé pour une pneumonie aux deux poumons, continue de s’améliorer, a annoncé jeudi soir le Vatican, précisant que son pronostic reste réservé.”L’état clinique du Saint-Père continue de s’améliorer. Aujourd’hui, il a alterné l’oxygénothérapie à haut débit et le masque respiratoire. Compte tenu de la complexité du tableau clinique, d’autres jours …

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La santé du pape François continue de s’améliorer, selon le Vatican

La santé du pape François, hospitalisé pour une pneumonie aux deux poumons, continue de s’améliorer, a annoncé jeudi soir le Vatican, précisant que son pronostic reste réservé.”L’état clinique du Saint-Père continue de s’améliorer. Aujourd’hui, il a alterné l’oxygénothérapie à haut débit et le masque respiratoire. Compte tenu de la complexité du tableau clinique, d’autres jours de stabilité clinique sont nécessaires pour lever le pronostic” réservé, a précisé le Vatican.”Le Saint-Père a consacré la matinée à la physiothérapie respiratoire, en l’alternant avec du repos” et pendant l’après-midi il a eu une nouvelle séance de cette physiothérapie puis “il s’est ensuite consacré à ses activités professionnelles”, précise le bulletin.C’est le deuxième bulletin consécutif du Vatican faisant état d’une amélioration de la santé de François, qui est âgé de 88 ans, au 14ème jour de son hospitalisation. Lundi déjà le Vatican avait évoqué un “légère amélioration” mais mardi le communiqué parlait simplement d’un état “stationnaire”.Mercredi soir, le Vatican avait indiqué que “les conditions cliniques du Saint-Père (avaient) enregistré ces dernières 24 heures une nouvelle légère amélioration”.”La légère insuffisance rénale observée ces derniers jours a disparu”, soulignait aussi ce bulletin. Cette insuffisance rénale pouvait faire craindre un début de septicémie, c’est-à-dire un passage dans le sang de l’infection présente dans les poumons.Cette hospitalisation, la quatrième mais aussi la plus longue depuis le début de son pontificat en 2013, suscite de vives inquiétudes alors que le pape a déjà été affaibli par une série de problèmes ces dernières années, allant d’opérations du côlon et de l’abdomen à des difficultés à marcher.L’hospitalisation du pontife, à la fois chef spirituel des 1,4 milliard de catholiques et chef de l’Etat de la Cité du Vatican, a relancé les interrogations autour de sa capacité à assumer ses fonctions. Le droit canonique ne prévoit aucune disposition en cas de problème grave qui altérerait sa lucidité.Elle relance également les conjectures sur la possible démission de François, qui a cependant dit plusieurs fois que ce moment n’était pas arrivé.Comme tous les jours depuis que le pape est hospitalisé, la chapelle du Gemelli était bondée jeudi à 12H05 GMT pour la messe destinée au personnel.”Comme vous le savez tous, nous offrons d’intenses moments de prière (…) pour la santé du Saint-Père. Continuons donc car il me semble qu’elles ont un effet positif”, sourit le père Nunzio Currao au début de la messe.Pour le prêtre, “clairement les thérapies médicales se poursuivent”.”Nous espérons qu’elles pourront aider à résoudre les problèmes, mais nous savons à quel point la thérapie spirituelle est également importante”, a-t-il ajouté.

Trump reçoit Starmer avec amitié mais ne promet rien sur l’Ukraine

Donald Trump a reçu très aimablement jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer, porteur d’une rare invitation du roi Charles, mais n’a rien promis en termes de garanties sur la paix en Ukraine, préférant exprimer sa confiance en Vladimir Poutine.Le républicain a aussi minimisé ses propos très critiqués sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qu’il avait qualifié de “dictateur” la semaine dernière et qu’il reçoit vendredi.Lorsqu’un journaliste lui a rappelé cette déclaration, Donald Trump a fait mine de s’étonner: “J’ai dit ça? Je n’en reviens pas d’avoir dit ça. Question suivante”.Le président américain a déclaré qu’il se rendrait “dans un futur proche” au Royaume-Uni.Le dirigeant travailliste, assis à ses côtés dans le Bureau ovale, lui a remis une lettre du roi Charles III l’invitant à une visite d’Etat, qui serait la deuxième pour Donald Trump au Royaume-Uni après celle de 2019.Une invitation donc “vraiment spéciale”, selon Keir Starmer: “Cela ne s’est jamais produit auparavant”.De quoi réjouir tout particulièrement Donald Trump, grand admirateur de la famille royale et amateur de pompe monarchique. – Poutine “tiendra parole” -En gage de bonne volonté, le dirigeant britannique avait aussi récemment promis de doper les dépenses militaires du Royaume-Uni pour répondre aux critiques récurrentes de Donald Trump sur le niveau des budgets de défense en Europe.Mais rien de cela n’a suffi à faire changer d’avis le milliardaire républicain sur la demande, portée par Paris et Londres, d’un appui américain de dernier recours aux troupes que les deux capitales sont prêtes à déployer en Ukraine pour garantir une paix durable.”Je pense que nous sommes très avancés sur l’accord (visant à faire cesser les hostilités en Ukraine), mais nous n’avons pas encore conclu d’accord. C’est pourquoi je n’aime pas parler de maintien de la paix tant que nous n’avons pas conclu d’accord pour faire avancer les choses”, a déclaré le président américain.Or Keir Starmer, comme le président français Emmanuel Macron lundi, déjà à Washington, a souligné que sans dispositif robuste prévu dès le départ, rien n’empêcherait le président russe de violer un cessez-le-feu.Donald Trump, qui a entamé un spectaculaire rapprochement avec le Kremlin, s’est au contraire dit convaincu que Vladimir Poutine “tiendrait parole” en cas de cessation des hostilités.”Je veux une paix durable et je ne crois pas que cela soit possible s’il n’y a pas un mécanisme de dissuasion efficace face à Poutine. Le Royaume-Uni jouera son rôle avec d’autres mais nous avons besoin d’un filet de sécurité américain”, avait dit mercredi le dirigeant travailliste.Une conférence de presse conjointe est prévue à la Maison Blanche.A Istanbul, des pourparlers ont débuté jeudi matin entre Russes et Américains.Les toutes premières discussions russo-américaines depuis le début du conflit en Ukraine sont intervenues ce mois-ci à Ryad, quelques jours après un appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui a brisé la politique d’isolement envers le président russe menée par Washington et les Occidentaux depuis trois ans.- Minerais -Bien conscients que les Etats-Unis ne déploieront pas de soldats en Ukraine, de peur de déclencher une escalade potentiellement nucléaire avec la Russie, la France et le Royaume-Uni voudraient que Washington apporte à leurs troupes un soutien, particulièrement sous forme d’appui aérien.Lundi, le président français était venu à Washington avec un message assez semblable à celui de Keir Starmer, mais était reparti sans promesse ferme.Le Premier ministre britannique va de son côté recevoir plusieurs chefs d’Etat de pays “alliés” ce week-end, dont Volodymyr Zelensky, pour des discussions sur l’Ukraine.Jeudi, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a annoncé que la France allait proposer aux Etats européens de constituer des “stocks d’armes” sur leur territoire qui pourront être cédés à l’Ukraine, si nécessaire, pour dissuader Moscou contre une reprise du conflit.Donald Trump juge de son côté que les Etats-Unis en ont déjà fait bien assez pour l’Ukraine.Il a confirmé qu’il recevrait bien le président ukrainien vendredi pour signer un accord d’accès aux minerais ukrainiens, présentés par Donald Trump comme une compensation des dépenses engagées par les Etats-Unis pour soutenir Kiev.

L’armée israélienne reconnaît un “échec complet” face à l’attaque du Hamas

L’armée israélienne a reconnu son “échec complet” face à l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, dans les conclusions d’une enquête publiée jeudi alors que s’achève la première phase d’un fragile cessez-le-feu.Lors du dernier échange prévu durant la première étape de la trêve, qui prend fin samedi, le Hamas avait rendu la nuit précédente les corps de quatre otages, contre la libération par Israël de plus de 600 détenus palestiniens.Israël a annoncé l’envoi au Caire de négociateurs pour des pourparlers, par l’intermédiaire des pays médiateurs, sur la suite de cette trêve qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier.Cette deuxième étape, à partir du 2 mars, prévoit la fin définitive de la guerre et la libération des derniers otages retenus à Gaza, mais s’annonce très incertaine.Jeudi, un responsable militaire a déclaré que l’armée n’avait “pas rempli sa mission de protection des civils israéliens”, lors de l’attaque du 7 octobre 2023, et reconnu un “échec complet”, à l’occasion de la publication des principales conclusions d’une enquête interne.L’armée a reconnu avoir péché par “excès de confiance” et avoir eu des idées fausses sur les capacités militaires du Hamas, a-t-il dit. “Nous n’avions même pas imaginé un tel scénario”, a-t-il reconnu.L’enquête a révélé que l’attaque s’était déroulée en trois vagues successives et que plus de 5.000 personnes, dont plusieurs milliers de civils, s’étaient infiltrés en Israël depuis Gaza.L’attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- Le plus ancien détenu -Sur 251 personnes enlevées le jour de l’attaque, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarés mortes par l’armée israélienne. Les 24 autres sont tous des hommes, la plupart âgés de moins de 30 ans.Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Hamas avait restitué, en privé, les corps de quatre otages morts, ensuite formellement identifiés. Il s’agit de Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien de 49 ans dont un groupe allié du Hamas avait annoncé la mort en janvier 2024, Tsachi Idan, 49 ans, Itzik Elgarat, un Dano-Israélien de 68 ans et Shlomo Mansour, 85 ans.  Les trois premiers ont été “assassinés en captivité” et le dernier tué lors de l’attaque du mouvement islamiste, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tous avaient été enlevés dans des kibboutz proches de la bande de Gaza.  L’administration pénitentiaire israélienne a confirmé avoir libéré en échange 643 détenus palestiniens.Un bus transportant des ex-détenus est arrivé dans la nuit à Ramallah, en Cisjordanie occupée, acclamé par une foule en liesse. Des centaines d’anciens détenus sont aussi arrivés à Khan Younès, dans le sud de Gaza.Parmi les détenus libérés figure Nael Barghouti, le plus ancien prisonnier palestinien détenu par Israël, qui a passé 45 ans derrière les barreaux.A Khan Younès, Khaled al-Hanna, un Palestinien tout juste libéré, a dénoncé des conditions de détention “indescriptibles”, parlant de “torture”. – “Oeuvrer dans relâche” -La première phase de la trêve a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés, et la libération de quelque 1.700 Palestiniens, sur un total prévu de 1.900. Le Hamas a estimé à l’issue de l’échange nocturne qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations sur la suite du cessez-le-feu, bloquées jusqu’à présent par des accusations mutuelles de violation de la trêve.Le 22 février, Israël avait suspendu au dernier moment la sortie de prison de quelque 600 détenus, qui était prévue en échange du retour de six otages, exigeant que le Hamas renonce à organiser des “cérémonies humiliantes” à chaque libération.Le Hamas s’était dit prêt la semaine dernière à remettre à Israël tous les otages restant à Gaza “en une seule fois” durant la deuxième phase de la trêve. Après le retour des quatre otages morts, Israël Berman, un homme d’affaires de 68 ans et ancien membre du kibboutz Nahal Oz où Tsachi Idan a été enlevé, a décrit “une journée spécialement dure”. “Il n’y a pas de plus grande obligation que de ramener tous les otages – tout le reste est secondaire”, a-t-il déclaré à Tel-Aviv. Benjamin Netanyahu, s’est engagé jeudi à “oeuvrer sans relâche” pour faire libérer les otages, a affirmé son bureau. Mais après les six premières semaines de trêve marquées par plusieurs accrocs, la prochaine phase s’annonce délicate: Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé, tandis que le mouvement palestinien, qui dirige le territoire depuis 2007, insiste pour y rester après la guerre. M. Netanyahu est en outre sous pression de ses alliés d’extrême droite au sein de la coalition gouvernementale, qui s’opposent à la fin de la guerre. 

L’armée israélienne reconnaît un “échec complet” face à l’attaque du Hamas

L’armée israélienne a reconnu son “échec complet” face à l’attaque du Hamas dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, dans les conclusions d’une enquête publiée jeudi alors que s’achève la première phase d’un fragile cessez-le-feu.Lors du dernier échange prévu durant la première étape de la trêve, qui prend fin samedi, le Hamas avait rendu la nuit précédente les corps de quatre otages, contre la libération par Israël de plus de 600 détenus palestiniens.Israël a annoncé l’envoi au Caire de négociateurs pour des pourparlers, par l’intermédiaire des pays médiateurs, sur la suite de cette trêve qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier.Cette deuxième étape, à partir du 2 mars, prévoit la fin définitive de la guerre et la libération des derniers otages retenus à Gaza, mais s’annonce très incertaine.Jeudi, un responsable militaire a déclaré que l’armée n’avait “pas rempli sa mission de protection des civils israéliens”, lors de l’attaque du 7 octobre 2023, et reconnu un “échec complet”, à l’occasion de la publication des principales conclusions d’une enquête interne.L’armée a reconnu avoir péché par “excès de confiance” et avoir eu des idées fausses sur les capacités militaires du Hamas, a-t-il dit. “Nous n’avions même pas imaginé un tel scénario”, a-t-il reconnu.L’enquête a révélé que l’attaque s’était déroulée en trois vagues successives et que plus de 5.000 personnes, dont plusieurs milliers de civils, s’étaient infiltrés en Israël depuis Gaza.L’attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- Le plus ancien détenu -Sur 251 personnes enlevées le jour de l’attaque, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarés mortes par l’armée israélienne. Les 24 autres sont tous des hommes, la plupart âgés de moins de 30 ans.Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Hamas avait restitué, en privé, les corps de quatre otages morts, ensuite formellement identifiés. Il s’agit de Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien de 49 ans dont un groupe allié du Hamas avait annoncé la mort en janvier 2024, Tsachi Idan, 49 ans, Itzik Elgarat, un Dano-Israélien de 68 ans et Shlomo Mansour, 85 ans.  Les trois premiers ont été “assassinés en captivité” et le dernier tué lors de l’attaque du mouvement islamiste, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tous avaient été enlevés dans des kibboutz proches de la bande de Gaza.  L’administration pénitentiaire israélienne a confirmé avoir libéré en échange 643 détenus palestiniens.Un bus transportant des ex-détenus est arrivé dans la nuit à Ramallah, en Cisjordanie occupée, acclamé par une foule en liesse. Des centaines d’anciens détenus sont aussi arrivés à Khan Younès, dans le sud de Gaza.Parmi les détenus libérés figure Nael Barghouti, le plus ancien prisonnier palestinien détenu par Israël, qui a passé 45 ans derrière les barreaux.A Khan Younès, Khaled al-Hanna, un Palestinien tout juste libéré, a dénoncé des conditions de détention “indescriptibles”, parlant de “torture”. – “Oeuvrer dans relâche” -La première phase de la trêve a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés, et la libération de quelque 1.700 Palestiniens, sur un total prévu de 1.900. Le Hamas a estimé à l’issue de l’échange nocturne qu’Israël n’avait désormais “pas d’autre choix” que d’entamer des négociations sur la suite du cessez-le-feu, bloquées jusqu’à présent par des accusations mutuelles de violation de la trêve.Le 22 février, Israël avait suspendu au dernier moment la sortie de prison de quelque 600 détenus, qui était prévue en échange du retour de six otages, exigeant que le Hamas renonce à organiser des “cérémonies humiliantes” à chaque libération.Le Hamas s’était dit prêt la semaine dernière à remettre à Israël tous les otages restant à Gaza “en une seule fois” durant la deuxième phase de la trêve. Après le retour des quatre otages morts, Israël Berman, un homme d’affaires de 68 ans et ancien membre du kibboutz Nahal Oz où Tsachi Idan a été enlevé, a décrit “une journée spécialement dure”. “Il n’y a pas de plus grande obligation que de ramener tous les otages – tout le reste est secondaire”, a-t-il déclaré à Tel-Aviv. Benjamin Netanyahu, s’est engagé jeudi à “oeuvrer sans relâche” pour faire libérer les otages, a affirmé son bureau. Mais après les six premières semaines de trêve marquées par plusieurs accrocs, la prochaine phase s’annonce délicate: Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé, tandis que le mouvement palestinien, qui dirige le territoire depuis 2007, insiste pour y rester après la guerre. M. Netanyahu est en outre sous pression de ses alliés d’extrême droite au sein de la coalition gouvernementale, qui s’opposent à la fin de la guerre. 

Boris Spassky, le légendaire perdant du “match du siècle”

Champion du monde soviétique d’échecs, Boris Spassky, mort à 88 ans, fut une légende de la discipline, mais c’est sa défaite lors du “match du siècle”, au plus fort de la Guerre froide qui reste le fait marquant de sa carrière.La carrière de cette figure emblématique à la fois des échecs et de la confrontation Est-Ouest est restée associée dans les mémoires à un seul match: le duel de toute une époque, contre l’Américain Bobby Fischer en 1972.En réalité, Boris Spassky a eu un parcours en dents de scie, entre affrontements au sommet contre les meilleurs joueurs d’alors et périodes de quasi disparition. Né en 1937 à Leningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, il est particulièrement doué et précoce, devenant à 18 ans champion du monde junior et, à l’époque, le plus jeune grand-maître de l’histoire.Il a dit avoir appris à jouer aux échecs à cinq ans dans un orphelinat, après être parvenu à fuir avec sa famille Leningrad, victime d’un siège terrible par les nazis durant la Seconde guerre mondiale.Après la guerre, son style de jeu agressif sans crainte de sacrifices est remarqué par ses pairs et encouragé par l’Etat, qui lui fournit une bourse et un entraineur.Après avoir fait forte impression, il passe un temps au second plan face à une autre figure montante des échecs soviétiques, Mikhaïl Tal, le “magicien de Riga”.Ce n’est qu’en 1961 qu’il fait un retour remarqué en remportant le championnat d’URSS, avant de vaincre en 1969 son compatriote Tigran Petrossian pour prendre le titre mondial.”Je ne me suis jamais fixé l’objectif de devenir champion du monde. Tout a fonctionné tout seul. Je progressais à pas de géant”, expliquait Boris Spassky en 2016. – Spassky contre Fischer -Mais Boris Spassky ne conservera son titre que trois ans. En 1972, il joue le match qui marquera sa vie, en Islande, contre le prodige américain Bobby Fischer, une partie aux accents de confrontation géopolitique Est-Ouest restée dans les annales comme le “match du siècle”.Alors que l’URSS domine sans partage ce sport depuis de nombreuses années, Boris Spassky affronte alors un Américain excentrique de 29 ans, qui critique les joueurs soviétiques. Il doit gagner.C’est le contraire qui se produit: après un début désastreux pour Bobby Fischer, l’Américain défait finalement son adversaire, mettant fin à une suite ininterrompue de champions du monde soviétiques depuis 1948. Pour Moscou, c’est une gifle, mais  Spassky se réjouit d’être débarrassé d’une “responsabilité colossale”.”Vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’étais soulagé lorsque Fischer m’a retiré le titre. Je me suis libéré d’un très lourd fardeau et je respirais librement”, a raconté le grand-maître près de quarante ans plus tard.Ce duel emblématique de la Guerre froide a fait l’objet de nombreux films, livres et documentaires et inspiré le roman de Walter Tevis “Le Jeu de la dame”, adapté en 2020 dans une série acclamée sur Netflix.Après cette défaite, Boris Spassky tombe en disgrâce. Il s’installe en 1976 en France après avoir épousé une Française d’origine russe. Il obtient la nationalité française deux ans plus tard.Il ne retrouve l’attention du public que bien des années plus tard, en 1992 en Yougoslavie, lors d’une revanche non-officielle contre Bobby Fischer, qu’il perd également. Il se désintéresse progressivement des échecs.Les dernières années de la vie de Boris Spassky ont été marquées par un mystérieux conflit familial et un retour en Russie dans des conditions troubles.Victime de deux attaques cérébrales en 2006 puis en 2010, il disparaît deux ans plus tard de son domicile français et se retrouve à Moscou, où il apparaît vieux et affaibli à la télévision russe, cheveux blancs et traits tirés.”Je dois tout recommencer de zéro, mais je n’ai pas peur”, assure-t-il, évoquant un mystérieux “sponsor” l’ayant aidé à fuir la France contre l’avis de sa femme et sa soeur.Quelques années auparavant, en 2008, il s’était rendu sur la tombe de son ancien rival, Bobby Fischer, décédé la même année et enterré dans un petit cimetière islandais.”Pensez-vous que la place voisine est disponible?”, lance-t-il devant les journalistes, visiblement ému.

Retraites: grand écart entre syndicat et patronat à l’issue de la première journée de négociation

Les positions des syndicats et du patronat sur la réforme des retraites étaient à l’opposé jeudi après la première journée de négociation, FO ayant quitté la table et dénonçant une “mascarade” après une demande d’équilibre financier du gouvernement.François Bayrou a envoyé mercredi soir aux négociateurs une lettre exigeant des partenaires sociaux des mesures pour un retour à l’équilibre financier du système de retraites dès 2030, alors qu’avec la trajectoire actuellement prévue, le déficit devrait être supérieur à 6 milliards d’euros, selon la Cour des Comptes.La précédente demande de l’exécutif consistait seulement à ne pas “dégrader” le déficit du système en modifiant les paramètres de la réforme de 2023, qui prévoit un recul à 64 ans de l’âge de départ auquel les syndicats sont opposés.”Si personne ne se met d’accord, nous l’avons dit, on en restera au système antérieur, défini en 2023″, a estimé François Bayrou dans un entretien au Figaro mis en ligne jeudi soir. Et “si nous étions un jour en situation de blocage (…) le référendum est une issue”, a-t-il ajouté.”Il faut que nous nous interrogions sur une trajectoire, peut-être à 20 ans, pour arriver à un rééquilibrage, avec des méthodes différentes, novatrices”, affirme encore le Premier ministre.Concession au Parti socialiste, la réouverture du dossier des retraites a aidé le gouvernement Bayrou à éviter une censure au parlement, mais le succès de sa démarche paraît déjà compromis.”Nous ne participerons pas à cette mascarade où on veut nous faire dire qu’effectivement la seule solution, c’est d’allonger la durée de travail pour les salariés dans ce pays”, a lancé à la presse le négociateur de FO Michel Beaugas après environ un quart d’heure dans la salle de réunion.- Medef “pessimiste” -Il a dénoncé une “instrumentalisation” des partenaires sociaux, pour leur “faire porter le chapeau” de cet allongement.”La place” du syndicat Force ouvrière “reste évidemment à la table, s’ils souhaitent y revenir”, a affirmé Matignon jeudi soir dans un message à l’AFP.”Je suis pessimiste sur l’issue des discussions”, a déclaré au Monde le président du Medef, Patrick Martin, avant le début des discussions.”Nous voyons mal comment la cible d’un retour à l’équilibre en 2030 pourrait être atteinte si l’on remet en cause la règle des 64 ans”, selon lui.La négociatrice du Medef Diane Milleron-Deperrois a insisté sur le “besoin de trouver cet équilibre financier”, refusant de “charger davantage le coût du travail” par des cotisations supplémentaires.Le vice-président de la CPME Eric Chevée a dit vouloir “étudier la possibilité de faire varier l’âge de départ en fonction de l’espérance de vie”.Medef et CPME souhaitent aussi l’introduction d’une dose de “capitalisation” (un système d’épargne dans lequel chaque retraité cotise pour sa retraite future) en plus du système par répartition qui prévaut aujourd’hui (les cotisations des actifs payent les pensions des retraités actuels).”On ne peut pas dire que le patronat a été ouvert sur quoi que ce soit”, a estimé le secrétaire général adjoint de la CFDT Yvan Ricordeau, qui estime “l’équation financière à 6 milliards d’euros va être difficile mais pas impossible à trouver”.”Evidemment nous ne partons pas avec des points de vue proches entre le patronat et les syndicats de salariés”, a constaté Denis Gravouil, le négociateur de la CGT.- FNSEA et Unsa exclus -“Le Medef n’a pas envie de faire des efforts”, a aussi regretté Pascale Coton pour la CFTC.La CGT avait demandé à la Cour des comptes le coût que représenterait un retour aux 62 ans: c’est 10,4 milliards. “Nous aurons des propositions pour les trouver”, a promis M. Gravouil.Invités à la première réunion, le syndicat agricole FNSEA et le syndicat de salariés Unsa ont appris qu’ils seraient exclus d’une partie des discussions. Furieuse, l’Unsa a dénoncé les pressions du Medef et de certains syndicats de salariés, qui veulent concentrer sur les discussions sur le seul régime général – en excluant celui des fonctionnaires (un bastion de l’Unsa) ou celui des agriculteurs. “Cette décision obère grandement l’espoir de voir enfin le dossier des retraites traité avec justice et équité”, a déclaré  Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’Unsa à l’issue de la réunion.Au cours de 14 séances prévues jusqu’au 28 mai, les négociateurs aborderont notamment les sujets liés à l’âge de départ, aux carrières longues et à l’emploi des seniors, à la pénibilité, à l’égalité femmes/hommes.Le 17 avril leur sera présenté un deuxième rapport de la Cour des Comptes sur les effets de la réforme sur l’emploi et la compétitivité, avant d’aborder les cotisations et la fiscalité ainsi que “les sources alternatives de financement”, selon une proposition de programme obtenue par l’AFP.François Bayrou a promis que si les partenaires sociaux parviennent à un accord pour amender la très impopulaire réforme de 2023, le texte sera soumis au parlement.boc-lby-mdb-ldf/ito/cbn

L’acteur américain Gene Hackman et sa femme retrouvés morts dans des circonstances “suspicieuses”

Gene Hackman, géant oscarisé du cinéma connu pour ses rôles dans “Bonnie and Clyde” et “French Connection”, a été retrouvé mort mercredi aux côtés de son épouse mercredi, dans des circonstances que la police estime “suspicieuses”.Les corps de l’acteur de 95 ans et de la pianiste classique Betsy Arakawa, 63 ans, ont été découverts à leur domicile de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, avec le cadavre d’un de leurs chiens.Le bureau du shérif du comté de Sante Fe a indiqué ne pas avoir trouvé de trace d’acte criminel. Mais “la mort des deux individus est suffisamment suspicieuse pour mener des recherches et une investigation approfondies”, selon un mandat de perquisition.La personne ayant découvert les corps a trouvé la porte de la maison du couple, marié depuis 1991, ouverte. Des pilules étaient éparpillées près du corps de Betsy Arakawa, situé dans la salle de bain, avec un radiateur d’appoint près de sa tête. Le cadavre était en décomposition, peut-on lire dans le document.Quant au corps de Gene Hackman, il a été trouvé dans la pièce d’à côté, habillé et lunettes de soleil à proximité, selon la même source. Leur fille, Elizabeth Jean, a évoqué jeudi un potentiel empoisonnement au monoxyde de carbone auprès de TMZ, mais les premiers tests n’ont identifié “aucun signe de fuite de gaz”, selon le mandat de perquisition. Un berger allemand a été retrouvé mort dans la salle de bain, tandis que deux autres chiens demeuraient en bonne santé dans la maison.– Figure du “Nouvel Hollywood” –”La perte d’un grand artiste est toujours un motif de deuil et de célébration : Gene Hackman, un grand acteur, inspirant et magnifique dans son travail et sa complexité. Je pleure sa perte et je célèbre son existence et sa contribution”, lui a rendu hommage jeudi sur Instagram le cinéaste américain Francis Ford Coppola, avec lequel il avait collaboré pour le film “Conversation Secrète” (1974).”Il n’y avait pas de meilleur acteur que Gene. Intense et instinctif. Jamais de fausse note”, a salué Clint Eastwood, dans un communiqué au magazine Varitety. “C’était aussi un ami très cher qui me manquera beaucoup.”Gene Hackman était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004) et avait annoncé officiellement son départ à la retraite en 2008.Né le 30 janvier 1930, l’acteur était devenu dans les années 70 une figure phare du “Nouvel Hollywood”, mouvement de renouveau créatif du cinéma américain entre 1960 et 1980 marqué par des films emblématiques tels qu'”Easy Rider” de Dennis Hopper, “Orange mécanique” de Stanley Kubrick ou encore “Taxi Driver” de Martin Scorsese.À l’époque, Gene Hackman arbore déjà moustache, rondeurs et calvitie, trois signes distinctifs qui contribueront à faire de lui l’incarnation du “dur à cuire”. À l’orée de la quarantaine, coup de chance, Arthur Penn l’engage en 1967 pour “Bonnie et Clyde”, qui le rend célèbre et lui vaut une première nomination aux Oscars. Sans remporter la célèbre statuette, du moins  cette fois-là. Car Gene Hackman va gagner par la suite deux Oscars, notamment celui du meilleur acteur en 1971  pour son rôle dans “French  Connection”, où il campait le légendaire flic Jimmy “Popeye” Doyle. Il se voit remettre sa seconde statuette en 1993 avec l’Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans “Impitoyable”, de Clint Eastwood. Il y campait un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.– Deux Oscars, quatre Golden Globes –Au total, l’acteur a été nommé cinq fois aux Oscars. Il a par ailleurs reçu huit nominations aux Golden Globes, pour quatre victoires.Au fil des années, l’acteur star avait travaillé avec de nombreux grands noms du cinéma, notamment Francis Ford Coppola dans le film “Conversation secrète”, Christopher Reeve dans Superman en 1978, et Al Pacino dans le méconnu “L’Épouvantail”, dont Gene Hackman disait qu’il était le préféré de toute sa carrière.Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos d’Hollywood. “A Hollywood, tout tourne autour du cinéma: les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier”, disait-il à L’Express.