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Les enquêteurs tentent de lever les zones d’ombres sur la mort de l’acteur Gene Hackman

L’enquête se poursuit vendredi pour tenter d’éclaircir les causes du décès de Gene Hackman, géant oscarisé du cinéma connu pour ses rôles dans “Bonnie and Clyde” et “French Connection”, retrouvé mort aux côtés de son épouse dans des circonstances “suspectes”.Les corps de l’acteur américain de 95 ans et de la pianiste classique Betsy Arakawa, 63 ans, ont été découverts mercredi à leur domicile de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, avec le cadavre d’un de leurs chiens.Après avoir déjà dévoilé de premiers éléments jeudi, le shérif du comté de Santa Fe a annoncé une conférence de presse vendredi à 15H00 (22H00 GMT), dans un message publié dans la nuit sur le réseau social Facebook.Jeudi, le shérif de Sante Fe avait indiqué ne pas avoir trouvé de trace d’acte criminel. Mais “la mort des deux individus est suffisamment suspecte pour mener des recherches et une investigation approfondies”, selon un mandat de perquisition.La personne ayant découvert les corps a trouvé la porte de la maison du couple, marié depuis 1991, ouverte. Des pilules étaient éparpillées près du corps de Betsy Arakawa, situé dans la salle de bain, avec un radiateur d’appoint près de sa tête. Le cadavre était déjà en décomposition, peut-on lire dans le document, indiquant que la mort a eu lieu “plusieurs jours” avant la découverte. À quelques mètres se trouvait également le corps du chien mort.Quant au corps de Gene Hackman, il a été trouvé dans la pièce d’à côté, habillé et lunettes de soleil à proximité, selon la même source.Deux autres chiens, vivants, ont en revanche été découverts dans une autre partie de la propriété, relatent les médias américains.Leur fille, Elizabeth Jean, a évoqué jeudi un potentiel empoisonnement au monoxyde de carbone auprès de TMZ. Mais les premiers tests n’ont pas révélé un niveau élevé de gaz, selon le shérif de Santa Fe, Adan Mendoza.– Aucune piste écartée –”Nous n’écartons aucune piste”, a-t-il précisé en conférence de presse, en ajoutant qu’il n’y avait pas de signe de lutte. “Je pense que l’autopsie nous en dira beaucoup”, ainsi que la “toxicologie”. Dans un communiqué, deux filles et la petite-fille de l’acteur se sont dit “anéanties par cette perte” : “il était aimé et admiré par des millions de personnes à travers le monde pour sa brillante carrière d’acteur, mais pour nous, il était toujours simplement papa et grand-père. Il nous manquera terriblement”, peut-on lire dans ce communiqué.”La perte d’un grand artiste est toujours un motif de deuil et de célébration: Gene Hackman, un grand acteur, inspirant et magnifique dans son travail et sa complexité. Je pleure sa perte et je célèbre son existence et sa contribution”, a écrit jeudi sur Instagram le cinéaste américain Francis Ford  Coppola, rendant hommage à celui avec qui il avait collaboré pour le film “Conversation Secrète” (1974).”Il n’y avait pas de meilleur acteur que Gene. Intense et instinctif. Jamais de fausse note”, a salué Clint Eastwood, dans un communiqué au magazine Variety. “C’était aussi un ami très cher qui me manquera beaucoup.”Gene Hackman était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004) et avait annoncé officiellement sa retraite en 2008.– Deux Oscars, quatre Golden Globes –Né le 30 janvier 1930, l’acteur était devenu dans les années 70 une figure phare du “Nouvel Hollywood”, mouvement de renouveau créatif du cinéma américain entre 1960 et 1980 marqué par des films emblématiques tels qu'”Easy Rider” de Dennis Hopper, “Orange Mécanique” de Stanley Kubrick ou encore “Taxi Driver” de Martin Scorsese.Il avait remporté deux Oscars, notamment celui du meilleur acteur en 1971  pour son rôle dans “French  Connection”, où il campait le légendaire flic Jimmy “Popeye” Doyle. Il s’était vu remettre une seconde statuette en 1993 avec l’Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans “Impitoyable”, de Clint Eastwood. Il y campait un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.Au total, l’acteur a été nommé cinq fois aux Oscars. Il a par ailleurs reçu huit nominations aux Golden Globes, pour quatre victoires.Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos d’Hollywood. “A Hollywood, tout tourne autour du cinéma: les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier”, disait-il à L’Express.

Les enquêteurs tentent de lever les zones d’ombres sur la mort de l’acteur Gene Hackman

L’enquête se poursuit vendredi pour tenter d’éclaircir les causes du décès de Gene Hackman, géant oscarisé du cinéma connu pour ses rôles dans “Bonnie and Clyde” et “French Connection”, retrouvé mort aux côtés de son épouse dans des circonstances “suspectes”.Les corps de l’acteur américain de 95 ans et de la pianiste classique Betsy Arakawa, 63 ans, ont été découverts mercredi à leur domicile de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, avec le cadavre d’un de leurs chiens.Après avoir déjà dévoilé de premiers éléments jeudi, le shérif du comté de Santa Fe a annoncé une conférence de presse vendredi à 15H00 (22H00 GMT), dans un message publié dans la nuit sur le réseau social Facebook.Jeudi, le shérif de Sante Fe avait indiqué ne pas avoir trouvé de trace d’acte criminel. Mais “la mort des deux individus est suffisamment suspecte pour mener des recherches et une investigation approfondies”, selon un mandat de perquisition.La personne ayant découvert les corps a trouvé la porte de la maison du couple, marié depuis 1991, ouverte. Des pilules étaient éparpillées près du corps de Betsy Arakawa, situé dans la salle de bain, avec un radiateur d’appoint près de sa tête. Le cadavre était déjà en décomposition, peut-on lire dans le document, indiquant que la mort a eu lieu “plusieurs jours” avant la découverte. À quelques mètres se trouvait également le corps du chien mort.Quant au corps de Gene Hackman, il a été trouvé dans la pièce d’à côté, habillé et lunettes de soleil à proximité, selon la même source.Deux autres chiens, vivants, ont en revanche été découverts dans une autre partie de la propriété, relatent les médias américains.Leur fille, Elizabeth Jean, a évoqué jeudi un potentiel empoisonnement au monoxyde de carbone auprès de TMZ. Mais les premiers tests n’ont pas révélé un niveau élevé de gaz, selon le shérif de Santa Fe, Adan Mendoza.– Aucune piste écartée –”Nous n’écartons aucune piste”, a-t-il précisé en conférence de presse, en ajoutant qu’il n’y avait pas de signe de lutte. “Je pense que l’autopsie nous en dira beaucoup”, ainsi que la “toxicologie”. Dans un communiqué, deux filles et la petite-fille de l’acteur se sont dit “anéanties par cette perte” : “il était aimé et admiré par des millions de personnes à travers le monde pour sa brillante carrière d’acteur, mais pour nous, il était toujours simplement papa et grand-père. Il nous manquera terriblement”, peut-on lire dans ce communiqué.”La perte d’un grand artiste est toujours un motif de deuil et de célébration: Gene Hackman, un grand acteur, inspirant et magnifique dans son travail et sa complexité. Je pleure sa perte et je célèbre son existence et sa contribution”, a écrit jeudi sur Instagram le cinéaste américain Francis Ford  Coppola, rendant hommage à celui avec qui il avait collaboré pour le film “Conversation Secrète” (1974).”Il n’y avait pas de meilleur acteur que Gene. Intense et instinctif. Jamais de fausse note”, a salué Clint Eastwood, dans un communiqué au magazine Variety. “C’était aussi un ami très cher qui me manquera beaucoup.”Gene Hackman était apparu pour la dernière fois à l’écran dans le film “Bienvenue à Mooseport” (2004) et avait annoncé officiellement sa retraite en 2008.– Deux Oscars, quatre Golden Globes –Né le 30 janvier 1930, l’acteur était devenu dans les années 70 une figure phare du “Nouvel Hollywood”, mouvement de renouveau créatif du cinéma américain entre 1960 et 1980 marqué par des films emblématiques tels qu'”Easy Rider” de Dennis Hopper, “Orange Mécanique” de Stanley Kubrick ou encore “Taxi Driver” de Martin Scorsese.Il avait remporté deux Oscars, notamment celui du meilleur acteur en 1971  pour son rôle dans “French  Connection”, où il campait le légendaire flic Jimmy “Popeye” Doyle. Il s’était vu remettre une seconde statuette en 1993 avec l’Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans “Impitoyable”, de Clint Eastwood. Il y campait un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.Au total, l’acteur a été nommé cinq fois aux Oscars. Il a par ailleurs reçu huit nominations aux Golden Globes, pour quatre victoires.Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos d’Hollywood. “A Hollywood, tout tourne autour du cinéma: les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier”, disait-il à L’Express.

Le cyclone Garance frappe La Réunion, en alerte violette

Le cyclone Garance a frappé vendredi matin la façade nord de La Réunion, placée en alerte violette et secouée par de fortes pluies et d’importantes rafales de vent, dépassant les 200 km/h.L’alerte violette, le plus haut niveau qui implique le confinement strict de toute la population, y compris des forces de l’ordre et des services de secours mobilisés, est en vigueur sur l’île de l’océan Indien depuis 09H00 locales (06H00 à Paris).”Garance a atterri à 10h sur le nord de l’île de la Réunion, à proximité de Sainte-Suzanne au stade de cyclone tropical (il était cyclone intense précédemment, ndlr)”, a indiqué Météo-France dans son dernier bulletin publié peu avant 11H00. “Les rafales dépassent les 200 km/h. L’œil va traverser l’île et devrait ressortir en mer par le sud dans les 2 ou 3 prochaines heures”, est-il précisé. Des vents soufflant à 214 km/h ont été relevées par Météo-France à l’aéroport international situé dans le nord de l’île, et à 230 km/h sur le Piton Sainte-Rose dans l’extrême est.”Les conditions vont rester très dégradées sur l’ensemble de l’île toute la journée de vendredi”, insiste Météo-France. – “Peur” -“C’est la première fois que je vis un cyclone aussi puissant et c’est aussi la première fois que j’ai aussi peur”, témoigne Vincent Clain, un habitant de Sainte-Marie, dans une île habituée aux événements climatiques. “Dans le jardin, les vents ont déraciné un cocotier et un arbre à litchis, j’ai vraiment cru qu’il allait tomber sur la maison”, relate ce père de famille de 45 ans, joint par téléphone par l’AFP, et qui s’est réfugié avec son épouse, son fils et son chien dans la cuisine, “la pièce la plus protégée de la maison”. “J’avoue que j’ai un peu peur”, a également confié à l’AFP par téléphone Aline Ethève, une habitante de Sainte-Suzanne (à l’est de La Réunion). “L’une des barrières du jardin s’est envolée, la trappe qui donne accès au fond plafond n’arrête pas de se soulever, je crains vraiment que le toit finisse par partir”, ajoute celle qui n’a “plus ni d’électricité, ni de connexion wifi”. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont posté des images de leurs arbres arrachés, de toits envolés et de maisons inondées. La sous-préfecture de Saint-Benoît et les locaux du services départemental d’incendie et de secours (Sdis) de cette commune de l’est ont été en partie inondés. Entre 10H30 et 11H00 (7H30 et 8H00 à Paris), signe du passage de l’œil de Garance sur les terres, un calme relatif s’est installé sur l’île. “Attention à cette accalmie temporaire liée au passage de l’œil. De très fortes pluies et une mer très dangereuses” vont de nouveau frapper La Réunion, a alerté Météo-France. Les autorités ont exhorté les habitants à ne pas sortir et à suivre les consignes de sécurité.”J’appelle nos compatriotes réunionnais à la plus grande vigilance et au respect des consignes de sécurité. L’Etat est à vos côtés et nos forces mobilisées. Solidarité de la Nation”, a déclaré sur X jeudi soir le président Emmanuel Macron.”A cette heure, aucune victime n’est à déplorer”, a souligné la préfecture dans un point de situation à 11H00 locales. Quelque 675 personnes sont accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence ouverts partout sur l’île, a-t-elle précisé. Selon la préfecture, 145.000 personnes sont actuellement privées d’électricité, soit 30% des clients et plus de 82.000 personnes n’ont plus accès à l’eau potable, soit près de 10% de la population. Plus de 39.000 abonnés (12%) sont aussi privés de réseau Internet.Près de 100 militaires de la sécurité civile (Formisc) et sapeurs-pompiers sont prêts à venir de Mayotte en renfort, dès que la situation le permettra. Et 100 renforts sont préparés à rejoindre La Réunion depuis l’Hexagone, a ajouté le préfet Patrice Latron. – “Impuissant” -Avant l’arrivée du cyclone, les derniers préparatifs avaient rythmé la journée jeudi. A Etang-Salé-Les-Hauts (sud), Jean-Christophe Hoareau, producteur de légumes, retirait jeudi la mort dans l’âme les bâches de ses serres, avec “le sentiment d’être impuissant”. Il sait que ses cultures ne résisteront pas au cyclone.L’aéroport international de La Réunion a suspendu tous ses vols jeudi matin à 10H30. Sur l’île Maurice voisine, distante de 200 km, l’aéroport avait lui cessé toute activité dès mercredi. L’alerte cyclonique y a été levée vendredi matin, mais les habitants sont toujours appelés à la prudence. La Réunion avait été placée en janvier 2024 en alerte violette lors du passage du cyclone intense Belal, qui avait fait quatre morts.

Athlétisme: “Je ne me fixe pas de limites”, Duplantis vise les 6,30 m en 2025

La superstar suédoise du saut à la perche Armand Duplantis s’estime “capable” de franchir la barre des 6,30 m cette saison, dans un entretien accordé à l’AFP, avant la 10e édition du All Star Perche vendredi à Clermont-Ferrand.Q: Ça doit être un sentiment agréable pour vous d’être de retour en France après votre médaille d’or olympique…R: “Oui, c’est un sentiment particulier. La vie a un peu changé après les Jeux olympiques, donc c’est super sympa. C’est un peu différent à certains égards, et similaire à d’autres. C’est toujours le même objectif, les mêmes adversaires. On veut donner le meilleur de soi-même, continuer à sauter plus haut, à avoir la meilleure carrière possible. Mais c’est différent parce que je suis dans une situation différente, avec de nouveaux projecteurs sur moi. Même s’ils étaient déjà nombreux avant, ça a atteint un autre niveau après les Jeux, mais c’est un rêve donc j’essaie juste d’en profiter.”Q: En 2024, vous avez battu trois fois votre record (désormais à 6,26 m). Pensez-vous pouvoir atteindre les 6,30 m d’ici la fin de l’année?R: “Ce serait génial. C’est un peu l’objectif donc ce serait incroyable. Je pense que j’en suis capable. Bien sûr, les choses doivent se mettre en place, et j’ai besoin de faire une série de compétitions qui se déroulent comme je le souhaite pour pouvoir battre le record du monde, mais je pense que c’est possible. Je ne me fixe pas de limites. Je continue d’avancer et d’essayer de sauter aussi haut que possible. Je pense que je peux m’améliorer et que je peux atteindre des hauteurs plus élevées, c’est certain.”Q: Que pensez-vous de l’absence de saut et de lancer au nouveau Grand Slam Track de Michael Johnson, nouvelle compétition destinée à relancer l’intérêt du public pour l’athlétisme?R: “Je crois qu’il a le droit d’essayer ce qu’il estime être le mieux. Ce sera intéressant de voir comment ça se passe. Il faut divertir les gens et faire en sorte qu’ils regardent. C’est comme ça que cela fonctionne avec le sport si l’on veut qu’il se développe et qu’il soit un succès commercial.”Q: Vous n’êtes pas déçu?R: “Je suis un peu partagé. D’une certaine manière, j’adorerais participer et pouvoir montrer mes compétences, mais je ne pense pas que l’athlétisme soit la vitrine de divertissement parfaite. Je ne suis pas sûr que ce que (Michael Johnson) fait va fonctionner mais il essaie quelque chose. Et si ça marche, ça marche. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Mais le saut à la perche peut faire quelque chose de son côté aussi, nous avons beaucoup de compétitions qui ont du succès donc je pense que la perche a trouvé un moyen de réussir seule. Cela peut pousser d’autres disciplines à innover pour rendre leurs compétitions plus créatives.”Q: Le saut et le lancer devraient-ils eux aussi créer leur propre ligue?R: “Oui, peut-être. Je pense qu’il faut essayer quelque chose. Je ne sais pas si ça pourrait marcher mais ça pourrait être intéressant. Je pense que ce serait bien si certains des meilleurs sauteurs en longueur essayaient d’avoir leurs propres événements pour mettre leur sport en avant, comme le fait Renaud (Lavillenie) et comme j’essaie de le faire (à la perche).”Q: L’an dernier vous avez couru le 100 m face à Karsten Warholm (médaillé d’or en 400 m haies aux JO 2021), il faudrait davantage d’événements comme celui-là?R: “Peut-être, c’était très amusant. Ça a été un énorme succès, avec un impact énorme, plus que ce que nous aurions pu même espérer. Parfois, il faut que ce soit divertissant. C’est peut-être le message important, faire en sorte que ce soit un spectacle plutôt qu’une simple compétition effrénée. Si l’on regarde les sports qui réussissent, c’est souvent comme dans un spectacle. Il y a beaucoup de choses autour qui font que c’est un +show+, beaucoup de préparation, et pas seulement le sport en lui-même donc je pense que c’est un bon modèle à suivre.”Q: Malgré votre domination, vous continuez à être motivé. Il n’y a donc pas de risque que vous soyez lassé?R: “Non. Pas question!”Propos recueillis par Lucie LEMAIRE

Bolivie : entre cendres et semences, les défis des paysans de la Chiquitania

Dévorée il y a moins d’un an par les pires incendies qu’a connus la Bolivie, la végétation reprend lentement autour des champs de sésame de Julia Ortiz, une agricultrice indigène de la région de la Chiquitania, dans l’Est du pays.Alors que sa communauté mise sur une méthode innovante de reforestation à l’aide de “bombitas” (petites bombes) en terre remplies de graines et projetées par drone, les troncs calcinés à ses pieds témoignent d’un récent brûlis. La pratique, qui consiste à brûler une parcelle pour ensuite pouvoir la cultiver, est parfois à l’origine de violents incendies, notamment depuis que les épisodes de sécheresse s’intensifient et se prolongent sous l’effet du changement climatique, selon les scientifiques. Julia Ortiz se souvient encore du combat contre les flammes mené pendant toute une nuit avec sa famille il y a cinq ans lors d’un “chaqueo” (brûlis) non maîtrisé. La pratique est largement répandue autant parmi les petites que les grandes exploitations agricoles du pays.”Ca peut arriver à tout le monde. La plupart d’entre nous vivons de l’agriculture et nous devons faire des chaqueos”, explique la paysanne de 46 ans en ramassant des tiges de sésame qu’elle fera ensuite sécher au soleil. Entre juin et octobre dernier, les flammes ont ravagé l’immense région, qui abrite un écosystème unique de forêts tropicales sèches. Selon l’ONG Institut bolivien de recherche forestière (Ibif), 10,7 millions d’hectares ont brûlé, soit l’équivalent de la superficie du Portugal.Au moins quatre personnes sont mortes, selon le gouvernement, et 75.000 familles ont été touchées, notamment à Santa Ana de Velasco, la communauté de Julia Ortiz située à 430 km de la grande ville de Santa Cruz.Carmen Peña, une habitante de 59 ans du village aux rues en terre entouré de prairies et de forêts, a lutté en vain contre les flammes l’année dernière, mais a fini par perdre ses cultures de manioc et de bananes. “Je ne sais pas comment nous allons survivre, car notre nourriture s’épuise”, se lamente l’agricultrice, qui dépend entièrement de sa récolte pour vivre, comme la plupart des habitants de Santa Ana. – “Risque de désertification” -Selon David Cruz, spécialiste du changement climatique à l’Université publique Mayor de San Andrés, à La Paz, “les sols où se produisent les incendies de forêt sont exposés au risque de désertification”.Mais malgré cette situation, la pratique des brûlis avec le risque qu’elle induit se poursuit. “Si on avait des tracteurs, il n’y aurait pas besoin de chaqueo”, confie Julia Ortiz. Comme les 1.700 habitants de sa communauté, elle n’a pas les moyens d’en acheter un ni même de le louer. Elle dit avoir demandé l’aide de la municipalité mais celle-ci lui aurait répondu que ses engins, très sollicités, étaient en panne.”C’est ainsi que nous travaillons, en courant le risque que le feu devienne incontrôlable. Mais c’est tout ce que nous avons”, souligne-t-elle. Pour David Cruz, l’État favorise la déforestation en exemptant de sanctions les responsables d’incendies, en accordant des délais pour se conformer aux lois environnementales et en autorisant les brûlis sur de vastes surfaces.Selon un rapport de l’Ibif, 63,6% de la superficie endommagée par les incendies de 2024 se trouvaient dans des zones boisées, ce qui pourrait être la preuve d’une “forte pression pour étendre la frontière agricole”.Consciente des ravages causés par les incendies, Santa Ana mise, avec le soutien de fondations locales et étrangères, sur une méthode de reforestation par drones.  Dès mars, quelque 250.000 “bombitas” remplies de graines d’espèce natives confectionnées par les femmes de la communauté seront larguées sur 500 hectares grâce à l’appui des fondations Swisscontact et Flades.Dans le village, il ne reste quasiment plus que des femmes et des enfants, la plupart des hommes étant partis chercher du travail ailleurs.”Sans forêts, nous n’aurons pas d’eau”, assure à l’AFP Joaquin Sorioco, paysan et technicien en agroforesterie de Santa Ana. “Cette culture que nous réalisons va aider à retenir plus d’humidité”, poursuit-il.Malgré les pluies qui ont suivi la sécheresse, l’eau reste insuffisante pour la consommation humaine, et les cultures continuent de se dessécher dans les champs.Du côté de la fondation Flades, l’espoir réside aussi dans un changement de pratiques. “Ce que nous avons vécu l’an dernier a été très difficile. Mais, d’une certaine manière, cela a permis une prise de conscience”, assure son directeur Mario Rivera, qui veille à sensibiliser les populations locales au danger des brûlis.

Le gros coup de blues des Verts en Europe

Après avoir décroché durant cinq ans des percées majeures sur le climat, les écologistes européens assistent, un peu désemparés, au détricotage par Bruxelles de certains de leurs acquis. Et redoutent que les années à venir soient rudes.”On est dans l’un des pires scénarios”, soupire la Française Marie Toussaint, qui siège avec les Verts au Parlement européen. “Émotionnellement, on se demande tous comment on tient.”Il y a peu de temps encore, l’Union européenne était marquée par un élan environnemental très fort.Face à la pression des jeunes réclamant des mesures pour protéger la planète lors de manifestations quasi hebdomadaires, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait placé la lutte contre le changement climatique au cœur de son premier mandat (2019-2024). Avec comme point culminant l’adoption du Pacte vert et – symbole fort – l’interdiction de la vente de voitures thermiques neuves d’ici 2035.En ce début d’année 2025, le contraste est saisissant. – “Choc profond” -En juin dernier, les Verts ont perdu un quart de leurs membres aux élections européennes, lors d’un scrutin marqué par une montée en puissance de la droite et une percée de l’extrême droite à travers le continent. L’hémorragie a été notable en Allemagne et en France, où la liste écologiste menée par Marie Toussaint a failli ne pas atteindre le seuil de 5%, nécessaire pour avoir des députés au Parlement européen.”Le choc a été assez profond”, reconnaît l’eurodéputée de 37 ans. D’autant que la Commission a depuis changé de cap. Face au risque d’une guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump, l’exécutif européen assure ne pas vouloir remettre en cause les grands objectifs du “Green deal”, mais a fait de la compétitivité une priorité. Mercredi, il a annoncé un coup de frein à certains textes environnementaux pour donner un peu d’air aux industriels.”Beaucoup d’entre nous ont été assez sonnés”, affirme la Danoise Kira Peter-Hansen, qui lors de son élection en 2019 était devenue la plus jeune élue à siéger au Parlement européen.”Personnellement, j’ai vraiment réalisé en septembre ou en octobre que le contexte politique avait complètement changé”, confie l’élue, se disant “un peu triste” de n’avoir pas savouré la dynamique verte.Désormais, “la situation politique est différente. En tant qu’élus écologistes, on doit tous se demander si on essaye de sauver les meubles, ou si on rejoint l’opposition”, décrypte-t-elle. A contrecœur, elle a choisi la première option.- “Retour de bâton” – La frustration des Verts est partagée par les ONG environnementales, qui sont elles aussi contraintes d’adopter une posture beaucoup plus défensive qu’il y a cinq ans.”Quand on regarde le paysage politique au Conseil et au Parlement, la perspective d’avoir la moindre proposition législative ambitieuse sur le climat est extrêmement limitée”, souffle John Condon, de ClientEarth.”On a très clairement une forme de retour de bâton qui s’opère sur ces sujets”, note Phuc Nguyen, de l’institut Jacques Delors. Et selon lui, les écologistes n’ont peut-être pas encore touché le fond.Et pour cause: de nombreux industriels ont réclamé que Bruxelles dilue encore davantage ses mesures climatiques, qu’ils trouvent trop contraignantes face à la concurrence féroce de Washington et Pékin. Au Parlement européen, le chef des Patriotes (extrême droite), Jordan Bardella, a lui réclamé la suspension pure et simple du Pacte vert. “Il y a des textes qui sont victimes du backlash anti-écolo”, estime l’eurodéputé centriste Pascal Canfin. “Mais on ne peut pas dire que tout va sauter”, tempère l’élu, membre de la commission environnement au Parlement européen.Contrairement à certains de ses collègues écologistes, son ancienne famille politique, le quinquagénaire assure “ne pas être déprimé”: “Il faut montrer que c’est dans notre intérêt économique de faire cette transition écologique. Et mener la bataille”.

La Réunion en alerte violette, le plus haut niveau, à l’approche du cyclone Garance

Les habitants de La Réunion sont confinés avant l’arrivée imminente du cyclone Garance qui doit balayer vendredi matin l’île de l’océan Indien, placée en alerte violette, le plus haut niveau, les autorités redoutant des rafales dépassant 200 km/h.En début de matinée, heure locale, le préfet de La Réunion Patrice Latron a annoncé, lors d’un point presse, l’entrée en vigueur sur l’île de l’alerte violette cyclonique à partir de 09H00 (06H00 à Paris).Le préfet a décrété le passage au violet en raison des rafales de vent “qui pourraient dépasser les 200 km/h”, a précisé au cours de cette conférence de presse la directrice interrégionale de Météo-France, Céline Jauffret.Dernier niveau du dispositif d’alerte cyclonique, l’alerte violette implique le confinement strict de toute la population, y compris des forces de l’ordre et des services de secours mobilisés.”On s’attend à un impact direct du mur de l’oeil et de l’oeil dans la matinée”, a précisé Céline Jauffret.Dans son dernier bulletin publié à 07H00, Météo-France souligne que Garance “se maintient au stade de cyclone tropical intense malgré une tendance à l’affaiblissement qui commence à s’opérer”. Toutefois, l’institut précise que le cyclone continue de “se rapprocher directement de la Réunion” et “présente toujours une menace cyclonique très importante pour l’île”.A 07H00 locales, Garance se trouvait à 90 km au nord des terres réunionnaises, selon Météo-France. Les autorités ont exhorté les habitants à ne pas sortir et à suivre les consignes de sécurité.”J’appelle nos compatriotes réunionnais à la plus grande vigilance et au respect des consignes de sécurité. L’Etat est à vos côtés et nos forces mobilisées. Solidarité de la Nation”, a déclaré sur X jeudi soir le président Emmanuel Macron.Toutes les communes de l’île ont ouvert au public leurs centres d’hébergement d’urgence. Plus de 500 personnes habitant des logements précaires ou n’ayant pas de domicile y sont actuellement hérbergées, a détaillé le préfet.- L’île sous cloche -Selon EDF, 4.000 foyers ne sont plus alimentés en électricité. Vendredi matin, le préfet a indiqué que “8,4% des abonnés n'(avaient) plus d’accès à internet et au téléphone”.Avant l’arrivée du cyclone, les derniers préparatifs ont rythmé la journée jeudi à Saint-Denis. “Je me suis dit que j’avais le temps de faire mes courses, mauvaise pioche”, soupirait Franck Vitry, patientant dans la longue file d’un supermarché du Port (ouest). “Ça m’a pris 30 secondes pour prendre mon pack d’eau, et là, ça fait 10 minutes que j’attends en caisse!”Certains anticipaient aussi les longues heures d’attente à domicile. “J’ai pris des rouleaux de pâte feuilletée, des œufs et du sucre pour faire de la pâtisserie avec mes enfants pendant l’alerte rouge”, confie Maryvonne Laurent, 36 ans, en faisant ses courses avec ses deux fils.L’aéroport international de La Réunion a suspendu tous ses vols jeudi matin à 10H30. Sur l’île Maurice voisine, distante de 200 km, l’aéroport  avait lui cessé toute activité dès mercredi.Dans les terres, l’inquiétude grandit parmi les agriculteurs. A Etang-Salé-Les-Hauts (sud), Jean-Christophe Hoareau, producteur de légumes, retirait jeudi la mort dans l’âme les bâches de ses serres. Il sait que ses cultures ne résisteront pas au cyclone.”Le sentiment d’être impuissant, de ne pas savoir si ça va résister… A chaque fois, on perd nos cultures parce qu’on ne prend pas le risque et on sauve notre structure”, confie-t-il à l’AFP.Si Garance s’avérait aussi puissant que redouté, La Réunion pourrait revivre un épisode comparable à celui de janvier 2024. A l’époque, l’île avait été placée en alerte violette lors du passage du cyclone intense Belal, qui avait fait quatre morts.