AFP World

La foi afro-brésilienne fêtée au carnaval, mais discriminée au quotidien

Dans les ateliers d’une école de samba, Leandro Vieira surveille les préparatifs de son défilé pour le carnaval de Rio de Janeiro, qui va exalter la richesse spirituelle du candomblé, l’une des principales religions afro-brésiliennes. À quelques kilomètres de là, non loin du célèbre stade Maracana, Fernanda Marques Franco dos Anjos, prêtresse d’umbanda, un autre culte afro-brésilien, fond en larmes face aux décombres de son temple, ou “terreiro”.Ventilateurs arrachés, équipements volés, objets sacrés détruits. Sur le sol, près de ce qu’il reste d’une image d’Oxum, la déesse de l’amour, les vandales ont laissé une bible.Oxum et d’autres orishas, divinités d’origine africaine, seront honorées par la plupart des douze écoles de samba qui défileront de dimanche à mardi dans l’enceinte du légendaire sambodrome.Des dizaines de milliers de spectateurs vont admirer cette représentation des mythes et rituels qui se sont développés au long des derniers siècles au Brésil avec l’arrivée de cinq millions d’esclaves venus d’Afrique.”Le défilé des écoles de samba est un patrimoine artistique d’une valeur incalculable, vendu dans le monde entier comme une marque de fabrique de la culture brésilienne, mais les religions d’origine africaine n’en sont pas moins discriminées”, dit à l’AFP Leandro Vieira, 41 ans, directeur artistique de l’école Imperatriz Leopoldinense. Ce paradoxe “montre que la société brésilienne a du mal à comprendre l’apport esthétique, artistique et social de la culture noire”, déplore-t-il.- Diabolisation -“Les gens acceptent le carnaval, qui est magnifique, mais nous, nous souffrons de nombreux préjugés”, s’indigne Fernanda Marques Franco dos Anjos, dite “mère Fernanda”, 42 ans, avocate et responsable du “terreiro” Caboclo Pena Dourado. “C’est notre réalité au quotidien: on nous fait taire, on nous détruit.”Selon les dernières données disponibles, celles du recensement de 2010, près de 600.000 Brésiliens se disent adeptes de religions d’origine africaine. Les actes portant atteinte à la liberté religieuse ont augmenté de 81% au Brésil l’an dernier par rapport à 2023, une hausse croissante ces dernières années, d’après les chiffres officiels. Les fidèles d’umbanda et de candomblé voient leurs cultes souvent associés à tort à de la sorcellerie ou au satanisme, et résumés par le terme péjoratif “macumba”. Ils ont été victimes de trois fois plus d’agressions d’une année sur l’autre.L’Observatoire des libertés religieuses (OLR), un réseau indépendant de chercheurs, a présenté en 2023 à l’ONU un rapport faisant état de “terreiros” incendiés, de responsables religieux menacés et de fidèles ayant perdu leur emploi en raison de leurs croyances.”Tu ne peux pas t’afficher sur LinkedIn (en tant qu’adepte d’une religion afro-brésilienne) ni arborer un collier de protection sur Instagram, ça risque de te coûter ton boulot”, confirme Isabella Menezes Antas, 41 ans, prêtresse du “terreiro” Academia de Umbanda, dans le centre-ville de Rio.- Racisme -“Les religions afro-brésiliennes ont toujours été victimes de violence”, explique Christina Vital, sociologue de l’Université fédérale Fluminense.”Son importance artistique et culturelle est reconnue, mais ce n’est pas suffisant face au racisme et à l’intolérance structurelles”, affirme-t-elle.Maria Eduarda Oliveira, coiffeuse de 24 ans, se souvient d’avoir été traitée de “guenon de la macumba” à l’école.”Cela m’a ébranlée, mais comme j’ai été bien éduquée pour revendiquer ma négritude et mon histoire, j’ai pu aller de l’avant”, confie-t-elle, en déposant dans l’océan sur la plage d’Ipanema une offrande à Iemanja, la déesse de la mer.Ces préjugés touchent même des célébrités comme la popstar Anitta, qui a perdu 300.000 abonnés sur les réseaux sociaux après avoir révélé être une adepte du candomblé.- “Résistance” -Ivanir dos Santos, professeur d’université et membre de l’OLR, attribue cette discrimination “à l’expansion politique de groupes évangéliques” et de “chrétiens intégristes” ayant pour but d'”étouffer” l’héritage spirituel africain au Brésil.Près d’un tiers des Brésiliens sont de confession évangélique, et cette population ne cesse d’augmenter.Dans les favelas et autres quartiers pauvres, les responsables religieux et adeptes de cultes afro-brésiliens sont persécutés par des factions criminelles qui sèment la terreur dans ces territoires et cherchent à y imposer les religions chrétiennes, selon le rapport de l’OLR.”Les gens doivent respecter le droit de chacun à suivre sa religion”, déclarait récemment Anielle Franco, ministre de l’Egalité raciale, qui a mis en place un service de dénonciations anonymes et des programmes de prévention et d’éducation contre l’intolérance religieuse.”Nos ancêtres ont survécu à l’esclavage, et nous continuerons à survivre malgré cette violence”, jure Ivanir dos Santos, invoquant l’esprit de “résistance”.

La Grèce dans la rue en mémoire des victimes de la collision ferroviaire de 2023

Des dizaines de milliers de personnes ont commencé de se rassembler vendredi dans toute la Grèce paralysée par une grève générale à la mémoire des 57 morts de la catastrophe ferroviaire de 2023 et pour exprimer leur colère à l’endroit du gouvernement Mitsotakis.”Aujourd’hui, il faut envoyer un message fort pour punir tous les responsables de ce drame”, a lancé à l’AFP Nikos Likomytros, 20 ans, étudiant en histoire et archéologie, qui participe au rassemblement dans le centre d’Athènes.”On veut que la justice soit rendue”, a également martelé Dimitris Korovesis, 16 ans, alors que les Grecs exigent des réponses sur les causes exactes de cette collision frontale entre deux trains le 28 février 2023.”La Grèce tue ses enfants”, lisait-on aussi sur une pancarte brandie devant le Parlement, dans le centre de la capitale. Dans une grande émotion, les noms et l’âge de toutes les victimes, la plupart des jeunes, ont été lus au début du rassemblement devant le Parlement.Une minute de silence a ensuite été observée en présence de proches de victimes, dont la pédiatre Maria Karystianou qui porte aujourd’hui le combat de ces familles endeuillées qui réclament des comptes aux autorités.Une foule compacte était également rassemblée à Thessalonique, la deuxième ville du pays, mais aussi à Larissa, près des lieux de l’accident et dans d’autres villes du pays, selon les images en direct de la télévision publique ERT.- “Dissimulation” -De nombreux protestataires dénoncent une “dissimulation” présumée des responsabilités dans le pire accident ferroviaire en Grèce, une accusation portée par le collectif des familles de victimes et la société civile.Transports à l’arrêt, écoles, universités, administrations et magasins fermés, le pays est quasiment à l’arrêt ce vendredi, répondant à l’appel à une grève générale de 24 heures.Aucun train, ferry, bus, tramway ne circulent tandis que de nombreuses liaisons aériennes ont été annulées.Dans le centre d’Athènes, de nombreux magasins ont baissé leur rideau en signe de solidarité dans une Grèce profondément bouleversée par cette catastrophe devenue un “traumatisme collectif”, selon le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis.Le 28 février 2023, peu avant minuit, un train reliant Athènes à Thessalonique (nord), avec plus de 350 passagers à son bord, avait heurté de plein fouet un train de marchandises dans la vallée de Tempé, à environ 350 km au nord de la capitale.Les deux trains avaient circulé sur la même voie pendant 19 minutes sans qu’aucun système d’alarme ne soit déclenché.Etrillé par l’opposition qui accuse son gouvernement de vouloir cacher les causes véritables de l’accident, le chef du gouvernement se retrouve en difficulté politique.Fin janvier, plus de 40.000 personnes avaient déjà défilé à Athènes et Thessalonique.Outre l’erreur humaine imputée au chef de gare local ce soir-là, l’enquête avait immédiatement révélé de graves négligences sur le réseau ferré, notamment l’absence de mise aux normes des systèmes de sécurité.”Des erreurs humaines fatales se sont combinées aux défaillances chroniques de l’État, bouleversant violemment nos certitudes”, a reconnu le chef du gouvernement conservateur dans un message sur Facebook vendredi.Plus de 40 personnes ont été poursuivies mais aucune n’a encore été jugée.Le gouvernement conservateur ne cesse de rejeter les accusations des partis d’opposition qui évoquent un “plan organisé” de dissimulation pour protéger de hauts responsables. Kyriakos Mitsotakis, confortablement réélu quatre mois seulement après la catastrophe, a dénoncé ce qu’il voit comme une tentative de “déstabiliser” le pays.Il a fustigé “l’instrumentalisation politique de la douleur humaine”.- Cargaison illégale -Un rapport d’experts financé par les familles des victimes a conclu que le train de marchandises transportait une cargaison illégale et non déclarée de produits chimiques explosifs, ce qui aurait contribué au nombre élevé de victimes.Jeudi, un rapport accablant de l’agence grecque de sécurité de l’aviation et des chemins de fer a a révélé des défaillances systémiques en matière de sécurité et la destruction de preuves cruciales dans les jours qui ont suivi l’accident.Ces experts ont également indiqué qu’il y avait une “présence possible” d’un “carburant inconnu” sur le lieu de l’accident.”C’est à la justice” de faire son travail, a laconiquement commenté le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis.Les partis d’opposition veulent déposer une motion de censure la semaine prochaine et exigent une enquête parlementaire pour établir si les autorités ont nettoyé les lieux rapidement après l’accident, détruisant ainsi d’importantes preuves.

La Grèce dans la rue en mémoire des victimes de la collision ferroviaire de 2023

Des dizaines de milliers de personnes ont commencé de se rassembler vendredi dans toute la Grèce paralysée par une grève générale à la mémoire des 57 morts de la catastrophe ferroviaire de 2023 et pour exprimer leur colère à l’endroit du gouvernement Mitsotakis.”Aujourd’hui, il faut envoyer un message fort pour punir tous les responsables de ce drame”, a lancé à l’AFP Nikos Likomytros, 20 ans, étudiant en histoire et archéologie, qui participe au rassemblement dans le centre d’Athènes.”On veut que la justice soit rendue”, a également martelé Dimitris Korovesis, 16 ans, alors que les Grecs exigent des réponses sur les causes exactes de cette collision frontale entre deux trains le 28 février 2023.”La Grèce tue ses enfants”, lisait-on aussi sur une pancarte brandie devant le Parlement, dans le centre de la capitale. Dans une grande émotion, les noms et l’âge de toutes les victimes, la plupart des jeunes, ont été lus au début du rassemblement devant le Parlement.Une minute de silence a ensuite été observée en présence de proches de victimes, dont la pédiatre Maria Karystianou qui porte aujourd’hui le combat de ces familles endeuillées qui réclament des comptes aux autorités.Une foule compacte était également rassemblée à Thessalonique, la deuxième ville du pays, mais aussi à Larissa, près des lieux de l’accident et dans d’autres villes du pays, selon les images en direct de la télévision publique ERT.- “Dissimulation” -De nombreux protestataires dénoncent une “dissimulation” présumée des responsabilités dans le pire accident ferroviaire en Grèce, une accusation portée par le collectif des familles de victimes et la société civile.Transports à l’arrêt, écoles, universités, administrations et magasins fermés, le pays est quasiment à l’arrêt ce vendredi, répondant à l’appel à une grève générale de 24 heures.Aucun train, ferry, bus, tramway ne circulent tandis que de nombreuses liaisons aériennes ont été annulées.Dans le centre d’Athènes, de nombreux magasins ont baissé leur rideau en signe de solidarité dans une Grèce profondément bouleversée par cette catastrophe devenue un “traumatisme collectif”, selon le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis.Le 28 février 2023, peu avant minuit, un train reliant Athènes à Thessalonique (nord), avec plus de 350 passagers à son bord, avait heurté de plein fouet un train de marchandises dans la vallée de Tempé, à environ 350 km au nord de la capitale.Les deux trains avaient circulé sur la même voie pendant 19 minutes sans qu’aucun système d’alarme ne soit déclenché.Etrillé par l’opposition qui accuse son gouvernement de vouloir cacher les causes véritables de l’accident, le chef du gouvernement se retrouve en difficulté politique.Fin janvier, plus de 40.000 personnes avaient déjà défilé à Athènes et Thessalonique.Outre l’erreur humaine imputée au chef de gare local ce soir-là, l’enquête avait immédiatement révélé de graves négligences sur le réseau ferré, notamment l’absence de mise aux normes des systèmes de sécurité.”Des erreurs humaines fatales se sont combinées aux défaillances chroniques de l’État, bouleversant violemment nos certitudes”, a reconnu le chef du gouvernement conservateur dans un message sur Facebook vendredi.Plus de 40 personnes ont été poursuivies mais aucune n’a encore été jugée.Le gouvernement conservateur ne cesse de rejeter les accusations des partis d’opposition qui évoquent un “plan organisé” de dissimulation pour protéger de hauts responsables. Kyriakos Mitsotakis, confortablement réélu quatre mois seulement après la catastrophe, a dénoncé ce qu’il voit comme une tentative de “déstabiliser” le pays.Il a fustigé “l’instrumentalisation politique de la douleur humaine”.- Cargaison illégale -Un rapport d’experts financé par les familles des victimes a conclu que le train de marchandises transportait une cargaison illégale et non déclarée de produits chimiques explosifs, ce qui aurait contribué au nombre élevé de victimes.Jeudi, un rapport accablant de l’agence grecque de sécurité de l’aviation et des chemins de fer a a révélé des défaillances systémiques en matière de sécurité et la destruction de preuves cruciales dans les jours qui ont suivi l’accident.Ces experts ont également indiqué qu’il y avait une “présence possible” d’un “carburant inconnu” sur le lieu de l’accident.”C’est à la justice” de faire son travail, a laconiquement commenté le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis.Les partis d’opposition veulent déposer une motion de censure la semaine prochaine et exigent une enquête parlementaire pour établir si les autorités ont nettoyé les lieux rapidement après l’accident, détruisant ainsi d’importantes preuves.

Trump, radouci par un accord sur les minerais, accueille Zelensky

Donald Trump, qui a considérablement adouci ses commentaires à propos de Volodymyr Zelensky, accueille le président ukrainien vendredi pour une visite dont les enjeux vont bien au-delà d’un accord qu’ils signeront sur les minerais stratégiques.Le président républicain, qui a rompu avec la politique de soutien à Kiev de son prédécesseur Joe Biden tout en se rapprochant de Vladimir Poutine, doit recevoir le chef d’Etat vers 11H00 locales (16H00 GMT).L’imprévisible Donald Trump, connu pour ses volte-faces spectaculaires, a minimisé jeudi ses propos de la semaine dernière sur le président ukrainien, qu’il avait qualifié de “dictateur”.”J’ai dit ça?”, a feint de s’étonner le président américain. “J’arrive pas à croire que j’ai dit ça. Question suivante”, a-t-il ajouté, affirmant ensuite avoir “beaucoup de respect” pour son homologue ukrainien.Le changement de ton de l’ancien promoteur immobilier, qui en matière politique ou diplomatique n’aime rien tant que de conclure un “deal” forcément avantageux, est-il dû à la venue de Volodymyr Zelensky pour, justement, signer un de ces accords chéris du républicain?- “Creuser, creuser, creuser” -L’accord-cadre en question porte sur l’accès des Etats-Unis aux ressources du sous-sol ukrainien, exigé par Donald Trump en compensation de l’aide militaire et financière versée depuis trois ans.”Nous allons creuser, creuser, creuser”, s’est réjoui jeudi le républicain de 78 ans.L’accord ne correspond toutefois pas aux exigences initiales du président américain, qui voulait la mention d’un montant de 500 milliards de dollars, disparu du texte final. Il établit un fonds d’investissement commun dans les métaux, hydrocarbures et investissements.Le texte ne prévoit pas non plus de garanties de sécurité pures et dures pour l’Ukraine.”Mais l’idée est qu’avec un investissement conjoint dans les ressources du pays, les Etats-Unis resteront impliqués dans la sécurité et la stabilité “, soulignent Gracelin Baskaran et Meredith Schwartz dans une note d’analyse du Center for Strategic and International Studies.Donald Trump lui-même a dit jeudi que cet accord fonctionnerait comme une sorte de “filet de sécurité”.”Je ne pense pas que quiconque va chercher des ennuis si nous sommes (en Ukraine) avec beaucoup de travailleurs” pour exploiter des minerais, a ajouté le président américain.- Manganèse et graphite -L’Ukraine concentrerait quelque 5% des ressources minières mondiales mais celles que Donald Trump convoite sont pour la plupart inexploitées, difficiles à extraire, ou de facto sous contrôle russe, car dans des territoires occupés.Les enjeux de la venue de Volodymyr Zelensky vont toutefois bien au-delà du manganèse et graphite dont le sol ukrainien regorge.L’Ukraine et l’Europe ont suivi avec inquiétude le rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui se sont longuement parlés le 12 février et qui ont lancé des négociations pour mettre fin à la guerre, avec l’objectif, pour l’impatient milliardaire républicain, d’aller vite.Vendredi matin, le Premier ministre britannique Keir Starmer a invité plus d’une douzaine de dirigeants européens à un sommet prévu dimanche “pour faire avancer l’action européenne sur l’Ukraine”. Le président américain répète qu’il a confiance dans le président russe, malgré les avertissements répétés de Londres et Paris sur la fragilité de toute trêve qui ne serait pas accompagnée d’un solide dispositif de contrôle et de sécurité garanti par l’Amérique. Jeudi, il s’est dit convaincu que Vladimir Poutine “tiendrait parole” en cas de cessez-le-feu.Donald Trump refuse de considérer Moscou comme responsable de la guerre et est allé jusqu’à faire porter la faute sur l’Ukraine. Il a totalement fermé la porte à une potentielle adhésion à l’Otan, espérée par Volodymyr Zelensky, en l’invitant à “oublier” une telle perspective.Mais le président américain a jugé, jeudi, qu’en cas d’accord de paix Kiev pourrait retrouver certains territoires: “nous allons essayer d’en récupérer autant que possible.”Il a aussi estimé que les troupes ukrainiennes, “peu importe ce que vous en pensez, (avaient) combattu très vaillamment”.

Trump, radouci par un accord sur les minerais, accueille Zelensky

Donald Trump, qui a considérablement adouci ses commentaires à propos de Volodymyr Zelensky, accueille le président ukrainien vendredi pour une visite dont les enjeux vont bien au-delà d’un accord qu’ils signeront sur les minerais stratégiques.Le président républicain, qui a rompu avec la politique de soutien à Kiev de son prédécesseur Joe Biden tout en se rapprochant de Vladimir Poutine, doit recevoir le chef d’Etat vers 11H00 locales (16H00 GMT).L’imprévisible Donald Trump, connu pour ses volte-faces spectaculaires, a minimisé jeudi ses propos de la semaine dernière sur le président ukrainien, qu’il avait qualifié de “dictateur”.”J’ai dit ça?”, a feint de s’étonner le président américain. “J’arrive pas à croire que j’ai dit ça. Question suivante”, a-t-il ajouté, affirmant ensuite avoir “beaucoup de respect” pour son homologue ukrainien.Le changement de ton de l’ancien promoteur immobilier, qui en matière politique ou diplomatique n’aime rien tant que de conclure un “deal” forcément avantageux, est-il dû à la venue de Volodymyr Zelensky pour, justement, signer un de ces accords chéris du républicain?- “Creuser, creuser, creuser” -L’accord-cadre en question porte sur l’accès des Etats-Unis aux ressources du sous-sol ukrainien, exigé par Donald Trump en compensation de l’aide militaire et financière versée depuis trois ans.”Nous allons creuser, creuser, creuser”, s’est réjoui jeudi le républicain de 78 ans.L’accord ne correspond toutefois pas aux exigences initiales du président américain, qui voulait la mention d’un montant de 500 milliards de dollars, disparu du texte final. Il établit un fonds d’investissement commun dans les métaux, hydrocarbures et investissements.Le texte ne prévoit pas non plus de garanties de sécurité pures et dures pour l’Ukraine.”Mais l’idée est qu’avec un investissement conjoint dans les ressources du pays, les Etats-Unis resteront impliqués dans la sécurité et la stabilité “, soulignent Gracelin Baskaran et Meredith Schwartz dans une note d’analyse du Center for Strategic and International Studies.Donald Trump lui-même a dit jeudi que cet accord fonctionnerait comme une sorte de “filet de sécurité”.”Je ne pense pas que quiconque va chercher des ennuis si nous sommes (en Ukraine) avec beaucoup de travailleurs” pour exploiter des minerais, a ajouté le président américain.- Manganèse et graphite -L’Ukraine concentrerait quelque 5% des ressources minières mondiales mais celles que Donald Trump convoite sont pour la plupart inexploitées, difficiles à extraire, ou de facto sous contrôle russe, car dans des territoires occupés.Les enjeux de la venue de Volodymyr Zelensky vont toutefois bien au-delà du manganèse et graphite dont le sol ukrainien regorge.L’Ukraine et l’Europe ont suivi avec inquiétude le rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui se sont longuement parlés le 12 février et qui ont lancé des négociations pour mettre fin à la guerre, avec l’objectif, pour l’impatient milliardaire républicain, d’aller vite.Vendredi matin, le Premier ministre britannique Keir Starmer a invité plus d’une douzaine de dirigeants européens à un sommet prévu dimanche “pour faire avancer l’action européenne sur l’Ukraine”. Le président américain répète qu’il a confiance dans le président russe, malgré les avertissements répétés de Londres et Paris sur la fragilité de toute trêve qui ne serait pas accompagnée d’un solide dispositif de contrôle et de sécurité garanti par l’Amérique. Jeudi, il s’est dit convaincu que Vladimir Poutine “tiendrait parole” en cas de cessez-le-feu.Donald Trump refuse de considérer Moscou comme responsable de la guerre et est allé jusqu’à faire porter la faute sur l’Ukraine. Il a totalement fermé la porte à une potentielle adhésion à l’Otan, espérée par Volodymyr Zelensky, en l’invitant à “oublier” une telle perspective.Mais le président américain a jugé, jeudi, qu’en cas d’accord de paix Kiev pourrait retrouver certains territoires: “nous allons essayer d’en récupérer autant que possible.”Il a aussi estimé que les troupes ukrainiennes, “peu importe ce que vous en pensez, (avaient) combattu très vaillamment”.

Fin de partie vendredi soir pour les chaînes C8 et NRJ12 sur la TNT

Les chaînes télé C8 et NRJ12, vingt ans d’âge, vont s’éteindre sur la TNT vendredi soir, sur une décision inédite du régulateur de l’audiovisuel, devenue enjeu politique pour la droite et l’extrême droite, au nom de la liberté d’expression.Les fréquences sur la télévision numérique terrestre de C8 et NRJ12 n’ont pas été renouvelées par l’Arcom, régulateur indépendant.Pour leur dernière vendredi, les deux chaînes ont prévu de rediffuser leurs grands moments. On pourra voir Laurence Ferrari et Roselyne Bachelot dans “La grande soirée de C8” (ex-D8) ou Nabilla dans “20 ans de grandes émotions” sur NRJ12.Et à partir de samedi 00H00, des messages seront diffusés sur leurs canaux indiquant qu'”un nouveau programme sera proposé” ultérieurement.D’autres chaînes nationales ont cessé d’émettre dans le passé, comme TV6 et La Cinq, mais dans d’autres circonstances.L’arrêt de C8, propriété du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a pris un tournant politique.- “Censure politique” -Marine Le Pen (RN) a dénoncé sur X mercredi une “censure politique, sous la pression d’une extrême gauche aux relents totalitaires affirmés et les soupçons de plus en plus lourds d’interférence du pouvoir et de ses relais administratifs”.Comme d’autres, Laurent Wauquiez (LR) a sonné la charge contre l’Arcom, “un organisme administratif qui n’a pas de légitimité démocratique”. “Il y a un arrière-plan idéologique” derrière la coupure de fréquence de C8, selon lui.Emmanuel Macron a dû, le week-end dernier, descendre dans l’arène pour expliquer que ce n’est “pas une décision politique”. Les fréquences de la TNT sont une “occupation du domaine public” et il est “donc normal qu’il y ait une autorisation”, “sous le contrôle des juges”, a souligné le chef de l’Etat.”Si une majorité de responsables politiques considèrent que ces règles sont injustes, il revient au législateur de les modifier”, a relevé la ministre de la Culture Rachida Dati (LR) dans le JDD.C8 a cumulé 7,6 millions d’euros d’amende en raison des dérapages de Cyril Hanouna, aux manettes de l’émission quotidienne “Touche pas à mon poste” (TPMP). C’est l’une des motivations mises en avant par l’Arcom, qu’a validées le Conseil d’Etat le 19 février.D’après la chaîne, pour sa dernière jeudi soir, TPMP a battu un “record historique” en réunissant près de 3,7 millions de téléspectateurs, soit 18,4% de part d’audience, sur sa tranche la plus regardée, selon les chiffres de Médiamétrie.Et, avec une part d’audience de 3,1%, C8 a été la sixième chaîne de France en janvier, selon Médiamétrie. Quelque 400 emplois sont touchés par son arrêt, d’après ses dirigeants.Cyril Hanouna, lui, va rebondir à partir de septembre dans le groupe M6, pour un talk-show en avant-soirée sur la chaîne gratuite de la TNT W9 et une émission sur Fun Radio l’après-midi.- “Jeteurs de sort” -Concernant NRJ12, le régulateur de l’audiovisuel a relevé des “engagements de diffusion de programmes inédits” insuffisants et des “prévisions de croissance des recettes publicitaires” trop optimistes.La chaîne, qui cible notamment les jeunes, a elle réalisé une part d’audience de 1%. Une centaine d’emplois seraient concernés. NRJ Group a indiqué jeudi “envisager la mise en oeuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi”, sans le chiffrer.D’après Jean-Paul Baudecroux, fondateur et PDG du groupe, son pôle TV se trouve fragilisé et “la cession de Chérie 25”, qui en fait partie, est “une question qui va se poser”, a-t-il affirmé au Figaro.C8 et NRJ12 pourraient en théorie perdurer sur câble, satellite ou internet, mais les ressources publicitaires y sont jugées insuffisantes.Sur la TNT, elles vont être remplacées par T18, qui sera lancée en juin par le groupe CMI France du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, et par OFTV en septembre par le groupe Ouest-France.Avant le compte à rebours de vendredi soir, les animateurs font leurs adieux. Sur C8 jeudi, Jordan de Luxe et William Leymergie ont lâché, les larmes aux yeux, que “c’est fini”, quand Philippe Labro, qui avait ouvert la chaîne en 2005, a épinglé les “jeteurs de sort, Arcom de sort”, sur l’air des “Copains d’abord”.Pour leur part, des militants de l’association Action Justice Climat, masqués à l’effigie de Cyril Hanouna, s’étaient rassemblés mercredi devant ses locaux de tournage, ont-ils fait savoir sur les réseaux sociaux. Ils brandissaient une banderole proclamant “Bollorisation médiatique, péril démocratique”. 

Le cyclone Garance frappe La Réunion, qui repasse en alerte rouge

Le cyclone Garance a frappé vendredi matin La Réunion, repassée en alerte rouge après la levée de l’alerte violette à 12H00 locales, et où de fortes pluies et des vents possiblement violents étaient toujours en cours. “Les vents les plus destructeurs s’éloignent. Le préfet lève l’alerte violette. L’alerte rouge perdure et le confinement reste obligatoire”, a posté sur X la préfecture de l’île de l’océan Indien. “De fortes pluies persistent”, a précisé la préfecture, notant aussi “des vents encore violents entre Saint-Leu et Saint-Joseph”.La Réunion était depuis 09H00 locales (06H00 à Paris) placée en alerte violette, le plus haut niveau qui implique le confinement strict de toute la population, y compris des forces de l’ordre et des services de secours mobilisés, en raison d’importantes rafales de vent, dépassant les 200 km/h.”Garance a atterri à 10H00 sur le nord de l’île de la Réunion, à proximité de Sainte-Suzanne au stade de cyclone tropical (il était cyclone intense précédemment, ndlr)”, a indiqué Météo-France dans son dernier bulletin publié peu avant 11H00. “Les rafales dépassent les 200 km/h. L’œil va traverser l’île et devrait ressortir en mer par le sud dans les 2 ou 3 prochaines heures”, est-il précisé. Des vents soufflant à 214 km/h ont été relevées par Météo-France à l’aéroport international situé dans le nord de l’île, et à 230 km/h sur le Piton Sainte-Rose dans l’extrême est.”Les conditions vont rester très dégradées sur l’ensemble de l’île toute la journée de vendredi”, insiste Météo-France. – “Peur” -“C’est la première fois que je vis un cyclone aussi puissant et c’est aussi la première fois que j’ai aussi peur”, témoigne Vincent Clain, un habitant de Sainte-Marie, dans une île habituée aux événements climatiques. “Dans le jardin, les vents ont déraciné un cocotier et un arbre à litchis, j’ai vraiment cru qu’il allait tomber sur la maison”, relate ce père de famille de 45 ans, joint par téléphone par l’AFP. Il s’est réfugié avec son épouse, son fils et son chien dans la cuisine, “la pièce la plus protégée de la maison”. “J’avoue que j’ai un peu peur”, a également confié à l’AFP par téléphone Aline Ethève, une habitante de Sainte-Suzanne. “L’une des barrières du jardin s’est envolée, la trappe qui donne accès au plafond n’arrête pas de se soulever, je crains vraiment que le toit finisse par partir”, ajoute celle qui n’a “plus ni d’électricité, ni de connexion wifi”. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont posté des images de leurs arbres arrachés, de toits envolés et de maisons inondées. La sous-préfecture de Saint-Benoît et les locaux du services départemental d’incendie et de secours (Sdis) de cette commune de la côte est ont été en partie inondés. Les autorités ont exhorté les habitants à ne pas sortir et à suivre les consignes de sécurité.”J’appelle nos compatriotes réunionnais à la plus grande vigilance et au respect des consignes de sécurité. L’Etat est à vos côtés et nos forces mobilisées. Solidarité de la Nation”, avait déclaré sur X jeudi soir le président Emmanuel Macron.”A cette heure, aucune victime n’est à déplorer”, a souligné la préfecture dans un point de situation à 11H00 locales. Quelque 675 personnes sont accueillies dans des centres d’hébergement d’urgence ouverts partout sur l’île, a-t-elle précisé. Selon la préfecture, 145.000 personnes sont actuellement privées d’électricité, soit 30% des clients et plus de 82.000 personnes n’ont plus accès à l’eau potable, soit près de 10% de la population. Plus de 39.000 abonnés (12%) sont aussi privés de réseau Internet.Près de 100 militaires de la sécurité civile (Formisc) et sapeurs-pompiers sont prêts à venir de Mayotte en renfort, dès que la situation le permettra. Et 100 renforts sont préparés à partir de l’Hexagone, a ajouté le préfet Patrice Latron. – “Impuissant” -Avant l’arrivée du cyclone, les derniers préparatifs avaient rythmé la journée jeudi. A Etang-Salé-Les-Hauts (sud), Jean-Christophe Hoareau, producteur de légumes, retirait jeudi la mort dans l’âme les bâches de ses serres, avec “le sentiment d’être impuissant”. Il sait que ses cultures ne résisteront pas au cyclone.L’aéroport international de La Réunion a suspendu tous ses vols jeudi matin à 10H30. Sur l’île Maurice voisine, distante de 200 km, l’aéroport avait lui cessé toute activité dès mercredi. L’alerte cyclonique y a été levée vendredi matin, mais les habitants sont toujours appelés à la prudence. La Réunion avait été placée en janvier 2024 en alerte violette lors du passage du cyclone intense Belal, qui avait fait quatre morts.