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Zelensky quitte la Maison Blanche après un affrontement verbal avec Trump

Volodymyr Zelensky a quitté prématurément la Maison Blanche vendredi après une joute verbale inédite avec Donald Trump dans le Bureau ovale, le président américain menaçant son invité, en haussant la voix, de “laisser tomber” l’Ukraine s’il ne faisait pas de concession à la Russie.”Il pourra revenir quand il sera prêt à la paix”, a assené, dans un message sur son réseau social, Donald Trump un peu avant ce départ précipité.La signature d’un accord sur les minerais, hydrocarbures et infrastructures ukrainiens, pour lequel Volodymyr Zelensky avait fait le déplacement à Washington, n’a pas eu lieu, toute comme une conférence de presse commune.Le président américain a aussi accusé son homologue ukrainien, venu également chercher le soutien de Washington après trois années de guerre contre la Russie, d’avoir “manqué de respect aux Etats-Unis” dans le Bureau ovale.Dans une scène d’une tension inouïe, qui a duré de longues minutes et a également impliqué le vice-président JD Vance, les trois dirigeants ont élevé la voix et se sont coupés plusieurs fois la parole. Donald Trump a notamment reproché à Volodymyr Zelensky de “s’être mis en très mauvaise posture” et lui a lancé qu’il “n’avait pas les cartes en main”.Il l’a menacé: “Concluez un accord (avec la Russie) ou nous vous laissons tomber”, en jugeant qu’il serait “très difficile” de négocier avec le dirigeant ukrainien.”Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale (…)”, a aussi lâché un Donald Trump en colère.Le chef de la minorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, a accusé Donald Trump et son vice-président JD Vance de faire “le sale boulot” du président russe Vladimir Poutine.La visite avait déjà commencé sur une note inconfortable, le président américain notant lors de l’arrivée de Volodymyr Zelensky, habillé comme à son habitude dans une tenue aux accents militaires, et non en costume-cravate: “Il s’est fait très élégant aujourd’hui”.Sans que l’on ne sache s’il s’agissait d’une blague ou d’une critique voilée.- Poutine, un “tueur” pour Zelensky -Dans le Bureau ovale, le chef d’Etat ukrainien avait, avant que la rencontre ne tourne à l’affrontement, assuré que Donald Trump était “du côté” de l’Ukraine, et le républicain de 78 ans s’était félicité de l’accord “très équitable” sur l’accès aux ressources ukrainiennes qui devait être signé dans la journée.Cet accord, dont le sort est maintenant suspendu, devait établir un fonds d’investissement commun dans les minerais et hydrocarbures ukrainiens mais ne prévoyait pas de garanties de sécurité pures et dures pour l’Ukraine dans le cadre d’une cessation des hostilités.Avant que le ton monte, Volodymyr Zelensky avait aussi affirmé qu’il ne fallait pas faire de compromis avec Vladimir Poutine, qu’il a qualifié de “tueur”, alors que Donald Trump a noté qu’il avait eu “de nombreuses conversations” récemment avec le président russe, dont il s’est rapproché de manière spectaculaire après son retour au pouvoir le 20 janvier.Les enjeux de la venue à Washington de Volodymyr Zelensky allaient bien au-delà du manganèse et du graphite dont le sol ukrainien regorge.L’Ukraine et l’Europe ont suivi avec inquiétude le rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui se sont longuement parlé le 12 février et qui ont lancé des négociations pour mettre fin à la guerre, avec l’objectif, pour l’impatient milliardaire républicain, d’aller vite.Le président américain répète qu’il a confiance dans le président russe, malgré les avertissements répétés de Londres et Paris sur la fragilité de toute trêve qui ne serait pas accompagnée d’un solide dispositif de contrôle et de sécurité garanti par l’Amérique. Donald Trump refuse de considérer Moscou comme responsable de la guerre. Il a totalement fermé la porte à une potentielle adhésion à l’Otan, espérée par Volodymyr Zelensky, en l’invitant à “oublier” une telle perspective.

Zelensky quitte la Maison Blanche après un affrontement verbal avec Trump

Volodymyr Zelensky a quitté prématurément la Maison Blanche vendredi après une joute verbale inédite avec Donald Trump dans le Bureau ovale, le président américain menaçant son invité, en haussant la voix, de “laisser tomber” l’Ukraine s’il ne faisait pas de concession à la Russie.”Il pourra revenir quand il sera prêt à la paix”, a assené, dans un message sur son réseau social, Donald Trump un peu avant ce départ précipité.La signature d’un accord sur les minerais, hydrocarbures et infrastructures ukrainiens, pour lequel Volodymyr Zelensky avait fait le déplacement à Washington, n’a pas eu lieu, toute comme une conférence de presse commune.Le président américain a aussi accusé son homologue ukrainien, venu également chercher le soutien de Washington après trois années de guerre contre la Russie, d’avoir “manqué de respect aux Etats-Unis” dans le Bureau ovale.Dans une scène d’une tension inouïe, qui a duré de longues minutes et a également impliqué le vice-président JD Vance, les trois dirigeants ont élevé la voix et se sont coupés plusieurs fois la parole. Donald Trump a notamment reproché à Volodymyr Zelensky de “s’être mis en très mauvaise posture” et lui a lancé qu’il “n’avait pas les cartes en main”.Il l’a menacé: “Concluez un accord (avec la Russie) ou nous vous laissons tomber”, en jugeant qu’il serait “très difficile” de négocier avec le dirigeant ukrainien.”Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale (…)”, a aussi lâché un Donald Trump en colère.Le chef de la minorité démocrate au Sénat américain, Chuck Schumer, a accusé Donald Trump et son vice-président JD Vance de faire “le sale boulot” du président russe Vladimir Poutine.La visite avait déjà commencé sur une note inconfortable, le président américain notant lors de l’arrivée de Volodymyr Zelensky, habillé comme à son habitude dans une tenue aux accents militaires, et non en costume-cravate: “Il s’est fait très élégant aujourd’hui”.Sans que l’on ne sache s’il s’agissait d’une blague ou d’une critique voilée.- Poutine, un “tueur” pour Zelensky -Dans le Bureau ovale, le chef d’Etat ukrainien avait, avant que la rencontre ne tourne à l’affrontement, assuré que Donald Trump était “du côté” de l’Ukraine, et le républicain de 78 ans s’était félicité de l’accord “très équitable” sur l’accès aux ressources ukrainiennes qui devait être signé dans la journée.Cet accord, dont le sort est maintenant suspendu, devait établir un fonds d’investissement commun dans les minerais et hydrocarbures ukrainiens mais ne prévoyait pas de garanties de sécurité pures et dures pour l’Ukraine dans le cadre d’une cessation des hostilités.Avant que le ton monte, Volodymyr Zelensky avait aussi affirmé qu’il ne fallait pas faire de compromis avec Vladimir Poutine, qu’il a qualifié de “tueur”, alors que Donald Trump a noté qu’il avait eu “de nombreuses conversations” récemment avec le président russe, dont il s’est rapproché de manière spectaculaire après son retour au pouvoir le 20 janvier.Les enjeux de la venue à Washington de Volodymyr Zelensky allaient bien au-delà du manganèse et du graphite dont le sol ukrainien regorge.L’Ukraine et l’Europe ont suivi avec inquiétude le rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui se sont longuement parlé le 12 février et qui ont lancé des négociations pour mettre fin à la guerre, avec l’objectif, pour l’impatient milliardaire républicain, d’aller vite.Le président américain répète qu’il a confiance dans le président russe, malgré les avertissements répétés de Londres et Paris sur la fragilité de toute trêve qui ne serait pas accompagnée d’un solide dispositif de contrôle et de sécurité garanti par l’Amérique. Donald Trump refuse de considérer Moscou comme responsable de la guerre. Il a totalement fermé la porte à une potentielle adhésion à l’Otan, espérée par Volodymyr Zelensky, en l’invitant à “oublier” une telle perspective.

Dans le désert saoudien, à la recherche du croissant de lune du ramadan

Au sommet d’une colline montagneuse, au coeur du désert d’Arabie saoudite, Abdallah al-Khoudairi guette l’apparition du croissant de lune après le coucher du soleil, une procédure religieuse qui détermine le début du mois de jeûne du ramadan pour des millions de musulmans. Les calculs astronomiques permettent aujourd’hui de déterminer à l’avance le début des mois islamiques, basés sur le calendrier lunaire.Mais les institutions religieuses du royaume, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam, continuent de s’appuyer officiellement sur les observations à l’oeil nu pour prendre leur décision, comme à l’époque du prophète Mahomet. M. Khoudairi, qui dirige le seul observatoire du pays, celui de Majmaa, à environ 165 kilomètres au nord de Ryad, dit à l’AFP se sentir investi d’une “grande responsabilité”. Le témoignage de cet homme de 58 ans, et celui d’une dizaine d’autres groupes de personnes à travers le royaume, permettront aux autorités religieuses saoudiennes de décréter la date de début du jeûne, qui sera ensuite suivie par de nombreux autres pays musulmans, comptant des dizaines de millions de fidèles. “Il ne suffit pas que n’importe qui dise +j’ai vu le croissant de lune+ il faut que ce soit un homme sain d’esprit, sobre, adulte et reconnu pour sa justice pour que son témoignage soit accepté”, explique-t-il fièrement. Ses équipes s’activent depuis le matin pour préparer l’événement le plus important de l’année. A midi, ils quittent l’observatoire en forme de dôme, accompagnés de plusieurs responsables, pour un site d’observation en plein désert à 30 minutes de là. M. Khoudairi sort alors un rapporteur et trace des lignes sur une feuille blanche pour indiquer la direction de la lune, avant de se placer à côté d’un télescope, entouré de plusieurs jeunes observateurs. Quelques minutes après le coucher du soleil, il aperçoit le croissant de lune. “Demain (samedi) est le premier jour du ramadan”, s’écrit-il en échangeant des félicitations avec le reste du groupe. Un rapport est alors envoyé à la Cour suprême saoudienne, qui annonce quelques instants plus tard le début du ramadan samedi. – Religion et science -Le Saoudien raconte avoir hérité de la passion pour l’astronomie de son père, qu’il accompagnait lors de ses nombreux voyages dans le désert, mais ce n’est pas son principal atout. La capacité à voir le croissant de lune à l’oeil nu dépend, selon lui, de “l’acuité visuelle ainsi que de la capacité à différencier les couleurs et à se concentrer”. Des qualités qu’il dit préserver en évitant les écrans. “Je n’utilise le téléphone que pour les appels et je n’ouvre pas l’ordinateur”, affirme-t-il. Le fait de se fier à l’observation du croissant de lune pour déterminer le début des mois islamiques soulève toutefois un débat majeur sur la relation entre la religion et la science dans l’islam. Les observatoires astronomiques du monde entier, comme celui d’Al Majmaa, surveillent le cycle lunaire depuis des années, mais cela n’empêche pas Abdallah al-Khoudairi de défendre la nécessité de voir la lune de ses propres yeux, comme le prescrit la religion. “Le calcul astronomique donne des informations que l’on peut utiliser pour surveiller le croissant et savoir où il se trouve à ce moment-là”, mais cela ne suffit pas si les conditions météorologiques empêchent de le voir de ses propres yeux, soutient-il. La vision peut être altérée par de nombreux facteurs, notamment le niveau de visibilité et la distance horizontale entre la Terre et la Lune. “La poussière, les nuages ou la pollution industrielle et environnementale” peuvent empêcher de le discerner, explique-t-il. Aux Emirats arabes unis, pays voisin, les autorités ont dit recourir cette année à des drones dotés d’intelligence artificielle (IA) pour observer le croissant de lune. Cette technologie “étend le concept d’observation visuelle directe, qui reste la principale méthode pour confirmer l’observation du croissant de lune, conformément à la parole du prophète Mahomet”, ont-elles toutefois souligné.

Dans le désert saoudien, à la recherche du croissant de lune du ramadan

Au sommet d’une colline montagneuse, au coeur du désert d’Arabie saoudite, Abdallah al-Khoudairi guette l’apparition du croissant de lune après le coucher du soleil, une procédure religieuse qui détermine le début du mois de jeûne du ramadan pour des millions de musulmans. Les calculs astronomiques permettent aujourd’hui de déterminer à l’avance le début des mois islamiques, basés sur le calendrier lunaire.Mais les institutions religieuses du royaume, qui abrite les lieux les plus saints de l’islam, continuent de s’appuyer officiellement sur les observations à l’oeil nu pour prendre leur décision, comme à l’époque du prophète Mahomet. M. Khoudairi, qui dirige le seul observatoire du pays, celui de Majmaa, à environ 165 kilomètres au nord de Ryad, dit à l’AFP se sentir investi d’une “grande responsabilité”. Le témoignage de cet homme de 58 ans, et celui d’une dizaine d’autres groupes de personnes à travers le royaume, permettront aux autorités religieuses saoudiennes de décréter la date de début du jeûne, qui sera ensuite suivie par de nombreux autres pays musulmans, comptant des dizaines de millions de fidèles. “Il ne suffit pas que n’importe qui dise +j’ai vu le croissant de lune+ il faut que ce soit un homme sain d’esprit, sobre, adulte et reconnu pour sa justice pour que son témoignage soit accepté”, explique-t-il fièrement. Ses équipes s’activent depuis le matin pour préparer l’événement le plus important de l’année. A midi, ils quittent l’observatoire en forme de dôme, accompagnés de plusieurs responsables, pour un site d’observation en plein désert à 30 minutes de là. M. Khoudairi sort alors un rapporteur et trace des lignes sur une feuille blanche pour indiquer la direction de la lune, avant de se placer à côté d’un télescope, entouré de plusieurs jeunes observateurs. Quelques minutes après le coucher du soleil, il aperçoit le croissant de lune. “Demain (samedi) est le premier jour du ramadan”, s’écrit-il en échangeant des félicitations avec le reste du groupe. Un rapport est alors envoyé à la Cour suprême saoudienne, qui annonce quelques instants plus tard le début du ramadan samedi. – Religion et science -Le Saoudien raconte avoir hérité de la passion pour l’astronomie de son père, qu’il accompagnait lors de ses nombreux voyages dans le désert, mais ce n’est pas son principal atout. La capacité à voir le croissant de lune à l’oeil nu dépend, selon lui, de “l’acuité visuelle ainsi que de la capacité à différencier les couleurs et à se concentrer”. Des qualités qu’il dit préserver en évitant les écrans. “Je n’utilise le téléphone que pour les appels et je n’ouvre pas l’ordinateur”, affirme-t-il. Le fait de se fier à l’observation du croissant de lune pour déterminer le début des mois islamiques soulève toutefois un débat majeur sur la relation entre la religion et la science dans l’islam. Les observatoires astronomiques du monde entier, comme celui d’Al Majmaa, surveillent le cycle lunaire depuis des années, mais cela n’empêche pas Abdallah al-Khoudairi de défendre la nécessité de voir la lune de ses propres yeux, comme le prescrit la religion. “Le calcul astronomique donne des informations que l’on peut utiliser pour surveiller le croissant et savoir où il se trouve à ce moment-là”, mais cela ne suffit pas si les conditions météorologiques empêchent de le voir de ses propres yeux, soutient-il. La vision peut être altérée par de nombreux facteurs, notamment le niveau de visibilité et la distance horizontale entre la Terre et la Lune. “La poussière, les nuages ou la pollution industrielle et environnementale” peuvent empêcher de le discerner, explique-t-il. Aux Emirats arabes unis, pays voisin, les autorités ont dit recourir cette année à des drones dotés d’intelligence artificielle (IA) pour observer le croissant de lune. Cette technologie “étend le concept d’observation visuelle directe, qui reste la principale méthode pour confirmer l’observation du croissant de lune, conformément à la parole du prophète Mahomet”, ont-elles toutefois souligné.

En Serbie, les étudiants apportent leur colère dans les bastions ruraux acquis au président

Depuis des semaines, des étudiants en colère sillonnent à pied la Serbie, poursuivant dans les zones rurales leur croisade contre la corruption du gouvernement, entre deux vastes rassemblements dans les grandes villes.Des centaines d’entre eux ont atteint vendredi la périphérie de Nis, la troisième agglomération de Serbie, à la veille d’une nouvelle manifestation.Depuis novembre, les étudiants sont à la tête du mouvement de contestation qui secoue la Serbie comme jamais depuis les années 1990. La colère infuse désormais jusque dans campagnes traditionnellement acquises au pouvoir et a poussé à la démission plusieurs hauts responsables, dont le Premier ministre Milos Vucevic fin janvier.Les manifestations ont débuté après un dramatique accident qui a fait 15 morts le 1er novembre à Novi Sad, la deuxième cité de ce pays des Balkans : l’écroulement de l’auvent en béton de la gare, qui venait pourtant d’être rénové à grands frais, a catalysé la colère de la population serbe à l’égard de la corruption et alimenté la demande d’une plus grande transparence gouvernementale. Le mouvement suit désormais un schéma bien établi : les étudiants annoncent le nom d’une grande ville où se déroulera un rassemblement de masse, puis entreprennent une marche de plusieurs jours vers cette destination. – “Libérer de la peur” -Avant la manifestation prévue pour samedi à Nis, dans le sud, les manifestants, munis de sifflets et de vuvuzelas, ont emprunté des routes de campagne, puis ont été chaleureusement accueillis dans les villages, comme vendredi après-midi à Vrelo, où ils ont eu droit à des accolades et à des rafraîchissements de la part de ses habitants.”Je me sens joyeuse et bien plus jeune en les voyant”, lâche dans un sourire Svetlana Ilic, 73 ans. “J’espère que les jeunes vont créer quelque chose de nouveau et de meilleur”, ajoute la septuagénaire, offrant du thé et des bananes aux étudiants.”Je pense que la fin de ce gouvernement est proche”, veut croire de son côté Slavoljub Denic, 61 ans.Pour le président serbe Aleksandar Vucic et son Parti progressiste serbe, ce mouvement est d’autant plus un défi qu’ils avaient pu compter jusqu’à présent sur le soutien des régions rurales et des bourgs, où l’électorat leur était majoritairement acquis, contrairement à celui des grandes agglomérations, comme la capitale Belgrade, Nis et Novi Sad.En traversant les petites villes, les étudiants vont “les réveiller et les libérer de la peur”, observe Sanja Petrov, une journaliste et analyste au Centre pour la politique contemporaine travaillant à Vranje, dans le sud de la Serbie. Dans ces localités, la population s’informe majoritairement à travers les médias d’Etat, qui suivent la ligne du parti au pouvoir et véhiculent notamment l’idée selon laquelle la récente vague de manifestations est orchestrée de l’étranger.- “Pas des agitateurs rémunérés” -Pour beaucoup cependant, échanger de vive voix avec les étudiants venus manifester chez eux a agi comme une révélation. “Les gens voient désormais de leurs propres yeux qui sont ces jeunes et prennent conscience qu’ils ne sont pas des agitateurs rémunérés mais leurs propres enfants. Leur présence est puissante et cela se lit sur les visages”, souligne Mme Petrov.En planifiant leur itinéraire, les organisateurs des marches de protestation visent délibérément des régions serbes souvent ignorées par les habitants des grandes villes, comme les zones agricoles de l’est, explique Lazar Stojanovic, un étudiant en agriculture de 21 ans à Belgrade. Ainsi, “nous allons aider à réveiller ces gens”, confie à l’AFP le jeune homme, à son arrivée à Vrelo.L’arrivée des étudiants dans les villages prend souvent des airs de fête, avec des chants, des danses folkloriques, des slogans politiques scandés au son des fanfares et au milieu des fumigènes colorés.”C’est un grand honneur que cette immense colonne d’étudiants, qui est en train d’écrire l’histoire d’une certaine manière, traverse notre village”, s’enthousiasmait récemment Nenad Slavkovic, un habitant de Luznica, tandis que les contestataires se rendaient à une manifestation à Kragujevac.”C’est mon devoir de venir soutenir cette jeunesse et son combat”, acquiesçait son voisin, Titomir Martinovic. “Après tout, nous voulons tous une société meilleure et plus juste et l’état de droit, que nous n’avons pas aujourd’hui”.

Au Panama, une migration inversée et désordonnée face à la politique de Trump

Plus de 2.000 migrants sont arrivés ces dernières semaines au Panama, beaucoup tentant de poursuivre leur route vers la Colombie puis le Venezuela, un mouvement croissant de migration inversée -du nord vers le sud- provoqué par le durcissement de la politique américaine et que le pays d’Amérique centrale peine à maîtriserDarwin Gonzalez, Vénézuélien de 46 ans, évoque une nouvelle “déception”. “J’avais l’espoir d’offrir une vie meilleure à mes filles, mais bon, ça n’a pas marché”, constate-t-il, amer, depuis le quai du petit village de Miramar, dans la province de Colon.”A nouveau, notre voyage est difficile. On nous extorque, on nous vole. Quitter le Mexique pour venir ici, ça a été la même histoire que quitter le Venezuela”, raconte à l’AFP son compatriote Francisco, 31 ans et qui préfère taire son nom de famille pour des raisons de sécurité.Miramar est devenu un nouveau point de départ vers l’Amérique du Sud pour les migrants arrivés au Panama après avoir quitté le Mexique, qu’ils avaient rejoint après des semaines d’un périple dangereux et éprouvant, et où ils étaient parfois restés des mois dans l’espoir d’obtenir un rendez-vous pour obtenir l’asile aux Etats-Unis.Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump a mis en place une vaste offensive anti-immigration, conformément à ses promesses de campagne. L’administration américaine organise des expulsions très médiatisées, avec des vols militaires transportant des personnes menottées vers des pays d’Amérique latine. Elle a également supprimé l’application mobile CBP One, qui permettait aux migrants de prendre rendez-vous pour demander l’asile.Face à ce barrage, des migrants choisissent de rebrousser chemin. Décidés à ne pas revivre l’expérience de la difficile traversée à pied de la jungle du Darien, située à cheval sur la Colombie et le Panama et où sévissent des groupes criminels, hommes, femmes et enfants optent pour la voie maritime pour continuer leur voyage de retour.-La mer, pas la jungle-“Nous avons dépensé environ 2.000 dollars pour rentrer, en économisant, c’est-à-dire en mangeant un seul repas par jour, en mangeant du pain, une petite boisson, des biscuits”, témoigne Milagros Rubio, Vénézuélienne de 44 ans qui voyage avec trois membres de sa famille.Le seul trajet en bateau du Panama jusqu’à la côte colombienne, dans la mer des Caraïbes, coûte environ 250 dollars, selon les personnes interrogées par l’AFP.Une traversée coûteuse et qui n’est pas sans danger. Récemment, une fillette vénézuélienne de huit ans est morte dans le naufrage au large du Panama d’un bateau de migrants qui se rendaient en Colombie. Ce drame a incité les autorités indigènes de l’île panaméenne de Carti, d’où partaient de nombreux bateaux, à demander au gouvernement et aux organismes internationaux d’organiser le flux de migrants.Lors d’une conférence de presse, le président José Raul Mulino a admis jeudi que le nombre de migrants revenant du nord, principalement des Vénézuéliens, était “en hausse”, citant le chiffre de 2.200 personnes.Il a affirmé que son pays cherchait à collaborer avec ses partenaires, en particulier le Costa Rica voisin, pour gérer le flux migratoire inverse tout en respectant les droits des migrants. Le Panama fait également des “efforts concrets” pour négocier avec Bogota afin de permettre aux migrants vénézuéliens d’atteindre la ville colombienne de Cucuta (nord-est), d’où ces derniers pourraient regagner le Venezuela, a déclaré M. Mulino. Faute de relations diplomatiques avec le Venezuela depuis la réélection contestée du président Nicolas Maduro en juillet, le Panama ne peut pas expulser les migrants vénézuéliens vers Caracas.En 2024, plus de 300.000 migrants, principalement vénézuéliens, ont traversé la jungle du Darien dans leur périple vers le nord. Depuis le début de l’année, seulement 2.600 personnes environ l’ont franchie dans ce sens, soit 96% de moins que sur la même période en 2024, selon les chiffres officiels panaméens.

Neuf CRS seront jugés pour des violences sur des “gilets jaunes” dans un Burger King en 2018

Un épisode emblématique de la répression policière du mouvement des “gilets jaunes” bientôt en procès: une juge d’instruction a renvoyé en correctionnelle vendredi neuf CRS qui encourent jusqu’à sept ans de prison pour avoir violenté des manifestants dans un Burger King en décembre 2018.Ces CRS, tous membres à l’époque de la CRS 43, basée à Chalon-sur-Saône, avaient frappé à coups de matraque ou de pied une dizaine de manifestants non hostiles, et pour beaucoup non identifiés encore aujourd’hui, qui s’étaient réfugiés dans le restaurant lors de l’acte III des “gilets jaunes”, le 1er décembre 2018.Âgés de 30 à 52 ans, ces hommes comparaîtront pour violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu’à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende. Sollicité, leur avocat, Me Laurent-Franck Liénard, n’a pu répondre.Dans son ordonnance dont l’AFP a eu connaissance, signée vendredi, la magistrate instructrice rappelle que cette journée était possiblement “la plus difficile en termes de maintien de l’ordre” des manifestations des “gilets jaunes”.Une journée “insurrectionnelle”, selon les réquisitions de la procureure en juillet: importantes dégradations à l’Arc de Triomphe, éborgnement d’un manifestant par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) à Paris, et incendie de la préfecture du Puy-en-Velay.En cette fin d’après-midi, alors que les grenades lacrymogènes pleuvaient, produisant une “saturation de l’air très importante”, la CRS 43 a eu pour mission “de s’opposer aux casseurs qui pillaient les commerces” ou incendiaient le mobilier urbain du coeur huppé de la capitale.”Certains manifestants ont décidé de s’introduire dans le Burger King en forçant la porte du fast-food”, et la CRS 43 a été missionnée pour “les faire sortir le plus rapidement possible, avec au besoin usage de la force”, rappelle la magistrate.Treize membres de la compagnie sont alors entrés dans le Burger King, situé avenue de Wagram dans le 17e arrondissement.L’enquête a cependant déterminé que les manifestants “n'(avaient) pas commis de violences ou de dégradations” dans le restaurant mais plutôt “recherché de l’air et de l’eau pour pouvoir s’asperger le visage”, certains vomissant, note la juge d’instruction. Une partie a “levé immédiatement les mains” à l’entrée des CRS, qui ont perpétré “des violences (…) avec armes et boucliers et sans sommations”, largement documentées par des images de journalistes et de la vidéosurveillance, tranche l’ordonnance.”Les autorités hiérarchiques ont reconnu” durant l’enquête “que l’intervention n’était pas légitime”, appuie la magistrate.- “Vous défoncez tout” -Lors des investigations, un commandant de la compagnie s’estimant responsable de l’intervention, Gilbert S., a demandé sa mise en examen ainsi que celle d’un commissaire de police.Mais la juge les a placés sous le plus favorable statut de témoin assisté, car la hiérarchie policière “n’a pas donné pour ordre d’agir de la manière dont cela s’est produit” même si elle aurait “pu prendre des décisions plus adaptées”.Pendant 8h30 d’interrogatoire en 2022, le commandant avait détaillé comment, avec un chef d’une autre compagnie, il avait refusé d’exécuter des ordres “fluctuants, irrationnels, irréalisables et dangereux” de la Préfecture de police (PP) pour défendre ses troupes qui “explosaient” sous la violence.”Vous défoncez tout ce qui se présente à vous”, lui demande-t-on ainsi par radio ce jour-là, un ordre qui provient d’après lui d’un haut-gradé d’alors de la PP.Ce jour-là, la CRS 43 a fait “état d’un bilan définitif hors norme” de moyens utilisés avec notamment 1.700 grenades de gaz lacrymogène, 312 tirs de LBD, mais aussi “27 blessés sur 63 CRS” dans l’unité.Cinq victimes sont parties civiles dans l’information judiciaire ouverte en mai 2019, mais de nombreuses autres n’ont pas été identifiées.Sollicité par l’AFP, Me Arié Alimi a indiqué que les deux manifestants qu’il défend “sont soulagés et attendent avec impatience le procès. Nous regrettons cependant que les donneurs d’ordre aient été écartés de la poursuite. Ce sera un procès majeur pour rappeler la façon dont les +gilets jaunes+ ont été brutalisés par le pouvoir”.Me Moad Nefati, avocat d’une autre partie civile, a lui estimé que ce procès était “un immense soulagement” et “l’espoir d’obtenir enfin des réponses” pour son client. “Il reste cependant dans l’incompréhension totale quant aux raisons pour lesquelles les CRS lui ont infligé 27 coups de matraque.””Il ne faudra pas oublier que la hiérarchie de ces policiers a été complètement défaillante”, a réagi Me Emmanuel Daoud, qui représente un journaliste blessé.

L’accord de trêve à Gaza doit tenir, dit l’ONU avant la fin de la première phase

Le patron de l’ONU Antonio Guterres a affirmé vendredi que l’accord sur le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza et la libération des otages israéliens devait tenir, à la veille de la fin de la première phase de la trêve.A l’heure où des négociations se poursuivent au Caire entre négociateurs israéliens et les pays médiateurs -Qatar, Egypte, Etats-Unis-, le mouvement islamiste palestinien Hamas a appelé à “faire pression” sur Israël pour lancer la deuxième phase de l’accord. La première phase, qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier, doit prendre fin samedi sans que les termes de la deuxième étape, qui prévoit la fin définitive de la guerre et un retrait israélien total de la bande de Gaza, n’aient été négociés.L’accord a mis fin à 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. “L’accord sur le cessez-le-feu et la libération des otages israéliens doit tenir. Les jours qui viennent sont essentiels. Les différentes parties ne doivent reculer devant aucun effort pour éviter la rupture de cet accord”, a dit M. Guterres à New York.Après des semaines de blocage, Israël a envoyé jeudi ses négociateurs au Caire et le Hamas a appelé “la communauté internationale à faire pression sur l’occupant (Israël, ndlr) pour qu’il respecte pleinement l’accord et entre immédiatement dans la deuxième phase, sans délai ni tergiversation”.- Probablement prolongée -Des experts estiment que la première phase sera probablement prolongée, car c’est le scénario privilégié par Israël, qui est en position de force selon eux.”Une chose est sûre, la deuxième phase ne commencera pas demain (samedi), mais le cessez-le-feu ne sera probablement pas rompu non plus”, a déclaré vendredi à l’AFP Max Rodenbeck, analyste pour l’International Crisis Group.L’accord comporte une clause qui prolongerait automatiquement la première phase tant que les négociations pour la deuxième sont en cours.Les négociations sur la deuxième phase risquent d’être ardues. Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé. Ce dernier, qui a pris le pouvoir dans le territoire en 2007, insiste pour y rester.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est aussi sous la pression de ses alliés d’extrême droite au gouvernement qui s’opposent à la fin de la guerre.Jeudi, le Hamas a rendu à Israël les dépouilles de Ohad Yahalomi, Itzik Elgarat, Shlomo Mansour et Tsachi Idan, quatre otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre en échange de la libération de 643 prisonniers palestiniens, le dernier échange prévu par la première phase.- “Jambes entravées par des chaînes” -Des milliers de personnes massées le long des routes à Tel-Aviv ont salué le passage du cortège funèbre transportant la dépouille de Tsachi Idan, 49 ans.”Désolé de ne pas avoir crié assez fort (…) et que l’Etat t’ait oublié”, a dit son oncle Yigal Idan.Libéré dans un précédent échange le 8 février, l’ex-otage Eli Sharabi a raconté avoir “pendant un an et quatre mois, eu les jambes entravées par des chaînes avec des verrous très, très lourds qui te rentrent dans la chair”. Il a aussi évoqué des privations de nourriture.Au total, 33 otages ont été rendus à Israël depuis le 19 janvier, dont huit décédés. Quelque 1.700 détenus palestiniens ont été libérés sur un total prévu de 1.900.Sur 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarés mortes par l’armée israélienne. Les 24 présumés vivants sont tous des hommes, la plupart âgés de moins de 30 ans.Ces otages doivent être rendus à Israël pendant la deuxième phase. Et le Hamas s’est dit la semaine dernière prêt à les rendre tous “en une seule fois”.- Aide bloquée -Dans le sud de Gaza, l’armée israélienne a indiqué avoir mené une frappe visant deux “suspects”, une source hospitalière faisant état d’un mort.Alors que le Hamas accuse Israël de bloquer l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza en violation de l’accord de trêve, des sources du Croissant-Rouge égyptien ont affirmé qu’Israël n’avait autorisé aucune aide à entrer dans Gaza vendredi et que des camions transportant vivres, caravanes et équipements lourds étaient bloqués à la frontière.Une troisième phase de l’accord devrait être consacrée à la reconstruction du territoire palestinien, un chantier gigantesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire.Les tractations en vue de maintenir la trêve coïncident avec le début du ramadan, le mois du jeûne musulman qui doit commencer à partir de samedi.Durant ce mois, les tensions entre Palestiniens et Israéliens tendent à s’exacerber, notamment sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem-Est, secteur occupé par Israël depuis 1967.

L’accord de trêve à Gaza doit tenir, dit l’ONU avant la fin de la première phase

Le patron de l’ONU Antonio Guterres a affirmé vendredi que l’accord sur le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza et la libération des otages israéliens devait tenir, à la veille de la fin de la première phase de la trêve.A l’heure où des négociations se poursuivent au Caire entre négociateurs israéliens et les pays médiateurs -Qatar, Egypte, Etats-Unis-, le mouvement islamiste palestinien Hamas a appelé à “faire pression” sur Israël pour lancer la deuxième phase de l’accord. La première phase, qui a fait taire les armes depuis le 19 janvier, doit prendre fin samedi sans que les termes de la deuxième étape, qui prévoit la fin définitive de la guerre et un retrait israélien total de la bande de Gaza, n’aient été négociés.L’accord a mis fin à 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza, déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. “L’accord sur le cessez-le-feu et la libération des otages israéliens doit tenir. Les jours qui viennent sont essentiels. Les différentes parties ne doivent reculer devant aucun effort pour éviter la rupture de cet accord”, a dit M. Guterres à New York.Après des semaines de blocage, Israël a envoyé jeudi ses négociateurs au Caire et le Hamas a appelé “la communauté internationale à faire pression sur l’occupant (Israël, ndlr) pour qu’il respecte pleinement l’accord et entre immédiatement dans la deuxième phase, sans délai ni tergiversation”.- Probablement prolongée -Des experts estiment que la première phase sera probablement prolongée, car c’est le scénario privilégié par Israël, qui est en position de force selon eux.”Une chose est sûre, la deuxième phase ne commencera pas demain (samedi), mais le cessez-le-feu ne sera probablement pas rompu non plus”, a déclaré vendredi à l’AFP Max Rodenbeck, analyste pour l’International Crisis Group.L’accord comporte une clause qui prolongerait automatiquement la première phase tant que les négociations pour la deuxième sont en cours.Les négociations sur la deuxième phase risquent d’être ardues. Israël exige que Gaza soit complètement démilitarisée et le Hamas éliminé. Ce dernier, qui a pris le pouvoir dans le territoire en 2007, insiste pour y rester.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est aussi sous la pression de ses alliés d’extrême droite au gouvernement qui s’opposent à la fin de la guerre.Jeudi, le Hamas a rendu à Israël les dépouilles de Ohad Yahalomi, Itzik Elgarat, Shlomo Mansour et Tsachi Idan, quatre otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre en échange de la libération de 643 prisonniers palestiniens, le dernier échange prévu par la première phase.- “Jambes entravées par des chaînes” -Des milliers de personnes massées le long des routes à Tel-Aviv ont salué le passage du cortège funèbre transportant la dépouille de Tsachi Idan, 49 ans.”Désolé de ne pas avoir crié assez fort (…) et que l’Etat t’ait oublié”, a dit son oncle Yigal Idan.Libéré dans un précédent échange le 8 février, l’ex-otage Eli Sharabi a raconté avoir “pendant un an et quatre mois, eu les jambes entravées par des chaînes avec des verrous très, très lourds qui te rentrent dans la chair”. Il a aussi évoqué des privations de nourriture.Au total, 33 otages ont été rendus à Israël depuis le 19 janvier, dont huit décédés. Quelque 1.700 détenus palestiniens ont été libérés sur un total prévu de 1.900.Sur 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 58 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 ont été déclarés mortes par l’armée israélienne. Les 24 présumés vivants sont tous des hommes, la plupart âgés de moins de 30 ans.Ces otages doivent être rendus à Israël pendant la deuxième phase. Et le Hamas s’est dit la semaine dernière prêt à les rendre tous “en une seule fois”.- Aide bloquée -Dans le sud de Gaza, l’armée israélienne a indiqué avoir mené une frappe visant deux “suspects”, une source hospitalière faisant état d’un mort.Alors que le Hamas accuse Israël de bloquer l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza en violation de l’accord de trêve, des sources du Croissant-Rouge égyptien ont affirmé qu’Israël n’avait autorisé aucune aide à entrer dans Gaza vendredi et que des camions transportant vivres, caravanes et équipements lourds étaient bloqués à la frontière.Une troisième phase de l’accord devrait être consacrée à la reconstruction du territoire palestinien, un chantier gigantesque estimé par l’ONU à plus de 53 milliards de dollars.L’attaque du Hamas a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles israéliennes et incluant les otages morts ou tués en captivité. L’offensive israélienne à Gaza a fait au moins 48.319 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU, et provoqué un désastre humanitaire.Les tractations en vue de maintenir la trêve coïncident avec le début du ramadan, le mois du jeûne musulman qui doit commencer à partir de samedi.Durant ce mois, les tensions entre Palestiniens et Israéliens tendent à s’exacerber, notamment sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem-Est, secteur occupé par Israël depuis 1967.